Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !

Quelque mot sur ce chapitre : Ce chapitre est du point de vue d'un nouveau personnage que j'avais hâte de vous présenter ! :)

Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire chaque chapitre de cette fiction pour que la lecture vous soit plus agréable.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)


Ne me regarde pas

Partie n° 3 : Première à mourir

The broken locks were a warning you got inside my head Les cadenas brisés étaient un avertissement que tu m'as mis dans ma tête

I tried my best to be guarded, I'm an open book instead J'ai fait de mon mieux pour être protégé mais au lieu de ça je suis un livre ouvert

I still see your reflection inside of my eyes Et je vois toujours ton reflet dans mes yeux

That are looking for a purpose, they're still looking for life Qui recherchent un but, qui recherchent encore la vie

I'm falling apart, I'm barely breathing Je m'effondre, je respire à peine

With a broken heart that's still beating Avec un coeur brisé qui continue de battre

In the pain is there is healing Dans la douleur il y la guérison

Lifehouse - Broken

Chapitre 49 : Mutiler

Quand elle l'avait vu, elle aurait juré qu'elle était morte. Son corps était en piteuse état et il ne semblait plus y avoir un seul souffle de vie qui l'animait. Pourtant, sans trouver d'explication, elle avait été inexorablement attiré par cette jeune femme. Elle sentait sa magie crépiter dans ses mains comme aimanté par cette inconnue.

Quand elle se mit à la hauteur du corps de la jeune femme, sa magie fut comme aspirée par le corps inanimé devant elle. Normalement, elle se serait éloignée et aurait cherchée à fuir le plus vite possible mais elle n'y senti aucune menace. C'était absolument inédit comme situation. Quelqu'un s'emparait de sa magie et pourtant elle restait impassible.


Je traverse les couloirs rapidement en jetant des regards fréquents à mon bracelet montre. Je ne dois plus tarder. Je me suis vraiment trop mise en retard. Je m'engouffre dans la salle de régulation, la magie qui m'entoure est sur le point d'imploser. Un juron ou deux m'échappent alors que je m'avance rapidement au milieu du pentacle. Je sursaute alors que la porte s'ouvre dans mon dos. Je soupire en découvrant Roman. Je lui fais un signe pour qu'il sorte immédiatement, c'est beaucoup trop dangereux, mais comme je m'y attendais, il m'ignore et reste.

Je secoue la tête agacée. Je ne connais personne d'aussi impertinent. Il pense toujours avoir sa place où personne d'autre que lui, l'attend. Ce n'est pas étonnant qu'il ait fini par la faire fuir. Plus intrusif, tu meurs. Il est particulièrement impoli de rester à l'exécution d'un sort auquel nous ne sommes pas invités. Je pense sincèrement qu'il n'apprendra jamais de ses erreurs.

Mes psaumes s'enchaînent, la magie se stabilise et le sort de protection est de nouveau assez puissant pour résister aux nombreuses attaques que subit les environs depuis quelque temps. Je ne sais pas ce qui est à l'origine de toute cette déchéance mais je n'avais pas assisté à une telle violence depuis bien longtemps.

Je m'éloigne du pentacle en souriant. Je suis satisfaite de ce que j'ai créé. La protection ne fait pas partie de mes sorts de prédilection. D'habitude, je ne suis pas celle qui sauvegarde cet endroit. D'ailleurs, je me demande où elle est, même avec ce qu'il s'est passé, elle n'est pas du genre à garder ses distances quand il s'agit de maintenir ce lieu debout. J'espère qu'elle va bien et qu'elle a trouvé un endroit sûr.

Je sors du grand bâtiment blanc et m'avance jusqu'aux falaises. J'observe calmement la bataille qui se joue à quelque mètre de ma barrière. Mon regard s'égare sur la plage. Il est là, comme tous les jours. Il l'attend, comme moi. Je ne suis pas certaine de pouvoir lui résister s'il se mettait en tête de nous attaquer. Seulement personne ne peut savoir ce qu'il se passe dans sa tête de tordue alors, juste au cas où. Je me tiens prête, non pas avec un plan d'attaque mais avec un plan d'évacuation.

- Jaliah, m'interpelle Roman, nous pouvons parler franchement ?

- Bien entendu. Il y a quelque chose qui te perturbe.

- Il faut que tu partes la chercher avant que ta magie nous lâche.

- Il y a vraiment des moments où tu oublies à qui tu t'adresses.

- Je t'ai demandé si je pouvais te parler franchement et c'est ce que j'ai fait.

- Je crois savoir comment protéger mon école. Je te remercie Roman.

- Nous n'avons jamais affronté une telle menace depuis qu'elle est partie. Tu dois aller la chercher.

- Tu n'écoutes pas, je soupire, tu sais qu'une autre que moi te ferai vivre un supplice de langue si tu osais t'adresser à une Prima Vera de la sorte.

- Je te respecte Jaliah.

- Ce n'est pas une question de respect Roman mais de savoir où est ta place dans le Cercle, dans la communauté des Sorcières. Et si nous n'utilisons pas ou peu l'appellation sorcier ce n'est pas pour rien.

- Je suis un grand sorcier.

- Même après tout ce temps… même après ce que tu lui as fait, à elletu ne te remets toujours pas en question.

- Je pourrai t'aider, pour l'école, pour la retrouver.

- Je ne veux pas de ton aide.

Je lui tourne le dos avant de m'éloigner pour rejoindre mon domicile. Je suis arrêtée à plusieurs reprises pas des élèves me demandant conseil. Je réponds poliment ou les dirige vers la bibliothèque et après un certain temps j'arrive enfin chez moi.

Je glisse ma clef dans la serrure et avant même que je ne puisse la tourner, la porte s'ouvre seule. Il y a quelqu'un chez moi. Mon sang ne fait qu'un tour, j'invoque ma magie et entre. Un soupir de soulagement m'échappe quand je reconnais l'énergie de la personne qui s'est introduite chez moi. Je secoue la tête en enlevant mon manteau. J'entends parfaitement le bruit spécifique d'un couvert dans une assiette ou un bol.

- J'espère pour toi que tu n'as pas touché à mes céréales, je fais claquer la porte, le matin j'aime mélanger trois variétés ensemble s'il m'en manque une seule, je suis d'une très mauvaise constitution durant toute la journée.

Je ne suis pas étonnée par son absence de réponse mais son rire me fait sourire. Je balance approximativement mes bottines à leur place avant de rejoindre le salon. Pourquoi à chaque fois qu'elle se pointe chez moi à l'improviste, il faut qu'elle vide mon frigo et mes placards. Je roule des yeux en la découvrant assise en tailleur sur la table basse. Je suppose que le canapé qui est littéralement à deux mètres était bien trop loin. Je constate qu'elle tient un bol dans ses mains et qu'une cuillère est toujours dans sa bouche. Je fronce les sourcils, elle est bien plus pensive qu'à son habitude. Je ne sais pas ce qui l'a poussé à revenir mais c'est certainement grave.

- Et bien, je m'appuie contre le mur en face d'elle en croisant mes bras sous ma poitrine, yaourt glacé, c'est pire que ce que je croyais.

Elle lève les yeux vers moi, la cuillère toujours coincée entre ses dents. Lentement, elle la remet dans le bol avant d'esquisser un sourire timide voir triste. Je fronce les sourcils. Je sais qu'elle n'est plus du genre à se laisser toucher par ce qu'il l'entoure, elle a construit des remparts de glace autour de son cœur pour se protéger. Je ne serai pas celle qui l'en blâmera. Je ne sais que trop bien par quoi elle est passée.

- Sérieusement, qu'est-ce qui se passe ? Tu m'inquiètes.

- J'ai besoin de toi.

Je reste interdite devant cette affirmation. Je la connais depuis un certain temps déjà. Je dirais même depuis le commencement de ma vie. Je l'ai rencontré quand je n'étais encore qu'une jeune et inexpérimentée sorcière. Si je suis tombée, littéralement, sur elle quand j'étais poursuivie par la garde royale. J'étais tellement insouciante. Je ne supporterais pas de voir de pauvres gens mourir de la peste sans rien faire alors j'ai commencé à les soigner en utilisant la magie. Seulement, mes interventions ne sont pas passées inaperçues et rapidement un mandat d'arrêt a été mis sur ma tête pour sorcellerie, en 1570, ce n'était pas du tout enviable et encore moins pour une femme noire.

Pourtant, depuis ces nombreuses années, elle m'a demandé mon aide que pour une seule et unique chose. Je suppose que la situation est plus grave que ce que j'imagine. Je m'approche, elle lève les yeux vers moi et je comprends exactement ce qu'elle attend de moi. C'est la même chose que les autres fois.

- Non, je refuse immédiatement, hors de question !

- Je ne t'ai encore rien demandé, répond-elle calmement avec son sourire en coin qui par moment à le don de m'agacer au plus haut point.

- Non, je réitère en secouant mes mains devant elle, c'est beaucoup trop dangereux.

Son regard se fige sur mes mains. Un éclair effrayant anime ses yeux. Elle est tellement en colère que je suis presque capable de sentir ses ondes m'entourer. Je clos mes paupières en soupirant. J'avais oublié pendant un court laps de temps que nous ne nous sommes pas vues depuis une éternité. Elle ne savait pas. Correction, elle a certainement appris ce qu'il s'est passé mais elle ne l'avait pas vu.

Instinctivement, je replie mes doigts pour former un poing quand mes cils se relèvent, je cale mes mains dans les poches de ma veste. Je suis gênée. Je n'ai plus l'habitude d'être dévisagée de la sorte à cause de mes mains. C'est devenu anecdotique. Pourtant son regard me ramène à ce terrible moment et la douleur ressurgit.

- Arrête, s'il te plaît.

- Si j'avais été là, ça ne serait jamais arrivé.

- C'est rien, j'élude en détournant le regard cherchant n'importe quel point d'attache.

- Tu crois que j'ignore à quel point les mains sont importantes pour les sorcières ? Elles te les ont charcutées sans la moindre raison. J'aurai dû…

- … rien du tout ! C'était ma décision. Je l'assume entièrement. Et, il y avait une raison. Tu le sais.

- Une mauvaise raison, sa voix tonne comme un violent coup de tonnerre.

- Jeune et écervelée, deux termes qui ont souvent tendance à me définir. Je suis la plus jeune Prima Vera que ce monde ait connu mais aussi la première à avoir contesté la décision des autres. Clairement… irréfléchie et stupide. Ce n'est pas pour autant que je regrette mon choix. Comment le pourrais-je ?

- Tu n'aurais pas dû…

- Je n'aurai pas dû ? Tu as conscience que je suis exactement comme toi, n'est-ce pas ? Tu aurais fait la même chose. Je le sais. Je te connais. Et toi aussi, je brandis mes mains les imposants entre nous, tu aurais accepté les conséquences aussi horribles soient-elles.

- Jaliah…

- Oses me dire que j'ai tort ! Et avant de me répondre, rappelle-toi bien comment nous nous sommes rencontrées !

Elle baisse les yeux en passant une main dans ses cheveux. Quand son regard revient vers moi, un sourire timide étire ses lèvres.

- J'ai toujours besoin de ton aide.

- Il me semble avoir déjà refusé.

- C'est pour Raven Reyes.

En entendant ce nom, j'ai comme un moment d'absence et je manque de m'effondrer. Je recule assez pour trouver la stabilité du mur, m'appuyer dessus et remercier silencieusement le ciel de ne pas m'être étalée de tout mon long après cette bombe. Je regarde mes mains, elles tremblent. J'humecte mes lèvres nerveusement alors qu'une boule d'angoisse se forme dans le bas de mon ventre.

- Tu… comment, je sens qu'une migraine pointe son nez, quand as-tu rencontré Raven Reyes ?

- Je ne te demanderai pas ton aide si ce n'était pas important.

- Non. Non, je m'acharne, non même pour Raven Reyes, c'est trop dangereux. Je refuse de faire ça à nouveau.

- Trop dangereux, elle répète peu convaincu en prenant une nouvelle bouchée de yaourt glacé.

- Et puis, il est plus que probable que je ne puisse plus le faire, je m'acharne.

- Jaliah, s'il te plaît.

- Non Melina. C'est un non ferme et définitif.

- Tu sais que je ne serai pas venue s'il y avait une autre solution.

- Il y en a forcément une, je m'agace. Je ne veux… la dernière fois, tu as bien failli mourir, définitivement !

- Ce ne sera pas pareil.

- Tu me demandes la même chose, le ton monte bien malgré moi, n'est-ce pas ? Tu veux sauver une personne du Maledicto Mortis Metu, et bien non, je ne t'aiderai pas à te suicider !

- Ce ne sera pas pareil, s'acharne-t-elle.

- Et en quoi je te le demande ? J'ai arrêté de compter le nombre de fois où tu as essayé de te tuer ! Tu te rends compte au moins à quel point c'est douloureux ? Je… tu es importante pour moi et sûrement pour d'autres personnes.

- J'ai une raison de vivre et un point d'ancrage.

- Je ne te crois pas.

- J'ai trouvé Éleusis.

- Melina, je souffle les larmes aux yeux, je suis désolée de te dire ça parce que je sais à quel point tu y tiens mais… Éleusis n'existe pas. Ce n'est rien de plus qu'une… idée. Un rêve qui est né dans un livre pour enfant.

Un silence terrible suit mes mots. Je m'en veux tellement. Je n'aurais jamais dû dire une telle chose. Je viens de purement et simplement détruire le dernier espoir de Melina. Sa seule raison de vivre. Merde… je n'ai fait qu'aggraver la situation.

Melina dépose son bol, dans un bruit qui me fait grincer des dents. Elle se lève et pendant un moment, je pense qu'elle va partir sans un mot de plus. Je le mériterai. J'ai été cruelle. Je m'apprête à l'arrêter pour m'excuser quand je la vois s'introduire dans ma chambre et se planter devant ma bibliothèque.

- Il est toujours là ?

- Bien sûr.

- J'ai conscience qu'Éleusis est une chimère, son doigt s'arrêtent sur la tranche d'un livre, son livre, du moins, elle le prend entre ses mains, l'idée que je m'en faisais l'était mais quand je te dis que j'ai trouvé Éleusis, elle feuillette les pages, s'arrête encore et toujours à la même, c'est la vérité. Ce n'est juste pas comme je l'imaginais et peut-être que d'une certaine façon… c'est mieux. Éleusis est réel. Je l'ai trouvé. Elle s'appelle Scarlet et je l'aime.

J'ai un mal fou à comprendre ce qu'elle vient de m'annoncer. Je suis abasourdie. Je peine à croire que son Éleusis soit réel, que Melina soit parvenu à oublier l'idée qu'elle s'en est fait toutes ces années et qu'elle ait pu faire un transfert sur une personne. Et puis, les derniers mots me frappent.

Je m'avance lentement vers elle. Je m'appuie contre la chambranle de la porte. Je la vois sourire devant l'illustration représentant Éleusis dans son livre. Je constate qu'une part d'elle attend toujours de trouver cet endroit mais son regard n'est plus le même. Maintenant que je m'en rends compte, c'est évident. Elle a changé. Elle est plus calme, plus posée et semble moins terrifiée par tout ce qu'elle représente, ce qu'elle est.

Serait-il possible qu'elle soit véritablement tombée amoureuse alors que depuis que je la connais, elle se l'interdit ? Quel genre de personne a réussi cet exploit ? Comment cette Scarlet a réussi à faire en sorte que Melina arrête de se mentir sur qui elle est vraiment ? Est-ce que je peux vraiment croire qu'elle n'a plus peur de ses pouvoirs ?

- Et, elle reprend en relevant les yeux, je ne veux pas sauver une personne lambda du Maledicto Mortis Metu Jaliah. C'est Raven.

Un soupire m'échappe, je secoue la tête de droite à gauche dans une ultime tentative de refus. Je ne veux pas risquer la vie de Melina. C'est beaucoup trop dangereux. Je ne veux pas la perdre. Je suis fatiguée de devoir la regarder se détruire.

- Melina…

- Ne refuse pas à nouveau, elle me coupe la parole, s'il te plaît. Tu es son seul espoir. Personne d'autre que toi est parvenue à éradiquer les trois M. Je… j'ai… Raven est importante. Je ne veux pas la perdre.

- Étant donné qui elle est, ce qu'elle est, il y a peu de chance qu'elle en succombe. Elle trouvera un moyen de survivre, j'assure en me retournant malgré que cette affirmation me brise le cœur.

- Jaliah, elle m'appelle mais je l'ignore c'est trop difficile de la décevoir, Jaliah, je lui dois tellement mais je refuse d'attenter une nouvelle fois à sa vie, Jaliah je t'en prie arrête toi, je me stoppe net en sentant sa main sur mon épaule.

Ce qui suit est purement instinctif, c'est une question de survie. Ma magie implose hors de mon corps et projet violemment Melina à l'autre bout de la pièce qui s'écrase contre le mur avant de s'effondrer au sol. Qu'est-ce qui lui a pris d'agir de la sorte ? Est-ce qu'elle est devenue complètement folle ? Mon pouvoir parcourt mon corps à la recherche de lésions spécifiques au pouvoir de Melina. Il cherche des nécroses, la mort.

- Aïe, souffle-t-elle en se redressant la main frottant son cuir chevelu en grimaçant.

- Aïe ? Je m'offusque, tu m'as touché ! Si je n'avais pas réagi, un simple aïe ne pourrait plus franchir mes lèvres !

- Je n'avais pas besoin de ça, poursuit-elle en analysant son coude droit puis en soulevant son pull me révélant un énorme bandage imbibé de sang recouvrant son abdomen, tin-tin cette fois je suis foutue Abby va me tuer. Jaliah, tu seras responsable de mon prochain tour à l'infirmerie, elle grimace avant de soupirer, les points ont carrément sautés.

- Tu m'as touché, j'explose, et puis comment tu t'es fait ça ?! Hum ? Comment ?

- Nous sommes en guerre, elle hoche les épaules comme si sa réponse était la plus normal du monde.

- Tu ne t'impliques jamais dans un conflit, quel qu'il soit, à cause de Bae. Et puis, ce n'est pas important, j'élude avec un geste de la main, tu m'as touché Melina, je hurle. Je peux savoir ce qu'il t'a pris ?

- Oh, elle écarquille les yeux comme si elle venait seulement de comprendre le problème, désolée.

- Désolée, je répète de plus en plus agacée, désolée, tu es désolée ? Tu aurais pu me tuer !

- Ce n'est pas pour cette raison que je suis désolée. Je savais que tu ne risquais rien. Je suis désolée parce que j'ai agi avant que tu ne sois au courant mais avec toi… je ne sais pas te toucher m'a semblait naturel.

- Tu savais que je ne risquais rien… depuis quand tu… quoi ?

- Je, elle agite ses doigts en fixant sa main, elle ne la détaille plus comme une arme capable de tuer en masse, je me suis entraînée et maintenant, j'arrive à toucher des personnes sans que ce soit fatal mais j'essaye de ne pas trop accentuer le contact. C'est encore dangereux. Je n'étais pas d'accord au début mais j'ai rarement rencontré quelqu'un d'aussi butée qu'Anya Lucas, sauf toi peut-être. En fait, je crois que c'est ce qui me rassure chez elle, elle te ressemble beaucoup. Vous avez toutes les deux le cœur qui a été écorché vif par votre famille mais vous avez trouvé un moyen de vous relever et vous vous êtes construit votre propre famille.

- Raven, Scarlet et Anya, j'énumère en les comptant sur mes doigts, ça fait beaucoup de nouvelles personnes dans ta vie, tu as plus tendance à éviter les gens, pas vraiment à les côtoyer.

- C'est pour Éleusis que je le fais.

- Melina…

- Je suis restée, elle me coupe à nouveau la parole, Scarlet a disparu pendant de longs, très longs mois. C'était douloureux. Je ne me suis jamais sentie aussi démunie, j'ai bien failli revenir ici malgré Roman, fuir encore une fois mais je suis restée. Je l'ai attendue.

- En supposant que j'accepte de t'aider, et pour le moment ce n'est rien de plus qu'une supposition, je souligne. Pourquoi je le ferai ? J'aurais besoin d'une grande quantité de magie et, j'insiste sur le mot, tu te mets en danger. Pourquoi je devrais le faire ?

- C'est Raven Reyes.

Je dois bien avouer que là, elle marque un point. Je n'ai jamais personnellement rencontré Raven mais j'ai énormément entendu parler d'elle. Je l'admire en mon statut de sorcière mais aussi comme Prima Vera, elle est vraiment incroyable. Je n'ai entendu parler de personne d'autre qui comme elle soit aussi puissante et qui ait refusé de s'enfermer dans un Cercle. Et puis, c'est la fille de Morgane.

Je soupire. Melina sait pertinemment que je ne vais pas la laisser mourir sans rien faire et je dois bien avouer que c'est agaçant. Mon regard tombe sur mes mains, je connais chacune des cicatrices. Je n'ai jamais connu une douleur comme celle que j'ai ressentie quand elles s'en sont pris à mes mains, sur l'instant j'aurais préféré mourir. C'était insupportable. Je pourrai - devrais - être rempli de remords et tout faire pour ne plus me retrouver dans cette situation.

La vérité, c'est que je suis trop bienveillante, douce, généreuse et tolérante pour ce monde. Je suis comme Melina, beaucoup trop gentille, mais quand on a passé plus d'une vie à la côtoyer c'est difficile de ne pas calquer ce beau font si unique qui la rend incroyable. Mon caractère magnanime et compatissant m'a déjà joué des tours, j'ai bien failli perdre mes mains de façon définitive. Au fond, je crois que c'est ce qu'elles voulaient, m'empêcher de pratiquer la magie. Elles ont échoué. Elles ne m'ont jamais réduite à être ce qu'elles souhaitaient que je sois. Mais voilà, si Raven Reyes meurt tous les sacrifices que j'ai pu faire perdent tous leurs sens.

- C'est petit, je souffle.

- Tu acceptes, elle sourit tellement que j'en suis troublée, je ne l'avais pas vu être véritablement heureuse depuis une éternité, merci infiniment.

- Tu te rends compte que si je pars cet endroit sera en danger. Je n'ai que quelques heures, une journée tout au plus avant que mon bouclier ne tombe.

- Tu as bien plus de temps.

- Pas avec mes mains dans cet état, non.

- Je vais la déplacer là-bas, comme les autres fois où nous avons dû nous cacher.

- Je déteste quand tu fais ça, je bougonne, la magie est différente là-bas plus, je réfléchis pour trouver le mot le plus juste, primaire.

- S'il te plaît.

Cette fragilité dans sa voix… que j'essaye de sauver Raven est bien plus important pour Melina qu'elle me la laisser entendre. Elle est différente, en bien. Je secoue la tête de toute façon, j'avais perdu cette bataille avant même qu'elle ne commence.

Je retourne dans le salon, ouvre le premier tiroir d'une grande commode et en sort une feuille en papier. Je la plie calmement pour former un oiseau. Je jette un œil vers Melina. Elle sourit. Elle adore quand j'utilise ce sort. Je souffle sur mon origami et il prend vit. Il vole autour de moi, je ferme les yeux pour apprécier le sentiment qui s'empare de moi.

- C'est incroyable, murmure Melina, tu as fait énormément de progrès.

- Tu ne croyais tout de même pas que j'allais t'attendre pour évoluer, je m'amuse. Et puis tu as laissé tous tes livres ici, je tends ma main qui suinte de la magie qui s'échappent de mon corps, il aurait été dommage de les laisser prendre la poussière. Et monere, je m'adresse à l'oiseau qui s'est posé sur un de mes doigts.

Le petit être de papier piaille avant de s'élancer vers la fenêtre, alors qu'il s'écrase sur le verre un faisceau de lumière jaillit. Je souris un peu plus en voyant qu'à l'extérieur, il s'est multiplié. Des centaines d'origami s'envolent dans le ciel avec mon message pour les professeurs et les élèves.

- Attendons qu'ils arrivent tous à destination. Je te suivrais après.

- Merci.

- Toi et moi contre le reste du monde, c'était bien notre pacte, non ?

- Je ne me souviens pas de ça, elle fronce les sourcils.

- Ah… c'était donc une promesse de moi à moi.

- Tu es bête, elle rit.

- Hum…

- Je suis désolé, reprend-elle et devant mon incompréhension certaine elle précise, d'être partie.

- Je comprends pourquoi tu l'as fait.

- J'aurai pu te donner des nouvelles.

- Tu aurais dû, en effet.

- Une dernière chose, elle semble hésitante et c'est assez inquiétant, Bastian est là-bas.

- Et bien… c'est beaucoup plus grave que ce que j'imaginais si tu acceptes que nous nous retrouvions dans un même lieu. Tu as toujours tout fait pour que nous ne nous rencontrions jamais.

- En partie parce que je sais que tu serais capable de le tuer.

- Le tuer, un sourire mauvais étire mes lèvres, non, le faire souffrir en revanche c'est bien plus que envisageable. Je te préviens, je suis plus que de bonne constitution mais s'il s'en prend à toi une seule fois devant moi, il va le regretter.

- Je lui ai fait une promesse…

- Et bien heureusement pour moi, je ne suis pas toi.

- Je dois le protéger jusqu'à ce qu'il la trouve.

- Comment tu pourrais le protéger de moi au juste ? Je suis peut-être la seule personne que tu ne peux pas tuer sans qu'il y ait des conséquences. Je ne sais pas pour toi mais Takoradi reste un très douloureux souvenir. C'est après cette expérience que tu m'as incité à devenir une Prima Vera, pour me protéger.

- Et j'ai lamentablement échoué, constate-t-elle en désignant mes mains qui continue de laisser ma magie s'échapper sans contrôle.

- J'ai pris une décision, j'ai refusé de plier devant les autres Prima Vera et même si tu avais été là, tu sais que je n'aurais pas changé d'avis. Cette mesure qu'elles ont prise était mauvaise, c'est la première qu'elles ont choisi d'exécuter sans l'unanimité du Conseil et après elles m'ont demandé d'y participer. Je ne pouvais pas le faire et tu le sais. Alors je leurs ai fait clairement fait comprendre que j'étais une de celle qui avait voté contre, elles n'ont pas apprécié et elles me l'ont fait payer, je conclus en exposant mes mains. Elles ont voulu me détruire, annihiler ma magie et tu sais quoi, elles ont échouées. Je suis de plus en plus puissante. Je m'impose plus seulement comme la plus jeune sorcière à être devenue une Prima Vera mais comme une de celle qui leurs a tenue tête et qui leurs deviens supérieur.

- Jaliah…

- Nous pouvons y aller, tout le monde est prévenu.

- Jaliah, insiste-t-elle.

- Nous parlerons en détail de ça, plus tard, Raven Reyes ne va pas se sauver toute seule. Où allons-nous ?

- Hélis.

- L'île des sorcières de sang ? Tu es certaine que c'est une bonne idée ? J'ai entendu des rumeurs à propos de cet endroit, ce serait infesté de lycans.

- Ce n'est pas une rumeur. Raven les a invités.

- Et c'est vrai ce qu'on dit sur Heda ?

- Qu'est-ce qu'on dit sur Heda ?

- Ne joue pas à l'autruche Melina. Qu'elle vit là-bas, sur Hélis et qu'elle offre l'asile à qui le lui demande.

- Tu verras bien par toi-même, elle me sourit avant de me faire un clin d'œil, à tout de suite !

Mon logement se retrouve baigné de lumière et en un battement de cils, Melina disparaît. J'ai toujours été admirative de sa façon de se déplacer. C'est magnifique. Je le suis bien moins de ce que nous pouvons ressentir quand nous avons la malchance de voyager avec elle. C'est un peu comme de se laisser tomber dans une eau glacée avant de se laisser porter en espérant ne pas mourir de froid.

Je soupire en essayant de ne plus penser à cette horrible sensation. Je récupère plusieurs feuilles de papier que je plie en deux avant de les placer dans la poche de ma veste. J'attrape ensuite plusieurs crayons feutre qui rejoignent les feuilles mais je garde en main le rouge.

J'avance vers mon miroir en dessinant un pentacle et les runes appropriée sur mon avant-bras gauche. J'en fais de même autour de mon reflex et le verre réfléchissant se trouble jusqu'à faire disparaître entièrement mon image. Je pense à Hélis, me plongeant dans les souvenirs de Melina pour en avoir une approche parfaite, l'île apparaît dans mon miroir et je le franchis. En moins d'une seconde et sans le moindre effet secondaire, ou presque, je me retrouve sur une plage dont les falaises ont une teinte écarlate tout sauf naturel.

Je ne m'attarde pas sur le paysage irréel et me mets à la recherche de mes chaussures qui ont le don de se volatiliser à chaque fois que je voyage. Je les retrouve à quelques mètres au pied d'un arbre, lacé ensemble, au moins cette fois, je ne dois pas chercher la deuxième. Je me baisse pour les récupérer quand une voix m'arrête net :

- Qui êtes-vous ? Et comment avez-vous passé la barrière ?

- Okay, je lève les bras avec mes chaussures en mains, je ne cherche pas les ennuis.

- Lexa, appelle Melina en courant, tout va bien, elle est avec moi. Attends… pourquoi tes chaussures sont dans tes mains.

- Je me suis dit que c'était bien plus pratique de les porter de cette manière, je réponds avec un regard noir.

- Tu les as perdus en te télétransportation, elle commence à rire mais s'arrête net quand je lui balance une de mes tennis. Quoi ? C'est sérieux ? Tu arrives à exécuter à la perfection un sort de Universa Vita mais tu ne parviens pas à te transporter d'un point A à un point B sans perdre tes chaussures. Avoue… c'est un peu drôle quand même.

- Tu sais quoi, je peux tout aussi bien repartir d'où je viens.

- Bien sûr, elle sourit en me tendant ma chaussure, désolée. J'aurais pu t'emmener.

- Plutôt mourir ! Je me suis fait avoir une fois, deux fois, la troisième fois c'était une question de survie mais tu ne m'y reprendras pas !

- Je peux savoir qui elle est et ce qu'elle fait ici, je perçois énormément d'animosité dans l'intonation de cette Lexa. Melina, nous t'attendions, ta sœur a besoin de toi pour exécuter son plan pour sauver Raven.

- Ta sœur, je réagis immédiatement, quelle sœur ? Une de tes sœurs est là ? Pourquoi ?

- Tout va bien, Melina hoche les épaules, Emily a aussi quitté mon père.

- Emily, je m'étrangle presque, mais c'est la pire après Amber !

- Tu crois peut-être que je l'ignore ? Au début c'était un véritable supplice de vivre sur la même île qu'elle mais je m'y suis habituée et je suis forcée de constater qu'elle a changé même si son plan pour sauver Raven est plus que mauvais.

- C'est le seul que nous avons, rappelle Lexa avec une pointe d'impatience en me dévisageant. Je n'arrive pas à croire que tu aies disparue alors que nous avions besoin de toi.

- Je suis allée chercher la seule personne au monde à avoir réussi à anéantir le trois M.

- Je croyais que tu avais dit que c'était impossible.

Le regard de Melina dévie certainement malgré elle vers mes mains, toujours recouvertes par mes chaussures. Je lui souris pour lui assurer que je comprends très bien sa réserve. Je n'ai pas tenté quelque chose d'aussi gros depuis que j'ai été mutilé, ses incertitudes sur ma réussite sont plus que justifiées d'autant plus qu'elle n'est pas du genre à m'exposer. J'étais son dernier recours.

- Quel est le plan de ta sœur au juste ?

- Elle veut forcer la conscience de Raven afin de découvrir quelle est sa plus grande peur.

- C'est une très mauvaise idée, qui ne ferait qu'empirer les choses.

- Je me suis tuée à leurs dire, elle fait de grands gestes pour accompagner son triomphe. Mais apparemment, je suis trop impliquée et je n'ai pas assez de recul.

- D'autant plus que nous connaissons déjà la plus grande peur de Raven Reyes ce qui rend toute cette mascarade inutile.

- Ah ! Exactement !

- Nous, Lexa fronce les sourcils, nous la connaissons ? Anya a dit qu'elle ignorait de quoi il s'agit.

- Personne ne m'écoutait, bougonne Melina.

- C'est l'évidence même.

- Voilà ! Enfin quelqu'un avec qui parler ! Tu m'as manqué ! Je te montre où est Raven maintenant ! Par-là, elle montre l'est.

- J'aurais dit par-là, je souris en désignant le côté opposé. La magie est clairement de ce côté.

- Nous avons emmené Raven à l'infirmerie, confirme Lexa. Mais je n'autorise pas cette inconnue à franchir mon territoire.

- Jaliah est la seule personne capable de la sauver. La seule.

- Alors pourquoi tu ne nous as pas parlé d'elle avant.

- Melina me protégeait, je réponds à sa place, comme toujours. Je suppose que vous pouvez comprendre, cet instinct de protection.

- J'ai plutôt échoué dernièrement, s'acharne Melina.

- Même si tu avais été là, je soupire, tu ne m'en aurais pas empêché.

- La protéger de quoi ?

- Bastian, nous répondons en cœur.

C'est d'ailleurs quand j'ai su qu'elle allait m'exposer à sa présence que j'ai compris à quel point il était important pour elle que je vienne et que je fasse mon possible pour sauver Raven. Melina a toujours fait en sort que je reste le plus loin possible de lui. Je sais exactement pour quelle raison même si nous n'avons jamais abordé le sujet. C'est évident, en grande partie parce que depuis notre rencontre, j'ai accès aux souvenirs et aux connaissances de Melina. Je sais donc tous ce qu'i savoir sur Bastian, tout, même et surtout les changements récents.

Je m'accroupis pour remettre mes chaussures et en les lassant, je me demande tout comme Melina ce qui a pu changer son destin. Nous avons essayé à mainte reprise de délier mon chemin du sien. Parce qu'à un moment ou à un autre, nous aurions fini par nous rencontrer et Bastian et moi étions censés être des genres d'âmes sœurs. Sauf que je n'aurais jamais pu l'aimer, pas en sachant ce qu'il a fait subir à Melina. Au fond, d'une manière ou d'une autre, nous aurions fini par nous détruire. Et, peut-être que comme avec elle, il aurait réussi à faire tellement de dégâts que je ne me serais pas relevée.

Mais pour une raison qui m'échappe totalement, nos deux lignes de vie ne se croisent plus. Elles n'ont plus aucune connexion. Je ne suis donc plus en danger. Je me relève et souris à Melina.

- Si tu te trompes à son sujet, je tire une sorte de o-fuda de ma poche, j'ai toujours mon plan B.

- Tu l'as gardé, elle explose de rire.

- Mieux vaut prévenir que guérir ! Et, c'était ton idée.

- Une très bonne idée ! Qu'est-ce qu'il fait déjà ?

- Hum… il dit : Captivum, je crois que c'est celui qui encastre une personne dans un mur durant 127 heures. Mais j'ai aussi, je chercher de nouveau dans ma poche, hum… Animam Meam De Morte, mort de l'âme, je traduis, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de l'utiliser celui-là mais tu sais ce qui est génial ?

- Maintenant, tu peux en faire toi-même ?

- Et c'est le pied !

- Sérieusement, reprend Lexa avec une douceur qui était aux abonnés absents jusque-là, je peux savoir qui vous êtes ? Je n'ai jamais vu Melina interagir de cette manière avant aujourd'hui.

- Je m'appelle Jaliah, je suis une sorcière élémentaire, j'ai une affinité particulière avec l'âme mais je suis aussi une Prima Vera. J'ai rencontré Melina quand j'avais 15 ans. Nous nous sommes sauvées mutuellement, mon Cercle venait d'être brisé, ma famille assassinée par des hommes blanc et moi, vendue comme esclave. J'étais un peu trop démonstrative avec mes pouvoirs. Être une femme, noir et sorcière à la fin du XVIème siècle n'est clairement pas enviable.

- La fin du XVIème siècle, Lexa semble comprendre, c'était après…

- Baetan-ihm et le sort mortel de Morgane, je poursuis, en effet quelques années après.

- C'est Jaliah qui m'a réveillée.

- Ouais… tu étais quand même très morte.

- Et je le serais restée si tu ne m'étais pas tombée dessus.

- Il faisait noir, tu étais cachée dans le fin fond d'une grotte, comment j'aurais pu savoir ? J'ai trébuché ça arrive à tout le monde.

- Tu t'es étalée de tout ton long sur moi.

- Ça, tu n'en sais rien, tu étais encore morte de chez morte.

Melina sourit et je comprends que comme je le fais fréquemment, elle a été chercher ce souvenir dans ma mémoire. Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé ce jour-là mais un lien c'est créer entre nous. Et, il a sauvé la vie de Melina. Depuis, nos destins sont étroitement liés, nous n'avons jamais réussi à nous séparer bien longtemps. Nous connaissons tous absolument tous de l'autres, jusqu'au secret le plus enfoui et tout ça sans n'avoir jamais besoin de demander quoi que ce soit puisque tout est déjà dans notre tête.

C'est de cette manière que j'ai pu devenir une si grande sorcière en si peu de temps. Melina est un puit d'informations sans fond. Elle a une capacité d'apprentissage et une curiosité à toute épreuve. Le fait qu'elle ait aussi bien connu Jeda, la mère des sorcières et qu'elle ait pu assister à certain de ses conseils ou entraînements est un enrichissement infini pour moi. Grâce à Melina, j'ai une approche de la magie très différente de toutes les autres sorcières, je me rends compte que le pouvoir est absolument partout c'est de cette manière que j'ai pu rebondir après ma punition et le massacre de mes mains. Je suis capable d'user de ma magie autrement, en passant par des réceptacles ou par des talismans qu'aucune autre sorcière n'oserait utiliser.

J'ai été la première à voir Melina au-delà des apparences, en grande partie parce qu'avec moi, elle ne peut pas se cacher. C'est aussi grâce à ses souvenirs que je connais Raven Reyes et plus encore Morgane. Je m'arrête là dans la rétrospective, le reste me rendrait mélodramatique et je dois être maître de mes émotions pour ce qui va suivre.

- Bref, je retourne mon attention vers Lexa, je suis venue essayer de sauver Raven Reyes.

- Essayer, elle tique.

- La dernière fois que j'ai entrepris une telle chose, j'expose mes mains, j'étais indemne. Mais ce n'est ni Raven, ni moi qui seront en danger, je détourne mon regard vers Melina, j'espère pour toi que tu ne me feras pas le même coup que la dernière fois.

- C'est bon, elle soupire, je t'ai déjà dit que maintenant j'avais un point d'ancrage.

- Est-il vraiment nécessaire de te mettre en danger Melina ? Si Abby doit encore te soigner cette semaine, elle va te tuer sur la table et tu empestes le sang.

Alors que je sens que cette discussion pourrait s'éterniser, je m'éclipse sans un bruit. Je me dirige tout droit vers l'épicentre de la magie. De ce que je ressens, Raven se bat contre les trois M, usant de ses pouvoirs comme d'anticorps qui attaquerait le mal à sa source. Il y a peu de chance que ce soit suffisant. J'avance tranquillement en faisant attention à ne croiser personne qui pourrait penser que je suis une menace.

J'arrive devant un bâtiment qui est sans aucun doute l'endroit où se trouve Raven Reyes. C'est impressionnant, sa magie est vraiment très différente de tout ce que je connais. Je comprends mieux pour quelles raisons Morgane c'est aussi farouchement battu, jusqu'à accepter sa condamnation à mort pour cacher l'existence de sa fille. Aucune Prima Vera digne de ce nom, n'aurait pu accepter qu'un tel être demeure sans contrôle.

Je plie et déplie mes doigts en grimaçant. Je ne sais que trop bien ce qu'elles sont capables de faire pour garder le contrôle. J'en ai fait les frais et j'espère de tout cœur qu'aucune autre sorcière n'aura à subir de tels conséquences pour avoir l'audace d'avoir ses propres principes. Je me plonge dans les souvenirs de Melina pour mieux comprendre Raven, j'apprends à travers ses yeux qui est cette Anya Lucas dont elle m'a parlé tout à l'heure. Je n'avais pas relevé qu'il s'agissait véritablement d'une Lucas, plus impressionnant encore, de la fille de Luna. C'est bon à savoir.

J'entre discrète dans l'infirmerie et me dirige tout droit là où la magie m'appelle. J'ouvre lentement la porte en espérant ne m'attirer les foudres de personne. Je me glisse dans la pièce et découvre Raven comme en pleins cauchemars en train de se battre pour se réveiller sans y parvenir. Sa magie est partout en dehors de son corps, je pourrais croire qu'elle en a complètement perdu le contrôle mais c'est tout le contraire, elle cherche Anya.

- Merde, je souffle attirant tous les regards vers moi, c'est bien plus avancé que ce que je pensais.

J'ai à peine fini ma phrase qu'un mâle alpha bondi vers moi d'un air menaçant. Je plonge ma main dans ma poche, m'apprêtant à user de l'un de mes sorts de protections quand une autre alpha s'impose entre nous. Il n'y a aucune hésitation à avoir, c'est Anya Lucas. Je la reconnais à travers les souvenirs de Melina mais pas seulement, physiquement elle ressemble énormément à son père et il n'y a pas à dire son loup est comme celui de sa mère et de sa sœur extrêmement puissant.

- Attend Bellamy, elle le maintien par le bras alors que tous les instants de ce mâle le poussent à m'attaquer, je… cette odeur m'est familière.

- Tu m'empêcher de te protéger pour une odeur, grogne-t-il.

- Jaliah, hurle Melina dans mon dos, je peux savoir ce qu'il t'a pris, m'interroge-t-elle en franchissant la porte, ne disparaît plus sans rien dire ! Oh… je vois que tu as rencontré tout le monde.

- Melina, le soulagement que j'entends dans la voix d'Anya est réel et profond, j'ai cru que tu étais partie.

- Je suis seule aller chercher Jaliah et elle a été plus dure à convaincre que ce que je pensais.

- Je suis seulement venue pour que mon frigo et mes placards survivent à ton passage, j'élude en reprenant constance. Plus sérieusement, je vais avoir besoin d'aide. J'imagine qu'il est hors de question de l'impliquer.

- Je préférais éviter.

- Je ne vais pas y arriver seule, je reprends en réfléchissant à toute vitesse.

- Tu crois pouvoir sauver Raven des trois M, je frissonne en entendant cette voix et je sais que Melina aussi, tu n'es qu'une insignifiante sorcière. Tout ce que tu as fait Melina c'est perdre du temps, nous devons agir au plus vite.

- Ce que tu t'apprêtes à faire Emily, je réponds sans même la regarder, aurait simplement achever le processus plus rapidement.

- Avons-nous été présentées ?

- Pas officiellement, je confirme mais à l'avenir je me contenterais de ce simple échange que je préférerai ne pas réitérer de sitôt. Je peux, je m'adresse à Anya voulant m'approcher de Raven.

- Nous avons besoin de savoir quelle est la plus grande peur de Raven, aboie Emily.

- Non, nous n'en avons pas besoin, cette fois c'est Melina qui intervient, je suis surprise elle paraît plus réservée et moins sûre d'elle, nous la connaissons déjà.

- J'ai tout essayé, la voix d'Anya est embrumée de larmes, je ne suis pas parvenue à savoir de quoi il s'agissait.

- C'est évident, je souffle. Est-ce que je peux m'approcher ?

- Je ne vous connais pas, refuse Anya.

- Des putain de Sálbrot, tu ne me facilites pas la tâche Melina.

- Mais c'est justement ce qui explique que sa peur ait prit de telle proportion, n'est pas ?

- Tu aurais pu me prévenir, je bougonne. Il faut vraiment que je m'approche. Je ne peux pas aider Raven d'où je me trouve.

- Je doute que vous puissiez l'aider d'une quelconque manière, je me fige en entendant une voix masculine que je connais par cœur, grâce à Melina, vous êtes seulement là parce que Melina refuse encore et toujours de faire ce qu'il doit être fait, dans l'ordre des choses.

- Jaliah, Melina s'impose entre Bastian et moi alors que je me suis vivement retourner pour m'en prendre à lui, elle faisant barrière de son corps pour le protéger alors que ma magie chercher à l'attendre pour lui faire du mal par tous les moyen, non, s'il te plaît. Tu as besoin de ta magie pour autre chose.

- Il m'adresse la parole encore une fois, je lève mon indexe, une seule fois Melina et je l'utilise ce Captivum, je n'ai pas besoin de ma magie pour ça.

- D'accord, d'accord, il ne t'approchera pas. Je t'en fais la promesse.

Il s'apprête à prendre la parole, je le sens dans tout mon corps et mes cellules crépitent de magie. Je suis prête à intervenir. Je vais le faire souffrir. Je suis simplement déçue parce que son supplice ne sera jamais à la hauteur de ce qu'il a fait subir à Melina. Je connais chacun des travers de ce foutu shaman, je m'en souviens douloureusement. C'est un monstre.

Mais au dernier moment, il s'effondre. Son corps le lâche complètement sans aucune raison apparente. Il est au sol, comme une poupée désarticulée. Il respire à peine et je ne perçois presque pas les battements de son cœur. Il est comme en hibernation. Je relève les yeux vers Melina, ses iris ne trompent pas c'est elle qui vient d'intervenir.

- Il ne te touchera pas, m'assure-t-elle. Maintenant, s'il te plaît fais tout pour sauver Raven. Tu es la seule à en être capable. Anya, son regard quitte le mien, tu me fais confiance, n'est-ce pas ? Alors laisse Jaliah aider Rae, elle peut la sauver, elle l'a déjà fait.

Je fronce les sourcils. À cet instant précis, je n'arrive pas à savoir ce que Melina veut dire par son : "elle l'a déjà fait" ? Parle-t-elle seulement de ma capacité à éloigner le maléfice meurtrier d'Amber ou du fait que j'ai déjà sauvé Raven une fois de façon indirecte.

- Quelle est la plus grande peur de Raven, veut savoir Anya.

- Le Cercle.

- Je ne comprends pas…

- Le Cercle est la plus grande peur de Raven, confirme Melina. Essaye d'imaginer, en ce moment même, elle est piégée dans un Cercle certainement celui des Sorcières de Sang et les doyennes doivent lui répéter sans cesse : tu es en sécurité, tu es as ta place.

- Or, je poursuis, nous savons tous que Raven Reyes n'a jamais été ni en sécurité, ni à sa place dans un Cercle.

- D'autant plus maintenant qu'elle t'a toi Anya. Vous vous êtes mariée, les sorcières ne font pas ça ?

- Elles se sont mariée, je m'étonne, Morgane doit se retourner dans sa tombe, Melina me lance un regard noir, okay… je me tais désolée.

- Anya, tu arrives à l'imaginer dans un monde où tu n'as aucune légitimité et où on lui répète sans cesse qu'elle est à sa place et en sécurité. C'est ce qu'est le Cercle pour Raven. Un endroit où tu n'existes pas, mais où on lui assure tout de même sans relâche qu'elle y est à sa place et est en sécurité.

- Je ne vais pas laisser la vie de Raven entre les mains d'une inconnue.

- Anya, reprend Melina.

- Le spectre de Morgane est quelque part sur cette île ? Je demande. Il serait logique qu'elle soit là, c'est sa terre. Vous permettrez, je sors un bout de papier, mon feutre bleu commence à dessiner le visage de la sorcière, je vais l'appeler et elle va vous assurez que vous pouvez me faire confiance.

- Euh… Jaliah.

- Je suis sûre qu'en courant vite tu peux l'éviter, je lui souris en lui faisant un clin d'œil et en dessinant les runes d'invocation sur mon avant-bras droit, cinq secondes Mel'.

- C'est pas sérieux !

- Très, je m'amuse en faisant le dernier trait alors que la magie m'envahit. Abracadabra, je claque des doigts sous le regard ébahi de Melina et la limite entre le monde des vivants et celui des morts se fissure assez pour faire apparaître Morgane.

- Putain, j'écarquille les yeux au possible Melina qui jure, c'est très inhabituel, tu déconnes Jaliah ! Je n'arrive pas à croire que tu me fasses ça !

Je la vois se précipiter sur la porte mais avant qu'elle ne puisse l'atteindre, celle-ci s'ouvre sur une magnifique rousse. Aussitôt Melina se stoppe net, cette timidité que je ne lui connais pas s'empare d'elle, ses joues s'empourprent alors qu'un sourire renversant étire ses lèvres. Alors que j'étais persuadée que la nouvelle arrivée qui est sans nul doute possible Scarlet allait être éblouie par cette attitude qui est drastiquement opposée au comportement habituel de Melina, il se passe tout le contraire.

- Tu es vraiment une emmerdeuse de première ! Je t'ai cherché absolument partout sur cette île ! Quand vas-tu comprendre que ça ne se fait pas de disparaître sans rien dire ? C'est Lexa qui est venue me prévenir que tu étais réapparue par magie avec une totale inconnue ! Tout ce que je te demande c'est de sauver une de mes mères et toi, tu te volatilises ?

- Je déteste être de son côté quand elle a tort, je me glisse dans son dos, mais venir me chercher était la meilleure chose à faire. Tiens Melina, je lui tends un bout de papier avec un sort d'évasion, disparaît avant que Morgane ne finisse de se matérialiser.

- Tu avais un plan pour moi, elle soupire de soulage.

- J'ai toujours un plan pour toi, mais j'ai adoré te voir te ruer sur la porte, c'était très drôle.

- D'accord… pourquoi tu m'en veux ? Le yaourt glacé ou les chaussures ?

- Un peu des deux, je souris, mais tu t'es rattrapée en ratatinant Bastian donc j'ai un ticket sorti de prison pour toi.

- Merci beaucoup, elle me l'arrache des mains, désolé Scarlet.

Et elle disparaît à l'instant même où Morgane fini de se matérialiser. Je ne me retourne pas directement vers la sorcière restant quelque peu fasciné par la rousse en face de moi. Je ne crois pas avoir déjà rencontré quelqu'un comme elle mais pour être parvenue à faire tomber les remparts de glace que Melina a forgés autour de son cœur, cette jeune femme était forcément exceptionnelle.

- Qui m'a appelé d'une manière aussi violente ?

- Morgane, la voix d'Anya est hésitante, tu sembles… réelle.

- Je suis réelle.

- Non mais… ce que je veux dire c'est…

- Tu ne ressembles pas du tout à un fantôme, conclut une voix timide que je n'avais pas entendu jusque-là.

- Comment ?

Il y a un temps d'arrêt, je me retourne pour la voir analyser son corps. Elle approche sa main d'un mur, le tapote avant de l'aplatir sur la surface lisse sans la traverser.

- Je suis presque sûre que Raven ne peut pas faire une telle chose. Serait-ce le diamant brut ?

- Non, c'est…

- Où est Raven ?

- Elle ne va pas bien, lui annonce Anya. Nous avons subi une attaque et Rae a été bien plus touchée que nous.

- Où est-elle ? Par tous les dieux, elle accourt vers sa fille, la prend dans ses bras avant de la regarder d'un air désespéré. Est-ce que c'est le Maledicto Mortis Metu. Je ne connais qu'une personne au monde capable de l'aider, du moins elle le pouvait, c'est une sorcière élémentaire elle s'appelle…

- Je suis déjà là Morgane, je la coupe avec un sourire apaisant.

- Jaliah, elle souffle.

- Bonjour.

- Tu connais cette sorcière, demande Anya, tu lui ferais confiance pour sauver Raven.

Pas de réponse. Je sens le regard de Morgane sur moi et plus précisément sur mes mains que j'ai caché dans les poches de ma veste. Elle se redresse mais garde un contact avec sa fille. Son regard n'a pas changé, même après la mort c'est toujours le même. Sa magie aussi est palpable, Morgane n'est pas considérée comme la sorcière la plus puissante que ce monde est connu pour rien. Elle n'a pas volé sa réputation.

- Je ne pensais pas avoir l'occasion de te revoir un jour et encore moins d'avoir la chance de pouvoir te remercier.

- Il n'y a rien à dire à ce propos mais si tu pouvais convaincre Anya de me laisser approcher pour que j'aide ta fille, je ne serai pas contre l'idée. Le stade est déjà très avancé et je ne sais pas si je vais pouvoir faire quelque chose.

- Anya, elle se tourne vers l'alpha, en dehors de Raven, il n'y a que trois sorcières dans ce monde en qui j'ai confiance et Jaliah en fait partie.

- Ça, je l'ignorais. Je suis flattée.

- Je t'ai rencontré seulement deux ans avant mon exécution mais j'ai tout de suite compris que tu étais différente et tu me l'as encore plus prouvé la dernière fois que nous nous sommes vues. Tu enseignes toujours aux sorcières qu'importe leurs clans, affiliation, Cercle, croyances ou sexes ?

- Toujours, je souris malgré moi en pensant à mes élèves.

- Je suppose que ce n'est pas du goût des autres Prima Vera.

- J'ai arrêté de me soucier de ce qu'elles pensaient.

- Tu devrais faire attention, je ne voudrais pas que ton destin soit le même que le mien.

- Contrairement à toi, je n'aurai aucune raison de les laisser faire.

- J'en étais certaine. Tu as toujours su pour Raven.

- En effet.

- Comment ? Il n'y a personne au monde avec qui j'étais plus prudente qu'avec les Prima Vera et… tu en es une.

- Il y a des choses que je sais, c'est… dans ma tête sans qu'il y ait pour autant une explication. Je dois te renvoyer maintenant mais nous nous reverrons, dans ce monde ou dans le suivant Morgane.

- Sauve ma fille, prononce-t-elle en disparaissant.

- Melina, je hurle aussitôt, ramène tes fesses hélico presto, le temps presse ! Anya, je peux maintenant ?

- Euh oui… je suppose que oui.

Je sors le feutre vert, le décapuchonne avec mes dents. Je dessine rapidement sur le front de Raven avant de découvrir ses bras pour continuer à former des sceaux. Je fixe son bras droit qui renfermait un grand et puissant sortilège qui est tomber il y a peu. J'espère que ça ne fera pas interférence. Je sens que Melina est arrivée dans mon dos. Je finis de préparer la fille de Morgane avant d'en faire de même avec Melina.

- Ne meurs pas, je souffle une fois que j'ai fini. Anya, je reprends aussitôt, je vais t'envoyer avec Melina.

- Je ne suis pas sûre que…

- C'est une Lucas, elle va avec toi et elle aussi, je pointe Scarlet du doigts, c'est non négociable. Et toi, je désigne une jeune sorcière qui se cache de moitié derrière un lycanthrope, je pourrais avoir besoin de toi. Tu connais un sort de stabilisation appelé Élencho Periorismó ?

- Non, désolée.

- Quel âge as-tu ?

- 26 ans.

- Quel genre de sort de stabilisation connais-tu ?

- Et bien… en fait, je ne…

- Jamie est une autodidacte, elle a été élevée par des humains, m'explique Melina, elle a appris qu'elle était une sorcière en rencontrant Thomas, elle a ensuite rejoint la meute.

- Tu n'as jamais eu de mentor, je me frotte les paupières embêter par ce détail, quel genre de magie tu pratiques ? Je demande en finissant de préparer Anya et en m'attaquant à Scarlet.

- Je ne comprends pas.

- La magie est dans ton corps, j'explique, elle sort et se canalise par tes mains mais quand tu le fais est-ce que tu la sens uniquement dans ton bras, dans tout ton corps ou aussi dans tout ce qui t'entoure ?

- Je… je n'en suis pas sûre.

- Tu as déjà utilisé un catalyseur ?

- Oui, pour voyager dans le temps, j'utilise le son, les battements de cœur.

Voyager dans le temps, voilà qui est très audacieux pour une si jeune sorcière. Je n'ai jamais voulu prendre un tel risque. J'ai bien trop conscience des répercussions que je pourrais provoquer.

- Très bien, tu sais écrire en latin ou en grecque ?

- En latin, elle confirme.

- D'accord, tu vois mes mains Jamie, elle grimace quand je les lui expose, mais je ne m'arrête pas là, je retire entièrement mon gilet pour lui montrer l'ampleur des dégâts, ce que je m'apprête à faire demande énormément de magie et beaucoup de maîtrise. Or ma magie n'a plus aucun moyen d'être contenue alors si tu sens que ça devient dangereux pour moi ou pour les autres, je lui lance le feutre noir, je te demande de m'arrêter.

- Je n'ai jamais…

- C'est très facile, j'assure. Tu dessines les runes de tous les éléments en finissant par celui de l'âme, puis tu fais un pentacle à sept branches, sept c'est important ensuite tu écris ce que tu veux qu'il se passe en latin, c'est fondamental le latin, tu apposes tes deux mains dans le centre du pentacle, tu prononce Actum, le pentacle devrait s'embraser, un filament de feu se rue sur moi, entoure mes mains et pourra me contenir. Si je hurle, si je supplie, tu m'ignores. Tu dois tenir bon, jusqu'à ce que toute la magie rejoigne mon corps.

- Je ne suis pas sûre de…

- Tu n'échoueras pas, je la coupe.

- Jaliah, souffle Melina, elle n'a jamais pratiqué ce genre de magie. D'ailleurs, je suis un peu près certaine que personne à part toi utilise ce genre de magie.

- Je n'ai pas le temps de lui apprendre un autre sort de stabilisation et je te rappelle que si je perds le contrôle, tu le perds aussi.

- Okay, elle soupire, Jamie va y arriver. Madi, Thomas, si Bastian se réveille ne le laissé surtout pas s'approcher de Jaliah.

- Il serait dommage que je le tue accidentellement, je grimace.

- Est-ce qu'on peut savoir pourquoi vous nous avez gribouillé dessus ?

- Jaliah va nous transférer dans la peur de Raven. Je vais faire diversion pour qu'Anya puisse l'atteindre et éradiquer la peur.

- Melina, je croise son regard alors que ma magie se propage dans mon corps, ne meurs pas.

Et en une fraction de seconde, elle disparaît avec Anya et Scarlet dans les résidus de la peur de Raven Reyes. Je fais tout pour ne pas montrer mon angoisse. Je ne m'inquiète pas pour moi, ni pour ma magie qui commence déjà à s'échapper de mon corps. C'est le sort de Melina qui me rend instable. Je sais exactement comment elle attire la peur vers elle et rien que d'y penser, j'en suis malade.

J'espère vraiment que son lien avec Scarlet est assez fort.

Et si ce n'est pas le cas, que de l'avoir envoyé avec elle la dissuadera de faire quelque chose de stupide.


Voilà pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! J'ai hâte de savoir ce que vous avez pensé de ce chapitre et du nouveau personnage. Jaliah a beaucoup de révélations à faire sur Melina ! Raven a été particulièrement affecté par l'attaque d'Amber, cette nouvelle sorcière va-t-elle réussir à la sauver grâce à Anya, Scarlet et Melina ?

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !

GeekGirlG