Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Quelque mot sur ce chapitre : Je jure solennellement que mes intentions sont… okay, je chercher a gagner du temps parce que je ne compte absolument rien vous dire sur ce
chapitre !
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 2 : Retour au noir
You can stand beside the madness like a falling piece Tu peux te tenir au bord de la folie comme une pièce brisée
You can hold onto the sadness like a souvenir Tu peux t'accrocher à la tristesse comme un souvenir
Just close your eyes and see your life Ferme juste les yeux et vois ta vie
Like the air Comme l'air
You can tap into the strength you never knew you had Tu peux puiser dans la force que tu ne pensais pas avoir
You can breathe into your faith no matter where you're at Tu peux te plonger dans ta foi peu importe où tu es
Just close your eyes and change your life Ferme juste tes yeux et change ta vie
Like the air Comme l'air
Like the air you can Comme l'air tu le peux
Rise from the rubble with your mind, you can hover Relève-toi des décombres avec ton esprit, tu peux flotter
You can rise like the tide, like the heat it in the summer Tu peux t'élever comme une marée, comme la chaleur de l'été
Selena Gomez – Rise
Chapitre 24 : Libre
C'est cette même sensation que lorsque l'on reprend une inspiration après une trop grande immersion, vitale mais terriblement douloureux. Notre corps aime nous rappeler à l'ordre quand nous avons la mauvaise idée de le maltraiter même lorsque c'est involontaire, il nous fait souffrir. Parfois les cris et les larmes se mélangent pour essayer d'accepter cette lente agonie qu'est la vie elle-même. Il y a des jours où tout n'est que souffrance. Il n'y a alors pas d'autre choix que de tenter de continuer d'avancer.
Et enfin, trouver l'aurore.
Je tousse et j'ai la sensation de devoir cracher de la cendre. Je me racle la gorge en essayant de me redresser. Le sol est poussiéreux. Je m'installe en tailleur avant d'analyser mon environnement. Il fait noir. Je dirai que la nuit est tombée il y a peu, à moins que je ne sois dans une pièce complètement hermétique.
J'ai une nouvelle quinte de toux très désagréable ce qui attire des bruits de mouvements ainsi que des soupirs d'exaspération. Je me redresse un peu maladroitement pour mieux assimiler la douleur, plus vite je l'affronte, plus vite mon corps endoloris va s'y accoutumer. Je ne me souviens pas avoir ressenti une telle souffrance dernièrement et pourtant, je suis habituée à être torturer.
Je passe ma main gauche sur ma nuque et découvre sous mes doigts une plaie qui commence à la naissance de mes cheveux et qui semble courir de façon aléatoire sur mon cou jusqu'à mon sternum. Le sang est séché et mes vêtements en sont imprégnés, les rendant collants et poisseux. J'observe ensuite mon avant-bras gauche. Je grimace en découvrant malgré la pénombre sa couleur plus sombre. Je touche avec précaution l'endroit le plus douloureux. Je suis presque sûre d'avoir une fracture.
Ce qui m'étonne c'est que mes blessures ne semblent pas se soigner, le processus de régénération est comme en veille, voir en attente. Je m'avance prudemment pour comprendre où je me trouve et c'est là que je découvre les barreaux. J'ai été faite prisonnière.
Pendant un temps qui me semble durer une éternité, j'ai cru avoir été capturée par ma mère mais je retrouve mon calme en réalisant que je ne suis pas dans ma cellule. Je m'accroche aux barreaux et malgré la douleur dans mon bras, je tire pour tenter de les déplacer. Je grimace en relâchant la pression. Rien n'a bougé, pas même d'un millimètre. Tout ce que je suis parvenue à faire, c'est du bruit.
Ma force tout comme ma capacité de régénération semble m'avoir totalement abandonner. J'ai la sensation étrange et particulièrement désagréable d'avoir perdu ce qui fait de moi quelqu'un d'exceptionnelle : mon dragon.
- Echo ?
Je m'éloigne brusquement des barreaux en reculant le plus possible. Mon cœur a bien failli me lâcher. Je prends de nouveau une grande inspiration et me force à reprendre le contrôle de mes sensations. J'ignore le goût de cendre qui semble s'installer dans ma bouche et réalise que je n'ai aucune raison de m'inquiéter. Je connais cette voix et sa présence m'offre une étrange sensation de sécurité.
- Bellamy, je murmure.
- Je suis tellement rassuré, soupire t-il. Tu vas bien ?
J'acquiesce doucement avant de réaliser qu'il ne peut pas me voir. Je ferme les yeux. Ma voix, il faut que je l'utilise. Je ne sais pas pour quelle raison mais je reste mal à l'aise à cette idée. Ma mère m'a empêcher de l'utiliser durant toute ma vie et pour moi, c'est juste quelque chose de tout sauf naturel. Pourtant, j'ai envie de le rassurer. Bellamy ne mérite pas de se morfondre à mon sujet.
C'est alors que les barreaux de la cage, dans laquelle je suis, s'ouvrent dans un grincement à réveiller un mort. Je m'éloigne rapidement mais en grimaçant, j'avais oublier mon corps endolorie. Je recule jusqu'à ce que mon dos trouve le mur le plus éloigné de l'ouverture.
Je devine la présence d'une femme encore cacher dans la pénombre. Elle s'avance et je ressens une angoisse terriblement familière grignoter mes entrailles. Je ne suis pas en sécurité. Elle va me faire du mal. Mon cœur s'emballe et l'adrénaline monte en flèche sous le coup de l'appréhension. Cette inconnue est forcément là pour s'en prendre à moi. Pour quelle autre raison serait-elle dans cette cage sinon celle-là ?
J'inspire profondément, relève la tête comme Anya me l'a appris et je me souviens qu'il y a peu de chance pour qu'elle puisse m'infliger pire que ce que j'ai déjà connu.
- Attendez !
Entendre la voix de Bellamy me fait subir comme un électrochoc. Soudainement, je ne m'inquiète plus seulement pour moi mais aussi pour lui. Est-ce que quelqu'un est aussi entré dans sa cellule ? Est-on en train de lui faire du mal ? Tout en moi se révolte contre cette idée. J'ai même envie de hurler mais comme souvent, depuis que je me suis enfuis du harem, je sens comme des graviers compresser mes cordes vocale.
- Approchez-vous, m'ordonne l'inconnue.
Je refuse d'un signe de tête en m'appuyant un peu plus contre le mur, comme si j'étais capable de le traverser.
- Je vous ai demandé d'attendre, hurle une nouvelle fois Bellamy.
L'intruse fait un pas vers moi et je suis pétrifiée. Je me sens même trembler. Je ne veux plus souffrir. Je ne peux plus subir ce genre de chose. Je ne pense pas en être capable. C'est trop douloureux d'encaisser les coups en faisant semblant qu'ils ne nous atteignent pas.
- Hey, intervient Bellamy en apparaissant complètement essoufflé à côté de l'inconnue, je vous ais dis d'attendre.
Son regard est sévère presque animal. Il fusille la femme à la peau couleur chocolat comme s'il était capable de la tuer sur place. Peut-être qu'il en a vraiment la capacité, en vérité, je n'en doute pas. Mais je ne souhaite pas qu'il tue pour moi. Je suis absolument certaine que ce geste ne lui apporterait rien d'autre d'un terrible sentiment de culpabilité et je ne veux pas qu'il puisse ressentir ce genre de chose. Se sentir à ce point coupable, en faute, n'est vraiment pas enviable.
- Echo, regarde moi, me demande t-il d'une voix bien plus douce.
Je ne l'écoute pas. Ce n'est pas que je n'en ai pas envie mais je n'arrive pas à quitter l'autre personne présente des yeux. Je continue de fixer celle qui s'est introduite dans ma cellule. Elle est grande, autant que Bellamy. Ses mains sont parsemées de traits boursouflés et plus clairs, des dizaines et des dizaines de cicatrices. Son crâne est complètement rasé et elle semble porter à la place de ses cheveux des tatouage à l'encre noir plus que élaborés. Ses vêtements sont étranges. Ils paraissent venir d'une autre époque, d'un autre siècle. Le tissu qu'elle porte est d'un rouge flamboyant et très ample sauf au niveau de sa cage thoracique où un laçage travaillé entour sa taille.
Les dragons n'ont pas ce genre d'aptitude et pourtant, plus je la regarde, plus j'ai la certitude d'être en face à face avec une sorcière. Une très étrange, peut-être même plus que Raven ce qui n'est pas peu dire.
- Echo, m'appelle de nouveau Bellamy, il faut que tu me regardes.
Cette fois, je m'exécute et je suis surprise par l'apaisement immédiat qui s'empare de moi. Je me sens idiote de ne pas l'avoir écouté plus tôt. C'est comme s'il n'y avait plus que nous deux, rien d'autre. Je me sens esquisser un sourire alors que le sien est franc, beau et réconfortant.
Par toutes les flammes des enfers que je peux aimer son sourire. C'est ce que je préfère chez lui. Ce petit étirement anodin embaume mon cœur de douceur et peut-être même d'amour.
- C'est bien mieux, n'est-ce pas ?
- Elle est aussi effrayée qu'un oisillon tombé de son nid, remarque la disons presque certainement sorcière.
- Echo a été entravée et maltraitée toute sa vie durant. Vous venez de la rencontrer, vous la mettez en cage et vous lui aboyez dessus, évidemment qu'elle est apeurée souligne Bellamy avec une certaine animosité. Tu vas bien Echo ? Me demande t-il de nouveau avec un ton bien plus avenant. Ils vont te libérer comme moi mais avant, ils veulent te mettre ce bracelet super bizarre mais pas dangereux, m'explique t-il en me montrant son poignet. Tu ne risques rien. Je te le promets.
Depuis que je le connais, j'ai au moins une certitude : je peux avoir confiance en lui. C'est assez étrange parce que je ne me suis jamais fier à qui que ce soit d'autre que moi-même pour me protéger. Et pourtant, je suis certaine que tant que je suis à ses côtés, je suis en sécurité. Alors si en plus il me certifie qu'il n'y a aucun danger, je ne peux que le croire, même si cette femme est plus que intimidante et que je n'ose pas bouger.
- Donnez le moi, soupire Bellamy en tendant la main, je vais lui mettre.
- C'est hors de question, il y a un protocole.
- Echo ne vous laissera pas la toucher et je ne la laisserai pas dans cette cage. Donc soit vous me le donnez pour que je lui mette, soit je la sors d'ici sans.
- Et vous croyez que je vous laisserai faire, commence à s'énerver la femme.
- Peut-être pas mais je suis certain que j'aurai le temps de causer quelques dégâts. Croyez-moi, je n'ai pas apprécié ces cinq jours d'enfermements. Écoutez, je ne veux pas causer de problèmes, juste la sortir de là. Alors laissez-moi faire, s'il vous plaît.
Je vois bien que c'est à contre cœur que la sorcière finit par céder mais elle lui confie finalement le bracelet. Bellamy le fait tournoyer entre ses doigts tout en évitant soigneusement mon regard. Il semble prendre quelques secondes avant de sourire timidement ce qui ne lui ressemble pas. Cependant, je pense que j'apprécie cette petite fragilité. Ses iris d'un noir profond se plongent dans les miennes avant qu'il ne me demande doucement :
- Tu serais d'accord pour que je m'approche ?
- Je peux savoir pour quelle raison vous lui demandez la permission, c'est n'importe quoi !
Pour la sorcière, je peux comprendre que cela paraisse étrange et pourtant que Bellamy prenne cette peine me touche. Je réalise alors que, hormis le jour de notre rencontre, je ne l'ai jamais laissé m'approcher.
Je dois bien avouer que d'une certaine manière, il me fait peur. Je n'arrête pas de me dire que notre lien, cette empreinte est une erreure. Sérieusement, cela ressemble fortement à une mauvaise blague. Je sais qu'il finira par le voir. Les dragons ne sont pas façonnés pour aimer, ce qui les tire du lot, c'est leurs capacité à détruire tous ce qu'ils touchent. Inévitablement, Bellamy finira par s'en rendre compte et me tournera le dos. Je regretterai alors toutes les fois où je l'ai laissé entrer dans mon cœur, toutes les fois où j'ai aimé son sourire plus que de raison.
Pourtant, je ne peux m'empêcher de prendre le risque et j'acquiesce. Le sourire que je reçois en échange à ce simple mouvement de tête est le plus magnifique de tous. Je crois que je suis en train de devenir dépendante des sourires de Bellamy. C'est encore plus addictif que la voix, la différence c'est que ce n'est en rien néfaste.
- Génial !
Il se retrouve en face de moi en un éclair. Il tend doucement sa main vers moi et je me surprends à lui rendre son sourire. Cette petite chose est vraiment contagieuse mais je ne suis pas certaine que c'est dérangeant.
Sans crier garde, son sourire disparaît alors que ses yeux me détaillent pour s'arrêter sur chacune de mes blessures. Ses sourcils se froncent lorsque ses iris s'arrêtent sur mon bras gauche. Son nez se plisse d'une bien étrange manière avant que sa mâchoire ne se crispe. Je n'arrive pas a comprendre ses réactions. Pourquoi semble t-il à ce point en colère ? Il n'y a rien qui soit grave, douloureux oui, mais vitale certainement pas.
- Donne moi ta main gauche, me demande t-il doucement en baissant les yeux.
Je tends lentement mon bras vers lui et retiens une grimace de justesse quand la douleur se réveille. Il saisit mon poignet avec délicatesse. Je me sens frissonner à ce simple geste. Je cherche ses yeux pour me détacher de cette sensation étrange mais son regard est toujours hypnotisé par ma blessure. Il y a comme une tristesse au fond de ses iris et la main qui touche ma peau semble trembler.
- Tu as mal ? Je crois que c'est cassé. Le reste semble impressionnant mais moins grave.
De toute ma vie, personne à part lui ne m'a jamais demandé si je ressentais de la douleur. Les dragons s'accommodent à ce genre de chose, ils vivent avec sans s'en soucier. Être l'un des nôtres, c'est vivre jour après jour avec la torture de l'âme, la violence et les coups que nous infligeons à notre corps.
Je hoche les épaules pour lui répondre, parce que oui, j'ai mal, mais c'est surmontable. J'ai eu bien pire qu'un pauvre os brisé.
- Si tu le veux bien, dès que nous sortons d'ici, je vais m'occuper de ce bras et le soigner. Ta mère ne t'a pas ratée.
- Elle m'a raté, je souffle. Elle voulait me tuer.
- Et elle a presque réussi, constate t-il en soulevant mes cheveux pour analyser la plaie sur mon cou, c'était stupide de t'en prendre à elle seule. Courageux, je te l'accorde mais tu aurais pu y rester.
- C'était stupide, d'essayer de contrer Lyssa, j'enchéris toujours en murmurant.
- J'ai tendance à faire des choses stupides, je ne le nie pas. Mais contrairement à toi, je ne suis pas blessé.
C'est avec un nouveau sourire qu'il place le bracelet en argent sur mon poignet. Il se recule immédiatement. Il semble s'imposer une sorte de limite à ne pas franchir. Il cale une main derrière sa nuque avant d'oser de nouveau croiser mon regard.
- Voilà qui est fait, tu peux sortir maintenant. Oh, ne t'en fais pas pour la fille flippante, elle ne te fera rien.
- Vous êtes vraiment insupportable, souligne t-elle.
- Elle s'appelle Mina mais tout le monde la surnomme Okoye, j'ai réussis à lui tirer cette information le troisième jours. Et, notre autre joaillière, qui est aussi sa sœur, s'appelle Anita mais là encore, elle se fait appeler autrement : Okafor.
- Est-ce vraiment nécessaire ? Demande donc Mina.
- J'essaye de la mettre en confiance.
- Je croyais que vous aviez une empreinte avec elle.
- C'est le cas, assure t-il d'une manière étrange.
- Donc votre seul présence devrait la mettre en confiance, argumente t-elle.
- J'en ai bien conscience mais Echo est… différente. Et puis, sa fragilité est attachante.
- Par tous les dieux !
Mina lève les yeux au ciel avant de sortir de la cage en marmonnant des mots inaudibles, je ne suis pas même certaine qu'ils soient dans une langue que je connaisse. En tout cas, elle semble en colère et je ne comprends pas ce que Bellamy a pu dire ou faire pour la mettre dans un tel état.
C'est alors qu'une des plus belle chose et des plus inattendue se produit. Bellamy éclate de rire. J'ai un moment de latence où je vis cette mélodie, cette pure merveille comme une perfection que je n'ai jamais connue. J'ai la sensation que mon cœur bat bien plus fort à l'écoute de ce simple son. Je suis comme dans une bulle et pour peut-être la première fois de ma vie, je me sens à ma place, là, à ses côtés.
Il est beau. Je veux dire, je l'ai toujours trouvé agréable à regarder mais à cet instant, il y a quelque chose de plus. Je le détaille avec bien plus d'attention, je remarque qu'il y a des petits plis qui se sont formés au coins de ses yeux et des fossettes au bord des ses lèvres. Il se tourne vers moi et ses iris brillent de joie. Ce n'est pas quelque chose d'irréel, tout chez lui est toujours vrai et c'est ce qui me touche le plus. Il ne fait jamais semblant. Il reste honnête envers lui-même et les autres.
- Elle ressemble a Rae, s'amuse t-il.
Je fronce les sourcils à cette remarque. Je me fais une image mentale de notre nouvelle connaissance et la pose à côté de celle de Raven. Il n'y a absolument aucune ressemblance ! C'est le jour et la nuit ces deux là ! L'une est gentille, souriante, avenante ou encore agréable alors que l'autre est tout son contraire. Mina est définitivement une personne intimidante et je préférerai rester loin d'elle.
- Aller viens Echo, il me tend la main, sortons d'ici.
Je glisse lentement ma main non blessée dans la sienne. De nouveau je ressens cette sensation étrange qui semble électriser tous mon corps. Je ne parviens pas a quitter nos mains des yeux. Je suis fascinée par cette sensation étrange qui m'habite dès que je touche Bellamy.
Je réalise après coup que pour la seconde fois en très peu de temps, je lui accorde ma confiance. Je ne regarde pas où je mets les pieds. Je crois que je n'en ai pas besoin. Il me guide à la perfection et je pense que si je venais à trébucher, il me rattraperait. Est-ce que c'est ça ? Je me fis à lui. C'est de cette manière que se ficelle une relation ? Par des petits moments de perte de contrôle et de confiance ?
Je suis éblouie par la lumière. Je cligne des paupières pour m'habituer à cette intensité. De toute évidence, je me suis trompée, nous ne sommes pas en plein milieu de la nuit. J'inspire à pleins poumons. Malheureusement je ressens de nouveau cette gêne dans ma gorge, comme de la cendre que j'aurai avalé. Une quinte de toux s'empare de mon corps et je lâche la main de Bellamy pour appuyer mes deux paumes sur ma cage thoracique. J'ai la sensation de suffoquer c'est quelque chose que je connais bien ma mère a souvent essayé de m'étouffer pour me démontrer qu'elle avait le pouvoir de vie ou de mort sur moi.
Le feu… il est comme absent. Je décale mes doigts jusqu'à mon cou. Ce que je ressens sous mes doigts n'est pas pour me rassurer. La crise s'aggrave. Une main forte et réconfortante s'applique sur mon épaule. Je relève les yeux et découvre sans surprise Bellamy. Il semble être paniqué, je le lis dans ses yeux et pourtant il me demande calmement :
- Qu'est ce qu'il t'arrive ?
Évidemment, je n'arrive pas à répondre, même si je l'avais voulu c'est en ce moment impossible. Je connais cette sensation. J'ai déjà ressentir ce genre de chose auparavant. C'était le jour de mes dix ans, celui où ma mère a réussis à me briser, celui où je me suis laissée glisser vers la voix. Mes poumons brûle de l'intérieur, le feu qui irradie dans mon corps est en train de s'éteindre. Je suis entrain de devenir humaine.
J'essaye de me concentrer sur la main qui tient fermement mon épaule. Je veux passer outre la douleur. Je suis terrifiée. Je me sens dépouiller, ce qui fait de moi un dragon est en train de m'être arraché. Je tremble. Je ne veux pas m'effondrer et pourtant c'est exactement les mêmes maux qui m'ont fait sombrer dans les ténèbres. J'arrête de tousser lorsque la cendre parviens a franchir mes lèvres. J'ai les larmes aux yeux. J'ai la désagréable sensation de mourir de l'intérieur.
- Echo !
Je frissonne. J'essaye de me concentrer sur la voix de Bellamy, sur mon prénom prononcer. Les battement de mon cœur ralentissent. Il est affaiblie par l'absence de ce qu'il a toujours connu. Il se met presque en hibernation.
- Et bien, intervient Mina, c'est la première fois que je vois une telle réaction. Qu'est-ce que tu es ?
- Qu'est-ce que vous lui faite ? Hurle Bellamy.
- Le bracelet est en train de supprimer mes capacités, je murmure en comprenant.
- Seulement celle qui peuvent mettre en danger la communauté.
Ouais autrement dit absolument tous ce que je suis. Je sens que je vais passer un très mauvais moment. Et dire que c'est justement cette terrible expérience qui m'avait fait rejoindre les pantins de ma mère. Elle m'avait même réimplanter mon cœur pour l'occasion.
Au milieu de toute cette souffrance, je parviens à ressentir autre chose. Une forme de rancœur folle. Le genre de colère qui pourrait provoquer des morts. Je n'aime pas la haine, c'est un sentiment qui m'effraie. C'est pour elle que le monde tourne si mal. Pour elle que j'ai souffert toute ma vie. Je retiens de justesse la main de Bellamy qui glissait de mon épaule. Je me redresse difficilement et accroche mon regard au siens. Je le savais. Cette perdition lui appartient. Cet éclat dans ses yeux, je ne l'aime pas. Je sens qu'il va attirer le rouge, le mauvais, celui qui m'effraie, celui du sang.
- Ne fais rien de stupide, je demande d'une voix à peine audible même pour moi.
Sa mâchoire se crispe alors que ses iris semblent s'enflammer. Je peux presque le sentir, son loup. Il est prêt à bondir, à faire un véritable carnage, à emmener l'enfer sur terre. Et tous ses ressentiments, pour quoi ? Essayer de me préserver de la souffrance… est-ce vraiment possible ?
- Bellamy, s'il te plaît, je reprends plus fort.
- Tu souffres, grogne t-il. Et c'est à cause de moi. Je t'ai mis ce bracelet.
Cette horreur dans ses yeux… il ne blâme pas Mina mais lui-même. J'ai une nouvelle crise de toux, ce qui n'arrange pas son humeur. Sa main tente de glisser loin de la mienne mais j'accroche mes doigts à son poignet. J'expulse la cendre plus rapidement. J'essuie ma bouche pour essayer de faire passer ce goût détestable et je remarque qu'au milieu du noir, il y a un peu de rouge. Je grimace. Il ne faut pas que Bellamy le voit.
- La dernière fois que ça m'est arriver, j'ai eu la sensation…
- La dernière fois, me coupe t-il de plus en plus les nerfs a vif.
- Ma mère.
- Retirez lui le bracelet immédiatement, exige t-il en se tournant vers Mina.
- Vous savez très bien que je ne peux pas le faire, pas tant qu'elle n'aura pas été évaluée. Mais tout de même cette réaction… je n'ai jamais vu ça.
- Et si ce que vous estimez être une menace lui était vitale ? Elle pourrait… mourir, sa voix s'étrangle sur ce mot.
- C'est très peu probable.
- Mais c'est possible.
- Dans ce cas, elle ne serait définitivement plus une menace pour qui que ce soit.
- Je vais vous…
- Bellamy, je hurle.
Je suis surprise moi-même par mon intervention. J'écarquille les yeux. Je n'ai encore jamais utilisé ma voix de la sorte. J'en reste interdite quand il se tourne vers moi avec un air tout aussi étonner.
- Calme toi, s'il te plaît, je reprends plus normalement. Je… je vais bien. J'ai vécu pire.
Il baisse les yeux et pendant un temps infinie, je pense qu'il ne va rien dire de plus. Et pourtant, il reprend avec calme :
- Je vais soigner ton bras.
J'acquiesce c'est une bonne idée, une fois son esprit occupé, il ravalera peut-être sa colère. Il s'approche tout en demandant du matériel de soin à Mina qui de nouveau lève les yeux au ciel. Je n'arrive pas à comprendre les réactions de cette femme et pourtant elle semble partie pour chercher ce qu'il faut pour Bellamy.
- Ne t'avise pas de mourir, me prévient t-il en chuchotant.
Je souris avant de lui assurer d'un geste de la tête que je ne ferai rien de tel. Du moins, je vais essayer. Je ressens de nouveau le goût de cendre dans ma bouche. Je me recule en sentant mes poumons me brûler. Je tousse à nouveau. Je crois que si je le pouvais, je me séparerai de ces deux organes en les arrachant.
Bellamy passe sa main sur mon dos. Il fait des gestes circulaires qui calme un peu ma nouvelle crise. Elle se finit encore de la même manière, par de la cendre qui macule mes mains. Mon corps tremble c'est… éreintant.
- Tu sais pour quelle raison ces crises surviennent ?
J'imagine que le feu dragon doit être perçu comme une menace ce qui est compréhensible. Mais lorsqu'il s'éteint, la cendre s'accumule dans les poumons. Beaucoup de membres de mon espèce meurt de cette horrible façon à la fin de leur cycle. La suffocation c'est la fin la plus répandu chez les dragons, soit le feu s'éteint et embrume la voie respiratoire, soit il devient trop puissant, indomptable et consume tout sur son passage.
- Echo ?
Je plonge mes yeux dans les siens. Je ne peux pas lui dire que lorsqu'il n'y aura plus aucune trace de feu en moi, il y a de forte chance pour que je meurs. Nous sommes peu à pouvoir vivre sans lui. A côté une hémorragie massive semble bien moins dangereuse.
- Pourquoi tu ne parle pas ? Je… je respecte ça, vraiment. C'est juste que c'est troublant.
- C'est, je reprend la gorge nouée, c'était interdit.
- Comment ça interdit ? Tu ne… parlais… jamais ?
Je répond négativement de la tête ce qui attire un air surpris sur le visage de Bellamy. Je le détaille avec un peu plus d'attention avant de m'avancer. Je serre mes deux poings presque aussi fortement que lorsque je devais affronter ma reine. La douleur se réveille dans mon bras blessé mais je m'en contre fiche. Je fais un pas puis deux avant d'être assez près. J'inspire profondément sans ne jamais le lâcher des yeux. Je me noie dans cette nuit que représente ses iris. J'y cherche une genre de rédemption, une liberté, mon futur et tout le courage qu'il me manque.
J'expire sur la longueur avant de relâcher la pression de mes doigts. Je lève doucement les mains, mon geste est légèrement tremblant et peut-être un peu trop lent et pourtant Bellamy ne bouge pas. Je m'arrête avant de frôler son visage de mes mains. Je ressens de l'hésitation. Je baisse les yeux juste une seconde avant de me reprendre et d'appliquer mes paumes sur ses joues avec délicatesse. J'ai cette horrible sensation que si je ne fais pas attention, je pourrai le briser.
Je laisse mes paupières tomber et je me concentre. Je cherche l'essence de son loup, l'alpha qui est en lui. C'est un exercice difficile. Il est différent des autres alphas que j'ai pu rencontrer. Il ne se définit pas par sa place dans la meute. Il ne cherche pas à diriger. Il réprime ce qui devrait faire de lui un leader. Pourtant, il faut que je le trouve. J'ai envie de lui montrer. Je me sens sourire alors que je finis par dénicher cette part de lui enfouit au plus profond de son âme derrière une dévotion absolument indestructible pour sa sœur. Je laisse mes cils se relever et je retrouve ses iris d'un noir profond. Je n'avais pas idée qu'un tel amour puisse exister. C'est quelque chose de beau et d'unique.
Je sens des larmes se former au bord des mes yeux. Je me mordille la lèvre inférieur pour tenter de les retenir. Je n'aurai jamais pu imaginer que l'amour puisse ressembler à ça. Je sens de nouveau mon cœur battre d'une étrange façon. J'ai une envie impulsive de m'éloigner pour me protéger de cette découverte. Parce que cette fois, j'en suis certaine, Bellamy est trop bien pour moi. Je finirai forcément par le décevoir et la seule issue possible est que nous nous déchirons. Je suis du mauvais côté de la ligne, le mal absolu, c'est dans mon sang alors que lui… lui il aime d'une manière inconditionnelle.
Et pourtant… une fois de plus, je ne peux m'empêcher de prendre le risque…
- C'est de cette manière que nous parlons, je répercute ma voix dragon jusqu'à l'alpha en lui en resserrant mes mains sur ses joues, quand nous y sommes autorisés. Nous ne devons écouter qu'une seule voix, celle de la Reine. Toutes les autres sont proscrites. Toutes les autres sont des distractions. Toutes les autres sont des abominations. Toutes les autres sont interdites. Même celle qui nous est propre. Notre… ma voix, celle de mes frères, de chaque membre du harem est proscrite. C'est ainsi. Une seule voix compte. Celle de la Reine.
Je vois des larmes dévaler des yeux de Bellamy pour glisser sur mes doigts. Pendant un instant, je pense avoir dit quelque chose de mal. Mon cœur s'emballe d'une étrange manière. Je m'apprête à reculer quand il retient mes mains avec les siennes. Il a cette façon de me regarder. Pour la première fois, j'ai véritablement la sensation qu'il est capable de lire en moi comme dans un livre ouvert. Je sais que l'empreinte peut lui offrir cet avantage mais c'est étrange de le vivre.
- C'est des conneries et j'espère que tu en as conscience. S'il ne doit y avoir qu'une seule voix qui doit compter c'est la tienne et aucune autre.
Je me revois lorsque j'étais enfant. Je me suis battue si longtemps contre la voix de ma mère. Elle m'a enfermé, battu, torturé, affamé pour parvenir à ses fins. Mais au final c'est toujours cette voix qui finissait par me rendre folle. J'avais beau plaquer mes mains sur mes oreilles, elle continuait d'exister, elle s'intensifiait même. Je hurlais pour essayer de couvrir ses murmures mais ça n'a jamais suffi parce que même si j'avais pu finir par être plus forte, ma mère est parvenue à me briser. Elle a soufflé des mots jusqu'à mon âme, elle m'a retourné et obligé à faire des choses inimaginables. Tout ceci pour la voix.
Bellamy a tort. La voix qui compte le plus ce n'est pas la mienne, ça ne sera jamais la mienne parce qu'elle ne sera d'aucune manière aussi forte que celle de ma mère. J'en ai eu la preuve en me battant contre elle. J'ai été incapable de la tuer malgré tout ce qu'elle a pu me faire subir. Aussi infime soit-elle, elle a encore de l'influence sur moi. Alors que j'allais la tuer, elle m'a ordonné de lui accorder grâce et je me suis exécutée arrêtant mon geste avant l'instant fatidique. Elle s'est écrasée au sol. J'étais incapable de bouger. Elle semblait tellement faible. J'ai rêvé si souvent de l'achever mais j'en ai été incapable parce que sa voix me l'a interdit.
Je ne suis pas libre. Je ne l'ai jamais été tout ceci n'est qu'une illusion. Tant que la voix existe, je suis sa prisonnière. Et je ne pourrais jamais, jamais, jamais m'en libérer.
- La seule voix qui compte c'est celle de la Reine.
- Non.
- Je veux croire que je me suis libérée mais elle… ma mère a toujours cette influence sur moi.
- Il ne s'agit pas de la voix mais de ta mère. Ce qui te retient, c'est l'idée même de tuer alors que tu n'y es plus obligée par sa voix. Tu n'as jamais fais ça par toi-même n'est pas ? Et ça t'effraie de devoir le faire… ne pas vouloir devenir une meurtrière ce n'est pas mal. Echo, il sourit, tu n'es pas obligée de tuer, tu ne le sauras jamais.
- Ma mère doit pourtant mourir.
- Et qui t'as demandé d'assumer cette responsabilité seule ?
Je suis tellement surprise par cette répartie que je ne sais plus du tout quoi dire. Ma surprise doit se lire jusque dans mes yeux puisque Bellamy sourit encore plus. Il s'approche un peu plus de moi et j'ai un mouvement de recule mais il sert un peu plus mes mains sur mes joues.
- Tu n'es pas seule Echo, tu ne le sauras plus jamais.
J'ai très bien entendu ses mots et pourtant, je peine à y croire. C'est tout simplement impossible. J'ai toujours été seule. Celle qui n'entendait pas la voix de la même manière que les autres quand j'étais enfant. Celle qu'on a dû briser pour être contrôlée. Celle qui regardait les corps à ses pieds avec un profond sentiment de culpabilité. Celle qui ressentait la souffrance. Celle qui suppliait intérieurement pour que tout s'arrête. Celle qui a essayé de se tuer pour se libérer de la voix, de ce mal qui la rongeait de l'intérieur. Celle qui après avoir croisé des yeux vert tacheté d'un loup aussi grand que les arbres centenaire d'un pelage aussi blanc que la neige à su retrouver son libre arbitre. Celle qui se cachait pour que personne ne découvre qu'elle n'entendait plus la voix de la même manière. Celle qui a su dire non. Celle qui contre toute attente a survécu après avoir quitter le harem. Celle qui s'est libérée.
- S'il le faut, je passerai le reste de mon existence à te le prouver, m'assure Bellamy en relâchant mes mains.
Je recule de quelque pas sous son regard qui semble me défier de vouloir le contredire. Je me racle la gorge quand le goût de cendre revient titiller mes papilles. Je sens qu'une nouvelle crise va survenir d'ici peu. Je me sens nauséeuse à cette simple idée. Je sais que j'ai vécu pire. Mais je n'en peux plus de souffrir. Je suis juste fatiguée de toute cette torture perpétuelle. Je passe ma main sur ma bouche comme si cela pouvait éloigner la douleur qui compresse ma cage thoracique alors que j'ai la sensation de ne plus pouvoir prendre une seule inspiration. Je sens mes jambes flancher et… c'est le noir total.
Lorsque la douleur devient insupportable, notre corps préfère nous attirer vers l'inconscient. Parfois c'est une pénombre angoissante qui nous accueille jusqu'à ce que nous ouvrons à nouveau les yeux. D'autre fois, notre esprit semble délirer et nous offrir des images toutes plus incompréhensibles les unes que les autres. Je me souviens de la dernière fois que cette perdition m'est arrivée. Des iris d'un vert profond, et pourtant imparfait, soulignés ici et là par du brun et cette tâche rectiligne écarlate au bord de la pupille m'ont hantés pendant des jours avant que je ne m'éveille, blessée, mais vivante. J'ai été la seule survivante. Ma Reine me l'a longtemps reproché. Après ça à chaque fois que je fermais les yeux, je re-vivais encore et encore ce regard. Il m'obnubilait, m'obsédait jusqu'à ce que je comprenne ce qu'il m'avait fait. A chaque fois que ma mère utilisait la voix, il y avait cette image implantée dans mon esprit qui me permettait de refuser d'exécuter chacun de ses caprices.
Cette fois, c'est différent. Aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai conscience que je suis dans les vapes. Je me souviens que mon corps souffrait à cause du bracelet. Je mourrais. Je meurs peut-être encore. Mon esprit divague entre Bellamy, la bataille et Anya. Je revis parfaitement le moment où la blonde a saisit mon poignet pour m'éloigner de ma Reine alors que j'étais complètement perdue dans des méandres sans nom. Je savais que je devais la tuer mais j'en était incapable. Anya m'a poussé à courir, fuir, rejoindre la meute de Lexa. Je la suivais sans broncher malgré que j'avais cette sensation que l'on venait de m'arracher quelque chose. Je n'ai pas su me venger. C'est après que des jeux de lumières incandescents ont semblé survenir de nul part. Il y a eu une explosion, les déflagrations nous ont violemment propulsées en arrière et lorsque j'ai ouvert les yeux, je n'arrivais plus à respirer.
J'ai été rassuré en découvrant le visage d'Anya au-dessus du mien. Ses lèvres bougeaient mais j'étais incapable de l'entendre. Il y avait se sifflement dans mes oreilles qui m'empêchait de percevoir un autre son. Portant elle continuait de parler, elle a apposé sa main au-dessus de ma poitrine et j'ai réussis à prendre une première inspiration, je me suis redressée dans un même geste c'est alors que j'ai sentis les nombreuse douleurs de mon corps. Je crois que j'ai tellement hurlé que mes cordes vocales ont bien failli rompre.
Anya m'appelait encore et encore, elle me demandait de me calmer mais je n'y parvenais pas. Elle m'a alors prise dans ses bras et je n'en connais pas la raison mais je me suis instinctivement apaisée. Les maux de mon corps se sont presque envolés. Et, j'ai de nouveau eu cette image dans mon esprit, celle d'iris d'un loup majestueux, tel que je n'en reverrais peut-être jamais.
- C'est bien, a murmuré Anya, respire, doucement, calmement.
Je me laissais bercer par cette voix et inconsciemment, je me suis rendue compte que je l'entendais depuis cinq années. J'avais déjà cette sensation de familiarité lorsque j'ai rencontré Anya mais à cet instant c'était bien plus puissant. Cette voix… ce n'est pas celle qui m'a libéré, non ça c'était son regard mais la voix… la voix… c'est celle qui m'a guidé chaque jour depuis que je n'entends plus ma reine, celle qui m'a consolé quand la douleur était intolérable, pousser à me cacher, à refuser d'obéir, à libérer Maya…
- Aller, reprends-toi Echo, a t-elle sourit en s'éloignant.
Anya s'est redressée en étirant son corps tellement abîmé que j'ai eu du mal à comprendre comment elle pouvait tenir debout. Il y avait tellement de sang, son sang. Et pourtant, elle a tendu la main vers moi pour m'aider à me relever. J'ai alors aperçu une petite lumière bleu au-dessus d'elle. La forme semblait vivante, étrange. J'ai à peine eu le temps de saisir sa main qu'elle s'est en quelque sorte évaporée. Paniquée, j'ai relevé les yeux pour voir son corps être comme dissout au gré du vent et en un claquement de doigts, elle n'était plus là. La petite lumière bleu a disparu à son tour alors qu'un oiseau blanc voletait au-dessus de ma tête.
- Anya, je hurle en haletant, où est Anya ?
- Hey… Echo, calme toi, me demande Bellamy.
- Où est Anya, je demande de nouveau en plongeant mon regard paniqué dans le siens. Elle devrait être avec nous.
- Comment ça ?
- Elle était là. Je sais qu'elle était là.
- Non Mina m'a assuré qu'il n'y avait que nous quatre.
Nous quatre ? Je m'apprête à le questionner à nouveau pour en savoir plus en me redressant mais dès que je tente de prendre appuie sur mes bras, je m'effondrer.
- Doucement, murmure Bellamy en essuyant le coin de mes lèvres de son pouce, tu as vécu un moment difficile. C'est la première fois que tu sembles toi-même durant une prise de conscience.
J'ai du mal à saisir ses propos. Je fronce les sourcils en essayant de comprendre comment je suis arriver dans cette pièce étrange. C'est en baladant mon regard aux alentours que je remarque que je suis dans un lit assez austère, que je ne porte plus les mêmes vêtements et que mon bras est bandé.
Pendant combien de temps j'ai été inconsciente au juste ? Mes yeux tombent sur le pouce de Bellamy et j'y découvre une infime trace de cendre. Je porte aussitôt mes doigts sur mon cou, là où la chaleur du feu dragon est la plus incandescente. Ma peau est si froide, elle semble humaine. Je laisse tomber ma main sur mon cœur et remarque tout de suite qu'il semble battre beaucoup plus lentement qu'à l'accoutumée.
- Tu te sens bien ? Tu m'as fait peur…
J'essuie mes lèvres du dos de ma main droite comme pour chasser les dernière trace de cendre. J'ai toujours un goût désagréable dans la bouche et je me sens si faible. Je me souviens alors de la souffrance, des crises de toux de plus en plus violentes, de la fièvre, de mes délires quand je m'éveillais et de Bellamy qui était toujours là pour me tenir la main, me faire boire ou de me retenir lorsque je griffais ma peau pour essayer d'arracher de mes mains les organes qui me faisaient à ce point souffrir.
Pourquoi Bellamy est-il resté ?
Je ferme les yeux quand des larmes s'échappent. Je sens encore l'air autour de moi, les courant chaud et froid, sa lourdeur. Je fais glisser ma main dessus. Si je n'ai plus de feu, je ne peux plus voler.
De nouveau le pouce de Bellamy glisse sur ma peau, cette fois il chasse les larmes. Je papillonne des yeux avant d'essayer de nouveau de me redresser. Je me sens si faible. Quel genre de personne est capable d'accepter de vivre dans un corps comme celui là. Je suis vulnérable. Je saisis le bracelet entre mon pouce et mon indexe, je joue avec alors que j'ai cette envie folle de me l'arracher. Je ne veux pas vivre de cette manière. Je ne supporterai pas de me sentir faible de la sorte.
- Je vais pouvoir l'enlever ?
Le silence de Bellamy me confirme ce que je craignais. Je vais avoir beaucoup de mal a supporter cette situation. Je ne sais pas comment je suis sensé vivre sans le feu dragon, sans une part de moi si importante. Je détestais ma condition mais pas au point de vouloir me séparer de cette part de moi qui construis mon identité. Et… comment je ferai si ma mère me retrouve ? Je serai inoffensive et elle pourra me tuer d'un revers de main.
- D'après les informations que j'ai pu avoir, reprend Bellamy, la sorcière qui est censée nous évaluer devrait arriver d'ici peu. J'ai cru comprendre que les bracelet se réglaient d'une façon ou d'une autre. Si elle estime que tu n'es pas dangereuse, elle pourra te rendre ce que tu as perdu et moi aussi. Mon… mon loup il est… parti.
- Je suis désolée, je prononce difficilement.
- C'est pareil pour Costia. Nous avons gardé nos instincts, notre force physique mais nous sommes tous les deux incapables de nous transformer. Je ne pensais pas que… qu'il pourrait me manquer à ce point. Courir me manque.
- Je ne vais plus pouvoir voler, je dis tristement.
D'un geste rapide, Bellamy me prend dans ses bras. Mon cœur tressaute alors que mon oreille collée contre sa poitrine me révèle que le sien en fait de même. Je ferme les yeux au moment où il embrasse mes cheveux. Je me ressource dans cette étreinte aussi inattendue soit-elle.
- J'ai eu terriblement peur. J'ai cru…
La suite de sa phrase meurt et il me serre un peu plus fort sans pour autant que je ne me sentes oppressée. J'avoue ne pas savoir quoi faire de mes bras. J'hésite à lui rendre son étreinte. Je ne sais pas si j'en ai le droit et pourtant, j'en meurs d'envie. D'un geste hésitant, je fini par placer ma main droite au milieu de son dos. C'est infime mais je sens son corps se détendre, sans le voir je perçois même son sourire.
- Oh… la belle au bois dormant s'est réveillée ?
Comme prise en faute, je retire ma main et m'éloigne de Bellamy. J'observe ensuite de manière interrogative la nouvelle venue. Je la reconnais sans mal, ses cheveux roux et ses yeux gris sont assez unique. C'est Agathe Warlox, l'amie humaine de Raven. Elle me sourit avant de tendre une assiette vers nous c'est alors que je remarque qu'elle porte aussi un bracelet argenté. Pourtant, elle ne peut pas être considérée comme une menace, elle n'est pas un être surnaturel.
- J'étais venue nourrir de force, cet imbécile. Je suppose qu'il faut une seconde portion. Tu as faim Echo ?
- Je peux aller me chercher à manger, souligne Bellamy en se levant. Tu veux bien rester avec elle le temps que je revienne.
- Je suis certaine qu'elle préférerait rester avec toi. Je ne suis pas d'une excellente compagnie.
- Echo est importante pour Anya qui elle-même est très importante pour Raven donc l'aider elle, c'est ce qui te rapproche le plus de ton serment.
- Rae a raison, t'es un vrai emmerdeur.
Et, sans que je ne puisse le retenir, il sort sans même se retourner. Je ressens aussitôt comme un vide en moi. Je sursaute lorsque la porte claque et je la fixe sans parvenir à la quitter des yeux jusqu'à ce que la voix d'Agathe me ramène à la réalité.
- Ne t'en fais pas, il va revenir. C'est un idiot mais il tient à toi. Il s'est énormément inquiété ces derniers jours. Il doit avoir besoin de temps pour se remettre de ses émotions.
Son regard est emplit de compassion. Elle dépose l'assiette sur un meuble près du lit et fait glisser une chaise juste à côté. Elle fait un geste vers le repas et je fini par le saisir et grignoter les première boucher. J'ai d'abord la nausée. Mon estomac ne semble pas vouloir accepter toute forme de nourriture que ce soit avant que je ne me rends compte que c'était juste de la faim. Je fini par engloutir le reste de l'assiette à une rapidité folle.
- Il ne te l'a peut-être pas dit mais tu es resté entre la vie et la mort durant 17 jours. C'est très long pour une personne qui ressent exactement la même chose que toi sans pouvoir t'aider. Je sais que la plupart du temps, c'est un abruti mais il a besoin de toi, que tu sois en vie. C'est un alpha né qu'il l'accepte ou non, et c'est lui qui va nous maintenir tous les quatre à flot le temps que Rae et les autre nous retrouvent. La seule condition c'est que tu restes en vie. Si par malheur il t'arrivait quelque chose, il s'effondrerait.
Je comprends. Je sais comment fonctionne les empreintes. Il y a des chance pour que la notre ne soit rien d'autre qu'une erreur et pourtant, elle reste important parce qu'elle a le pouvoir de détruire Bellamy. Je ne laisserai pas cela arriver, jamais. Je ne veux pas qu'il souffre. J'aimerai qu'il continue de sourire et de rire.
- Je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme toi, reprend Agathe, et ce que j'ai pu lire était très incomplet. Personne n'a essayé d'aider ou de sauver quelqu'un de ton espèce. Je suis désolée, s'il y avait eu quelque chose je t'aurai aider, je… je suis vraiment désolée.
- Tu n'aimes pas Bellamy ?
- Pourquoi tu me poses cette question ? S'amuse t-elle.
- Imbécile, emmerdeur, idiot et abrutit, j'énumère.
- Oh ça… c'est rien, juste une habitude avec Rae. Elle adore le détester formellement et elle m'a un peu contaminé. En vérité, c'est plutôt affectueux. Je sais que c'est bizarre, pas besoin de me le dire.
Agathe dépose sa main sur mon épaule ce qui me surprend et me fait sursauter. Elle retire alors rapidement ses doigts avant d'effectuer un geste d'apaisement en s'excusant :
- Pardon, j'avais oublié que tu es du genre craintive. Je veux juste… je sais que ce n'est pas pareil mais mon père était autoritaire, mauvaise. Tu as remarqué la cicatrice sur le visage de mon frère ? Un jour il est partit dans une colère folle, il a reversé tous les meubles à sa portée, briser ses doigts sur les murs, rouer de coups ma mère et il a saisi un couteau. Louis s'est interposé de justesse. Ce jour là, elle fait glisser le col de son haut pour que je puisse découvrir un cicatrice assez impressionnante entre ses seins, je suis morte, pas plus que quelques minutes mais ça a suffit pour que quelque chose d'ancestrale s'éveille en moi, un serment avec les sorcières de sang ne peut pas s'oublier. À cette époque, je n'avais pas même conscience que ce monde pouvait être aussi tordu, remplit de magie. Je me suis réveillée après une intervention de dix-huit heure et un coma de quelques semaines avec des souvenirs qui ne m'appartenaient pas, des connaissances de votre monde et ce besoin presque irrépressible de trouver Rae.
Elle s'arrête brusquement. Son regard semble chercher quelque chose auquel se raccrocher. Elle se lève avant d'effectuer les cent pas. Après un petit moment, elle sort un carnet de la poche de son jean qui est boueux. Elle me le montre avant de reprendre :
- Tu sais, à l'origine, c'est les Warlox qui sont censés protéger les sorcières de sang mais avec nous, c'est l'inverse qui s'est produit du moins au début. Maintenant j'aime croire que nous sommes sur un pied d'égalité. J'ai fais le serment de protéger Rae et tous ceux à qui elle tient. Je sais que je ne suis qu'humaine mais j'ai appris très vite et je suis devenue une des meilleurs archivistes qui soit. C'est pour cette raison que c'est aussi difficile pour moi de ne pas être capable de t'aider. Je suis vraiment désolée.
- Quand, j'inspire profondément, quand je serai plus à l'aise avec… ma voix, je souffle ces mots, si tu veux je répondrai à tes questions sur mon espèce.
- C'est vrai, sourit-elle, ce serait génial !
- Mais avant tout ça… il faut retrouver Anya.
- Anya ?
J'acquiesce doucement. Je repose l'assiette que j'avais garder en main. Je me racle la gorge avant de m'asseoir au bord du lit. Je ne suis pas certaine d'être capable de pouvoir tenir debout mais je me redresse le plus possible quand je dis :
- Je suis certaine qu'elle était avec nous.
- Comment tu peux l'être ?
- Parce qu'elle était avec moi. Elle m'a aidé à me calmer.
- Étrange Mina et Anita m'ont assurées qu'il n'y avait que nous quatre.
Je secoue la tête de droite à gauche pour réfuter cette argument. Je sais qu'Anya est quelque part dans les parages. Elle ne peut pas être loin. Et, nous devons la retrouver.
- Merde… je ne pense pas qu'ici on s'amuserait à nous mentir. C'est une communauté étrange mais ils semblent véritablement sincère. Je suis assez douée pour détecter les mensonges.
- De quoi est-ce vous parlez ? Demande Bellamy en revenant.
- D'Anya, lui répond Agathe.
- J'ai déjà dis à Echo qu'il n'y avait que nous quatre.
- Oui mais si elle a raison et qu'Anya est dans les parages, nous devons la trouver.
- La trouver, répète t-il avec un rire amer, comment ? Ils ne nous laissent pas faire un pas sans nous épier.
- Il va falloir attendre que cette mystérieuse sorcière nous "examine". Ils ne peuvent pas nous retenir éternellement.
- Qui ne peut pas nous retenir éternellement, interroge Costia en arrivant subitement, oh… elle s'est réveillée.
Je sens de l'hostilité dans son ton et je baisse les yeux. J'ai cru comprendre qu'elle était très proche de la sœur de Lexa. J'admets donc parfaitement qu'elle puisse me détester.
- Pourquoi personne ne m'a prévenu que le monstre était réveillé ?
- Costia, s'offusque Agathe.
- Echo n'est pas un monstre, grogne dangereusement Bellamy.
- Je pense ce que je veux et c'est un monstre.
Le poing de Bellamy se serre si rapidement que je pense ne pas pouvoir l'arrêter. Je bondis hors du lit. Je tangue avant de parvenir à saisir son poignet alors qu'il se dirigeait dangereusement vers le visage de Costia. Je soupire de soulagement en remarquant que mon geste est suffisant.
- Ne dis plus jamais ça, explose Bellamy. Lâche-moi Echo.
- Non, ma voix tonne comme une menace, je ne te laisserai pas devenir un monstre en mon nom.
Son regard qui était jusque là fou de rage semble irradier par l'horreur, comme s'il venait juste de se rendre compte de ce qu'il allait faire. Il ancre ses iris dans les mienne avec un éclat de culpabilité.
- Je suis désolé, murmure t-il.
- Comment tu as fait pour l'arrêter ? Tu tiens à peine debout, remarque Agathe avec justesse.
- Elle n'avait surtout aucune raison de le faire, souligne avec dédain Costia, je sais me défendre.
- Peut-être contre des lycanthropes lambdas, confirme l'amie de Raven, mais certainement pas contre un alpha né.
- J'ai déjà battu Aiden en combat singulier et c'est un alpha né !
- Mais pas un héritier, s'amuse la rousse, crois-moi Echo vient de tirer d'un très mauvais pas.
- Je ne la remercierai pas. Lexa nous a peut-être demandé de l'accepter dans la meute mais je ne suis pas d'accord avec ce choix encore plus en sachant que ni Lexa, ni la meute n'est ici. Il est hors de question que je copine avec la meurtrière de ma meilleure amie.
- Parce que tu crois que Lexa sera heureuse d'apprendre ton comportement quand nous la retrouverons, demande durement Bellamy.
- Ça c'est mon problème, pas le tient Blake ! Elle a eut une chance de se racheter, explose t-elle en me pointant d'un doigt accusateur, elle aurait pu, dû tuer Nia mais elle ne l'a pas fait. Je ne lui fais pas confiance, je ne lui ferai jamais confiance.
- Donc en résumé, reprend avec colère Bellamy, tu lui reproches de ne pas être ce que sa mère a fait d'elle le jour où Lily t'a été arrachée : une meurtrière.
Costia a un mouvement de recule comme si on venait physiquement de s'en prendre à elle. Ses yeux passent de Bellamy à Agathe avant de s'arrêter sur moi. J'avais conscience qu'elle ne me portait pas dans son cœur mais son amertume à mon égard semble beaucoup plus ancrée que ce que je pensais. Tout dans ses expression fait ressortir ses ressentiments.
- C'est trop facile de se cacher derrière le fait que les dragons n'ont, soit disant, aucune conscience. Tout le monde à un libre arbitre. C'était juste un gentil petit soldat qui obéissait au doigt et à l'œil à sa maman.
- Costia, ça suffit, tonne la voix de Bellamy.
- Je comprends ta rancune, je murmure, mais être un dragon c'est comme être un Canis Latrans la voix de la Reine agit sur nous comme l'appel du sang quand vous êtes sous votre pire forme. Nous n'avons pas d'âme et notre cœur nous est arraché. Mais tu as raison, j'étais différente, j'avais une infime perception du bien et du mal pourtant je n'avais pas assez de force pour me détacher de la voix. Je suis désolée pour Lily mais je ne veux plus jamais avoir à tuer, pas même ma mère.
Ma dernière déclaration semble profondément choquer Costia, même Agathe semble surprise. Bellamy se contente de baisser les yeux avant de glisser sa main dans mon dos, geste qui m'apaise. Je réalise alors que c'est exactement ce que je veux, ne plus jamais faire couler le sang. Je crois que je ne pourrai plus le supporter.
Je voudrai pouvoir les débarrasser de ma mère, je pense que je leurs dois bien ça mais j'en suis incapable. Et, cela n'a rien à voir avec le fait qu'elle m'ait ordonné de ne pas la tuer. En réalité, c'était mon choix. Je ne voulais pas… pouvais pas la tuer. Je ne souhaite pas devenir une meurtrière.
Au finale, elle est là ma liberté.
Nous sursautons tous alors que quelqu'un vient frapper à la porte de la pièce que nous semblons partager tous les quatre. Bellamy et Costia semblent renifler l'air avant qu'un air agacé ne vienne marquer leurs traits.
- Qu'est-ce qu'elle veut encore, soupire Costia, me voler mon loup ne lui a pas suffit, dit-elle plus fort pour que la personne derrière la porte puisse l'entendre, sérieusement cette situation est ridicule. Ils ne veulent pas que nous puissions faire de mal à leur communauté, ils n'ont qu'à nous jeter dehors !
- Costia, la réprimande un peu plus gentiment Bellamy, calme toi. Viens Echo, assieds toi, il me guide jusqu'à la chaise avant d'embrasser mes cheveux, ne t'inquiète pas, Mina n'est pas méchante, juste impressionnante.
Il file ensuite ouvrir la porte avec le sourire le plus faux que je n'ai jamais vu sur son visage. Je trouve cela dérangeant que cette petite chose que j'aime plus que tout puisse aussi facilement être forcer.
- Bonjour Okoye.
- Pourquoi tu l'appelles comme ça, s'offusque Costia, c'est une marque de respect ! Là on s'en contre fiche du respect !
- Costia, grogne t-il de nouveau. Je ne sais vraiment pas comment Lexa s'y prend, tu es insupportable.
- Ne parle pas de mon alpha comme si tu l'as connaissais, ce n'est pas le cas.
- Je constate que vous ne vous êtes toujours pas entre-tués, intervient Mina, ce qui est une bonne chose.
- C'est un corbeau blanc que je vois dans votre dos, interroge Agathe.
- En effet, répond surprise la sorcière.
- La sorcière qui doit nous évaluer a donné des nouvelles ?
- Comment pouvez-vous, reprend Mina avant de s'arrêter en secouant la tête, peu importe. Votre évaluation a été avancée à demain. La sorcière vient d'arriver ?
- Pourquoi elle ne nous évalue pas maintenant que nous puissions nous barrer d'ici ?
- Costia, s'offusque cette Bellamy et Agathe en même temps.
- Elle doit d'abord s'entretenir avec les membres du Conseil des Huit et elle a fait un long voyage, elle va avoir besoin de se reposer avant de vous évaluer.
- Nous comprenons, merci de nous avoir informer Okoye.
Bellamy sourit de façon plus convaincante. Mina effectue de son côté un geste de la tête assez respectueux avant que son regard ne s'arrête sur moi. Elle fronce légèrement les sourcils avant de constater à voix haute :
- Echo s'est réveillée.
- En effet.
- C'est bien, je suis navrée que le bracelet vous ait fait vivre un tel enfer. Je n'ai jamais souhaité vous faire souffrir. Quand j'ai compris que cela pouvait véritablement vous tuer, j'ai voulu vous le retirez mais ce n'est pas de mon fait.
- Nous avons parfaitement compris que c'était les ordres du Conseil des Huit, assure Bellamy. Et nous comprenons que vous cherchiez à protéger votre communauté.
- Aucun de ces mots ne sonnent vrai, s'amuse presque Mina.
- J'essaye de bien me comporter, lui répond sur le même ton Bellamy. C'est ce qu'on appelle faire de la politique. Sourire et énumérer des mensonge auxquels nous même ne croyons pas.
- Vous êtes bien étrange Bellamy Blake.
- Pas plus que vous Mina Okoye.
J'étais tellement obnubilée par la conversation que je n'ai pas vu Agathe sortir de la pièce. Je ne le remarque qu'en même temps que tous le monde lorsqu'elle explose dans un :
- Par tous les dieux !
L'oiseau blanc, qui ressemble étrangement à celui que j'ai vu après la disparition d'Anya, s'envole sûrement effrayé par cette éclat de voix. Mina se précipite pour découvrir ce qui semble l'avoir mit dans cet état. Elle ne semble rien constater d'anormal. Bellamy la rejoint plus calmement en glissant un regard vers moi avant que ses yeux ne cherchent à leurs tour ce qui semble perturber Agathe qui semble toujours figer devant l'anomalie qu'elle vient de découvrir.
- Par toute les lunes, souffle plus doucement Bellamy, c'est… impossible.
- Qu'est-ce qu'il se passe, interroge Costia en arrivant à côté de l'humaine, et bah merde.
- Il y a un problème, essaye de s'informer Mina.
Je me lève à mon tour pour comprendre ce qui les met tous les trois dans cet état. J'y vais lentement, j'ai encore du mal à faire confiance à mon corps qui semble si faible. Je glisse ma main sur le dos de Bellamy pour qu'il se décale et que je découvre ce qui semble les perturber.
Mon regard se balade quelques instants avant de s'arrêter sur un groupe de six personne. Je reconnais immédiatement la sœur de Mina, près d'elle se trouve trois hommes d'âges mûres encapuchonnés dans des capes noir et rouge et dos à nous deux brune, une femme et une enfant. Je ne comprends pas, les yeux de Bellamy semble fixer sur ce groupe. Qu'est-ce qui le met dans cet état de surprise mélangé à de l'incompréhension ?
Et puis, comme au ralentit, la plus jeune des deux brunes se retourne et je me retrouve bouche bée. C'est… non, je dois me tromper. Je cligne à plusieurs reprise des paupières avant de secouer la tête comme pour me reprendre mais lorsque je fixe de nouveau la jeune fille le constat est le même.
C'est Raven.
Le seul problème c'est son âge. Il ne colle pas du tout, elle semble n'avoir qu'une douzaine d'année. Elle est vraiment beaucoup trop jeune. Près d'elle, est-ce que se serait… la grande Morgane ? La plus puissante sorcière de tout les temps ? Serait-ce elle qui est censée nous évaluer dans la journée de demain ? Non c'est bien trop absurde.
Morgane est morte il y a des siècles et Raven… Raven…
Comment se pourrait-il que ce soit-elle ? C'est impossible n'est-ce pas ?
- Rien ne reste bien longtemps impossible, murmure Bellamy.
- Je déteste cette phrase, souffle Agathe.
Seulement, nous allions apprendre à nos dépends qu'il n'y avait pas plus vrai que ces quelques mots. Rien. Non, rien ne restait bien longtemps impossible. Nous étions en plein dedans, dans un "impossible", complètement incompréhensible. Un "impossible" qui allait nous sembler bien insurmontable dont il serait très délicat de se tirer, voir insurmontable.
C'est en voyant le visage enfantin de la meilleure amie de Bellamy que nous avons tous compris que nous étions coincés à la mauvaise époque, le mauvais siècle et que de rentrer à la maison sans provoquer des paradoxes ou changer notre propre histoire allait être bien plus compliqué que ce que nous avions pu imaginer jusque là.
Voilà pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plû ! J'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé. Vous en savez enfin un peu plus sur la disparition de Echo, Bellamy, Costia et Agathe. En revanche, toujours rien sur Anya… enfin presque rien, après tout Echo semble l'avoir vu avant qu'ils ne se fassent capturer par cette étrange communauté dont vous ne connaissez que Mina pour le moment.
Alors qui avait deviné ce que je préparais avant la fin ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
