Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Quelques mots sur ce chapitre : Vous l'attendiez tous/toutes, il est enfin là ! Et si vous ne savez pas de quoi je parle, c'est que vous n'êtes pas assez attentifs/attentives ! XD
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, seule l'histoire est à moi.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
There're no words to say Il n'y a pas de mots pour dire
No words to convey Pas de mots pour traduire
This feeling inside I have for you Ce que j'éprouve au plus profond de mon être
Deep in my heart Au plus profond de mon cœur
Tracy Chapman - For You
Partie n° 2 : Retour au noir
Chapitre 39 : Mienne
- Dis-moi, quel est la plus belle chose que tu es vue dans ce monde ?
- Je ne l'ai pas encore à proprement vu de mes yeux mais je sais que ce sera Éleusis.
J'ouvre les yeux et m'éveille avec une sensation des plus étranges. C'était un rêve vraiment bizarre. J'avais la sensation qu'il était réel. Et maintenant, c'est comme s'il me manquait quelque chose, non plutôt quelqu'un.
Pour me débarrasser de cette impression des plus désagréable, je tends mon bras pour retrouver un contact avec Raven. Je grogne au moment où ma main ne trouve rien d'autre qu'un matelas froid.
J'avais oublié que Lexa avait insisté pour que nous dormions séparément. C'était une idée stupide ! Tout ce cirque pour éviter de nous porter malheur dans notre mariage. Je crois sincèrement que notre couple est bien au-dessus de ce genre de superstitions ridicule. Sérieusement, notre amour a traversé le temps et résisté à la mort.
Je ne vois pas ce qui pourrait être pire, vraiment pas. Et si j'oublie cet avertissement tout droit arrivé du futur, j'ai tout, absolument tout pour être heureuse. Peut-être pour la première fois de ma vie et sans aucune concession.
Je me lève pour ouvrir les volets et m'arrête devant la fenêtre pour observer le paysage. L'île où a grandi Raven est vraiment magnifique et sur certain point, j'y reconnais vraiment ma sorcière.
Éleusis… je secoue la tête alors qu'une partie de mon rêve me revient à l'esprit. Éleusis… où est-ce que j'ai déjà entendu ça ? Éleusis… pourquoi ce terme m'est aussi familier ? Éleusis… j'ai déjà ressentie quelque chose de similaire. Éleusis… c'est comme un souvenir. Éleusis… un souvenir de demain.
Je cligne des yeux un nombre incalculable de fois en me demandant si c'est quelque chose qui concerne Scarlet. Il y avait une telle tristesse dans mon rêve, ça ne ressemble en rien aux brides de souvenirs que j'ai déjà pu apercevoir de la vie de Scarlet. Rien à voir.
Quelqu'un toque doucement à ma porte. Je me retourne pour voir Blue se lever et fusiller la porte du regard, puis se remettre aussi sec en boule. Je souris avant de m'avancer, lui caresser doucement les oreilles et ouvrir. En découvrant Lexa je plisse les yeux et l'attaque immédiatement avec un :
- Je te déteste.
- Merci pour l'accueil.
- J'ai fait un rêve très perturbant et il ne serait jamais arrivé avec Raven à mes côtés.
- J'ignorais que tu étais du genre à dramatiser. Ce mariage me montre un nouvel aspect de ta personnalité.
- Je ne dramatise pas, je constate ! J'aurais dû te l'annoncer au dernier moment.
- Ah… parce qu'hier, ce n'était pas le dernier moment ?
- Absolument pas !
- Bon, sourit Lexa, tu veux toujours que je t'aide pour ta robe ?
- Je n'en suis pas certaine.
- Anya, soupira l'alpha des Trikru.
- As-tu la moindre idée de ce qu'est Éleusis ?
- Jamais entendu parler.
Lexa fronça les sourcils en s'avançant vers moi. Je la détaille sans bouger, elle me sourit avant de se mordiller la lèvres inférieure et de secouer la tête d'un air amusé. Elle fait un pas de plus entrant un peu trop dans mon espace personnel ce qui le fait réagir, je soupire et le rejetant. Il s'inquiète pour rien, c'est juste Lexa. Je ne crains rien. Je ne serai jamais en danger à ses côtés.
D'un geste lent, elle vient apposer son indexe au milieu de mon front. Je suis obligée de me retenir pour ne pas l'éjecter aussitôt. Je me sens légèrement ridicule et même si Lexa est plus tactile avec moi elle ne devrait pas avoir ce genre de gestes à mon égard encore moins maintenant que j'ai accepté mon rôle d'alpha même si ce n'est pas encore officiel.
Je sais que Lexa l'a compris. Je le vois dans sa façon de me regarder. Je dois bien avouer que ma décision de me tenir à la tête d'une meute risque fortement de m'éloigner de ma sœur et ce constat me déchire le cœur.
- Enlève toi tout de suite ce truc d'Eleujenesaispasquoi de la tête, elle approche son visage du mien, aujourd'hui tout doit tourner autour de Raven, elle me sourit, je suis tellement heureuse pour toi.
Et elle vient embrasser doucement ma joue. J'écarquille aussitôt les yeux de surprise. Je la sens sourire avant qu'elle ne s'éloigne et passe dans mon dos certainement pour récupérer ma robe. Je me retourne tel un automate et fixe son dos en me demandant ce qui vient de lui passer par la tête. Si un seul membre de sa meute avait assisté à ce geste d'affection elle aurait certainement eu des problèmes.
- Lexa, je prononce doucement.
- Ne pense même pas à partir, prononce-t-elle sans se retourner.
- Partir ? Je répète sans comprendre.
Lexa saisit la robe et la pose sur mon matelas, en continuant d'éviter soigneusement mon regard. Elle lisse le tissu avant de la détailler en souriant un peu plus. Puis en un battement de cils elle s'avance de nouveau vers moi me saisit par les épaules et commence à retirer mon pyjama sans la moindre gêne.
- Lexa, je grogne en reculant.
- Ne joue pas les prudes, tu vas finir par être en retard. Ce corset va être une vraie plaie à enfiler.
- Très bien, je lève les yeux au ciel.
Lexa s'avance de nouveau, je l'arrête d'un geste de la main avant de la fusiller du regard. Elle me dévisage et j'assure avec une pointe d'agacement dans la voix :
- Je suis parfaitement capable de me déshabiller seule.
- Dans ce cas, dépêche-toi, s'amuse-t-elle en retournant vers ma robe.
J'ai la sensation que Lexa lasse mon corset depuis une éternité quand cette sensation de tristesse m'envahit de nouveau. Je ferme les paupières alors que mon corps tressaute légèrement à chaque fois que ma sœur ressert le corset. J'ai le souffle coupé mais pas seulement à cause de la pression faite sur ma cage thoracique. Je me sens angoissée alors que la terrible intuition qu'il me manque quelque chose de vitale m'enserre le cœur.
Respire. Je me donne cet ordre alors que des rires fantomatiques raisonnent autour de moi suivit aussitôt par des hurlements de terreurs qui me figent sur place et il y a aussi cette douleur quasi indescriptible qui me brûle la peau. Je n'ai jamais ressenti d'émotions aussi puissantes, aussi déstabilisantes. Et au milieu de ce chaos, il y a une voix qui murmure à mon oreille, cette phrase encore et encore : Éleusis existe, c'est réel.
J'exerce une pression plus forte sur mes paupières. C'est encore ce rêve qui vient me troubler, je devrais plutôt dire cauchemar, j'étais prisonnière dans une vie qui ne m'appartenait pas. Prisonnière.
- Anya, souffle Lexa, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu paniques à cause du mariage ? Je sens que ton loup est complètement affolé. En même temps, soupire-t-elle, il n'y a que toi pour t'infliger une telle chose. Un mariage… tu vas rendre ton loup complètement frappé.
- J'aime Raven, j'assure en essayant de ne pas laisser ma voix trembler.
- Et j'aime Clarke mais je ne m'infligerai jamais cette torture qu'est la cérémonie du mariage.
- Une torture, je répète avec moquerie.
- C'est beaucoup trop long, mon loup ne tiendrait jamais. J'aurai envie de sauter sur Clarke bien avant la fin. Non, ce n'est pas pour rien que nos coutumes sont différentes de celles des humains.
- La revendication est trop, je réfléchis un instant, primaire, bestial.
- C'est pour cette raison qu'il y a l'imprégnation.
- Pourtant, tu n'as fait ni l'un, ni l'autre avec Clarke.
- Comment, elle arrête ses gestes, semble hésitante avant de reprendre le laçage, comment tu le sais ?
- Je te connais, je réponds en hochant les épaules.
- Tu crois que d'autres on… euh… ma meute le sait tu penses ?
- Je n'en sais rien, que te dis ton instinct d'alpha ?
- Je… j'espère qu'ils ne savent pas, ils pourraient ne plus la considérer avec autant de respect même si nous avons l'empreinte et puis ce n'est pas que j'en ai pas envie, au contraire, c'est un vrai supplice de repousser mes instincts mais Clarke est…
- … importante.
- J'allais dire jeune, elle s'éloigne pour aller chercher la jupe de ma robe, et pendant un temps elle était quelque peu instable émotionnellement parlant. J'ai peur de lui faire du mal.
- Tu ne l'as jamais touché, je comprends.
- Je l'ai déjà, elle déglutit, touché, elle se racle la gorge, mais je ne l'ai jamais fait mienne.
- Je vois.
Je me retourne lentement. Lexa baisse les yeux pour éviter mon regard. Je saisis doucement ses poignets avant de l'appeler un première fois. Elle m'ignore avant de prendre une forte inspiration et de finalement planter ses iris émeraudes dans les miens.
- Lexa, je prononce avec une infinie douceur, de quoi tu as peur ?
- C'est un sujet bien trop intime et une conversation que je ne peux certainement pas avoir avec toi.
- Si ce n'est pas avec moi, qui d'autre pourrait t'écouter ?
- Je ne vais pas parler de sexe avec toi Anya, c'est bien trop gênant, rougit Lexa avant de détourner de nouveau le regard.
- Tu as peur que ton loup prenne le déçu pendant l'acte et que tu puisses… quoi la mordre ?
- Arrête, s'il te plaît ! C'est déjà assez difficile de repousser les nombreuses avances de Clarke, n'en rajoute pas !
- Et pourquoi tu ne lui expliques pas tout simplement la situation ?
- Tout simplement, grogne Lexa. Il n'y a rien de simple dans ce que j'aurai à lui expliquer et de toute façon, elle n'a que 18 ans.
Je ne peux empêcher un rire moqueur de m'échapper. Lexa me fusille aussitôt du regard cet avertissement ne me décourage pour autant pas quand je demande :
- Tu comptes attendre encore trois ans qu'elle ait 21 ans ?
- Il est claire que je ne tiendrai pas jusque-là.
- En effet, mais tu aimerais, je souris quelque peu attendri par ce que signifie cette quasi révélation, je ne sais déjà pas comment tu as fait pour te retenir une année entière, tu es du genre à répondre aux pulsions de ton loup c'est une des principales raisons qui te permet de si bien le contrôler.
- Elle était mineure, s'offusque-t-elle.
- Et, elle ne l'est plus.
- Anya !
Je me tais mais sans la quitter des yeux. Lexa semble en pleine réflexion, je parierais même qu'elle broie du noir. Elle devrait faire attention, si elle continue sur cette voie, Clarke va finir par le sentir. Elle marmonne des bouts de phrases absolument incompréhensibles avant de me saisir avec force par les épaules et de m'obliger à m'asseoir sur la chaise de bureau. Elle commence à me tirer les cheveux dans tous les sens et je jure que si elle ne se calme pas dans moins de deux minutes je lui brise le poignet en représailles.
- C'est exactement pour cette raison que tu dois rester. Personne d'autre que toi ne peut me parler comme tu le fais.
- Lexa, j'arrête ses mains et fixe son reflet dans le miroir, c'est la deuxième fois que tu énonces ce genre de propos. Qu'est-ce qui peut bien pouvoir te faire croire que je puisse partir ?
- Parce que c'est évident, maintenant que tu as ta propre meute, tu n'as plus besoin de moi.
- Ce que tu peux être sotte, je souris malgré moi.
Je me redresse lentement afin de me tenir debout en face d'elle. Elle agrippe le dossier de la chaise avec une telle force que je doute qu'elle survive à cette conversation.
- Comment peux-tu croire que je n'ai plus besoin de toi ?
- Tu restais seulement parce que ma meute calmait ton loup.
- Au début peut-être mais depuis un certain temps déjà, je reste parce que tu es ma sœur. Je n'ai aucune envie de partir. J'ai tout autant besoin de toi que l'inverse.
- Vraiment, prononce-t-elle avec toute sa fragilité, une part d'elle que seule Clarke et moi connaissons, tu penses ce que tu viens de dire ?
- Vraiment, je lui assure en tendant mon bras vers elle pour qu'elle puisse le saisir.
- Ne fait pas ça, grogne-t-elle, tu es une alpha bien plus puissante que moi. Je suis celle qui te doit le respect.
- Et tu es Heda, je souris, j'imagine que d'une certaine façon, nous sommes à égalité.
- Des égales, Lexa sourit à son tour, j'aime cette idée, déclare-t-elle en saisissant mon bras, j'ai hâte que tu reconnaisses ta meute.
- Après le mariage, j'en ai déjà parlé à Bellamy.
- Je savais qu'il en faisait parti, ton comportement avec lui est bien trop étrange.
- C'est quelqu'un de bien, j'assure.
- Je ne me souviens pas que tu aies pensé qu'il s'agissait de quelqu'un de bien lorsque tu l'as rencontré.
- En effet.
- Qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis ?
- Mauvaise question. La bonne est : qu'est-ce qu'il l'a fait changer lui ? La réponse ou plutôt les réponses : Echo et son détachement d'Octavia.
- Je comprends pour Echo mais Octavia…
- Octavia est dangereuse Lexa.
Alors que je m'apprêtais à lui faire part de mes soupçon sur l'implication de l'alpha des Blake dans les malheurs qui ont poussé les voyageurs à venir dans le passé quelqu'un toque doucement à la porte. Je souris en sentant l'aura d'Echo. Je me détourne de Lexa non sans lui assurer que nous parlerons de nouveau d'Octavia plus tard et ouvre lentement la porte à la dragonne.
- Bonjour Anya.
- Bonjour Echo, tu as besoin de quelque chose ?
- Je suis venue pour aider.
- Tu n'en as pas besoin. Tu devrais te reposer, je lui conseille en glissant ma main sur son ventre arrondi.
- Je vais bien et puis, je ne suis pas la seule à vouloir t'aider.
Elle se retourne me laissant découvrir Gaïa et Scarlet. Un rire amusé m'échappe, j'imagine que je ne vais pas pouvoir leurs échapper. Je secoue toute de même la tête en ouvrant un peu plus la porte pour les laisser entrer.
- Bellamy est allé s'assurer que ta fiancée ne prenne pas la poudre d'escampette, me signale Gaïa en entrant.
Je suis bien obligée d'avouer qu'il n'a pas eu une mauvaise idée. Raven est tellement anti-mariage que je suis la première à me demander si elle ne va pas me planter. Je m'en fiche, si elle y renonce, je préviens Morgane !
- Tiens, souffle Scarlet en me tendant un magnifique bracelet aux perles d'un bleu et d'un vert envoûtant. Tu me l'as offert le jour de mes huit ans, ce sont des perles qui viennent des Cieux et de la Terre.
- Il est à toi.
- Il te faut quelque chose d'emprunter, souffle-t-elle en hochant les épaules.
- Scarlet, je l'arrête en saisissant doucement son poignet, tu vas bien ? Tu sembles inquiète.
- Melina est blessée mais elle va mieux maintenant.
Je fronce doucement les sourcils en percevant l'inquiétude dans sa voix. Et puis, la deuxième partie de sa phrase semble plus être pour se rassurer elle-même qu'autre chose. Echo se retourne vers nous et j'échange avec elle un regard entendu. Je crois que nous avons toutes les deux comprise que Melina était bien plus importante pour Scarlet qu'elle ne veut bien se l'avouer.
- Tu devrais peut-être rester avec elle, je propose, tant que tu me promets de revenir pour la cérémonie.
- Pourquoi je voudrais rester avec elle ? S'insurge-elle, elle peut bien cre..., elle se racle la gorge pour ravaler la suite de sa phrase, elle n'a qu'à se débrouiller, grogne-t-elle, l'emmerdeuse ne veut pas de mon aide.
- Comment a-t-elle été blessée, veut savoir Lexa, nous avons renforcé la sécurité et…
- Elle est sorti du territoire, la coupe Scarlet, Melina ne reste jamais.
Je tique une nouvelle fois sur la seconde partie de la phrase. J'ai la sensation que c'est bien plus profond que ce que Scarlet laisse transparaître. Et puis pourquoi Melina ne resterait-elle pas alors qu'elle ressent clairement des sentiments pour l'hybride.
- Elle ne peut pas entrer et sortir du territoire comme ça lui chante, reprend ma sœur, c'est trop dangereux.
- Pourquoi est-ce que vous croyez que je l'appelle l'emmerdeuse, grimace la rousse en se frottant l'épaule comme si elle était douloureuse, elle n'en fait qu'à sa tête et n'écoute personne. Salut Blue, sourit-elle en s'approchant de mon chat et en le caressant, tu m'as manqué mon beau, tu n'as pas changé.
- Ce chat va devenir centenaire, plaisante Lexa.
Je me retrouve à me faire coiffer et maquiller dans tous les sens par Lexa et Gaïa principalement. Echo reste assise la plupart du temps sauf quand elle estime avoir son mot à dire sur ma préparation. En ce qui concerne Scarlet, c'est comme si elle prenait du recule vis-à-vis de la situation, qu'elle s'obligeait à se détacher de ce moment mais elle ne peut s'empêcher de sourire la plupart du temps alors que Lexa et moi-même nous envoyons des piques.
Je fais bouger le bracelet de perles qu'elle m'a prêté sur mon poignet gauche. J'ai l'étrange sensation qu'il représente bien plus que ce qu'elle a bien voulu me dire. Je ressens un étrange pincement au cœur en me rappelant que les perles viennent de la Terre et de Cieux.
Les Cieux… qui semblent tant attirer Raven sans que j'en ai l'explication.
C'est alors que je me souviens que dans le futur de la rousse, j'ai très certainement perdu Raven. Scarlet n'a ni affirmé, ni infirmé lorsque je lui ai posé la question mais je le sais au fond de moi. Je me rassure en me disant que dans ce futur, ma belle sorcière n'est pas morte. Du moins, en théorie, c'est impossible. Après tout nous n'avons plus qu'un cœur pour deux. D'une certaine façon cela rend les choses encore plus terribles puisque toute mes conclusions en viennent au fait que la seule explication soit que Raven soit partit.
Je n'arrive pas à concevoir que ce soit possible… l'imaginer loin de moi me brise le cœur.
- Arrête de broyer du noir, prononce doucement Scarlet.
- Je… ce n'est pas ce que je suis en train de faire.
- C'est faux, sourit Lexa, elle boude depuis qu'elle m'a ouvert la porte.
- Je ne broie pas du noir, je tique, je ne boude pas non plus. Je suis simplement réfléchie comme toujours.
- Tu devrais peut-être trouver le bouton off, suggère Echo, juste pour aujourd'hui, sourit-elle.
- Ouais, s'amuse Gaïa, débranche ton cerveau.
- Je n'ai pas la moindre idée de comment faire ça, je me renfrogne.
- J'aurai bien une idée mais c'est bien trop traumatisant de devoir t'y faire penser, s'amuse ma sœur de cœur.
- Lexa, s'égosille Scarlet.
- Quoi ? Je n'ai rien dit !
- Trop d'imagination, s'indigne la rousse, beaucoup trop d'imagination, reprend-elle en secouant la tête, c'est pas vrai ! Je te déteste Lexa ! Je n'ai pas envie d'avoir ce genre d'images en tête !
- Je n'ai rien dit, se défend de nouveau Lexa.
- Pas besoin, c'était très limpide !
- Je suis la seule à ne pas avoir compris ? Je chuchote à l'intention de Gaïa alors que je remarque qu'Echo essaye de retenir un sourire.
- Je crois, murmure la fille d'Indra, que Lexa voulait te suggérer d'imaginer Raven nue.
Rien qu'à ces mots, je me sens rougir avant de me trouver devant plus d'une image avec le corps nu ou partiellement dénudé de ma belle sorcière suivit par des envies toutes plus inavouables les unes que les autres.
- Ouais, ça a fonctionné, rit doucement Gaïa, ton cerveau vient de court-circuiter !
- Je ne…
J'essaye de nier l'évidence mais concrètement c'est difficile. J'entends un cri étrange provenir de Scarlet et je la vois plaquer ses mains sur ses oreilles en fermant les paupières. Elle secoue la tête en marmonnant des mots incompréhensibles. Je suis étonnée par sa réaction quelque peu excessive avant de me souvenir qu'à ses yeux, je suis tout autant sa mère qu'Echo et qu'elle n'a que 17 ans. Je n'imagine donc que trop bien que d'avoir des images de Raven nue doit être traumatisant pour elle ou pire, de nous imaginer ensemble. Je n'aimerais pas avoir ce genre de scène qui se déroule dans ma tête avec Marcus.
Non mais quelle horreur ! Pourquoi je viens de penser à ça ? Sort de ma tête, sors de ma tête tout de suite !
- Arrêtez d'embêter Scarlet, je bougonne pour essayer de changer de sujet, ce n'est qu'une enfant.
- Je ne suis pas une enfant mais j'appréciai que nous parlions d'autre chose !
- Comme quoi, demande Gaïa en souriant.
- Comme le fait que Raven risque de planter Anya au dernier moment, souligne Echo amusée.
- Elle ne me fera jamais ça !
- Je ne comprends même pas qu'elle t'ait dit oui, intervient Scarlet.
- Hey, je m'offusque.
- Ce n'est pas contre toi Anya, reprend doucement la rousse. Tout le monde pense que le mariage est une sorte d'accomplissement personnelle ou je ne sais quoi mais pas Raven. C'est… pour elle, c'est plus une sorte de prison. Les sorcières de sang n'avaient pas de sentiments alors se retrouver marié était plus souvent une contrainte qu'autre chose. Elle perdait leur liberté et une part de leur magie. Comme je l'ai dit, ce n'est pas contre toi, c'est dans son éducation, et puis, je suis plutôt d'accord avec elle. Si le mariage est si désirable que ça pour quelle raison est-ce qu'on se prend la tête à le rendre plus beau que ce qu'il est vraiment ?
- C'est pour cette raison qu'elle ne veut pas que j'en parle à Morgane.
- Non.
Non ? Et le développement, il est passé où ? Pourquoi elle ne dit rien de plus ? Comment je suis censée pouvoir comprendre le refus catégorique de Raven d'en parler à sa mère ?
- Tu compte m'en dire plus ou…
- Tu ne sais rien de Misaël, n'est-ce pas ?
- En effet.
- Raven t'en parlera quand elle sera prête. Ce n'est pas à moi de te dire ce genre de choses.
Je suis sur le point de lui assurer que tout ses principes n'ont aucun sens et qu'elle peut me dire tout ce qu'elle sait. D'ailleurs, elle se doit de me dire absolument tout ce qu'elle sait et sur le champ. J'exige de savoir mais quelqu'un à l'idée stupide de nouveau frapper à ma porte. Je m'apprête à hurler qu'il ou elle peut entrer afin de pouvoir cuisiner de nouveau Scarlet mais elle se rue sur la porte, l'ouvre avec une certaine hargne en toisant le nouvel arrivant avec un ressentiment qui ne lui ressemble pas.
Je me penche légèrement sur la gauche pour découvrir qui est à la porte et reconnaît sans mal Bastian. Il porte encore et toujours ses habits noirs qui recouvre chaque parcelle de son corps et son masque qui recouvre la totalité de son visage. Je dois bien avouer que ne pas savoir à quoi il ressemble est assez frustrant. Je ne pourrai même pas dire quelle est la couleur de sa peau, rien. Je ne sais rien de lui, pas même ce qu'il est.
- Que me vaut le déplaisir, demande Scarlet sans la moindre émotion.
- C'est bon, grogne-t-il, j'ai compris, tu me détestes et je ne t'apprécie pas non plus.
- Je ne te déteste pas, ce serait te donner beaucoup trop d'importance, non tu m'indiffères totalement.
- Sauf quand j'ai une simple discussion avec Mel.
- Fait attention Bastian, il y a clairement une menace dans sa voix, fait attention.
Bastian ne semble pas plus impressionné par le ton de Scarlet alors que clairement, elle semble sur le point de lui arracher la tête. Il ose même balayer sa menace d'un geste de la main avant d'exiger d'un ton impériale :
- Melina n'est pas dans sa chambre, aide-moi à la chercher.
- Oui, bien sûr et un s'il te plaît, ça t'écorcherait la bouche ?
- Maintenant !
- Tu es une vraie plaie purulente, on te l'a déjà dit je suppose. Je suis occupée. Si l'autre emmerdeuse a décidée de sortir de son lit alors qu'elle n'est clairement pas en état, c'est son problème, pas le mien.
Les mots de Scarlet disent une chose, la réaction de son corps une autre. Ses poings se serrent et je sens même son loup s'éveiller, voir même exiger de partir en chasse pour trouver Melina sur le champ. Une grimace marque le visage de la jolie rousse qui pourrait ressembler à s'y méprendre à de la douleur physique. C'est alors que je découvre une chose étrange se mouvoir sur haut de son épaule gauche sous la bretelle de sa robe rouge et sur la base de son cou. Je crois qu'il s'agit de ronces qui sont habitées par la magie, pas n'importe laquelle celle de Raven, et ces ronces semblent particulièrement acérées.
- Si c'est ce que je crois, elle est en danger. Et, tu es certainement la seule autre personne à se soucier d'elle. Alors, viens, maintenant.
- Tu devrais y aller, je lui suggère doucement.
- Je peux l'accompagner, propose Gaïa.
- Non, refuse Bastian, personne d'autre que Scarlet ne doit venir.
- Quelle genre de vision tu as eu, demande-t-elle.
- Aucune importance.
- C'est à propos d'Amber ?
- J'ai dit aucune importance, viens et arrête de tergiverser.
- J'apprécierai que tu ne parles pas à ma fille sur ce ton, intervient Echo.
- Je l'apprécierai tout autant, je grogne.
- Je ne suis pas du genre à prendre des gants, élude-t-il.
- Non, sourit amèrement Scarlet, seulement à te cacher dans un trou de souris quand on a besoin de toi, j'espère pour toi que tu sais ce que tu fais. S'il m'arrive quoi que ce soit, Thomas fera de toi son quatre heures.
- Je doute qu'il ait le temps de faire quoi que ce soit.
- Pourquoi, après la souricière c'est dans une fourmilière que tu te serais planqué ? Tu te plantes le doigt dans l'œil et jusqu'au coude si tu crois qu'une seconde que Thomas ne dégommerait pas toute les mottes de terre suspecte jusqu'à te débusquer, grogne-t-elle d'un ton de plus en plus menaçant.
Bastian se retourne brusquement lâchant la porte qui manque de claquer. Scarlet la retient au dernier moment, son loup grandit de plus en plus en elle, il est prêt à immerger. Elle se tourne vers nous et nous découvrons que la transformation a déjà commencée, ses iris n'ont plus rien d'humains. Elle lance une boîte bleue vers moi que je reconnais immédiatement, c'est celle qui contient la bague de Raven.
- Au cas où je suis trop juste au niveau du timing, précise-t-elle en enlevant sa robe.
Je crois que nous sommes toutes soufflées par le nombre de cicatrices qui marque sa peau. Une en particulier met tous mes sens d'alpha en éveil, je connais bien ce genre de marque, Lexa porte quasiment la même. Quelqu'un à tenter de lui arracher le cœur à main nu. Scarlet nous tourne le dos, nous laissant découvrir encore plus de boursouflure mais ce qui attire le plus mon attention, c'est la rose qui se trouve sur son omoplate gauche.
La fleur est animée par la magie, il n'y a pas de doute. Elle semble presque avoir sa propre identité, elle se meut sur la peau de la jolie rousse et paraît même entrer sous l'épiderme. Les ronces sont fortement accrochées à son hôte, lacérant par endroit le derme qui laisse lentement sa place à une fourrure couleur feu. Avant qu'elle ne se transforme complètement et qu'elle ne sorte à toute vitesse de la maison bousculant au passage les murs qui sont un peu trop étroit pour l'animal qui sommeil en elle, j'ai le temps de remarquer qu'un des pétales rouges de la rose brille plus que les autres et que sept autres sont décrochés de la fleur et bleuté. Ce qui me laisse quelque peu hébétée c'est que seule sa part humaine porte des cicatrices, son loup ne garde aucune marque.
- Eh bien, souffle Lexa.
- Il est normale pour un loup de se transformer de cette manière, s'informe Echo.
- Pas vraiment, lui répond Gaïa.
- Qu'est-ce que tu en penses Anya, demande doucement la future maman avec une pointe d'inquiétude, est-ce que c'est normal ?
- Qui peut savoir ? Scarlet est unique en son genre, la première hybride avec une part loup et une autre dragon.
- Ça ne me dérange vraiment pas d'aller avec elle, reprend doucement Gaïa. Je peux veiller sur elle.
J'avoue que je réfléchis longuement à sa proposition avant de la refuser. Je ne suis même pas certaine que Bastian et Scarlet vont rester sur l'île. Il est absolument hors de question que je mette Gaïa en danger d'une façon ou d'une autre, d'un je me sentirais très mal même si c'est pour protéger un futur membre de ma meute et de deux, je ne tiens pas particulièrement à ce que Indra gâche mon mariage avec des reproches que j'aurai mérité.
Après de nombreuses attaques de ma sœur, d'Echo et de Gaïa, je suis enfin prête. Je me suis plantée devant le miroir et tente d'assimiler le reflet qu'il me renvoie. Je crois que je ne réalise qu'à l'instant où Marcus glisse sa main dans la mienne avec les larmes aux yeux l'importance du moment que je vie. Je ne sais pas pour quelle raison mais jusqu'à ce moment, tout ceci me paraissait légèrement abstrait.
Mon père me sourit avant d'embrasser doucement mon front. Il se fait immédiatement remonter les bretelles par les trois autres qui crient au sacrilège de leurs magnifique travail. Elles quittent ensuite la chambre pour aller elle-même se préparer. Marcus me prend dans ses bras et souffle à mon oreille :
- Je suis si fière de toi.
- Tu as tenu ta promesse, je murmure en souriant.
- Quelle promesse ?
- Quand j'étais encore coincée dans la peau de mon loup, tu m'as promis qu'un jour, je trouverais le bonheur.
- C'est ce dont rêve tous les pères, assure-t-il, rendre leurs filles heureuses.
- Et tu l'es toi, heureux ?
- Anya, soupire-t-il, bien sûr que oui.
- Maintenant que nous savons comment voyager dans le temps, avec Raven, nous pourrions sauver les tiens d'Auschwitz avant qu'ils ne se fassent exécuter. Je pourrai te rendre ta famille.
- Non ma belle, il m'éloigne de ses bras, caresse doucement ma joue, tu es ma famille, tu l'as toujours été.
- Je ne dis pas que je ne le suis pas, seulement que tu pourrais avoir toute ta famille, peut-être même Callie.
- Il est vrai que j'ai perdu beaucoup mais j'ai le plus important juste sous les yeux. Je t'assure que je n'ai besoin de rien d'autre.
- D'accord.
- Et, il sourit, il se peut que Abby ait acceptée que je l'invite pour une danse durant la soirée.
- Abby, je souris à mon tour, j'ignorai que tu l'aimais bien.
- J'ai encore quelques secrets, affirme-t-il avec un clin d'œil. Tu es prête ?
- Prête. Terrifiée mais prête.
- Je crois que nous avons tous secrètement envie de nous enfuir de notre propre mariage au moins cinq fois.
- Cinq fois ?
- La première lors de la préparation, la seconde quand on attend devant l'hôtel, la troisième au moment des vœux, la quatrième pour le premier discours et la cinquième quand tu entends la musique de la première danse.
J'éclate de rire. En me disant qu'après la troisième fois, nous sommes définitivement déjà mariés alors fuir n'est plus aussi grave. Du moins, j'imagine. Si Raven pense à me laisser tomber une seule fois au cours de cette journée, je la tue de mes mains !
- Tu ris tellement plus depuis que Raven est dans ta vie, dit-il songeur.
- Elle a dû m'ensorceler, je dis avec un sourire qui me fait mal aux joues.
- Ne dis pas n'importe quoi. En parlant de magie, je n'ai pas vu Morgane.
- Raven ne compte pas l'invoquer aujourd'hui.
- Pourquoi ?
- Si seulement je le savais…
- Et bien, nous n'avons plus qu'à espérer que la sorcière la plus puissante de tout les temps ne s'offusque pas trop de ne pas avoir reçu d'invitation et qu'elle ne coupe pas court à votre mariage à la Maléfique, s'amuse Marcus.
- Ne parle pas de malheur, tout ce que j'espère c'est que rien ne viendra interférer.
- Tu veux que j'emmène une ou deux armes, juste au cas où ?
- Hors de question !
- Tant pis… tu es prête ? Je t'emmène à la plage ?
Pendant une seconde, je suis incapable de prendre une simple inspiration. Je sens un nœud d'angoisse se tisser dans mon estomac. Je ne me suis jamais sentie à ce point surexcitée et en même temps profondément angoissée. Je hoche la tête doucement incapable de prononcer le moindre mot.
Marcus vient prendre mon bras. Il continue à alimenter la discussion de lui-même, je ne suis même pas certaine de comprendre ou même d'entendre le moindre mot. Mon cœur bat bien trop fort, avalant tout autre son. Quand mes pieds s'enfoncent dans le sable, je marque un temps d'arrêt. Marcus tire doucement sur mon bras. Je ne bouge pas. J'ai du mal à réaliser que je suis vraiment sur le point de me mariée. C'est complètement fou.
- Regarde devant toi, murmure la voix de Marcus à mon oreille.
Je m'exécute et découvre la plus belle apparition qu'il puisse exister sur cette terre : Raven.
Il s'éveille alors, ne demandant qu'une chose : sortir. Il veut la rejoindre. Il a besoin de savoir que cette magnifique sorcière lui appartient. Raven est à lui, à nous. Je peine à le retenir, pour la simple et bonne raison que tous ces caprices sont exactement les mêmes que les miens.
- Un pied devant l'autre Anya, souffle mon père.
Je l'écoute et m'exécute. J'avance à mon sens bien trop lentement vers Raven. Elle est magnifique. Ses cheveux sont lâchés et ondulent sur ses épaules et dans son dos nu puisque sa robe est outrageusement ouverte à cet endroit. Cette dernière n'est pas tout à fait blanche plutôt coquille d'œuf et elle est habillée de dentelles rouges particulièrement bien travaillées, qui me rappellent le sceau de confinement qu'elle porte, de moins en moins sur son bras.
Je n'y tiens plus. Je veux la rejoindre plus vite. Lexa avait raison, ce mariage va être un vrai supplice pour moi et surtout pour lui. Je vois ma belle sorcière me tendre la main et je me mordille la lèvre pour garder le rythme que m'impose Marcus et ne pas courir vers elle. C'est pas vrai, je pourrai presque me transformer pour arriver plus vite jusqu'à elle.
Marcus glisse enfin ma main dans celle de Raven et j'ai la sensation de revivre. Je me plonge dans les yeux de ma belle et m'y perds totalement. C'est alors que je réalise pour quelle raison, nous parlons du plus beau jour d'une vie en parlant du mariage c'est parce qu'il n'y a rien qui ne soit plus important que l'autre à nos yeux. Rien.
Je suis complètement inconsciente de ce qui se passe autour de moi. Je n'entends aucun des mots de Monty qui a accepté de nous mariées. Puis je vois le sourire de Raven naître dans ses iris chocolats qui commencent à prendre des nuances quelque peu écarlates. Elle se penche légèrement en avant pour murmurer :
- Tu devrais commencer à écouter, tu es censée me passer la bague au doigt d'ici peu.
- J'espère que tu as écrit tes vœux Raven Reyes, je menace aussi bas.
- Qui sait, s'amuse-t-elle, j'aime te provoquer.
- Et moi c'est toi que j'aime, mais je jure sur tous les cycles des Lunes que si tu n'as rien préparé, je t'étripe sur place.
- Je peux continuer ? S'agace Monty non sans un sourire.
Tous les convives se mettent à rire et c'est seulement à cet instant que je remarque qu'ils sont bien plus nombreux que ce que j'avais imaginé. Je crois que la totalité des membres de la meute de Lexa sont présents, la famille de Maya l'est aussi, les Blake sont au grand complet et même les voyageurs se sont déplacés jusqu'à Melina qui se tient près de Scarlet qui paraît très contrariée.
- Pourquoi ils sont aussi nombreux ? Je ne peux m'empêcher de demander le plus bas possible.
- C'est le premier événement joyeux auquel ils peuvent assister en plus d'un an, depuis l'attaque de Nia et la perte de territoire des Trikru, m'explique doucement Raven.
Lexa me sourit et je comprends qu'elle est d'accord avec Raven. Moi qui souhaitais quelque chose d'assez intime, je crois que j'ai raté mon coup. Je calle de nouveau mon attention sur ma belle sorcière et fait comprendre au shaman qu'il peut reprendre là où il s'était arrêté un peu plus tôt.
De nouveau, toute mon attention s'envole loin de tout ce qui m'entoure pour ne se figer que sur Raven. Je suis subjuguée par sa personne, tout le reste n'a que peu d'importance. Du moins, jusqu'à ce que Scarlet se lève pour me tendre la boîte que je lui ai confier la veille, mon père en fait de même et tant un sachet rouge à Raven. Il descend les escaliers non sans m'accorder un clin d'œil.
Il est fier de lui cet idiot. Je souris. Il a bien raison. C'était certainement la seule personne au monde capable de faire plier Raven et de la convaincre de me donner une bague aujourd'hui.
- Maintenant, les vœux. Anya à toi de commencer.
Je prends une forte inspiration en faisant tourner la boîte bleue entre mes mains. Respirer. Je me dois de respirer et d'énoncer ces quelques mots que j'ai écrit pour Raven la veille. Je me plonge un peu plus dans ses yeux et serre ses deux mains dans les miennes quand je commence :
- Je me suis toujours persuadée que ma vie ne serait rien d'autre que de la survie, une douleur persistante et un contrôle constant. Puis, je t'ai rencontré, Raven sourit en secouant doucement la tête. J'ai alors découvert que tu étais l'amour, le vrai, le seul, celui que ni les dieux, ni la mort, ni les limbes, ni le temps, ni une vie volée ne peut détruire. Je me suis surprise à me rendre compte que tu m'étais indispensable, les larmes s'accumulent dans les yeux de ma belle sorcière. Je te cherche dans tous les regards que je croise. Je t'espère dans les sourires que je rencontre. Je prends vie à chacun de nos baisers. Mon cœur, devrai-je dire notre cœur, a pris son temps pour te reconnaître, te réapprendre. Mais je ne laisserai plus rien, ni personne t'arracher à ma vie. Tu es mon tout, cette fois elle cligne des paupières un stratagème pour tenter d'éloigner les larmes qui finissent par s'écouler sur ses joues. Je t'aime, elle sourit tellement que je pourrai l'embrasser, là, tout de suite. Tu as été, tu es et tu resteras mon plus grand amour, le seul qui ait un jour compté, le seul pour qui je me battrais chaque jour que ma vie ferra. C'est pour toute ces raisons, je fais glisser ma main gauche loin de la sienne pour apposer mon pouce sur sa joue et effacer ses larmes en douceur, et des milliers d'autres auxquels je n'ai pas pensées au moment d'écrire ces quelques mots que je te promets de te protéger et de t'aimer chaque seconde à partir de maintenant et plus précisément pour toujours et à jamais. Tant que tu me tendras la main, je glisse de nouveau mes doigts entre les siens, je serai à toi.
- Wow, souffle-t-elle la voix encore habiter par l'émotion après un long silence, tu es certain que je n'ai pas le droit de l'embrasser maintenant Monty.
- Je suis catégorique.
- Tu es un assassin de l'instant présent, soupire-t-elle. Très bien, à mon tour qu'on en finisse, j'arque un sourcil, et oui Anya, elle grimace, j'ai écrit mes vœux.
- Grand-bien t'en fasse, si ça n'avait pas été le cas, je t'aurais passé dans une moissonneuse batteuse !
Tous le monde se met de nouveau à rire. Raven blêmit très légèrement. Mon regard croise malencontreusement celui de Scarlet qui paraît impatiente et qui aborde un sourire en coin qui ne me dit rien qui vaille. Je demande silencieusement à la rousse si je dois me préparer à tuer l'amour de ma vie et elle se contente de me répondre avec un hochement d'épaules alors que son sourire s'élargit toujours plus.
Pour le coup, je ne le sens pas !
- Très bien, je me lance !
- Raven, je la menace le plus calmement possible.
- N'oublie pas que c'est toi qui as voulu tout ça, s'amuse-t-elle.
- Raven !
- N'oublie pas que je t'aime.
- Je te jure que si tu…
- Quand tu m'as demandé de t'épouser, me coupe-t-elle avec un sourire triomphant, j'avais bien plus de raisons de refuser que d'accepter. Et, crois-moi, si tu n'avais pas autant insisté, je ne serais pas là devant toi, prête à t'embarrasser, elle me fait un clin d'œil, pas même alors que je t'aime plus que de raison, c'est officiel, je vais la tuer. Je ne nie pas notre amour, je ne le pourrai jamais, bon, elle écope d'un sursis. Je n'ai jamais eu quoi que ce soit de plus réel que toi dans ma vie. Mais le mariage, elle soupire en serrant un peu plus ses doigts entre les miens, le mariage à toujours été pour moi le chemin à éviter à tout prix, celui qui mène la femme et surtout une sorcière à sa destruction. Jusqu'à toi, le mariage, son idée même, n'était rien d'autre que l'anéantissement le plus absolu de ma magie. J'avais imaginé qu'il m'enlèverait tout, mon indépendance, mes pouvoirs, ma grandeur, mon identité même, jusqu'à mon âme, le mariage ne me laisserait rien. Après tout, qu'avait-il à m'offrir en retour, à part une cage dont je ne pourrai pas me libérer ? Rien du tout. Du moins, il n'aurait rien eu à m'offrir de ce que j'aurai vraiment voulu. Et puis, elle sourit amoureusement, devine quoi, il y a eu toi. Je me suis alors rendue compte que je n'avais rien d'autre à désirer. Tu étais déjà absolument tout ce que je voulais, espérais et désirais. Alors finalement, je me suis dit : pourquoi pas ?
- Pourquoi pas, je souffle après elle en secouant la tête quelque peu excéder.
- Pourquoi pas, elle se mordille la lèvre inférieure, j'ai le droit de l'embrasser maintenant.
- Non Raven, l'arrête Monty.
- T'es sérieux là ?
- Très, d'abord les bagues, ensuite…
- Je te jure que si ce n'est pas le groupe de mots « tu peux l'embrasser » qui se trouve après ton « ensuite », je vais te le faire regretter !
- Très bien, vous vous embrasserez après les bagues, conçoit-il. Mais pourquoi j'ai accepté de vous marier ?
- Parce que tu nous aimes bien, je tente.
- Parce que tu as peur de moi, propose en même temps Raven.
- Très bien, les alliances, échanger vos alliances.
- Parfait, Raven aborde un sourire triomphant.
- Maintenant le tout, c'est de savoir si je vais te laisser m'embrasser.
- Aucune chance que tu me refuses quoi que ce soit, assure-t-elle, tes yeux ne sont plus les tiens depuis le début de la cérémonie.
- Peut-être que j'ai envie de t'arracher la trachée…
- Ou de m'embrasser !
Je ne peux empêcher un rire moqueur de m'échapper. Je soupire avant d'ouvrir la boîte bleue et de saisir la bague en or rose, l'anneau est parsemé d'inscriptions dans la langue original des sorcières. Raven écarquille les yeux en découvrant l'inscription : pour toujours et à jamais. Je le glisse à son doigt en soufflant :
- Je pense chaques mots.
Elle ouvre à son tour le sachet et en sort une bague en or, argent et un matériau écarlate que je ne reconnais pas. Je me demande pendant un instant s'il s'agit d'une part de sa magie. Parce qu'elle a clairement conçu ce bijou en utilisant ses pouvoirs, je le sens. Je suis encore en train de détailler ce magnifique anneau quand elle saisit vivement ma main avant de le glisser à l'annulaire gauche. Je souris à son geste avant qu'elle ne fonde vers mon visage et s'empare de mes lèvres dans un baiser qui me montre toute l'impatience dans lequel se trouvait Raven.
- Je n'ai jamais senti ton loup aussi proche, souffle-t-elle encore tout contre mes lèvres.
- Tout comme moi, il veut te savoir entièrement mienne.
- Possessive, sourit-elle.
- Il l'a toujours été.
- Je parlais de toi.
- Moins que lui, mais tu es mienne Raven Reyes.
- J'aimerai te dire que je n'appartiens à personne mais je n'y crois pas moi-même.
- Tu es mienne, je souris plus que de raison.
- En fait, nous coupe Monty, pas encore.
- Okay, je vais m'allier avec Raven pour te tuer.
- Très bien, je déclare que vous êtes mariées et que, il déglutit, je vais raccourcir, vous êtes mariées et c'est tout.
- Merci Monty, je souris.
- Ne m'assassine plus jamais du regard.
- Je ferai de mon mieux, je lui promets en embrassant de nouveau Raven sous les acclamations de ceux qui nous entourent.
Le reste de la journée passe à une vitesse folle. J'ai la sensation qu'elle vient à peine de commencer que le soleil se couche déjà. La musique devient un peu plus forte et en passant dans mon dos Raven glisse sa main dans la mienne. Elle dépose son menton sur mon épaule gauche et susurre à mon oreille :
- Alors, tu es heureuse ?
Avant que je ne puisse répondre, elle glisse ses mains sur mon ventre et commence à nous entraîner au rythme de la musique qui se joue autour de nous. Je me laisse porter par ce début de danse, appuyant un peu plus mon corps contre le sien. Je ferme lentement les paupières et souris en sentant sa magie crépitée entre nous. Je me mordille la lèvre pour me retenir de répondre à mes pulsions primaires qui mon tiraillées toute la journée et quelques mots : lui arracher sa robe et lui faire l'amour.
- Dis-moi Anya, es-tu heureuse ?
J'inspire profondément avant de déposer délicatement mes mains sur les siennes. Toucher ses mains est un tel privilège et un tel bonheur. Sa magie réagit tout de suite à mon contacte et électrise ma peau faisant resurgir cette brûlure dans mon bas ventre et toutes ces envies inavouables qui m'ont traversé l'esprit au cours de la journée. Sa magie continue de me titiller, frôlant ma peau aussi sûrement que si elle me touchait ou m'embrassait. Je retiens un hoquet de surprise alors qu'un souffle vient s'immiscer entre mes jambes.
- Raven, je grogne.
- Viens, susurre-t-elle en saisissant ma main gauche.
Je n'ai pas le temps de penser à refuser de la suivre pour des raisons évidentes : quelqu'un va forcément remarquer notre absence, qu'elle m'embarque déjà loin de tous les regards indiscrets.
Quand elle estime que nous sommes assez loin, elle m'entraîne dans une course folle à travers la forêt nord qu'elle connaît par cœur. Je ressers mes doigts entre les siens pour ne surtout pas la perdre. Elle se déplace avec une telle grâce, elle est si belle, elle rayonne et elle commence à rire.
Puis, subitement, je me sens franchir une sorte de portail. Je me tourne en arrière en continuant de courir et fronce les sourcils en ne voyant plus de forêt dans mon dos en me concentrant de nouveau sur ce qui se passe devant moi, je remarque qu'il n'y a plus aucun arbre de ce côté non plus. Raven accélère le rythme et pour la millième fois aujourd'hui, il veut sortir pour courir près d'elle. Je peine de plus en plus à le retenir parce que je sens bien qu'il ne cherche plus à prendre ma place définitivement. Ce qu'il souhaite c'est profiter de Raven, juste un peu.
Ma belle sorcière se stoppe net et me retient alors que je poursuivais ma course. Je me retrouve au creux de ses bras. Elle sourit un peu plus. Je frissonne alors que le vent froid se fraie un chemin dans mon dos. Raven ressert un peu plus ses bras autour de moi avant de m'embrasser. Je ferme lentement les paupières pour mieux apprécier le baiser. Je la tire vers moi pour la rapprocher, je fais un pas en arrière et elle décroche quelque peu violemment ses lèvres des miennes en me prévenant d'une voix noyée par le désir qui naît en elle :
- Fait attention, ni toi, ni moi ne savons voler.
Je me retourne alors, tout en restant dans ses bras et remarque que nous sommes tout en haut d'une falaise. Je suis surprise en découvrant que je ne peux rien voir de l'île, nous sommes au-dessus des nuages. Je suis déjà venue ici, dans un de ces étranges souvenirs que j'ai vécu alors que je luttais, entre la vie et la mort. Raven trace une ligne de baiser dans mon cou et j'oublie aussitôt cette sensation de déjà-vu pour me concentrer entièrement sur elle. Un soupire de bien-être m'échappe quand elle laisse sa langue remplacer ses lèvres et que ses mains quittent mon dos pour faire glisser la jupe de ma robe vers le haut.
- C'est un endroit que je n'ai jamais partagé avec personne, souffle-t-elle alors que ses doigts se faufilent à l'intérieur de mes cuisses attisant un peu plus cette envie qui me ronge depuis ce matin.
- Raven, je tente de l'arrêter alors que sa présence se fait de plus en plus présente.
- Tu n'as pas répondu à ma question, reprend-elle alors qu'elle arrête une de ses mains sur mon sexe, es-tu heureuse ?
- Plus que tu ne peux l'imaginer.
- Alors, je vais te montrer à quel point, je suis devenue tienne.
En moins d'une seconde, ma robe disparaît me laissant complètement nue devant elle. Putain de tricheuse de sorcière ! Elle commence à titiller mon clitoris alors que sa magie s'insinue en moi, un cri m'échappe et je viens mordre son épaule pour l'étouffer. Elle ne peut pas s'en empêcher ! Il faut toujours qu'elle utilise la magie ! Les crépitements et les étincelles de cette dernière sont partout sur ma peau me faisant soupirer, haleter et supplier pour que tout ceci aille plus vite, bien plus vite. Je désire ce moment depuis bien trop longtemps.
- Ou peut-être, reprend-elle essoufflée, que c'est toi qui es mienne.
Il grogne à cette idée. Et merde ! Je m'accroche aux omoplates de Raven essayant de contenir tout le plaisir qu'elle me procure et son envie de sortir pour régler ses comptes avec elle. Je finis par me détacher de cette influence qu'elle m'imposait et parvient à la faire tomber sur le dos, à reprendre le contrôle. Je coince ses mains au-dessus de sa tête. Je tente de reprendre mon souffle. Je suis complètement essoufflée et c'est lorsque j'ouvre lentement mes paupières que je découvre le sourire plus attendri de Raven que ce que je l'aurai imaginé.
- Te voilà de nouveau, murmure-t-elle si bas que je peine à l'entendre. Laisse-toi aller Anya, je ne veux plus que tu te retiennes, elle détache sa main droite de mon emprise en vient caresser ma peau juste en-dessous de mes yeux, je veux te voir entièrement.
Je secoue la tête de droite à gauche pour refuser sa demande. Je ne peux pas, je ne peux pas faire ce qu'elle me demande.
- S'il te plaît, reprend-elle avec fragilité, tu as vu ma magie sous toute ces formes, tu m'as fait lâcher prise. Je veux le voir.
- Rae, je sens les larmes s'accumuler dans mes yeux, ne me demande pas ça.
- Il est déjà là, insiste-t-elle en appuyant un peu plus sa main sur ma joue.
- Raven…
- S'il te plaît.
Je détourne les yeux, incapable de soutenir son regard plus longtemps. Je peine à déglutir alors qu'il grandit en moi. Et si je me trompais. Il voudra certainement rester. Pour quelle raison accepterait-il de me laisser revenir ? En même temps, je comprends la demande de Raven. Je prends donc une forte inspiration et le laisse prendre un peu plus de place. Je ne l'ai jamais laissé aller si loin depuis le massacre des dragons. Je le stoppe net, effrayée qu'il puisse faire du mal à Raven. Avant de me souvenir qu'il l'aime lui aussi. Il l'a même peut-être aimé avant moi.
Très bien. J'abandonne. Et cette fois, je sombre complètement, je le laisse gagner. C'est le noir total. Un sommeil sans rêve. Il n'y a plus rien pas même ma propre conscience. Juste le vide.
Je papillonne des paupières un flou étrange entoure tout ce qui est à ma portée. Je tangue. Je ferme fortement les yeux pour éloigner cette sensation de déséquilibre mais quand mes cils se relèvent, c'est encore pire, le monde n'est pas seulement troublé, il s'amuse à tourner autour de moi. Pour une raison qui m'échappe complètement, j'essaye tout de même d'avancer et me retrouver à vivre une collision des plus désagréable avec le sol.
- Anya !
Je secoue la tête en tentant de déterminer la provenance de la voix qui m'appelle. L'intonation est inquiète. J'ouvre encore une fois les yeux mais c'est toujours aussi désagréable. Mon prénom est répété encore et encore, c'est désagréable, j'ai la sensation qu'un pivert martel ma tête. J'ai la nausée.
- Anya, regarde-moi.
Cette voix, pourquoi m'est-elle aussi familière. Je tente de lui obéir mais tout ce que je perçois c'est un être quelque peu chétif devant moi. Il ou elle est à peine plus grand que l'espace qui se trouve entre mon pouce et mon indexe. Je suis quelque peu amusée par ce constat que je regarde ma main pour faire la mesure moi-même mais je découvre bien vite que je n'ai plus de main seulement une patte noire et grise énorme.
C'est impossible !
Je… comment est-ce que je peux être consciente ? Je n'ai jamais été consciente lorsque je me transformais, jamais ! Je me suis transformée et je suis toujours moi ? Comment c'est possible ? Que s'est-il passé ?
- Anya !
Raven ! J'arrive enfin à poser mes yeux sur elle. Je remarque alors que l'être minuscule que j'avais remarqué, c'était elle. Elle tend doucement la main vers le haut, vers moi et je me penche en avant pour que mon museau qui est aussi grand que sa main s'y pose.
- Tu es si belle, si grande, si… wow.
Elle glisse ses doigts dans mes poils, s'avance et j'ai un mouvement de recul. Je ne veux pas lui faire du mal par erreur. Elle me rassure doucement et je finis par la laisser m'approcher assez pour qu'elle tente de m'entourer de ses bras. La vérité c'est qu'il en faudrait cinq comme elle pour faire le tour de mon encolure. Je la sens sourire avant qu'elle ne reprenne :
- Il faut que tu me reviennes maintenant parce que j'ai très envie de t'embrasser.
Revenir. Comment je suis censée faire ça ? C'est toujours lui qui décidait quand me laisser partir. Je n'avais jamais le choix. Revenir…
- Allez Anya, reviens-moi.
Je me sens de nouveau être éprise par l'inconscience. Je secoue la tête pour tenter de la chasser. La seconde d'après, je trébuche à nouveau et cette fois, je tombe dans les bras de Raven qui me serre fort contre elle. C'est en sentant son corps parfaitement s'imbriquer contre le miens que je comprends que je suis redevenue humaine. Je tremble et je ne tiens debout que parce que Raven me garde serrée tout contre elle. Je ne me suis jamais sentie aussi fragile.
Ma belle sorcière caresse doucement mes cheveux en soufflant des remerciements. Je sens ses larmes couler sur ma peau ou peut-être que se sont les miennes, ou encore les nôtres. Lentement, elle se détache de moi, ses yeux cherchent un point d'attache. Ses doigts s'accrochent au tissu sur mon corps et elle me tire vivement vers elle pour m'embrasser à pleine bouche dans un baiser emplit de passion et d'amour.
- Et moi qui croyais que tu reviendrais aussi nue que tu étais partie, s'amuse-t-elle avant de s'emparer une nouvelle fois de mes lèvres, plus qu'à tout recommencer.
- Utilise tes mains, je grogne.
- Tu es seulement jalouse de ne pas pouvoir faire la même chose.
- Peut-être un peu…
- Et si je te promets de ne rien te faire que je ne me ferais pas.
- Ça sera toujours de la triche.
- Petite joueuse, sourit-elle en saisissant mon menton, s'il ne doit pas y avoir de magie, tu as intérêt à m'embrasser et tout de suite.
- Très bien Madame Reyes-Lucas, je souris avant de fondre sur ses lèvres.
Le baiser fiévreux est poursuivi par un autre, puis encore un autre et encore un, jusqu'à ce que nos mains se joignent aux festivités faisant naître de plus en plus de soupires et faisant voler nos vêtements. Nos peaux se rencontre faisant apparaître maints et maints frissons. Mes lèvres suivent une ligne imaginaire sur le cou de Raven, le léchant et appuyant quelques baisers avant qu'elle ne rejoigne un de ses seins. Une main impatiente glisse entre mes jambes, son assaut est arrêté alors que mes lèvres reprennent leurs routes vers le bas, laissant mes mains s'occuper de ses seins. Je souris avant d'embrasser doucement sa boule de nerf, elle cri. Je me redresse très légèrement pour croiser son regard, elle semble outrée que je puisse m'arrêter en si bon chemin, je murmure alors :
- Tu es mienne, entièrement mienne.
Avant même qu'elle ne puisse répondre quoi que ce soit, je reprends mes assauts, sentant parfois mon loup immerger un peu plus mais ça ne m'inquiète plus et je lui fais l'amour de la manière la plus savoureuse qui soit.
Pour la première fois de ma vie, je suis en paix avec moi-même, avec mon loup et c'est entièrement grâce à Raven.
Par toutes les lunes, ce que j'aime cette femme, ma femme.
Et, je jure sur ma vie que je ne laisserai rien ni personne me l'enlever.
Rien. Ni. Personne.
Voilà pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! Alors ça valait le coup d'attendre une semaine de plus ? Le mariage Ranya a enfin eu lieu et non, aucune catastrophe n'est venue tout gâcher, na ! Pour la suite des événements… je ne garantis rien en revanche ! Alors, qu'avez-vous pensez de ces moments, des vœux, de la transformation… ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
