Salut à tous ! :)

I'm BACK !

Je suis tellement heureuse de vous retrouver après cette très longue absence pour ce nouveau chapitre ! Merci à ceux et celles qui sont encore là, j'espère ne pas vous décevoir et être au rendez-vous.

Quelques mots sur ce chapitre : Tout d'abord, je ne peux que vous invitez à relire les deux derniers chapitres qui ont débuter la troisième partie, parce qu'après huit mois d'absence, je me doute bien que vous n'êtes plus dans le bain. Bref... il est temps de vous montrer un peu ce qui se passe pour les Voyageurs dans le passé ? Peut-être de comprendre le comportement si étrange de Melina et de savoir si Clarke a raison… Scarlet est-elle en danger ?

Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire chaque chapitre de cette fiction pour que la lecture vous soit plus agréable.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)


Ne me regarde pas

Partie n° 3 : Première à mourir

Now I'm a warrior Dorénavant je suis une guerrière

Now I've got thicker skin Maintenant, j'ai une peau plus épaisse

I'm a warrior Je suis une guerrière

I'm stronger than I've ever been Je suis plus forte que je ne l'ai jamais été

And my armor, is made of steel Et mon armure, est faite d'acier,

You can't get in Tu ne peux entrer

I'm a warrior Je suis une guerrière

And you can never hurt me again Et tu ne pourras plus jamais me blesser

Demi Lovato - Warrior

Chapitre 43 : Discerner

Il existe bien des manières de se sentir en sécurité. Pour certain, un simple regard suffit. Pour d'autre, c'est un rire ou une voix. Il y a ceux pour qui ce sentiment vient avec un autre, celui de se sentir à la maison. Et puis, il y a les autres. Ceux qui, même avec toute la hargne qui les habite, leur courage et leur détermination ne se sont pas une fois sentie en sécurité.

Il est alors bien difficile pour eux de reconnaître ce sentiment unique lorsqu'ils le rencontrent enfin. Mais parfois, c'est tellement évident, qu'une personne malvoyante devrait s'éborgner pour ne pas le voir. Et elle était loin de vivre dans la cécité.


Des bras qui me protègent. Un souffle irrégulier me fait frémir en se glissant dans mon cou. Un battement de cœur incroyablement lent et d'une régularité douteuse mais terriblement mélodieuse, chatouille mes oreilles. Alors que des mots qui devraient m'effrayer recouvrent ce son si apaisant.

Briser le temps…

Comment est-il ne serait-ce possible d'en arriver à un tel point de non-retour ? Je n'ai jamais voulu détruire une institution aussi importante que le Temps lui-même. Tout ce que j'espérais c'était réparer ce qui avait été cassé dans le passé. Mais nous avons échoué et pourquoi ? Parce que nous avons détruit la seule chose qui pouvait nous ramener le bonheur.

Le temps…

Je ne voulais pas y croire. Je ne pouvais pas. Pourtant, je suis bien obligée de constater les changements, même infimes. Je ne sais pas pour quelle raison je suis la seule à remarquer ces petits détails. Bien entendu, ce n'est pas grand-chose mais le sort de Jamie devait les aider à voir aussi clairement que moi, pourtant ce n'est pas le cas.

J'observe Thomas et Aiden qui préparent le plan pour s'approcher au plus près de la réunion de guerre qui sera organisée dans la journée selon Bastian. Ils sont différents tous les deux. Ils s'entendent bien mieux que d'habitude. Je dois bien avouer que leur nouvelle entente ne me dérange pas le moins du monde. Cependant, cette situation reste étrange.

Et puis, il y a autre chose d'encore plus subtile. Un petit rien que j'ai mis un mal fou à comprendre. Je ferme les paupières pour ressentir de nouveau ce sentiment étrange. C'est quelque chose qui ne m'a jamais effleuré, pas une fois, pas même avec Anya. Je me revois de nouveau dans les bras de cette personne qui a disparu aussi vite qu'elle est apparue et ce sentiment m'envahit de nouveau toute entière. Je n'étais pas en sécurité, c'était plus transcendant encore. J'étais à ma place, chez moi.

C'était Melina…

C'était forcément Melina, n'est-ce pas ? Il n'y a qu'elle pour me faire ressentir une telle chose. Enfin… je crois. J'ai conscience qu'elle n'est pas dans le passé avec nous et pourtant j'ai la conviction que la personne qui m'a protégé alors que ma rose était terriblement instable, c'était elle.

Qui d'autre qu'elle ? Je suis persuadée qu'elle est la seule personne de ce monde capable de me faire ressentir un tel sentiment. De me faire ressentir tout court… j'ai passé une grande partie de ma vie à étouffer la moindre petite émotion et cette emmerdeuse est arrivée dans ma vie pour tout faire imploser. Je l'ai détestée en moins d'une seconde pour la simple et bonne raison qu'elle ne me laissait pas indifférente. Pour la première fois de ma vie, je perdais le contrôle.

Je peine encore à croire que je suis partie sans Melina. Il est clair que j'ai besoin d'elle. Comment j'ai pu accepter son absence ? J'aurais dû rester avec elle… la laisser m'emmener dans ce lieu sûr dont elle m'a parlé. Elle me manque.

- A quoi tu penses ?

- Madi, je soupire, tu m'as fait peur…

- Tu veux savoir à quoi moi je pense ?

- Pas vraiment…

- Que nous ne sommes pas assez stupides pour laisser ces deux idiots faire le plan.

- Ils savent ce qu'ils font, j'élude.

- Pourquoi parce que ce sont des mâles alpha ? C'est d'un ridicule.

- Rappelle-moi par qui j'ai été élevé et redis moi ça, je ris. Il n'y a rien de plus ridicule que de m'imaginer être dominé par un mâle quel qu'il soit.

- Alors pourquoi tu les laisses faire le plan ? D'habitude tu traînes toujours dans leurs pattes pour t'assurer que le plan va bien dans ton sens étant donné que tu es sans nul doute la plus réfléchie de nous cinq.

- Je n'ai pas la tête à m'embrouiller avec qui que ce soit.

- C'est nouveau ? Sérieusement, qu'est-ce qui t'arrive Scar ? Tu es super bizarre.

Je ne pense pas avoir changée. Je réfléchis aux propos de Madi. Je ne suis pas plus étrange que d'ordinaire. Du moins, je crois. Ou alors… c'est encore à cause de Melina. Elle s'impose tellement dans mes pensées que le reste s'efface pour lui faire de la place.

J'ai tellement essayé de me battre contre mes sentiments pour elle que maintenant il n'existe plus qu'eux, le reste me semble… je ne sais pas… tellement futile.

- Scar, je jure que je suis inquiète pour toi.

- Ça, je souris plus que de raison, c'est vraiment nouveau, je conclus avec un clin d'œil.

- Arrête, elle grimace. Combien de fois encore je devrais te dire que je ne te déteste pas ?

- L'équivalent de tes douze années de regards noirs, je m'amuse.

- Je t'ai déjà expliqué un trillion de fois que ce n'était pas des regards noirs, bougonne-t-elle, et je me suis excusée aussi, au moins autant de fois.

- Essaye de de t'expliquer encore quatrillion de fois, parce que tes regards m'ont vraiment traumatisés.

- Ce mot n'existe pas… quatrillion, elle soupire, c'est purement anecdotique comme mot.

- On peut passer à un gogolplex !

- Putain mais Scar c'est quoi ça encore ?

- Des maths, je m'étire en souriant, il est impossible de l'écrire de façon décimale mais je suis certaine que tu arriveras à t'excuser à la puissance gogolplex.

- Tu te fous de moi ?

- Aucune chance, je ris. Tes regards m'ont vraiment traumatisés.

- Tu es vraiment une plaie little one. Bon… qu'est-ce qu'on fait contre le plan certainement merdique de ces deux-là ?

- On subit…

- Non mais c'est pas vrai, elle me frappe violemment sur le haut de la tête, tu vas te réveiller ! Genre : maintenant !

- Aïe, je chouine en glissant mes doigts au milieu de ma longue chevelure rousse.

- Sérieusement, je ne sais pas ce qui t'arrive mais il faut que tu te réveilles. Nous avons besoin de toi. Tu ne peux pas avoir la tête ailleurs. Je ne sais pas ce qui te perturbe mais je t'en supplie, intériorise tout ça pour le moment. Reprends toi little one.

- Je ne peux pas, j'avoue à demi-mot alors que mes pensées s'égarent de nouveau loin de notre situation pour retrouver Melina.

Je me prends un nouveau coup sur la tête. Je serre la mâchoire pour éviter de partir au quart de tour. Il faut vraiment qu'ils arrêtent de me provoquer avec cette petite tape, tous autant qu'ils en sont. Un de ces jours, je vais craquer et arracher la main de celui ou celle qui me provoquera de la sorte. C'est très agaçant et encore, c'est un putain d'euphémisme !

J'inspire profondément en m'ordonnant mentalement de garder mon calme. Que dirait Anya ? Que la perte de contrôle est un demi-aveu qui signifie que notre ennemi a gagné une part du combat qui nous oppose. Je suis calme… je n'ai aucune raison de m'énerver. Simplement parce que la seule personne capable de me faire sortir de mes gongs n'est pas là ! Et cette situation me met vraiment à fleur de peau.

Je me redresse vivement. Il faut que je m'éloigne de Madi avant de dire ou faire quelque chose que je regretterai très certainement. Je suis en train de bouillir de l'intérieur. Je sens que si elle continue à me provoquer, je vais imploser et je ne peux pas faire une telle chose, se serait irresponsable. Qui sait quel genre de dégâts je pourrais provoquer si je perdais le contrôle ? Je suis unique. Personne ne peut savoir ce qu'une petite colère pourrait engendrer. Quelque chose me dit que ce serait terrible et je ne veux pas voir ça, jamais.

Je ne suis même pas certaine que quelqu'un pourrait m'arrêter au besoin. Sérieusement, quels sont les chances pour qu'une personne lambda s'impose et puisse parvenir à mettre fin à la perte de contrôle d'une créature comme moi qui possède la magie, vit avec la malédiction d'un loup et d'un dragon ? C'est absurde de penser qu'un tel être existe.
Alors, je dois simplement, me contrôler en tout temps. Ne jamais laisser mes émotions déborder, pas même mes sentiments pour Melina.

Mes sentiments pour Melina… je ferme les yeux en souriant. Aucune chance que je parvienne à contrôler le carnage que cette chieuse a mis dans mon cœur. De toute façon, je n'en ai pas envie. Alors même si je ne sais pas du tout comment gérer ce qui m'arrive, je choisie de me laisser une toute petite marge de perte de contrôle. Je vais contourner toutes les règles et les conseils d'Anya pour aimer cette emmerdeuse, qu'importe les conséquences.

- Scar, essaye de m'arrêter Madi.

- Pas maintenant, je souffle.

- Mais où est-ce que tu crois aller ? Nous devons rester ensemble. Nous ne sommes pas en train de faire du tourisme aux Bahamas !

- Tu crois vraiment que je l'ignore ? Je… j'ai simplement besoin d'espace. Laisse-moi deux minutes.

- Tu ne vas pas me faire croire que tu es dans ton état normal, souligne-t-elle.

- Madi, je soupire, s'il te plaît.

- Très bien mais…

- Je ne m'éloigne pas, je la coupe, promis.

Je m'extirpe du bout de forêt dans lequel nous nous sommes repliés pour mettre en place notre plan. J'inspire profondément alors que mes pieds frôlent un chemin de terre particulièrement plat. Je dois être sur une sorte de route.
Je marche sur cette ligne qui serpente légèrement en essayant de me vider la tête, surtout de la présence écrasante de Melina. Il faut que j'arrive à l'éloigner. Juste assez longtemps pour gérer ce qui va inévitablement se dérouler maintenant que nous sommes dans le passé.

Nous allons enfin savoir comment affaiblir le dieu de la Guerre et une fois que nous aurons toutes les réponses à nos questions, nous pourrons rentrer chez nous. Je retrouverai Melina et ensuite, nous serons capable d'éliminer définitivement ce monstre, de le détacher de Lyssa et d'atteindre enfin cette prédatrice sans cœur. J'ai tellement envie de me débarrasser de cette psychopathe que s'en est effrayant. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis réveillée la peur au ventre avec l'horrible appréhension d'un jour devenir comme elle : la marionnette du mal incarné.

Alors que mes pensées sont tiraillées entre mon pire cauchemar et celle que j'aime, un individu entre violemment en collision avec moi. Je suis projetée au sol et tombe sur le dos ce qui me coupe complètement la respiration. C'est lorsque j'essaye de reprendre une inspiration que je remarque qu'en plus d'avoir brutalement chutée, je me retrouve avec un poids mort sur le corps. Un grognement me parvient avant que la personne qui m'a heurté de plein fouet se redresse assez pour me permettre de reprendre le contrôle de ma respiration.

- Je suis confuse, je ne regardais pas où j'allais. Il faut dire que je suis terriblement en retard. Vous allez bien ?

Cette voix… j'ouvre aussitôt les paupières et tombe des nues devant ce visage que je connais par cœur. Melina.

Je me redresse sur les coudes mais reste complètement bouche bée. C'est vraiment elle. Pourtant, elle est très différente. Ses cheveux qui ne sont pas nacrés mais bruns et ses iris sont d'un vert pâle à couper le souffle et non aussi coloré qu'une palette de peinture pastelle qui me laisse entrevoir l'énorme changement entre cette fille que j'ai sous les yeux et la Melina que je connais. C'est son sourire qui fait pétiller ses yeux aussi sûrement qu'un ciel nocturne d'été. Je ne l'ai jamais vu paraître aussi heureuse parce qu'il s'agit bien de cela, n'est-ce pas ? Un faux semblant. Tout. Absolument tout est faux dans ce sourire magnifique.

J'écarquille les yeux au possible alors qu'elle me tend la main en me proposant son aide. Qu'est-ce qui lui prend ? Elle est devenue complètement inconsciente ? Elle fronce légèrement les sourcils avant de m'observer de cette façon étrange, comme si elle voyait quelque chose au-dessus de ma tête. Elle penche très légèrement la tête sur le côté avant d'affirmer :

- Vous n'êtes pas blessée, vous pouvez vous relevez, elle sourit encore plus en me tendant de nouveau la main.

- Je peux me relever seule, merci.

Je m'appuie sur mes mains avant qu'un cri ne m'échappe, une douleur aigüe se propage depuis mon poignet gauche jusqu'à mon coude. Je manque de l'insulter de tous les noms. Je croyais que je n'étais pas blessée, bordel ! Je me retiens de justesse en me souvenant, qu'elle n'est pas encore ma Melina et que mon comportement lui semblerait certainement bien étrange. Je me laisse retomber sur le dos, agrippant mon bras endoloris en soufflant pour éloigner la douleur. Je laisse mon pouce explorer mon avant-bras. J'arrête mon geste alors que je trouve l'épicentre du mal. Je grimace en susurrant assez bas pour que je sois la seule à percevoir mes mots :

- Et merde… c'est cassé, ça va mettre des heures à se ressouder.

- Je suis désolée, Melina s'accroupit près de moi, je n'avais vu que vous étiez blessée. Je pensais vraiment que vous n'aviez rien. Ce n'est pas normal, j'aurai dû m'en rendre compte. Je vais vous aider, assure-t-elle en approchant de nouveau sa main de ma peau.

- Mais qu'est-ce que tu fais, j'explose alors que j'arrive à l'éviter de justesse, tu es devenue complètement folle Melina ?!

- Je ne pensais pas être cavalière. Je veux simplement vous aider.

- Ne me touche pas, je la menace en m'asseyant maintenant mon bras contre mon corps en grimaçant, sérieusement qu'est-ce qui te prends ? Où est passé ton : je ne te laisserai jamais me toucher, blablabla, je soupire, quand je porte trois paires de gants c'est hors de question mais là allons-y gaiement peau à peau, tu as dû prendre un sacré coup sur la tête.

- Vous avez une étrange façon de parler.

- Putain, j'écarquille les yeux au possible avant de me sentir rougir, j'avais complètement oublié qu'elle n'était pas elle. Euh, de mieux en mieux je bégaye, je vais me débrouiller. Je vais bien, je vous assure. Je… vous pouvez y aller, j'évite son regard qui semble particulièrement inquiet.

- Je crois que je vais rester.

- Je croyais que vous étiez en retard.

- C'est vrai, elle sourit de nouveau et encore une fois ses iris brillent de mille feux, mais il n'y a rien au monde qui me rende plus heureuse que de mettre mon père hors de lui.

- Ce n'est pas dangereux ? Je panique complètement en me souvenant de la conversation que nous avons eu au sujet de son géniteur avant mon départ.

C'est en remarquant son regard surpris que je réalise que j'ai encore une fois parlé trop vite. Je ne suis pas censée la connaître. Je ne devrais pas savoir que sa relation avec son père est conflictuelle, pour ne pas dire qu'elle se révèle être un véritable enfer chaque jour. Je me souviens parfaitement qu'elle m'a assurée qu'à cette époque, elle n'était rien d'autre qu'une marionnette désarticulée. Je ne comprends pas… je ne comprends vraiment pas comment elle peut paraître aussi heureuse.

- Je ne sais pas avec qui vous me confondez, elle fait de nouveau un geste vers moi et cette fois, je n'arrive pas à l'éviter ses doigts se retrouvent dans mes cheveux et une partie de la paume de sa main sur mon front, mais, mon cœur tambourine tellement dans ma poitrine que s'en est douloureux, cette personne a de la chance d'avoir quelqu'un d'aussi attentif à ses côtés.

Melina est en train de me toucher ! Je… je sens sa peau contre la mienne. C'est… c'est insensé, complètement insensé !

- Allez, je vais vous aidez à vous relever.

Elle me tend de nouveau sa main. Je suis hésitante. Est-ce que je peux vraiment la saisir ? Est-ce que j'en ai seulement le droit ? Je ne devrais pas… je… pourquoi je ne peux pas la toucher dans le futur ? Qu'est-ce qui a changé ? Pourquoi et comment sa peau est-elle devenue un terrain miné ? Parce qu'il est clair et net que la fille devant moi, ne pense pas une seconde que son geste pourrait me tuer.

Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver ? Et pour quelle raison je ne l'ai jamais interrogée sur ce point ? J'ai un pincement au cœur en réalisant qu'il s'agit certainement d'une histoire horrible et je ne suis pas certaine d'avoir envie d'entendre ça. Ou il est plus juste de dire que je ne suis vraiment pas sûre de pouvoir le supporter. Mes émotions et mes sentiments redeviennent encore instables et cette fois, il est évident que c'est parce que je suis inquiète pour elle.

J'inspire profondément avant de détourner le regard pour l'éloigner de cette main tentatrice. Est-ce que j'ai vraiment le droit de la toucher ? C'est comme dans un rêve. Mais ce songe n'a rien de doux, il a même un goût amer parce qu'il ne s'agit pas vraiment de Melina. Cette fille n'a rien à voir avec ma Melina. Je sens les larmes s'accumuler dans mes yeux. J'expire sur la longueur avant d'accepter son aide sans un regard pour elle. C'est bien ce que j'imaginais, ce contact est vide de sens.

- Vous allez bien ? Me demande-t-elle de nouveau une fois que je suis sur mes pieds.

- Oui, je réponds en éloignant ma main de la sienne.

- Je suis désolée, encore une fois. Mes sœurs n'arrêtent pas de me dire de relever le nez quand je cours. Je devrais les écouter de temps en temps.

- Tout va bien, j'assure alors qu'un sentiment étrange qui ressemble à de la trahison envers Melina s'empare de moi.

- Vous n'êtes pas humaine.

- Je vous demande pardon ?

- Je ne le suis pas non plus mais je n'arrive pas à savoir ce que vous êtes, c'est, elle se penche vers moi et regard avec encore plus d'insistance ce point invisible au-dessus de moi, très étrange. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme vous. Je m'appelle Melaina et vous ? Je n'arrive pas non plus à discerner votre nom.

- Scarlet.

Je suis profondément choquée de l'entendre se présenter avec ce prénom qu'elle déteste tant. Il est ressemblant à celui qu'elle porte dans mon temps, mais pourtant, la connotation a un écho très différent dans mon cœur. Celui qu'elle vient d'utiliser à l'instant lui a été imposé par un père qu'elle hait plus que tout, alors que Melina, elle l'a choisit. Il doit avoir une certaine signification pour elle… Encore une fois, en ignorer toute la subtilité me rend étrangement triste.

- Je vais tâcher de ne pas oublier ce prénom, sourit-elle. Je dois vraiment y aller même si c'était violent, j'ai été heureuse de vous rencontrer Scarlet qu'importe que vous ayez une façon si étrange de vous exprimer.

- Je parle tout à fait normalement, je tique.

- Je pense que c'est suggestif.

Ses mains se mettent à briller et je sais qu'elle va bientôt disparaître. La lumière s'intensifie, l'irradie tout entière. Je ne la quitte pas des yeux, qu'importe si son intensité doit me brûler les rétines. Je veux garder son sourire en mémoire, ne jamais l'oublier pour essayer de le rendre à ma Melina quand je vais la retrouver.

D'instinct, je fais un pas vers elle. Je distingue la surprise marquer ses traits. Je ne sais pas d'où me provient cette foi, mais il y a une dernière chose que je dois lui dire. Quelque chose de particulièrement important. Une information qu'elle doit avoir à tout prix. Une raison de se battre, pour qu'elle devienne celle que je connais.

- Tu arriveras à lui échapper Melina. Tu vas trouver Éleusis, c'est réel. Éleusis est réel.

La lumière l'avale toute entière et je n'ai pas eu le temps de voir sa réaction. J'ai conscience que je n'aurais peut-être pas dû parler d'Éleusis. Après tout, je ne sais toujours pas de quoi il s'agit vraiment. Pourtant, il fallait que je lui dise quelque chose d'assez énorme pour que son destin ne change pas et qu'elle arrive jusqu'à moi, même si le temps est brisé. Je ne la perdrais pas, c'est inenvisageable.

Je ne la perdrais pas… plutôt mourir !

Je garde mon regard vissé au vide qu'elle a laissé en disparaissant. Je ferme les yeux pour mieux me plonger dans mes souvenirs. Je crois bien que j'ai été la première personne à qui Melina a souri. Les coins de ses lèvres n'étaient peut-être pas aussi étendus, je ne voyais pas non plus la blancheur de ses dents et ses iris ne pétillaient pas de malice. Pourtant, j'ai bel et bien eu le droit à un sourire en coin tout ce qu'il y a de plus réel. Et dire qu'il y a peu, ce putain de sourire m'horripilait à un point inimaginable. Maintenant, je donnerai tout pour la détailler alors que son amusement anime ses lèvres.

Pourquoi je ne suis pas restée avec elle ?

Je crois que je n'ai jamais rien fait d'aussi absurde que de l'abandonner ! Je ne comprends pas mon propre choix. Je sais que le sort de Jamie est très complexe et que nous étions tous les cinq indispensables à son bon fonctionnement mais tout de même, si j'y avais réfléchis plus de dix secondes, j'aurai pu trouver une solution pour la garder près de moi. J'ai tout fait pour qu'elle m'accompagne. J'ai vraiment tout essayé. Et même si j'ai encore du mal à comprendre la raison qui l'a poussé à rester en arrière quand j'ai compris que sa décision était prise, j'aurai dû… je ne sais pas…

Le temps est brisé maintenant. Est-ce que ça veut dire que je l'ai perdu pour toujours ? Arriverons-nous à rentrer à la maison ? Je me demande si je pourrai revoir Melina un jour.

Je l'espère de tout mon cœur parce que quelque chose me dit que je vais devenir complètement folle si je dois supporter son absence plus longtemps ! M'imaginer devoir l'attendre plus de cinq cents ans est un vrai supplice, en supposant que je survive à ce demi-millénaire.

- Scarlet, hurle Madi, ça fait bien plus de deux minutes ! Reviens tout de suite little one !

- J'arrive !

- Qu'est-ce qui est arrivé à ton bras, panique-t-elle lorsque je suis à sa hauteur.

- Je suis tombée, je réponds en hochant les épaules.

- Tu t'es pris pour Melina ? M'interroge Bastian.

- Toi, je serre les dents, même pas tu me parles !

- Oh, souffle Madi, donc tu es toujours en rogne contre Bastian, elle sourit un peu trop à mon goût, Thomas, par ici la monnaie, j'ai gagné !

- Comment ça tu as gagné, s'indigne-t-il. Scar, depuis quand tu tiens rancune aux gens ? Et puis, tu devrais t'excuser pour avoir fait passer Bastian à travers un mur.

- Plutôt mourir !

- Scar, me sermonne Thomas, que dirait Anya ?

- Qu'il est bien d'avoir des convictions, je tente, bon okay, Anya est contre la violence mais j'ai mes raisons de m'en prendre à ce pleutre.

- Tout ce que nous te demandons, intervient doucement Jamie, c'est de mettre ces raisons de côté le temps de notre mission dans le passé. Tu peux faire ça ?

- Elle va le faire, assure Aiden en croisant les bras avec son regard menaçant.

- S'il ne m'adresse pas la parole tout devrait bien se passer, je souris avec un air hautain.

- Scar, soupire Thomas.

- Très franchement, il a de la chance d'avoir encore sa tête accrochée à son cou alors ne m'en demandez pas trop.

- Mais Bastian ne t'a rien fait, grogne Thomas, pourquoi tu t'acharnes sur lui ? Ça n'a aucun sens ! Quelqu'un comprend ?

- Tu es celui qui connais le mieux little one alors si tu ne l'as comprends pas…

- Tu as grandi aussi sûrement près de Scar que moi.

- Ouais mais je n'ai pas chopé le virus de la surprotection à son égard comme toi, le taquine Madi en concluant avec un clin d'œil. Mais j'avoue que ça m'intrigue, elle croise mon regard et vise ses iris d'un vert émeraude si intense que comme toujours j'en suis mal à l'aise, elle ressemble tellement à Lexa, tu es vraiment sur les nerfs à cause de ce qu'il a dit à Melina ? Parce que si c'est le cas, il va falloir que je fasse attention à mes propos à l'avenir. Je ne suis pas capable de revivre les terribles années ou tu refusais de m'adresser la parole entre nos 12 et nos 15 ans. C'était un vrai supplice.

- Une des seules raisons qui l'ai fait pleurer, confirme Aiden.

- Evidemment que je pleurais ! Little one me rendait complètement instable émotionnellement parlant, elle était gentille avec tout le monde sauf avec moi et pourtant je n'avais rien fait !

- Je crois que nous n'avons pas les mêmes souvenirs, rit doucement Thomas.

- Ses souvenirs sont une rétrospective du monde des bisounours, je confirme.

- Mais n'importe quoi ! Je ne t'ai jamais détesté, s'écrie-t-elle. Pourquoi tout le monde pense que je, Madi s'arrête brusquement et reprend sur un ton très sec, pourquoi tu me fais ce regard Thomas ?

- C'est un peu près ce que tu faisais subir à Scar tous les jours.

- N'importe quoi !

La dispute entre Thomas et Madi s'envenime. Je les laisse faire. Il faut dire que j'ai l'habitude, d'aussi loin que je me souvienne, ils se sont toujours disputés. Au moins une constante qui ne semble pas avoir disparue. Je me sens sourire en imaginant Clarke apparaître pour les remettre les pieds sur terre. Quand ils sont partis, elle est la seule à pouvoir leurs faire entendre raison, même Lexa perd toute autorité sur eux, c'est assez peu commun pour que je le souligne.

Mais toutes ces chamailleries font partie de leur lien fraternel si fort. Ils ont toujours été là, l'un pour l'autre. Brisés pour différentes raisons, ils se sont transformés en guerrier pour aider l'autre à se relever. Thomas est pour moi aussi un grand frère, il me protège plus que personne d'autre dans mon entourage, mais tout de même moins que Madi. Il répète incessamment la même phrase qu'il tient de mon père : "ma sœur, ma responsabilité".

- Madi a raison, me surprend Jamie.

- A quel propos ?

- Ton comportement envers Bastian c'est à cause de ce qu'il a dit et fait à Melina ?

- Oui.

Je ne vois pas l'intérêt de mentir. De toute façon, je ne vais pas pouvoir leurs cacher bien longtemps mes sentiments pour Melina. Depuis que je ne parviens plus à me tromper sur la vérité, j'ai envie de le hurler à tout le monde mais je me retiens parce qu'il y a une personne qui doit le savoir avant tous les autres. Il faut que j'avoue à Melina que je l'aime.

Cette idée toute simple me terrifie à un point inimaginable !

Je ne sais pas du tout comment elle va réagir et c'est terriblement angoissant. Je ne crois pas avoir déjà ressenti une telle peur de toute ma vie. Je suis persuadée qu'elle va me rejeter. Je sais qu'elle va le faire. J'en ai la conviction. Et cette réalité me hante un peu plus à chaque instant. Melina va m'évincer. Il est même possible qu'elle disparaisse. Pourtant, je n'ai pas d'autre choix. Je dois lui dire. Elle a le droit de savoir. Qu'importe qu'elle me brise le cœur en un million de morceaux. Je lui dirai tout de même que je l'aime.

- Madi a raison, reprend Jamie alors que je suis dans mes pensées, tu as la tête ailleurs depuis quelque temps.

- Pas plus que d'habitude, je souris en hochant les épaules.

- C'est fou… tu ne te rends compte de rien. Depuis notre premier voyage dans le passé, tu agis bizarrement.

Faux… seulement depuis que Melina nous y a rejoint.

D'ailleurs, depuis que j'ai compris qu'elle utilisait ses anciens corps pour nous suivre dans nos voyages, je n'arrête pas de me demander si c'est dangereux. Et puis, comment fait-elle pour projeter sa conscience ? Qu'arrive-t-il au corps qu'elle quitte ? A-t-elle des souvenirs de la personne qu'elle deviendra ?

- Tu recommences, souligne Jamie.

- Je sais, je souris plus que de raison.

- Si je ne te connaissais pas, je pourrais croire que tu es amoureuse, me taquine-t-elle.

- Oui parce que je ne tomberais jamais amoureuse, je ris, jamais.

- Je continue de penser que tu vas changer d'avis. Il suffit que tu rencontres la bonne personne.

- Tu sais pertinemment comment je suis avec mes émotions.

- Tu ne peux pas tout refouler Scar. Si tu t'acharnes, tu vas finir par te détruire à petit feu.

- Si tu le dis…

- J'étais persuadée que tu finirais avec Morales.

- Ne m'insulte pas, s'il te plaît ! Il est… sérieusement ? Jamais ! Plutôt mourir disséquée vivante !

- J'étais tellement persuadée d'avoir raison, elle se moque clairement de moi.

Son rire attire inévitablement l'attention de Thomas qui revient vers elle avec un sourire en coin. Il se glisse dans son dos avant d'embrasser sa joue et de la serre dans ses bras. Il me détaille avec un regard joyeux. Je crois que rien au monde ne le rend plus heureux que d'entrer Jamie rire.

À chaque fois que j'en ai l'occasion, je ne peux m'empêcher de penser que cela doit être transcendant de partager une empreinte, terrifiant aussi. J'ai pu constater les dégâts qu'un tel lien peut engendrer. J'ai perdu mes deux parents à cause de lui. Et Anya… non ! Je ne dois pas y penser ! Je vais réparer ce désastre.

Jamie a raison. Je croyais pouvoir échapper à l'amour indéfiniment. En même temps, la perdition que l'on ressent en aimant est bien trop cruelle. Qui peut vouloir éprouver ce genre de chose ? C'est trop déstabilisant, voir même contraignant. Seulement dans mon super plan, je n'avais pas prévu de tomber sur Melina. Il était impensable que je puisse réellement l'aimer alors je l'ai détestée. C'était bien plus facile, du moins au début.

Seulement maintenant je suis bien obligée de vivre avec ce constat : je suis amoureuse de Melina. Mais aussi un fait encore plus effrayant : elle ne partagera certainement jamais mes sentiments. Je l'ai toujours su… l'amour est cruel ! Je savais qu'il finirait par ruiner ma vie, j'ai bien essayé de m'attacher à un cercle très restreint de personnes mais encore une fois, je n'avais pas prévu l'apparition de cette emmerdeuse de première dans ma vie !

- De toute façon, reprend Thomas avec un sourire en coin, nous savons tous les deux qui est ton âme sœur.

- Ah oui, je panique légèrement en me demandant comment il a pu deviner.

- C'est évident, il sourit de plus en plus.

Comment ça c'est évident ? Depuis quand ? Et si c'est si évident, pourquoi cet idiot ne m'en a jamais parlé ? Il m'aurait évité bien des prises de tête ! Je suis littéralement en train d'imploser intérieurement. Je n'ai qu'une seule envie : retrouver le silence. Je recherche cet apaisement qui me manque tant depuis que j'ai accepté mes sentiments pour Melina.

Sérieusement, revenons sur terre un instant, même si par un miracle que je ne saurais m'expliquer cette chieuse m'aimait en retour, ce qui est plus qu'improbable, elle me rejetterait tout de même, n'est-ce pas ? C'est tellement évident, je le vois venir à des kilomètres. Pour me "protéger" d'elle et de son pouvoir mortel, elle va préférer me briser le cœur.

Ça… c'est une vraie évidence.

- Le pétale, reprend doucement Thomas, c'est le pétale qui brille le plus, la personne qu'il représente est ton âme-sœur.

Autrement dit, c'est Melina, je suis foutue ! Définitivement cette fois.

- Je ne suis pas contre parler indéfiniment de l'absence de vie amoureuse de Scar, reprend Aiden, bien que nous devrions tous avouer que nous sommes soulagés de ce fait, il me fait un clin d'œil, intimidé ton futur petit ami sera une vraie joie mais si nous en revenions au plan. Bastian a trouvé un point d'observation. Je propose que nous nous y rendions et que nous soyons le plus discret possible.

- C'est ça le plan ? Je tombe des nues.

- En effet, répond Thomas en bombant légèrement le torse.

- Il vous a fallu plus de deux heures pour en arriver à : nous allons observer ?

- C'est le plan et personne ne le transgresse, ajoute Aiden en nous lançant un regard noir à Madi et moi.

- Au cas où vous ne l'auriez pas compris, s'amuse Jamie, le "personne" s'adresse à Madi et Scar.

- J'avais saisi, merci, bougonne Madi.

- Scar, insiste Thomas.

- Je ne suis pas du genre à transgresser un plan.

- Foutaise, répondent en cœur les quatre autres.

- La ferme Bastian !

- Il y a du bon à ce que Scar te déteste en ce moment, rit Thomas, quoi qu'il arrive, elle ne s'en prend qu'à toi, c'est amusant pour nous, plutôt effrayant pour toi.

- Je me fiche de ce qu'elle pense. Je vais enfin obtenir ce pourquoi je suis venu et elle ne pourra rien y faire.

Je serre les poings et m'intime de ne pas partir au quart de tour. Je rêve ou il me provoque ? Il est en train de parler de Melina ? Je sais que c'est d'elle dont il parle. Je vais lui refaire le portrait ! Sa tête sera tellement défigurée, qu'elle pourra être exposée à côté d'œuvre cubiste.

J'étire mes lèvres dans le sourire le plus faux que je puisse concevoir. Je m'approche de lui. Il ne réagit pas mais tous les autres comprennent la menace. Madi se place entre nous deux, il y a vraiment des moments où je me pose de sérieuses questions sur son instinct de survie. Il doit être complètement détraqué. Aiden agrippe l'épaule de Bastian pour le protéger de son corps si je parviens à évincer la polymorphe. Je sens la magie de Jamie crépiter dans l'air et le loup de Thomas près à immerger.

De mon côté, ce n'est ni la magie, ni l'animal qui s'impose mais le monstre. Je sens la brûlure caractéristique du dragon qui vit en moi s'infiltrer dans mes veines. Mon poul pulse de façon frénétique avant de quasiment s'arrêter, le rythme devient inexistant avant que la rose ne prenne le relais. Une rage folle envahit tout mon être et je sens mes iris s'irradier. Le feu grandit dans mon corps et si je le laisse faire, je pourrai me transformer là, maintenant, tout de suite et faire de cet abominable couard de la pâté pour chien ! Je pourrai le réduire en lambeaux…

C'est Melina qui me fait subir cette perdition, ou plutôt l'optique que ce poltron puisse un jour lui faire du mal. Cette simple éventualité me met hors de moi. Je perds le contrôle, à cause… non, pour elle, pour mon emmerdeuse professionnelle.

Et c'est une lumière bleutée qui irradie mon épaule qui stoppe net la frénésie meurtrière dans laquelle j'étais entrain de me perdre. Un des pétales bleuit… quelqu'un va mourir.

Instinctivement, je me débats avec la cape qu'Aiden m'a obligé à enfiler pour ne pas faire tâche dans le décor, je la balance à terre révélant à tous que je ne porte aucun autre vêtement d'époque, j'ai préféré garder mon slim noir, mes baskets de ville grise et jaune, mon pull moutarde et même ma montre digitale. Je retire aussi vite mon haut, puis mon débardeur blanc avant de tourner le dos à mon cousin et de lui demander complètement paniquée :

- Lequel devient bleu ?

- Tu as vu ce que tu portes ?! S'indigne Thomas.

- Je m'en contre fous de tes serments là, maintenant, tout de suite ! Dis-moi tout de suite, quel pétale devient bleu !

- Scar…

- Thomas, regarde, intervient Jamie.

- Mais quoi ?! Je panique en tordant mon cou au maximum pour essayer d'apercevoir la rose, qu'est-ce qui se passe ?

- C'est fou, souffle-t-il.

- Incroyable, confirme Jamie.

- Mais vous allez me dire ce qui se passe ?!

- Arrêtez de faire languir little one, retourne-toi Scar, je vais te dire ce qu'il en est.

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je m'exécute. Je sais très bien que Madi réagira plus vite, elle a l'habitude de voir des choses disons… inhabituelles. Et pourtant, je la vois se décomposer alors que mon épaule arrive sous ses yeux. Je vois la surprise et le choc se dessiner dans ses yeux. Elle secoue légèrement la tête certainement pour se reprendre avant d'ouvrir la bouche une première fois sans qu'un seul son n'en sorte. Madi reste sans voix. C'est forcément une blague !

J'essaye de nouveau de me tortiller pour voir ce qu'il se passe. Je crois que je donnerai n'importe quoi, n'importe quoi pour avoir un miroir à portée de main ! Je ne comprends pas pour quelle raison ils refusent tous de me dire ce qu'y est en train de se passer. C'est inadmissible ! Il s'agit des vies de ceux que j'aime, de ma vie puisqu'elle dépend entièrement de celles représentées par les pétales.

- Madi, j'explose.

- Ils… les pétales, tous ceux que tu as perdu. Ils… ils se remettent en place.

- Je ne comprends pas.

- Ta rose redevient complète, souffle Madi.

Mais c'est impossible ! J'ai perdu ces personnes de façon horriblement douloureuse, je m'en souviens encore dans mon corps. J'ai vécu leurs morts aussi sûrement qu'eux. Je me suis sentie mourir avec eux… c'étaient les pires jours de ma vie.

Les pétales ne peuvent pas se remettre en place parce que si nous échouons, si nous ne sauvons pas ceux et celles qui ont périt au fil des années, je devrais de nouveau les voir disparaître et sentir encore cette perte comme mon propre trépas. Je ne peux pas revivre ce supplice, c'est trop me demander, beaucoup trop !

Le temps est brisé…

C'est la réalité. Il ne s'agissait pas d'un avertissement. Nous avons véritablement brisé le temps… comment ? Aucune idée. Seulement, à partir d'aujourd'hui je vais devoir vivre avec les conséquences de mes choix. J'aurai dû écouter Melina…

Je n'aurai pas dû partir…

C'était sans nul doute la pire décision de ma vie.

Je sens les larmes dévaler sur mes joues. Je me suis piégée dans une réalité cauchemardesque, une réalité ou aucune des personnes qui ont un jour comptés pour moi ne sont encore morte. Une réalité que je ne partagerai peut-être jamais avec Melina, une réalité ou mes parents sont en vie mais où Anya n'a plus sa place, une réalité qui m'effraie.

- Qu'est-ce que nous avons fait, je souffle la voix tremblante.

- Scar, Thomas m'appelle en saisissant doucement mon bras, tout va bien, c'est une bonne nouvelle.

Je me retourne vers lui avec horreur. Qu'est-ce qui vient de dire ? Je le fais lâcher prise. Son regard choqué me fait comprendre qu'il ne saisit pas pour quelle raison je m'éloigne de lui. Je secoue la tête comme pour refuser l'idée que ma rose se reconstitue, les larmes redoublent, mon cœur entre dans un rythme frénétique devenant terriblement douloureux. Comment peut-il croire une seule seconde qu'il s'agit d'une bonne nouvelle ? Je ne comprends pas.

- Nous sommes sur la bonne voie Scar, reprend-il, nous allons réussir à sauver tout le monde comme prévu.

- Thomas a raison, sourit Jamie.

- Je suis d'accord, c'est plutôt positif little one.

- Ou alors, je réponds d'une voix que je peine à reconnaître, nous échouons, nous empirons les choses et à la fin il n'y aura plus rien.

- Ne dis pas n'importe quoi Scar, me reprend Aiden.

- Tout acte entraîne des conséquences. Tu as voulu ta rose, tu l'as obtenue, intervient avec arrogance Bastian.

Je me tourne vers lui comme au ralenti. Je suis persuadée que si je pouvais voir son visage, il aurait un sourire victorieux collé aux lèvres. Il me dégoûte. Je n'arrive pas à comprendre comment Melina peut le supporter depuis si longtemps ! Dès qu'il prend la parole, j'ai envie de le trucider.

- Tu devrais te la fermer Bastian, crache Madi.

- Je ne fais que énumérer une vérité.

- Tu le fais exprès ? Little one vient de passer à un cheveu de te passer à tabac. Arrête de la provoquer !

- Le pire c'est que je suis assez certain que Melina l'avait prévenu mais qu'elle n'a pas écouté. Je me trompe, Scarlet ?

- Tu veux qu'elle te tue ou quoi ? Hurle Madi. Arrête tout de suite !

Je le vois encore distinctement, son sourire provocateur c'est comme s'il avait une information qui m'échappe. Il continue de me titiller comme si de rien n'était. Je suis sur le point d'imploser et lui poursuit attaques encore et encore. Pourquoi ?

- Vous la surprotéger trop, reprend-il, tout ce que vous en êtes, vous la traiter comme une enfant fragile mais je ne ferai pas la même erreur que vous. Tu crois que je n'ai pas remarqué la façon dont tu la regardes quand personne ne fait attention ? Mais il est temps que tu comprennes quelque chose petite, je ne te la laisserai pas, elle est à moi.

- Mais de quoi tu parles bordel ? Scar, hurle Thomas, de quoi il parle ?

Melina… il ose encore parler de Melina comme si elle était sa chose. Si son but c'est de me faire craquer afin que je le démembre, il s'en sort très bien. Les ronces de la rose se resserrent comme jamais sur ma peau avant de me libérer de son étreinte subitement. Je sens la magie s'accumuler dans mes mains, crépiter dans chacune de mes cellules, naître d'une façon unique. Je n'ai jamais eu un tel accès à ce pouvoir qui m'habite depuis que le sort a été apposé. Je sentais la puissance mais je ne pouvais pas l'atteindre. J'étais en quelque sorte bridée. Mais à cet instant, toutes mes chaînes explosent en millions d'éclats.

- Je vais te tuer.

Encore une fois cette déclaration m'échappe sans que je ne puisse la retenir. J'ai du mal à croire que ces mots soient capables de franchir mes lèvres et pourtant c'est le cas. Je n'ai jamais eu d'instinct primitif de tueur, malgré le loup et le dragon qui vivent en moi. Mais aujourd'hui, je suis prête à bondir sur lui, à me déchaîner comme un animal sauvage et à répondre à l'appel du sang qui tiraille tous les maudits.

- Pas aujourd'hui, m'assure-t-il en tirant sur les doigts de ses gants.

Je l'observe de façon complètement interdite, retirer sa tenue sombre découvrant pour la première fois une peau couleur chocolat. Après ses gants, il fait glisser son long manteau noir, le laissant tomber à terre et juste après, il place sa main droite découverte sur son masque.

- Parce que je vais te prouver qu'elle m'appartient.

- Je ne sais pas de quoi tu parles Bastian mais nous avons un plan.

- Je n'ai pas le même que vous Aiden. Je n'ai toujours voulu qu'une chose : empêcher Melina de gâcher ma vie. Et, j'ai enfin l'occasion de le faire.

- Attends, intervient Jamie, c'est de Melina dont vous parlez depuis le début.

- Évidemment, répond-il avec un certain orgueil, je ne sais pas pour quelle raison aucun de vous ne s'est rendu compte que votre Scarlet regarde Melina comme la septième merveille du monde mais elle est à moi et il est temps qu'elle le comprenne.

- Mais de quoi il parle, m'interroge Thomas. Attends… tu… non ! Pourquoi tu ne réponds pas ?

Bastian fini d'extraire son visage de son masque, ses traits son avenant, sympathique plutôt candide, mais ses expressions sont hautaines. Et comme je l'avais imaginé, son sourire me donne envie de lui en coller une. Il ressemble à Eddie Murphy jeune sans la moustache. Il s'éloigne et je ne comprends pas ce qui me retient de le courser comme une vulgaire proie pour lui arracher la carotide.

- Bastian, hurle Aiden, arrête de jouer au con !

- Ne va pas par-là, sur-réagit Thomas.

- Scarlet, s'égosille Jamie.

Je n'avais même pas remarqué que je le suivais mais contrairement à lui, je m'arrête juste à la limite du point d'observation. Mon cœur s'arrête complètement lorsque qu'il me renvoie un sourire victorieux et que dans son dos j'aperçois Melina discuter avec plusieurs personnes, dont Morgane. Il se retourne et l'appelle par son faux prénom, toute son attention se détourne alors de ceux avec qui elle parlait pour s'accrocher entièrement sur Bastian.

Cette fois mon cœur se brise comme s'il s'était transformé en cristal, alors qu'un sourire gigantesque et vrai fend le visage de Melina. Elle se précipite vers lui. Elle est tellement heureuse de le voir que j'en ai la nausée. Mais je n'étais certainement pas préparée à la suite parce qu'elle ne s'arrête pas une fois à sa hauteur, elle continue et bondit pour s'accrocher à son cou en riant. Il l'a fait tourner doucement avant de la reposer au sol et de l'embrasser, le voir sceller ses lèvres avec celle de Melina ne me met pas mal à l'aise c'est un sentiment bien plus désagréable.
Je suis horrifiée.
Je n'ai plus envie de le tuer mais de le trucider, de le faire souffrir.

Je suis… jalouse.

- Je croyais que tu ne viendrais pas, s'extasie-t-elle.

- J'ai changé d'avis.

- J'ai du mal à le croire. Tu as vraiment désobéi à ton père ?

- Nous n'avons pas tous ce privilège, n'est-ce pas ?

- C'est certain, répond-elle tristement en détournant le regard.

Je fais un pas que je ne contrôle pas pour la rejoindre. C'est plus fort que moi. Je ne peux pas supporter cette mélancolie qui s'immisce sur son visage, révélant ses traits d'une tout autre manière. Comment est-il possible qu'elle soit aussi morose alors qu'elle est en présence de… de la personne qu'elle… qu'elle aime ? Les ronces se durcissent, me faisant bien plus souffrir que jamais. La rose est aussi révoltée que moi de devoir assister à ce manège.

Se sont les doigts de Thomas qui me retiennent et m'empêchent d'avancer plus. À cet instant, je jure que je pourrai le gifler alors qu'il m'empêche de rejoindre la seule personne qui ait de l'importance, même si d'une certaine façon, je comprends qu'il le fasse. Mais… comment Bastian peut-il la laisser souffrir ? Comment ?

- Scar, souffle mon cousin.

- Ne dis rien, je lui demande, je n'ai pas envie de m'en prendre à toi.

- Je ne comprends ta réaction, poursuit-il.

- C'est juste Melina, le soutien Jamie.

- J'ignorais qu'ils avaient été ensemble ces deux-là, murmure Aiden.

- Ouais, l'emmerdeuse est plutôt du genre à le supporter parce qu'elle y est obligée qu'autre chose ou à lui mettre son poing dans la figure, rit Madi.

Les trois autres la suivent dans son hilarité mais je suis incapable de même sourire. Je suis obsédée par leur proximité mais surtout le regard de Melina de plus en plus attristé. Comment Bastian ne peut-il ne rien voir ? C'est inacceptable ! Il continue de lui parler en l'ignorant totalement. Il ne la voit pas, pas même un peu.
Alors que pour moi, elle est le centre de mon univers.
Une femme s'approche d'eux, elle glisse sa main sur l'épaule dénudée de Melina comme s'il s'agissait d'un geste tout ce qu'il y a de plus normal. De nouveau, un sourire illumine entièrement son visage, elle aime aussi cette personne. Ils discutent une poignée de minutes tous les trois mais je ne parviens à saisir aucun mot de leur conversation avant que la nouvelle venue ne pointe Morgane du doigts.

Je ne sais pas si c'est le fait de fixer mon attention sur un visage terriblement familier et rassurant qui me reconnecte à la réalité, mais toujours est-il que je perçois de nouveau des sons. La voix de la femme qui a rejoint Melina et Bastian est particulièrement douce, avenante et paisible quand elle rappelle simplement :

- Tu as promis de protéger Morgane.

- Je ne risque pas d'oublier, sourit Melina.

- Tu devrais y aller, je la sens inquiète.

- Morgane n'est pas inquiète, c'est autre chose. Je m'en occupe.

Puis sans un regard en arrière, elle se dirige vers la sorcière. Je suis surprise par la jeunesse de Morgane. Elle paraît tellement insouciante. Je perçois à peine sa magie, elle est déjà puissante et pourtant son pouvoir est très différent de ce que j'ai déjà pu voir ou ressentir. Je me souviens alors que je l'observe que tout ce qui se déroule sous mes yeux c'était bien avant qu'elle ne devienne la sorcière la plus puissante de tous les temps. Je me demande comment il est possible qu'elle soit passée de cette personne à celle que je connais en si peu de temps.

En voyant Melina arriver vers elle, Morgane fronce les sourcils et paraît tout aussi inquiète que moi. Je me sens profondément rassurée de constater qu'une personne remarque enfin cette tristesse chez elle. La sorcière prend la main de la faucheuse avant de l'attirer au loin des oreilles indiscrètes. Je ferme les yeux pour tenter d'entendre ce qui va suivre mais mon attention est attirée ailleurs. J'ouvre brusquement les paupières en soufflant :

- Je n'avais pas pensé à ce détail.

- À ce que cet idiot de Bastian soit grillé par quelqu'un aussi facilement ? Demande Madi.

- Je crois que cette femme est Jeda, poursuit Jamie, je n'arrive pas à croire que j'ai la déesse de l'Amour sous les yeux, c'est incroyable. Les sorcières ont été créés à son image.

- Mais non, rien à voir avec ce couard, je grogne. C'est Morgane, elle est enceinte de Raven.

- Sérieusement, explosent-elles en cœur en détournant leurs attentions pour la fixer sur la sorcière.

- Tu arrives à imaginer que Raven ne soit encore qu'un amas de cellules, c'est fou, murmure Madi.

- Elle est plus qu'un amas de cellule, la contredit Jamie, je sens déjà sa magie.

- Non mais attend une seconde, souffle Madi encore plus bas avant de faire une pause, pourquoi tu regardais ce qui se passe là-bas Scarlet alors que ce qui se passe à gauche pourrait nous griller ? Tu…

- Morgane est incroyable, la coupe Jamie, je comprends qu'elle est pris du temps pour l'observer. Regarde-moi cette prestance !

- Moi ce qui m'interpelle c'est Melina, poursuit Madi alors que son regard me brûle la peau. Je n'arrive pas à croire que je vais dire ça mais, Bastian à raison. Melina est partout où tu regardes little one.

- Je sais, je réponds sans y réfléchir.

L'intensité du regard de Madi s'intensifie encore après ma réponse mais je ne le réalise pas vraiment et j'y fais encore moins attention. Il faut dire que mon attention est ailleurs. Depuis que je l'observe, c'est la première fois que je retrouve ma Melina dans le comportement de cette fille du futur. Elle agit avec Morgane comme elle pourrait le faire avec moi, normalement. Il n'y a pas de faux-semblant, elle ne paraît pas heureuse ou non, elle est simplement elle-même. C'est alors qu'une nouvelle interrogation naît. Si elle est aussi à l'aise avec la sorcière, pour quelle raison est-ce qu'elle la fuit comme la peste dès que cette dernière apparaît ? Ça n'a aucun sens.

- Il n'y a pas quelque chose que tu devrais nous dire little one ?

- Non, pourquoi ?

- Les filles, intervient Jamie, ça chauffe du côté de Bastian !

- Laisse-moi passer Jeda, hurle en même temps le pleutre de service.

Tous les regards se tournent vers eux, sauf le mien qui est toujours prisonnier de l'attraction que représente Melina. C'est d'abord l'inquiétude qui marque ses traits, avant qu'un léger froncement de sourcils se manifeste. Elle tourne la tête d'abord sur la droite puis vers moi et je jure que mon cœur manque un battement au moment où son regard semble s'arrêter sur moi. C'est maintenant la perplexité qui prend vie sur son visage avant qu'une grimace qui paraît habité par la douleur d'à peine une seconde ou deux ne remplacent cette incertitude. Tout en gardant ses iris vert pâle rivés sur ma position, elles glissent ses mains sur ses oreilles avant de plisser les yeux et de faire un pas dans ma direction.

- De ce côté aussi nous avons un problème, je chuchote, je crois que nous sommes repérés.

- Non sans blague, souffle Madi.

J'arrête enfin de regarder Melina pour remarquer que toute l'attention de Madi était non pas sur ce qui est en train de se dérouler entre Jeda et Bastian, mais bien sur Melina et moi. Je fais un pas en arrière pour me protéger des conclusions qu'elle est certainement en train de faire. Madi secoue la tête avant qu'un soupire ne lui échappe :

- Il va vraiment falloir que nous parlions de ça, little one. Arrête de regarder Melina, tu attires son attention.

- Je…

- Elle ne nous regarde plus, tout va bien.

- Mais…

- Je sais. Il va falloir que nous parlions du fait que tu regardes l'emmerdeuse de première comme tu le fais. Pourquoi je n'ai rien vu avant ? Thomas sait ? Question stupide, il aurait pété un câble. Attend… je dois mentir à mon frère ?

- Nous devons décamper, intervient Aiden, Bastian va nous faire repérer.

- On se sépare, propose Madi, vous restez tous les trois et moi avec little one.

- Hors de question que je laisse Scar !

- Thomas, grogne Madi, s'il te plaît. Si vous vous faites prendre, ce n'est pas grave, vous êtes normaux, alors que nous deux… pas vraiment.

- Ta sœur à raison, intervient Jamie, elles ne peuvent pas se faire prendre, les polymorphes sont traqués comme les baleines blanches et personne à cette époque n'est capable de comprendre ce qu'est Scar.

- Mais…

- Thomas, s'il te plaît. Le meilleur moyen de les protéger, c'est de les laisser partir.

-Très bien mais…

- Nous allons faire attention, promet Madi en embrassant la joue de son frère, je veille sur little one !

- Et qui va veiller sur toi ?

- Je pourrai être vexée, je soupire.

- Allez-y, Bastian approche avec Jeda sur ses talons.

Je jette un dernier regard vers Melina mais j'ai à peine le temps de poser mes yeux sur elle que Madi saisit ma main pour me traîner derrière elle. Nous nous mettons à courir, à fuir. Je déteste cette situation mais certainement moins que celle qui me guide. Je ne sais que trop bien à quel point il est difficile pour elle de se sentir en sécurité.

Sur certain point, nous sommes les mêmes. Dès notre naissance, alors que nous avons pris nos premiers souffles, nos vie ont été en circuit.

Nous avons toujours été pourchassées. Nous avons toujours été des proies. Nous n'aurons certainement jamais de repos puisque nous sommes exceptionnellement uniques. Nous sommes tout ce que ce monde cherche à détruire, des anomalies.

Mais alors que nos vies sont à nouveau en danger, il n'y a qu'une pensée qui me traverse l'esprit : Est-ce que Melina est en sécurité ?

Je me retourne, faisant confiance à Madi pour me guider c'est alors que mon regard se retrouve prisonnier d'iris d'un vert quasiment transparent. Un battement de cils, suivit d'un battement de cœur et cette couleur saisissante disparaît pour laisser place à ce tableau d'aquarelle pastelle que je connais par cœur. Je suis alors complètement hypnotisée. Cette Melina qui n'est alors encore qu'une inconnue me détaille avec la même authenticité que ma Melina.

Mes yeux descendent jusqu'à ses lèvres et je découvre alors ce même sourire en coin amusée qui me fait chavirer tout entière. Puis, bien que je sois trop loin pour percevoir le moindre son, ses lèvres forment des mots qui m'emplissent d'un espoir si grand que je peine à le contenir.

Le temps est peut-être brisé, mais Melina reste pour moi la seule option, la seule personne qui compte un temps soit peu. La seule que je sois capable d'aimer de cette façon : sans le moindre contrôle.

Parce que ces mots se sont ceux-là : Nous nous retrouvons de l'autre côté Éleusis.


Voilà pour ce nouveau chapitre. Encore une fois, un grand merci pour votre patience, reprendre cette histoire après la perte de mes fichiers à été un travail titanesque mais j'y suis et j'ai même quelque chapitre d'avance pour avancer l'esprit tranquille avec vous. J'espère que ce grand retour vous a inspiré et vous a plu ! J'ai hâte de savoir ce que vous avez pensé de ce chapitre. Vous commencez doucement à comprendre ce qui se passe dans le passé pour les Voyageurs et rien ne se déroule comme prévu puisque Bastian a encore fait des siennes… puta** d'égoïste ! Les choses vont-elles se dérouler comme il l'espère ? Va-t-il empêcher Melina de "gâcher sa vie" ? Les Voyageurs vont-ils comprendre ce qui c'est passé avec le Dieu de la Guerre ? Qu'est-ce qu'Éleusis ? Le temps est-il brisé définitivement ? Vont-ils réussir à retourner dans le présent avec le Clexa et le Ranya ? Et que va-t'il se passer pour Madi et Scarlet en fuite ?

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre ! Je vous dit à vendredi prochain ! :)

GeekGirlG