Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !

ACTUALITÉ : Suite à l'annonce mardi soir du gouvernement, mon entreprise est dans l'obligation fermer ses portes pour une durée indéterminée. Jusque-là, nous étions « indispensables » pour les tractations des élections mais comme tout est repousser et que je ne peux pas embarquer une machine de 3,4 tonnes en télétravail me voilà en chômage partielle.

Je suis moi-même, une personne à risque donc je ne suis pas des plus sereine, vis-à-vis des jours, semaines, voire mois à venir. Evidemment, j'encourage tout le monde en France et autre pays à suivre les recommandations de son gouvernement pour ralentir la propagation du virus. Après… notre Président français nous incite à lire et à inventer de nouvelles solidarités. Un petit avantage à cette situation, je vais avoir plus de temps pour écrire. Et, je vous rappelle et assure que je suis ouverte pour toute communication virtuelle, si vous êtes seuls, restez ouverts au monde.

Je ne proposerai pas une publication quotidienne de NMRP, je ne suis pas folle, je sais que même avec plus de temps, je n'arriverai jamais à tenir le rythme. Mais je vais pouvoir accélérer certain projets annexe et essayer de vous les proposer au plus tôt. Je rappelle que je travaille sur plusieurs fanfiction et OS avec divers ship, le Clexa avec « Les amis ne s'embrasse pas sous la neige », le Swanqueen avec « When I See You Tomorrow » (4 chapitres d'écris), le Supercorp avec « Your lies, my lies, one truth » (5 chapitres d'écris) et le ThunderGrace avec un OS.

Je suis à fond sur When I See You Tomorrow en ce moment mais est-ce qu'il a un projet qui vous emballe plus qu'un autre ? Des idées de projets ou de ship ? Comme toujours, je reste ouverte à toute communication.

Bon courage à tous, et surtout au personnel médical/hospitalier, aux forces de l'ordre, pompiers, personnel logistique indispensable, commerçant et à tous ceux et celles que j'oublie qui se mettent en danger pour maintenir le pays à flot : force, santé, honneur et cookies à vous !

Prenez soins de vous !

Quelques mots sur ce chapitre : Nous allons laisser un peu les voyageurs et revenir sur Hélis voir comment la situation évolue pour Anya, Raven, Lexa et Clarke maintenant que le temps est brisé.

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, seule l'histoire est à moi.

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire chaque chapitre de cette fiction pour que la lecture vous soit plus agréable.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)


Ne me regarde pas

Partie n° 3 : Première à mourir

I was there, but I was always leaving J'étais là, mais je partais toujours

I was living, but I was never breathing Je vivais, mais je ne respirais jamais

The more I stray, the less I fear Plus je m'éloigne, moins j'avais peur

And the more I reach, the more I fade away Et plus j'y arrive, plus je disparais

Imagine Dragons – Rise Up

Chapitre 46 : Humaniser

J'aimerai vous parler de ses rêves. J'aimerai vous parler de ce qui a brisé son cœur en milles morceaux, jusqu'à le réduire en cendre. J'aimerai vous parler de ce qui la passionne, l'anime, la fait sourire et rire. J'aimerai vous parler de ce qui a pu la faire pleurer. J'aimerai vous parler de tous ces petits détails qui font d'elle un être unique.

Mais alors, vous comprendrez à quel point je l'adore et je voudrais garder tout cet amour pour moi un peu plus longtemps.


Je suis essoufflée après avoir couru au moins une bonne heure. Je ralentis et m'arrête devant une barrière qui délimite une des falaises vertigineuses d'Hélys. J'appuie mes deux mains sur le bois en essayant de réguler ma respiration alors que la musique jaillit un peu trop fort dans mes oreilles. Je souris en m'étirant avant que mon regard soit attiré par une autre personne aussi matinale que moi qui marche le long de la mer agitée.

Je suis son avancée jusqu'à ce qu'elle s'assoie dans le sable. Mes doigts se resserrent un peu plus sur le bois. J'inspire profondément en me rappelant ma promesse. Je ferme les yeux, me concentre sur la musique. J'essaye d'enfouir cette inquiétude monstre et cet instinct de protection qui grandit un peu plus chaque jour. J'expire en ouvrant lentement mes paupières et je découvre, qu'elle s'est allongée. Elle tend les mains vers le ciel, bouge ses doigts et des flux lumineux apparaissent créant des multitudes d'arc-en-ciel.

Je souris un peu malgré moi, elle contrôle de mieux en mieux ses pouvoirs. Jamais elle ne se serait permis ce genre d'exercice il y a encore quelques semaines. Je le constate un peu plus chaque jour, mais Melina est en constante évolution. Pourtant si ses capacités semblent désormais sous contrôle, la jeune femme continue de se renfermer. Elle ne parle presque plus, n'intervenant que lorsque c'est absolument nécessaire. Elle est constamment perdue dans ses pensées.

Je sais que, même si elle affirme le contraire, elle continue de chercher les autres voyageurs du temps. Elle ne trouvera pas la paix tant qu'ils ne seront pas rentrés.

Pour une raison qui m'échappe complètement après toutes les révélations qu'elle nous a faites, elle ressent à leurs égard un profond sentiment de culpabilité. Elle reste persuadée qu'elle aurait pu faire plus. Les derniers mois m'ont prouvé que j'avais raison, Melina est beaucoup trop gentille pour ce monde. Et je dois avouer que je ne suis pas vraiment à l'aise avec le fait de l'utiliser comme nous le faisons.

J'aimerai trouver un moyen de la sauvegarder du danger. Qu'elle puisse être en sécurité et même, pourquoi pas, heureuse. Ce monde lui en a déjà beaucoup trop fait bavé. Elle a le droit à l'accalmie.

Alors que tous mes sens, hormis l'ouïe qui est hors-service à cause de la musique crachée par le casque sur mes oreilles, sont tous focalisés sur Melina, je sens Raven arriver dans mon dos. Je souris avant même qu'elle ne m'atteigne. Ma belle sorcière se glisse dans mon dos, serre doucement ses bras sur mon abdomen et embrasse mon cou. Je ferme les yeux en venant placer mes mains sur les siennes. Les lèvres de Raven continuent de parcourir la peau qu'elles peuvent atteindre avant qu'elle ne dépose son menton sur mon épaule. Je viens retirer mon casque en m'appuyant un peu plus contre elle.

- Je t'ai réveillé ? Je demande doucement.

- Non, m'assure-t-elle, mais j'aurai préféré te trouver à mon réveille.

- Désolée, j'avais besoin d'évacuer ce surplus d'énergie.

- Hum, je l'entends sourire, les loups, elle embrasse de nouveau ma joue. Je n'ai pas envie d'y aller aujourd'hui, soupire-t-elle. J'aimerai rester avec toi.

- Ne me dis pas ça, je me plains. Tu sais que je déteste te regarder partir.

- Je sais. Tu t'es contentée de l'observer ou tu es allée lui parler aujourd'hui ?

- Je sais, je bougonne. Je dois arrêter d'autant m'inquiéter pour Melina.

- Pffff, soupire Raven, les loups, s'amuse-t-elle de nouveau, et leur foutu instinct de protection. Je n'arrive jamais à savoir comment elle va. Et toi ?

- Pareil, c'est pour cette raison que je suis à ce point inquiète. Comment elle est… dehors ?

- Je crois qu'il vaut mieux que tu l'ignores… tu ne la laisserais plus sortir et nous avons besoin d'elle. Ses pouvoirs sont vraiment un plus.

- Je n'arrive pas à croire qu'autant de temps se soit écoulé.

- Anya…

- Je sais que ce n'est pas dans ma nature mais je commence à croire qu'ils ne vont pas revenir.

- Anya, souffle-t-elle à nouveau, non. Regarde-moi.

Raven dessert doucement ses bras et m'incite à me retourner. Sans la moindre hésitation, ses mains viennent encadrer mon visage. Je me perds dans ses yeux. Je me sens infiniment mieux. Je souris quand sa magie parcourir ma peau, elle étincelle entre les doigts de Raven et mon visage. Par moment, je la sens même s'éloigner un peu plus de son hôte comme pour s'assurer que je vais bien.

La première fois que les pouvoirs de ma belle sorcière se sont échappés de son corps pour parcourir le mien de cette façon, je me suis inquiétée. Raven m'a alors expliquée que notre lien avait des répercussions toutes aussi uniques que ce dernier. Et si parfois, mon loup a besoin de vérifier en personne qu'elle se porte bien, il en est de même pour sa magie.

- Ils vont revenir, assure-t-elle avec une détermination qui me fait frissonner.

- Ça fait plus de huit mois, je réponds en baissant les yeux.

- Ils vont revenir, insiste-t-elle. Et tu n'arrêtes pas de le dire toi-même, s'il était arrivé quoi que ce soit à Scar, tu l'aurais senti. Tout comme Melina.

- Son mutisme ne me rassure pas, je reprends en retrouvant le regard de Raven. Elle est de plus en plus silencieuse. Elle passe parfois des jours sans nous parler. Elle s'entraîne, part avec vous, revient blessée, se soigne et recommence, je fais tourner mon indexe à plusieurs reprises, c'est une boucle infernale. Et pourquoi, c'est toujours elle qui revient blessée ?

- Tu ne te poses pas la bonne question Anya, je l'entends sourire.

- Je me pose toujours les bonnes questions, je grogne.

- Pas cette fois, elle m'embrasse sur les lèvres me faisant oublier tout le reste, il n'y a plus que Raven et moi, tout ce qui nous entourent disparaît, la bonne question, reprend-elle à bout de souffle en appuyant son front contre le mien, c'est : pourquoi Clarke et moi revenons toujours indemnes ?

Subitement, j'ai une révélation. J'écarquille les yeux au possible et sans vraiment m'en rendre compte, je m'éloigne assez de Raven pour m'extraire de ses bras. J'observe Melina derrière son épaule avec plus de mille questions qui se forment dans mon esprit. Je n'arrive pas à croire que quelque chose d'aussi important ait pu m'échapper.

- Anya, soupire Raven en glissant sa main dans la mienne, ne t'éloigne pas trop, pas aujourd'hui.

- Quoi ?

- Ne t'éloigne pas trop, me demande-t-elle à nouveau avec un peu plus de fragilité.

- Je suis désolée, je ne voulais pas, à mon tour je saisis sa main libre, mais ce que tu viens de dire c'est…

- Lexa et toi, vous lui avez demandé de veiller sur nous et c'est exactement ce que Melina fait, même si parfois c'est de manière complètement inconsciente. Je te jure, par moment, je me demande si elle a un instinct de survie.

- Quoi, je hurle, parce que tu te mets assez en danger pour que tu la penses dépourvu d'instinct de survie ? Tu n'y vas plus, c'est fini !

- Non, elle rit, pas moi. Je suis une sorcière de sang, les seules fois où elle est intervenue pour moi c'est quand je me perdais dans la magie.

- Mais c'est pire !

- Anya… tu te rends compte que si j'avais cette conversation avec Lexa, des têtes tomberaient.

- Attends… Clarke est inconsciente ?

- Je n'utiliserai pas ce mot, grimace-t-elle, plus… déterminée ?

- C'est une question ?

- Okay disons que je suis plus que rassurée de ne pas être la seule à veiller sur elle.

- Par toutes les lunes, je me frotte les paupière, lasse, s'il arrive quoi que ce soit à Clarke…

- Il ne lui arrivera rien. Il n'arrivera rien à personne. Nous veillons les uns sur les autres. Melina avec peut-être un peu trop de conviction mais je crois que c'est simplement dans sa nature, sourit Raven. Plus j'apprends à la connaître, plus je me rends compte que je l'aime bien et je comprends ce qui a pu charmer ma mère.

- Je devrai être jalouse ? Je demande joueuse.

- Qui sait ?

- Tu n'as aucune chance, je lui assure.

- Ah oui ?

- De un, je ne te laisserai plus jamais partir, je viens embrasser ses lèvres, et de deux, son cœur est déjà pris.

- Pourtant, elle s'acharne à dire qu'elle n'est pas amoureuse de Scarlet, Raven rit. Non mais sérieusement à qui elle essaye de faire croire ça ?

- Rae, je souffle.

Raven reprend tout son sérieux, fronce légèrement les sourcils avant de me détailler d'une manière bien différente. Sa magie s'échappe de nouveau de ses mains. J'entends son cœur manquer quelques battements avant qu'elle me demande précautionneusement :

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Je relâche sans mouvement brusque sa main droite pour venir perdre mes doigts dans ses cheveux. Je les laisse glisser dans ses mèches noires en souriant.

- Anya, tu m'inquiètes.

- Ose me dire, je reprends en plongeant mon regard dans le sien, qu'au début, tu n'as pas essayé de faire croire à qui voulait l'entendre que tu ne m'aimais pas, à moi la première.

- Ce n'est pas du tout pareil, je suis une sorcière de sang, tu es… toi et, elle se mord un peu trop sa lèvre inférieure à mon goût, je ne veux pas qu'elle se fasse mal, j'avais déjà eu une empreinte.

- Peut-être que la situation de Melina n'est pas si… différente de la tienne. Sans oublier, je viens caresser la paume de la main de Raven de mes ongles, jusqu'à appuyer mes doigts contre les siens, que Melina ne peut toucher personne. Je me souviens de ce que j'ai ressentie quand tu refusais de me toucher, c'était dévastateur. J'ai réussi à te faire changer d'avis avec beaucoup de temps mais tu arrives à imaginer, je m'éloigne rompant tout contacte, ne pas me toucher, jamais.

- Anya, se plaint-elle aussitôt.

- Scarlet est un loup, elle a besoin de contacte et Melina ne pourra pas le lui offrir.

- Mais c'est aussi un dragon et une sorcière. Elles trouveront un moyen.

- Si j'avais la même capacité de tuer que Melina, je te repousserai.

- Pardon ?

- Je t'aime Raven, bien plus qu'il ne m'est possible de te le dire mais si un seul moment d'égarement pouvait t'être fatale, je préfèrerais te savoir loin mais en vie.

- C'est complètement stupide !

- Les gens comme Melina et moi, c'est de cette manière que nous pensons : d'abord les autres ensuite seulement nous.

- Anya, ne parles pas comme ça. S'il te plaît.

- Je suis sortie de ce cercle vicieux, je reviens vers elle, je peux te l'assurer, j'encadre ses joues de mes mains, mais je comprends Melina parce que pendant très longtemps, j'ai été comme elle : seule, apeurée par ce que je suis, beaucoup trop puissante et mes secrets avaient des secrets. C'est peut-être pour cette raison que je m'inquiète autant pour Melina. Je me reconnais en elle et je ne veux pas qu'elle ressente… je m'arrête ne trouvant pas de mots pour décrire ce mal-être qui m'a habité pendant si longtemps. Je veux la protéger, d'elle-même.

- Je comprends. Mais s'il te plaît, ne dis plus que tu fais passer tout le monde avant toi, c'est quelque chose d'effrayant.

- Oh, je viens mordiller ma lèvre inférieure pour retenir mon sourire, mais j'apprends à être égoïste.

- Je crois que je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi faux sortir de ta bouche.

- Pourtant, j'ai obtenu la seule chose qui un jour ait eu de l'importance pour moi.

- Et qu'est-ce que c'est, elle roule des yeux, un sandwich à la guimauve et au caramel avec des petits nounours à la gélatine dessus au petit déjeuner ?

- N'importe quoi, j'explose de rire. Toi, je viens l'embrasser, idiote ! Je t'ai obtenue, toi, ma femme.

C'est autour de Raven de m'embrasser, peut-être avec un peu trop d'entrain puisque nos dents s'entrechoquent. Je souris quand elle se penche vers moi pour accentuer le baiser. Je perds mes doigts dans ses cheveux. Je recule légèrement pour mieux contenir son assaut alors que sa langue vient retrouver la mienne. Alors qu'un bal endiablé commence, la barrière vient me soutenir se calant dans mon dos. Pendant un court laps de temps, je perds mon souffle et ma belle sorcière prend l'avantage de cet échange, le contrôlant entièrement. Il grogne et proteste à ce constat mais personnellement, je trouve cela particulièrement grisant.

Je me perds entièrement dans ce baiser qui me consume et comme bien souvent, je ne suis pas au bout de mes surprises. Raven Reyes, ne me laisse jamais croire que je peux contrôler la situation lorsque nous sommes toutes les deux et sa magie s'en mêle. Les filaments de son pouvoir se propagent de nouveau hors de son corps, pour participer à cet échange, m'électrisant encore plus. Je voudrais croire que je serai capable de l'arrêter à tout moment mais la vérité c'est qu'à cet instant, elle pourrait faire de moi absolument tout ce qu'elle veut.

C'est assez étrange, j'ai passé ma vie à absolument tout contrôler. J'étais terrifiée à l'idée de souffrir encore plus. Et là, je me complais dans une relation où mon cœur, mon âme et ma vie toute entière est entre les mains d'une autre personne. Si elle le voulait, Raven pourrait me briser. C'est une chance qu'elle soit tout aussi dépendante que moi, amoureuse au même titre et sincèrement déterminée à me protéger contre le monde entier si c'est nécessaire.

- Par tous les enfers, proteste une voix familière, prenez une chambre, c'est très gênant !

Je me sépare à regret de Raven qui soupire en laissant tomber son front sur mon épaule. Je pince mes lèvres pour m'empêcher de rire. Je caresse doucement ses cheveux en observant derrière elle Clarke qui continue de grommeler dans son coin. J'embrasse doucement les cheveux de Raven avant de l'éloigner de mes bras, tout en gardant sa main dans la mienne.

- Bonjour Clarke.

- Ouais, elle fait un geste vague de la main en évitant de nous regarder, salut. Lexa vous cherche, nous explique-t-elle. Elle est sur les nerfs, encore, grimace-t-elle.

- Voyez-vous ça, un rire moqueur m'échappe.

- Ce n'est pas drôle Anya !

- Je suis d'accord avec Clarke, soupire Raven, Lexa est intenable en ce moment.

- Hum-hum…

- Anya, s'offusquent-elles d'une même voix.

- Je ne vois pas ce que vous attendez de moi. Je lui ai déjà parlé.

- Tu pourrais au moins me dire ce qu'il se passe, explose la blonde. Je ne sais plus quoi faire pour la calmer ! Et par moment, c'est à peine si elle me laisse approcher ! Elle rumine toute seule dans son coin et ça n'aide personne, poursuit-elle alors que sa voix augmente d'une octave. Je sais qu'elle s'inquiète de ce qui peut se passer dehors mais elle est dans cet état tout le temps, pas seulement quand je me mets "en danger sans la moindre considération pour elle", ce sont ses mots, pas les miens. Qu'est-ce qu'elle veut que je fasse, hein ? Si je sors, ce n'est pas par gaieté de cœur. Je déteste ça : être loin d'elle, alors qu'elle est dans cet état déplorable c'est insupportable mais si je le fais c'est pour la meute ! De toute façon, reprend-elle à bout de souffle et plus calmement, être loin d'elle tout court ne me plaît pas.

- Je crois qu'il va falloir que tu parles à nouveau à Lexa, souffle Raven à mon oreille, parce que Clarke est au bord de l'implosion et je ne suis pas certaine de vouloir savoir à quoi ressemble un semi-démon qui explose.

- Lexa ne m'écoute pas, je grogne.

- Et bien trouve un moyen pour qu'elle le fasse parce qu'après c'est moi qui me coltine, cette chose sur le terrain.

Je hausse un sourcil en me tournant vers Raven pour la dévisager. Je n'arrive pas à croire ce que je viens d'entendre. Est-ce qu'elle vient sincèrement de comparer Clarke à une « chose » ?

- Sincèrement, tu n'es pas là, reprend-elle plus calmement, contrairement à ce que tu peux croire Clarke n'est pas tête brûlée quand nous sommes dehors. Elle est juste… absente.

- Vous pouvez arrêter vos messes basses, c'est agaçant.

- Désolée Clarke.

- Nous sommes désolée, m'interroge Raven en haussant un sourcil.

- Oui, nous le sommes.

- Ah…

- Je vais parler à Lexa, j'assure à Clarke, encore. Je ne suis pas certaine qu'elle va m'écouter mais je vais lui parler.

- Je te remercie, Clarke sourit timidement. Je ne sais plus quoi faire. Allons-y maintenant avant qu'elle ne devienne vraiment intenable.

- Quel est l'urgence, interroge Raven.

- Il n'y en a pas.

- Pardon ?

- Qu'est-ce que tu veux qu'j'te dise : Lexa est sur les nerfs, elle soupire. Et elle a décidé qu'elle voulait passer du temps avec vous, ce que je crois être plus Anya, sans vouloir te vexer Raven. Mais elle a préparé assez de nourriture pour assouvir les besoins de tout un régiment. Donc… petit déjeuné en famille, obligatoire.

- Génial, je suis enchantée.

- Raven, je soupire.

- Quoi ?!

- Un peu de considération.

- J'en aurai si au moins je savais pourquoi Madame Contrôle était à ce point dans le non-contrôle. Et là, je te tends une perche pour que tu m'en parles, tu t'en rends compte, n'est-ce pas ?

- Je ne peux pas en parler avec toi. Je te l'ai déjà dit, c'est personnel.

Nous rejoignons rapidement notre maison. Je dépose mes affaires et prend une douche rapide avant de rejoindre la cuisine ce que ne manque pas de me reprocher Raven. Quand j'arrive, je réalise immédiatement que Clarke à tout sauf exagéré quand elle a affirmé qu'il y avait bien plus de nourriture que nous pourrions en avaler. Je suis déjà en train de m'imaginer devenir obèse dans un futur proche quand Bellamy me donne un petit coup d'épaule.

Je me tourne vers lui et le découvre tout sourire avec Scarlet dans les bras, les mains plongées dans ses cheveux à tirer dessus sans la moindre considération. Bellamy essaye de l'éloigner mais elle s'accroche ferme et dure. Il grimace en parvenant à la faire lâcher prise, la petite proteste en essayant de se saisir de nouveau des boucles de son père. Puis son regard d'émeraude et de feu s'arrête sur moi, elle a comme un moment d'absence, de reconnaissance avant d'étirer ses bras au possible vers moi et de babiller pour que je la prenne.

- Tiens, sourit Bellamy, prend-la.

- Si elle s'en prend à mes cheveux, elle va avoir de graves problèmes.

- Mais oui, mais oui, s'amuse-t-il en me la confiant.

- Salut petite louve, je souris alors que d'instinct elle vient serrer mon cou. Moi aussi je suis heureuse de te voir, je me complets dans ce lien si fort qu'il existe entre elle et moi. Donc, je reprends à l'attention de son père, vous aussi vous avez été conviés ?

- Ouais, je n'ai pas osé refuser. Lexa me fait un peu peur en ce moment, ajoute-t-il bien plus bas.

- Il va vraiment falloir que je lui parle, je soupire.

- Tu sais ce qui cloche ?

- J'en ai bien peur, oui. Et je n'ai pas du tout envie d'avoir cette conversation avec elle, une seconde fois.

- Rien de grave ? Demande-t-il inquiet.

- Non rassure-toi. C'est personnel. Où est Echo ?

- Je ne sais pas, elle m'a demandé de ne pas l'attendre. Tu sais comment elle peut être par moment, il sourit encore. Je la trouve particulièrement bien depuis quelque temps. Qu'est-ce que tu en penses ?

- Je penses que vous avez tout, j'étire un peu mes bras faisant chavirer et rire Scarlet, pour être heureux.

- Je suis d'accord.

Notre conversation est interrompue par l'arrivée de Lexa qui sans le moindre doute fulmine intérieurement. Elle est comme un loup en cage, c'est flagrant. Je rapproche Scarlet de mon corps pour mieux la maintenir et même peut-être inconsciemment la protéger. Indra s'approche timidement, presque mal à l'aise. Elle est bousculée par Thomas qui déboule à toute vitesse avant de piler devant moi pour faire de grands signes à sa cousine. Gaïa fait son entrée à son tour, elle me gratifie d'un grand sourire avant de rejoindre sa mère.

Je fronce les sourcils en ne voyant ni Raven, ni Clarke. Je les cherche partout avant de ressentir une légère panique en ne les voyant nulle part. Je ne le vois pas mais je sais que Bellamy secoue la tête en levant les yeux au ciel, moqueur. Pourtant, il ne fait pas une remarque désobligeante, se contentant de me soutenir en apposant respectueusement sa main sur mon épaule.

- Madi en fait voir de toutes les couleurs à Clarke depuis qu'elle se sent assez en sécurité pour se transformer à tout va. Elle a demandé de l'aide à Rae.

- La dernière fois que Clarke a demandé de l'aide, Madi s'est transformée en alligator, je grimace. Il va vraiment falloir que nous trouvions son, je plisse le nez et à défaut de trouver mieux je fini ma phrase, mode d'emploi.

- D'après ce que nous a dit Guillième, Madi devrait se stabiliser d'ici ses deux ans et demi.

- Génial, plus que 16 mois à galérer, j'ironise.

- Tu t'es déjà posée la question ?

- Laquelle, je demande peu attentive, recherchant toujours la présence de Raven.

- À ton avis, pourquoi la Madi du futur a choisi de rester sous la forme d'une enfant ?

A dire vrai, je ne me suis jamais posé la question. C'est assez étrange d'ailleurs. Je m'interroge toujours sur mille et un sujet mais celui-ci ne m'a pas effleuré l'esprit. Je reste perplexe un moment avant d'oublier absolument tout ce qui était en train de me perturber en voyant Raven arriver avec sur les talons une Clarke essoufflée. Elle grommelle encore, ce qui me fait sourire.

J'avance pourtant vers elle, inquiète de ne pas voir Madi avec elles. Raven sourit plus que de raison en me voyant arriver. Scarlet tant ses mains vers elle, en prononçant difficilement son surnom. Je suis un peu jalouse d'ailleurs. Le sourire de ma belle sorcière s'agrandit avant que son regard s'adoucit. Elle lui fait de grands signes ce qui amuse la petite rousse, je remarque tout de même qu'elle ne la touche pas. Raven ne s'est pas résolu à la prendre une seule fois dans ses bras depuis le jour de sa naissance, il y a huit mois.

Je sais qu'il s'agit encore et toujours de ses mains, de sa magie et pourtant je n'arrive pas à comprendre cette barrière que Raven a immiscée entre elle et Scar. J'ai remarqué que parfois, de manière inconsciente Raven, à certains gestes apaisants envers les membres de ma meute. Je l'ai vu prendre Echo dans ses bras, taquiner Gaïa en ébouriffant ses cheveux et même donner un coup de poing amicale dans l'épaule de Bellamy. Mais avec Scarlet, elle garde une distance que je ne parviens pas à comprendre.

- Où est Madi ? Je demande à Clarke pour me sortir de mes réflexions.

- Oh, elle plonge sa main droite dans la poche de son manteau en souriant, juste là, elle en sort un petit lapin noir, elle s'était cachée sous la réserve de bois et refusait d'en sortir, trop effrayée.

- Elle va bien ? Interroge Lexa en se faufilant jusqu'à nous, j'ai senti sa peur.

- Elle va bien, lui assure Clarke. Tu veux la prendre, demande-t-elle avec un sourire démesurée, elle sera plus rassurée si c'est toi.

- Tu te débrouilles très bien, assure Lexa en embrassant le front de Clarke, et je ne suis pas… en état de rassurer qui que ce soit.

Au moins… elle semble se rendre compte de son humeur massacrante. Et comme si elle avait la capacité de lire dans mes pensées, elle me fusille d'un regard si meurtrier que j'ai presque envie de battre en retraite. Il va vraiment falloir que je discute avec elle parce que je n'aime pas du tout ce regard. Mais pas maintenant et pour lui faire comprendre, je lui propose de nous mettre à table.

Nous sommes tous installés avec au moins une préparation devant nous quand Echo débarque. Je secoue la tête amusée en la voyant tapoter ses chaussures sur le tapi puis les retirer. Je suis catégorique, c'est la seule à se soucier de ce genre de détail d'autant plus maintenant que la maison est envahie par les enfants. Elle se dirige ensuite vers Bellamy avec un grand sourire. Elle se place dans son dos en refermant ses bras autour de son cou pour se pencher et l'embrasser sur la joue. Je suis encore plus attendrie quand je réalise que la tartine devant lui n'était pas pour lui mais pour elle, il lui donne avec un regard d'adoration. Elle mord dedans avant de rejoindre la seule place libre, près de Lexa.

En passant devant moi, elle s'arrête pour embrasser sa fille sur le front. J'ai remarque que lorsqu'elles étaient proches toutes les deux, l'incendie dans leurs iris se dissipe. Echo plonge donc ses yeux étrangement normaux dans les miens en me souriant avant de regarder en face d'elle où se trouve Raven pour lui faire un petit signe de la main auquel ma belle sorcière répond non sans un léger froncement de sourcils. Elle s'installe enfin en mangeant avec appétit et sans remarquer le regard, pleins de reproches de ma sœur de cœur.

- Où étais-tu ? demande-t-elle avec une menace à peine dissimuler dans sa voix.

- Lexa, je soupire.

- Quoi ? Je ne comprends seulement pas son retard. En quoi est-ce mal ?

- Le ton que tu emploies peut-être ? Suggère Raven en me lançant une pomme que je réceptionne sans le moindre mal.

- J'étais sur la plage, répond Echo sans la moindre peur en souriant à Lexa. J'avais quelque chose à y faire. Merci pour le petit déjeuner en famille, c'est une bonne idée.

- Une bonne idée, souffle Raven à mon attention.

Je secoue la tête en hochant les épaules, l'ignorant pour me concentrer sur Echo. Je suis heureuse qu'elle nous considère tous comme sa famille. Je ne sais que trop bien à quel point il peut être difficile de s'attacher à de nouvelle personne après avoir été maltraité tout sa vie durant. Je sens un violent coup de pied dans mon tibia, ni une, ni deux, toute mon attention revient sur Raven que je couve d'un regard noir.

- J'apprécierai que tu ne fasses pas ce genre de chose, je grimace en peinant à le retenir après cette attaque.

- Je ne veux même pas savoir ce qu'il vient de se passer, intervient Indra avec un calme olympien. Manger en silence est inenvisageable, je suppose.

- Tu supposes bien, lui sourit sa fille.

- Que vous arrive-t-il à toutes les deux, interroge Lexa, vous agissez bizarrement.

- Ah, relève Raven, c'est nous qui agissons bizarrement.

- Raven, j'interviens immédiatement avec fermeté.

- Quoi ? Est-ce que je suis la seule à oser dire ce que tout le monde pense tout bas.

- Ce n'est pas le moment, j'insiste.

- Avant les déjeuners familiaux auquel j'assistais se finissait toujours dans le sang, reprend Echo avec un sourire déconcertant tout en attrapant la pâte à tartiner, j'aimerai autant ne pas reprendre cette tradition ici.

- C'est une très bonne suggestion, je la suis en la pointant du doigt et en continuant de lancer un avertissement sourd à Raven. Je vote pour que tout ceci se passe sans le moindre accro.

- En attendant, reprend Raven à mon plus grand désespoir, il faut avouer que…

Elle est coupée en plein milieu de sa phrase par la porte d'entrée qui claque violemment. Je me lève aussitôt, alertée par cette arrivée qui n'était pas prévue. Je remarque que tous les loups sont sur le qui-vive alors que les autres se contentent de se tordre le cou pour essayer de voir qui vient interrompre notre petit-déjeuner.

Je frôle la crise cardiaque quand je vois Echo quitter la table, avec un verre de jus de mangue entre les mains et courir vers le danger. Je dépose Scarlet sur les genoux de Thomas et la suit non sans galérer à m'extirper de ma place. Je pile net quand je reconnais dans l'embrasure de la porte de la cuisine Melina.

Qu'est-ce qu'elle fait ici ?

- Tiens, sourit Echo en lui tendant le verre de jus de fruit, si je me souviens bien, c'est ton préféré.

Pendant un instant, je crois que Melina va lui répondre mais elle se contente de sourire timidement avant de baisser les yeux et d'acquiescer. Echo lui tend un peu plus le verre alors que la jeune femme l'observe comme s'il s'agissait d'une bombe à retardement. Elle passe sa main droite dans ses cheveux avant de prendre une forte inspiration et d'avancer son autre main tremblante. Elle se saisit du récipient, ses doigts ne sont qu'à quelques millimètres de ceux de la dragonne pourtant, aucune ne fait un geste pour s'éloigner.

- Je suis heureuse que tu ais décidé de venir. Je n'étais pas certaine de t'avoir convaincue.

Alors c'était ça, la raison de son retard. Echo est partie chercher Melina. Je crois que je n'ai jamais été aussi fière d'elle. C'est sans nulle doute une de ses meilleures décisions. Et je sais que la jeune dragonne en sait plus sur Melina que nous tous, je ne pourrais pas dire comment mais elle a ce genre de regard qui ne trompe pas. Elle connaît la jeune femme, au-delà de ce qu'elle laisse entrevoir.

- Je ne compte pas lâcher ce verre tant que je n'aurai pas la conviction que tu restes.

- Est-ce qu'Echo menace Melina ? Me demande avec une certaine angoisse Bellamy.

- Je dirais plutôt qu'elle lui fait du chantage, je grimace.

- Ah parce que tu trouves que c'est mieux ?

- Pas vraiment.

De nouveau Melina prend une forte inspiration, je vois ses cheveux châtains se mouvoir avant de reprendre leur teinte nacrée. Je m'avance un peu plus, il ne s'agit pas d'un manque de confiance mais de prudence. Je voudrais éviter un accident regrettable. Je suis assez près pour voir aussi ses iris changer de couleur, les couleurs pastelles viennent effacer l'émeraude en une fraction de seconde. Regarder dans ses yeux alors qu'ils sont en plein changement c'est comme observer un ciel d'été alors que le soleil se couche, tout est en mouvement, certaines couleurs apparaissent pour se confondre avec d'autre sans jamais se stabiliser.

- Tu restes, sourit Echo.

Je ne sais pas du tout comment elle en est venue à cette conclusion. Je fronce les sourcils en me souvenant qu'à un moment, j'ai douté de la nature de Melina. J'ai cru que comme Echo, elle était un dragon ou du moins une créature semblable. Je me demande si elle est capable d'entendre la voix des dragons.

En tout cas, Echo relâche la pression qu'elle exerçait sur le verre. Melina lui tourne le dos aussitôt et je me sens déçue qu'elle ait finalement changée d'avis pour partir. Pourtant, contre toute attente, elle ne se dirige pas vers la porte d'entrée mais vers le salon. Mes yeux sont rivés sur elle et je manque presque l'avancée dangereuse de Scarlet qui tente de la rejoindre en babillant à quatre pattes.

- Doucement petite louve, je la saisis avant qu'elle n'aille plus loin.

- Désolé, Thomas arrive essoufflé, elle m'a échappée.

- C'est rien bonhomme. Cette petite peut être très déterminée quand il s'agit de Melina, je souris en la serrant contre moi.

Je sursaute alors que les premières notes de musique résonnent dans la maison. Lexa se lève dans un crissement de chaise qui me fait grimacer. Elle s'approche rapidement mais s'arrête dans mon dos. Je tourne assez la tête pour détailler son profil, elle a les larmes aux yeux alors que la mélodie jouée au piano par Melina se poursuit. Les mains de ma sœur de cœur tremblent, elle resserre ses doigts pour essayer de le dissimuler.

- Okay, souffle Clarke clairement inquiète, je dois faire quelque chose.

- Personne n'avait touché à ce piano, commence Lexa, depuis…

- … Lili, je fini à sa place avec un sourire réconfortant.

Nous nous approchons plus de Melina qui a les yeux rivés sur ses doigts. Elle connaît clairement par cœur le morceau mais les lumières qui jaillissent de ses mains sur les touches noir et blanche rendent ce moment encore plus magique. Melina commence à sourire, je crois que c'est la première fois en huit mois avant que des larmes dégringolent sur ses joues, sans qu'elle n'arrête pas pour autant la musique.

C'est un moment hors du temps.

Tout le monde finit par rejoindre le salon. Raven glissa sa main dans la mienne avant d'appuyer sa tête contre mon épaule. Il n'y a plus aucun bavardage. Il ne reste que la musique. J'observe toutes les personnes présentes dans la pièce et réalise que pour la plupart, elles me sont devenues indispensable. Echo a raison, nous sommes une famille.

J'esquisse un sourire pour Lexa qui a prit Clarke dans ses bras. Je ne sais pas comment elle parvient à retenir ses larmes. À sa place, je me serai effondrée.

Après quelques minutes, je réalise que plusieurs va et vient ont été fait entre le salon et la cuisine. Les plus jeunes continuent de déjeuner à même le sol, sous le piano. J'échange un regard avec Raven et au rythme de la musique, nous allons chercher de quoi nous nourrir avant de nous asseoir contre le mur pour manger en silence.

Quand Melina arrête de jouer, j'ai comme un temps d'arrêt. J'aurai aimé que ce moment dure encore un peu. Elle se lève en étirant ses doigts, sans un mot, ses yeux toujours pastelles passent sur chacun d'entre nous. Son sourire a disparu, ses larmes sont restées pourtant je distingue un léger changement dans son regard. Elle semble… je ne sais pas, apaisée ?

Je ne l'avais jamais vu dans cet état avant aujourd'hui, pas même avant le départ des voyageurs et plus important celui de Scarlet. Je ne sais pas quel genre de conversation elle a eu avec Echo, mais elle a semblé plus qu'efficace. Melina inspire profondément en fermant les yeux et alors qu'aucun d'entre nous n'a entendu sa voix depuis des semaines, elle souffle un presque inaudible :

-Merci.

Elle esquisse un sourire timide en se grattant nerveusement derrière l'oreille et de baisser les yeux. Lexa s'avance vers elle, je ne m'inquiète pas ma sœur parait un peu plus calme. Melina étire ses manches au maximum, certainement pour occuper ses mains et éviter de fuir. C'est seulement à cet instant que je remarque que son pull noir qui bien qu'il soit trop grand pour elle est complètement déformé. J'imagine donc que se n'est pas la première fois qu'elle le maltraite de la sorte.

- Merci à toi Melina, je crois que c'était pile ce dont j'avais besoin.

- Ouais, réplique Clarke, elle est passée du niveau Terminator à assassin lambda.

- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, grimace Lexa.

- Quelle mauvaise foi, murmure Raven.

- Crois-moi, je soupire, si tu étais à sa place, tu serais tout autant sur les nerfs, peut-être plus.

- Donc tu comptes me dire de quoi il s'agit, sourit-elle victorieuse.

- Non.

- Outch, intervient Bellamy, tu es rude Anya.

Après ce moment hors du temps, le reste de la matinée se déroule à une vitesse incroyable. Personne ne cherche à quitter la maison. Les sourires et les rires remplacent les larmes de tout le monde. Nous ne nous parlons pas forcément mais nous sommes ensemble et je dois bien avouer que c'est très agréable.

Quelques minutes avant midi, c'est au tour de Marcus et Abby de débarquer. Ils ont cette odeur particulière que peuvent avoir le personnel médicale ou même l'hôpital. Ils passent le plus claire de leurs temps à l'infirmerie, ensemble. Depuis quelque temps, ils ont arrêté de se tourner autour. Je les ai vu sortir ensemble à plusieurs reprise et Abby a prit le pas de ne plus dormir aussi souvent dans le complexe médical. Je ne parlerai pas de la fois où j'ai compris qu'ils avaient passé la nuit ensemble, c'est traumatisant.

J'étais effrayée à l'idée que Abby puisse faire souffrir mon père. Je me suis bien vite rendue compte que c'était tout le contraire. Ils se reconstruisent ensemble. Après, j'ai eu peur que Clarke ne soit pas du tout d'accord avec cette relation et qu'elle fasse quelque chose de stupide mais j'ai vite découvert qu'elle était leurs fan numéro un. Je crois même pouvoir dire qu'elle est encore plus enthousiaste que moi.

Je me lève quittant Raven qui ronchonne dans son coin pour prendre mon père dans mes bras. Il me caresse les cheveux, murmure quelques mots rassurants avant d'embrasser mon front. Je suis toujours subjuguée même après tout ce temps par sa facilité à me rassurer. Il s'éloigne avec un grand sourire avant de saluer ma belle sorcière qui finit par nous rejoindre en faisant un signe de la main à Marcus. Lui non plus, elle ne le touche pas, jamais en revanche, tous ses sourires sont vrais. Elle l'aime pour tout ce qu'il a fait pour moi.

- Alors, c'est aujourd'hui ? Demande-t-il doucement avec toute la délicatesse du monde.

- Oui, nous répondons en même temps avec la même tristesse qui habite notre voix.

- Sois prudente Raven, si tu ne reviens pas entière nous aurons une discussion très désagréable à ton retour.

- Je crois que ce serait quelque peu contre-productif, sourit-elle.

- Oh… tu crois, il plisse les yeux d'un air menaçant.

- Cette conversation n'aura jamais lieu, j'interviens, parce qu'il ne va strictement rien arriver, rien.

- Massage reçu, rit Raven. Arrête de t'inquiéter, je suis distraite quand tu l'es.

- Ne dilapide pas la moitié de ta magie en cinq minutes et nous n'aurons plus jamais cette conversation.

- Je n'arrive pas à croire que tu m'en veux toujours pour ça.

- C'est gravé en moi, jusque dans mes os.

- Raven, Anya, nous relevons les yeux vers mon père, comment vont-elles ?

Il n'a pas besoin d'être plus précis, il parle de Clarke et Lexa. Je me dresse légèrement sur les pointes des pieds pour les apercevoir derrière son épaule. Elles sont en pleine discussion avec Abby et Indra. Je ne peux m'empêcher de sourire en voyant Clarke se débattre pour que Madi reste en place. La petite a la bougeotte mais sous sa forme minuscule de lapin, je crois qu'elle est bien plus en sécurité entre les mains de la blonde.

- C'est une catastrophe.

- Elles vont bien, je réponds en même temps.

- Non mais c'est une blague, s'offusque Raven. Elles vont bien ? Excuse-moi d'avance d'être aussi cru mais… tu as de la merde dans les yeux.

- Elles iront bien, je me corrige, c'est mieux.

- J'ai plutôt l'impression que ça se dégrade, intervient Marcus, tout comme Abby. Nous sommes inquiets. Clarke a dormi chez nous à trois reprises depuis la dernière sortie.

Je fronce les sourcils, inquiète. Je n'étais pas au courant de ce détail qui est loin d'en être un. Je serre mon poing gauche pour m'empêcher de sur-réagir et de foncer vers Lexa pour avoir une conversation très désagréable pour elle. Je ne vais pas supporter plus longtemps qu'elle se fasse du mal de la sorte. Il est temps qu'elle réagisse, elles vont finir par se détruire si Lexa continue à s'acharner.

- Voilà la réaction que tu aurais dû avoir dès le début de cette conversation.

- Raven, son prénom claque dans l'air, pas maintenant.

Je mets un certain temps à réaliser que ma colère est retombée sur la mauvaise personne. Je relâche subitement ma sœur du regard pour me tourner rapidement vers Raven. Je suis outrée par mon propre comportement.

- Par toutes les lunes, je souffle, je suis désolée, terriblement désolée. Je n'aurai jamais dû te parler sur ce ton. Pardonne-moi.

- Tout va bien, elle sourit et je me sens infiniment rassurer, je sais que tu peux avoir des réactions démesurées quand il s'agit de Lexa, elle vient caresser ma joue et plonger ses yeux dans les miens, en fait, je m'attendais à cette réaction il y a bien longtemps. Je ne comprends pas que tu sois aussi calme alors que le comportement de Lexa est aussi agressif et anormal. Pour Clarke, je t'ai déjà dit ce que j'en pensais.

- C'est personnel, je m'acharne en baissant les yeux.

- Je sais que tu crois que ça l'est mais quoi que ce soit, ça nous affecte tous. Alors non, je suis désolée ma belle ce n'est pas personnel.

Je réfléchis à toute vitesse. J'en viens même à jouer nerveusement avec mes mains. Je crois que je vais devoir me résigner à avoir cette confrontation avec Lexa dès que possible. Je pensais qu'en lui laissant du temps, elle parviendrait à prendre la bonne décision mais de toute évidence, elle s'acharne et s'obstine dans une résolution qui est tout sauf la bonne. Je n'ai pas vraiment envie de parler de ce sujet avec elle mais je n'ai pas le choix. Je refuse de rester spectatrice alors qu'elle est en train de faire voler en éclat sa relation avec Clarke, pire son empreinte. Lexa pourrait en mourir.

Et il est absolument hors de question que nous en arrivons à de tels extrêmes, simplement parce que par moment ma sœur peut-être une sale tête brûlée sans la moindre jugeote.

Je sursaute quand le premier des six coups de la cloche qui se trouve au centre de l'île raisonne. Aussitôt mon regard retrouve celui de Raven. Elle me sourit tristement en venant délier mes mains doucement. J'arrête de me torturer pour Lexa immédiatement. Elle vient m'embrasser et garde sa main sur ma joue quand elle murmure :

- Il est l'heure.

- Je déteste te regarder partir.

- Et moi te laisser.

Je baisse les yeux, c'est un vrai supplice. Je ne connais rien d'aussi insupportable que de devoir laisser Raven sortir de l'île sans qu'elle soit sous ma protection. Encore plus maintenant que la guerre a repris. Hélys semble être un des seuls endroits qui ne soit pas tombé dans la désolation. Alors il est de notre devoir d'essayer d'aider le plus grand nombre. Nous avons essayé de ne pas nous séparer, de venir au secours de toutes ses âmes tourmentées, ensemble.

Mais… dès que les créatures qui appartiennent à la lumière franchissent la barrière, elles sont inévitablement attirées par l'Obscurité. Lexa et moi avons bien failli tourner complètement folle la seule fois où nous avons voulu accompagner Clarke et Raven. Je ne pensais pas qu'il parviendrait de nouveau à me tourmenter plus maintenant que je le laisse immerger de temps en temps, seulement quand ma belle sorcière est près de moi. Pourtant quand j'ai quitté Hélys, c'est comme s'il était de nouveau moi, il prenait toute la place ne me laissant aucune chance de lui résister. Je devenais un Canis, tout comme Lexa et tous les autres loups qui nous accompagnait.

Les êtres teintés d'Obscurité, comme Clarke et Raven nous ont immédiatement ramenés. Il nous a fallu des heures pour nous en remettre, plus pour certain et nous avons même perdu trois des loups de Lexa. Depuis, elles partent sans nous.

- Tout va bien se passer, me promet Raven.

- Je sais.

- Ne t'inquiète pas trop, s'il te plaît. Il faut que je reste concentrée sur ce qui pourrait s'en prendre à moi.

- Ce n'est pas le meilleur moyen de me demander de ne pas m'inquiéter, je soupire.

- Alors, concentre-toi sur ceci, elle s'approche un peu plus si c'est possible, je t'aime, ses lèvres frôlent les miennes, et je te reviendrai toujours.

- Je t'aime.

J'ai à peine le temps de lui répondre avant qu'elle ne m'embrasse. Mes paupières sont encore closes quand elle s'éloigne. Ses mains glissent loin des miennes et mon cœur manque plusieurs battements avant de reprendre un rythme normal. Je sens ses lèvres sur mon front, je devine son sourire quand elle m'assure :

- Je promets de revenir, toujours.

- Raven…

- Je sais. Je veille sur Clarke et, elle soupire, Melina.

- Raven, je secoue la tête de droite à gauche en me mordillant la lèvre, n'oublie pas le plus important : veille sur toi-même.

- Je peux faire ça, elle sourit et juste comme ça, j'ai la sensation de tomber encore plus amoureuse d'elle, mais je vais quand même garder un œil sur notre semi-démon préférée et sur, son nez se plisse alors que son indexe pointe Melina en faisant des cercles, je ne suis toujours pas très sûre de savoir ce qu'elle est mais je vais essayer de faire en sorte qu'elle ne revienne pas aussi amochée que la dernière fois.

- Bonne chance pour ça.

- Quoi ? Tu crois que je vais échouer ?

- En fait, tu crois veiller sur Melina mais c'est elle qui veille sur toi.

- Crois ce que tu veux, elle me fait un clin d'œil.

- C'est ma phrase, je ris.

- Je voulais entendre ce magnifique son avant de partir, elle embrasse ma joue. Je t'aime. Je t'emporte avec moi, tu es ici, elle me montre son cœur, pour toujours.

- Un cœur pour deux, je souffle.

- Et la meilleure partie de ce cœur, reste ici.

- Mais qui t'as rendu aussi mielleuse ? Je ris de nouveau.

- Hum… question difficile qui demande réflexion, elle sourit. Je dirais sans que tout ceci n'est le moindre sens pour moi : toi.

Un raclement de gorge nous oblige à nous éloigner l'une de l'autre. Je pourrai arracher la tête de la personne qui vient nous déranger mais je me retiens en découvrant Bellamy, Echo et Gaïa. Je comprends tout de suite le message. Il est l'heure. Je dois laisser Raven partir.

Je m'éloigne et d'instinct, je cherche le soutien de Bellamy en cherchant sa main. Ses doigts glissent entre les miens et il m'attire vers lui. Ses bras viennent entourer ma taille et il m'oblige à m'appuyer contre son torse. Je me recentre sur mon lien de meute qui est de plus en plus fort. Je ferme de nouveau les yeux, inspire à fond en assurant :

- Vas-y.

- Bellamy, reprend Raven incertaine.

- Je veille sur elle.

- Okay. Merci. Anya, j'ouvre les yeux alors que des larmes s'y accumulent, ne vient pas à la plage.

Cette requête me fait un mal de chien mais je sais pourquoi elle me l'a fait. Je serre donc les poings avant de lui faire la promesse de ne pas venir. Elle recule lentement, son regard ne quitte pas le miens. Clarke parvient dans mon champ de vision, elle fait un petit signe de la main timide avant de s'approcher de moi.

- Je serai plus rassurée si tu la gardes, Lexa est toujours sur les nerfs même s'il y a du mieux, sans que je n'aie le temps de comprendre, une petite boule de poile noir se retrouve sur mon épaule, ne laisse pas Lexa s'embourber dans ce cercle vicieux : colère, rancœur, amertume et inquiétude.

- Je vais lui parler, je promets.

- Je sais, un sourire triste étire ses lèvres.

- Clarke.

- Hum, répond-elle distraitement.

- Je vais lui parler, j'assure de nouveau, mais par pitié fais attention dehors.

- Je vois, elle baisse les yeux, Rae t'a parler de mes… absences. Je ne le fais pas exprès, c'est seulement que parfois Lexa… elle, Clarke secoue la tête ne parvenant plus à retenir ses larmes, disparaît.

- Je m'en occupe alors promets-moi de rester concentrée.

- Je ferai de mon mieux, m'assure-t-elle en forçant un sourire avant de faire de nouveau un signe vers Lexa. On se revoit dans six heures.

Et juste comme ça, elles se retournent. Elles disparaissent dans le hall et la porte d'entré claque. Je me sens aussitôt vide. Je veux la suivre, d'ailleurs j'essaye de me détacher des bras de Bellamy mais il les sert un peu plus fort pour me retenir en me murmurant des mots rassurants.

- Je devrais partir avec elles, intervient Echo.

- Non, ma voix se mélange parfaitement à celle de Bellamy et Gaïa.

- Je suis un dragon, s'acharne-t-elle. Il n'y a pas plus obscure comme créature dans ce monde.

- Tu es encore trop faible, je réponds.

- Je vais bien.

- Nous ne voulons pas que tu tombes nez à nez avec ta mère, explique Bellamy, ou pire avec Octavia, il crache le nom de sa sœur et je sens son loup se révolter à cette seule pensée, si tu devais te retrouver à les affronter alors que les stigmates de ce qui est arrivé le jour de la naissance de Scarlet t'affectent toujours, ce que je peux ressentir alors ni moi, ni Anya ne pourrions te laisser. Qu'importe ce que te rejoindre nous coûterait, nous viendrions.

- Il a raison.

- Et je les suivrais, ajoute Gaïa, qu'importe ce que pourrait dire Anya, répond-elle à mon regard noir.

- Donc si je survivais à tous ces ténèbres, ce serait Indra qui aurait ma peau, je ris jaune.

- Exactement, intervient la voix calme et flippante de la cheffe de la garde de Lexa.

- C'est pour cette raison que tu dois toujours m'écouter Gaïa, je ronchonne. Ta mère est… c'est Indra à la fin !

- Ton incapacité à avoir de l'autorité sur les membres de ta meute, m'inquiète outre mesure.

- Je ne suis pas ce genre d'alpha, je soupire.

- Ma fille est une tête brûlée, elle a besoin d'encadrement.

- Et bien, je m'agite mal à l'aise, Gaïa t'a toi pour ce genre de chose.

- Ce n'est…

- Maman, souffle Gaïa avec une certaine menace, laisse Anya tranquille, ce n'est vraiment pas le moment. Qu'est-ce que tu ferrais si quelqu'un osait titiller Lexa comme tu le fais avec mon alpha en ce moment ?

- Je lui arracherais la tête.

- Exactement, sourit sa fille.

- Oh, Indra a un infime mouvement de recul, je vais vous laisser.

Les minutes défilent un peu trop lentement à mon goût. Mon regard fixe les aiguilles. J'espère presque qu'elles vont arrêter leurs courses et que Raven ne parte pas. Mais quelque soit mes espérances, l'heure fatidique finit par arriver. Quand je sens ma belle sorcière franchir les limites de la barrière, je suis pendant de longues secondes incapable de respirer. Bellamy ressert encore ses bras sur moi. Sa présence me force à reprendre une inspiration salvatrice mais qui me coûte bien plus que je ne pourrai expliquer.

Je ferme doucement mes paupières. Je prends conscience de son absence. Je le retiens difficilement alors qu'il exige que je parte à sa recherche. Je suis comme un loup enfermé en cage. Je tourne en rond jusqu'à m'en rendre folle.

- Respire, murmure Bellamy, tu sais qu'elle va revenir. Ces quelques heures seront très bientôt un mauvais souvenir. Je te le promets.

Je suis incapable de lui répondre pour le moment pourtant je lui suis plus que reconnaissante de m'apaiser de la sorte. S'il n'était pas présent, je sais que je perdrais l'esprit. Je ne supporte plus de vivre loin de Raven. C'est insupportable.

Pourtant qu'importe mon état émotionnel lamentable, les minutes continuent de s'écouler et sans la moindre explication mon cœur et mon loup s'apaisent.

Je sens les larmes se former dans mes yeux, un sourire encore timide étirer mes lèvres alors que je perçois la magie de Raven imploser quelque part, loin, très loin de moi. Je prends une nouvelle inspiration, je serre mes doigts sur les bras de Bellamy. Je sais que Raven va bien.

- Tu peux me lâcher Bellamy.

- Tu en es certaine ?

- Oui, c'est à peine un souffle que je peine à entendre moi-même.

- D'accord, il me relâche, lentement, je tremble, doucement.

- Donne-moi Madi, intervient Echo, voilà, elle me sourit, prend ton temps.

Je me détache avec précaution de Bellamy et quand je m'extrais entièrement de ses bras, sa main rejoint immédiatement mon épaule. Je ne peux m'empêcher de sourire. Il est devenu si prévenant. Parfois, quand je le regarde, je parviens à me souvenir de quel genre d'homme il était avant notre voyage involontaire dans le temps. Il représentait absolument tout ce que je détestais.

Aujourd'hui, il est tellement différent. C'est une autre personne.

Je peine à croire que toute cette gentillesse et cette dévotion aient pu être gâché par sa loyauté envers sa sœur. J'ai encore plus de mal à me faire à l'idée qu'Octavia Blake ait pu tous nous tromper. Je sais que j'ai finalement conclu que si elle est passée à l'acte et a tenté d'assassiner Echo et Scarlet c'est à cause de l'influence de ce foutu Dieu de la Guerre. Mais il reste tout de même une noirceur indéniable qui corrompt son cœur et son âme.

C'est pour cette raison qu'elle ne sera plus jamais la bienvenue parmi nous. J'ai détesté la bannir d'Hélis mais quel autre choix j'avais ? Lui laisser une seconde chance ? Apparemment, nous avons essayé cette option dans le futur et nous l'avons plus que amèrement regretté. Je ne dis pas que sa rancune va s'amoindrir mais au moins, nous ne lui faciliterons pas la tâche. Et, si elle s'en prend encore une seule fois à un membre de ma meute par vengeance, je ne répondrais plus de rien.

Qu'importe que Bellamy puisse encore l'aimer, après tout ce genre d'amour ne s'efface jamais. Qu'importe… je la tuerai.

Croire que je pourrais arracher le dernier souffle de vie d'une personne volontairement, n'est pas une idée avec laquelle je suis parfaitement à l'aise. En vérité, elle me répugne au plus haut point. Je suis bien des choses mais certainement pas une meurtrière. En fait, j'ai passé la plus grande partie de ma vie à faire en sorte de ne jamais avoir de sang sur les mains.

Alors, qu'est-ce qui a changé ? Moi. Je suis une alpha maintenant et il existe un accord tacite entre moi et les membres de ma meute. Ils me vouent une loyauté infaillible et je les protège. Ils sont ma famille.

- Anya, la voix de Bellamy est calme et patiente, tout va bien ?

- Raven va bien, je souris.

- Oui, il répond à mon sourire, je l'avais deviné mais toi, tu vas bien ?

- Hum… je vais bien.

- Tant mieux, reprend-il soulager en m'asseyant un petit coup dans l'épaule.

- Aïe, je souffle.

- Chochotte !

- Emmerdeur !

- Femmelette !

- Misogyne !

- Hey !

- Désolée, je me mordille la lèvre, les mots ont dépassé ma pensée.

- Vous avez fini ? Soupire Gaïa. Parce que c'est fatiguant toute vos joutes verbales.

- Rabas joie, réplique Bellamy en roulant des yeux. C'est une marque d'affection.

- Ouais, je suppose que c'est normal comme avec Raven… Anya est perpétuellement à chercher le conflit.

- C'est faux, je m'offusque. Et pour la dernière fois, Raven et moi ne nous disputons pas. Nous exposons simplement nos points de vue, je le concède parfois très divergents.

- En hurlant, rit Echo.

- Ou dans des déflagrations de magie presque inquiétantes, la suit Bellamy.

- Ouais, j'ai parié 50$ avec ma mère que vous alliez vous entretuer avant la fin de votre première année de mariage.

Je m'apprête à répliquer que c'est n'importe quoi quand je vois Lexa apparaître de nouveau dans le salon. Je l'observe s'approcher du piano. Elle s'assoit devant avant de passer ses doigts sur les touches avec nostalgie. Je suis de plus en plus inquiète pour elle.

Je pose doucement ma main sur celle de Bellamy en croisant son regard, je sais qu'il a déjà compris. Il presse un peu plus ses doigts sur mon épaule. Il s'approche et je dois lutter pour ne pas reculer. Je ne suis plus en état de crise, je n'ai pas besoin qu'il soit aussi proche. Je me fige quand il embrasse ma joue. Il n'avait encore jamais eu ce genre de geste à mon égard.

Je suis… perplexe.

- Je serai juste devant la porte d'entrée si tu as besoin de moi.

- Bellamy, je peine à prononcer son prénom.

- Tu ne t'en rends vraiment pas compte, soupire-t-il en secouant la tête clairement amusée. Je suis là pour toi, il sourit avant d'apposer sa main sur ma tête, joueur. Pour toujours, et à jamais, son geste devrait me révolter, faire ressortir tous les plus mauvais traits de caractère chez moi et pire chez lui mais pour une raison encore inconnue, je me sens apaisée. Tu es incroyable Anya Lucas et je suis plus que fière d'être l'un des tiens.

- Bellamy…

- J'y vais !

Il s'éloigne, me privant définitivement de son contacte rassurant. Il va chercher Scarlet qui s'est endormie sur le divan. Il la prend dans ses bras et sourit plus que de raison. La petite rousse appose sa tête sur la poitrine de son père, au niveau de son cœur et elle sourit, certainement apaisée par ce son si familier pour elle. Echo les rejoints et caresse doucement les cheveux de la petite. Ils s'éloignent non sans un dernier signe pour moi.

J'entends la porte se refermer doucement. Je suis seule avec Lexa.

Je m'approche lentement. Je ne sais pas du tout comment commencer cette conversation. Je m'assoie près d'elle. Lexa ne lève pas les yeux des touches, comme si elles étaient devenues tout son univers. Ses doigts continuent de frôler certaines d'entre elles. Les traits de son visage sont tirés. Elle est fatiguée et triste.

- Lexa, je souffle.

- Je vais bien, répond-elle aussitôt par mécanisme.

- Je crois que toi et moi savons parfaitement que c'est faux.

- Anya, elle enfouit son visage dans ses mains, s'il te plait, je crois entendre des larmes dans sa voix, pas maintenant.

- Je crois au contraire que j'ai attendu trop longtemps.

- Je t'en prie, tu sais ce que ça fait. Clarke est deh…

- … inquiète, je la coupe. Clarke est morte d'inquiétude. Elle ne comprend pas ce qu'il t'arrive.

Ses mains tombent loin de son visage, Lexa tourne son visage horrifié vers moi. Elle tente de prendre la parole une première fois mais ses mots meurent sur ses lèvres. Elle secoue la tête comme pour refuser d'entendre ce que j'ai à lui dire.

- Tu sais quel est la première chose qu'elle nous ait dit quand elle est venue nous chercher ?

- Anya…

- Je t'épargne la plainte peu constructive sur le fait que Raven et moi ne devrions jamais quitter notre chambre à coucher.

- Je ne veux pas entendre ce genre de chose, grimace-t-elle.

- Les mots exacte de Clarke ont été : Lexa est sur les nerfs, encore. Encore, j'insiste.

- Je n'ai pas besoin d'une leçon de morale.

- Encore, je souligne à nouveau. Encore, Lexa.

- Arrête, elle aboie. S'il te plait, elle se calme, arrête.

- Tu es en train de te faire du mal, de vous faire du mal. Alors non, je n'ai pas l'intention d'arrêter.

- Anya, elle grogne et je perçois parfaitement son loup, pas, une menace qu'il ressent parfaitement, maintenant.

- Tu es en train de dérailler. Tu perds le contrôle.

- Mais pourquoi tu n'arrêtes pas, hurle-t-elle en se levant. Je ne veux plus t'entendre, des larmes dévalent ses joues sans le moindre contrôle. Laisse-moi tranquille !

-Non, je la défie calmement.

Ni une, ni deux son loup apparaît dans ses yeux. Je l'observe sans être troublée par son apparente perte de contrôle. Je n'arrive pas à croire qu'elle pense que je vais abandonner aussi facilement. Elle me prend pour qui ? Sérieusement, si elle était aussi enragée qu'elle essaye de me le faire croire, elle m'aurait déjà envoyé valsée à l'autre bout de la pièce.

- Tu es une des personnes des plus importante de ma vie. La première de mon espèce à m'avoir fait ressentir des choses. Tu m'as sauvée Lexa, de bien des façons et quoi que je fasse, j'aurai toujours une dette gravée au fer rouge envers toi. Alors, je me redresse sur mes jambes afin d'être à sa hauteur, je t'interdis de me demander de te regarder te détruire sans rien faire. C'est au-dessus de mes forces et tu le sais parfaitement.

- Nous avons déjà abordé ce sujet et j'ai tenu compte de ton avis.

- Très bien, je lui tourne le dos.

- Et c'est tout ?

- Nous avons déjà eu cette conversation, je hoche les épaules négligemment, à quoi bon insister ?

- Ne me tourne pas le dos Anya !

- Je te l'ai dit : tu ne peux pas me demander de te regarder te détruire.

- Je ne suis pas en train de me détruire, explose-t-elle en balançant une lampe qui me frôle d'un peu trop près, c'est des conneries !

Un monstre d'angoisse se forme dans mon estomac. Je ne me suis pas rendu malade pour une situation de la sorte depuis une éternité. J'aplatis mes deux mains sur mon ventre alors que mon anxiété semble serpenter pour s'étendre dans tout mon corps, me privant même d'oxygène. Je perds le contrôle et je déteste ça. La terreur m'habite et me fige sur place.

Lexa est hors d'atteinte.

Correction… pour la première fois de ma vie, je ne sais pas comment l'atteindre.

Correction… je sais comment le faire mais je ne le peux pas.

Correction… je peux, je ne le veux pas.

Mes yeux tombent sur la lampe brisée en mille morceaux. Je me sens tellement tourmentée. Une appréhension telle que j'en ai que très rarement connue, m'oblige à puiser dans des ressources que j'ignorais même avoir. Je me force à inspirer, mes larmes tombent alors que mon ventre se noue sous la peur et que ma gorge est comme obstruée par cette crainte qui s'est insinuée en moi depuis que j'ai compris que cette fois, Lexa ne m'écoutera pas.

Sauf si… sauf si, je touche là ou ça fait vraiment mal. Un coup vif en plein dans son cœur. User de mots qui pourraient la mutilée comme jamais. Les seuls capables de la faire changer d'avis. Cruels. Ils seront d'une telle barbarie qu'ils seraient peut-être capable de porter un coup fatal à sa volonté.

Je ne suis pas aussi brutale. Jamais. Encore moins avec Lexa. Mais je n'ai pas d'autre choix. Je me dois d'être impitoyable. Il s'agit de sa vie.

Je ne peux pas la regarder se détruire. Alors il ne me reste plus que la violence des mots.

Implacable. Rude. Inflexible.

Je me sens odieuse alors même que je ne les aie pas prononcés. J'ai conscience que ce sera bien plus violent qu'un coup de poignard en plein cœur. Seulement, je n'ai pas le choix. C'est ma dernière carte. Je me retourne lentement vers Lexa qui est figée sur place, horrifiée par sa violence.

- Je suis désolée, souffle-t-elle.

- Non, plus d'excuses.

- Anya…

- Non, j'ai dit. C'est fini.

- Qu'est-ce que tu veux dire, une terreur palpable s'imprègne de tout son être.

- Je ne, je serre mes poings à leur maximum, resterai pas spectatrice de ta déchéance.

- Je crois que c'est un peu exagérer.

- Ah oui ?

- Bien sûre que oui, je contrôle parfaitement bien la situation.

- Tu ne contrôle rien du tout ! Tu es en train de briser ton empreinte avec Clarke.

Voilà, c'est dit.

Lexa recule pour se protéger de mes mots. Elle est arrêtée par le siège du piano, ses genoux lâchent prise et elle s'effondre. Son regard est suppliant mais je garde un aplomb et une détermination qu'en vérité, je suis loin d'avoir.

- Nous savons toutes les deux ce qui arrive à un loup qui perd son empreinte. Tu te détruis toute seule Lexa. Tu éloignes Clarke volontairement. Ton loup est au bord de l'implosion, je le sens. Sa sauvagerie effraie tout le monde mais il a besoin de sentir Clarke. Elle est à lui autant qu'à toi alors arrête de jouer les enfants et laisse-le obtenir ce dont vous avez besoin avant qu'il ne soit trop tard. Avant de vous détruire, toi, lui et Clarke. Deux ans Lexa… tu ne peux pas continuer à te dérober, c'est inévitable. Nous sommes des loups, nous avons besoin de contacte physique encore plus avec les personnes qui partagent notre empreinte parce que cette personne fait partie de nous, notre essence, une partie de nous aussi bien qu'un bras, une jambe ou même la malédiction. Tu laisses Clarke t'échapper et pourquoi ? Tu as peur… peur de quoi ? Hein ? Cette fille anormal, agaçante et incroyable par bien des façons t'es entièrement dévouée. Merde à la fin, elle a accepté d'être ton consort, elle porte ta marque, elle s'occupe toute seule de Thomas et Madi parce que tu as voulu qu'ils fassent partie de votre famille. Qu'est-ce qu'elle peut faire de plus pour te prouver sa dévotion et son amour ?

- Je ne…

- Fais bien attention à ce que tu t'apprêtes à dire Lexa.

Je bouillonne intérieurement. Je n'avais pas remarqué que j'avais accumulé autant de ressentiment envers les choix de Lexa. Je ne peux plus lui cacher à quel point, je suis en désaccord avec elle. C'est fini.

- Je suis désolée, souffle-t-elle.

- Plus d'excuses.

- Tu ne comprends pas…

- En effet, je laisse tomber comme une masse, je ne comprends pas. Et je ne participerai pas à ton suicide, j'assène. Alors soit tu agis, soit j'en parle à Clarke.

- Tu n'oserais pas, s'offusque-t-elle en essayant de se relever, tu… tu n'as pas le droit, sa voix se brise alors qu'elle finit par arrêter de se débatte et reste assise, c'est à moi de gérer ça.

- Alors gère le mieux.

- Je ne suis pas une enfant que tu peux sermonner !

- Dans ce cas, arrête d'agir comme une enfant.

- Anya !

- Je te laisses deux semaines, après j'en parle à Clarke avec ou sans ton consentement, moins de deux semaines si j'apprends qu'elle a de nouveau découchée pour se réfugier chez sa mère.

Lexa écarquille les yeux au possible, horrifiée par mes mots. Une colère sourde mélanger à une profonde terreur se mélange dans ses iris qui sont mi-humain, mi-loup. Ses mains tremblent quand elle reprend :

- Je ne te permet pas de me laisser un ultimatum.

- Je ne te permet pas de te tuer à petit feu.

- Je suis une alpha et je t'interdis de…

- Je suis une alpha aussi, je hoche les épaules. Mais avant tout, je suis ta sœur. Deux semaines Lexa, j'insiste, pas un jour de plus.

- C'est complètement absurde.

- Pas plus que de briser ton empreinte en délaissant Clarke.

- Arrête de dire ça ! Je ne brise rien du tout !

- Dans ce cas, j'ai hâte de découvrir la réaction de Clarke quand j'en parlerai avec elle.

- Je t'ai dit que tu n'avais pas le droit, cette fois, elle arrive à se lever, elle se précipite vers moi pour agripper mon col et me menacer, il s'agit de ma vie, ma relation et je t'interdis de t'immiscer entre Clarke et moi !

- Alors fait en sorte que je n'ai pas à le faire.

- Je ne veux pas lui faire de mal, elle me secoue en hurlant à en perdre ses cordes vocales. Tu crois que Clarke est forte, hein ? Elle fait semblant, ses larmes s'échappent sans le moindre contrôle, elle fait semblant, sa voix se brise. Je le sens, elle a cette fragilité en elle et je ne veux pas imaginer une seule seconde que parce que je pourrais perdre le contrôle, je puisse la blessée. Je ne veux pas qu'elle voit la bête en moi, jamais. Je dois la protéger.

- Et, j'appose mes mains sur celle de Lexa pour qu'elle lâche prise, tu ne penses pas que cette fragilité résulte du fait que tu refuses de la toucher.

- N'importe quoi !

- Je n'ai jamais ressentie aucune fragilité chez Clarke. C'est vrai, je la trouve forte parce qu'elle se tient à tes côtés sans la moindre peur, elle gère des aspects de la meute qu'un semi-démon ne devrait pas comprendre et elle t'aime malgré que tu sois… toi. Mais j'ai conscience que comme tout à chacun, elle peut être faible. J'étais là quand ses mains ont été brisés par le Dieu de la Guerre, je l'ai vu s'effondrer et s'enfoncer dans un espèce de cercle vicieux. Raven m'a raconté ce qu'elle a vécu et t'as fait vivre après la mort de Jack, les ténèbres et la perte de contrôle. Clarke est forte et faible mais il n'y a aucune fragilité en elle. Tu es la seule à le voir parce que tu es celle qui crée cette fragilité. Clarke est perdue, désemparée. Elle ne sait plus où elle en est. Tu la troubles parce que tu refuses de l'aimer comme il faut, comme l'empreinte l'impose.

Lexa ouvre de nouveau la bouche mais mon regard la décourage. Je vois presque les rouages de son esprit se mettre en marche. Elle commence à comprendre alors je baisse doucement ma garde.

- Je suis désolée d'être aussi rude Lexa mais il faut que tu réagisses avant qu'il ne soit trop tard. Deux semaines, je m'approche sous son regard assassin, pas un jour de plus.

Il y a encore énormément de non-dits entre nous pourtant j'espère que j'ai fait plier sa volonté. J'aimerai vraiment éviter de devoir parler de tout ceci à Clarke. Pourtant, si Lexa m'y force, je le ferai.

Et sans le moindre remord.

Lexa secoue la tête comme pour refuser encore une fois mon ultimatum. Je vois qu'elle est prête à argumenter de nouveau mais elle s'arrête net. Quelque chose dans ses yeux se trouble avant qu'une sorte de révélation s'y imprime, elle tourne vivement la tête vers l'extérieur. Pendant une seconde, je m'inquiète pour Clarke m'imaginant le pire pour elle. Puis, je le sens à mon tour.

Mes yeux scrutent à leurs tour les environs en essayant de comprendre, d'où me vient ce pressentiment. Puis, la magie fait trembler l'air. Je me mets à courir en même temps que Lexa, nous nous bousculons pour sortir le plus vite possible de la maison. J'ai un temps d'arrête en réalisant que je n'arrive pas à savoir où et quand commence ou s'arrête la magie. C'est puissant, pas plus que celle de Raven mais différent. Je devrais être inquiète, alerter et partir au combat mais quelque chose me retient.

Ce lien. Je ne le connais que trop bien. L'air vacille un peu plus, une boule de feu énorme embrase le ciel alors qu'un pentacle complexe parsemer d'écriture enflammées se forme au sol. Un souffle chaud nous balaye, je m'écrase violemment contre le mur avant de m'étaler à plat ventre sur le sol. Je grogne en sentant une forte douleur se propager dans mes côtes. Je me redresse et sous mes yeux, je les vois.

Les voyageurs du temps sont de retour.

Scarlet est de retour.


Voilà pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! J'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé.

Le retour d'Anya, beaucoup de choses ont changé. Pour commencer, les voyageurs ont été absents pendant 8 mois. Melina ne parle plus. Le Ranya est toujours aussi soudé. Lexa se détruit en continuant de repousser Clarke. Que dire d'autre ? Des théories pour la suite ?

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !

GeekGirlG