Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Quelques mots sur ce chapitre : Honnêtement, je ne sais pas trop quoi vous dire sur ce chapitre... hum... il va y avoir pas mal de révélations donc, accrochez-vous bien !
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, seule l'histoire est à moi.
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire chaque chapitre de cette fiction pour que la lecture vous soit plus agréable.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 3 : Première à mourir
My head's under water Ma tête est sous l'eau
But I'm breathing fine Mais je respire bien
You're crazy and I'm out of my mind Tu es folle et je perds la tête
'Cause all of me Parce que mon être entier
Loves all of you Aime tout de toi
Loves your curves and all your edges Aime tes courbes et tous tes contours
All your perfect imperfections Toutes tes parfaites imperfections
Give your all to me Donne-toi à moi toute entière
I'll give my all to you Je te donnerai tout de moi
You're my end and my beginning Tu es ma fin et mon commencement
John Legend -All of me
Chapitre 51 : Éveiller
Parfois, il n'y a que l'instant.
Et, il faut le vivre.
Je me tourne et me retourne dans mon lit incapable de trouver le sommeil. Je suis épuisée mais j'ai trop à penser. Je suis inquiète par absolument tout. Je suis incapable de rester en place alors que ceux que j'aime sont en danger. Je ne vois vraiment pas comment je pourrais me résoudre à dormir. C'est une idée absolument insensée et je préfère l'oublier. Je crois que je vais encore aller vérifier que tous se portent bien, une dernière fois.
Je me redresse dans mon lit en rabattant ma couverture à mes pieds. Je m'apprête à m'en extirper quand la porte de ma chambre s'ouvre. Je suis sur le point de rembarrer Thomas, en lui assurant pour au moins la millième fois que je vais bien mais je me stoppe net en découvrant que ce n'est pas lui qui fait irruption dans ma chambre mais Melina.
Elle me fait un signe de sa main droite avec un sourire timide avant d'entrer un peu plus en refermant délicatement la porte. Elle s'avance jusqu'au tapis au pied de mon lit et laisse tomber son oreiller avant de se diriger vers ma commode, d'ouvrir le dernier tiroir pour y prendre la deuxième couverture et un plaide. Je la regarde bouche bée s'installer un lit de fortune avant qu'elle ne s'allonge.
- Melina, qu'est-ce que tu…
- Moi non plus, je n'arrive pas à dormir. Je me suis dit que si tu en avais envie nous pourrions discuter.
- Comment tu savais où était la deuxième couverture ?
- J'ai pris l'habitude de venir dormir là quand… en fait, bien trop souvent. Je peux poser mes lunettes sur ta table de nuit ?
- Bien sûr mais pourquoi tu es là ?
- Je te l'ai dit. J'aimerai discuter.
- De quoi ?
- Tout ce que tu veux. Est-ce que, elle se tourne vers moi, place sa main sous son oreiller et me détaille avec une certaine fragilité, je dois m'excuser pour t'avoir avoué que je t'aimais ?
J'écarquille les yeux au possible à la fin de sa question. Je m'attendais à bien des choses de sa part, mais certainement pas à de telles incertitudes. J'ouvre la bouche pour formuler une réponse mais je n'en trouve aucune qui soit adaptée. Je fronce légèrement les sourcils avant de laisser tomber mon coussin près d'elle dans un bruit sourd. J'attrape mon sweat que j'enfile avant de m'installer en tailleur en face d'elle, le dos appuyé contre le sommier.
- Tu ne devrais jamais avoir à t'excuser pour ce que tu ressens. Jamais.
- D'accord.
- Mais puisque tu abordes le sujet, j'hésite, je tire sur les manches de mon pull, ce jour-là, tu étais sincère ? Tu étais effrayée et…
- J'étais sincère, me coupe-t-elle en se redressant s'asseyant en face de moi, mille fois sincère.
- Tu es certaine que ce n'était pas la peur parce que tu semblais… différente. Tu… quand je t'ai revue, je fais de grands gestes des mains me souvenant douloureusement de son refus de m'adresser la parole, tu t'es enfuie et quand Anya t'a ramené, je… tu…
- J'avais peur, je lui avoue, mais la peur est passée maintenant.
- Sur la plage, je penche la tête sur le côté, pour ne rien manquer de ses réactions, quand tu m'as pris dans tes bras, je ferme les yeux pour me réapproprier ce moment, c'était… quoi ? Un accident ?
- Un accident ? Elle répète horrifiée. Je ne comprends pas.
- Me toucher, je reprends en tendant ma main droite vers elle, c'était un accident, un incident isolé. C'est quelque chose que tu ne feras plus jamais ?
- Ne bouge pas, me demande-t-elle.
Je m'exécute en fronçant tout de même les sourcils en la voyant s'approcher. Elle me sourit en plongeant son regard dans le mien. Je me perds quelque peu, me noie presque dans ses iris incroyables. J'aime tellement leurs complexités, toutes ces teintes pastelles qui s'agitent lentement comme la surface d'un lac, me rappelle que je l'ai enfin retrouvée. Je prends lentement conscience qu'elle n'est pas morte. Je sens que l'étau qui m'enserrait le cœur depuis des jours se relâche lentement, la pression des ronces sur et sous ma peau s'amenuise. Je me sens simplement plus légère, je dirais même entière.
Et alors que je pensais que rien d'autre que son regard puisse exister, je sens une légère pression sur la paume de ma main. Je comprends sans mal qu'il s'agit de ses doigts mais je n'ose pas m'en assurer. Melina les fait lentement glisser sur toute la longueur de ma paume. A son passage, ma peau s'éveille. Il reste comme une marque indélébile qui me marque alors qu'elle s'éloigne de plus en plus et quand ses doigts parcourent lentement les miens, je les referme pour la retenir alors seulement, je baisse les yeux pour constater les faits.
Melina me touche, elle me touche vraiment. Nos mains sont jointes, mon cœur implose dans ma poitrine. J'ai les larmes aux yeux. Son pouce caresse lentement mon auriculaire replié. J'en ai le souffle coupé. Il y a tellement d'émotion et de sentiments qui s'éveillent en moi à cet instant que je reste sans voix. Jamais je n'aurai cru avoir le droit de vivre ce genre de moment. C'est incroyable. Je relève les yeux et je remarque que Melina ne me regarde plus, son regard est concentré sur nos mains, ses sourcils sont froncés et son front plissé.
- Melina, je souffle.
- J'aimerai que ça puisse durer éternellement. Mais, elle relève les yeux, ses iris si particulières sont noyées de larmes, tu dois me lâcher maintenant.
J'acquiesce doucement et sans prononcer un mot, je relâche la pression. Je suis surprise qu'elle ne s'éloigne pas directement, nos mains continuent de se frôler. Puis elle ferme les yeux en mordillant sa lèvre inférieur et fait glisser ses doigts loin des miennes. Son contacte me manque aussitôt, j'ai envie de plus, tellement plus mais en même temps, je suis tellement heureuse d'avoir pu obtenir si peu. Je n'aurai jamais cru avoir le droit de la toucher un jour.
- Comment, je murmure avant de perdre mes mots. Comment tu…
- Anya, me répond-elle en passant une main dans ses cheveux. J'ai détesté son idée dès le début mais depuis quelque temps, je suis capable de toucher certaine personne alors je suppose que son idée n'était pas si mauvaise.
- Anya s'est mise en danger, je m'inquiète aussitôt.
- C'était complètement inconscient, confirme Melina. Elle a énormément souffert, surtout les premières fois. C'était horrible, pour elle et pour moi. Je ne trouverai certainement jamais les mots pour la remercier. Je ne me sens plus totalement comme une machine à tuer grâce à elle. Et Raven, elle roule des yeux, cette sorcière est une vraie plaie. Elle me frappe toujours l'épaule ou le haut de la tête et une-demi seconde plus tard elle s'inquiète pour ses mains c'est insupportable. Je déteste qu'elles se mettent en danger toutes les deux.
- Pourquoi elles ont fait ça ? Je… tu es sûre qu'elles vont bien ?
- Huit mois, j'entends à peine ces deux mots, c'était long. Elles… je crois qu'elles ont fini par comprendre que je… elles ont voulu m'aider.
Je l'observe avec plus d'attention. Ses traits oscillent entre l'horreur qu'elles aient pu se mettre en danger et la reconnaissance. J'imagine sans mal Anya faire ce genre de chose. Je sais plus que quiconque qu'elle n'hésite pas une seule seconde à se mettre en danger pour celles et ceux à qui elle tient. Mais Raven… Raven c'est surprenant.
- Tu veux vraiment discuter, je comprends lentement. Pourquoi ?
- Je suppose, elle soupire en attrapant son oreiller qu'elle passe devant son ventre et serre avec douceur, qu'après ce que tu as vu dans le passé, tu dois avoir des questions. Je pense, elle baisse les yeux, qu'il est légitime que tu ais des réponses.
- Très bien, je m'humecte les lèvres pour éviter de lui hurler dessus, à quel moment est-ce que tu t'es dit qu'un : «Tu ne vas pas aimer ce que tu vas y voir» suffirait ? Tu es morte. Je t'ai vu… senti mourir.
- Tu es en colère, constate-t-elle.
- Évidemment que je le suis ! C'était… je n'ai même pas les mots, je hurle. Tu n'as pas idée de ce que j'ai pu ressentir !
- En fait, si. C'est moi qui suis morte.
- Melina, j'explose.
- Désolée, elle sourit, je suis désolée. Je… c'est quelque chose que j'essaye d'oublier. Très franchement, c'est loin d'être mon meilleur souvenir.
- Tu aurais pu nous le dire. Si tu nous en avais parlé, nous ne serions pas aller dans le passé et…
- … vous m'auriez cru sur parole ?
- Peut-être pas mais… je ne sais pas, nous aurions pu reconsidérer les choses.
- J'ai essayé de te retenir en sachant pertinemment qu'à la fin, tu partirais. Tu devais partir. Je le savais. Il fallait que tu voyages dans le temps, que je te reconcentre, sans toi… je n'aurai peut-être pas pris la même décision.
- De quoi, sauver tout le monde ?
- Non. Je n'ai jamais pensé une seule seconde que j'allais pouvoir aider qui que ce soit.
- Alors quoi ?
Le regard de Melina sur moi change. Je crois lire de la surprise, puis de la culpabilité avant qu'elle ne baisse les yeux en soupirant. Le silence s'installe et très franchement, je suis persuadée que cette conversation est terminée. Je commence à la connaître et je sais que lorsqu'une situation ne lui convient pas, elle l'évite.
- M'en prendre à Bae, elle souffle si bas que je ne suis pas certaine de l'avoir bien entendu, si, elle reprend un peu plus fort en serrant son oreiller et sans me regarder, je n'avais pas senti que tu étais là-bas, en danger, je… j'aurai continué de gagner du temps. Je savais que le sort de Morgane allait échouer. Il n'avait aucune chance. Mon intervention n'a pas été indispensable comme elle le croit, j'ai juste, elle serre son poing, mit de la poudre aux yeux à tout le monde, elle ouvre ses doigts théâtralement.
- Tu es morte, j'accuse, ce n'est pas de la poudre aux yeux.
- Non, daigne-t-elle concevoir, pour moi, c'était un suicide.
J'en reste bouche bée. Je ne comprends pas comment elle peut m'annoncer une telle bombe en restant aussi calme. Je tique alors sur sa première phrase, celle qu'elle a à peine prononcé, que j'ai dû plus deviner. Je sens mon estomac se retourner en revivant les événements qui se sont déroulé dans le subconscient de Raven. Est-ce que j'aurai mal interprété ce qui s'y est passé ?
Melina n'avait pas une seule égratignure, elle tenait bon, me protégeait de toutes ses personnifications auquel le subconscient de Raven donnait vie. Je n'aurai d'ailleurs, jamais pu imaginer qu'elle était aussi forte et impressionnante au corps à corps. J'ai été surprise de la voir se battre avec une telle aisance. Et puis, une nouvelle apparition est arrivée. Baetan-ihm.
Melina s'est comme figée. Elle a complètement arrêté de se battre, pas plus d'une seconde ou deux, se prenant coup sur coup avant de me prendre par la main pour fuir. Quand nous nous sommes arrêtées, elle était tellement essoufflée que j'ai sentie moi-aussi un manque d'air. J'entendais que l'on continuait de nous poursuivre, tous mes instincts était en alerte. J'ai rapidement compris que Melina n'était pas effrayée pour sa vie ou la mienne. C'était autre chose mais j'ai été incapable de saisir la nuance.
- Baetan-ihm, je prononce, pourquoi tu le fuis alors que tu n'as pas peur de lui ?
- Okay, elle fait traîner ce mot sur la longueur en faisant mouliner son poignet, question suivante.
- Non, je refuse.
- Scarlet, s'il te plaît.
- Dans le subconscient de Raven, ton attitude a complètement changé quand tu l'as vu apparaître. Je veux savoir pourquoi. Je t'ai déjà vu te battre contre lui. Pourquoi pas cette fois ?
Elle se mure dans le silence en passant ses doigts sur la cicatrice de son avant-bras. Elle me défie du regard me faisant comprendre que cette fois, je n'obtiendrais pas de réponse. Mais je ne compte pas lâcher l'affaire.
- Melina, dis-moi que si Baetan-ihm parvient à franchir les barrière d'Hélys tu te battra contre lui. Melina, j'insiste quand je n'obtiens pas de réponse.
- Je ne le ferai pas. Je ne me battrais pas contre Bae.
- Mais enfin, c'est un monstre.
- Tu te trompes.
- Et s'il s'en prend à moi, à Anya ou Raven ? Tu vas rester sans rien faire ?
- Je ne permettrais pas qu'il vous fasse du mal.
- Alors quoi ? Tu fuiras ?
- Non. Je suppose que je ferai quelque chose de stupide.
Quelque chose de stupide… qu'est-ce que c'est sensé vouloir dire et pourquoi elle sourit cette idiote ? Quelque chose de stupide… comme quoi, mourir à nouveau ? Quelque chose de stupide… qu'elle essaye un peu pour voir !
- Et pour info, elle reprend, je ne me suis jamais battue contre Bae.
- Tu te fiches de moi ? Tu t'es battue contre lui le premier jour de notre arrivé. J'étais là.
- Ce n'était pas Bae.
- Mais enfin Melina, je m'agace.
- C'était seulement une de ses ombres, je serai incapable de me battre contre lui, jamais.
- Et dans le passé ?
- Je ne me suis pas battue, je l'ai retenu.
- Moi si je le vois t'approcher, je le tue.
En prononçant cette menace, je sens le loup, le dragon et la magie bouillir en moi, presque me submerger. Je serre les poings pour les retenir non sans mal. Je clos mes paupières pour me recentrer et quand je les ouvre à nouveau Melina a la tête penchée sur le côté avec sur les lèvres un sourire timide que je ne lui connais pas. Son regard est aussi incroyablement plus doux qu'à son habitude. Je suis subjuguée. Lentement, je vois ses iris multicolores se dissoudre pour reprendre une teinte plus normale et ce vert qui m'avait surpris dans le passé me surprend à réapparaître. Elle parait tellement… humaine.
- Je suis désolée, prononce-t-elle si bas que je peine à l'entendre.
- De quoi au juste ?
- Parce que, je ne te laisserai pas faire de mal à Bae.
- Putain mais c'est un monstre Melina ! Il t'a tué ! Il a contaminé Lyssa ! Il a provoqué la grande guerre et il est à l'origine de la nouvelle. Il faut l'arrêter, définitivement.
- Okay, elle se rapproche de moi, en laissant son oreiller à côté d'elle, d'abord techniquement, ce n'est pas Bae qui m'a tué mais Morgane. Ensuite, l'âme de Lyssa était déjà pourrie. Il n'avait pas grand-chose à faire pour la faire basculer, il est même possible qu'il n'ait rien fait du tout. Après, ce n'est pas lui qui a provoqué la grande guerre, tu as été dans le passé, tu as bien observé mais tu n'as pas compris l'essentiel. Enfin, il ne faut pas l'arrêter mais le sauver.
- Le sauver, je répète septique.
- Le sauver, elle confirme avec un sourire sincère et des étincelles dans les yeux. De toute ma vie, je n'ai eu que deux objectifs. Le premier, trouver Éleusis et le seconde, sauver Bae.
- Mais pourquoi ?
Melina soupire et contre toute attente, elle se lève. Je l'observe sans même penser à la retenir. D'ailleurs, est-ce que je peux la toucher sans que ce soit dangereux ? Je tends le bras vers elle, de façon purement instinctive quand elle se retourne, la première chose que je remarque ses que ses iris sont de nouveau un parfait mélange de couleur pastel et la seconde c'est qu'elle fait un geste vers moi. Je ne sais pas si elle se rend compte qu'elle n'agit plus du tout de la même manière. Avant, elle aurait brusquement reculé et m'aurait hurlé dessus mais aujourd'hui, elle exécute simplement un mouvement qui me pousse à me retenir.
- Fait attention, me demande-t-elle.
- Ne pars pas. C'est toi qui voulais discuter. Je ne voulais pas te brusquer. Je…
- Tout va bien, me rassure-t-elle, je vais seulement chercher quelque chose dans ma chambre.
- Oh…
- Je reviens, elle me sourit.
- Melina, je l'arrête avant qu'elle franchisse la porte.
- Hum ?
- Nos mains, j'hésite, nous pourrons le refaire ?
- Pas aujourd'hui mais oui, je suppose. Si tu en as envie, doucement. Je ne supporterai pas de te faire du mal.
- Je comprends.
- Par pitié, ne fais pas comme Raven.
- Je ferais attention, je promets.
- Merci. Je reviens tout de suite.
Je regarde la porte se refermer et je lâche un long soupire en appuyant ma tête contre le matelas. Je fixe mon regard sur le plafond en réfléchissant à tout ce qui a été dit et le reste qui a été gardé sous silence. Je me sens sourire en revivant sa déclaration sur la plage. Je peine à croire qu'elle ait vraiment voulu s'excuser. C'est absolument anormal de demander pardon après avoir avoué à une personne que nous l'aimons.
Je continue d'observer mon plafond blanc et je le trouve terriblement triste, sur bien des points, je préfère la chambre de Melina. Je ne sais pas comment elle fait pour la rendre si accueillante. Elle dispose d'une bibliothèque pleine à craquer alors même qu'elle n'est là que depuis quelque mois, certain de ses murs sont remplis de citations en tout genre, la peinture est loin d'être unie puisqu'elle a dessiné sur la plupart de ses murs, au-dessus de son lit se trouve un magnifique et gigantesque attrape rêves que je l'ai vu concevoir de ses mains. Je crois que pour une raison qui m'échappe totalement, je m'y suis toujours sentie en sécurité. Et, en comparaison ma chambre est bien fade et terriblement vide mais au moins, ce n'est pas un bordel monstre comme dans mon époque.
J'entends les pas de Melina revenir, je me redresse juste avant qu'elle ouvre la porte. Sans perdre une seconde, elle se réinstalle en face de moi. Elle me tend un livre que je prends et ouvre en pleins milieu. Je crois que c'est un ouvrage pour enfant. Je fronce les sourcils et relevant les yeux vers elle. Melina s'emmitoufle dans la couette en m'annonçant :
- Tu tiens entre tes mains mon bien le plus précieux. Je, elle passe une main nerveuse dans ses cheveux avant de bien repositionner la couverture sur ses épaules, je l'avais confié à Jaliah. Quand je suis allée la chercher, j'en ai profité pour le récupérer.
- Je ne comprends pas, j'exécute une grimace d'excuse, en quoi est-il si important ?
- Montre le moi, je lui tends, elle fait défiler les pages avant de me le tendre à nouveau, j'observe un long moment, mes yeux glissent sur des mots d'une langue inconnue et s'arrêtent net sur l'illustration parfaitement semblable à la fresque de son plafond, c'est seulement grâce à cette histoire que j'ai gardé espoir, elle tapote le milieu de la page de son indexe, si j'ai commencé à chercher Éleusis c'est parce que j'ai lu ce livre. C'était mon histoire préférée, c'est toujours le cas, elle sourit. Ma vie est très semblable à ce qui se déroule dans ces lignes. C'est un livre qui a été interdit par les Dieux, ils contiennent énormément d'idées controversées qui pourrait rendre leurs existences caduques. Ils les ont tous détruit, c'est le seul exemplaire qui n'a pas été réduit en cendres.
- Comment l'as-tu eu entre les mains ?
- Bae… c'est Bae qui me la confié.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il savait que je m'identifierai à ce qui se déroule dans cette histoire en particulier mais je suppose qu'il ne s'imaginait pas que je me mettrais véritablement à chercher Éleusis.
- Qu'est-ce que ça raconte ?
- Très succinctement et de façon compréhensible dans notre langue, un exode pour échapper aux Enfers.
- Et qu'est-ce qui se passe à la fin ?
- Éleusis, Melina souffle en me détaillant avec une telle intensité que ma peau se consume presque sous son regard, à la fin, il n'y a plus d'Enfers, plus de souffrance, plus de peur, seulement Éleusis.
- Qu'est-ce que ça fait de moi ? Pourquoi m'appeler Éleusis ? Je suis quoi exactement, ta fin ?
- Je dirais plutôt mon commencement, elle sourit.
Je suis attendri par ses mots. Je me sens sourire à mon tour. Je suis obligée de me mordre la joue pour ne pas lui avouer quelque chose de stupide comme le fait que moi aussi je l'aime. Je ne suis pas prête, pas encore. Je crois que j'ai conscience que si c'est le souhait de Melina, elle peut me briser en mille morceaux. Et, c'est effrayant.
- Okay, son sourire se fane, son regard se fait triste et sa chevelure nacrée se fait plus terne, il y a autre chose dont je dois te parler. C'est… il n'y a que trois personnes qui connaissent ces faits, je sens qu'elle hésite, mon père, Bae et moi. Personne d'autre.
- Et, tu veux m'en parler ?
- C'est la seule façon de t'expliquer qui je suis, qui je suis vraiment. C'est mon histoire, celle de ma naissance et des premières années de ma vie. Ce n'est pas une coïncidence si je suis si différente de mes sœurs, si j'ai toujours tenu tête à mon père, si j'ai pu me libérer de son influence, si mon père à été plus dur avec moi qu'avec les autres…
- D'accord, où commence ton histoire ?
- Avec Séléné-Lunae du Cercle YomiSin, sorcière douce, bienveillante et protectrice, je n'ai jamais vu Melina sourire de cette façon, ma mère.
Je suis pendue aux lèvres de Melina qui en vérité commence par me parler non pas de sa mère mais de son Cercle. Avant aujourd'hui, je n'avais jamais entendu parler des femmes qui ont conçu les YomiSin. Elles étaient considérées comme les maîtresses du Temps, de la Sagesse et grandes protectrices de l'humanité. Sur bien des points, je comprends qu'elles n'avaient pas grand-chose à envier aux Dieux eux-mêmes faisant parfois naître des jalousies. La grand-mère de Séléné-Lunae qui portait comme nom, Mawu-Mina trouva un jour, la composition d'un sérum d'immortalité. Depuis ce jour, chaque fille qui naissaient dans la communauté buvait trois gouttes de cette liqueur, ralentissant considérablement leurs vieillissements, leurs permettant de vivre, une existence bien plus grande, presque éternelle. Elles furent les premières sorcières à pouvoir étudier et comprendre la magie dans des dimensions qui commençaient à rendre les Dieux envieux de leurs connaissances et capacités.
La mère de Melina est l'auteur du livre que je tiens encore entre les mains. Elle l'a écrit pour faire comprendre au plus jeunes qu'il ne fallait pas croire que le monde s'arrêtait là où les Dieux voulait qu'il le fasse. Il parle de liberté, d'indépendance et d'amour. Il renie tout ce qui pourrait être impossible. Quand Melina me parle de sa mère, j'imagine sans mal, une femme magnifique, elle évoque ses cheveux qui, comme les siens, étaient nacrée mais quand elle les décrits elle précise qu'ils étaient plus lumineux semblable aux éclats de la lune. Elle me dit que sa mère était si rayonnante que si elle l'avait voulu, elle aurait pu illuminer les ténèbres. D'une certaine façon, c'est ce qu'elle a fait.
En parallèle, elle m'explique que la convoitise des Dieux est loin de de s'atténuer. Une véritable inquiétude nait entre les dix et peut-être pour la première fois de leur existence, tous les membres de l'Obscurité et de la Lumière, se mettent d'accord. Leur défiance envers le Cercle YomiSin les pousse à accroître leur surveillance sur les sorcières. Ils choisissent d'un commun accord d'envoyer Baetan-ihm pour les observer, approfondir leurs connaissances sur ces sorcières et s'assurer qu'elles ne deviennent pas un véritable danger pour eux.
- Elle était belle, souffle Melina, c'était sa malédiction. Tout perdre, ne tient parfois qu'à un coup de cœur si grand que tout implose, la réalité devient une chimère utopique et le rêve la seule possibilité. Un regard à suffit pour que Séléné-Lunae, ma mère et Bae tombent éperdument amoureux l'un de l'autre.
Melina continue en m'expliquant qu'il arrive que deux âmes se rencontrent pour n'en former plus qu'une. Elles dépendent alors à jamais l'une de l'autre. Elles sont indissociables et n'auront de cesse de se retrouver, de vie en vie. Si durant une de ces existences terrestre une moitié venait à se dissocier de l'autre, à rompre le serment silencieux qui les lie, les deux âmes s'éteindraient aussitôt. L'une ne peut continuer son voyage sans l'autre. Aujourd'hui, nous appelons ces âmes et ces liens, des empreintes, des Misó Psychí ou des Sálbrot mais je comprends qu'il s'agit en tout point de la même chose, deux âmes qui se rencontre pour ne faire plus qu'une.
Séléné-Lunae a très vite compris que Baetan-ihm était différent mais elle ignorait encore qu'il s'agissait de l'un des dix Dieux. Il était gentil, patient avec elle et pouvait passer des heures à la regarder pratiquer la magie, loin des yeux des autres. Elle sentait que le pouvoir de Baetan-ihm lui était bien supérieur, plus destructeur aussi mais elle choisit de ne pas en avoir peur. Il était toujours calme, souriant mais parfois, elle voyait dans ses iris une sorte d'anéantissement totale. Elle devinait la destruction et la mort en lui, beaucoup d'Obscurité. Pourtant malgré qu'il semble avoir un accès quasi illimité en ses ténèbres, il n'en usait jamais. Quand il s'absentait parfois pendant des jours, elle ressentait un profond vide que même la magie ne parvenait pas à combler.
De son côté, Baetan-ihm ne parla à aucun des autres Dieux de cette rencontre. Il se contentait d'énumérer ses rapports sans la moindre émotion et sans jamais parler de la petite fille de la matriarche du Cercle YomiSin. Ce fut Jeda qui remarqua ce détail la première et qui choisit d'en parler avec le père de Melina. C'est pour cette raison qu'il choisit de suivre Baetan-ihm quand ce dernier repartit. Au début, le Dieu de la Guerre se contenta d'observer mais le père de Melina se rendit bien vite compte qu'il avait les yeux rivés sur une sorcière en particulier. En se fiant au rapport, il ne fut pas capable de la reconnaître fermement. Mais une chose le frappa, cette femme était sublime. Cette sorcière était bien trop puissante, Baetan-ihm aurait dû la signaler et cette beauté… elle avait tous les critères pour devenir une porteuse pour lui offrir légitimement une autre fille.
C'est lorsque le père de Melina remarqua que la sorcière repéra la position du Dieu de la Guerre et qu'il ne bougea pas qu'il comprit que lui et les autres Dieux avaient été trahis. Mais il n'était pas encore au bout de ses surprises, il vit cette femme magnifique le rejoindre. Ils discutaient de longues heures adosser à un arbre. Baetan-ihm était différent, le Dieu de la Mort sentit avec horreur la Guerre, les ténèbres et l'Obscurité s'éloigner à mesure du temps qu'il passait avec la sorcière.
- Et c'est à partir de ce moment que les ennuis ont commencé, m'annonce Melina tristement.
Séléné-Lunae finit par parler de son livre avec Baetan-ihm. Il trouva ses écrits incroyables et innovent. Il fut subjugué par sa grande ouverture d'esprit et sa vision des choses révolutionnaire. Elle ne cherchait pas à détruire les Dieux comme les autres semblaient le croire, seulement palier à leurs absences, perditions ou encore obsession. Ce jour-là Baetan-ihm lui avoua ce qu'il était. Il lui parla des ténèbres, des guerres, des ses ombres… absolument tout ce qui faisait de lui le Dieu de la Guerre. Il aborda aussi l'interdiction de se vouer au concept même de ce qu'ils étaient pour maintenir l'équilibre. Ainsi, l'amour ne devait s'éprendre de personne ou encore la guerre ne jamais brandir les armes. Il évoqua aussi, le Monde d'En Haut, les Cieux, la Terre, les Océans et les Enfers tels qu'il les connaissait avant de lui décrire chaque Dieu, ceux de lumière : l'Espoir, la Beauté, l'Amour, la Protection et la Sagesse et ceux des ténèbres : la Mort, le Chao, la Nuit, l'Égarement et bien entendu la Guerre.
C'est après une nuit entière de confidence qu'ils s'embrassèrent pour la première fois. Mawu-Mina, la grand-mère de Séléné-Lunae, découvrit leur amour à cet instant précis. Elle n'eut pas besoin des mêmes explications que sa petite-fille pour comprendre qui était Baetan-ihm. Le Dieu fut le premier surpris à être accepter par la matriarche. Au fils du temps, la grand-mère expliqua au Dieu que sa petite fille ne portait pas son nom par hasard et qu'elle était très semblable à la lune, trop peut-être et qu'elle vivrait comme dans la plupart des mythes un cycle de mort, de renaissance, et de transformation.
- Telle mère, telle fille, s'amusa Melina, ces mots étaient une prophétie. Mawu-Mina savait depuis la naissance de sa petite-fille que tout ceci se finirait dans le sang et les pleurs. Si les sorcières ne se marient pas, ce n'est pas pour les raisons qu'elles pensent, elles sont persuadées que c'est pour une question de contrôle de leurs pouvoirs mais en vérité, c'est à cause du traumatisme qui c'est jouer le jour où Baetan-ihm et Séléné-Lunae ont voulu s'unir, ce n'était d'une formalité, personne ne pouvait renier l'indissociation de leurs âmes. Mais les autres Dieux étaient en colère et par les autres Dieux, je parle surtout de mon père.
Melina me parle ensuite du refus catégorique de son père de suivre les règles. Il aimait la mort, la former, la sensation et surtout cette délectation et ce bien-être qui l'habitait quand il la provoquait. Il avait alors trouvé un moyen pour nourrir son addiction sans franchir les interdits. Il utilisait des femmes puissante et intéressante à ses yeux comme de véritable incubateur pour lui donner des filles qu'il façonnait pour devenir de véritable tueuse afin qu'elle lui ramener des âmes tourmentées qui le réjouissait toujours.
Un long silence suit ces nouvelles révélations. Je devienne la tristesse de Melina. Je ne sais pas encore ce que me réserve ses prochains mots mais je ne peux m'empêcher de m'attendre au pire. D'une main tremblante, Melina récupère ses lunettes, elle joue avec avant de les positionner sur son nez. C'est seulement à ce moment que je remarque que les larmes noient ses iris, les rendant encore plus irréel. J'ai tellement envie de la toucher pour essayer de la rassurer que je suis obligée de serrer les poings pour m'en empêcher. Je n'aime pas la fragilité que je devine chez elle. Je réalise alors que je n'ai jamais eu l'occasion de la voir sous ce visage, elle est vraie, peut-être pour la première fois avec moi.
Sans prévenir, elle reprend son récit. Elle détail la préparation de la cérémonie avec une telle précision que je jurerai y être. Je ne sais pas comment elle fait pour me dépeindre ce moment de cette façon, c'est comme si elle y avait été. Elle expose les couleurs automnaux, les rires, les odeurs, la robe blanche fait de fils en soie argenté que portait Séléné-Lunae en énumérant chaque élément de la broderie. Je fixe Melina pour essayer de comprendre comment elle peut énumérer toute ces petites choses alors qu'elle n'a pourtant pas assister à cet événement. Puis elle m'expose l'arrivée de Bae, lui aussi elle le dessine avec des mots. Elle me parle d'un homme grand aux cheveux et aux iris aussi noir qu'une nuit sans lune, je suis capable de voir son avancé vers Mawu-Mina comme si j'étais devant un film. L'homme qu'elle me décrit n'a absolument rien à voir avec ce que j'ai pu voir de lui.
Ils sont tous les deux l'un en face de l'autre, les mains jointent, les yeux aspirer par le regard de l'autre quand plusieurs sorcières s'effondrent dans des cris de douleur avant que le sang ne se répande nourrissant la terre, gorgeant les habits blancs de mise pour ce jour d'union. Les cris se diffusent, les sorts se lancent, les souffle et les cœurs s'arrêtent et le massacre du Cercle YomiSin commence. Baetan-ihm est tellement sous le choc par l'horreur de la situation qu'il ne réagit pas immédiatement. Il protège Séléné-Lunae en faisant barrière de son corps mais c'est seulement quand il voit sept des dix Dieux s'avancer vers eux semant la mort sur leur passage qu'il comprend. L'attitude et le sourire du père de Melina le choc profondément, il ne l'avait jamais vu ainsi. Il ressemble à un fou. Il rit. Il est heureux de semer la mort. Il se délecte de la situation.
Les sept continuent d'avancer vers eux, Baetan-ihm se retourne pour prendre Séléné-Lunae dans ses bras. Il embrasse son front avant de la supplier pour qu'elle fuit ce massacre. Elle refuse. D'un regard, il demande de l'aide à la matriarche du Cercle qui finit par prendre la main de sa petite fille pour l'éloigner et tenté de la sauver. Mawu-Mina continue de se battre, pourtant, elle le sait c'est leurs fins à toutes.
Baetan-ihm regarde impuissant son seul amour s'éloigner. Il envoie une des ses ombres, la plus puissante, la plus dangereuse, la plus animal, la seule qu'il c'était toujours refuser de laisser en liberté pour la protéger. Et sans se retourner, toutes les autres sortes de son corps violemment, douloureusement pour s'abattre sur les autres Dieux. Le Dieu de la Guerre ne doit jamais brandir les armes, c'est la règle. Et alors qu'il désobéit pour la première fois, il sent que sa peau est charcutée par des millions d'aiguille sur toute la surface de sa peau. Il s'acharne alors le mal se propage jusque dans ses muscles. Les autres Dieux essaye de l'arrêter, ils le sentent s'éteindre, son immortalité le quitte. Au milieu de toute cette trahison, de ce sang et de cette douleur, Baetan-ihm n'est pas le seul à perdre son immortalité. Ses ombres se renforce malgré la souffrance et cette sensation de déchirement qui le tiraille.
Le père de Melina commence à comprendre que Baetan-ihm est bien plus puissant, imprévisible et dangereux que ce qu'il pensait et qu'il l'a sous-estimé. La mort continue de se propager et il s'en réjouit seulement, cette dernière commence à s'approcher des mauvaises personnes, des autres Dieux. Et avant même qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, la Déesse de l'Espoir s'éteint. Ce n'est pas les ombres de Baetan-ihm qui lui ont prit son dernier souffle de vie mais les sorcières du Cercle YomiSin qui ont profité qu'elle soit affaiblie par l'attaque du Dieu de la Guerre. C'est la fin des Dix. La fin des Dieux.
Melina s'arrête, reprenant son souffle et je me rends compte que moi aussi, j'ai arrêté de respirer. Cette fois les larmes ont dévalés ses joues. Elle reprend l'oreiller et comme pour se protéger, le serre autant que possible.
- Yamakou-anami-atos, elle prononce difficilement entre respiration difficile, c'est le nom complet de mon père mais après ce massacre, il s'est fait appeler Ænkhou «celui qui surpasse le mal». Il a tué, tout le monde en frappant simplement des mains, elle exécute le geste, ne pense pas que c'était sans douleur, les sorcières se sont tordues de douleurs pendant des heures, se vidant lentement de leur sang. Bae aussi s'est effondré, il a sombré dans un sommeil sans rêve et toutes ses ombres ont rejoint son corps. Alors que les autres Dieux essayait de ramener Elpis-aasha ou s'assurait que Baetan-ihm allait bien, le nouveau nommer Ænkhou s'avançait vers ma mère.
De nouveau Melina me décrit parfaitement la robe que Séléné-Lunae portait pour l'occasion sauf que cette fois, le blanc et l'argenté est maculée de sang. Le père de Melina la prit dans ses bras alors qu'elle agonisait. Il se tourna vers Baetan-ihm avec un sourire triomphant, encore une fois, il avait obtenu tout ce qu'il désirait. Il était le Dieu le plus puissant, le seul qui soit inéluctable, le seul que personne ne pouvait renier. Il était tout. Il avait droit de vie et de mort sur tout et tout le monde. Il était le Dieu des Dieux.
Alors que tout un clamp, toute une culture, toute une famille mourrait dans d'atroce souffrance, Ænkhou partit avec Séléné-Lunae. Il insuffla de nouveau la vie en elle. Il avait encore besoin d'elle. Il la désirait. Elle lui appartenait désormais. Il l'emmena aux Enfers et alors qu'elle était encore inconsciente, il la viola. Et, il recommença encore et encore pendant des jours qui se transformaient en des mois, jusqu'à ce qu'il soit certain que la vie qui lui soit dû se forme dans son incubateur. Il aurait bientôt une nouvelle fille, la soixante-douzième. Et il avait un bon pressentiment, cette dernière serait la plus puissante de toutes. Il n'avait jamais eu une porteuse aussi invulnérable, possèdent autant de magie, sans oublier cette beauté incroyable. Peut-être que cette fois, il ne se débarrasserai pas de son développeur d'embryon, dès que l'enfant n'aurait plus besoin de ses attentions, il l'utiliserai sûrement à nouveau.
Séléné-Lunae était encore en vie mais elle ne ressentait plus rien. Elle respirait, son cœur battait pourtant, elle était morte. Il n'y avait plus rien d'existentielle en elle, hormis son état physique et ce petit être qui semblait absolument vouloir perdurer. La sorcière avait essayé tout ce qu'elle connaissait pour tenter de le supprimer, elle ne voulait pas du sort que son père lui réservait. Baetan-ihm lui avait décrit tous les vices du Dieu de la Mort. Elle voulait bien continuer à être sa prisonnière, à se faire torturer nuit et jour mais elle ne supportait pas l'idée que son enfant puisse souffrir. Elle sentait que sa magie s'éteignait, c'était la lune qui faisait naître son pouvoir et dans les Enfers il n'y avait pas cette force qui lui permette de se canaliser.
Rien, hormis cette pierre de lune d'un bleu envoutant que lui avait offert Baetan-ihm pendant la cérémonie. Une source de pouvoirs qu'elle pourrait utiliser en tout temps, il pensait toujours à sa sécurité. Il lui manquait. Elle ignorait s'il était encore en vie, elle ne sentait plus leur lien. Le temps continuait de s'écouler et elle remarqua que le Dieu de la Mort, la délaissait à mesure que l'enfant grandissait dans son ventre. Elle commençait à le sentir bouger, s'éveiller et une nuit alors qu'elle dormait d'un sommeil agité, la magie du fœtus implosa. Cette déflagration de pouvoir était inédite, d'une puissance inimaginable, un appel au-secoure.
La magie se propagea bien au-delà des Enfers, réveillant presque les morts sur son passage. Elle serpentait avec un seul but retrouver son essence. Ænkhou voulu arrêter cette diffusion mais il se retrouva submergé, impuissant. Elle traversa les Océans, on essaya de nouveau de l'arrêter mais elle surpassa tous les obstacles et enfin, la Terre, la lune, le substrat de cette magie. Elle n'essaya pas de rejoindre les Cieux pour se rapprocher encore de l'astre, elle était assez près, elle pouvait subsister. Et alors qu'elle allait rejoindre son hôte, elle fut attirée par quelque chose de familier et de rassurant. Alors elle reprit sa course, cherchant dans chaque être, chaque composer de la Terre qu'elle frôlait ce qui faisait naître ce sentiment. La magie se stabilisa au-dessus d'un homme aux cheveux noir comme une nuit sans lune, il semblait sans vie. Seulement s'il était véritablement mort, la magie n'aurait jamais été attirer par cet être. Alors elle attendit.
Dans ce même temps, Ænkhou parvenu enfin à atteindre la chambre de Séléné-Lunae. Il fut plus que surpris quand il comprit que cette déflagration de magie ne venait pas de la sorcière mais de son futur enfant. Le sentiment ne perdura pas très longtemps mais pour la première fois depuis une éternité, il eut peur. C'est ce jour là qu'il choisit le prénom de sa futur fille, Meleina «destructrice de mondes». Au même instant, la sorcière qui sentait et comprenait parfaitement cette magie, prononça un mot qui dans sa langue voulait dire «pluie d'étoile filante» : Melina.
Séléné-Lunae avait parcouru les mondes en même temps que la magie de sa fille, elle ne saurait l'expliquer mais elle savait qu'il s'agissait d'une fille, voyait Baetan-ihm aussi sûrement que s'il était sous ses yeux. Elle l'implora silencieusement pour qu'il revienne, qu'il ne la laisse pas. Elle avait tellement besoin de lui. Et alors qu'elle commençait à perdre espoir une masse informe et d'une noirceur malsaine et répugnante se forma entre les mains du Dieu de la Guerre. La magie s'éloigna pour éviter d'être corrompu par cette Obscurité primitive, originel et brut. Une sorte d'ombre nauséabonde prend une forme humanoïde. Une espèce de substance noirâtre coulent sur son visage, le faisant disparaitre et réapparaitre d'une manière différente. Le bruit qui l'accompagne est insoutenable. Des cris de douleur et d'horreur, sans oublier les claquements d'épée, celle des bombes, des fusils qui se décharge et un nombre incalculable de dernier souffle. Le monstre se projeta dans le corps de Baetan-ihm et celui-ci ouvre brusquement les paupières en se redressant.
Baetan-ihm n'avait jamais été violent, rancunier ou amer mais ce jour-là pour la première fois de sa vie, il était consumé par une envie de meurtre. La désolation et la mort qui l'entouraient le répugnait, il en était malade. Le fait de sentir la détresse de Séléné-Lunae, sa peur, ses souffrances et… il observa longuement la magie en face de lui et comprit. Il ignora sa faiblesse, se leva et appela de nouveau l'ombre la plus monstrueuse qui vivait en lui. Il lui ordonna de retrouver la moitié de son âme.
Il ne savait pas encore comment mais il allait sauver Séléné-Lunae des griffes du Dieu de la Mort. Il ne laisserait pas l'amour de sa vie entre ses mains même si pour cela il devait entièrement sombrer dans les ténèbres. Il mourrait pour lui éviter ce supplice. Et si cela devait être sa dernière action et bien soit.
L'ombre franchit des mondes qui ne lui appartenait pas de fouler. Elle suivait la magie qui se rétractait vers son corps. Le monstre ne se contentait pas de se faufiler entre tout ce qui cherchait à l'arrêter, il protégeait aussi la magie. Il était particulièrement primitif et son maître ne le laissait jamais sortir pourtant il ne savait pas faire que détruire autre chose lui était familier : sauvegarder. Et on lui avait spécifiquement ordonné d'assurer la protection de l'âme qui complétait celle de son créateur. Il savait que son existence était accidentelle, il était trop élémentaire. On ne lui laissait jamais aucune liberté mais aujourd'hui il accomplirai sa mission.
Quand le monstre original fait d'ombres antique franchit le seuil des Enfers, Séléné-Lunae le sentit tout de suite. Elle reconnu ce pouvoir que Baetan-ihm retenait toujours, cet anéantissement qu'il ne laissait apparaître que dans ses yeux pour ceux qui y faisait attention. Elle hurla son nom, le Dieu de la mort la frappa violemment à la mâchoire pour qu'elle se taise. Cet acte irréfléchi, signa la fin de la suprématie d'Ænkhou. L'ombre sauvage et informe se rua sur lui, la sauvagerie de ses actes ne choqua pas la sorcière jusqu'à ce qu'elle sente que si elle continuait de le laisser faire, cette brutalité pourrait bien tuer son bourreau. Elle s'approcha de lui, consciente que ce n'était pas Baetan-ihm mais seulement un fragment abîmer un imparfait de ce qu'il était véritablement.
- Ma mère lui a demandé de partir avant qu'il ne soit trop tard, avant que mes sœurs n'arrivent mais surtout avant qu'il n'assassine mon père et qu'il devienne tout ce qu'il détestait un meurtrier, un monstre.
- Melina, je peine à prononcer son prénom la gorge serrée et les larmes dévalent mes joues.
- L'ombre élémentaire, brutal et archaïque l'a écouté. Il a pris ma mère dans ses bras fait de ténèbres et il nous a emmené près de Bae. Pourquoi je suis si différente de mes sœurs ? Parce que j'ai été la seule à être élevée par ma mère et à être aimé par deux figures parentale. Elle m'a éduqué comme une sorcière, je suis capable de pratiquer la magie et j'adore ça, de nouveau son sourire me touche en plein cœur, mais j'évite de le faire et Bae a fait de moi une guerrière, il m'a appris tous les rudiments de l'art de la guerre, la patience, l'observation, le calme. Ma mère est morte quand j'avais un peu plus de cinq ans physiquement, ce qui représente plus de 500 années de paix. Sans sa magie, il n'a pas fallu longtemps à mon père pour me retrouver. C'est là et seulement là que mon cauchemar a commencé.
- Où était Bae ? Pourquoi il ne t'a pas protégé de lui ?
- Il l'a fait, elle m'assure, tout sa vie durant à partir du moment où je suis née, Bae n'a eu qu'un seul but : me protéger. Il l'avait promis à ma mère, une sorte de serment inviolable entre âme-sœur. Durant toutes ces années de paix, il a fait semblant avec les autres Dieux, il nous a chercher avec eux, il faisait comme s'il était éteint, anéantit. Et pendant tout ce temps, mon père qui avait comprit le potentiel que cachait Bae en lui cherchait à l'anéantir, chaque jour, sa voix se brise, chaque jour il lui rappelait le supplice qu'il avait fait subir à ma mère, les viols, les violences, mon existence. Mon père voulait que Bae sombre à nouveau dans les ténèbres. Il avait vu son potentiel de destruction et voulait s'en emparer. Quand mon père m'a retrouvé après la mort de ma mère, j'étais seule et il n'y avait aucune trace de l'existence de Bae, il c'était consciencieusement effacer, pour pouvoir continuer à me protéger. Je me souviens parfaitement de la première fois que je l'ai revu, mon père avait déjà compris que je n'étais pas une tueuse et avait commencé ce cycle infernal de vie et de mort avec l'aide de Bastian. J'ai tellement eu envie de courir vers lui, de le prendre dans mes bras, jusqu'à ce que je me sente rassurer mais il a fait comme s'il ne me connaissait pas, le choc sur son visage quand il a posé ses yeux sur moi est encore ancré en moi. Il a fait comme s'il assimilait pour la première fois ma ressemblance avec ma mère.
- Tu lui ressembles vraiment ?
- Énormément, elle trahit sa fierté avec son intonation, encore plus maintenant, elle saisit quelque mèche de cheveux et les enroule autour de ses doigts, c'était l'excuse parfaite pour Bae de sortir du comportement éteint qu'il avait avec les autres Dieux. A partir de ce jour, il venait me voir tous les matins, il était la première personne que je voyais à mon réveil après une mort violente. Il a commencé à me parler d'Éleusis. A ce moment-là, j'ignorais encore que le livre qu'il me lisait avait été écrit par ma mère. Il m'a apporté l'espoir.
- Je ne comprends pas, je souffle. Comment… si Bae est vraiment la personne que tu décris, alors pourquoi est-ce que nous nous battons contre lui aujourd'hui ?
Le silence qui suit n'a rien de rassurant. La vie qui s'échappe lentement du regard de Melina encore plus. Je ne l'ai jamais vu se comporter de la sorte. Elle est comme éteinte. C'est comme si je la voyais sans faux-semblant pour la première fois. Elle se livre sans peur et m'expose son cœur sans la moindre hésitation. Je suis touchée par chacun de ses mots.
- Tout est ma faute, avoue-t-elle si bas que je peine à l'entendre.
- Comment tu pourrais être responsable de…
- La promesse, elle me coupe. J'ai été trop faible, je n'ai pas supporté les morts quotidiennes, je voulais que toute cette violence s'arrête alors j'ai tué, j'ai sombré… j'ai pris une vie, puis une autre et plus je m'enfonçais dans l'Obscurité, plus je m'effaçais. Bae n'arrivait plus à m'atteindre alors il a sombré avec moi, à cause de moi.
- Mais tu es revenue à toi, pourquoi pas lui ?
Le regard de Melina vaut toutes les réponses du monde. Il était trop tard, voilà pourquoi. Elle était sa seule raison de vivre et d'être. Et même si elle était redevenue elle-même, l'Obscurité avait corrompu son cœur alors il n'avait pas tenu la promesse faite à Séléné-Lunae, il avait trahi un serment inviolable.
- Bae n'est plus que l'ombre de lui-même, littéralement. C'est son ombre originel qui a pris sa place. C'est pour cette raison que sa façon de parler est aussi rudimentaire et qu'il a besoin d'un catalyseur comme de Lyssa. Je… quand je l'ai vu sur Hélis le jour de notre arrivé, j'ai vraiment cru que je pourrai l'atteindre. Il a eu des mots tellement blessant : faire ce pourquoi je suis née. Il voulait dire tuer. Il m'a appelé Melaina, elle pleure tellement que j'ai envie de me jeter sur elle pour arrêter ses larmes, il ne m'avait jamais… jamais il n'avait utilisé le prénom que mon père avait choisi avant ce jour-là. J'ai tout fait pour garder la tête haute, j'ai appliqué ses préceptes à la lettre. J'ai fait comme si ces mots ne me blessaient pas, comme si le fait qu'il ne me reconnaissait pas vraiment ne me touchait pas. Mais… je, elle peine à respirer, j'étais anéantie. C'était la pire conversation que j'ai dû tenir. Il ne me reconnaissait pas, quoi que je fasse ou dise. Je… j'ai réalisé qu'il n'y avait plus rien d'autre que l'Obscurité.
Je me souviens sans mal qu'à ce moment, j'avais trouvé son comportement étrange. Son silence m'avait surpris. Je n'avais pas compris son sourire. Je crois que c'était la première fois que je voyais ses iris se stabiliser. Je savais déjà que quelque chose n'allait pas mais rien dans son comportement n'aurait pu me laisser deviner que son cœur se brisait en mille morceaux.
Qu'avait-elle dit déjà ? Je choisis la vie. Est-ce que ça signifie quelque chose ?
C'est cette fois là que j'ai véritablement eu envie de la toucher pour la première fois. Ce jour-là que son sourire à finalement brisé les derniers remparts de mon cœur. La douceur de son regard m'avait troublé. Elle paraissait si calme… si calme.
- J'ai essayé de l'atteindre une dernière fois en lui parlant du livre, elle le désigne du doigt, de mon histoire, de notre histoire, d'Éleusis mais je ne suis pas parvenue à l'atteindre.
Je m'en souviens parfaitement. Je m'étais outrée qu'elle puisse se taper tranquillement une discussion avec un monstre qui clairement voulait la tuer. Jamais je n'aurai pu imaginer que c'était son dernier essaie pour lui rappeler qui il était vraiment. Elle souriait tellement et ça m'agaçait au plus haut point. Comment ? Je vous le demande, comment j'aurai pu savoir que c'était une sorte d'appel au secours ?
- Quand il m'a attaqué, je…
- Melina, arrête. Je t'en supplie, arrête. J'ai compris. S'il te plaît, ne te fait pas plus de mal. Je suis désolée.
- Tu ne peux pas être désolée pour ce que je suis.
- Je suis désolée que tu ais dû vivre toutes ces choses horribles.
- C'est ma vie, elle sourit tristement, et tout ce que j'y ai vécu m'a construit.
Melina relâche l'oreiller, le dépose à côté d'elle avant de s'approcher et de s'asseoir en tailleur en face de moi. Nos genoux se touchent presque mais je n'y fais pas attention, pas vraiment parce que je vois parfaitement sa main s'approcher de mon visage. Ses yeux semble me demander l'autorisation de continuer, je n'hésite pas une seule seconde avant d'acquiescer. Ses doigts frôlent mes cheveux, jouent légèrement avec mes boucles avant de caresser avec une infinie douceur ma joues gauche. Son contacte me semble si irréel et inespéré que mes paupières se ferment pour mieux l'assimiler. Son toucher est si délicat, j'y devine toute sa patience, sa gentillesse et son amour pour moi. Son pouce efface lentement mes larmes quand elle souffle :
- Ne pleure pas Éleusis.
- Pourquoi tu te mets toujours en danger ? Tu es, j'approche ma main de son front, toujours blessée.
- J'ai tendance à oublier de réfléchir quand quelqu'un à qui je tiens est en danger.
- Ne fais plus ça !
Son sourire s'élargit et elle rit doucement en éloignant sa main. Je profite que ses yeux soient clos pour m'avancer, entrant largement dans son espace personnelle. Je suis un peu déstabilisé par son rire. Je suis obnubilée par ses lèvres, elles ont une telle attraction qu'il me faut toute la discipline du monde pour avoir la force de m'éloigner sans rien faire. Je me remets bien droit. Je la détaille avec attention, je fige dans ma mémoire chacun de ses traits, son bonheur. C'est bien ce que je voulais, n'est-ce pas : la rendre heureuse. C'est un premier pas.
- Ne le fais plus, je reprends.
- J'essayerai, son sourire subsiste sur ses lèvres.
- Melina, je suis très sérieuse. Tu es importante. Tu ne peux pas te jeter dans la gueule du loup sans réfléchir et revenir toujours blessée.
- Je ne reviens pas toujours blessée et…
- Melina, je la coupe avant qu'elle dise quelque chose de stupide, je suis très sérieuse. Tu as dit que tu as trouvé Éleusis mais il te reste quelque chose à faire : sauver Bae n'est-ce pas ? Comment tu compte faire pour atteindre ton objectif si tu n'es plus là ?
- Je n'ai pas l'intention de mourir.
- Melina, tu veux vraiment que je te rappelle ce qui s'est passé dans le subconscient de Raven ?
- Tu sais pourquoi j'ai arrêté de me battre, je viens de te l'expliquer.
- Ne le fait plus, je grogne, un point c'est tout.
- Comme tu veux Éleusis.
- Cet endroit, je retourne le livre pour le montrer à Melina, il existe vraiment ?
- Hum, elle se saisit du livre en acquissent, c'est l'endroit où j'ai grandi.
- Pourquoi tu n'y es pas retournée ?
- Parce que mon père à tout détruit quand il m'a retrouvé.
- Donc ce n'est pas cet endroit sûr dont tu m'as parlé.
- Non.
- Et tu veux me parler de cet endroit ?
- Je n'aurai pas dû t'en parler la dernière fois. Je… je suis fatiguée. Je peux, elle passe une main dans ses cheveux soudainement timide, je peux rester dormir ici ?
- Sur le sol ?
- Je me sentirais plus rassuré, s'il te plait.
- D'accord.
Je remonte sur mon lit et m'installe tout comme elle. Je m'allonge sur le côté et je l'observe. Je la trouve adorable alors qu'elle est complètement emmitouflée dans sa couverture. Je suis surprise en ressentant comme un frisson parcourir mon corps. Je fronce les sourcils, étonnée, entre mon côté loup et dragon, je n'ai jamais froid. A moins que…
- J'ai une couverture en plus dans le coffre au bout de mon lit.
- Ça va aller, m'assure-t-elle poliment.
- C'est pas vrai, je marmonne en me redressant pour récupérer la couette et la balancer sur Melina, voilà, c'est mieux !
- Merci. Bonne nuit Éleusis, elle sourit en éteignant la lumière.
- Bonne nuit Melina.
Je n'ai pas à attendre longtemps avant de sentir qu'elle s'est complètement endormie. Je me concentre sur sa respiration régulière et lente. Je continue de la regarder au travers de la pénombre, ses cheveux se sont ternit rendant notre environnement bien sombre. Je ne crois pas l'avoir déjà vu aussi paisible.
- Je t'aime moi aussi, je murmure avant d'essayer à mon tour trouver le sommeil.
Voilà pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! J'ai hâte de savoir ce que vous avez pensé de ce chapitre. Cette longue et éprouvent conversation entre Scarlet et Melina vous a-t-elle plu ? Vous vous attendiez au rebondissement concernant Bae ? Vous aviez imaginé qu'il n'était pas le méchant de l'histoire ? Que pensez-vous de toutes ces nouvelles révélations ?
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Durant le confinement, je me suis constituée un programme d'écriture (pour m'occuper, franchement, les journée sont bien longue...) donc après un peu plus d'un mois d'affinement, voilà à quoi va ressembler la publication le lundi 1 chapitre de When I See You Tomorrow, le mercredi et le dimanche (plus un autre jour si j'ai de l'avance) 1 chapitre de Les Amis Ne S'embrasse Pas Sous La Neige et le vendredi 1 chapitre de Ne Me Regarde Pas. Voilà, j'espère que cet aménagement vous convient et n'hésité pas à me prévenir si "j'oublie" une publication, je ne sais pas pour vous mais je commence à perdre la notion du temps. Prenez soin de vous !
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
GeekGirlG
