Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable, mais je m'excuse pour le double poste. Nous avons eu un peu de retard cette semaine.

Quelque mot sur ce chapitre : Je vais la perdre. Comment Anya va t-elle gérer sa dernière journée avec Raven ? Va t-elle craquer ou parvenir à garder un masque jusqu'au bout ? Le fatal destin de la sorcière va t-elle se réaliser ou Anya va trouver un moyen de la sauver malgré que Morgane semble avoir déjà tout prévu ?

Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)


Ne me regarde pas

Partie n° 1 : La Carte Du temps

And I, I won't let you go Et je, je ne te lâcherai pas

No I won't let you go Non, je ne te lâcherai pas

Cause when you're all alone Parce que quand tu seras seul

And it's cold and there's no one to hold Qu'il fera froid et qu'il n'y aura personne pour résister

When you're feeling lost Quand tu te sentiras perdu

And there's nowhere, there's nowhere to go Et qu'il n'y aura nulle part, nulle part où aller

When you're feeling sad Quand tu te sentiras triste

Don't forget you can reach for my hand N'oublie pas que tu pourras m'attraper la main

Avril Lavigne – I Won't Let You Go

Chapitre 19 : Faiblesse

Il y a certaine chose contre lesquels personne ne peut se battre. C'est un fait. Il nous faut alors les accepter, quel qu'elle soit. Sans quoi la folie s'empare très vite de nous. L'inacceptable fait partie du monde, du temps, il est partout. Se battre est parfois inutile, il faut juste laisser faire et espérer que le destin ait pitié de nous.

Foutue fatalité !


- Anya, chuchote Raven, qu'est-ce qu'il se passe ? Tu sembles… troubler.

- Ta mère était là, je décide d'être honnête au moins sur ce point.

- Je vois, elle a utilisé une de ses fameuses Bulles Noss. Inspire profondément, la sensation d'être sur un sol savonneux va passer. Je déteste quand elle fait ça. De quoi elle t'a parlé ?

- C'est pour détruire la meute de Lexa que Lyssa est là.

- Pourquoi la meute Trikru en particulier ? Il y en a des bien plus puissante, bien que celle de Lexa est très impressionnante.

- À cause de ce qu'elle est en train de devenir sans que Lexa s'en aperçoive.

- De quoi tu parles ?

- Une meute inter-espèce, je dis un peu plus fort pour que tout le monde m'entende.

Lexa arrête son discours brusquement. Elle me dévisage et subitement c'est les regards de toutes les autres personnes dans la pièce qui me fixent avec insistance. Ma sœur serre un peu plus la main de Clarke avant de me demander d'une voix légèrement tremblante :

- Qu'est-ce que tu viens de dire ?

- Nous sommes une meute inter-espèce, je répète sans peur.

- Non, souffle Lexa, non, répète t-elle plus fermement. Je ne… je ne suis l'alpha de personne dans cette pièce et je ne cherche pas à l'être.

- C'est pourtant ce que nous sommes, confirme Jack. Et c'est pour cette raison que tu n'as pas besoin de me le demander Lexa. Je combattrais les dragons pour la meute.

- Ce n'est pas… essaye de se défendre à nouveau ma sœur.

- Je le ferai aussi, s'exclame plusieurs lycanthropes qui ne sont pas sous l'autorité de Lexa.

- Nous te suivons Lexa, assurent quelques autres.

- Ma famille et moi-même seront à tes côtés, sourit Maya. Tu n'as pas besoin de convaincre qui que ce soit. Je pense que ta sœur a raison, elle fait un geste vers moi, nous sommes une meute.

- Il est évident que ma meute se joindra à la tienne, affirme Octavia. Je n'aime pas avoir de dette et nous avons tous les trois des compte à régler avec ces dragons.

- Je vous assure que, essaye de nouveau Lexa.

- Je combattrais pour toi, Lexa, je lui assure en ancrant mon regard dans le siens. Je ne pars pas. Je restes pour toi, pour la meute.

Je sais que je viens de lui donner le coup de grâce. Ce qui la retient encore c'est la peur de me voir partir. Mais je ne ferai pas ça. Je ne l'abandonnerai pas. Si je suis obligée d'accepter de laisser mourir Raven c'est pour affaiblir Lyssa et une fois fait, je la tuerai. C'est la seule raison qui me pousse à abandonner la paix. Je veux tuer ce monstre qui me sert de sœur et ce, de mes propre mains. Pour ce qu'elle a fait endurer à Lexa et ce qu'elle s'apprête à faire à ma Raven.

Je me tourne vers la sorcière, c'est la seule avec Echo à n'avoir rien dit. Elle m'observe d'une étrange manière. Pour une fois son regard ne m'effraie pas, il y a une touche de fierté, mélangé à un dévouement pour moi dont je ne peux plus douter.

- Nous allons entrer en guerre, dit-elle à mon intention, tu es certaine que c'est ce que tu souhaite. Si c'est le cas, il va nous falloir des plans de replis.

- Je ne quitterai pas mon territoire, contre Lexa.

- Tu n'auras peut-être pas le choix, répond Raven du tac-au-tac, derrière la barrière, ils sont bien plus nombreux que nous.

- Il n'y a aucun autre endroit où nous pourrons aller, soit nous parvenons à les repousser et gagnons, soit nous mourrons en essayant, assure Lexa.

- Il y a un endroit, dit timidement la voix presque effacer d'Echo. Un endroit qu'aucun dragon n'a jamais su atteindre.

- C'est une très mauvais idée Echo, répond immédiatement Raven en la pointant du doigt.

- Je sais, murmure t-elle.

Raven semble mesurer le pour et le contre d'une idée à peine suggérée qu'elle semble la seule à comprendre. J'essaye d'attirer son attention pour en faire de même et essayer de l'aider à prendre une décision lorsque Jack déclare haut et fort :

- Tu ne peux pas retourner là-bas Raven. La dernière fois…

- Je sais parfaitement ce qu'il c'est passé la dernière fois.

- Peut-être que je peux aider à trancher, propose Lexa. J'ignorais même qu'il y avait un endroit que les dragons ne pouvaient pas atteindre.

- Il n'y en a pas, se manifeste de nouveau le père de Clarke.

- Raven, prononce doucement Lexa. Echo, essaye t-elle alors qu'elle n'obtient pas de réponse.

- Il s'agit, reprend Raven avec une distance étrange dans la voix, des Terres consacrées de mes Ancêtres, les Sorcière de Sang.

Les bavardages de ceux qui ignoraient encore ce qu'elle était raisonne dès qu'elle ponctue sa phrase. Je vois ses doigts s'accrocher à la manche de ma veste. Elle semble terrorisée et j'en ignore la raison.

- Tu ne peux pas y retourner, s'exclame de nouveau Jack. Ta mère m'a dit…

- Je sais ce qu'elle t'a dit, le coupe t-elle de nouveau. Je sais, répète t-elle avec véhémence.

- Donc tu sais que tu ne peux pas y retourner, s'acharne t-il.

Raven ne dit plus rien, ses yeux sont rivés sur Lexa. Ses doigts se resserrent un peu plus sur la manche de ma veste. Je perçois les battement de son cœur faire des embardées presque incontrôlables. Puis lentement ses iris se dépigmentent pour devenir écarlates, sa magie se manifeste sans qu'elle ne semble en avoir donné l'ordre. Il ne faut pas que son pouvoir la domine, la barrière pourrait céder.

Je m'apprête à intervenir pour essayer de la calmer, l'atteindre avec des mots mais je remarque alors le sceau de son bras s'étendre bien plus vite qu'à la normal. Je me souviens avoir ressentie une fois Raven se perdre comme si elle était une maudite et non une sorcière. À cet instant, c'est exactement ce qu'il est en train de se passer. La marque rouge s'étend jusqu'au dos de sa main, dans son cou le trait lèche son oreille. Soudain, je me sens démunie. Je ne sais pas du tout quel genre de mots peuvent être utilisés pour la calmer.

Et je me perds de nouveau. Je réalise un peu plus ce que je m'apprête à vivre. Je vais perdre Raven. Quoi que je fasse, je ne pourrai pas la retenir ce soir. Elle va partir.

- Toutes les sorcières de sang ont été tuées. Il ne reste plus personne donc les Terres sont devenues miennes. Je vais y retourner Jack d'autant plus si c'est la seule solution pour sauver tous le monde sur le territoire de Lexa.

- Ta mère, essaye de nouveau Jack.

Il s'arrête subitement et au premier abord je n'en comprends pas la raison. C'était avant de voir le regard de Raven. Elle fixe le meilleur ami de sa mère avec une telle animosité que j'en frisonne. Je ne me suis jamais sentie en danger à ses côtés mais là, Jack l'est. J'ai conscience que si elle le voulait, elle pourrait le tuer et personne ne pourrait rien faire pour le sauver, pas même moi.

Je commence à avoir du mal à calculer sa puissance, c'est comme si chaque seconde qui passait agrandissait sa magie. Je n'arrive pas à concevoir ce qui est en train de se passer, elle est si faible depuis quelque temps. Comment peut-elle avoir de telle réserve ? Et pour quelles raisons ne les a t-elles pas utiliser avant ?

C'est à ce moment, que je le sens pointer son nez. La créature que cache Raven, celle qui vit dans son corps. Si elle continue sur cette voie, bientôt elle ne pourra plus cacher son Tandem Towfold et je sais que plus d'une créature dans cette pièce sera effrayé par cette apparition. Je l'ai moi-même été et je continue de l'être. Cette chose informe, surpuissante et écarlate réveille mes instincts primitif, mieux vaut éviter que cela arrive ici et maintenant.

J'aperçois la fumée lourde et roussâtre se former autour des mains de Raven. La chose ondule autour des poignets de la brune. Sans réfléchir aux conséquences, je lâche brusquement sa manche et saisis sa main. Instantanément elle arrête de fusiller le père de Clarke du regard. Elle semble surprise en découvrant mon geste et très vite sa magie semble se calmer. Les amas rouges semblent toujours serpenter sur sa peau mais ils ne menacent plus le démon.

-Je ne sais pas quel est votre différent mais laisse-moi te rappeler que tu adores Jack.

Raven fronce les sourcils comme si elle avait du mal à saisir mes propos. Je serre un peu plus sa main en espérant que ce simple contacte suffira à la calmer définitivement. Je me déplace pour me tenir entre la sorcière et le démon. Je fais de mon corps une barrière pour protéger le meilleur ami de Morgane. Je grimace en sentant l'apparition comme lécher ma main, ça brûle, c'est irritant, désagréable et subitement je n'ai qu'une envie : lâcher Raven. Mais je n'en fais rien.

-Tu ne peux pas le laisser faire du mal à Jack.

La sorcière penche doucement la tête sur le côté comme si elle commençait lentement à assimiler mes mots. Il est de plus en plus difficile de garder sa main dans la mienne. La douleur est presque insupportable, c'est comme si ma peau se faisait éplucher avant que des micro-coupures ne viennent agrémenter la douleur. À cet instant, je pourrai hurler mais je ne vais pas quitter sa main, pas tant que je n'aurai pas retrouver Raven dans ce regard qui ne lui appartient pas vraiment.

- Raven, je souffle.

Et cette fois, je n'ai pas de doute, elle me voit enfin. Je lui souris malgré la douleur. Elle cligne des yeux un nombre incalculable de fois. Elle me reconnaît mais semble avoir du mal à assimiler ses derniers actes. Je crois entendre Jack murmurer un simple et claire : impossible. Mais ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus à cet instant, tout tourne autour de Raven. Je veux qu'elle me revienne entièrement. Je ne la laisserai pas se perdre dans les tumultes d'une magie trop puissante à contenir.

Je lui tiendrai la main aussi longtemps qu'il le faudra.

- Anya, la voix de Lexa raisonne et reflète son inquiétude.

- Tout va bien Lexa, j'assure sans lui accorder un regard, restant concentrer sur Raven, tout va bien, je répète. Raven se contrôle.

Ce n'est pas parce que je viens d'apprendre que Jack allait mourir que je peux concevoir que ça sera ma Raven qui lui arrachera son dernier souffle de vie. La douleur au niveau de ma main commence doucement à se calmer. J'imagine que Raven parvient à rappeler l'espèce de fumer écarlate dans son corps, que le Tandem Towfold ne sera pas libéré. Je souris. J'ai réussie. Je suis parvenu à ramener Raven malgré qu'elle se perdait au milieu de toute cette magie bien trop puissante pour une seule personne.

Lentement ses iris redeviennent couleur chocolat. Je souris un peu plus en la retrouvant entièrement dans sa façon de me regarder. Dans ses yeux, j'ai toujours la sensation d'être belle et aimé. Pendant une seconde qui se déforme pour en paraître beaucoup plus il ne semble n'y avoir plus que nous deux.

Puis, je vois de la condensation s'échapper de ses lèvres. Le froid se propage si rapidement qu'il semble presque réel. Elle frissonne, même sa main encore glissée dans la mienne est gelée. Je ressens de nouveau cette faiblesse dans sa magie, la barrière semble vampiriser toutes ses forces. Mes yeux quittent à regret les siennes pour se figer sur sa jambes. Je demande sans m'en rendre compte :

- Tu vas tenir ?

- Je pense que oui. Lexa, prononce t-elle alors que ses lèvres deviennent bleu, je ne vais plus pouvoir tenir longtemps la barrière autour de ton territoire.

- Il te reste pourtant encore beaucoup de magie, souligne Maya, nous venons tous de le voir.

- Ça serait trop dangereux d'utiliser cette magie là, assure Jack. J'ai bien cru que tu allais me tuer une seconde fois, sourit-il. Mais cela prouve que j'ai raison, tu ne peux pas retourner là-bas.

- Hélys est notre seule chance, contre aussitôt Raven. Je ne suis plus une enfant, je peux y retourner. Lexa, l'île est très bien protégée. Elle n'apparaît sur aucune carte, elle a été créé par la magie, pour la magie. Elle se situe au milieu de la mer de Norvège entre l'île Féroé, L'Islande et l'île Jan Mayen. Je suis la dernière sorcière de sang et j'autorise ta meute dans son entièreté à s'établir là-bas.

- Je ne pourrai jamais déplacer toute la meute là-bas. Je n'ai ni le temps, ni la force armée, ni l'argent pour ça.

- Mais je peux vous y emmener, j'aurai encore assez de magie pour ça.

- Pourquoi encore, voulu savoir Jasper.

Je baisse les yeux en laissant glisser ma main loin dans la sienne. Je sens le regard de Raven sur moi. Elle ne comprend pas mon geste. Je suis la seule à savoir ce qu'elle va dire. Je peine encore à croire que tout ce que Morgane est venu m'annoncer va se réaliser.

- Il faut d'abord que j'aille récupérer Aiden. Je crains pour sa vie.

Et voilà, tous se met en place. C'est exactement comme sa mère l'avait prédit. Raven va partir ce soir et je ne vais rien pouvoir y faire. Rien. Je le sens de nouveau s'agit à cette idée. Je vais être obliger de perdre Raven. Je vais devoir la laisser mourir sans rien faire. Je ne vais jamais parvenir à le contenir. Il va devenir fou si Lyssa porte la main sur elle. Je vais perdre la raison.

- Et comment ferons nous pour rejoindre Hélis si tu retournes dans ton Cercle pour secourir ce garçon, demande à juste raison Bellamy. Non, quelqu'un d'autre devrait y aller.

- Personne d'autre que moi ne peut y aller.

- Il a raison, soutiens Lexa, si je récupère Aiden, nous te perdons.

- Je vais revenir.

Non. Tu ne vas pas revenir. Du moins pas avant que ton cœur ne s'arrête, que la barrière ne tombe. J'ai envie de hurler. Je serre mon poing aussi fortement que je le peux. Cette mission de sauvetage va peut-être nous ramener Aiden mais Lexa a raison, nous allons perdre Raven. Elle va mourir. Même si ce n'est que pour un instant, elle va mourir.

J'essaye. J'essaye vraiment d'assimiler le fait que ça ne sera pas définitif. Je sais pertinemment que Morgane ne mettrait pas sa fille volontairement en danger et pourtant ça me rend folle de rage. Je vais laisser Raven se faire tuer par Lyssa. Je suis totalement impuissante. Je suis de nouveau cette enfant incapable de la protéger.

- Quelqu'un devrait l'accompagner, suggère Octavia.

Pas moi. Par pitié, pas moi. Je ne pourrai jamais la regarder se faire tuer. J'ai déjà du mal a concevoir que je vais devoir rester à ne rien faire. Je serai incapable de rester impassible si tout ça se déroule sous mes yeux. Je ne pourrai pas le contenir. Je tuerai Lyssa avant même qu'elle ne puisse toucher Raven. Et si je fais ça, ça sera pire parce que ma belle sorcière est toujours enchaîner à ce monstre par une empreinte. Elle pourrait véritablement mourir. Je supplie les lunes, la nuit, tous les Dieux anciens. Pas moi. Ayez pitié, pas moi...

- Non, la voix de Raven tonne comme des canons dans mes oreilles, je dois être seule. Si je viens accompagner, Alie se méfiera et je ne pourrai pas extraire Aiden.

- Anya devrait t'accompagner, insiste Lexa. Elle est ta gardienne.

Un silence de mort s'abat sur l'assembler. Je sens tous les regards sur moi. Je sais que je devrais être celle qui se bat le plus pour être aux côtés de Raven mais j'en suis incapable pas en sachant que je serai inutile. Morgane m'empêchera de la protéger. Je veux croire que si j'étais à ses côtés, son destin changerait mais c'est impossible. Tout est parfaitement synchronisé. La mère de Raven s'est assurée que tout soit réglé comme sur du papier à musique. Et, je la déteste pour ça !

Je parviens enfin à regarder Raven. Elle me sourit et je comprends en ce simple geste qu'elle est confiante. Pour quelle raison ne le serait-elle pas ? Elle n'a aucune raison de douter. Le Cercle de Lumière ne lui fait pas peur. À elle toute seule, elle est plus puissante que tous ces membres réunis. Mais ce qu'elle n'a pas prévu dans son super plan c'est que Lyssa l'attendra.

- Fais-moi confiance, souffle t-elle à mon attention, il est plus prudent que je sois seule. Je serai bien plus en sécurité. Ta présence attirait trop de méfiance.

- Je préférerai qu'Anya t'accompagne.

L'insistance de Lexa me donne la sensation de me prendre deux balles en pleine poitrine. Je détache difficilement mon regard de Raven pour fixer ma sœur de cœur. Il faut qu'elle arrête. C'est la seule ici qui soit capable de me faire changer d'avis. Je ne veux pas accompagner Raven mais si Lexa continue de me le demander, je vais finir par accepter et qu'importe la souffrance que je pourrai ressentir en voyant Raven se faire tuer, pour Lexa je le ferais.

Il faut que je choisisse bien mes prochains mots. J'ai la sensation de trahir les deux personnes les plus importante pour moi. C'est horrible, un vrais écartèlement du cœur.

- Si Raven pense que ma présence la mettra plus en danger, nous devrions l'écouter, je parviens à énoncer cette phrase malgré tout ce qu'il m'en coûte. Elle sait mieux que nous comment peut réagir Alie à la présence de l'un des notre.

- Mais tu n'es pas n'importe qui, répond aussitôt ma sœur, tu es sa gardienne.

Lexa, je t'en supplie. Arrête. S'il te plaît, ne m'oblige pas à faire ça. Je ne veux… non, je ne peux pas être là quand elle mourra. Alors par pitié arrête… arrête de me le demander.

- S'il arrive quelque chose à Raven, la barrière tombe et nous ne serons plus en sécurité. La magie de Raven c'est tout ce qui nous sépare d'un affrontement directe avec ceux qui sont replier derrière son bouclier. Alors, je suis désolée Raven, au nom de la meute, je ne peux pas te laisser y aller seule.

- Lexa, je continue de penser que, essaye Raven.

- Anya ira avec toi.

C'est un ordre, il n'y a pas de doute à avoir. Alors même que Lexa n'a aucune influence sur moi, je le sens aussi clairement que si j'appartenais à la meute. Sa voix a claqué dans l'air comme une mâchoire pourrait le faire sur un cou. Elle vient de donner un ordre à Raven… à moi ?

Cette fois, je chercher à ancrer mon regard dans les iris émeraudes de Lexa. Je suis en colère qu'elle puisse à ce point insister. Je suis anéantie par le fait que je ne puisse pas lui refuser. Je suis résigner car que je le veuille ou non, le destin semble vouloir que je sois au première loge pour regarder Raven mourir.

Je pourrai me transformer, là tout de suite. J'ai tellement envie de le libérer, subitement mon humanité semble lourde, tellement lourde à porter. J'ai envie de hurler, de me défouler, de briser, de le laisser se déchaîner. J'ai la terrible sensation que mon cœur meurt… il meurt d'amour.

Je commence à comprendre ce qu'il va se passer. Raven va se résigner devant Lexa, elle va me laisser l'accompagner puis elle va sûrement me proposer d'attendre le lendemain pour rejoindre le Cercle et elle va attendre que je m'endorme pour partir. Cette situation est pire que tout ce que j'ai pu imaginer depuis que Morgane m'a révéler que Raven devait mourir.

Mon cœur saigne, saigne, saigne… il pleure.

- Anya, prononce Lexa avec un malaise qu'elle peine à cacher, il y a un problème ?

Oui. Tu me demande d'accomplir l'inacceptable : regarder Raven mourir.

- Aucun, j'assure pourtant, j'accompagnerai Raven.

Le déroulement du reste de la réunion semble se passer dans un flou et une incompréhension totale. Je suis perdue. Je ne parviens pas à écouter qui que ce soit à me concentrer sur la moindre chose aussi insignifiante soit elle. Je suis soulagée que personne n'ait cherché à me consulter pour quoi que ce soit. Je n'arrive plus à respirer convenablement. Je suis en train de me faire dévorer par ma peur. Elle me ronge les entrailles et me gangrène le cœur.

Pour moi, le temps s'est arrêté.

Je suis perdue au milieu d'un amas d'ombre et de lumière bruyant. Chaque respiration semble être une insulte. Je meurs de l'intérieur. J'ai envie de pleurer. Je ne me suis jamais sentie aussi démunie. Par moment, je ferme les yeux pour essayer de contrôler mes émotions qui débordent tel un volcan en éruption mais alors les larmes se forment. Je ne peux pas laisser voir à qui que ce soit ma détresse et surtout pas à Raven. Je serai incapable de lui mentir.

Mes doigts se serrent sur mon tee-shirt au niveau de mon estomac. Il y a un mal étrange qui grandit à cet endroit. Je tire sur le tissus comme si mon geste pouvait y changer quoi que ce soit. Je veux que tous ça s'arrête. Je veux qu'on me laisse tranquille. Pourquoi ? Pourquoi le monde semble toujours s'acharner à faire de ma vie un enfer ? N'ai-je pas déjà assez souffert ?

Il faut que je sorte d'ici. Je suis entrain d'étouffer. Je n'arrive plus à respirer. J'ai besoin d'air. Je suis certaine qu'il n'y en a plus une seule molécule dans cette pièce. Je dois sortir d'ici !

Je suis comme habitée par cette nécessiter. Je me dirige vers la porte comme en pilote automatique. Je crois que je bouscule une personne ou deux mais qu'importe. Tout ce qui importe c'est de quitter cette pièce et vite. Dès qu'elle est à ma portée, je saisis la poignée. Je pourrais arracher cette foutue porte mais je prends le temps de l'ouvrir convenablement. Dès que je pose un pied dehors, j'inspire profondément et je laisse la porte m'échapper, un courant d'air la fait claquer.

Inspirer, expirer. Je cale mes mains tremblante au milieu de mes cheveux. Inspirer, expirer. Je me laisse presque tomber contre le mur. Inspirer, expirer. Je n'ai plus la force de rester debout. Inspirer, expirer. Je m'écoule. Inspirer, expirer. Je ne retiens plus mes larmes. Inspirer, expirer.

- ET MERDE, j'explose en abattant mon poing sur le sol qui se fissure autour de l'impacte.

Inspirer, expirer. Je dois me reprendre. Inspirer, expirer. J'ai l'horrible sensation que plus j'essaye de me contrôler, plus j'empire les choses. Inspirer, expirer. Je suis terrifiée. Inspirer, expirer. Je suis terrifiée en réalisant ce dont j'ai besoin. Inspirer, expirer. J'ai besoin de lui. Inspirer, expirer. Je veux qu'il m'aide à oublier. Inspirer, expirer. Je veux… m'effacer.

- Non ! Je n'ai pas besoin de toi !

Inspirer, expirer. Je ne dois pas céder. Inspirer, expirer. Je ne dois sous aucun prétexte perdre le contrôle. Inspirer, expirer. Ni aujourd'hui, ni jamais. Inspirer, expirer. Je n'arrive plus a contrôler ma crise de larmes. Inspirer, expirer. Je ne suis pas certaine de le vouloir. Inspirer, expirer. C'est tout ce qu'il me reste. Inspirer, expirer. Tout ce qu'il me reste…

Inspirer, expirer. Comment ? Inspirer, expirer. Comment je vais bien pouvoir faire ? Inspirer, expirer. Comment je vais pouvoir regarder ? Inspirer, expirer. Comment je peux rester sans rien faire. Inspirer, expirer. Comment ? Inspirer, expirer. Comment je vous le demande ? Inspirer, expirer. Comment ? Inspirer, expirer. Comment puis-je assister à ça ? Inspirer, expirer. Comment rester impassible et laisser la femme que l'on aime mourir ? Inspirer, expirer. Comment ?

Je l'aime. J'avais peur qu'en lui disant elle disparaisse. Je réalise que finalement c'est pire…

Et si… si Morgane se trompait ? Si Raven ne survivait pas à Lyssa ? Si elle mourrait vraiment ? Si… si elle ne savait jamais que je l'aime ? Si elle pensait que je la laisse mourir ?

Je l'aime. Je n'ai qu'une envie avant qu'il ne soit peut-être trop tard, c'est qu'elle le sache.

J'entends la porte par laquelle je suis sortie s'ouvre. J'efface aussitôt les larmes sur mes joues. Je ne dois pas montrer ma faiblesse. Je sais que si on me le demande, je ne pourrai pas mentir. Je serai obligée de révéler qu'il va arriver quelque chose à Raven. Je me redresse, plisse des plis invisible sur mon pantalon de fonction et cale rapidement mes mains dans les poches de ma veste. Je suis surprise en découvrant Lexa. J'imaginais que ce serait mon père qui débarquait le premier.

Lexa m'observe quelques secondes puis sans dire un mot, elle me rejoint. Elle se place sur ma gauche. Je remarque très vite qu'elle évite mon regard. Elle soupire avant de s'adosser contre le mur. Je la détaille alors qu'elle ferme les yeux. Elle coince l'arrête de son nez entre son pouce et son indexe. Je ne peux m'empêcher de sourire alors qu'elle soupire de nouveau. Puis elle dit :

- J'aurai dû mourir.

- Lexa, je m'offusque.

- Il y a dix jours, j'aurai dû mourir, elle insiste.

- Ne dis pas ça.

- Cette alpha, elle a visé la carotide. Je me vidais de mon sang. Je le répète, j'aurai dû mourir.

- Tu veux bien arrêter de dire ça, s'il te plaît.

- J'arrête.

Un silence étrange s'installe entre nous. Je m'apprête à l'interroger sur la véritable raison de sa venu quand elle me prend par surprise en saisissant mes épaules. Pendant un instant, mes instinct me pousse à m'opposer à ce geste. Heureusement, je me souviens à temps que c'est simplement Lexa. Elle glisse sa tête pour la poser sur mon épaule droite et ses bras semble me serrer plus que de raison. Elle souffle :

- J'ai eu si peur.

Je suis attendrie par son geste. Je sais parfaitement que même si nous nous faisons confiance au-delà de ce qui est dit ce genre de choses ne devrait pas arriver entre nous. Lexa me considère comme sa grand sœur et elle a raison de le faire. Elle se permet de me montrer ses points faibles ce qu'elle ne ferait avec personne d'autre. Je suis toucher par une telle confiance. Je glisse ma main droite dans ses cheveux dans un geste que j'espère rassurant, je souffle avec douceur :

- C'est normal d'avoir peur Lexa.

- Mais je ne peux le montrer à personne, je me dois d'être forte. Si quiconque découvre que je suis terrifiée à la simple idée de revoir cette alpha...

- Shhh... Lexa, calme toi. Tu ne seras plus jamais seule à l'affronter.

Je me rends bien compte qu'elle s'accroche à moi comme si j'étais son seul point d'ancrage à la réalité. A contre cœur, je l'oblige à lâcher prise. je lui souris en encadrant son visage de mes deux mains.

- Tu n'as jamais été seule. Tu as ta meute, Clarke et moi.

- Tu devrais t'enfuir loin de tout ça avec Raven. Pars Anya.

Je suis choquée par ces mots. Je fronce les sourcils pour essayer d'assimiler ce qu'elle vient de dire. Lentement, je secoue la tête de droite à gauche comme pour me battre contre l'idée qu'elle vient à peine d'énoncer. Elle me demande réellement de fuir ? Je ne pourrai jamais faire ça !

- Lexa, je tente.

- Je sais très bien que si tu restes, c'est pour ta promesse. Et bien, je t'en libère. Pars et ne te retourne pas.

- Je ne ferai jamais ça Lexa.

- Et pourtant, il le faut. Je serai incapable de le supporter s'il t'arrivait quelque chose par ma faute. Je préfère te savoir loin de moi mais en vie. S'il te plaît.

- Je ne t'abandonnerai pas.

- Tu ne veux pas te battre, insiste t-elle. Tu répugnes plus que tout au monde la guerre et bien j'ai tapé dans le mille, nous sommes en guerre à cause de moi. Alors...

- Lexa, ça suffit !

Elle semble surprise que je hausse la voix, je crois que je le suis moi-même je ne crie jamais sur elle. Mais elle va trop loin et il faut qu'elle le sache. J'inspire profondément. Je comprends mieux pour quelle raison elle souhaite à ce point que j'accompagne Raven jusqu'à son Cercle. Si elle savait...

- Tu ne peux pas sacrifier ta meute, tout ce qui fait de toi une des plus grande alpha de ce monde pour me sauver. De toute façon, je n'ai pas l'intention de mourir alors... il n'y a pas de problème. Je vais partir avec Raven comme tu me le demandes mais je vais revenir. Je serai à tes côtés.

- Anya, tu...

- Tu es ma sœur Lexa, me demander de t'abandonner, ce n'est pas seulement trahir une promesse c'est... mourir un peu à l'intérieur. J'ai besoin d'être à tes côtés.

- Je voulais… je veux… oui, je veux juste essayer de te sauver.

- Je sais Lexa. Mais tu n'as pas à t'en faire. Je suis bien plus forte que ce que je laisse croire.

- Je le sais parfaitement !

- Alors pourquoi tu t'inquiètes à ce point. Je suis certaine que tout va bien se passer.

- Mais parce que je te sens paniquer ! Je t'offre une porte de sortie, pourquoi… pourquoi tu…

- Parce que c'est aussi ma responsabilité, je murmure.

- Comment ça le pourrait ? Tu es mon invitée et tu peux… c'est à cause de cette alpha, comprend-elle, tu l'as connais.

- Je la connais, je confirme.

- Comment, veut savoir Lexa.

Je soupire en m'éloignant légèrement d'elle. Je passe une main nerveuse sur ma nuque. Je fixe un point au loin. Je sais que Lyssa est là quelque part derrière la barrière et qu'elle doit-être folle à l'idée que je sois toujours en vie. Si elle est toujours comme je me souviens d'elle, la simple idée qu'elle ne contrôle pas parfaitement une situation doit la rendre folle de rage.

Pour elle, mon existence est et restera toujours un sacrilège.

- La bonne nouvelle, c'est que si elle parvient à passer, elle ne s'en prendra pas à toi.

- Je ne trouve pas cela rassurant, pas du tout.

- Lyssa a toujours eu une dent contre moi. La première fois qu'elle a essayer de me tuer, je n'étais qu'un nourrisson. Elle pense que je la draine d'une façon où d'une autre de son pouvoir. J'imagine que sous un certain angle, elle avait raison. Elle…

J'essaye d'assimiler mes souvenirs avec les histoires que Morgane a pu me raconter. Les images qui renaissent tel un phénix de ma mémoire et de les rattachées aux propos de Raven. Je ne me base que sur des flashs et des dires… et pourtant une part de moi sait que tout ceci est réel. D'une certaine manière cela rend la situation encore pire et Lyssa encore plus machiavélique.

Ce constat me ramène encore à la mort de Raven. Je ne peux dans aucun cas rester impassible. Il faut que j'essaye… je dois tout tenté pour la sauver même si elle doit garder cette empreinte. Je ne supporterais pas de la laisser seule face à son pire cauchemar.

- C'est elle, je reprend difficilement, qui a massacrer ma meute, notre meute.

- Pardon ?

- Elle voulait récupérer le pouvoir de la meute. Elle ne vit que pour ça, accroître sa puissance. C'est pour cette raison qu'elle ne s'est pas contenter de défier l'alpha, de l'aligner. Elle a tuer tous le monde, tous les loups sans exception.

- Mais… j'ai déjà sentie… le pouvoir de la meute, il est en toi.

- Oui, je souffle, j'imagine que jusqu'à il y a dix jours, elle pensait que sa tuerie pour récupérer l'essence de la meute avait échoué mais j'ai survécu à tout ça et pour une raison qui m'échappe totalement, les esprits ne l'ont pas choisis. Elle aurait pourtant été le choix le plus logique. Elle avait vingt ans quand j'en avais six. Elle était… est toujours une alpha des plus impressionnantes alors que moi... je me stoppe net.

Je ne peux pas continuer. J'ai une boule énorme dans le fond de ma gorge, telle une pierre, elle m'empêche de fournir plus d'explication. Lexa frôle mon bras ce qui attire mon regard.

- Moi, je comprends, assure t-elle. Les esprits de ta meute ont choisie celle qui leurs apporteraient l'espoir.

- Tu crois vraiment ? Je refuse de prendre part à un combat, de rejoindre une meute.

- Jusqu'à aujourd'hui. De toute évidence, quoi que je dise, tu vas te battre à mes côtés et… tu appartiens à ma meute inter-espèce ?

- Oui. Tu as raison.

- Quoi que je dise, tu ne partiras pas, n'est-ce pas ?

- Aucune chance.

- Une meute inter-espèce… tu crois vraiment que c'est ce que je suis en train de faire ? C'est excessivement dangereux.

- Le pire, je souris, c'est que tu ne te sois pas rendue compte de le faire au cours de ces cinq dernières années.

- Tu as raison.

Un silence s'installe entre nous. Un calme étrange m'envahit. Je me suis toujours sentie à ma place aux côtés de Lexa. Elle ne m'a jamais presser ou obliger à être ce que je ne veux pas être. Je suis un peu près certaine qu'elle voit bien plus en moi que n'importe qui d'autre.

- Nous allons vraiment le faire, demande t-elle soudain.

Elle parle du fait de se battre l'une à côté de l'autre. Je sais qu'elle pense à juste titre que ce jour n'arriverait jamais. J'inspire profondément avant de lui confirmer que oui, c'est entrain d'arriver. Un petit rire lui échappe avant qu'elle ne reprenne avec douceur :

- Est-ce que maintenant tu veux me parler de ce qui te faisait pleurer ?

Évidemment… elle a remarqué les larmes. Il ne peut pas en être autrement. Je détourne les yeux de l'horizon pour fixer son profile. Je ne peux pas lui révéler la vérité. Je ne peux en aucun cas lui parler de Raven. Elle serait comme moi, elle voudrait la sauver. Mais c'est à moi de le faire.

- Je suppose que j'ai paniqué.

- Paniqué, répète Lexa, je ne vois pas pour quelle raison. Nous allons juste essayer de nous dresser devant le plus grand harem de dragons qui soit, contre le Clamp Skaikru et une alpha psychopathe. Tout va bien se passer.

- Une dernière chose, tu as parfaitement le droit d'être effrayée par Lyssa mais tu ne dois pas lui montrer, jamais. Et… si tu devais de nouveau l'affronter, je veux que tu fasse quelque chose.

- Ne pas mourir, oui, j'essayerai.

- Non. Enfin oui, je ne veux pas que tu meurs. Je t'interdis de mourir. Mais… si tu te retrouves de nouveau en face à face avec elle, que tu sens ton esprit perdre la raison, qu'elle arrive à atteindre ta conscience, je veux que tu te renforce dans notre lien.

- Je…

- Je sais que ça sera difficile mais essaye.

- Promis.

La porte s'ouvre de nouveau et je souris en voyant apparaître Clarke. Je suppose qu'elle était inquiète en ne voyant plus Lexa dans le hall. Le sourire sur les lèvres de la brune est tellement sincère et emplit de sentiment qu'il parvient à me révéler que leurs lien s'est encore accru entre elles. Lexa lui tend la main et sans la moindre hésitation la blonde la saisit.

- Tout le monde se demandaient où vous étiez passé toutes les deux.

- Je suis désolée de t'avoir inquiétée Clarke. J'avais besoin de parler à Anya.

- Je vois, sourit-elle. Elle a refusé de partir.

Je suis surprise par le fait que Lexa ait mit Clarke dans la confidence à ce sujet. La brune m'accorde un regard avant de confirmer mon refus de fuir. La blonde sourit en affirmant :

- Je te l'avais dis qu'elle refuserait de t'abandonner.

- Il fallait que j'essaye.

Je ne peux pas dire qu'il était évident que je refuserai de partir parce que c'est faux. À un certain moment, je l'aurai fait et sans même un regard en arrière. Mais les choses ont changées. Il ne s'agit pas d'une simple guerre mais de mener un combat pour la survie de la meute de Lexa. Et, je suis prête à me battre pour ce qu'elle est en train de construire.

L'idée même d'une meute inter-espèces est particulièrement dangereuse, le peu d'alpha qui ont tenté l'expérience en sont mort. Certainement décimé par Lyssa qui ne supporte pas ce concept. Mais je ne laisserai pas cela arriver à Lexa.
Je me redresse en calant de nouveau mes mains dans les poches de ma veste.

- Pendant mon absence, essaye de prendre le temps de parler à Echo, elle a beaucoup à t'apprendre.

- J'ai bien l'intention de passer un peu de temps avec elle, m'assure Lexa.

- Bien. N'hésite pas à impliquer Gaïa. Echo parle plus facilement quand elle est dans le coin.

- Très bien.

- Clarke, prend garde à ce que Lexa ne perde pas les pédales.

- Je ferai de mon mieux, sourit la blonde.

- Nous nous revoyons bientôt, j'assure en tendant mon bras vers Lexa.

Elle acquiesce avec un sourire timide en saisissant mon bras jusqu'à la pliure de mon coude. Le geste s'accentue un peu plus que l'accoutumée. Je crois que c'est ma dernière façon de lui dire que je vais revenir. Pourtant, elle trouve le moyen de me confier :

- Si tu décide de partir, assure toi d'être heureuse.

- Tu es une vrais plaie quand tu t'y mets, je soupire.

Je m'éloigne. Je ne me retourne pas. Je sens pourtant le regard de Lexa dans mon dos. Je perçois presque sa supplication pour que je fasse un geste vers elle. Je n'en fais rien, pour une raison toute simple. Je veux la convaincre de mon retour.

Je sais que je ne pourrai pas l'abandonner. J'en serai incapable. Lexa n'est peut-être pas mon sang mais elle est ma famille. Et si, que les lune m'en garde, s'il arrive malheur à Raven, Lexa sera tout ce qu'il me reste.

Je prends le temps de retourner dans le hall. Je ne cherche pas la sorcière. Je sais qu'elle est déjà partie. Je m'approche de Bellamy pour lui faire promettre de garder un œil sur Echo en mon absence. Je n'ai pas besoin de le faire et pourtant, je suis rassurée à l'idée qu'il le fera bien. Je me dirige ensuite vers Echo. Elle observe la pièce comme si elle était truffée de pièges mortels.

- Essaye de ne pas t'attirer d'ennuis pendant mon absence.

Echo hausse un sourcil. Je joue encore avec mes clefs dans le fond de ma poche. Je soupire avant de les sortir et de décrocher le double qui permet d'entrer et sortir de chez moi. Je la tends vers la brune qui me dévisage avec incompréhension.

- Crois-moi, je préférai que tu restes ici avec Lexa mais je sais que tu te sens en sécurité chez moi alors tu peux y aller quand bon te semble. Cette clef est à toi, définitivement. Fais juste attention à ce que Blue ne s'échappe pas et si tu dors dans la bibliothèque, essaye d'utiliser le lit.

Je souris avec patience alors que Echo ne fait pas un geste pour prendre la clef. J'attends. Je sais qu'elle va finir par la saisir. Elle semble tellement surprise dès que quelqu'un fait quelque chose de désintéressé pour elle. J'imagine que de tel acte n'existe pas chez les dragons.

- Merci, murmure-t-elle.

Ses doigts tremblent jusqu'à ce qu'ils se referment sur la clef. Elle l'observe ensuite comme si s'était l'objet le plus précieux qu'elle possède. Je sais qu'elle ne l'est pas mais Echo a pourtant en elle une telle innocence dans ses actes que ça me touche en plein cœur.

- Et n'oublie pas, garde toujours la tête haute.

Elle acquiesce doucement, je la salue et je me décide à rentrer chez moi. Je ne sais pas du tout comment je vais parvenir à affronter Raven. Je ne sais pas comment la regarder sans qu'elle ne perçoive ce que je sais. Je vais tout faire pour empêcher ce que Morgane pense inévitable mais je dois faire semblant jusqu'au dernier moment.

Je passe la porte avant de me diriger immédiatement vers le salon. Je me rapproche sans faire de bruit vers le canapé. Blue est installer sur la table basse. Je le caresse en me posant à côté de lui. Il se redresse et commence à ronronner. Raven s'est assoupie.

Je me penche en tendant ma main jusqu'à son visage. J'arrête mon geste à quelque centimètre de sa peau. Ses cheveux tombent en cascade sur ses yeux, ils frôlent ses lèvres et sont coincés sous son cou. Elle est magnifique. Je referme mes doigts en m'éloignant. Je soupire. Je ne peux définitivement pas la perdre.

Je mordille l'ongle de mon pouce alors que mon regard tombe sur ses arceaux. Je suis surprise qu'elle les ai retirés pour un si petit laps de temps. Sa magie est-elle à ce point affaibli ?

Non. Je ne peux plus attendre. J'ai besoin de savoir. Si quelque chose ne va pas, elle doit m'en faire part. Je me racle doucement la gorge avant de secouer en douceur son épaule. Je murmure son prénom. Il lui faut un petit moment mais elle finit par ouvrir les yeux. La fatigue se reflète jusque dans ses iris. Je n'aime pas la savoir aussi faible.

- Comment tu te sens, je demande d'une petite voix.

- Épuiser, répond-elle.

- Tu es certaine que tu peux aller chercher Aiden ?

- N'exagère pas la situation, je ne suis pas aussi démunie. Qu'est-ce qu'il y a Anya, me demande t-elle en se redressant, tu semble inquiète.

- Juste un mauvais pressentiment.

C'est tout ce que je peux lui dire, rien de plus. Je ne peux clairement pas lui parler de ma discutions avec sa mère. Elle ne comprendrait pas. Qui pourrait lui en vouloir ? Moi-même, je me bat encore contre l'idée qu'elle puisse mourir. Je n'accepte pas cette éventualité. Il ne me semble n'y avoir qu'une seule solution pour la sauver et c'est la garder près de moi.

- Ne pars pas, je demande avec une certaine fragilité.

- Je suis touchée par ton inquiétude Anya mais je ne risque rien. Je serai revenue avant même que tu ne t'en rendes compte. Et puis… Lexa a décidé que tu devais m'accompagner alors…

- Alors rien du tout. Je sais que tu vas me demander de rester en arrière.

- Seulement parce que ce serait bien plus dangereux que tu vienne avec moi au sein du Cercle. Mais je te promets de te faire attendre à la limite de leurs terres. Rassurée ?

Non ! Absolument pas ! Je ne suis pas du tout rassurée ! D'autant que je sais qu'elle va choisir pour une raison ou une autre de partir sans moi. J'ai conscience au plus profond de moi qu'il ne s'agit pas d'un manque de confiance, c'est autre chose. Peut-être même que si Lexa avait désigner une autre personne elle aurait accepté de l'exposer au Cercle mais pas moi…

Pourquoi pas moi ? Pourquoi ? Je ne comprends pas. En quoi suis-je si différente à ses yeux ? Est-ce à cause de lui ? Non. Elle n'en a jamais eu peur. Ou alors… évidement, elle ne veut pas que Alie ou qui que se soit d'autre découvre qu'elle va quitter le Cercle. J'imagine que s'ils nous voyaient interagir, ils comprendraient. Ils seraient spectateurs de notre complicité, de nos sourires, nos regards… et elle aurait envie de me toucher. Ils sauraient peut-être avec un simple regard que nous sommes liées qu'importe que nous ignorons nous-même de quelle façon. Le Cercle prendrait cela comme une menace. Alie pourrait donner l'ordre de me tuer pour garder Raven.

La sorcière est exactement comme moi, à cet instant, elle cherche juste à me protéger. Sauf que moi, je n'ai pas prévu de mourir dans les prochaines heures contrairement à elle !

- Ne partons pas, j'essaye une nouvelle fois. J'ai vraiment un mauvais pressentiment.

- Il n'y a pas de quoi avoir peur. C'est une mission de sauvetage tous ce qu'il y a de plus ordinaire. Je nous y emmène, je te laisse dans la maison des Warlox, j'entre dans le Cercle, je me coltine toute les banalités d'usage et Alie, je trouve Aiden et je nous ramène. Dans moins de quelques heures, nous sommes de retour.

Je n'y arriverai pas. Je n'arriverai pas à la faire changer d'avis. Après tout, c'est normal, je ne peux lui donner aucun argument qui l'empêcherai de s'y rendre. Je ne peux clairement pas lui dire de but en blanc qu'elle va mourir. Soit elle ne me croirait pas, soit elle voudrait encore plus m'éloigner et se n'est pas ce que je souhaite. Je la détail quelque seconde de plus.

- Très bien, je souffle, tu as gagné. Mais repose toi encore un peu.

Je me redresse avec une idée terrible en tête. Et si elle savait… si son lien avec Lyssa lui permettait de savoir que cette dernière allait lui faire du mal ? Après tout, c'est elle qui m'a prévenu que ma sœur avait trouver le Cercle alors peut-être que ce monstre est là-bas et que Raven s'y rend en toute connaissance de cause. J'aimerai croire qu'elle m'en parlerai mais… en vérité, je ne sais pas ce qu'elle ferait. Je suppose que nous sommes toutes les deux un peu trop déterminées à protéger l'autre.

- Nous pouvons y aller maintenant, je ne suis pas si faible que ça. Et, j'ai hâte de te présenter les Warlox. Tu vas adorer Agathe, elle fait des tartes à tomber par terre et Louis à une bibliothèque plus grande que ta pièce à vivre.

- Des sorciers qui ont décidé de s'établir près du Cercle sans y être affilié ?

- Des humains, sourit-elle.

J'ai rarement vu Raven parler d'humains avec un tel respect. Je suis si surprise que j'en oublie de la questionner. Elle attrape ses arceaux qu'elle met en place, pudiquement, je détourne le regard alors qu'elle récite les premiers psaumes de sa formule.

Je frissonne en les percevant se resserrer plus que de raison. Je fais tout pour ne pas regarder, la voir souffrir n'est pas envisageable. Je grimace en sentant presque la douleur. Je frictionne mon jean au niveau de ma cuisse gauche comme s'il y avait quelque chose qui me gênait à cet endroit précis. L'étrange sensation semble serpenter jusqu'au dessus de mon genoux. Je fixe ce dernier interdite avant de détourner le regard vers Raven. Elle vient de poser la seconde partie de sa prothèse magique.

Qu'est-ce que…

Suis-je entrain de ressentir des sensations qui appartiennent à Raven ? Est-ce seulement possible ?

J'oblige ma main à quitter ma cuisse et détaille avec un peu plus d'attention la sorcière. Avant cet instant, je n'avais pas compris l'utilité des arceaux. Se n'est pas dans sa jambe qu'elle insuffle de la magie mais dans les quatre parties ovale de sa conception. J'ancre mon regard dans le premier qu'elle a installer alors qu'elle fini son incantation pour le dernier près de la cheville. Vu de l'extérieur, ça ne semble être que des bouts de métal sans le moindre intérêt sauf qu'une fois gorger de magie, il permet de stimuler les muscles et les tendons atrophier comme des influx nerveux. Sans cela, elle serait véritablement incapable de marcher ou ne serait-ce de bouger un seul orteil. Sa jambe gauche est complètement morte. Se sont les subterfuge, l'intelligence et le génie d'une sorcière des plus puissante qui lui permette de se mouvoir normalement.

- Combien de temps il t'a fallu pour créer les arceaux ?

- Presque deux ans.

- Je n'ai pas la prétention de comprendre ce que tu peux faire avec ta magie mais ça semble très complexe.

- Ça l'est, me confirme t-elle. J'ai été blesser au milieu de la seconde guerre mondial pour les humains. Autant dire que je n'étais pas plus en sécurité ici que dans le Multi.

- Comment tu as fais ?

- Bellamy, répond-elle évasivement. C'est lui qui a trouver le clocher, il est devenu mon sanctuaire. Je ne l'ai pas quitté avant de pouvoir marcher convenablement. Il m'a fallu beaucoup plus de temps pour courir ou même me mettre sur la pointe des pieds.

- Pourquoi est-ce… aussi… douloureux ?

- Les terminaisons nerveuse, dit-elle en se levant, elles sont HS mais je les réactive sans vraiment le vouloir. Je n'ai pas encore trouvé de solution pour ça. C'est pour cette raison que je boite légèrement. Tu veux que je t'en dise plus sur Agathe et Louis ?

Je suis étonnée par ce changement de sujet radicale. Je hoche les épaules en m'appuyant dos contre le mur. Je ne sais pas pour quelle raison je tiens à garder cette distance entre Raven et moi. Ça me semble presque vital, un de mes derniers rempart pour me protéger de ce qui va lui arriver.

Seulement la sorcière semble en avoir décidé autrement puisqu'elle avance lentement vers moi. Je souris bien malgré moi alors qu'elle s'arrête juste en face de moi. J'aimerai croire que je maîtrise parfaitement la situation mais c'est faux. Mon cœur s'emballe à chaque fois qu'elle est un peu trop près. Mon esprit s'égare dans diverse pensées comme le fait que j'aimerai de plus en plus savoir ce que cela me procurerait de l'embrasser.

Je crois que je serai prête à vendre mon âme au diable pour connaître cette sensation, juste ses lèvres contre les miennes. Une damnation éternelle me semble bien moins cruelle que de savoir que sa vie m'échappe. Je suis définitivement en train de la perdre. Je baisse les yeux avant de demander :

- Les humains ? Pourquoi pas, moi je ne les déteste pas.

C'est juste logique de continuer à agrémenter cette discutions, plus elle dure, plus je retarde notre départ. J'aimerai pouvoir la garder près de moi mais je sais cela impossible alors la moindre petite minute voler pourrait sembler dérisoire, mais c'est loin d'être le cas.

- Ce n'est pas une question de ressentiment. Ils sont juste beaucoup plus nombreux que nous. S'ils se rendent compte de notre existence, toutes les communautés humaines se trouveraient un ennemie commun, pour la première fois de l'histoire, ils auraient une raison de se battre les uns à côté des autre et non les uns contre les autres.

- J'imagine que tu n'as pas tord.

- Les Warlox épaule ma famille depuis le début des année 1300. Ils nous ont protégés durant les grandes chasses aux sorcières. Se sont des gens simples, avides de connaissances. Sur certain point, ils sont peut-être même plus informé que certain archiviste. Tu vas les adorer.

- Combien de Warlox tu as vu naître, je demande amusée.

- Ce n'est pas drôle Anya mais… beaucoup.

- Je suis certaine que tu connais le chiffre exacte.

- Non, répond-elle trop vite.

- Ah oui ?

- Tu es insupportable ! La première Warlox que j'ai rencontré s'appelait Claude. Elle a quitté Hélys en même temps que ma mère et moi pour nous protéger. Quatre ans plus tard, elle a eu une fille qui s'appelait Callie et deux ans après Damien est né. Après que Claude soit morte, c'est Damien qui est resté près de nous, Callie a choisie de vivre une vie normal. Après ça il a eu deux enfants qui ont eu eux même deux enfants… j'ai assisté à une cinquantaine de naissances. Agathe et Louis sont les derniers nés, des jumeaux. Je ne m'entendais pas très bien avec Robyne, leurs grand-mère, elle ne leurs à même jamais parlé de moi, à eux ou même à ses propres enfants et pourtant les jumeaux m'ont trouvé il y a huit ans et depuis, ils me suivent partout. Ils voulaient venir à Polis mais je leurs ai demandé de garder un œil sur le Cercle.

- Tu comptes les ramener en même temps que Aiden ? Je comprends.

- Peut-être pas les ramener. Je vais leur laisser le choix comme toujours. Mais ils ont le droit de savoir que je retourne sur Hélys c'est leurs terres à eux aussi.

- Pourquoi Jack semblait inquiet que tu puisses y retourner ?

À la seconde même où je finis de poser ma question, son regard se vide de toute émotion avant qu'un éclat de tristesse immense se reflète dans ses iris devenu instantanément plus écarlate qu'à la normal. Elle passe ensuite nerveusement sa main sur son bras droit. Je suis obliger de regarder le miens alors que je sens une sensation étrange parcourir ma peau.

Est-ce que… non, impossible ! Je ne peux pas être capable de sentir son seaux de confinement sur ma peau. Et même si s'était une possibilité, pourquoi maintenant ?

- Ma mère nous a fait fuir après que mon frère soit mort.

L'absence de sentiments alors qu'elle prononce cette phrase me laisse interdite. Je reste alors figer sur place. Jamais avant aujourd'hui elle ne m'a parler d'un frère. Je la détail pour essayer de comprendre cette distance qu'elle met entre ses mots et ses émotions. C'est alors que je distingue un faible éclat de culpabilité.

- Tu ne m'as jamais…

- Je sais, se précipite t-elle à dire, et je ne veux pas en parler ! Nous y allons, me demande t-elle en me tendant la main.

- Je devrais peut-être, je commence en pointant ma chambre du doigt.

- Tu n'as besoin de rien.

Voilà. C'est tout ce que j'aurai. Il est impossible que je puisse avoir plus de sursis, n'est-ce pas ? Je peine à déglutir alors que je semble avoir une pierre coincée dans ma trachée. Elle se rapproche plus que de raison de moi. Pour la première fois, les rôles sont inversés parce que c'est moi qui rechigne à accepter la main qu'elle me tend. C'est elle qui entre dans mon espace personnelle sans y être invitée. Sans que je ne le contrôle, mes yeux tombent sur ses lèvres et sans m'en détacher, je lui demande :

- Ne sommes nous pas assez près pour que tu nous fasse transplaner ?

- Je ne veux pas risquer de te perdre, sourit-elle.

- Oh, je souris avant de relever les yeux brusquement, attend, tu veux dire que… quand tu m'as emmené dans le Multi tu aurais pu…

- Arrête de marmonner et prends moi la main.

- Et dire que j'ai dû te supplier pendant des mois pour que tu acceptes ma main tendue.

- Anya, siffle t-elle entre ses dents.

Elle tend un peu plus sa main vers la mienne. En vérité, elle frôle mes doigts des siens mais ne fait pas un mouvement pour finir son geste. Mon regard trouve un point d'ancrage parfait au milieu de ses iris chocolat, troublés ici et là par des taches rougeâtres.

Très bien. J'imagine que je ne pourrais pas obtenir plus de temps. Je n'ai plus le choix, que je le veuille où non, le destin de Raven va s'accomplir. Je ne la retiendrai pas mais cela ne veut pas dire que Morgane va réussir à en faire de même avec moi. Il me reste encore un mince espoir.

C'est avec la sensation désagréable d'être piégé dans un nœud de fatalité que je saisis doucement la main de Raven. Elle sourit et par toutes les lunes, je pourrais me condamner moi-même à l'enfer éternel pour que ce sourire habite ses lèvres, chaque seconde de sa vie. Je veux la garder loin de tout danger. Savoir que je vais certainement bientôt échouer me remplit d'une mélancolie telle que je n'en ai jamais connue.

- A quel point ton loup vit-il dans tes yeux ?

Je fronce les sourcils. Je ne comprends pas bien le fondement même de son questionnement. Je sais qu'elle ne peut pas le voir. C'est impossible. En ce moment même, il est parfaitement endormie. Il est toujours si calme lorsque je suis proche de Raven.

- Nous le saurons bientôt, je suppose. Je parie qu'il ne faudra qu'un regard d'Agathe pour comprendre que tu es une vraie Lucas.

- Comment pourrait-elle…

Comme la fois où elle m'a emmener dans le Multi, elle saisir mon pull de sorte que la pointe de mes pieds touche les siens. Je perds mes mots et mon cœur cogne, cogne et cogne bien trop vite dans ma poitrine.

- Inspire profondément, murmure-t-elle.

Raven ferme les paupières et moi… moi, je n'ai d'yeux que pour elle. Si j'avais assez d'audace, je comblerais le peu de distance qui nous séparer et je ferais de ses lèvres un sanctuaire pour les miennes. Je suis obligée de mordre plus que de raison l'intérieur de ma joue pour me retenir de faire une folie.

Elle commence à murmurer une formule et des étincelles fugace écarlate jaillisse autour de nous. La lumière jaillit en des milliers de couleurs de part en part, elle provient du corps de la sorcière et transperce le miens. Nous sommes ensuite aspirer en une fraction de seconde avant de nous rematérialiser devant une maison pittoresque au toit en tuiles rouge.

Raven semble sur le point de s'effondrer alors j'agis avant même de m'en apercevoir. Je lâche rapidement sa main pour la placer dans son dos et la plaquer contre moi. Ses cheveux glisse sur ma joue et sa tête repose sur mon épaule. Son souffle caresse mon oreille. Je resserre un peu plus mes bras sur elle et j'attends patiemment qu'elle reprenne conscience.

Pas si faible que ça, elle a dit… Je lève les yeux au ciel. Serait-il possible qu'elle ignore où se trouve ses limites ?

La porte d'entrée blanche de la maison s'ouvre. Je fronce les sourcils en remarquant que nous sommes menacées par une arbalète. Sans quitter la menace des yeux, je plie mes genoux pour placer mon bras gauche au niveau des cuisses de Raven. Je la soulève alors facilement. Sa tête tombe un peu plus sur mon épaule. Au moins, si je dois fuir, maintenant j'en suis capable.

Je fixe l'homme qui me tient en joue. Il ne tremble pas. Il a l'habitude de tenir une arme en main. Ses cheveux blonds vénitiens tombent légèrement sur ses yeux bleus presque transparents. Il porte une cicatrice assez impressionnante qui commence au niveau de sa pommette gauche pour descendre jusqu'à son menton.

- Je suppose, je commence alors que je perçois une seconde présence dans mon dos, que tu es Louis.

Je me retourne pour découvrir une jeune femme rousse avec des iris d'un gris claire très impressionnant. Des lunettes sont coincées dans ses cheveux tressés en quatre épis. Elle tient un katana dans sa main gauche, les doigts de sa main droite sont serrés au plus près du koiguchi. Je passe ma langue sur mes lèvres avant de poursuivre :

- Et tu dois être Agathe ?

- Nous ne te connaissons pas, aboie celui que je suppose être Louis.

Je me tourne plus vers lui pour le fusiller du regard. Raven a peut-être dit que j'allais apprécier ces deux là mais pour l'instant, ce n'est vraiment pas le cas. Celui-là semble être un abruti fini !

Je perçois le bruit d'un objet qui s'écrase au sol avant les pas de course. Je n'ai pas le temps de penser à vérifier dans mon dos pour découvrir ce que fait la sœur de l'abruti avant de l'entendre hurler :

- Raven ! Que lui est-il arriver ?

Agathe saisit son visage et j'écarquille les yeux. Comment est-elle arrivé jusqu'à moi si vite ? Aucun humain n'est aussi rapide. Elle replace ses lunettes à leurs place et semble analyser Raven dans son ensemble avant de lâcher ce qui ressemble à un soupire de soulagement.

- Elle va bien, murmure t-elle.

- Salut A, souffle Raven.

Ce que je peux être soulagée d'entendre sa voix. J'en ai plus que marre qu'elle me fasse vivre les pires peurs de ma vie. Et le pire dans tout ça c'est qu'il va y avoir pire, tellement pire !

- Est-ce que tu me portes Anya ? Me demande t-elle avec moquerie.

- Seulement parce que tu te serais effondrée et qu'on nous menaçait.

- Je vois. Tu peux me reposer maintenant.

- Ouais, bien sûr mais si celui-là, je pointe Louis, me tire dessus, je serai obligée de riposter.

- Il n'en fera rien, m'assure Raven alors qu'elle repose pied à terre.

Il faut à peine une seconde à Agathe pour la prendre dans ses bras et clamer comme elle est heureuse de la revoir. Louis arrive lentement avec le sourire aux lèvres. Il pose son arbalète au dernier moment avant d'appliquer sa main sur le haut des cheveux de sa sœur.

Raven s'extirpe assez difficilement de l'étreinte mais quand elle y parvient, je remarque un immense respect dans son regard pour ces deux humains. Je n'aurai jamais cru voir cela. Ils échangent quelques banalités auxquels je ne fais pas vraiment attention. J'observe les alentours. Il n'y a rien d'autre que cette maison à des kilomètres à la ronde. Mon odorat et mon ouïe sont à peine perturbés par la présence humaine.

- Qu'est-ce que tu nous a ramener là, demande Louis. Ce n'est certainement pas une sorcière.

- Je suis une lycanthrope, je réponds en fixant un arbre gigantesque qui pourrait bien avoir l'âge de Raven.

- Quelque mois à vivre dans une meute et tu nous ramènes un chien ?

- Qu'est-ce que tu viens de dire, j'interroge avec colère.

Louis éclate de rire, sa sœur lève les yeux au ciel alors que Raven soupire en coinçant sa main derrière sa nuque.

- Tu te rends compte, reprend-elle, que si elle veut t'arracher la tête, je serai impuissante.

- Excusez cet imbécile, précise Agathe en frappant le haut de son crâne. Il a un humour très particulier. Les amis de Raven sont toujours les bienvenue.

- Encore faudrait-il qu'elle ait des amis, taquine Louis.

- Je suis sa gardienne, je précise.

- Je voudrais, reprend Raven, qu'Anya reste avec vous le temps que je règle deux ou trois choses avec Alie.

- Bien entendu, assure Louis.

- Tu pars quand ? Demande Agathe.

- Maintenant.

Je ressens un terrible haut le cœur à l'entente de cette réponse. Maintenant. Je baisse les yeux. Je ne peux pas affronter le regard de Raven, pas à cet instant. Je ne sais pas encore comment mais il faut que je parvienne à la suivre. Je ressens de nouveau cette angoisse monstrueuse qui semble comprimer mon cœur comme une main gigantesque qui pourrait enserrer mon organe vitale. Ma respiration se bloque me faisant presque suffoquer et je pourrai presque croire que mon corps tangue alors qu'il est parfaitement stable.

Cette fois, tout se met véritablement en place. C'est exactement comme Morgane l'avait prédit.

Raven part alors que le soleil commence à décliner. Je n'ai rien pu faire pour la retenir, pour la garder près de moi. Rien. Je le sens se réveiller, s'agiter à l'idée destructrice que j'ai pu échouer. Je vais être obligée de perdre Raven. Parce que Morgane l'a dit, je vais devoir la laisser mourir. Je ne semble plus capable de le contenir. Il est en train de devenir fou.

Je serre mon poing plus que de raison alors que je sens la présence de Lyssa. Elle est ici, quelque part dans ces bois. Je regarde un peu partout comme si elle pouvait être dans mon dos. Je suis certain qu'elle est tapie dans l'ombre. Je vais perdre la raison. Je ne peux pas laisser Raven partir dans ses conditions. C'est impossible.

- Anya, les mains de Raven se plaque sur mes joues, qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Je te l'ai dis. J'ai un mauvais pressentiment.

Quitte ou double, c'est ma dernière chance de la garder près de moi. La dernière…

- Arrête de t'en faire. Je ne risque rien.

- Je devrai…

- Tu vas rester ici Anya.

Avant même que je ne puisse protester, sa main droite glisse loin de ma peau comme une caresse. Je manque de reculer alors que son visage se rapproche du miens. Je sens mon cœur bondir alors que ses lèvres frôlent ma joue mais il explose tel un feu d'artifice alors qu'elle les applique sur ma peau pour m'embrasser de la façon la plus chaste et douce qui soit.

- Tu vas rester, murmure t-elle. Magicace vos nunc.

Je me sens tomber. J'ai le temps de regarder Raven avec horreur. Qu'est-ce qu'elle vient de faire ? Elle me retient avant que je ne m'écrase au sol. Sa main tremble. Je suis incapable de bouger. Je suis figée dans le temps. Pour la première fois depuis que nous nous connaissons Raven a utilisé la magie sur moi, contre moi. Ça me blesse bien plus que ce que je ne l'aurai imaginé.

D'autant plus qu'il n'y avait pas de pire timing ! J'ai envie de hurler qu'elle fait une horrible bêtise mais même ça, j'en suis incapable. Alors… je me sens de nouveau paniquer. Ma poitrine me compresse, mes yeux s'humidifient, ma respiration est filante. Cette fois, il n'y a pas de doute, je fais une crise d'angoisse.

- Je suis désolée Anya, murmure Raven, je dois être certaine que tu ne feras rien de stupide. Louis et Agathe vont veiller sur toi. Je reviens vite. Tu ne te rendras même pas compte que je suis partie. Somnum.

Et cette fois, je sombre complètement.

C'est le noir totale.

Un sommeil sans rêve.

Il n'y a plus rien pas même ma propre conscience.

C'est presque un calme apaisant.

Puis… le réveil !

Violent.

Déchirant.

Oppressant.

Je bondis en hurlant de douleur. Quand mon cris s'arrête, je semble ravaler mon propre air et m'étouffer avec. Je plaque violemment ma main contre ma poitrine au niveau de mon larynx. Mes os sont comme brisés et semblent éclater dans ma cage thoracique. Je souffre. Je tousse alors comme si mon sang s'accumulait dans ma gorge et que j'essayais de m'en débarrasser. Je pleure. Je suis complètement démunie. J'ai tellement mal.

Une nouveau coup semble m'être porté dans le ventre. Il me coupe la respiration. Je ressens presque instantanément une violente souffrance dans mon crâne ainsi que le long de ma colonne vertébrale. Je gémis alors que tout mon corps semble meurtrit. D'un geste tremblant je mène ma main gauche jusqu'à mon cœur. Il est navrant de l'entendre battre si faiblement.

Et puis… tout s'arrête.

Je sens les larmes noyer mes joues comme jamais. Je peine à prendre une inspiration. Je ressens encore le fantôme des douleurs qui n'était pas les miennes. Mes muscles semblent même encore endolorie. Je suis tremblante alors que je me redresse difficilement. Je me mets debout même si je suis complètement étourdie. Je ressens encore la violence des que je semble avoir subis.

Je panique complètement en rassemblant mes derniers souvenirs.

Raven ! Je la cherche près de moi mais elle n'est nul part. D'ailleurs, où je suis ? Mes angoisses reprennent de plus belle.

Il faut que je retrouver Raven ! Je dois… Je fais un pas mais manque de m'effondrer. Je me rattrape de justesse au mur près de moi. C'est alors que je remarque que je suis enfermée dans une pièce sombre sans le moindre meuble et particulièrement petite.

Je me traîne jusqu'à ce qu'il me semble être la porte. J'appuie de toute mes forces mais elle ne daigne pas bouger d'un millimètre. De rage, j'abats mon poing contre le bois en hurlant faisant vibrer mes cordes vocales comme jamais.

Je veux sortir, je dois sortir d'ici.

Raven est… Mon regard semble soudainement se voiler. Je ressens une violente nausée que je n'arrive pas à retenir et je vomis sur mes chaussures. Non, non et non ! Je refuse de croire que si je ne ressens plus de douleur c'est parce que… c'est parce que… NON !

Je m'acharne avec plus de violence et de colère sur cette porte. Elle n'est même pas scellée par la magie ou quoi que ce soit, c'est juste que mes forces m'ont complètement quittées. Je suis terriblement faible. Après de longues, très longues minutes, je m'effondre. Je cherche à reprendre une respiration normale mais il n'y a rien à faire, je suis foudroyée par des crises de larmes encore et encore. Je suis incapable de me calmer. Je ne veux pas me calmer. Ce que je veux c'est tuer.

- Très bien, ma voix tremble, j'ai besoin de toi.

Il ne se passe rien. Je ne le sens nul part. C'est comme s'il avait disparu, exactement comme Raven. Il n'est plus là. Soudainement je me mets encore plus à paniquer. Il ne peut pas se permettre de prendre la poudre d'escampette, pas maintenant, pas alors que j'ai besoin de lui.

- Où est-ce que tu es bordel ? Vas-y ! Prends mon humanité, déchaîne toi, fais ce que tu veux de moi ! Qu'est-ce que tu attends ?

J'ai beau hurler, il reste aux abonnés absent. C'est pas possible, c'est forcément une mauvaise blague ! Depuis le temps qu'il cherche à sortir de sa prison, pour quelle raison il refuse de le faire aujourd'hui ? C'est… inacceptable !

Je me souviens alors de ce que Morgane a dit… elle voulait m'empêcher d'intervenir, de sauver Raven… elle a endormi mon loup.

- Allez, je m'égosille, réveille toi !

Cette fois, cela semble suffire, je sens presque mes iris glisser pour devenir les siennes. Mais c'est tout, je ressens à peine sa présence. Aller, un peu plus, juste un peu plus. Il faut que ça soit lui, parce que moi je ne suis pas assez forte. Je sens mon corps trembler mais je ne parviens pas à me transformer. Nous sommes une équipe et nous sommes tous les deux affaiblit.

De frustration, je hurle de nouveau avant d'abattre violemment mon poing contre le mur. Je prends une forte inspiration. Il faut que je me calme. Je dois avoir les idées claire. Je dégage ma main difficilement. Je réalise à retardement que mon coup à provoquer une énorme crevasse. Je me rapproche de cette entaille caresse la pierre abîmée. Je resserre mes doigts plus que de raison. Je chercher alors dans notre force, pas la miens, pas la sienne, la notre et je cogne, je cogne et cogne encore jusqu'à ce que se forme un passage assez grand pour que je puisse me faufiler hors de la pièce.

Je me retrouve directement à l'extérieur. Je lève la main devant mes yeux alors que le ciel est déjà ocre. Le soleil se lève, c'est déjà le matin. J'ai manqué toute la nuit parce que Raven m'a jeté un sort. Je n'ai pas pu la sauver parce que Morgane a mit mon loup en sommeil.

Non ! Non, non et non ! Je refuse d'abandonner, de l'abandonner ! Je vais retrouver Raven qu'importe ce qu'il m'en coûte !

J'essaye de me concentrer sur mes sens mais ils semble tout aussi inutile que ceux des humains. Je jure entre mes dents. Allez ! J'ai besoin de lui, de ses capacités exceptionnelle. Je ferme les yeux. J'essaye de me concentrer plus d'une poignée de seconde sur mes instincts de chasseur mais il n'y a rien à faire. Tout, absolument tout me ramène encore et toujours à Raven.

- S'il te plaît, Raven a besoin de nous.

Portée par mon instinct, je me tourne vers le nord. Je fronce les sourcils et avant même de comprendre réellement ce que toutes ces sensations signifient, je me mets à courir. C'est difficile, jamais courir ne m'a semble si insurmontable. C'est comme se précipiter pieds nus sur des débris de verres, comme avoir de l'acide qui coule dans mes veines, comme avaler des cailloux à la place de molécule d'air, comme… être morte.

Je suis rapide, je l'ai toujours été mais aujourd'hui malgré la torture que me procure l'exercice, je le suis encore plus. Il ne m'aide peut-être pas pourtant mes sens restent à l'affût. Je cherche le moindre indice qui pourrait me conduire le plus vite possible à Raven. Je ralentis alors que je semble sentir une effluve de sang et de magie. Un peu plus à gauche, j'accélère encore et je ne m'arrête que lorsque je suis absolument certaine d'être à quelque mètre d'un corps inanimé.

Je suis figée sur place. Je n'ose plus faire un geste. Je ne suis pas certaine d'être capable de vivre ça. De là où je me trouve, tout ce que je suis capable de voir c'est une longue chevelure ébène nicher dans un lit de feuilles morte et joncher par de la terre. Je mords ma lèvre inférieur avant de trouver le courage d'avancer. Je garde la tête haute, les yeux rivés vers le ciel. Je fais tout pour retarder le moment fatal, celui où je vais découvrir que c'est Raven.

Une inspiration, une explication et mon regard tombe au sol. Je m'effondre alors à ses côtés en larmes, ma main tremblante se dirige vers son visage mais je n'arrive pas à concrétiser mon geste. Il y a du sang qui macule ses oreilles mais aussi qui s'est écoulé de son nez et encore qui maquille ses lèvres. Je baisse les yeux pour découvrir sa cage thoracique écrasée, je peux presque voir l'empreinte de la main de Lyssa. Je glisse ma main gauche dans la sienne, elle est glacée comme toujours. La différence, c'est que ses doigts ne se resserrent pas et je ne sens pas sa magie.

Sa magie s'est éteinte… tout comme sa vie.

- Raven… je t'en prie. Tu ne peux pas être morte, je t'aime.

Je me laisse tomber sur son corps inanimé. Mes doigts libres s'accrochent à sa veste et je pleure, je pleure, je pleure encore et encore. Je supplie pour qu'elle revienne. Je lui demande qu'il m'avale toute entière. À quoi bon être humaine si Raven n'est plus là ? À quoi bon même vivre ? Je veux qu'il m'efface. J'attends qu'il reprenne assez de force pour qu'il me libère de cette douleur intolérable. Je me sens morte. Alors autant qu'il prenne ma vie.

Il se passe de longue, très longue minute avant que je ne sente qu'il s'est assez renforcer. Alors, je l'appelle. Je ne me battrai pas contre lui. Je vais le laisser m'emporter. Le temps s'arrête mais alors que sa force grandit, il semble ignorer ma voix. Il continue de creuser un peu plus pour avoir bien plus de puissance. Mais à quoi bon puisque je lui laisse le champ libre ?

- Arrête de jouer avec moi et reprends ta place, je demande la voix baignée de larme.

Mais il continue de refuser de m'écouter. Il me rend encore plus folle que d'ordinaire. Je veux juste oublier cette peine immense, enterrer mon cœur briser dans sa rage folle. Je veux qu'il prenne le contrôle. Je n'ai plus la force de lutter. Je n'en peux plus. Je suis exténuer.

J'ai déjà trop perdu et me demander de vivre sans Raven, c'est trop… beaucoup trop. Je ne peux pas faire ça. C'est impossible.

Je ne l'ai jamais senti aussi fort. Sa puissance m'écrase totalement. Et pourtant, pour une raison qui m'échappe totalement, il reste toujours cloîtrer dans mon corps.

- Mais qu'est-ce que tu attends bordel ? Une invitation écrite peut-être ? Sors ! Maintenant !

Toujours rien. Il semble s'acharner à jouer avec moi. À croire que jusqu'au bout, il veut faire de ma vie un enfer. Je m'accroche un peu plus à Raven. Je colle mon oreille contre sa poitrine. Je voudrais tellement entendre son cœur battre, sentir la présence si étrange de sa magie. Je n'ai pas eu assez de temps, on ne m'en a pas laissé assez.

Je crois que je n'ai même pas la force de vouloir me venger. Je suis plus bas que terre. Je ne désire plus rien, plus rien d'autre que de retrouver les sourires de Raven, son rire si rare, sa force de caractère ou encore la voir taquiner un peu plus mon père. Je veux avoir l'occasion de lui dire que je l'aime. Mais encore une fois, quelqu'un d'autre a décidé pour moi, m'empêchant de la protéger.

Et Morgane avait tort… Raven est véritablement morte. Elle ne reviendra pas. Personne ne revient après si longtemps, pas même une sorcière aussi puissante qu'elle. Je suis dévastée à cette idée mais c'est la vérité. J'ai échoué. J'ai été incapable de sauver Raven.

Évidemment, si cette idiote ne m'avait pas envoûté et si sa mère n'avait pas retenu mon loup en otage, nous n'en serions pas là. J'aurai pu la sauver mais personne ne m'en a laissé l'occasion.

Je sens une sensation étrange dans ma main gauche. Je me redresse légèrement pour découvrir comme une aura étrange illuminer la main que je tiens dans la mienne. La paume de Raven semble aspirer ma chaleur parce que bientôt tout mon bras est transi de froid. La lueure étrange se diffuse lentement sur et sous la peau de la sorcière. Je suis son avancée quelque peu interdite.

Avec incompréhension je remarque rapidement que tout le corps de Raven est entouré par ce phénomène étrange. C'est comme si un halo transparent la protégeait. Sans en comprendre les origines, je le sens peu à peu s'affaiblir. Je remarque alors quelque chose de plus étrange encore se produire dans les iris de Raven. Le marron s'efface complètement pour laisser la place à des yeux canin d'un vert imparfait avec des nuances de marron et d'argent. À droite de sa pupille, je remarque une petite tâche presque rectiligne qui semble aussi écarlate que la manifestation de la magie de Raven.

Bellamy avait dit avoir vu mon loup dans les yeux de Raven…

J'entends un craquement effrayant et quelque peu rebutant. Je quitte les yeux de Raven pour voir ses côtes se redresser une à une. Lentement, chacun de ses os se remet en place et bientôt, je vois sa peau reprendre des couleurs, à commencer par ses joues rosirent. Je sers un peu plus sa main. Je sens qu'il me quitte entièrement. Je ne sais pas comment c'est possible et honnêtement, je ne veux pas le savoir. Tout, ce qui m'importe, c'est qu'il semble être en train de la sauver.

Inévitablement, je perçois son premier battement de cœur et j'éclate de nouveau en sanglot. Je quitte rapidement mon point d'ancrage et vient appliquer mes mains sur les joues de Raven. Je l'appelle encore et encore. J'espère que ma voix la guidera plus vite vers la conscience. Sa respiration est filante et difficile mais le principale est qu'elle soit capable de respirer. Ses paupières papillonnent avant qu'elle ne parvienne à les garder ouverte. Presque aussitôt, elle trouve mon regard et je le sens revenir en moi.

- Tu m'as fais tellement peur, je sanglote en appuyant mon front contre le siens. Tu étais morte, je l'accuse.

- L'empreinte entre Lyssa et ma fille n'est plus, bourdonne la voix de Morgane dans ma tête. Je te l'avais dis, un seul cœur pour deux est amplement suffisant. De véritables Sálbrot, un lien normalement accordé seulement aux Anciens Dieux.

- Ne me fais plus jamais ça !

Et là, je m'adresse aussi bien à Raven qu'à Morgane !

Bordel, je ne pourrai jamais survivre si je devais de nouveau être confrontée à cette horrible expérience.

Raven vient appliquer sa main droite sur la mienne. Je suis étonnement surprise en sentant sa chaleur. Sa main gauche se referme sur ma veste et elle me rapproche un peu trop pour que cela passe inaperçu. Je suis obligée de quitter sa joue de pour me retenir de tomber sur elle.

- Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Ce dont j'ai envie, affirme t-elle avec détermination.

Je m'apprête à lui répondre quand elle se redresse, certes difficilement, mais assez rapidement, pour m'empêcher d'agir. Pour la seconde fois en peu de temps, elle me prend totalement au dépourvu en m'embrassant mais cette fois, ce n'est pas un baiser chaste resté sur la joue. Non, ses lèvres sont sur les miennes. Le baiser reste infiniment timide et hésitant. Je n'ai même pas le temps de penser à répondre à son geste qu'elle se retire.

- Voilà ce dont j'ai envie Anya, précise-t-elle en caressant mes lèvres de son pouce.

- Ne meurs plus jamais et tu pourras en avoir tous les jours si c'est ce que tu souhaites.

- Deal, murmure-t-elle avec un sourire timide.

Je me redresse difficilement avant de lui proposer mon aide. Je lui tends la main qu'elle saisit sans la moindre once d'hésitation. Je souris un peu malgré moi. J'aime qu'elle puisse avoir une confiance absolu envers moi en ce qui concerne ses mains. Une fois qu'elle est stable sur ses jambes, je la guide pour qu'elle repose dans mes bras. Je sens son cœur battre, je l'entends et c'est la plus belle mélodie qui soit.

Je sais qu'il faut que nous rejoignons Lexa. Je me doute que la situation a dû empirer pour eux. Raven avait précisé que la barrière tiendrait tant que son cœur battrait mais il a cessé de battre. Alors j'imagine que comme le sortilège qui me gardait inerte, la magie a dû quitter le territoire Trikru. Je veux juste un peu plus de temps. Juste un peu plus...

Je vais aller me battre comme j'ai pu le promettre à Lexa mais je veux quelque seconde de plus pour m'assurer que Raven va bien, qu'elle est bien vivante. Je sens ses mains glisser sur mon dos, ses cheveux chatouillent mon cou, son souffle me faire frissonner et son cœur… son cœur continue de raisonner dans sa poitrine. Je l'éloigne un peu de mes bras, juste assez pour l'embrasser à mon tour.

Un cœur qui bat et encore de nombreux baisers, voilà tout ce que je demande.

Rien de plus. Rien.

Juste Raven.

oOoOo

Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plus ! Ce chapitre à été assez horrible à écrire mais j'espère que le rendu est bien pour la lecture. Bref, ce n'était pas facile mais Raven est morte, vous en saurez plus sur ce qui c'est passé avec Lyssa prochainement. Le principal c'est que Morgane avait raison : un cœur pour deux suffit. Et maintenant, Raven est débarrassée de l'empreinte.

Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !

GeekGirlG.