Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelque mot sur ce chapitre : Bon… après le choc du premier chapitre de la seconde partie avec la disparition d'Anya, je vous propose de découvrir comment les choses s'organise sur l'île. Lexa arrive t-elle à tout gérer selon vous ?
Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 2 : Retour au noir
You said that we would always be Tu as dit que nous serions ensemble pour toujours
Without you I feel lost at sea Sans toi, je me sens perdu au milieu de la mer
Through the darkness you'd hide with me A travers les ténèbres que tu cachais avec moi
Like the wind we'd be wild and free Comme le vent, nous étions sauvages et libres
You said you'd follow me anywhere Tu as dis que tu étais prête à me suivre n'importe où
But your eyes tell me you won't be there Mais tes yeux semblaient me dire que tu ne serais pas là
Avicii ft Sandro Cavazza – Without You
Chapitre 22 : (In)sensible
Certaines choses nous semblent durer un temps insurmontable. La perte d'un être cher est définitivement un de ceux là. Il faut réapprendre beaucoup de choses en, ce qui semble, n'être qu'une fraction seconde, passer par les sept terribles phases du deuil et… sourire de nouveau à la vie.
Une vie que nous nous devons de vivre pour ceux qui ne sont plus près de nous.
Il y a ces moments où notre esprit se trouve pile entre le sommeil et l'éveil et c'était un de ceux là. Je me sens sourire en prenant une inspiration un peu plus forte et en reconnaissant l'odeur de Clarke. Je suis tentée de laisser mon esprit s'égarer encore un peu, d'échapper à la réalité et de garder un peu plus longtemps ce sentiment de bien être.
Ce qui me tire définitivement de cet état de transition c'est un mouvement à mes côtés. Je ressers mes bras avant de réaliser qu'il s'agit d'un corps. J'ouvre brusquement mes paupières et réalise que je me suis endormie sur l'épaule de Clarke. Je l'observe, elle dort et semble toujours plus ou moins paisible. Mes doigts frôlent son visage pour éloigner quelques mèches de cheveux et les placer derrière son oreille.
- Lexa, murmure-t-elle alors que je suis absolument certaine qu'elle dort encore.
- Je suis là Clarke, je ne vais nulle part.
Je me redresse légèrement et embrasse avec amour son front. Je souris alors que mes lèvres quittent sa peau. C'est à ce moment exacte que je remarque le chargement. C'est infime et pourtant les ténèbres semblent moins omniprésents.
- Je savais que tu étais assez forte.
Je me laisse tomber sur le matelas à côté d'elle. C'est une bonne nouvelle, la première depuis notre arrivée sur Helys. Je cale ma tête derrière mes bras et fixe le plafond, très vite je réalise qu'il semble se mouvoir. Ce n'est pas la première fois que j'ai cette sensation, par moment, je pourrais vraiment croire que cette maison est vivant. La réaction de Raven lorsqu'elle a touché les murs m'encourage dans cette théorie même si cela semble absurde.
Je me redresse vivement en pillant mes jambes en tailleur et en appuyant mes paumes contre mes genoux. Je plisse le nez en humant de nouveau l'air. Étrange. Je fronce les sourcils. Raven n'est pas entre ses murs, Gaïa non plus. Je me demande où elles peuvent être. Je secoue la tête en me rappellent que je ne devrais pas autant m'en faire pour elles après tout, elles ne font pas partie de ma meute. Du moins pas de façon conventionnelle…
Bien malgré moi un soupire m'échapper. Je sais parfaitement pour quelle raison, je suis à ce point protectrice avec elles : Anya. Et dire que j'ai bien failli blesser Raven en perdant totalement le contrôle… si j'étais parvenue à mes fins, je ne me le saurai jamais pardonné. S'en prendre à la sorcière, c'est s'attaquer à ma sœur.
Je sursaute alors que quelqu'un frappe à la porte de la chambre que j'occupe avec Clarke. Je sors de lit pour ouvrir rapidement la porte. Je suis surprise en découvrant Indra. Elle n'a pas mit les pieds dans cette maison depuis que je m'y suis installée. Elle a un air renfrogné mais semble plus ouverte que ces derniers jours. Je vérifie que Clarke est toujours paisible avant de me faufiler dans le couloir en demandant :
- Il y a un problème ?
C'est terrible de savoir que la première idée qui me vienne à l'esprit soit celle-là mais pour être honnête, les derniers jours, voir même mois, n'ont pas été tendres. Je perçois un soupire de la part d'Indra et sourit en réalisant que quelque part, elle doit penser exactement la même chose que moi. Elle secoue la tête de droite à gauche avant de m'assurer :
- Tout va bien et je t'ai promis de gérer la situation le temps que… comment va Clarke ?
- C'est un peu mieux, Raven a aidé.
- Bien… En vérité, je cherchais ma fille.
- Gaïa n'est pas là, tout comme Raven. Je suppose qu'elles sont ensembles.
- Tu… je peux savoir ce qui a provoqué de tels dégâts, me demande t-elle en se décalant pour me laisser voir le couloir.
Jusqu'à cet instant, je n'avais pas réalisé que j'avais provoqué un tel désordre. Les murs semblent avoir été poussé vers l'extérieur et le plafond s'est effondré par endroit. Je grimace. Puis, à retardement, je m'interroge. Comment est-ce possible ? Je ne suis pas si imposante sous ma forme animal. J'ai une taille tout à fait normale. Je n'aurai pas pu créer un tel bazar.
- Je croyais que Clarke allait mieux. Je ne suis pas rassurée de savoir ma fille dans cette maison. Je m'inquiète pour elle.
- En fait, je commence avant de tiquer, tu t'inquiètes pour elle ?
- Ne me regarde pas comme ça Lexa. J'étais folle de rage mais la colère est passée. Je… j'ai toujours cru que nous passerions notre éternité l'une à côté de l'autre.
- Je ne chasse pas Gaïa.
- Tu n'auras pas le choix. Il ne peut y avoir qu'un alpha dominant dans une meute.
- Anya a toujours été une alpha dominante.
- Impossible.
- Ce n'est pas parce que tu ne le sentais pas que ce n'était pas le cas. Moi, je l'ai toujours su.
- Mais comment tu as pu accepter ça ?
Je m'apprête à répondre au tac-au-tac mais je ravale mes mots. J'observe Indra en comprenant le fondement de son interrogation. Il est vrai que d'une certaine façon, garder Anya près de moi était un risque terrible. Si elle l'avait voulu, elle aurait pu me renverser à tout moment, prendre le pouvoir. Je frotte mes paupières avec mon pouce et mon index avant de soupirer.
Je me reprends bien vite et relève la tête pour affronter le regarde d'Indra. Je jette un regard rapide vers la chambre de Clarke et me décide. Je fais un geste de la tête pour inviter Indra à me suivre. Je ne m'arrête qu'une fois à l'extérieur. Je prends une forte inspiration avant de m'installer sur les marches qui desservent l'entrée.
- À la seconde même où j'ai rencontré Anya j'ai su que… j'ai su qu'elle était la seule survivante. Je ne sais pas d'où m'est venue cet instinct mais elle avait un tel pouvoir, un tel fardeau à porter sur ses épaules et pourtant elle me souriait. Elle a été tellement patiente avec moi. J'étais blessée, perdue et très sincèrement j'aurai dû mourir. Anya a été la première personne pour qui j'ai eu envie de me battre mais elle… elle est brisée.
- Tu viens d'utiliser le présent.
- Je n'ai pas fais d'erreur. Anya est brisée. Qui peut lui en vouloir ? Elle a vu toute sa meute être décimée, elle a sentit chacun de ces membres être assassinés et le pouvoir de chacun des lycans est venu jusqu'à elle.
- Ce n'est pas la première fois que j'entends ce genre d'histoire. La guerre est cruelle.
- Indra… elle n'avait que six ans.
La chef de ma garde rapprochée à un hoquet de surprise. Je détaille son visage avant d'acquiescer lorsqu'elle me demande silencieusement si elle a bien comprit.
- Je n'ai pas été étonnée quand elle m'a avoué ne jamais vouloir faire partie d'une meute. Tu ne vas peut-être pas me croire mais elle ne s'est rendue compte de rien pour Gaïa.
- Comment c'est possible ?
- Je te l'ai dis Anya est brisée.
- Elle va rejeter ma fille, s'inquiète t-elle.
- Honnêtement, je n'en sais rien.
- Je ne peux pas accepter ça !
- Indra…
- N'essaye même pas de me sermonner, c'est ma fille !
- Tu ne connais pas le pire de l'histoire. Je n'en savais rien non plus mais Raven me l'a dit. C'est… ce massacre, il a été orchestré par la sœur aînée d'Anya.
- Quel genre de monstre est capable d'une telle chose ? C'est impensable !
- Le genre de monstre que nous avons rencontré, Lyssa.
Je sens que Indra accuse difficilement le coup. Je la comprends, j'ai moi-même eu du mal a assimiler cette information. Je n'aurai peut-être pas dû lui en parler mais j'en avais besoin et sans Anya et Costia, elle est la meilleur oreille que je connaisse. J'avais besoin de vider mon sac. J'ai mis un temps fou à comprendre ce que l'implication de Lyssa signifiait, au début, elle ne se battait pas pour finir le travail avec sa sœur, elle voulait tuer Raven pour s'en débarrasser et décimer ma meute comme elle la fait avec la sienne.
- Ce n'est pas tout…
- Vraiment, parce que ça commence à faire beaucoup.
- Je sais et c'est pour cette raison que je comprends bien mieux pour quelles raison, elle ne supporte pas l'idée même d'appartenir à une meute ou cette façon qu'elle a de rejeter son loup.
- Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?
- Anya est une vraie Lucas, la seconde fille de Luna.
- C'est impossible.
- Morgane a propulsé Anya 500 ans dans le futur pour la sauver du massacre.
- Je… non, je ne peux pas le croire, c'est… impossible.
- Rien ne reste bien longtemps impossible.
- Mais enfin Lexa, je sais que nous vivons dans un monde complètement fou mais… le voyage dans le temps c'est… je ne peux pas le croire.
- Marcus, je souffle.
- Le père d'Anya.
- Il est la preuve vivante que les voyages dans le temps existent. J'en ai parlé avec lui.
- Comment ça la preuve ?
- D'après ce qu'il m'a dit, Morgane a fait un raté. Elle voulait envoyer Anya au début des années 1990 mais elle est arriver en plein milieu de la seconde guerre mondial.
- Par toutes les lunes, Marcus est juif.
- Marcus est juif, je confirme. Son bras le prouve.
- C'est…
- Par pitié, ne dit pas impossible. Honnêtement, j'ai toujours su que ce monde ne tournait pas rond mais là c'est juste… trop.
Un silence étrange entre Indra et moi. Durant ce laps de temps, je ne peux pas m'en empêcher, je cherche Costia que ce soit dans le pouvoir de la meute ou chez chaque être qui m'a promis allégeance comme Heda. Mais mon appel reste sans réponse alors, je me concentre sur Anya.
Je crois que je n'ai jamais eu autant besoin d'elle qu'aujourd'hui. Je n'arrive pas à concevoir qu'elle puisse être en danger. Depuis que Raven est arrivée, je ne peux pas m'empêcher de vérifier encore et encore que son cœur bat de cette façon étrange. Je me dis que tant qu'il y a cette mélodie où qu'elle soit, Anya est en vie. J'ai besoin de cette confirmation.
Sans ma sœur, je suis complètement perdue…
Je ne parle même pas de l'état de Clarke qui m'inquiète au plus haut point. Elle m'a confié avoir peur de n'être pas assez pour m'aider à me relever s'il arrivait quelque chose à Anya. Maintenant c'est moi qui m'interroge et si je n'étais pas assez forte pour l'aider à se relever après la mort de son père.
Je serre le poing en sentant les larmes naître dans mes yeux. Je suis obséder par les derniers instants de Jack. Je me suis sentie si impuissante. J'arrivais à peine à retenir Clarke. Je crois que j'ai remarqué qu'il y avait un problème bien avant qui que ce soit. J'avais déjà repéré l'animalis, je le suivais des yeux pour m'assurer qu'il ne s'approche d'aucun d'entre nous. J'étais prête à bondir pour l'empêcher de s'en prendre à un membre de ma meute. Je l'ai perdu de vue à peine une seconde…
C'était suffisant pour qu'il rampe jusqu'à Jack. Les ténèbres du père de Clarke nous offrait un sacré avantage, il leurs donnait vit sous la forme de monstres tout aussi imposant que nos ennemis. Je n'avais jamais vu un maître des Ombres agir de la sorte, même les démons du Clan Skaikru n'osaient pas l'approcher mais l'animalis est plus discret, il n'a pas de sentiment ou d'appréhension, il se contente d'obéir aux ordres de la fée à qui il a prêté allégeance. Alors quelque part au milieu du chaos, il devait y avoir des lèvres qui scellaient le destin de Jack.
J'ai ressenti la première morsure aussi sûrement que si c'était mon cou qui était transpercé par les crocs emplis de poison de l'animalis. Clarke a tangué avant que son pouvoir ne s'éveille en un clin d'œil. Je l'ai sentie s'éloigner de moi. C'était comme si j'essayai de la rattraper sans y parvenir. Je n'ai jamais ressenti de toute ma vie un tel désarrois. Elle m'échappait mais pas seulement elle, sa vie, notre empreinte. Clarke hurlait, je crois qu'elle invoquait quelque chose et j'ai su que si elle arrivait à ses fins, je la perdrais. Pour autant, je ne parvenais pas à l'atteindre.
Clarke m'abandonnait pour les ténèbres. Elle était en train de choisir la noirceur plutôt que notre amour. Elle invoquait les ombres et plus elle y parvenait, plus je me sentais mourir de l'intérieur. Elle était en train de briser notre empreinte pour sauver son père. Jamais… je ne me suis jamais sentie à ce point anéantie.
Deuxième morsure sous la dernière côte, j'ai presque senti le poison se frayer un chemin jusqu'à mon cœur. Je me suis effondrée. J'ai cherché un nouveau souffle mais mes poumons étaient comme pétrifiés. Le pire, c'est que je voyais Clarke courir pour rejoindre son père sans un regard pour moi. Plus elle avançait, plus elle devenait puissante, plus elle s'éloignait, plus je la perdais.
Je ne sais pas d'où m'est venu la force, j'ai d'abord sentie ma paume droite s'enfoncer plus que de raison dans le sol. Le bruit des pierres qui se brisent a été comme un électrochoc, je me suis relevée et j'ai couru, couru, couru… je ne me suis arrêtée qu'une fois Clarke entre mes bras. Tous mes instincts me poussaient à la lâcher, elle était en train de me tuer. J'aurai dû l'abandonner mais quelque chose de plus grand que moi m'en a empêché. Je ne peux plus concevoir de vivre sans elle. Qu'importe si elle doit me détester pour l'avoir empêcher de sauver son père. Je ne pouvais pas la laisser sombrer, il était impensable qu'elle laisse son humanité s'éteindre. D'autant que Jack était déjà perdu, elle n'aurait rien pu faire de plus sauf se perdre elle-même alors j'ai tenue bon.
Troisième morsure et un calme angoissant c'est insinué en elle. Je tremblait mais je n'osais pas relâcher ma prise. J'étais terrifiée qu'elle puisse de nouveau s'éloigner. Sous nos yeux, la peau de Jack est devenu aussi blanche que la neige. Il s'est tourné vers nous et a sourit. J'ai été complètement prise au dépourvu par son regard. Il semblait attristé mais surtout en paix. Avant que son corps ne commence à s'effriter, j'ai perçu sa voix d'une façon étrange. Mais ça ne l'était pas plus que ces mots, j'ai encore du mal à en saisir le sens.
Je sens la main d'Indra presser mon épaule et je me recentre sur l'instant présent. Elle se redresse avec un sourire. Je ne l'avais jamais vu sourire de la sorte avant aujourd'hui. Je fronce les sourcils au moment où elle reprend la parole :
- Je n'ai jamais été aussi certaine de mon choix. Je n'aurai jamais pu rêver mieux comme alpha.
- Pourquoi parce que j'ai conscience que ce monde ne tourne pas rond ?
- Entre autre, répond-elle mystérieusement.
- Je ne comprends pas.
- Je crois que qui que nous soyons pour toi dans cette meute étrange que tu as construite, nous avons tous découvert quelque chose chez toi ces derniers jours ou même mois.
- Qu'est-ce que c'est pour toi ?
- Je te le dirais un jour, quand tu seras prête. Mais en attendant, elle sourit de nouveau, merci.
- Merci ? De quoi au juste ?
- De m'avoir parlé Lexa, le pouvoir peut-être quelque chose qui nous détruit si on n'y fait pas attention. Alors continue à te confier, ne laisse jamais une situation t'engloutir que se soit avec la meute, Anya ou même Clarke. Tu n'es pas seule, continue de t'appuyer sur ceux qui t'entourent.
Indra commence à s'éloigner c'est alors que je commence moi aussi à sourire. C'est vrai que depuis que je suis devenue alpha, je ne me suis jamais sentie aussi seule alors même que j'ai toujours été entourée. Ces cinq dernière années, j'ai eu la sensation de ne pouvoir m'appuyer que sur Anya alors même que j'aurai pu avoir tellement d'autre personne a qui faire confiance.
-Une dernière chose, reprend Indra, si tu vois ma fille, dit lui que je me suis comporter comme une idiote et que j'aimerai m'excuser.
-Je lui dirai, je souris.
-Et fais en sorte que cette maison ne s'écroule pas.
Je ris doucement à cette dernière remarque. Je sens que mon cœur s'allège. C'est terriblement agréable. Je ne me suis pas sentie aussi bien depuis que le bouclier de Raven s'est effondré la première fois.
J'aimerai croire que tout va rentrer dans l'ordre mais en même temps, je ne peux m'empêcher d'être sceptique. J'ai conscience que la marque de mal s'imprègne une nouvelle fois dans nos vies. Il n'y a pas de place pour la paix et tous les pactes du monde n'y changeront rien. La vérité c'est que tant qu'il existera des monstres comme Nia ou Lyssa, personne ne pourra prétendre éloigner la guerre.
Huit ans… nous avons seulement tenu huit ans avant qu'un conflit n'arrive à nouveau. Le pire, c'est que je ne suis pas certaine que ceux qui ont écrit l'armistice s'opposent à ce retour primitif. Je crois que même ces personnes ne croyaient pas à leur paix et je ne sais pas, non je ne sais pas comment parvenir à ne pas échouer comme eux.
Je frissonne et en un claquement de doigts, je sens que Clarke s'éveille. Je me redresse rapidement et je dois bien l'avouer un peu maladroitement. Je me précipite pour la rejoindre. Je franchis chaques couloirs comme si ma propre vie en dépendait avant d'enfin l'atteindre. En ouvrant la porte, je découvre Clarke assise au bord de son lit, son visage enfouit dans ses mains et je perçois ses larmes mais aucune trace de ténèbres.
Je m'approche d'un pas hésitant, son instabilité des derniers jours m'oblige à être plus méfiante envers elle. Je n'avais jamais véritablement connaissance des pouvoirs que pouvaient posséder les démons et je dois bien avouer que Clarke a su me procurer quelques sueurs froides. Mais pour notre empreinte, je me suis battue et je continuerai de le faire. Elle est trop importante pour que je ne puisse seulement penser à la perdre. Je la protégerai coûte que coûte même contre elle-même s'il le faut.
Je m'arrête en face d'elle avant de prendre une forte inspiration. Je m'accroupis et glisse ma main sur son genoux droit. Je ne peux m'empêcher de sourire en remarquant que pour la première fois depuis ses crises, elle ne rejette pas mon geste. Elle sanglote plus bruyamment et renifle sans élégance ce qui m'arrache un petit rire quelque peu coupable. Lentement, ses mains s'abaissent et je retrouver ses magnifique iris azur sans la moindre trace d'obscurité. Je m'appuie légèrement sur son genoux pour me redresser assez afin de glisser mes doigts en douceur sur sa joue que je caresse tendrement.
Je vois dans son regard une sorte de surprise mais aussi quelque chose qui pourrait ressembler à de la reconnaissance. Je ne cherche pas à prendre la parole que se soit pour la rassurer ou m'assurer qu'elle se sent aussi bien que possible au vu de la situation. Je sais que c'est trop tôt. J'ai vécu cette terrible épreuve, celle de perdre un parent et j'ai conscience que de vouloir précipité les choses n'arrange absolument rien.
Je manque de tomber à la renverse quand elle tombe presque sur moi pour me prendre dans ses bras. Les pleurs redoublent. Je reste un moment figée, incapable d'exécuter le moindre geste avant de serrer à mon tour mes bras tout contre elle. J'en déduis qu'elle ne m'en veut pas ou du moins pas assez pour me rejeter. Je l'aurai compris si elle l'avait fait, je lui aurai laissé du temps même si cette situation m'aurait certainement déchirée le cœur.
Je prends appuie sur mes pieds et nous redresse. Je ne peux m'empêcher d'être attendrie quand ses bras se serrent un peu plus au niveau de mon cou alors qu'elle ne touche plus le sol. Sans jamais la quitter, je m'assoie sur le lit, sa tête calée sur mon épaule gauche, je caresse avec amour et patience ses cheveux et son dos. Après quelque temps, je ne perçois plus ses pleurs mais son corps tremble toujours et elle s'accroche à mon haut comme si sa vie en dépendait. Si il le fallait, si c'est ce dont elle avait besoin, je resterai dans cette position à la consoler pour l'éternité.
Puis avec une lenteur attendrissante, elle se détache avant de saisir mon visage entre ses mains. Il y a de nouveau cette étincelle étrange dans son regard. Je n'arrive pas vraiment à déterminer quel sentiment prend le dessus. Et alors que je détaille avec toute l'attention du monde ses magnifiques iris, elle vient m'embrasser avec une douceur infinie. Ses lèvres frôlent à peine les miennes, je peux sentir son hésitation et les larmes reviennent de plus belle. Je cherche à m'éloigner, cette fois il faut que je dise quelque chose seulement elle est plus rapide puisqu'elle me fait taire avec un simple :
- Merci.
Je m'interroge silencieusement du regard parce que je peine à comprendre la cause de ses remerciements. Un sourire timide étire ses lèvres avant qu'elle acquiesce presque imperceptiblement et sans que je ne la vois venir, elle m'embrasse de nouveau avec plus de conviction mais toujours une tendresse tout à fait unique. Je confirme, elle ne m'a jamais donné de tel baiser. Je ferme les yeux afin de ressentir chacune des sensations que me procure ce geste d'amour véritable.
- Merci, répète t-elle tout contre mes lèvres.
- Clarke, je murmure.
- Merci, sanglote t-elle à nouveau.
Les larmes se propagent comme des flots interminables et elle s'accroche encore à mon cou comme si être près de moi lui était devenu vitale. Je suis loin de m'en plaindre. J'aime la sentir aussi proche. Pourtant, je ne peux m'empêcher d'être inquiète. Pour quelle raison continue t-elle de me remercier de la sorte ? Dois-je m'inquiéter de quelque chose ? Je ne sais pas quoi lui dire. Je suis perdue en partie parce que je ne parviens pas à ressentir avec certitude ses sentiments.
- Clarke, je l'appelle en glissant mes doigts dans ses cheveux, essaye de reprendre ton souffle.
- Je suis une idiote, chouine t-elle.
- Hey ! Je ne te laisserai pas dire une telle chose. Tu m'entends, jamais !
- C'est facile pour toi, commence t-elle en s'éloignant et en plongeant ses yeux dans les miens, ce n'est pas toi qui a bien failli tout gâcher.
- Clarke…
- Pendant un instant, j'étais prête à renoncer à toi, explose t-elle.
Je mets un certain temps à assimiler ces mots. C'est comme de se recevoir un coup violent en plein dans l'estomac. J'en ai presque la nausée et pourtant je le savais. Ce n'est juste pas la même chose de l'entendre de sa bouche. Je suis tellement attristée qu'elle ait été consciente de son état et qu'elle n'est rien fait pour l'en empêcher. Mais en même temps, je comprends. Son père venait de se faire tuer sous ses yeux, se sont ses instincts primitifs qui ont repris le dessus.
- Je sais, je dis les dents serrer.
- Je suis tellement désolée.
- Je comprends Clarke.
- Mais tu ne devrais pas à avoir à comprendre, s'énerver t-elle, je suis un monstre !
- Ne dis pas ça…
- C'est allé tellement vite, me coupe t-elle, mon père, elle mordille sa lèvre inférieur, mon père était… et j'ai cru…
- Shhhh, je souffle, calme toi.
- Il y avait tellement de ténèbres. J'ai eu si peur. J'ai cru me perdre.
- Je ne permettrais jamais que tu puisses sombrer. Jamais.
- Je t'ai trahis, éclate t-elle en sanglot, j'ai trahis notre empreinte. Je ne suis pas… je ne te mérite pas ! Tu devrais… tu aurais dû m'abandonner.
- Clarke, je sermonne, je t'interdis de dire ça !
- Mais…
- Jamais, je gronde. Ne dis plus jamais ça !
Je saisis ses lèvres des miennes avant qu'elle ne puisse répliquer. Je fais d'elles mes prisonnières jusqu'à ce qu'elles cessent d'énumérer des bêtises. Je me perds au milieu de ce baiser improviser jusqu'au bord de l'asphyxie. Je me décolle à peine des sa bouche pour reprendre un peu d'air avant que se soit elle qui engage à nouveau les hostilités. Très vite, le baiser devient incontrôlable, fiévreux et vitale. Mon dos fini par rencontrer le matelas et les lèvres de Clarke se baladent bientôt sur toute ma peau laissée à découvert. Je me perds presque dans un désir qui me consume tout entière. À cet instant, j'ai tellement envie d'elle que je reconnais bien la patte de la bête qui est en moi.
Je ferme les yeux pour essayer de reprendre le contrôle avant de serrer mes poings aussi forts que possible. Et merde ! Je dois l'arrêter avant que la situation ne dégénère, que nous allions trop loin. Je sais pertinemment qu'elle est émotionnellement instable et je n'arrive pas à me résoudre à la laisser faire. Une petite voix en moi, me souffle que ça serai profiter d'elle. Je grogne alors qu'elle commence à découvrir mon épaule gauche de ses lèvres.
- Clarke, je peine à prononcer son prénom, arrête.
- Non.
- Clarke, s'il te plaît. Pas maintenant, pas comme ça.
- J'en ai envie, souffle t-elle alors que ses baisers se rapprochent de la naissance de mes seins.
- Clarke, je réitère en saisissant son visage, stop.
- Mais…
- Je suis à toi et tu es à moi, je souris. Et nous avons l'éternité pour être ensemble.
- Ce que je veux, c'est toi.
- Non. Enfin… je ne prétends pas tout connaître de tes désirs mais tu as besoin de temps. Crois-moi, j'en meurs d'envie, peut-être même plus que toi mais, je caresse ses joues de mes pouces, je refuse de faire ça alors que tu es autant à fleur de peau. S'il te plaît.
- Pourquoi tu me supplies pour arrêter, demande t-elle de nouveau les yeux baignés de larmes.
- Parce que, je déglutis, la plus grande partie de moi est et restera un animal sauvage avec des instincts parfois incontrôlables.
- Donc, sourit-elle avec diabolisme, si je continuais tu ne pourrais pas m'arrêter une nouvelle fois.
- Clarke, s'il te plaît, ne fais pas ça.
- Très bien, pour cette fois, je vais me contenter de tes bras.
Un soupire de soulagement s'échappe de mes lèvres alors qu'elle se laisse tomber sur moi. Elle est complètement allongée sur mon corps et je ne suis pas certaine que cela calme mon désir mais je lui suis reconnaissante de ne plus rien faire pour attiser mes envies très peu chastes envers elle. Je ferme les yeux et écoute avec une certaine fascination les battements de son cœur se calmer avant de se synchroniser parfaitement avec le miens.
- Je suis désolée, murmure t-elle.
- Ce n'est rien.
- Pas pour ce que je viens de faire, j'en avais envie mais pour ce que j'ai fait là-bas. Je ne veux pas te perdre. Je… c'est tellement compliqué le contrôle. Tout, elle fait un signe vers sa tête, tous ces ténèbres… parfois je n'arrive pas à les contrôler.
- Je sais ce que c'est, je lui assure en caressant son bras.
- Merci, dit-elle encore une fois.
- De quoi au juste ?
- De ne pas m'avoir laissé t'échapper.
- Tu es à moi. Tu ne pourras pas m'échapper même si tu le voulais.
- Tellement possessive… mais merci quand même. Je…
Un long silence s'installe entre nous et pendant un instant, je suis persuadée qu'elle s'est rendormit. Je sais qu'après cette épreuve et la perte de contrôle de ses pouvoirs, elle doit-être exténuée. Mais alors que je ne m'y attendais pas elle reprend :
- Je t'aime.
Je me sens sourire avec stupidité à l'entente de ses mots. J'aime les entendre de sa bouche. C'est la plus belle sensation qui soit. D'autant que c'est la première fois qu'elle me les dit.
- Je t'aime aussi, infiniment.
Elle embrasse ma joue avec une telle délicatesse que je peine à croire qu'il y a encore quelques minutes, elle était prête à me déshabiller. Elle se laisse glisser à côté de moi mais saisis rapidement ma main comme si un contacte physique lui était indispensable.
- Est-ce que j'ai blessé quelqu'un ? Je ne me souviens plus de rien après… après que mon père soit… je ne me souviens de rien.
- Personne de notre côté, j'essaye de la rassurer.
- Et la douleur dans tes bras, c'est à cause de moi ?
Comme prit en flagrant délit, j'esquisse une mine coupable. Raven m'avait pourtant prévenue. Je m'assieds sans quitter sa main. Je ne veux pas lui mentir et en même temps, j'aimerai la protéger de la vérité. Ce n'est pas une décision facile à prendre. Mon regard se vide avant que je ne me tourne lentement vers elle. Son visage est marqué par la culpabilité et son regard m'évite.
De ma main libre, je viens caresser sa joue et par mon geste attire son regard. Je me plonge corps et âme dans ce bleu si parfait qui m'a tellement manqué ces derniers jours. Je prends une forte inspiration avant de prendre une décision et de m'y tenir.
- Tu as eu plusieurs crises. Tu perdais complètement le contrôle et j'étais la seule à pouvoir t'approcher pour te calmer quelques heures. Je ne suis pas certaine que tes ténèbres soient mes plus grands fans.
- Je t'ai blessé, comprend t-elle avec horreur.
- Rien de grave, ni d'insurmontable. Je, je soupire avant de tirer sur son bras avant de lâcher sa main, je suis forte et je ne t'aurai abandonné pour rien au monde.
Je défais les boutons des manches de ma chemise et les relève assez pour qu'elle puisse voir les cicatrices. Raven avait pour changer bel et bien raison. Les quelques heures de sommeil sans aucune crise chez Clarke ont été bénéfiques. D'un geste hésitant les doigts de ma belle blonde vient frôler ma peau abîmer. Je retiens de justesse une grimace de douleur avant d'arrêter son avancée en déposant délicatement ma main sur la sienne.
C'est presque au ralentis que les yeux de Clarke retrouvent leurs ancrage dans les miens. Je découvre de nouveau ses iris azur profondément noyer dans les larmes. Je peux lire en elle facilement, elle se fait tellement de reproches.
- Ce n'est rien de grave, je lui assure, d'ici quelques heures ou au pire quelques jours il n'y aura plus aucune trace.
- Je ne sais pas comment tu fais pour ne pas être en colère contre moi.
- Il n'y a pas de place pour la colère, juste l'amour.
- Et l'inquiétude, dit-elle avec une certaine hésitation, je te sens tellement inquiète.
- Je le suis, je confirme.
- Et tu ne comptes rien me dire de plus.
- Pas tout de suite.
- Comment je suis censée me sentir mieux si tu n'es pas entièrement honnête avec moi. C'est ce que je préfère chez toi. Tu me dis toujours la vérité, elle resserre sa main sur mon bras, même si elle n'est pas facile à entendre.
Je pèse le pour et le contre. Je préférerai qu'elle se concentre sur elle-même afin d'aller de mieux en mieux même s'il n'y a pas de miracle face à la perte d'un parent. Elle n'a d'ailleurs pas réussit à dire une seule fois que son père était mort. Je me mordille la lèvre inférieur avant de lui sourire.
- Très bien, je souffle. Je vais te le dire.
- Nous sommes arriver sur Hélys, devine t-elle, les couleurs sont aussi bizarres que ce que j'avais imaginé.
- Et encore tu n'as rien vu, je ris, la nuit est magnifique complètement magique. Pardon, je murmure, oui nous sommes arriver à Hélys assez violemment et en plusieurs groupes. Tous les membres de la meute qu'ils soient vivants ou morts sont sur l'île. Mais…
Je sens mon estomac se nouer et ma gorge se serrer. Je me la racle pour essayer de reprendre mon explication rapidement mais je suis subitement oppressée par cette vérité. J'ai essayer de ne pas trop y penser pour éviter de m'effondrer seulement plus le temps passe plus l'absence d'Anya me tourmente. Je suis tellement perdue sans elle.
- C'est Anya, comprend Clarke sans que je ne puisse dire un mot de plus.
J'acquiesce doucement, douloureusement avant de sentir à mon tour les larmes se former dans mes yeux. Je secoue la tête pour les chasser. Je ne peux pas craquer, pas maintenant et peut-être jamais. J'inspire profondément pour rejeter cette angoisse omniprésente le plus loin possible avant de reprendre d'une voix tremblante :
- Elle a disparu, elle et quatre autres personnes.
- Lexa… je suis tellement désolée.
- Je… elle va bien, du moins, elle n'est pas morte.
- Lexa, souffle t-elle en saisissant à son tour mon visage entre ses mains, tu n'es pas obligée d'être forte pas au sujet d'Anya. Je ne sais que trop bien à quel point elle est importante.
- Je ne vais pas m'effondrer, je lui assure la gorge nouée.
- Nul part ailleurs qu'ici, sourit-elle, tu m'as vu au plus mal et tu es toujours aussi alors tu as le droit de te laisser aller même un peu, tant que tu es ici avec moi. C'est toi et moi contre le reste du monde, n'est-ce pas ?
- Toi et moi contre le reste du monde, je répète avec une larme qui m'échappe.
C'est au tour de Clarke de me prendre dans ses bras pour essayer de me rassurer. Jamais, je n'aurai cru que cela fonctionnerait à ce point. Je me sens bel et bien à ma place et mon cœur est bien plus léger. C'est alors que je me laisse complètement aller, pour la première fois depuis très longtemps, je ne me soucis pas de ce que l'on pourrait penser de moi. Je me contrefiche de devoir être forte.
C'est alors qu'une des première phrase que m'a dit Anya raisonne dans mon esprit : "ce n'est pas important de tomber, ce qui l'est c'est de toujours se relever, apprendre à être plus fort en domptant ses faiblesses".
Je souris a ce souvenir en serrant mes bras dans le dos de Clarke. Anya est définitivement une emmerdeuse même quand elle n'est pas là, elle se débrouille pour me donner des leçons.
- Je sais que nous allons la retrouver, le contraire est inenvisageable.
- Nous, je murmure avec un sourire de plus en plus grand.
- Toi et moi, Lexa. Toi et moi.
- Merci.
- Je suis celle qui doit te remercier parce que depuis le début tu avais raison. Tu es capable de repousser les ténèbres et d'emmener la lumière dans ma vie.
- Je ne brise jamais mes promesse.
Nous restons l'une dans les bras de l'autre pendant un temps indéfinie. Je me sens un peu mieux même si l'absence d'Anya pèse lourd dans la balance. J'ai au moins retrouver un de mes piliers. Il se trouve que Clarke est bien plus forte que ce que j'avais imaginer. Du moins, elle a les épaule assez large pour que je puisse m'effondrer de temps en temps et il en est de même pour moi.
Je sursaute en percevant la porte d'entrée claquer, je remarque qu'il en est de même pour Clarke et je réalise que nous nous sommes de nouveau endormie. Je me frotte les yeux avant de me redresser. Je passe ma main dans mes cheveux en humant l'air. Je fronce les sourcils en reconnaissant l'odeur de Gaïa, seulement la sienne. Je sors rapidement du lit, inquiète de l'absence de Raven et rejoint le couloir.
- Lexa, m'interpelle cette dernière dès qu'elle me voit.
- Il y a un problème ?
Encore cette question… ça me rend folle de rage mais c'est encore la première qui me vient à l'esprit.
C'est alors que je découvre son sourire gigantesque alors je comprends que non, il n'y a rien de grave. J'entends alors la démarche boiteuse de Raven et je me sens immédiatement soulagée. Clarke se glisse hors de la chambre mais reste à bonne distance. Je sens son inquiétude comme si elle avait peur qu'on lui reproche ses pertes de contrôle.
- Arrête de sourire comme ça Gaïa, soupire Raven, je t'ai déjà dit que se n'était pas une bonne nouvelle.
- N'importe quoi ! Ta mère t'a donné une piste pour retrouver Anya, c'est une bonne nouvelle !
- Une piste… autant chercher une aiguille dans une botte de foin, grogne t-elle.
- C'est mieux que ce que nous avions avant c'est à dire : rien.
- Tu es, commence à répliquer Raven avant de s'arrêter brusquement.
Gaïa se retourne vivement vers elle. Je remarque instantanément ce qui l'inquiète et je m'avance à mon tour vers la sorcière. Raven glisse son indexe sous son nez et y étale le sang qui s'écoulait. Elle fronce les sourcils comme si elle n'avait jamais vu ce liquide vitale s'échapper de son corps de la sorte.
- Tu va bien Raven ? Je demande doucement.
- Ce n'est pas normal, souligne Gaïa.
Un éclat de terreur prend vit dans le regard de Raven avant qu'un hurlement de douleur franchisse ses lèvres. Je me précipite vers elle. Je la rattrape juste à temps par son bras gauche ce qui lui arrache plusieurs nom d'oiseaux avant que je ne découvre avec horreur que ses habits sont tâchés de sang au niveau de son épaule, de son abdomen et de de ses genoux.
Sans vraiment y réfléchir, je saisis le haut de son tee-shirt et arrache presque le tissu pour découvrir une plaie des plus inquiétante courir de la naissance de son épaule jusqu'à la base de son cou en déchirant une bonne partie de sa peau au niveau de sa clavicule et qui descends sur cette longueur de manière irrégulière sur au moins dix centimètre. La respiration de Raven devient difficile. Je ne comprends pas… il est impossible que cette blessure soit arrivée comme par magie ! C'est juste impo…
Je me stoppe net dans mon analyse en écarquillant les yeux. Rien ne reste bien longtemps impossible. Rien. La blessure, ressemble fortement à des traces de griffes. Et, je ne connais qu'une personne qui se soit fait lacérer la peau à cet endroit par un dragon : Anya.
Je dévisage Raven qui peine de plus en plus à respirer. Non, non et non. Je commence à paniquer. Si ce sont bien les plaies de ma sœur qui apparaissent sur le corps de la sorcière alors si je la soigne est-ce que ça soulagera Anya ? C'est quoi ce délire ? Depuis quand un lien peut-il provoquer ce genre de chose ?
J'ordonne à Gaïa d'aller chercher Abby pour aider Raven mais la fille d'Indra reste complètement figée sur place. Elle semble pétrifiée par la peur. Je ne l'ai jamais vu être paralysée de la sorte. Je ne peux pas lâcher Raven pas alors qu'elle est mon seule lien avec Anya. Je réfléchis à toute vitesse pour trouver une solution mais avant que je ne puisse en trouver une, la mère de Clarke apparaît comme par magie dans mon dos.
Je me retourne presque brusquement vers Clarke qui me sourit timidement. Elle a été chercher sa mère en utilisant ses pouvoirs. J'ignorai qu'elle était assez stable pour ça. En fait, je crois qu'elle ne l'est définitivement pas mais elle a choisi de prendre le risque pour moi.
Avec l'aide d'Abby je transporte Raven dans sa chambre, commence alors un long combat pour arrêter les différente hémorragie. Après quelques minutes, Marcus arrive avec deux soigneurs et je me fais jeter dehors. Je m'apprête à hurler qu'ils n'ont aucun droit de m'éloigner quand Clarke glisse sa main dans la mienne en me poussant à reculer un peu plus.
Je m'effondre en sentant le mur dans mon dos. Je m'oblige à reprendre le contrôle. Je remarque alors que le lien avec Costia s'est rétabli, je fronce les sourcils. Je n'arrive pas à comprendre, bien sûr je suis rassurée de la savoir en vie, blesser mais en vie. En revanche, je n'arrive pas à savoir où elle se trouve. Et, c'est perturbant ! C'est comme la chercher dans une grotte sombre. Elle est introuvable.
Le chemin que nous allions devoir parcourir pour les retrouver allait être semé d'embuche et terriblement long mais ne dit-on pas que la fin en vaut les moyens ?
Voilà pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! J'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé. Les choses vont un peu mieux pour Clarke donc pour Lexa aussi. La situation est sur le point de s'arranger entre Indra et Gaïa. Et… pour Raven… que dire… je suis désolée ?
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
