Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Quelques mots sur ce chapitre : Je sais que certaine personne attende ce POV depuis un certain temps... profiter bien !
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, seule l'histoire est à moi.
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire chaque chapitre de cette fiction pour que la lecture vous soit plus agréable.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 3 : Première à mourir
Undone my silhouette, Dévastée ma silhouette,
It's all that is left of a broken heart C'est tout ce qu'il reste d'un cœur brisé
Leave all of my regrets Je laisse tous mes regrets
To sink like shipwrecks Couler comme des épaves
Through oceans dark Dans les océans sombres
In the dust I wrote my name Dans la poussière j'ai écrit mon nom
And from the ruins, hopes were praised Et des ruines, les espoirs ont été salués
Cause all that's messed Parce que tout ce qui est foutu
Can be replaced in time Peut être remplacé dans le temps
Birdy – Silhouette
Chapitre 55 : Empoisonner
La haine est l'amour qui a sombré. C'est le summum même de la plus grande faiblesse de tout être. Parce que c'est facile, on s'y abandonne et on finit par s'y perdre entièrement. C'est la perte de soi, le détachement de sa propre identité. L'anéantissement du cœur. Le moindre faux pas nous condamne à l'oubli.
C'est l'âge des Ténèbres, de la guerre, tout sombre dans la désolation à jamais.
J'avance, encore le goût du sang dans la bouche et le regard des pauvres fous qui ont voulu s'en prendre à moi ancré dans ma mémoire. Des idiots et des ignorants, si je n'étais pas encore sous ma forme animale je rirais de leurs bêtises. Pour qui se prennent-ils ? Mes pas sont calmes, je laisse des traces derrière moi, mon odeur. Je veux que l'on sache que je suis passé ici, que je me rapproche. J'hume l'air. Je m'arrête, me cambre sur mes quatre pattes. Pauvres petites choses. Ils passent devant moi, effrayés en découvrant ma présence, partent en courant.
Je les laisse prendre un peu d'avance, je secoue la tête, grogne et bondis. Mon corps est devenu plus imposant depuis quelques temps. Les murs du couloir que je frôle me gênent légèrement dans mon avancée alors que je me précipite pour les rattraper. Je les chasse depuis des jours, ils ne vont pas m'échapper maintenant. Je les veux. Ils sont à moi, tous les trois.
Les autres les veulent morts, mais je vais les soumettre et avant la fin de cette traque ils m'appartiendront. De toute façon, je ne suis aux ordres de personnes. Je n'obéis qu'à moi et à moi seule. Je décide de ce qui est bon pour moi et ils le seront je le sais, surtout lui. Je les yeux rivés sur le jeune sorcier, sa magie est difficile à suivre à la trace, mais j'ai fini par la repérer. Ses relents sont trop semblables à quelque chose que je connais déjà pour que ceci puisse m'échapper. Ce n'est pas parce que je n'arrive pas à savoir d'où me vient le sentiment de reconnaître cette puanteur que je vais m'arrêter, je sais qu'il me sera utile. Je le sens dans toutes les cellules de mon corps.
Le jeune homme hurle dans une langue que je ne comprends pas, les deux autres paraissent inquiets, il insiste et ils se séparent. Très mauvaise idée ! J'accélère, toujours gênée par ma carrure trop imposante pour ce couloir minuscule. Je vais l'avoir et les deux autres vont suivre. Ils iront partout où il ira, ils le protègent. C'est lui que je dois avoir, depuis le début c'est lui mon objectif. Je prends encore de la vitesse, j'ai encore beaucoup d'endurance à revendre. Chasser est ma seconde nature et je n'ai pas l'intention de manquer ma proie.
Le sorcier passe une porte qui claque derrière lui, je ne décélère pas, la planche de bois explose alors que je la traverse. Je secoue la tête alors que ce passage en force m'a quelque peu étourdi. Je grogne agacée. Ma vue se brouille très légèrement. Il y a trop de lumière. Je reprends de la vitesse malgré cette contrariété visuelle. Je suis de plus en plus agacée par ce petit jeu du chat et de la souris, cette course poursuite va s'arrêter aujourd'hui. Je me précipite, mon corps s'écrasant parfois contre les parois fragilisées, effritant encore plus le bâtiment dans lequel je me trouve. J'y suis presque. Je le tiens. Je n'ai qu'a bondir pour saisir son bras dans ma gueule. Je m'exécute, au dernier moment il se baisse, je m'écrase lourdement contre la baie vitrée qui se fissure sous mon poids. Je l'entends repartir à toute vitesse de l'autre côté. Sa respiration devient filante, il s'épuise.
Je me redresse, secoue mon corps, je le regarde s'enfuir. Je me redresse. J'ancre bien mes pattes dans le sol. Il ne m'échappera pas, pas cette fois. Je me remets à courir et dans ma hâte, je ne comprends pas tout ce qui m'arrive quand le jeune homme fait volte-face, fonçant vers moi, ses mains s'agitent mon corps est propulser en arrière. Des psaumes franchissent violement ses lèvres rendant mon enveloppe hors de contrôle, je sens ma transformation s'activer, je redeviens humain. Je hurle, un mixte étrange entre ce que je suis et ce que je deviens. Mon dos percute de nouveau la baie vitrée, cette fois le verre ne tient pas et le choc le fait voler en éclat. Alors que je suis propulsée en dehors du bâtiment, je vois le sorcier bondir, il passe au-dessus de moi dans un dernier geste désespérer je tente de l'attraper d'un membre qui n'est ni tout à fait humain, ni tout à fait loup mais je tombe trop vite alors qu'il ne semble jamais arrêter de s'élever.
Avant de m'écraser brutalement au sol et de perdre connaissance, la dernière chose que je vois c'est un halo de lumière incandescent capable de brûler la rétine entourer le sorcier et le faire disparaitre. Je l'ai manqué encore une fois mais cet effluve de magie, je la connais. Je n'en démords pas. Je sais qu'il est la clef. Il est celui qui me permettra de retourner sur Hélys et de me venger.
Durant mon inconscience, je rêve de violence, de sang et de mort. C'est tout ce qu'il me reste. Je veux tous les voir agoniser. Je n'aurais de répit que lorsque cette île sera complètement décimée. Je le vois parfaitement l'accomplissement de mon châtiment. Je distingue sans mal les corps sans vie arpenter cette terre répugnante de magie. J'arracherai chaque souffle de vie de ceux qui se croit protégés derrière cette stupide barrière que je ne peux plus franchir désormais, à commencer par celui de Lexa Woods. Je n'ai aucun doute, elle sera la première à trépasser sous mes crocs et mes griffes. Je ne laisserai personne d'autre l'approcher, cette perfide hypocrite est à moi.
Je me déplace dans un corps gorgé de douleur, mais je ne le montre pas. Je ne suis pas assez stupide pour laisser transparaitre mes faiblesses. J'avance la tête haute avec derrière moi, ma meute au grand complet. Je ne baisse la tête devant personne mais quand Lyssa me barre la route, je m'arrête. Je la défie du regard, plusieurs de mes loups se rapprochent, ils sont mon avantage contre elle. Je suis peut-être moins forte qu'elle, mais son acharnement à vouloir rester seule la rend vulnérable face à moi.
- Je constate qu'ils t'ont encore échappé Blake.
- Je constate que ton ombre est de nouveau absente Lucas.
Lyssa grogne de façon menaçante en s'avançant vers moi. Aussitôt un grondement monstre s'impose derrière moi. Le bourdonnement incessant de ma meute fait naître un doute dans le regard de l'alpha qui me fait face. Je lui offre un sourire narquoise, insensible à sa provocation. Je sais que je devrais avoir peur d'elle et pourtant je ne sourcille pas, pas même un peu. Je suis devenue insensible à toute émotion qui ne concerne pas ma vendetta. Je ne vis que pour appliquer mon châtiment. Tout le reste n'a aucune importance.
Il n'y a plus que la colère, les ténèbres, le sang et la mort. C'est tuer ou être tuée dans ce monde gangrené par la guerre. Et je ne suis pas de ceux que l'on laisse agoniser derrière lui. Je suis une survivante, mon cœur pulsera dans ma poitrine aussi longtemps qu'il le faudra, jusqu'à ce que j'obtienne réparation. Je vois tout ce qui m'entoure en rouge, la couleur du sang, mes ennemis ne tiendront pas longtemps, ils s'effondreront sous ma vision.
- Je t'interdis de parler de lui ce n'est pas ton privilège.
- Je suis insensible à tes menaces, tu es seule contrairement à moi.
- Je n'ai jamais eu besoin de personne, je pourrais décimer ta meute en un claquement de doigts si je le voulais.
- Si c'était vrai, que tu n'as jamais eu besoin de personne, tu ne chercherais pas la reconnaissance des tiens, je souris en m'avançant vers elle. Tu dis chercher la toute puissance mais tu t'égards. Pourquoi t'acharner à ce point à vouloir anéantir Anya et Raven sinon ? Tu cherches à les atteindre à tout prix, à les toucher, elles sont ta faiblesse et un jour tu seras tellement absorbée par elles que tu ne feras plus attention à ce qui t'entoure et je serai là pour te prouver qu'un claquement de doigts ne suffit pas pour m'achever. Maintenant, écarte-toi.
- Tu n'es qu'une enfant Octavia Blake et tu te permets de te croire supérieur à moi ? Je suis l'alpha la plus puissante qui n'ait jamais foulé cette terre. J'ai fait les sacrifices qu'il faut pour en arriver où j'en suis. Et quand j'aurai détruit tout ce qu'il reste de mon passé, plus rien ne pourra m'arrêter. La petite Octavia Blake ploiera devant moi, comme tous les autres.
- En attendant que ce jour arrive, je reprends alors que grondement s'accentue derrière moi, écarte-toi de mon chemin.
Lyssa ne s'exécute pas, ce n'est pas étonnant. Nous nous affrontons silencieusement alors que les grognements des miens deviennent de plus en plus menaçants. Je ne sourcille pas. Je n'ai pas l'intention de perdre cette bataille silencieuse. Il y a bien plus qu'il n'y paraît dans cet échange impassible, mais en même temps terriblement bestial. Ce sont nos loups qui s'affrontent, ils s'imposent dans nos yeux pour la suprématie.
- Les loups, la voix dénuée d'émotion de Nia nous détourne de notre tâche, vous n'arrêtez donc jamais.
- Cette enfant m'a provoquée, aboie Lyssa. Tu n'aurais pas dû nous interrompre, s'agace-t-elle, rien de tout ceci ne te concerne dragon.
- Je suis concernée, vous êtes en retard toutes les deux et je n'aime pas attendre.
- Tout le monde est arrivé ? Je m'informe.
- En effet, même son ombre est revenu, souligne Nia.
Il n'en faut pas plus à Lyssa pour subitement m'ignorer totalement et se précipité vers notre lieu de rendez-vous. Je la suis plus calmement. Je ne ressens aucune urgence à rejoindre les autres. Je m'éloigne le plus possible de la reine des dragons. Je ne lui fais pas confiance. Je suis seulement obligée de reconnaître que son armé nous sera plus qu'utile le moment venu.
Ce sont les monstres informes qui constituent ses rangs, incapables de prendre forme humaine qui me fascinent le plus. Ce sont des bêtes semblables aux Canis pour les loups, sauf que contrairement aux loups, ces animaux primitifs sont contrôlables. Nia les tient d'une main de fer, ils s'entretueraient sans hésiter si elle leurs demandait. Je suis émerveillée par le contrôle qu'elle exerce sur les siens. J'aspire à acquérir le même ascendant sur ma meute.
Si un seul des miens cherche un jour à me trahir, je l'anéantirais. Je n'aurais aucune pitié. Je tuerais sans la moindre hésitation pour garder mon statut. Je suis leur seule voix, ils sont mon bras armé. J'ordonne, ils exécutent. Ils m'appartiennent jusqu'à leur dernier souffle, ils sont miens, notre. Je sens que mon loup s'agite à cette idée, il en veut plus, toujours plus. Il aime ce pouvoir que je lui accorde enfin. Je ne comprends pas pour quelle raison j'ai résisté aussi longtemps, c'était stupide. La compassion ne sert à rien, si je veux survivre, je vais continuer d'écraser tout ceux qui voudrons m'empêcher d'avancer.
J'obtiendrais tout. Ma vengeance, la satisfaction de tuer Lexa Woods de mes mains, l'anéantissement de sa meute, la délectation de répandre le carnage en détruisant tout ce qui a un jour compté pour elle et je vais récupérer mon fils.
Thomas est mon sang, ma famille, mon nom, il est mien plus que tout autre. Il ne peut en être autrement, il regagnera sa place au sein de sa meute. Il n'aura pas le choix. Il reviendra vers moi, même si pour ça je dois tout briser autour de lui. Il ne restera que moi, que nous.
- Où étais-tu encore passée, la voix de Lyssa implose. Je t'ai déjà dit de ne pas disparaître sans prévenir !
- Que tu oses, t'adresser à un dieu sur ce ton me rend à chaque fois plus perplexe, répond avec amusement, mais surtout d'une façon terrifiante, Amber. Essaye de ne pas oublier à qui tu t'adressera quand mon père sera là, je ne suis pas aussi conciliante que Baetan-ihm.
- TTTTTtttttaisez-vous, ttttttoutes les deux !
Je me stoppe net après cette intervention. Depuis que j'ai été chassé d'Hélys sans aucune raison et que je les ais rejoins je n'ai jamais entendu le Dieu de la Guerre s'adresser à qui que ce soit sur ce ton, encore moins à Lyssa. Je ne saurais pas l'expliquer, mais c'est comme si subitement tout se figeait autour de moi et que plus personne n'osait bouger. L'atmosphère devient glaciale et je jurerais que mon sang se solidifie. Je suis terrifiée. Je crois que je découvre le vrai visage de l'entité même de la guerre pour la première fois. J'ai du mal à respirer, à chaque expiration une condensation blanche s'échappe de mes lèvres. Donc cette soudaine rudesse sibérienne est réelle.
Les ombres noirs, massives, imposantes, denses et irrégulières qui constituent cet être divin s'agitent dans tous les sens le faisant changer de forme et d'aspect sans le moindre contrôle. Un battement de cils et il devient un être indescriptiblement monstrueux et gigantesque, encore un et il se change en un colossale tigre en dents de sabres, un autre et tout implose. Il est partout et nulle part à la fois. Je le sens frôler ma peau, il se diffuse dans la pièce sans contrôle. Un dernier clignement de paupières et il se stabilise en une forme humanoïde. Je ne l'avais jamais vu prendre une telle apparence. Le froid sec et austère résiste alors que les pans d'ombres sur son visage paraissent s'écarter, révélant une peau mate presque métisse et des iris aussi noires que cette Obscurité qui l'entoure en tout temps avant que cette ouverture soit aussitôt colmatée.
- QQQQQqqqqque ccccc'est-il passé ? Demande-t-il de sa voix sec et sévère. CCCCCcccccomment est-ce arrivé ? CCCCCCcccccomment ? OOOOOoooooù était-elle, je ne comprends pas ? JJJJJjjjjje ne comprends pas !
Il hurle et comme tout ceux autour de moi, je suis obligée de plaquer mes mains sur mes oreilles pour essayer d'atténuer cette agression. Le sol tremble, les murs semblent s'affaissent alors que des fils d'Ombres sont projetés de part et d'autre de la forme humanoïde. Il fait de plus en plus froid, c'est à peine tenable. En tant que lycanthrope je ne suis pas censée ressentir ce genre d'inconfort et pourtant je tremble à cause de cet air devenu glacial. Des déflagrations de sons s'imposent, devenant insupportables, c'est comme d'entendre tous les bruits du monde en une seule seconde. Le moindre murmures, clapotis, chuchotements, crissements, gémissements, explosions. Je perçois tout dans un vacarme intolérable. C'est comme un bourdonnement incessant et intenable. Bientôt, je sens un liquide chaud s'écouler entre mes doigts depuis mes oreilles. Je hurle, mais je ne perçois pas ma propre voix. Je sens mes cordes vocales vibrer sans que mon cri se puisse être assimilé. Et puis tout s'assourdit, ne laissant qu'un son aigu et rectiligne exister.
D'un geste tremblant alors que tout ce qui m'entoure est assourdit par cet acouphène perpétuel, je retire mes mains de mes oreilles. Le sang qui s'est agglutiné sur ma peau me rend folle de rage. Mon loup pousse sur mon corps pour prendre ma place. Je sens que ma meute à son grand complet s'agite, ils sont tous prêt à attaquer. Mais il faudrait être complètement fou et stupide pour s'en prendre à un dieu et je ne suis ni l'un, nu l'autre. Je serre les poings, retient l'animal qui sommeille en moi et j'attends qu'il daigne se calmer. Je remarque que tout ceux autour de moi semble avoir pris la même décision.
C'est comme de vivre dans un cauchemar et d'assister à ses pires craintes en décidant d'agir comme un fantôme. Mais je serai celle qui survivra alors j'attends.
Les Ombres paraissent encore s'écarteler et cette fois j'en suis certaine. Il y a quelqu'un dedans. Je suppose que c'est la vraie forme du Dieu de la Guerre. Il paraît ne pas arriver à s'extraire de ce sarcophage d'Ombres. À un moment, je vois un bras métisse s'en extraire complètement, les Ténèbres si agglutinent aussitôt, charcutant cette peau, le membre est malmené, torturé, avant de retourner à sa place. Je ne comprends pas à quoi j'assiste exactement, mais je pense qu'il s'agit d'un combat pour la domination du corps, un peu comme quand un lycanthrope perd l'équilibre entre son côté humain et animal. Mais là, c'est beaucoup plus violent, primitif et dangereux.
Et alors que je pensais que rien de l'extérieur ne pourrait calmer la situation, Lyssa approche. Je vois ses lèvres bouger, je n'entends pas ce qu'elle dit et en fixant ses lèvres je ne comprends pas non plus. J'en conclus donc qu'il s'agit d'une langue que je ne comprends pas. Amber, qui jusque-là hurlait de rire comme une véritable aliénée alors que nous autre nous démenions contre la douleur, se stoppe net. Elle observe l'alpha agir avec une net et reconnaissable incompréhension. Les Ombres s'abattent vers Lyssa mais elles ne la touchent pas, se contentant de la frôler, encore et encore jusqu'à ce qu'elle s'arrête une fois en face de la présence humanoïde, là elles s'accumulent encore plus autour d'elle, la faisant complètement disparaître.
Le temps semble s'arrêter, tout se fige, l'agitation des Ombres s'arrête net et puis plus rien.
Le premier son que je perçois de nouveau est semblable au ramdam régulier d'une trotteuse. Je fronce les sourcils essayant de comprendre d'où provient cet étrange bruissement. Plus je suis attentive, plus je remarque que cette rumeur étrange ressemble à un à curieux battement de cœur. C'est absurde, mais je crois reconnaître ce nébuleux heurt de l'organe vitale. Ce brouhaha sourd me parait si familier… et puis je comprends, ce n'est pas le tapage régulier que je reconnais. Ce sont les effluves. Les effluves de la magie que je poursuis depuis des jours, celles du sorcier. Mais pourquoi serait-il ici ? Sa présence serait complètement absurde !
Lyssa ressort des Ombres en reculant lentement. Elles reviennent toutes reconstituer le corps resté humanoïde du dieu. Il a repris le contrôle. J'inspire profondément. Etrange… il n'y a plus aucun relent de magie. L'amas de ténèbres disparait, l'alpha sourit, je comprends sans mal qu'il est toujours présent mais invisible aux yeux de tous, sauf pour elle.
Des applaudissements raisonnent autour de nous, tous les chefs de clamps, cherche d'où provient cette intervention. Un rire dénué de vie, semblable à celui d'Amber raisonne, je frissonne alors que mes poils se dressent sur mes bras et ma nuque. Le danger. Un sentiment primitif, une alarme reconnaissable entre tout autre. Mes yeux finissent par tomber sur un homme si imposant et si grand qu'il passe à peine par l'ouverture de la porte. Ses traits son indéfinissablement séduisants avec son torse et ses bras musclés à l'extrême. Il semble complètement étriqué dans son costume trois pièce bleu foncé, ses cheveux sont blancs, fins et lisses et tombent jusqu'au milieu de son dos. Il s'avance et sous chacun de ses pas, je devine la souffrance et l'anéantissement, une odeur nauséabonde de mort se repend. Son regard s'arrête sur chacun de nous. Je suis choquée en découvrant ses yeux. Il ne possède pas d'iris ou de pupille, tout ses globes oculaires sont comme incendiés. Ils brûlent, crépitent de flammes d'un rose si pâle que s'en devient presque translucide par moment.
- Il n'y a pas à dire, sourit-il en s'arrêtant devant Lyssa, la dominant de sa grande taille, arrêtant d'applaudir, Baetan-ihm vous a bien choisie Annalyssa Cassandra Daniella Jena Lucas. Vous êtes intéressante. Son sourire devient épouvantablement admiratif. Je me demanderai toujours comment il fait, il saisit le visage de l'alpha et se penche pour mieux l'observer, pour trouver des perles rares comme vous. Il y a d'abord eu elle, il a aussi essayé de me cacher son potentiel, mais je l'ai obtenue quand même. Et maintenant toi. C'est dommage, il rit, tellement dommage… vous auriez été parfaites, si seulement elle ne m'avait pas maudit.
- Parce que vous pensez que je vous laisserai m'approcher si justement j'ignorai que vous êtes maudit ?
- Sensationnelle, il rit de nouveau de cette façon sinistre et sans vie, quel gâchis, il secoue la tête sans perdre son sourire, quel gâchis… et bien, il relève les yeux et je suppose qu'il observe Baetan-ihm, mon vieil ami, que t'est-il arrivé ? Tout ce remue-ménage et pour quoi au juste ? Je te l'ai déjà dit, son regard devient de plus en plus inquiétant, tu ne quitteras plus jamais cette forme. A quoi bon essayé de lutter ?
La manifestation fait d'Ombre réapparait aux regards de tous. Il s'avance, saisit le poignet du Dieu de la mort et le force à lâcher prise sur l'alpha, ce qui fait de nouveau éclater de rire l'entité de la mort. Baetan-ihm s'impose entre lui et Lyssa. Je devine énormément de non-dit entre eux, c'est malsain, encore plus que tout le reste.
- NNNNNnnnnne t'avise plus jamais de la toucher Ænkhou !
- Je tâcherai d'éviter de la convoiter de nouveau, s'amuse-t-il. De toute façon, elle me serait parfaitement inutile et tu le sais. Qu'est-ce que j'en ferais ? Je le sens encore, reprend-il en se rapprochant de l'autre Dieu, quelque chose t'a presque fait revenir. Je veux savoir ce que c'est. Tu vas me le dire, encore ce sourire dépourvue d'émotion, et je vais le détruire. Ainsi, il n'y aura plus de problème. Amber, prépare-toi.
- Oui père, son rire me fait froid dans le dos.
- MMMMMmmmmmême toi, tu ne peux pas détruire ccccce qui est déjà mort.
- C'était Meleina, Amber sautille sur place en applaudissant, c'était elle, n'est-ce pas ?
- Meleina est morte, crache le Dieu de la mort. Je ne veux plus entendre ces inepties ! Cette enfant maudite a été détruite, elle n'a plus aucune existence ! Je l'ai vu, senti mourir. T'en souviens-tu Baetan-ihm ? Tout ceci est arrivé par ta faute ! Mon enfant la plus précieuse, ma fille la plus prometteuse, celle avec le plus grand potentiel, tu me l'as arrachée !
- EEEEEeeeeet pourtant, c'est la sssssseule encore capable d'utiliser cette magie.
- Quelle magie, hurle le Dieu de la Mort, mes filles n'utilisent pas la magie, je fais en sorte que ce ne soit pas possible, jamais !
- EEEEEeeeeelle est différente et tu le sssssais parfaitement. JJJJJJjjjjj'ai oublié beaucoup de chose depuis ccccce jour-là, mais pas ççççça. JJJJJjjjjje n'oublierai jamais, notre petit sssssecret. EEEEEeeeeet je te dis que ccccc'était cccccette magie, il n'y a que cette magie qui puisssssssssse m'affecter à ccccce point, encore une fois, tu le sssssais. CCCCCccccc'était Mel-elle, ccccc'était… elle. PPPPPpppppuisqu'il n'y a qu'elle qui en sssssoit encore capable.
- Je ne peux pas vous croire, décrète le Dieu de la Mort, aucun de vous ! Je suis le Dieu des Dieux, je suis inéluctable, personne n'échappe à la Mort, personne !
- SSSSSsssssauf peut-être l'enfant de la mort.
- Jamais, hurle-t-il.
- Père, s'extasie Amber, je l'ai vu de mes yeux, Meleina est bien vivante. J'ai voulu vous la ramener, mais elle est bien plus puissante et forte que dans mes souvenirs. Elle se cache sur Hélys avec tout ceux qui veulent empêcher votre œuvre.
- Je ne peux pas vous croire !
- PPPPPpppppourquoi, un rire étrange s'échappe de la masse d'Ombre, à cause de la ssssseconde partie de la malédiction. JJJJJjjjjje m'en sssssouviens comme sssssi ccccc'était hier, chaques mots, chaques intonations de sssssa voix, tout, absssssolument tout. TTTTTtttttu as voulu qu'elle sssssoit l'enfant de la dessssstru…
- Ça suffit !
- SSSSSsssssi tu ne me crois pas, si tu ne crois pas ta propre fille, tu sssssais qui tu dois envoyer, la ssssseule persssssonne en qui tu as toujours eu confianccccce. MMMMMmmmmmais, je te le dis et le répète, cccccette magie, ccccc'est la ssssseule chose qui puisssssssssse m'affecter. EEEEEeeeeet tu as fait en sssssorte que je ne puisssssssssse jamais te mentir.
- Plus jamais tu veux dire, il y a une menace franche dans cette phrase. Continuez de guerroyier, je vais aller confirmer que cette enfant maudite est bien morte.
Le dieu de la Mort est complètement enveloppé par des flammes de la même couleur étrange que ses yeux. Elles se modèlent autour de lui, jusqu'à le faire disparaître entièrement. Le dieu de la Guerre recule de quelque pas, il se retourne pour observer Lyssa d'une étrange façon. L'alpha lui fait un signe de tête et il devient invisible.
La réunion reprend son court comme si de rien n'était, les démons et les vampires, parlent beaucoup. C'est ennuyant et inutile et, à vrai dire, je n'écoute que ce qui est important à mes yeux à savoir les interventions de la reine des dragons et Lyssa. Au moins elles, elles cherchent un moyen de franchir cette fichue barrière. Les mages noirs veulent nous faire croire que c'est impossible, ils nous disent qu'il y a trop de sorcière qui ont renforcé ce bouclier et que d'une certaine façon la protection autour de l'île est devenue une entité vivante. Ce ne sont que des conneries !
Je foulerai à nouveau les terres d'Hélys, je provoquerai un véritable carnage. Je tuerai tous ceux et celles qui se mettront en travers de ma route. J'ai promis de laisser Echo à sa Reine, mais si elle devait croiser mon chemin je finirais mon œuvre. J'ai bien l'intention de sauver mon frère de cette influence néfaste. Il est évident aussi que cette chose qui est née de l'union impure entre Bellamy et le monstre ne pourra pas vivre. Je la détruirai et l'effacerai jusqu'à la plus petite parcelle de son existence. Mon frère me reviendra, il sera de nouveau mien. Et après… après il n'y aura plus que Lexa Woods. Je ne vais pas me contenter de lui faire mal, de l'éliminer. Non. Je veux qu'elle souffre véritablement et elle aura le temps de voir tout ce qu'elle a aimé se faire consumer avant son dernier souffle. Encore une fois, je n'aurai pas dû promettre au Clan Skaikru qu'il pourrait récupérer leur semi-démon, mais je suppose que de voir la personne qui partage son empreinte être emmenée de force dans les ténèbres pour ne jamais en ressortir sera suffisant.
Je me délecte déjà de ma victoire, elle sera glorieuse et sans concession. Il n'y a pas d'autre chemin possible. Je suis la vengeance, je suis la nuit, je suis l'alpha des Blake. Et d'une manière ou d'une autre je deviendrai aussi inéluctable que ce dieu de la Mort. Je serai celle qui posera son empreinte sur le monde de ténèbres qui voit le jour. Je survivrai. Je suis la seule à contrôler mon destin, il est tout tracé et je cours vers lui sans la moindre peur. Je suis un instrument indispensable de la destruction de tout ce que l'on connait. J'aurai ma place dans le prochain dessin des dieux, celui où toute ma famille sera enfin réunie.
L'agitation autour de moi me fait comprendre que cette mascarade est enfin finie. Je vais pouvoir retourner chasser. J'ai encore l'odeur de ce sorcier qui me titille les narines. Je vais l'avoir, cette fois je le ramène même si une partie de son corps doit-être en lambeaux. Je m'éloigne des nombreux groupes qui se forme, je sens le regard de Lyssa dans mon dos mais je n'y fais pas attention. Avant de reprendre la chasse, je dois d'abord rentrer chez moi. Il ne me faut pas longtemps pour rejoindre mon domicile. Mes loups restent à l'extérieur, pour s'assurer que le périmètre ne soit franchi par personne d'autre.
En passant devant la commode de l'entrée, je récupère la fiole que m'a confié le précepteur des mages noir. Je verse trois gouttes d'un liquide visqueux et vert dans la paume de ma main. Je passe la porte de la chambre pour rejoindre Lincoln assoupit sur notre lit. J'applique la potion sur son front et l'embrasse sur les lèvres.
- Ne t'en fais pas mon amour, nous serons bientôt tous réunis. En attendant, continue de dormir. Tu ne risques rien.
Je le quitte non sans un dernier regard. Je déteste le voir dans cet état, mais il ne m'a pas laissé le choix. Lincoln était de plus en plus souvent en désaccord avec moi et c'était inacceptable. J'essaye de sauver notre meute, notre famille et il n'arrêtait pas d'émettre des réserves. Il affirmait que je devenais différente, moins lucide mais il se trompe. J'ai une vision très précise de ce que sera mon avenir. Je ne me perdrais pas en chemin. Je sais exactement ce que je dois faire et s'il ne peut pas voir que je suis la seule voie à suivre, il continuera de dormir jusqu'à ce que tout s'accomplisse.
Je sors en claquant la porte. Je souris. Il est temps de repartir à la chasse. J'aime tellement cette sensation. J'hume l'air, je cherche les reflux de cette magie si particulière. J'avance vers le nord, je stoppe les quelques loups qui souhaite m'accompagner. Je préfère me consacrer à cette activité seule. C'est beaucoup plus plaisant. Mon loup commence à immerger, mes yeux deviennent les siens, je me mets à courir tous mes sens en alerte. Il est là… quelque part, ce petit sorcier qui m'ouvrira grand les portes d'Hélys.
Bien entendu, il serait peut-être sage de ma part d'essayer de comprendre pour quelle raison ce sorcier choisit de rester aussi près de notre Communauté, mais la vérité c'est que je m'en contre fiche. S'il est assez idiot pour rester alors que je le chasse, ce n'est que bien plus facile pour moi. Je passe les limites du territoire que nous nous sommes octroyés, je franchis la protection conçue par les mages et les démons. Elle est si faiblarde en comparaison de la barrière d'Hély,s mais elle reste efficace. Je me transforme et fonce dans tout les sens, cherchant avec frénésie ma proie. Il est là, quelque part et je vais le trouver !
Je cavale dans tout les sens, la truffe à l'affut. Je sillonne chaque recoin, mon corps imposant fend l'air à toute vitesse. Je repends des traces dans le sol gadouilleux. Je reste à l'affut, l'ennemi est partout et je ne serai pas un dommage collatéral. Je m'arrête net en présentant une présence hostile, je cherche au niveau du ciel, les dragons me mettent toujours mal à l'aise. Rien. Je me renfrogne, reste sur mes gardes, mon regard est à l'affut et puis je la vois apparaitre : Lyssa.
L'alpha s'avance vers moi, un sourire étrange se dessine sur ses lèvres quand elle s'arrête à une distance raisonnable. Elle n'entre pas dans mon champ d'attaque, elle est assez loin pour se défendre et moi pour ne pas me sentir acculer. Elle continue de m'observer sans dire un mot, sa prestance alors qu'elle est encore humaine me dérange mais ce n'est pas aussi impressionnant que de se retrouver en face à face avec Anya. Pourtant, d'une certaine manière l'aînée des sœurs Lucas en impose beaucoup plus, c'est une alpha dominante jusqu'au bout des ongles.
- Je voudrais discuter avec toi Blake.
Si je le pouvais, je rirais. Je ne suis pas intéressée. Je lui montre en détournant le regard. Je m'apprête à reprendre ma route en l'ignorant quand elle fait un pas pour m'empêcher d'avancer. Il n'y a aucune menace dans sa façon d'agir et pourtant, je le prends comme un véritable affront. Je me mets à grogner en montrant les dents, la prévenant de ne plus s'interposer.
- Je dois reconnaitre que tu es une très bonne chasseuse. Je n'ai jamais excellé dans cet exercice.
Et pourtant, elle vient de me retrouver sans problème. Un rire sans joie franchit ses lèvres, elle s'avance un peu plus vers moi. Elle cherche à me provoquer en me faisant comprendre que même sous ma forme de loup, je ne l'effraie pas. Je fais claquer ma mâchoire, son regard se durcit et elle reprend :
- Tout doux petite louve, je te l'ai dit : je veux seulement discuter.
Des croassements effrayants s'accumulent au-dessus de ma tête, je cambre un peu plus mes pattes dans la terre humide. Je m'apprête à subir une attaque. Un nombre incalculable de corbeau s'agglutine dans le ciel, le noircissant, avalant le soleil. Lyssa tend la main vers les Cieux et les oiseaux s'agitent en hurlant de plus en plus.
- Je vais te raconter une histoire, elle sourit. Il y a longtemps, très longtemps de cela, j'ai croisé le chemin d'un être si affaiblit et désarticulé qu'il aurait été plus sage de l'achever. Mais au-delà de son corps agonisant, j'ai su voir son potentiel et il a vu le mien. Je l'ai soigné, sauvé. Il m'a remercié en faisant de moi l'alpha la plus puissante de ce monde. Il m'a montré le chemin à suivre. Et un jour, il a commencé à me parler de Raven Reyes, il dit : Tu as besoin d'elle, il faut qu'elle t'appartienne. S'il le faut brise la, mais le plus important elle ne doit jamais t'échapper. Elle t'est indispensable. Si tu devais la perdre, ce serait ta fin. Le problème c'est que cette sorcière avait déjà un avenir tout tracé. Elle était vouée à un être, une chose qui n'était pas encore née, même pas conçue : le dernier membre de ma fratrie. Il m'a assuré que si je parvenais à tuer cet être inutile, Raven Reyes serait à moi. Il fabriquerait une empreinte entre nous et que je deviendrais invincible. Tu sais quoi, elle rit, ça a fonctionné ! Regarde-les, elle pointe du doigts les corbeaux, des familiers, un cadeau des dieux. Ils sont dévoués à leur sorcière et pourtant, depuis que je l'ai tuée, que j'ai brisé Raven Reyes, que j'ai arrêté son cœur condamnant définitivement notre empreinte factice, ils m'appartiennent. Tu chasses un sorcier Octavia Blake, mais je peux t'aider à le traquer comme le ferait une sorcière avec l'un des siens. Alors qu'en dis-tu petite louve, veux-tu chasser avec moi ?
Je considère son offre, si je le pouvais, je sourirais. Il est vrai que de chasser un sorcier n'est pas aisé, surtout quand on se fie à sa magie. Elle est capable de se rependre n'importe où et sur des étendus démesurer. Je fais comprendre à Lyssa que j'accepte son offre en un regard. Elle rit, son regard change. Elle fait un geste vers le ciel et les corbeaux se déploie rapidement, très vite je n'en vois plus un.
- Tu as fais le bon choix Octavia Blake, ce sorcier sera à nous avant la tombée de la nuit.
Je détourne mon regard pas plus d'une seconde alors que je perçois l'odeur du sorcier se répandre vers le nord-ouest quand mon attention revient sur Lyssa, elle s'est transformée. Je n'ai rien entendu, rien sentie. Elle est passé d'une forme à une autre sans la moindre difficultée. Elle est vraiment impressionnante. Son regard passe sur moi, elle me laisse mener la chasse. Je préfèrerai garder un œil sur elle, je n'aime pas la savoir dans mon dos, mais je prends tout de même la tête et je fonce. Je traverse des rues désertes et désolées à une vitesse folle. Je n'ai plus qu'un objectif, débusquer ce sorcier. Par moment une ombre d'oiseau se forme avant de disparaitre, je sais alors que je suis dans la bonne direction.
J'entre en force dans un bâtiment, il est là. J'ai à peine le temps de franchir le seuil que sa présence disparait. Je fais demi-tour et reprend la ville fantôme d'assaut. Je suis à la trace chacun des déplacements de ma proie. Il va finir pas s'épuiser, comme toujours et il se retrouvera piégé. Par moment, ma concentration s'effrite lorsque je remarque que je ne sens plus la présence de Lyssa, mais dès que je vérifie elle est toujours derrière moi, me suivant à la trace. Je me renfrogne alors et c'est avec encore plus de hargne que je reprends d'assaut cette course poursuite.
Je vais l'avoir ! Cette fois, je vais l'avoir !
D'habitude, il ne peut pas faire plus d'une centaine de sauts avant d'être obligé de simplement courir. Encore une fois, je ne comprends pas qu'il ne tente pas de s'éloigner plus. Il est tellement puissant. Je me doute que s'il le souhaitait, il pourrait s'échapper à l'autre bout du monde mais il reste. Alors je n'aurai de répit que lorsqu'il sera mien, que lorsqu'il m'ouvrira les portes d'Hélys. Ce n'est pas ma faute, s'il est trop stupide pour fuir.
Enfin… je grogne avant d'accélérer, je franchis le peu de rues qui nous sépare à la hâte. Je rejoins rapidement le gratte-ciel dans lequel il s'est arrêté, je fonce et travers la baie vitrée avec violence. Je dérape sur le sol. Je secoue mon encolure, le verre tombe et je reprends ma chasse. Mes coussinets s'abîment sur le sol recouvert de débris coupant, je laisse quelque trace de sang derrière moi en poussant un battement de la porte de la cage d'escalier.
Un hurlement m'échappe. Je signale ma présence pour lui faire comprendre que je suis là. Sa respiration s'accélère comme les battements de son cœur. Il monte les marches avec hâte. Il va vite mais pas assez. Je prends appuie sur mes pattes, je roule des omoplates, je replis mon humanité au plus profond et je laisse le loup prendre toute la place. Il se précipite, grogne, claque des dents, franchit les escaliers avec une aisance et une habilité animale. J'aperçois enfin ma proie. Il se retourne parfois perdant de la vitesse alors que je gagne un peu plus de terrain à chaque enjambé. Ces deux acolytes ne font pas la même erreur que lui, la fille atteint la porte du toit en première, elle l'ouvre du premier coup, le jeune homme aux traites amérindien s'y engouffre et elle attend que le sorcier les rejoigne.
Il sera trop tard ! Elle hurle toujours dans cette langue que je ne comprends pas, l'appelle mais même s'il fini par franchir le seuil avant que je ne l'attrape, cette fille n'aura jamais le temps de refermer la porte. Ils seront alors coincés tous les trois avec Lyssa et moi sur un toit, c'est sans issue pour eux. Il passe près d'elle, leurs épaules se frôlent, ils ne s'accordent pas un regard. Je bondis. Elle ne bouge pas, ma mâchoire va s'abattre sur elle avant de pouvoir l'atteindre lui. Je vais certainement la dévisager, m'acharner sur elle comme sur un vulgaire bout de tissu avant de m'approcher de lui pour le soumettre.
Alors que je suis encore dans les airs, la jeune femme appuie ses deux mains sur les chambranles de la porte. Son regard change en une fraction de seconde, ses iris d'un bleu clair presque translucide s'assombrissent, ressemblant subitement à un océan en colère. Et alors que j'allais l'atteindre, que ma mâchoire allait s'abattre en plein milieu de son visage, un mur infranchissable se forme et me stoppe net. Je couine en sentant ma nuque craquer sous la violence du choc. Je m'effondre. Il me faut un peu de temps pour reprendre mes esprits, je me secoue dans tout les sens et me redresse, le sang, mon sang se répand. La fille relâche la pression et s'éloigne, je réalise qu'elle a formé un rempart entièrement formé d'eau. Je n'ai jamais rien vu de tel.
Je reprends forme humaine, je suis quelque peu aveuglée par mon sang, je passe ma main sur mon visage, l'étalant encore plus le diffusant sur ma peau et dans mes cheveux. Je m'avance lentement, je m'arrête juste devant la muraille d'eau. Je passe ma main dessus, l'humidité se propage sur mes doigts mais quand j'essaye de passer à travers c'est impossible. La fille parait à bout de force et effrayé. J'abat violement mon poing sur la fortification, elle recule, trébuche presque sans me quitter des yeux.
- Une sirène, intervient Lyssa dans mon dos. Elle est bien loin de chez elle.
- Tu as déjà vu quelque chose comme ça, je demande agacer en abattant de nouveau mon poing sur leur protection imprévu.
- Jamais. Les sirènes ne sont pas censées quitter les océans et quand elles le font, elles souffrent le martyre. Je me demande, elle aplatit sa main gauche sur le mur d'eau, combien de temps cette chose peut tenir si nous les attaquons par le haut.
Lyssa a à peine fini de prononcer sa suggestion que des croassements raisonnent dans tout les sens. Les trois acolytes se rapprochent essayant de comprendre d'où provient la menace. Ils forment un cercle, dos à dos, les yeux rivés vers le ciel. L'amérindien s'approche de la fille, il encadre son visage de ses mains, il prononce des mots incompréhensibles avant de lui sourire. Il jette un regard au sorcier qui acquiesce doucement et la seconde d'après, une transformation commence. Je n'aurai jamais deviné qu'il s'agissait d'un métamorphe. Il n'en n'a pas l'odeur. Son changement de peau paraît terriblement douloureux, je ne crois pas avoir déjà entendu quelqu'un autant hurler de douleur pendant une transformation mais bien vite ses cris deviennent plus bestiaux et un ours noir de quatre ou cinq mètres de haut s'impose. Le sorcier attire la fille près de lui pour l'éloigner de la bête qui abat des coups de pattes et de mâchoire vers les corbeaux.
- Je n'ai jamais vu un métamorphe comme lui, je ne peux m'empêcher de souligner.
- Tous les trois, murmure Lyssa, ils en sont tous les trois…
- De quoi est-ce que tu parles, je m'agace de ne pas comprendre.
- Veteris-begton, elle souffle si bas que je peine à l'entendre.
- Je ne comprends pas Lyssa !
- Moi non plus, elle reprend avec colère, je croyais tous les connaître.
- Mais qui ?
- Deknony Khongphra Dai, ce qui veut littéralement dire : les enfants des dieux. Ce sont des Veteris-begton, des primitifs, ils ne jouent pas dans la même catégorie que nous, ils partagent leur sang, leur essence avec des divinités.
- Comme Amber, je comprends.
- Pas comme Amber, cette fille des enfers est soumise et bridée, eux ils sont comme Raven Reyes, libres, puissants et incontrôlables.
- Mais le sorcier peut passer la barrière d'Hélys, j'insiste.
- Il le peut… sa magie est plus… beaucoup plus ancienne, archaïque et violente que celle de Raven.
- Donc il nous le faut, je m'agace en abattant de nouveau mon poing sur le mur d'eau.
- Je connais cette magie, murmure-t-elle, je la connais… mais d'où ?
- Je ressens la même chose.
J'observe les corbeaux acculer l'ours géant, son grondement est terrifiant alors qu'il se bat avec férocité. Les cadavres des oiseaux jonchent le sol, le sang s'écoulent. Je remarque que les mains du sorcier et de la sirène sont liées et que leurs paupières sont fermées. Ils préparent quelque chose. Par moment, la fille semble disparaitre, son corps devient complètement translucide se mutant en eau. Et avant que je ne puisse prévenir Lyssa de la menace, la fille tend sa main droite vers le ciel, l'ours court vers elle, une odeur salée vient titiller mes narines et un dôme d'un bleu cristal et lumineux vient recouvrir entièrement le toit, une nouvelle muraille d'eau prend forme, les isolants complètement du danger.
Les jambes de la fille lâchent, le sorcier la retient fermement. Sa respiration est complètement haletante, son regard s'arrête sur nous et je comprends qu'elle ne va pas tenir longtemps. Il faut que je me tienne prête. L'amérindien reprend forme humaine, il vient aussi soutenir la sirène. Il se tourne vers nous, son regard à lui est différent. Il est prêt à se battre, il a encore beaucoup de ressources. Le sorcier parait plus méfiant, indécis. Il embrasse le front de la fille, la confie au métamorphe et s'avance vers nous. Ses iris vert d'eau, presque turquoise se posent sur moi puis sur Lyssa et après quelque part dans son dos, certainement sur Baetan-ihm.
- Tu devrais arrêter de fuir pendant qu'il est encore temps, je lui conseille.
- L'injustice, prononce-t-il avec un très fort accent en continuant de regarder un point invisible derrière Lyssa, les ténèbres et l'oubli. Je n'ai rien négligé.
- A qui crois-tu parler ? S'agace aussitôt l'alpha.
- Effacé, il continue, annihilé, désappris de l'histoire, un jeu d'esprit très habile. Il est temps de fendre l'armure. Qu'en dis-tu ? C'est décidé, il soupire, après tout ce temps, je vais l'appeler, lui demander de l'aide. J'attends ce jour depuis si longtemps que j'ai fini par croire qu'il n'arriverait jamais.
- Je t'interdis de lui adresser la parole, hurle Lyssa, ce n'est pas ton privilège.
- Mon privilège, il rit. Ceux qui se cherchent résonnent éternellement en écho dans les cœurs. Mon privilège, il sourit en reculant. Je m'appelle Yitzhaak Hansee, au nom de tous les miens, en mon âme et conscience, par et pour ma magie, j'appelle mon Cercle.
Il recule sans nous quitter des yeux. Le regard de la sirène en dit long sur son incompréhension et celui outré du métamorphe nous révèle que le sorcier vient d'accomplir quelque chose d'inédit. Il frappe ses deux paumes ensemble, la magie s'impose, c'est comme si d'autres mains apparaissent, s'enlacent dans une danse féerique, des couleurs de peau de toutes ethnies se mélange et dans chacune de ses mains, le catalyseur du pouvoir des sorcière, Yitzhaak se renforce. Il devient encore plus puissant. La magie des centaines des générations qui l'on précédées s'accumule dans son corps. Les psaumes débutent et je vois surgir le fantôme d'une première femme, puis des milliers d'autre la suive, chacune des manifestations viennent le renforcer et elles prononcent le sort en même temps que lui.
- Par toutes les lunes, souffle Lyssa, je crois que c'est la première fois que je sens la peur émaner d'elle.
- Qu'est-ce qu'il est en train de faire ?
- Trahir, brûler, choisir et se révéler, prononce-t-il en souriant.
Il éloigne ses deux paumes, un halo de ténèbres se forme. Une masse d'ombre s'y accumule. Cette formation, s'étire jusqu'à former des runes particulièrement sophistiquées. Il reprend son sortilège et les écritures se déplace pour s'assembler dans un ordre que je ne comprends pas jusqu'à former un cercle parfait. Son index forme un geste désarticulé, qui ressemble à un trait qui forme des nœuds, qui se prolonge en une ligne.
- Je m'appelle Yitzhaak Hansee, au nom de tous les miens, en mon âme et conscience, par et pour ma magie, j'appelle ma sœur.
Tout se fige, je n'ai jamais ressenti un tel pouvoir, autant de magie. Le sorcier sourit, ses mains tremblent légèrement peinant à contenir ce cercle. Il les écarte un peu plus, la peine et la douleur marquent les traits de son visage. Les runes deviennent plus volumineuses et bientôt le cercle devient aussi grand que lui. Les écritures s'agitent, elles tournent à toute vitesse créant un portail.
- Non, je hurle en comprenant qu'il va fuir.
- Pas mon privilège, il rit, tu es bien ignorante Annalyssa Lucas, il écarte complètement ses bras et tous les fantômes disparaissent, il ne reste plus que le cercle. Effacé, annihilé, désapprit, il passe une main dans ses cheveux, il n'y avait que ma sœur pour réussir un tel coup du sort. Je reviendrai te chercher, assure-t-il en fixant de nouveau ce point invisible, mais je ne serai pas seul, nous serons là tous les trois, comme avant.
Il recule encore alors que les rouages du cercle s'accélèrent, rendant les runes illisibles. Un faisceau lumineux s'impose, il traverse le dôme de protection. Je suis son avancé et comme un feu d'artifice, il implose dans le ciel dans un boucan ahurissant. Des milliers de petites étincelles crépitent avant se diviser partout en un battement de cils, les Cieux disparaisse il n'y a plus que cette magie incompréhensible.
La sirène et le métamorphe se rapprochent du sorcier, ils sont comme nous sans voix devant ce spectacle. Je dirais même cette démonstration de force. J'abat mes poings plus violement contre la barrière d'eau pour essayer de passer et les retenir avant qu'il ne soit trop tard.
- Qu'est-ce que tu as fait ? Demande l'amérindien. Après ça nous ne pourrons plus vivre caché.
- Il n'est plus temps de vivre caché.
- Tu sais que je te fais confiance, reprend la fille, mais là, ce n'est pas un peu… trop.
- Je dois la retrouver c'est essentiel.
Une porte se matérialise dans le dos du sorcier. Le cercle magique disparait entièrement. Le ciel continue d'être illuminé. L'Ombre de Baetan-ihm se matérialise entre Lyssa et moi. Il ne fait pas un geste, il se contente d'observer. Son impassibilité m'étonne. Subitement, il penche la tête sur le côté comme s'il reconnaissait le sorcier.
- Je m'appelle Yitzhaak Hansee, au nom de tous les miens, en mon âme et conscience, par et pour ma magie, j'appelle mon sort à s'exécuter.
Il se retourne et délicatement, il ouvre la porte. Un paysage incroyable apparait, une vallée verdoyante avec un arbre immense qui abrite quelque maison en bois, un ciel d'un bleu parfait, je n'ai jamais rien vu de tel. C'est idyllique, on croirait à représentation d'un rêve. Il secoue la tête, referme la porte et l'ouvre à nouveau. Cette fois, je découvre un endroit austère, remplit de flammes rose pâle comme les yeux de Dieu de la mort. Les doigts du sorcier se crispe sur la poignée, il claque violement la porte. Il sert les dents en soufflant des mots que je ne comprends pas. En l'ouvrant à nouveau, c'est une grotte sans le moindre intérêt qui apparait, il continue d'ouvrir et de ferme la porte, les lieux se succèdent, nous montrant un imposant bâtiment blanc qui ressemble à une école, une plage nappée de falaise irrégulière et dangereuse, une prairie remplit de mimosa, un sentier pavé de galet blanc, une montagne enneiger cacher derrière un essaim de papillon multicolore et une cuisine que je reconnais aussitôt, c'est celle de Lexa Woods.
Je serre les poings jusqu'à transpercer les paumes de mes ongles en la voyant apparaitre. Je reconnais facilement tous les autres. Ils sont tous là, Lexa, Clarke, Anya, Raven, Bellamy, le monstre et son enfant, la famille étrange de Jasper et Maya, une grande partie des voyageurs du temps, mon petit Thomas… ils sont tous là réunis autour d'un petit déjeuner. La discussion qu'ils ont me parait sérieuse, je ressens une certaine tension. Je souris en découvrant que l'alpha des Trikru ne semble pas en position de force. Yitzhaak ouvre un peu plus la porte et je crois le voir sourire.
- Je t'ai trouvé.
Je ne sais pas si elle entend ces mots, mais la faucheuse qui a protégé l'enfant alors que j'ai bien failli réussi à l'éliminer et qui a veillé sur moi alors que tous le monde voulait m'assassiner sans raison, se tend. Melina est comme aspirée dans un autre monde, elle ne réagit plus du tout. Lexa tape du poing sur la table ce qui la fait sursauter et enfin réagir, l'alpha l'accuse de recommencer. Anya demande à sa sœur de cœur de se calmer. La faucheuse ne répond pas, elle se mure dans le silence alors qu'elle est acculée d'une part et d'autre, accusée de ne pas répondre aux questions qui ont de l'importance. Elle fini par s'excuser du bout des lèvres avant de se retourner. Elle fixe le sorcier, mais elle ne semble pas le voir. Elle fronce les sourcils, elle saisit la monture de ses lunettes pour les retirer avant qu'elle écarquille les yeux. Elle fini par secoue la tête et son attention retourne à la discutions.
- Qui est-elle ? Demande doucement la sirène. Elle semble… différente.
- Elle est le dernier espoir que nous avons, murmure le sorcier. Aller, regarde-moi, Melina, il prononce son prénom avec une telle douceur que pendant un instant je me souviens d'avoir aimé entendre le mien être prononcer de la sorte, regarde-moi, je t'en prie.
- Elle est comme nous, constate le métamorphe, de qui est-elle la fille ? Pourquoi n'avoir jamais parlé d'elle ?
- Je ne pouvais pas, il répond tristement, allez Melina, regarde-moi, j'ai besoin de toi.
Il poursuit dans cette langue étrange qu'ils utilisent tous les trois. Il ressert la pression de ses doigts sur la poignée de la porte. Il fait un pas de plus mais s'arrête juste devant le seuille en demandant une nouvelle fois à la faucheuse de lui accorder un regard. Je manque de frôler la crise cardiaque quand l'ombre de Baetan-ihm se propulse violement contre le mur d'eau. Il devient complètement fou s'abattant encore en encore contre la barrière. Je recule pour éviter comme un dommage collatéral. Je reste interdit quand je découvre que Lyssa aussi s'éloigne. Elle lui demande d'arrêter mais il n'écoute pas.
Yitzhaak se tourne vers nous, plus précisément vers lui. Il grimace alors que les attaques du dieu s'intensifient. La rempare d'eau commence à céder, une cascade s'en écoule, dérivant jusqu'à Lyssa et moi, noyant nos pieds. L'Ombre continue ses assauts insensés. Etrangement, les choses s'emblent s'agiter du côté d'Hélys aussi, tous le monde se redresse avant de se précipiter vers l'extérieur.
- Melina non, tente de l'arrêter Yitzhaak alors qu'elle suit le mouvement.
Contre toute attente, de nouveau elle se fige, elle se stoppe net. La veste qu'elle tenait en main lui échappe, elle tombe dans un bruit sourd. L'enfant de Bellamy qui vient du futur revient vers elle en lui demandant ce qu'elle fait. Melina commence à répondre, en monosyllabe avant d'arrêter d'essayer.
- J'ai besoin de toi, murmure le sorcier les larmes aux yeux, s'il te plaît.
La suite des événements se déroulent comme au ralentit. Melina se retourne lentement, de nouveau son regard s'arrête sur nous mais elle ne semble pas nous voir. Puis elle porte sa main au niveau de son cœur, ses doigts agrippent le tissu et le tire légèrement. Soudain, une panique monstre se lit sans mal dans son regard, ses yeux bougent à toute vitesse alors qu'elle semble comprendre la situation. Ses iris pastels si particuliers se figent dans le bleu translucide du sorcier, je ne sais pas pour nous mais il n'y a aucun doute pour lui, elle le voit.
- Yitzhaak, elle murmure si bas que je ne suis pas certaine de l'entendre.
- Melina, il éclate en sanglot avec sur les lèvres un sourire magnifique. J'ai besoin de ton aide. Je suis en danger. Je n'ai pas beaucoup de temps. C'est Bae, il m'a vu quand je l'ai réalisé, il était déjà trop tard. J'ai jeté le sort de révélation.
- J'arrive, décrète-t-elle.
La seconde d'après, elle est devant le sorcier, son regard dévie vers nous, elle accorde plus d'attention au dieu de la Guerre. Les traits de son visage sont indescriptibles. À cet instant et pour la première fois, je sens à quel point la faucheuse est puissante, à quel point elle contient son pouvoir. Je comprends qu'elle puisse inquiéter les dieux, qu'ils puissent l'appeler "l'enfant maudit".
Melina secoue la tête avant que ses yeux ne reviennent sur le sorcier, tous les ressentiments dans son regard disparaissent, il ne reste plus qu'une douceur infinie. Les ombres de Baetan-ihm franchissent enfin la barrière d'eau, je me transforme aussitôt en même temps que Lyssa et nous attaquons tous les trois ensembles.
La faucheuse écarte rapidement le sorcier, elle se penche juste assez pour éviter l'attaque du dieu. Elle a à peine le temps de se redresser que Lyssa bondit sur elle dans une suite de mouvements que je ne comprends pas, elle parvient aussi à contourner offensive mais je suis juste derrière et mes crocs lacèrent une partie de son bras avant que je ne reparte à l'assaut.
Avant que je ne puisse l'atteindre à nouveau, je commence à me sentir étourdie, mes pas se font plus difficiles et maladroits, mes paupières lourdes. J'y suis presque, je vais de nouveau l'atteindre mais au dernier moment, je m'effondre à ses pieds. Je me sens mal, mon corps est horriblement douloureux. Je convulse et je reprends forme humaine, alors que je suis sur le dos à hurler de douleur, je vois Lyssa sauter au-dessus de moi, elle vise la carotide mais au dernier moment, Melina se contente de serrer le poing et le loup couine avant qu'un cri déchirant lui échappe et il s'effondre juste à côté de moi. Elle aussi est violement arracher de sa peau de loup.
Le poing de Melina est toujours fermement serré. Je crois distinguer les ombres s'approcher. Je les devine se grandir au-dessus de nous et elles fondent à toute vitesse vers la faucheuse qui ne bouge pas d'un cil. Je continue de me tordre de douleur mais j'essaye de me relever. Je vois l'ombre s'arrêter net, juste devant le visage de Melina alors qu'une lumière jaillit depuis sa poitrine. Le dieu de la Guerre recule, il se tapit vers nous, rejoint Lyssa, il serpente autour d'elle.
Lentement, elle relâche la pression de ses doigts et c'est pour moi comme reprendre une inspiration salvatrice après un manque d'air trop prolonger. La douleur s'amenuise. Un arc-en-ciel éblouit tous sur son passage et je sombre.
Il n'y a plus rien, c'est seulement le noir, le vide et l'anéantissement.
Quand j'ouvre de nouveau les yeux, Melina et les trois autres ont disparu. Je réalise que je ne suis pas passée loin. J'aurai pu mourir aujourd'hui. A l'avenir, je ne m'attaquerais plus à cette faucheuse, elle est bien trop puissante pour moi.
- Tiens, Lyssa me tend un verre d'eau.
- Je n'en veux pas.
- Ce n'est pas empoisonné petite louve, je fini par accepter. Au moins maintenant nous savons contre quoi nous allons vraiment nous battre une fois que nous aurons franchit les barrière d'Hélys, elle sourit. Ce combat n'est pas gagné d'avance comme les autres peuvent le croire.
- Pourquoi ton ombre s'est arrêtée ? Il aurait pu l'anéantir, c'est un dieu.
- Je n'en sais rien du tout, elle souffle, mais je compte bien le découvrir. Il y a quelque chose à propos de cette fille qui n'est pas claire. Nous devons nous méfier d'elle.
- Nous, je grogne révolter à cette idée.
- Je t'apprécie Octavia Blake, tu es une grande alpha. Je peux beaucoup t'apprendre, si tu le souhaite.
- Un nous est peut-être envisageable.
- A nous deux, nous pourrons aisément détruire Anya et Lexa. Nous laisserons les autres se casser les dents sur cette faucheuse. Deal, elle me tend sa main.
- Deal, j'accepte.
Voilà pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plû ! J'ai hâte de savoir ce que vous avez pensé de ce chapitre. C'est un chapitre assez sombre et riche en descriptions que je vous offre avec ce POV d'Octavia qui a complètement sombré dans les ténèbres. Hantée pas sa vengeance, elle est même allée jusqu'à endormir Lincoln. La guerre se rapproche de plus en plus et elle ne sera pas sans dommage collatéraux, Hélys sera bientôt à feu et à sang. Qu'avez-vous pensé des nouveaux personnages ? A votre avis qui est Yitzhaak (en fait ça se prononce Isaac) par rapport à Melina ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
GeekGirlG
