Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Quelques mots sur ce chapitre : Alors à votre avis où allez vous vous retrouvez ? Avec Lexa et Raven sur l'île ou avec nos quatre naufragés du temps ?
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 2 : Retour au noir
I never waited on a miracle Je n'ai jamais espéré de miracle
There ain't no miracles round here Il n'y a aucun miracle ici
There ain't no miracles Il n'y a pas de miracle
I'm not afraid of the impossible Je n'ai jamais eu peur de l'impossible.
There ain't impossible round here Car rien n'est impossible sur cette terre
There ain't impossible, no Rien n'est impossible
I ain't afraid, knowing shit's gotta change J'ai pas peur, je sais que tout doit changer
One day it'll never be the same Un jour plus rien ne sera jamais pareil
Just look into my heart you Regarde au fond de mon cœur
Can see the grind Tu verra ma détermination
Look into my eyes you can see the pain Regarde au fond de mes yeux tu verras ma souffrance.
Kid Inf (ft Elle Varner & Machine Gun Kelly) – No Miracle
Chapitre 25 : (Im)possible
Le temps a toujours été notre pire ennemi. Il se joue de nous. Il défile, sans se soucier de personne, et s'amuse à nous glisser entre les mains. Rien ni personne ne peut arrêter sa course, pas même les dieux. Le défier, c'est accepter qu'il s'amuse à nos dépens. Il nous enferme dans une boucle que nous aimons appeler "destiné", mais ce n'est certainement rien d'autre que la fatalité. Bon nombre d'entre nous ont essayé de le contrer, malheureusement c'est comme d'entrer dans une danse infinie, un tango ou encore une fois il n'y a qu'un seule gagnant et ce n'est pas nous. Chercher à dévier sa parfaite rotation, c'est comparable à vouloir toucher une flamme sans se brûler. Ridicule et peut-être aussi un peu inutile.
Rien, ni personne n'arrête le temps. Il est insaisissable, incompréhensif et capricieux. C'est le seul véritable immortel que connaisse ce monde. Et pourtant une personne est parvenue à le battre à son propre jeu, à le surpasser mais un tel exploit entraîne des conséquences. Il y a un prix à payer pour l'avoir distancé, le dominé ne peut pas être sans récupération. C'est comme un écho lointain, il vient demander réparation.
Il court vers moi en hurlant pourtant je ne perçois aucun son. Je suis comme sonner et les forme de son corps sont flouté par endroit, irréel. De toute façon, il ne peut pas être réel. Il est partit. Je sais qu'il n'avait pas le choix malgré tout j'ai toujours le cœur brisé en pensant à lui. Il me manque tellement. Je profite donc de ce mirage, il est pieds nu et ce détail me fait sourire, il n'a pas changer. Ses longues et imposantes ailes noires traînent sur le sol poussiéreux laissant de grands sillage derrière lui. Quelque plumes s'envolent et je les suis jusqu'à son visage. Il semble si inquiet. Ses iris couleur nuit ne me regardent pas, ils sont fixés sur quelque chose derrière mon dos. Je me retourne et remarque tout de suite ce qui l'inquiète.
Une masse informe d'un bleu azur inconséquent détruit tout sur son passage, son avancer avale le monde et elle arrive droit sur moi. Et alors que j'allais être la prochaine cible de cette chose, deux bras musclés me saisissent avec force puis je perçois ce bruit que j'avais presque oublié, celui des ailes qui se déploie, le vent pli sous leurs poids et il m'emmène loin du danger.
- Morgane, murmure t-il à mon oreille.
Je sens les larmes dévaler sur mes joues. Cette voix... sa façon de prononcer mon prénom. Tout, absolument tout ce qui peut venir de lui me manque terriblement, c'est la pire des tortures.
- Tu dois faire plus attention, me sermonne t-il gentiment. Tu ne devrais pas être là, continue t-il cette fois inquiet.
- Je sais.
- Il y a un problème ? Raven...
- Notre fille va bien, du moins aussi bien que peut aller une enfant après la mort de son frère.
- Et toi, comment vas-tu ?
- Je suis anéantie.
- Je suis désolé, il me serre plus fort.
- Mais je ne devrais pas être là.
- C'est dangereux.
- Tu le sais pourtant que c'est un aspect de mes pouvoirs que je ne maîtrise pas.
- Tu viens à moi quand tu te sens menacer, confirme t-il. Que se passe t-il?
- Justement, je n'en sais rien. J'ai juste cette horrible pressentiment. Comme si... comme s'il était revenu.
- Si c'est vrai, je vais… Morgane ! MORGANE !
- MAMAN ! RÉVEILLE TOI !
Je sursaute avant de dévisager Raven qui semble inquiète. Je secoue la tête pour éloigner les images de son père encore imprégnées dans mon esprit. Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il vient de se passer. Je ne m'étais pas égarée de la sorte depuis ce qui me semble être une éternité.
Pourtant, je ne peux m'empêcher d'être heureuse. Simplement parce que durant un instant, je l'ai revu. Il me manque tellement. C'est déchirant.
- J'ai cru que c'était une prophétie de sang, panique Rae.
- Tout va pour le mieux Raven, tu n'as pas à t'inquiéter.
- Les prophéties de sang sont dangereuses, souligne t-elle. Quelqu'un aurait pu…
Ma fille se redresse vivement et semble chercher avec ses yeux quelque chose ou quelqu'un que sa magie a déjà dû repérer. Elle plisse les yeux vers le nord. Comme souvent lorsqu'elle ressent une menace approcher, je suis incapable de déterminer quoi que ce soit. Je me lève à mon tour. Je ne peux empêcher mon regard de chercher de l'aide au milieu des cieux avant de me mettre en avant cherchant à faire barrière entre ma fille et ce qui semble arriver.
- Nous avons été repéré.
- Je ne vois rien Raven.
- Je pense que c'est une sorcière mais, elle semble hésiter avant de reprendre, sa magie est étrange.
J'acquiesce avant de fermer mes paupières et d'invoquer un rapide sort de protection qui forme un cercle autour de ma fille et moi. Je peine à contrôler les battements de mon cœur. Et si mon pressentiment était le bon ? S'il est véritablement revenu ? Je suis certaine qu'il me réserverait un sort bien pire que la mort.
Il doit ruminer sa vengeance depuis que je l'ai entravé. Je sais pertinemment que je ne pourrai pas réitérer un tel exploit, je ne parviendrai plus à le surpasser, jamais. Ma magie était alors à son paroxysme et renforcer par l'amour que j'éprouvais pour le père de Rae. Il était en danger. Il aurait pu mourir alors je me suis déchaînée. Je me suis perdu dans les méandres d'un pouvoir qui me surpassait de loin. J'aimerais croire que j'ai absolument tout contrôler ce jour là, mais c'est faux.
De plus, je ne suis plus la même personne. Depuis, qu'il est partit, j'ai perdu une part de moi-même. Et cette déchirure n'a fait que grandir lorsque j'ai vu mon fils se faire tuer. Mon âme et mon cœur sont de plus en plus attirer par les ténèbres. Il n'y a qu'une personne pour qui je continue de me battre pour ne pas sombrer et c'est ma fille.
Je secoue la tête, je dois me concentrer. C'est alors qu'une autre enfant me vient à l'esprit, une magnifique petite fille blonde au sourire malicieux. Qui s'occuperait d'elle s'il m'arrivait malheur ? Il n'y aurait plus personne pour la protéger. Le terrible secret que je garde avec Luna depuis bientôt trois ans serait révéler au grand jour et je n'ose imaginer ce qui se produirait alors.
- Maman, souffle Raven.
Je vois deux femmes à la peau chocolat s'avancer vers nous. Elles ont exactement le même visage mais nous pouvons les différencier facilement puisque l'une à les cheveux si long qu'ils touchent presque le sol alors que l'autre à le crâne rasé avec des motif très travaillé de tatouer à la placer de ses cheveux. Elles portent toutes les deux des tuniques très étrange, taillées dans un tissus que je ne reconnais pas. L'une est vêtue tout de bleu et l'autre de rouge.
- Tu es Morgane, prononce celle aux cheveux long ce qui me dé n'est pas une question, mais une affirmation. Alyose t'attend.
- Je croyais que je devais rencontrer le Conseil.
- Tu le rencontreras, intervient le frère de Luna en apparaissant dans le dos des deux femmes, mais j'aimerai d'abord te parler, si tu es d'accord.
- Alyose, reprend toujours celle aux cheveux long, tu devais attendre de l'autre côté de la barrière. La sorcière n'est pas venu seule comme nous lui avions pourtant expressément demandé.
- Je savais pertinemment que Morgane ne viendrait jamais sans sa fille, sourit-il. C'est Raven, n'est-ce pas ?
- Pourquoi ne pas nous en avoir informé ?
Alyose se met à rire et en remarquant les regards des jumelles, je devine que ce n'est pas quelque chose d'habituel. Au cours des ces dernières années, j'ai eu l'occasion de rencontrer le frère de Luna à plusieurs reprises mais je ne peux pourtant pas affirmer le connaître. Je pense même que c'est un inconnu pour sa propre sœur. Il est très mystérieux et encore plus secret. Pourtant, j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer bien plus intriguant que lui. J'en suis même tombée amoureuse.
Il s'approche et s'arrête juste devant mon cercle. Ma magie s'agite à sa présence. Son rire s'arrête mais son sourire est toujours présent. Je lève les yeux au ciel. Il m'agace ! Je perçois Rae reculer avant même qu'il ne franchisse la barrière qui était censée nous protéger sans la moindre difficulté. Évidemment, si je l'avais voulu, j'aurai pu le repousser mais je sais que je ne risque rien. Il a besoin de moi et il ne risquerait pas de provoquer sa sœur.
- Je ne vous ai pas prévenu Okafort parce qu'il a déjà été difficile de faire accepter sa présence alors que nous avons besoin d'elle donc, alors suggérer celle d'une jeune sorcière inconnue et inutile à notre communauté aurait été impensable. Je ne t'avais jamais rencontré Raven, change t-il subitement de sujet, je suis Alyose.
Ma fille recule un peu plus et je sens sa magie se réveiller d'une manière que même moi je trouve menaçante. Je me tourne vers elle et sans les voir, je sais que les marques sur son bras doivent être en train de s'étendre. Elle ne se sent pas en sécurité. Je ne peux pas le lui reprocher, pas après tout ce qu'il lui est arrivé dans sa jeune vie. Ses dernières années ont été particulièrement difficiles pour elle, si ce n'est traumatisante. Je lui souris avec cet amour que je n'ai que pour elle pour la rassurer puis lentement je me concentre de nouveau sur le frère de Luna.
- Maintenant que je suis arrivée, puis-je savoir en quoi je peux aider ?
- Bien entendu, sourit Alyose qui sourit d'une manière qui me met quelque peu mal à l'aise. Commencez par sortir de ce Cercle.
- Très bien, je commence à avancer.
- Maman, Rae panique et me retient par le poignet.
Je me retourne comme au ralenti vers ma fille en fronçant les sourcils. Raven ne touche jamais personne. Sa magie étant unique au monde, je ne me suis pas étonnée de cette réaction et ne me suis pas plus questionnée sur ce choix. Aucune sorcière n'apprécie que l'on se saisisse de ses mains, mais pour ma fille, c'est différent, c'est encore plus insupportable. Je sens d'ailleurs presque la douleur provoquer par son geste. Alors qu'elle me retienne de la sorte est complètement anormal, insensé.
- Raven, tu n'as rien à craindre.
- J'ai un mauvais pressentiment, murmure t-elle, comme si quelque chose de terrible allait arriver.
Je fixe un long moment ma fille avant de me tourner vers Alyose. Il a toujours été secret. Il a même essayer de me faire quitter la meute inter-espèce de Luna. Et pourtant, pour une raison que je ne m'explique pas, j'ai confiance en lui. Je sais au plus profond de mon être que c'est quelqu'un d'infiniment bon et c'est certainement ce qui me met à ce point mal à l'aise. Cette bienveillance est tellement rare. Et, je suis comme effrayée qu'il puisse voir la noirceur en moi.
Je ne me fais pas d'illusion. Je sais que je ne suis pas quelqu'un de bien, pas après tout ce que j'ai pu faire, pas après ce que je lui ai fait subir. Mais je ne suis pas non plus quelqu'un de mauvais. Je suis à la limite, celle très fine entre l'ombre et la lumière.
- Quelque chose de terrible va arriver Alyose, je demande sans le quitter des yeux.
- Il se pourrait que nous ayons des problèmes avec le harem.
- Avec les dragons, j'interroge surprise. Je croyais que votre Communauté avait une sorte d'accord avec eux, comme une entente de non confrontation.
- C'est le cas, me confirme t-il.
- Les dragons ont bien des défauts mais ils respectent leurs accords.
- En effet, mais je suppose que les accords ont été rompus quand nous avons trouvé sept cadavres de dragons sur notre territoire.
- Qu'est-ce que…
Je me stoppe net dans mes réflexions. Je n'ai pas besoin de le demander. La Communauté n'est pas responsable de ces morts et pourtant tout indiquerait le contraire. En même temps, qui Diable serait assez puissant et fou pour exécuter sept de ces créatures ? Lui, il le pourrait, je le sais mais ce serait un risque démesuré. De plus, il n'aurait aucune raison de s'en prendre à un peuple qui tend vers les ténèbres.
- J'ai besoin de tout savoir, j'exige, tout.
- Nous avons quatre invités que tu dois rencontrer.
- Par invités, il parle de prisonniers, précise la nommer Okafort.
- Quel genre de prisonniers ?
- Apparemment, sourit le frère de Luna, le genre à pouvoir tuer sept dragons.
- Qu'est-ce que vous attendez de moi ?
- Nous les avons privé de leurs aptitudes, m'explique la femme, en attendant de savoir s'ils sont dangereux. Le Conseil veut que vous les évaluer.
- Le Conseil, je comprends la nuance, et que veux-tu Alyose ?
- Comprendre comment quatre individus ont pu assassiner sept dragons et pourquoi aussi. Je veux savoir qui ils sont, s'ils sont une menace ou une aide. Tu aurais vu le portail qui les a emmenés sur notre territoire… je… je n'avais jamais rien vu de tel. J'ai cru que c'était toi, souligne t-il avec une étincelle étrange dans son regard, mais la magie était beaucoup… vraiment beaucoup plus puissante que la tienne. En fait, il fait une pause et fixe Raven dans mon dos, elle ressemblait à celle de ta fille.
- Raven ne sait pas ouvrir de portail, je la défends immédiatement.
- Pas encore, répond-il mystérieusement. Vient, je vais te présenter au Conseil avant de t'emmener aux prisonniers.
J'acquiesce et malgré les avertissements de ma fille, je claque des doigts et fait disparaître le Cercle de protection. La jeune femme au crâne rasé me fixe alors étrangement. J'ai la sensation qu'elle peut lire en moi, le moindre petit détail de ma vie semble lui appartenir jusqu'à mon plus noir secret. Je crois que c'est une des personne des plus puissante que je n'ai jamais rencontrer. Malgré qu'elles soient jumelle, ces deux là n'ont rien en commun. Elles ne semblent même pas appartenir à la même espèce ce qui est impossible. Je m'apprête à l'interroger sur cette étrangeté quand elle me tourne subitement le dos pour repartir d'où elle est venue. Elle franchit une porte invisible et disparaît complètement.
- Ne t'en fais pas pour Mina, m'assure Alyose, elle n'est pas très bavarde.
Il me fait un signe de la tête pour m'inviter à le suivre ce que je fais sans la moindre hésitation. Raven me colle tellement que je ne peux que trouver cela étrange. Je l'ai élevée pour qu'elle soit forte et indépendante. Son mauvais pressentiment doit-être particulièrement puissant pour qu'elle agisse ainsi. Je vais rester sur mes gardes.
Je me retrouve contre mon gré au milieu de conversations toutes plus in-intéressantes les unes que les autres. Je n'ai peut-être pas été assez vigilante et je vais peut-être mourir d'ennui. Les membres du Conseil de la Communauté sont tellement soporifiques que j'en viens à ne les écouter que d'une oreille et à faire un signe de tête de temps en temps.
Puis soudainement, je sens de nouveau se tendre alors que rien ne semble avoir changer. Aurait-elle détecter une nouvelle menace ? Je sonde alors la magie qui nous entoure. Je me retourne vivement en sentant la puissance phénoménal d'un mâle alpha. Mon cœur manque un battement. Alyose semble à peine à côté de cette énergie. Je serres mon poing et des bride de mon pouvoir s'y accumule en prévention. Je trouve facilement la provenance de cette puissance colossale.
Un jeune homme aux cheveux noir en bataille et aux iris couleur nuit s'approche d'un pas hésitant. Il n'a d'yeux que pour Raven. Mon pouvoir s'accentue me faisant desserrer lentement mes doigts et laisse voir, à qui est attentif, la manifestation de ma magie. Je repère tout de suite le bracelet en argent à son poignet. Un sort de confinement. Comment peut-il en imposer autant alors qu'il n'a pas accès à la force de son loup ? C'est insensé !
Les membres du Conseil grognent et montrent leurs mécontentement d'avoir perdu mon attention. Pourtant, le jeune homme ne semble s'en préoccuper. Il ne me voit pas alors que je peine à contenir ma magie, je devrais être une menace pour lui. Mais non, toute son attention est centrée sur ma fille.
Il semble fasciner par sa présence et en même temps terriblement hésitant. Il prononce doucement et avec un fragilité certaine son prénom et j'en reste bouche bée. Comment peut-il connaître ma fille ?
Trois jeunes femmes arrivent à ses côtés et semblent vraiment déconcertées par la présence de Raven. À croire qu'elles se trouvent devant un fantôme ou un spectre pour la première fois. Celle qui se nomme Mina arrive à son tour quelque peu essoufflée et pour la première fois, j'entends sa voix :
- Je peux savoir ce qui vous a prit ? Vous êtes complètement inconscient ?
- Désolé Mina, prononce lentement le jeune homme, mais il fallait que je m'assure que ce soit bien elle.
- Et oui, c'est la grande et puissante Morgane, semble t-elle s'énerver. Maintenant que vous l'avez vu, retournez dans votre cabane !
- Pas Morgan, souffle t-il, Rae.
Là, s'en est trop ! Personne n'appelle ma fille « Rae » hormis Jack et moi. Je me fiche que ce mâle alpha soit anormalement puissant, je vais le pulvériser !
- Nous nous sommes déjà rencontrés, affirme Raven avec un certain recule, vous m'êtes familier.
- Raven, je prononce avec méfiance.
- Tu, ma fille fronce les sourcils avant de secouer la tête comme pour chasser ce manque de politesse, vous vous appelez Bellamy. C'est bien votre nom, n'est-ce pas ?
- C'est exacte, confirme t-il avec un sourire resplendissant.
- Je…
- C'est comme une souvenir, prononce t-il doucement, un souvenir de…
- … de demain, complète t-elle.
- J'exige de savoir ce qui se passe, je m'énerve. Comment connaissez vous ma fille ?
- Je suis son meilleur ami, répond-il comme si s'était vraiment possible.
- Du moins, les jours où elle n'essaye pas de te tuer, s'amuse une rousse.
- Raven a essayé de te tuer, demande avec effroi la brune aux cheveux ondulés.
- Un nombre incalculable de fois, répond-il blaser, à croire que c'est un jeu pour elle. Elle aime me briser les os, se lamente t-il, et je la cite : "ce n'est pas si grave, ils se consolident en moins de trois heures". N'empêche, ça fait un mal de chien !
- Je n'ai jamais rien fait de tel, contre Raven.
- On se contrefiche de cette histoire, explose la blonde, je suis la seule que ça dérange qu'elle soit aussi jeune et aussi peu… sérieusement, il lui est arrivé quoi à sa magie ? C'est presque ridicule !
- Costia, soupire Bellamy avant de fixer avec plus d'attention Raven, elle va se souvenir de nous et venir nous chercher.
- Mais de quoi vous parlez à la fin ?
Bellamy semble enfin disposé à m'accorder son attention. Son regard sur moi est différent de ce que je connais, lorsque l'on me rencontre pour la première fois. En général, soit on me respecte pour ma puissance soit on me jalouse. Il n'y a rien de tout cela dans les yeux du jeune homme. C'est plus comme une sorte de joie inexplicable.
- Je crois que nous devrions parler, dit-il calmement.
- Vous pensez vraiment ?
- Maintenant je sais de qui Rae tient son tempérament de feu, s'amuse t-il. Je vais raccompagner Echo qui doit se reposer et je reviens, m'assure t-il.
Il se retourne sans même que je ne puisse dire un mot. Son sourire qui était déjà resplendissant s'agrandit un peu plus quand il dépose délicatement sa main sur le bras de la brune. Je suppose qu'il s'agit d'Echo. Une discussion silencieuse semble se jouer entre ses deux là. Je frissonne alors que je reconnais le lien qui unit ces deux être. Je souris malgré moi, une empreinte.
Bellamy tourne la tête pour fixer une nouvelle fois Raven. Il fronce les sourcils avant de dire quelque chose de complètement insensé :
- Tu as raison, son cœur bat de nouveau normalement.
Par toute la magie ! Pour quelle raison le cœur de ma fille ne battrait-il pas normalement ? C'est quoi encore cette histoire ?
- Ça vaut le coup d'essayer, dit-il pensif. Rae, tu ne saurais pas où se trouve Anya par hasard ?
- Qui ?
- J'aurai dû m'en douter, assure t-il tristement. Ne t'en fais pas, parvient-il à sourire, nous allons la retrouver et te la ramener.
- Me la ramener, répète Rae avec incompréhension.
- Je te le promets, acquiesce t-il. Tu ne perdras pas Anya, jamais.
- Anya, murmure à son tour ma fille comme si le prénom lui était familier.
Cette fois, c'est un vrai sourire qui étire les lèvres du jeune homme et alors que Raven semble chercher où elle déjà pu entendre ce prénom quelque chose semble se fortifier en elle. Un apaisement étrange au sein même de sa magie. Je fronce les sourcils. Je ne l'ai jamais vu aussi apaisée. Elle frotte ses mains alors que des résidus de son pouvoir semble vouloir sortir.
Pour la première fois depuis très longtemps, cette apparition ne semble pas néfaste. Elle n'est d'aucune manière négative. Je ne ressens aucune peur. Sa magie n'est pas dirigée par cette colère sourde qui a pris toute la place dans la vie de Raven depuis la mort de Raphaël. J'ai la sensation de retrouver ma petite fille avant que le malheur ne s'abatte sur notre famille, bien avant que son frère nous soit aussi violemment arraché. Je ne comprends pas, même avoir rencontré Lyssa ne l'a pas apaisé de la sorte, loin de là.
Alors comment… comment un simple prénom peut-il avoir un tel pouvoir sur elle. Qui est cette Anya ? J'exige d'obtenir des réponses ! Mais lorsque je relève les yeux, Bellamy et les trois jeunes femmes ont disparues. Il ne s'en sortira pas aussi facilement ! Je vais découvrir qui il est véritablement et surtout qui est cette mystérieuse Anya.
Le croassement d'un corbeau me fait sursauter. Je l'observe son plumage est aussi blanc que la neige. Cet oiseau est censé être un des miens et pourtant, je ne le reconnais pas, ni lui, ni la magie qui l'habite bien qu'elle ressemble à celle de Raven en bien plus puissante. Le volatile me regarde un peu trop fixement avant de crier à nouveau avant de s'envoler.
Je suis ses battements d'ailes avec incompréhension. Personne, je dis bien personne, hormis Raven et moi ne peut prétendre prendre possession d'un de ces corbeaux. Ils nous appartiennent, pour toujours et à jamais.
- Maman, m'appelle Rae, tu sembles soucieuse.
- Il faut croire que ton mauvais pressentiment était justifié.
- J'ai confiance en Bellamy même si j'ignore pour quelle raison. C'est un fait : j'ai confiance en lui.
- Un souvenir de demain, je dis songeuse.
Je me souviens de la première fois que j'ai entendu parler du voyage dans le temps. À ce moment là cette idée était insensée et elle l'est toujours et pourtant une part de moi arrive quoi qu'il arrive à cette conclusion. Ces quatre étranges individus viendraient-ils du futur ? Comment ? Je n'en ai pas la moindre idée.
Jouer avec le temps me semble être la limite à ne pas franchir et pourtant, les dieux m'en soient témoin j'ai déjà franchis plus d'un interdit.
Le temps… je suppose que d'une certaine manière, nous ne pouvons pas le déplacer mais peut-être que le courber serait envisageable. Oui, j'imagine que c'est possible avec une carte précise et très bien dessinée. Se serait alors comme ouvrir un portail pour se déplacer d'un endroit à un autre en moins d'une seconde sauf que dans cette situation, nous nous déplacerions à travers les années. C'est tricher avec une notion normalement intouchable. Tricher avec le temps… que j'aime cette idée.
Le temps est circulaire comme les cadrans ou un serpent qui se mord la queue. Alors comment le rendre linéaire ? Je suppose que l'on ne peut pas empêcher une roue d'avancer jusqu'à ce qu'il y ait un obstacle qui la brise. Elle se retrouve alors aplanie au sol, avec un fissure dans son sillage. Je souris. C'est forcément la solution. Il faut courber le temps pour s'y déplacer, du moins… en théorie.
Cependant, appliquer une telle chose semble impossible. Impossible… j'aurai presque envie de me réprimander moi-même. Rien. Je dis bien rien ne reste bien longtemps impossible. Je suis la mieux placée pour le savoir.
- Maman, murmure Raven, je me sens bizarre.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je focalise toute mon attention sur elle. J'oublie instantanément mes théories sur le voyage dans le temps. Il n'y a rien de plus important que Raven. Rien.
Je ne le vois pas et pourtant, je devine que le problème vient de son bras. Il a dû profiter de son moment de perdition pour essayer de prendre un peu plus de place. J'ai essayé de lui dire que ce Tandem n'était pas une bonne idée mais elle ne m'a pas écouté. Elle n'en a fait qu'à sa tête et maintenant, le reste de sa vie sera habité par la souffrance.
Pourtant, à ma plus grande surprise, ce n'est pas son bras qu'elle vient frictionner pour essayer de chasser sa douleur en vain mais sa clavicule gauche. Un des membres du Conseil essaye d'attirer mon attention mais je l'ignore complètement. J'avance vers Raven qui pour une raison obscure semble souffrir. Je parviens même à ressentir sa douleur alors que je suis catégorique, elle n'a pas été blessé récemment. Et, même si cela avait été le cas, sa magie aurai arrangée les choses comme toujours.
- Rae qu'est-ce qui se passe ?
Elle ne me répond pas, elle n'essaye même pas de le faire. J'assiste alors à un phénomène auquel je ne croyais plus pouvoir profiter. Les iris marron de ma fille prennent vie avant de se dissoudre pour laisser une autre couleur prendre sa place. L'écarlate prend bientôt toute la place ne pouvant plus laisser penser à qui que ce soit que se sont des yeux humains. Son regard se pose que moi mais elle ne semble pas me voir.
Toute son attention semble être fixée sur quelque chose dans mon dos. Je me retourne et découvre pour la seconde fois cet étrange corbeaux blanc. Il s'agite avant de foncer vers Raven en croassant comme si la mort elle-même le poursuivait. Il vole dans tout les sens, les personnes autour de nous commence à s'agiter et Alyose débarque de nul part en me sommant de contrôler l'oiseau.
Je suis bien obligée d'admettre que je n'ai pas de contrôle sur cet animal. Je m'inquiète pour Raven. Est-ce un contre coup de son état étrange ? D'autant que la douleur dans sa clavicule semble encore prendre de l'ampleur. Son regard observe d'une façon neutre le folie du volatile. Elle ne sourcille pas quand il s'approche un peu trop près de son visage. Puis après un certain temps, je la vois froncer les sourcils et toute son attention s'ancre sur un point bien précis. Cet endroit… c'est celui de la brèche de la porte pour franchir le territoire de la Communauté. Le corbeau semble enfin se calmer.
- Des dragons, murmure t-elle.
- Les dragons ne sont pas sensé arriver avant trois jours, nous signale Alyose inquiet.
- Pourtant, ils sont là, assure Raven en grimaçant et passant de nouveau sa main sur sa clavicule.
- Comment le sait-elle ? Me demande le frère de Luna.
- Je ne sais pas c'est la première fois que je la vois agir de la sorte.
- Serait-elle plus puissante que toi Morgane ?
La question me surprend. D'autant qu'il n'y a pas vraiment de réponse. Raven n'est pas plus ou moins puissante que moi. Elle est juste… différente. Il n'y a personne d'autre comme elle, sa magie est bien trop singulière à cause de son père et de ce fait je ne peux d'aucune manière comparer son potentiel au mien.
Je réalise que mon silence peut être interprété comme une réponse positive. Je fixe Alyose et lui mens sans sourciller, pour protéger Raven. Personne ne doit jamais savoir ce qu'elle est et encore moins l'identité de son père. Jamais. Ou plutôt… plus jamais !
- Absolument pas, je suis plus puissante. Mais il est vrai que sa magie est différente de la mienne. Elle a plus de son père de ce côté là.
- Ah oui… le père mystérieux, même ma sœur n'est pas parvenue à te faire dire qui il était. Et moi qui était persuadé que les Sorcière de Sang étaient incapable d'aimer.
- Je ne l'aime pas, gronde une voix dans ma tête qui me fait frissonner. Que sait-il de l'Amour au juste ? Rien. Il n'a jamais aimé à en perdre la raison. Jamais.
Aussitôt, je lève les yeux vers les cieux. Je peine à le croire. Il est là. Je déglutis difficilement. Je ne comprends pas. Nous savons tous les deux qu'il ne peut pas revenir.
Il amorce sa descente rapide et son corps s'écrase presque devant moi, le sol se fissure sous son poids, d'énorme crevasse se sont formées sous ses pieds nus. Je fais un pas en arrière. Je ne veux pas croire qu'il puisse être devant moi. Il s'avance. Instinctivement, ma magie s'éveille au creux de mes mains. Il s'arrête. Je l'ai blessé. Mais, je ne peux pas le laisser approcher. Se serait bien trop douloureux. Il va repartir.
Il ne reste jamais, il ne le peut pas.
- Morgane, souffle t-il.
- Je déteste quand tu utilises les bulle de Noss.
- Il fallait que je te parle, c'est important. J'ai parlé de tes craintes aux autres et nous pensons à l'unanimité que tu as raison : il est revenu.
- Non, je supplie les larmes aux yeux.
- Morgane…
- NON, je hurle cette fois.
- Je sais à quel point cette situation doit-être difficile. Je suis désolé.
- Non, tu ne sais pas, j'assure avec fragilité. Tu ne sais pas ce que j'ai perdu à cause de lui.
- Je n'aurai jamais dû accepter que tu nous aides.
- Je ne me souviens pas t'avoir demander la permission, je réplique du tac-au-tac agacer, je te rappelle que mon arrogance et moi-même étions persuadés de pouvoir tout affronter, même lui. Surtout lui…
- Je connais bien ton arrogance, sourit-il, mais ce jour là, ce n'est pas ton arrogance qui t'a permis de prendre le dessus.
- Arrête s'il te plaît.
- Très bien.
Un long silence s'installe entre nous. Avant j'appréciais ces moments où il me contemplait comme la plus belle créature qui soit mais maintenant, je suis mal à l'aise. Parce que je l'aime à m'en arracher le cœur et je ne peux pas, ou plutôt je ne peux plus, l'avoir. Il est et restera inaccessible. Il est mon interdit. Il représente un impossible que mon arrogance ne peut pas résoudre.
Il soupire et fait battre ses ailes. Il est nerveux ce qui ne se produit pour ainsi dire jamais. Il détourne enfin le regard et c'est lorsque ses iris carmins sont le plus loin possible de ma personne qu'il m'avoue à demi-mot :
- Nous avons besoin de ton aide. Avant que tu ne refuses, reprend-il très vite, il faut que tu saches qu'il s'est immiscé dans la vie de notre fille.
Une colère folle s'empare de moi. Comment a-t-il osé s'approcher de Raven ? Je ravale ma rage alors que mon cœur s'emballe. Je pourrai le tuer. S'il était devant moi, je serai capable de rayer son existence de ce monde.
- Tu as toujours suivi ton instinct, poursuit-il, et tu as raison de te méfier de Lyssa.
- Lyssa, je prononce avec rancœur, je vais la tuer cette…
- Tu ne peux pas faire ça.
- Je ne perdrai pas Raven, j'explose. Elle est tout ce qu'il me reste !
- Tu auras besoin de Luna.
- Je ne fais plus confiance à Luna.
- Je le sais. C'est à cause de ce secret. Ce secret que tu as si bien caché que même nous tu as failli nous tromper. En réalité, il est plus juste de dire que tu y es parvenue, sourit-il avec fierté, toi et ta magie, vous me surprendrez toujours.
- Si j'ai réussis à vous le cacher même à vous, comment peux-tu m'en parler ?
- A cause d'eux… les naufragés.
- Les naufragés ?
- Tu viens d'en rencontrer quatre.
Je comprends tout de suite qu'il parle de ce Bellamy et des trois inconnues. Instinctivement, je me tourne pour essayer de les trouver. Malheureusement, ils ne sont pas dans mon champ de vision. Je décide donc de me plonge de nouveau dans ses yeux et de demander :
- En quoi sont-ils important ?
- Ils t'aideront à garder ton secret aussi longtemps que nécessaire.
- Pourquoi voudraient-ils m'aider ? Ce que j'ai fais avec Luna… c'est horrible.
- Ils le feront pour la cinquième naufragée, pour Raven.
- Je ne comprends pas.
- Ça viendra. Je te promets qu'un jour, tu comprendras.
- En quoi les aider eux pourrait aider Raven ?
- Tu comprendras en rencontrant la cinquième.
- Mais ils ne sont que quatre, j'insiste.
Je cherche une excuse, n'importe quoi pour ne pas retomber dans cette spirale infernale. La dernière fois que j'ai choisie de les aider… ma décision ne m'a apporté que du malheur et un amour impossible.
- Nous n'avons plus beaucoup de temps, m'annonce t-il les yeux rivés vers les Cieux. Protège les naufragés des dragons, en particulier celle qui se nomme Echo.
- Pourquoi je devrai faire ça ?
- Parce que Raven a donné sa parole. Elle a fait le serment que plus rien de mal n'arriverait à cette jeune fille. Du moins c'est ce que je ressens. Si tu ne le fais pas pour nous, ni pour moi, fais le au moins pour Raven.
- Ne me dis pas ce que je dois ou ne dois pas faire pour ma fille. Je sacrifierai tout pour elle, jusqu'à ma vie.
- Je ne le sais que trop bien, dit-il avec une douleur dans le regard qui me surprend. Je peux te jurer sur mon honneur que tu ne regretteras pas de leurs venir en aide. Les naufragés sont importants pour Raven. En particulier elle… tu comprendras en la rencontrant.
Sans me laisser le temps de répondre, il disparaît en un battement d'ailes. Je suis son ascension vers les cieux les larmes aux yeux. Je sens de nouveau mon cœur se fissurer. Quoi que je fasse, il me sera toujours arraché. Et avant qu'il ne disparaisse, j'entends une dernière fois sa voix dans ma tête :
- Je t'aime Morgane.
La bulle de Noss éclate et je me sens tanguer. Je suis obligée de me retenir pour ne pas m'accrocher à quelqu'un. Une violente nausée me tord l'estomac. J'ai toujours les larmes aux yeux, le revoir a été plus douloureux que ce que j'avais imaginé. Et, ces derniers mots…
Je ressens un terrible pincement au cœur. Je ne dois pas m'effondrer, jamais. Pour Raven.
J'ai à peine le temps de reprendre le contrôle des mes émotions que la porte du portail implose, la magie se brise et les dragons entrent. Je saisis rapidement ma fille par le bras et la pousse à rester en arrière. J'invoque rapidement le pouvoir de la Terre et celui du Feu pour créer un barrière et protéger la Communauté. Une cinquantaine de monstres s'agglutinent autour de mon bouclier. Ils nous encerclent. J'entends mon cœur raisonner dans mon crâne.
Je suis peut-être la sorcière la plus puissante que ce monde ait connu mais je n'ai jamais aimé me battre. Je grimace, c'est un mensonge. J'adorais les altercations dans le passé. J'étais une vraie tête brûlée et un jour, je l'ai affronté, lui. Tout a changé ce jour là.
Je clos mes paupières, ouvre mes paumes en face de la porte qui vient de céder. Je sais que ce que je m'apprête à faire ne va pas plaire à celui ou celle qui a bâtit ce portail. J'essaye de réunir les fragment d'une magie qui n'est pas la mienne. Je relève lentement les bras. La terre tremble. Le vent se stoppe net. J'ouvre mes yeux et sourit avant de resserrer mes doigts. La porte se referme et j'inverse le bouclier pour piéger les dragons. Les murmures grandissent autour de moi. C'est une chose de savoir que je suis puissante, ça en est une autre de me voir à l'œuvre.
Les intrus commencent à paniquer. Certain amorcent leurs transformation mais même sous leurs formes d'origine, ils resteront mes prisonniers. Mes barrières ne sont pas de celles qui s'effondrent pour la simple et bonne raison que je les rattache à ma propre vie. Tant que mon cœur bat, personne ne passera à moins que je n'en décide autrement.
- Morgane, prononce difficilement Alyose.
- Les pourparlers peuvent commencer, j'annonce sans la moindre émotion.
- Mais comment tu as fais ça ? Demande t-il effrayé.
- Je n'allais pas les laisser faire du mal à qui que ce soit.
Et surtout pas à Raven ! Il faudra me passer sur le corps avant de ne serait-ce l'égratigner !
- Vous avez manipuler une magie qui ne vous appartenait pas, m'accuse Okafort.
- Ma mère vient de tous vous sauver, un peu de reconnaissance ne vous ferai pas de mal, souligne Raven énervée.
La dispute aurait pu durer un moment si Bellamy n'était pas subitement apparu. Il est complètement essoufflé et toise nos invités involontaires avec une haine si ancrée en lui que j'en suis ébranlée. Ses deux poings sont tellement serrés que j'en viens à en craindre qu'il puisse se faire du mal. Puis lentement comme un animalis qui se faufilerait sournoisement jusqu'à vos point vitaux, son loup surgit.
J'écarquille les yeux. Il ne s'est pas transformé, mais c'est tout comme. Je vérifie un nombre incalculable de fois que son bracelet inhibiteur est toujours en place.
- Je veux voir votre Reine, exige t-il d'une voix forte et puissante.
Un silence de mort s'impose au milieu des dragons. Il n'y a plus aucun grognement, juste des œillades intimidé. La voix de Bellamy a eu une emprise sur eux que je n'aurait jamais pu imaginer. Pour quelle raison ces monstres semblent-ils lui obéir ? Ils se regardent tous étrangement avant de tous se tourner plus ou moins lentement et avec hésitation vers une femme d'un âge avancé.
Elle a le regard sévère pour ne pas dire meurtrier. Toute personne avec un minimum d'instinct de survie baisserait la tête et passerait son chemin pourtant Bellamy affronte son regard sans sourciller et lui offre son plus beau sourire.
- Comment osez-vous exiger quoi que ce soit de moi, tonne la voix de la Reine d'une manière étrange.
Je dévisage le jeune alpha qui aborde un sourire plus discret mais qui reste étrangement impassible devant la prestance de cette Reine. Je suis moi-même intimidée. Je n'avais jamais eu l'occasion de croiser le chemin d'un leader de harem. Le regard de Bellamy ne cherche aucune échappatoire, ses iris restent fermement ancrés dans ceux de ce monstre. Les dragons sont des créatures d'obscurité, ils ne connaissent que la douleur et la mort. Je n'arrive pas à comprendre pour quelle raison il n'est pas effrayé.
Puis subitement, il se retourne et c'est seulement à ce moment que je remarque que les trois autres sont comme lui revenu. La rousse est un peu plus en arrière. La blonde essaye nerveusement d'enlever son bracelet. Alors que la brune est tout aussi étrangement calme que le jeune alpha.
- Qu'est-ce que tu en pense Echo ?
Une conversation inaudible semble se dérouler entre ces deux là avant que le bracelet de confinement de Bellamy ne se fissure une peu plus en même temps qu'il acquiesce.
- Mais qu'est-ce que tu fais Bellamy, explose une voix que je ne reconnais pas tout de suite.
L'alpha retrouve son sourire qui je dois bien l'avouer est quelque peu arrogant. Mais je suis mal placée pour juger ce trait de caractère. Je sens le sort de confinement se briser aussi facilement qu'une brindille alors que je dois bien avouer que c'est un sortilège particulièrement bien écrit. Pour le coup, ce n'est pas la puissance qui est important mais bien son exécution. Le bracelet en argent tombe aux pieds de Bellamy et toute la puissance de son loup s'exprime enfin.
C'est complètement fou et démesuré !
Je n'ai jamais de toute ma vie rencontré un maudit avec un tel potentiel. Et pourtant, je vis aux côté de Luna depuis plusieurs années. Il reste chez les métamorphes une grande faiblesse, ils peinent à contrôler l'animal en eux et parfois celui-ci les domine. Mais Bellamy semble complètement contrôler son loup. Sa force vient de cet aspect, il ne se laisse pas influencer par cet animal qui grandit en lui.
- Je t'avais prévenu Mina, dit-il sans quitter la Reine des yeux, plus personne ne peut m'entraver. Je voulais bien jouer le jeu pour éviter les problème mais je ne laisserai personne et surtout pas cette Reine de pacotille s'en prendre à Echo.
- Pourquoi voudrait-elle s'en prendre à Echo en particulier ? Vous étiez tous les quatre près des cadavres. Je t'apprécie Bellamy Blake, ne m'oblige pas à faire quelque chose que je regretterais, prévient Mina.
- Tu devrais enlever le miens aussi, suggère la toute petite voix fragile de la brune.
- Hors de question ! Vous n'avez pas été évalué !
- Avec tout le respect que je dois à Morgane, elle ne peut pas évaluer Echo. Elle n'a jamais connu quelqu'un comme elle.
- Quelqu'un comme elle, répète Mina perplexe.
- Ils sont là pour elle, ils pensent qu'elle leur appartient mais je ne les laisserai pas la toucher.
- Tu es un dragon, je fini par deviner en fixant Echo.
Mina a un hoquet de surprise en faisant un pas en arrière. En réalité à bien y regarder tout le monde s'éloigne de la jeune femme aux cheveux brun. Son regard se voile d'une certaine tristesse. Ses doigts se tordent dans un geste nerveux alors qu'elle murmure pour elle-même :
- Garder la tête haute, elle souffle un bon coup avant de reprendre, ne fais pas attention à eux. Tu as le droit d'être là. Ne doute pas de toi.
- Echo, prononce Bellamy avec inquiétude.
- Je vais bien, assure t-elle plus fort, je garde la tête haute, sourit-elle.
- De qui te viens ce conseil, Raven ou Anya ?
- Anya. Il faut vraiment que tu me l'enlèves Mina, insiste t-elle en tendant son poignet, vous ne pouvez pas affronter cinquante dragons.
- Et, tu le peux ? Demande t-elle toujours effrayer.
- J'ai quelques arguments à partager, sourit-elle avec une innocence qui me touche en plein cœur.
- Je vais le faire.
L'intervention de ma fille surprend tout le monde, moi la première d'autant plus qu'elle tend sa main vers Echo. Une reconnaissance qui semble sans limite parcourt le regard de Bellamy. Je m'apprête à intervenir, à rappeler à ma fille qu'elle n'a en aucune manière le droit d'interférer dans les affaires de la Communauté mais avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, Raven claque des doigts et le bracelet tombe. Echo sourit un peu plus en prenant une forte inspiration. Une lumière oranger étrange illumine sa poitrine et elle pulse comme un cœur en faite, je crois vraiment que c'est son organe vitale qui reprend vie. Le rythme s'accélère et elle ferme les yeux en plaçant doucement sa main sur le jet couleur feu et souffle :
- Tu m'as manqué mon vieille ami.
- Qui est Nia ? Interroge Raven avec un petite voix. Pourquoi j'ai la sensation de devoir te protéger de cette personne ?
- Nia, répond à sa place Bellamy, c'est cette petite fille derrière la Reine, assure t-il en pointant une enfant aux cheveux flamboyant pas beaucoup plus âgée que Raven du doigt.
- Ce lien, murmure Echo à ma fille, ce lien entre toi et Anya, il est très étrange. Tu sembles t'acquitter d'une de ses promesse.
- Anya t'a promis de te protéger de Nia, Bellamy semble surpris.
- Sur sa vie, confirme Echo.
Les dragons s'agitent de plus en plus, nous faisant tous sursauter. Les grognements, les claquements de dents et le feu me font frissonner. J'attrape le poignet de Raven et la force à se mettre derrière moi. Il y a quelque chose qui ne va pas. La Reine semble encore plus puissante, folle de rage, elle s'approche et frappe de toute ses force la barrière de son poing. Le bouclier se fissure et je pousse un gémissement en me repliant sur moi-même. Qu'est-ce que…
- Maman, hurle Raven alors que je reprends difficilement mon souffle.
- Tu es à moi, la voix de la Reine tonne comme un ordre, tu es à moi petite, susurre t-elle.
Echo s'approche doucement de Bellamy, elle glisse sa main dans la sienne avant de secouer sa tête de droite à gauche en signe de négation. Le lien entre ces deux là, il est vraiment unique et particulièrement grand. Ils se renforcent l'un, l'autre. Cette empreinte, n'a absolument rien à voir avec celle que j'ai pu rencontrer par le passé. Et, elle n'a certainement aucun point de comparaison avec celle qui existe entre Raven et Lyssa.
Lyssa… ce n'est vraiment pas le moment de penser à ce monstre. J'en ai un autre à affronter en ce moment. Comment mon bouclier a-t-il pu se fissurer ? Je cherche une solution pour renforcer ma magie. Je pourrai le faire dans la terre mais se ne serait pas assez, je ne suis pas assez attachée à elle. Les cieux… non, ils me rappelle trop mon amour perdu ce qui me rend faible. Pourquoi il n'y a pas de source d'eau ? Puis, je sens la magie de Raven réagir avec la mienne. C'est… inattendu.
Nous n'avons jamais mélangé nos magies, en partie parce que je m'y oppose. J'ai trop peur que quelqu'un puisse se rende compte qu'elle est trop différente de moi. Ou pire encore que la seule conclusion que puisse faire une personne en nous voyant agir en parfaite symbiose soit que ce genre de magie soit déjà survenu une fois et une seule et unique fois, celle ou je l'ai entravé, celle où je l'ai affronté, celle où il a disparu.
Je ne peux pas la laisser faire, quelqu'un pourrai découvrir qui est Raven ou plus précisément qui est son père. C'est impensable ! Je m'apprête à lui faire lâcher prise, je me plonge dans ses yeux pour lui faire comprendre que c'est trop dangereux. C'est alors que je vois dans ses iris une petite tâche rectiligne près de sa pupille. Je n'arrive pas à le croire. C'est… impossible. Enfin non, pas impossible plutôt invraisemblable. Ses yeux… je ne connais que trop bien ses yeux. Mais pourquoi…
Tu comprendras en rencontrant la cinquième. Cette phrase en particulier raisonne de nouveau dans mon esprit au moment même où la Reine assène un nouveau coup contre ma barrière mais cette fois, elle ne flanche pas. Je tremble. J'ai déjà rencontré la cinquième naufragée, je la connais même très bien. Elle est mon plus grand secret, la fille de Luna, celle que j'ai fais passer pour morte. Pourquoi ses yeux sont dans ceux de Raven ?
- Quoi que tu fasses, je murmure à ma fille, n'arrête pas.
- Elle a mal maman, sanglote Raven, elle a tellement mal.
- De qui est-ce que tu parles Rae ?
- Je ne sais pas mais elle a mal.
Je jure que si Luna a fait du mal à sa fille durant mon absence, je vais lui faire payer. En attendant, je vais rediriger ma rancœur contre les dragons. Il faut que je trouve un moyen de m'en débarrasser. Je me tourne vers le couple des naufragés. Ils sont tellement puissants, rien ne semble pouvoir les atteindre mais le regard de Mina me dit que s'ils osent se transformer, elle le fera payer.
- Ne faites rien.
- Morgane, essaye de me contrer Bellamy.
- Je vais m'en occuper.
- Tu ne comptes tout de même pas t'en prendre à une cinquantaine de dragons, s'inquiète Alyose.
- Je suis d'accord avec lui maman, c'est trop dangereux. Elle a réussit à te blesser à travers la barrière.
Mon regard s'accroche à nouveau au corbeau qui semble échapper à mon contrôle. Mon instinct me dicte que c'est Raven, enfin pas ma Raven qui est près de moi mais celle du futur. En supposant que toute cette histoire de voyage dans le temps est véritablement possible.
Non. Je sais que c'est elle, je le sens à travers ma magie. Elle est là pour les naufragées. Très bien Raven… montre leurs de quoi tu es capable et tu n'auras pas besoin de te retenir puisque personne ne soupçonnera celle à côté de moi. Tu es libre d'utiliser ta magie comme bon te semble.
Je joins mon indexe et mon majeur et forme un cercle de feu devant l'oiseau. Je fais simplement une prière silencieuse en espérant ne pas me tromper. Je ferme les yeux, le corbeau traverse le portail minuscule. Je fais un geste vif en pointant la Reine et le cercle de feu se dessine cette fois devant la femme aigri. Elle essaye de chasser ma magie en balayant l'air de sa main. Aller, s'il te plaît Raven, j'espère vraiment que tu es là. Le volatile fonce sur le visage de la Reine qui hurle pour essayer de s'en débarrasser.
Puis contre toute attente, ce n'est pas la magie de Raven, ni celle du tandem qui apparaît mais un feux follet. Je manque de m'effondrer en reconnaissant instantanément Raphaël. Raven en a le souffle coupé et ses jambes flanche. Je la rattrape in-extremis.
La petite boule de lumière azur s'étire jusqu'à donner forme à la silhouette de mon fils. Je sens les larmes dévaler mes joues et quand il se tourne vers nous mon cœur se serre.
La Reine essaye alors de frapper Raphaël, mais sa main traverse son corps sans l'atteindre. Les yeux de mon fils deviennent carmins comme ceux de son père. La magie grésille en lui. Je ne comprends pas. C'est comme des centaines d'étincelles qui crépite avant que l'incendie ne ravage tout. Comment peut-il utiliser la magie ? Comment ? Il est… mort.
Et alors qu'il sourit et que la magie semble de plus en plus omniprésente je me perds dans mes souvenirs. Je cligne des paupières pour essayer de me rattacher à l'instant présent mais tout me pousse à entendre sa voix :
- Raphaël et Raven, avait-il à mon oreille en plaçant ma fils et ma fille dans mes bras, il s'appelle Raphaël et elle Raven. Enfants des cieux, de magie et de la terre. Ils sont magnifiques. Ils sont tout.
Il avait caresser doucement la joue de la petite fille et pour la première fois je l'ai vu pleurer. Il s'est penché pour m'embrasser et à souffle qu'il m'aimait pourtant il m'avait assuré que jamais il ne pourrait ressentir de l'amour pour moi. Il s'est éloigné et je pu lire dans ses yeux que c'était la vérité : il m'aimait, véritablement, entièrement et infiniment.
Il a murmuré aux nourrissons quelques mots dans une langue éteinte depuis si longtemps que même moi, je n'ai pu en saisir le sens. Ses paupière étaient tombées et le plus beau, le plus franc sourire qui puisse exister avait étiré ses lèvres. Je n'aurai jamais pu l'imaginer sourire et pourtant je l'ai bien vu de mes yeux, j'ai alors découvert pour la première fois des fossettes creuser sa joue gauche.
J'ai tendu la main et glissé mes doigts sur cette apparition. Il était tellement beau et je ne parle pas seulement de son physique. Malgré le fait que j'ai pu longtemps en douter, il avait bien une âme qui rayonnait et un cœur qui aimait, qui m'aimait. Ses cils se sont relevés et ses yeux n'étaient plus du tout humain, il n'y avait plus aucune trace d'iris, il n'y avait que l'obscurité, seulement la nuit et ses larmes étaient devenu aussi noir que ses yeux.
Il a chuchoté à nouveau quelques mots dans cette même langue et il a embrassé le front de Raven, ma fille, sa fille, notre fille. Les larmes s'étaient écrasées doucement sur le visage poupon et elle se mit à rire véritablement. C'est alors qu'avait surgi dans la pièces des corbeaux blancs qui semblaient aussi minuscules que l'enfant.
- Des animaliers, j'ai murmuré.
- Non, m'a t-il assurer, les animaliers sont gorgée de magie, ils s'en nourrissent jusqu'à l'épuisement. Ils peuvent trahir une sorcière. Je ne le permettrai pas. Je protégerai ma fille. Ce sont des familiers.
- Des familiers mais il n'y en a plus eu depuis...
- ... la nuit des temps, confirma t-il.
- Et pour lui ?
- Il n'en aura pas besoin, il pourra voler avec ses propres ailes, avait-il sourit.
Et comme en écho avec ce souvenir les ailes noir de Raphaël se sont déployées, elles sont tout aussi imposantes que celle de son père. Il les fait battre comme pour se réhabituer à les sentir dans son dos. Il détourne son regard non sans un dernier regard pour nous et se concentrer entièrement sur la Reine qui a fait quelque pas en arrière en voyant les magnifiques ailes de mon fils fendre ses omoplates.
- Mais qu'est-ce que tu es ? Demande t-elle avec une certaine terreur dans la voix.
- Un gardien, dit-il d'une voix forte.
- Raphaël, essaye de le retenir Raven mais je la retiens.
- Tout va bien se passer Systir !
- Raphaël, tente une nouvelle fois ma fille.
- Je l'ai retrouvé Rae, sourit-il, j'ai retrouvé Anya.
Comme lorsque Bellamy a prononcé ce prénom un peu plus tôt, Raven se calme instantanément. Elle cligne des yeux avant de pencher la tête sur le côté. Raphaël sourit et ses beau cheveux ébène semble s'animer, ils volent sans que le vent ne les frôle. Ses iris deviennent d'un rouge encore plus éclatant, si pur qu'il me fait penser à la couleur du sang.
Je prends une forte inspiration. Penser à ce liquide vitale en association avec mon fils n'est pas une bonne idée. Si je me laisse aller aux souvenir je vais… trop tard je le revois au pied de cette falaise, les ailes brisées, sans le moindre souffle de vie. Raven hurlant et pleurant sa douleur alors que son frère lui était arraché de la plus cruelle des manières. L'éloigner de Raphaël a été le plus difficile, elle refusait de bouger, elle ne voulait pas quitter le corps inerte et alors que j'avais pensé avoir enfin réussi à la détacher de son frère elle s'est liée aux dernières bribes de son existence.
Je l'ai supplié pour qu'elle s'arrête, qu'elle ne fasse pas quelque chose d'aussi radicale mais rien ne pouvait l'atteindre. Raven était tellement certain d'avoir perdu le plus belle partie de son âme, son humanité même. Elle avait besoin que Raphaël reste avec elle pour toujours alors elle s'est liée à lui de la pire et en même temps de la plus belle des manières. Elle a créé le tandem Towfold le plus parfait qui soit avec son frère jumeaux.
L'atmosphère devient lourd et les environs se tamisent d'une couleur carmin. Le sol se tapit d'une nuance pourpre. Je lève les yeux vers les cieux et des éclaires de feu les déchirent avant qu'une masse informe ne prenne vie près de mon fils.
- Raphaël, Raven hurle d'une façon aussi déchirante que ce jour là.
Je n'ai vu cette manifestation qu'une seule fois et j'étais bien trop éloigné pour vraiment en déterminer la forme. C'est cette chose visqueuse, informe, qui semble aussi translucide que l'eau, aussi dense que la terre, aussi flamboyante que le feu et aussi insaisissable que l'air qui a prit la vie de mon fils. Du moins… c'est ce que je croyais avant ce jour puisque cette manifestation semble venir de lui.
- Ne t'en fais pas Systir, sourit-il tristement, cette fois il n'y aura pas de perdition.
- Raphaël, supplie-elle, non !
- Tu dois arrêter de te sentir coupable, rien de ce qui n'est arrivé ce jour là n'est de ta faute. Tu m'as sauvé.
- Raphaël…
- Je t'aime Systir.
Un mélange entre le rouge cerise, le safran et le corail nous éblouit complètement. Je suis obligée de placer mes mains devant mes yeux. Je n'aperçois alors plus que des formes, à peine des ombres. Un monstre rougeoyant semble se battre contre les dragons, le titan est partout sur terre et dans les airs. Je ferme les paupières mais des éclaires me parviennent toujours teinté d'un cuivré incandescent. C'est comme de regarder un combat à travers la brume. La chimère acidulée à largement le dessus. Il n'y a plus que des images floues et incendiaires, le monde est devenu bordeaux peut-être purpurin. Je ne vois plus mon fils mais une manifestation médisante qui idolâtre le grenat et les ténèbres de son père. Au milieu de ce déchaînement roussâtre, je ne vois qu'une chose, la perdition. Raphaël a sombré. Il a laissé l'obscurité l'emporter dans des merveilles empourpré dans un mélange de fraise, de groseille et d'orange sanguine. Il n'y a plus que le rouge, l'écarlate et le sang. Seul règne le chaos.
Je cherche alors Raven du regard et contrairement à moi, elle parvient à ne pas détourner les yeux. Ses iris sont tellement noyés dans les larmes que je serai incapable de dire de quelle couleur elles sont en ce moment. Elle tremble et semble complètement terrorisée. Non, ce n'est pas le bon terme, elle est plutôt horrifiée comme si… ce n'était pas la première fois qu'elle assiste, impuissante, à ce trépas drapé de pourpre.
- Raphaël, je t'en prie, crie t-elle à s'en briser la voix, ne m'oblige pas à regarder un ballet mortuaire à nouveau ! Je t'en prie, sa voix tremble noyer de larmes.
- Personne ne mourra aujourd'hui Systir, dit-il en apparaissant à nouveau devant elle, je te le promets personne n'est mort. Je me sens enfin apaisé, sourit-il, et c'est grâce à toi. Tu as sauvé mon âme, grâce à ton sacrifice, précise t-il en frôlant son bras, tu as sauvé mon âme Systir, assure t-il de nouveau alors que ses iris re-deviennent grises. C'est à mon tour de te venir en aide.
Il s'approche de Raven, il ne lâche pas son bras alors que je sais qu'il doit souffrir le martyre. Avoir un contacte entre un être vivant et un mort, n'est vraiment pas agréable. Il murmure à son oreille des mots que je ne parviens pas à entendre puis il se recule en lâchant sa prise. Il lui sourit. Qui aurait pu croire avec une telle candeur qu'il sombrerait ? J'ai toujours cru que ce serai Raven qui serait le plus attirée par les tendances de son père. Je me suis terriblement trompée et le pire c'est que je n'ai pas vu que Raphaël s'était perdu.
- Je t'en fais le serment.
- Raphaël, non.
- Tu l'as retrouveras bientôt Systir.
De nouveau son corps s'étire pour redevenir un feux follet avant même que je ne puisses penser à le retenir, il fusionne avec le corbeau et s'envole. C'est seulement après de longue minute dans un silence seulement entrecoupé par les sanglots de ma fille que je remarque que tous les membres de la Communauté ainsi que les quatre naufragés sont étendus par terre, leurs respirations est calme et paisible. Depuis combien de temps sont-ils dans cet état ? Pour quelle raison seule Rae et moi sommes restées éveillées ?
Je me redresse et détaille les cieux avec un peu plus d'attention que d'habitude. Je sens les larmes dévaler mes joues. J'ai la nausée. Je tremble. Je jette un regard vers Raven et vois que les arabesques ont prit place sur son cou. Je croyais que c'était le tandem qui la rongeait de l'intérieur mais depuis le début, c'est la noirceur naturel de son frère qui la pousse à lâcher prise pour qu'elle aussi rejoigne les ténèbres.
- Qu'avons nous fait Misael ?
C'est la première fois que je prononce son prénom depuis qu'il est partit. Je n'aurai jamais pensé que nos enfants pourraient un jour être à point en danger mais surtout, je n'aurai pu imaginer que ce serait eux qui deviendraient une telle menace. C'est lui, c'est forcément lui.
Je vois une plume, couleur nuit, tomber depuis les Cieux. Je prends une forte inspiration. Il s'est immiscé dans la vie de Raphaël, il a murmuré à son oreille jusqu'à ce que mon fils succombe mais je ne laisserai pas cela arriver à Raven. Je la protégerai même si pour cela je dois de nouveau l'affronter. Comment j'ai fais pour ignorer qu'avant ma fille, il s'en était prit à mon fils ? Comment il a pu me le cacher, pourquoi ?
- Je te déteste, je prononce à son attention, je te déteste tellement.
- Maman, prononce Raven méfiante, à qui tu parle ?
À ton père…
J'ai besoin des naufragés pour sauver Raven, protéger mon secret et bien soit. Je ne laisserai rien ni personne s'en prendre à la seule famille qui me reste. Qu'importe ce que je dois faire, je ferai en sorte que ma fille ne sombre jamais, qu'elle ne choisisse d'aucune façon l'obscurité, je ne la laisserai pas tomber dans la désolation et le chaos, jamais.
- Il faut que nous trouvions cette Anya.
De nouveau ma fille semble dans un état étrange, je la vois même sourire discrètement. Un prénom, une simple évocation et elle semble heureuse. Je ne sais pas comment l'expliquer mais les faits sont là alors je vais tout faire pour trouver cette femme. Tout.
Qu'importe le temps. Qu'importe les moyens. Qu'importe le chemin. Qu'importe les actes. Qu'importe… Raven sera heureuse.
Et si ce bonheur doit passer par cette mystérieuse cinquième naufragée, cette Anya, et bien soit. Je vais la trouver et elle va m'apporter le bien-être de ma fille sur un plateau d'argent. Je détaille les iris de Raven, elle n'est plus là cette petite tâche rectiligne près de la pupille. Pourtant, je choisis de me fier à cet indice.
Je sais exactement où commencer mes recherches.
Je m'approche de Raven et sans la prévenir pour éviter qu'elle y échappe, je la prends dans mes bras. Elle se tend immédiatement mais je la serre un peu plus. Raven est tout ce qui me reste, elle est mon monde. Je me battrais pour elle, pour toujours et à jamais. J'inspire profondément et me sens sourire cette odeur, c'est celle qui plane les jours de tempête avant que la foudre déchire les cieux.
Qu'importe le temps… même si je dois la dessiner moi-même cette Carte du Temps hypothétique ! Qu'importe le temps…
Voilà pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plû ! J'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé. J'ai tellement aimé écrire ce point de vue de Morgane. Il m'a permis vous faire quelque révélation sur l'identité controversée de Raven et… vous avez un début de réponse à la raison de sa puissance démesuré. Que pensez vous de son père ? Et de la seconde apparition de Raphaël ? Peut-être qu'Anya va bientôt réapparaître maintenant que la plus puissante sorcière de tout le temps se met à sa recherche ! )
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
