Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, seule l'histoire est à moi.
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire chaque chapitre de cette fiction pour que la lecture vous soit plus agréable.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 3 : Première à mourir
When I sing about love and war Quand je chante sur l'amour et la guerre
I don't really know what I'm saying Je ne sais pas vraiment ce que je dis
I've been in love and I've seen a lot of war J'ai été amoureux et j'ai vu beaucoup de guerre
Seen a lot of people praying J'ai vu beaucoup de gens prier
They pray to Allah and they pray to the lord Ils prient Allah et ils prient le Seigneur
But mostly they pray about love and war Mais surtout, ils prient sur l'amour et la guerre
Pray about love and war Prier sur l'amour et la guerre
Neil Young – Love and War
Chapitre 58 : Priorités
- À quel moment as-tu compris que nous avions perdu ?
- C'est évident… quand elle a refusé de le tuer.
J'entre dans ma chambre passablement énervée. Je balance ma veste sur le lit. Je n'ai jamais ressenti une telle influence de mon loup et pourtant je crois être devenue une experte pour le brider. Mais ce soir, c'est la cinquième nuit de la lune de sang et avec tous les lycanthropes présents sur l'île et prêts à exploser, je me sens particulièrement instable. Je tourne en rond comme un foutue animal sauvage enfermé dans une cage. C'est insupportable !
J'ai beaucoup trop de mal à contrôler mes émotions, elles se mélangent avec les instincts primitifs de la bête qui vit en moi. Il y a tellement de violence et de transformations incontrôlées qu'avec Lexa nous avons été obligées d'interdire les sorties nocturnes pour tous ceux qui ne subissent pas la malédiction du loup. C'est beaucoup trop dangereux !
Je frotte mes tempes douloureuses, mon cœur s'emballe dans ma poitrine, je grogne. Il est là, beaucoup trop proche de mon humanité. Je le sens grappiller du terrain à chaque heure passé sous la lune de sang. Ce déséquilibre ne présage rien de bon, si j'étais l'ennemie, j'attaquerai maintenant en sachant que la moitié des rangs est perturbée par une influence qui leur échappe. Je n'aurai jamais cru que les choses s'étendraient jusqu'à décembre, pas après ce qu'il s'est passé avec Jeda, mais c'était il y a plus de deux mois.
- Anya, Raven entre dans la chambre précipitamment, clairement inquiète, qu'est-ce qui se passe mon amour ? Par tous les Dieux, elle souffle en s'approchant, prenant doucement mon visage entre ses mains, Anya, elle cherche mon regard mais je ne suis plus là, il a pris ma place, qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Éloigne-toi Rae, je n'arrive pas à croire que j'en sois à lui demander une telle chose, je ne suis pas moi-même.
- Non, elle refuse accentuant un peu plus la pression sur mes joues, je reste. Je ne peux pas te laisser seule dans cet état.
- Rae, je ferme les yeux, s'il te plaît. C'est, j'hésite, dangereux.
- Toi tu ne me laisserais pas. Regarde-moi Anya, je perçois une grande fragilité dans son intonation, regarde-moi, s'il te plaît, ne m'éloigne pas. Regarde-moi, sa voix se brise, Anya ouvre les yeux.
Je m'exécute lentement dès qu'il voit Raven, il essaye de forcer le passage. Mon corps est en déséquilibre, je tremble, je crois que je pourrai convulser à continuer de lui résister. Ma tête me fait mal, c'est un vrai supplice. Mon environnement se dissout, il se fond sous les larmes qui se forment dans mes yeux. Ma belle sorcière disparaît dans ce flou artistique. C'est tellement douloureux. Je n'ai jamais dû le combattre avec une telle ardeur.
- Anya…
- S'il te plaît, pars.
- Non, elle s'acharne.
Je ne veux pas que Raven me voit dans cet état. Je refuse d'être à ce point instable en sa présence. Je ne supporte pas l'idée que je puisse lui faire du mal si je devais totalement perdre le contrôle. J'ai besoin qu'elle s'éloigne avant qu'il ne soit trop tard.
Je sens que c'est différent de d'habitude, il est méconnaissable, beaucoup plus violent, voir même cruel. Il me fait peur, pas pour moi parce que je sais que nous avons finalement trouvé un terrain d'entente. Ce qui m'effraie c'est cette façon qu'il a de regarder Rae, comme une vulgaire proie, comme une chose qui lui appartient. Ce constat me rend particulièrement mal à l'aise. Je dois le repousser, je ne peux pas le laisser approcher plus, pas si je veux protéger ma…
C'est de plus en plus brutale. Il percute mon corps, exige de sortir. Il me rend malade. Cette animosité ne lui ressemble pas. J'essaye de toute mes forces de l'enfermer comme avant, de le repousser le plus possible. Je suis pétrifiée alors que je sais que je suis en train de perdre le combat. Il se déchaîne comme une tempête, détruisant tout sur son passage et je ne sais pas… pour la première fois de ma vie, je ne sais pas comment le retenir.
… notre sorcière.
Il immerge de plus en plus, j'en ai la nausée. Je ne veux pas qu'il approche Raven, pas dans ses conditions. Je ne sais pas ce qu'il serait capable de lui faire. Je ne peux pas prendre le risque. Il est beaucoup trop déchaîné pour que je lâche prise alors je préfère le retenir le plus longtemps possible, jusqu'à ce que j'arrive à convaincre Rae de partir. Elle ne peut pas rester. Je ne peux pas le permettre.
Parce qu'à cet instant, je ne peux pas certifier qu'il ne lui ferait pas de mal.
Et puis, c'est comme une caresse qui vient éloigner cette violence incontrôlable. L'agressivité s'éloigne en même temps que les lèvres de Raven se posent sur les miennes. La brutalité disparaît pour laisser place à un simple effleurement emplit de tendresse. Je suis renversée par ce baiser. Je me retrouve. Il s'éloigner laissant toute la douceur et l'amour de Raven l'effacer.
Encore… je peine à y croire et pourtant c'est la première pensée sensée qui me vient à l'esprit alors que je retrouve mon équilibre.
Encore… Raven s'éloigne avec une délicatesse infinie. Nos regards se croisent, il n'y a aucune trace de magie. Depuis cette fois où elle m'a fait l'amour sans que ses pouvoirs ne s'impose entre nous, quelque chose a changé et depuis je ne parviens plus à comprendre tout ce que je peux lire dans ses magnifiques iris.
Encore… je le sens encore ce bouleversement chez ma belle sorcière, mais je ne parviens pas à l'expliquer.
- Tu me regardes, elle murmure en souriant avant de m'embrasser de nouveau.
- Je suis désolée, je souffle encore tout contre ses lèvres.
- Je suis là, avec toi, elle m'offre un nouveau baiser, je ferme les paupières, toujours.
Encore… sa magie est encore absente. Vraiment, je n'arrive pas à me l'expliquer.
Encore… cet amour infini qui me submerge. Il semble se renforcer encore.
Encore… mon cœur qui s'élance dans une course folle pour tenter de rejoindre celui de Raven. Mon palpitant échappe de plus en plus à mon contrôle, me rendant encore plus accro à ma sorcière.
- Raven…
Je prononce son prénom avec une transparence total, lui faisant comprendre mon incompréhension encore plus prononcée depuis quelque temps. Je ne parviens pas à assimiler ces moments de perditions. Ceux où, de tout évidence, il n'y a plus que moi. Ceux où sa magie, si importante pour elle, est reléguée à l'inexistence.
- J'ai envie de toi, susurre-t-elle à mon oreille alors que grâce à la magie, la porte de notre chambre claque violemment et se verrouille.
- Raven, je m'écarte, non il…
- Ne t'éloigne pas, me demande-t-elle en me retenant par le poignet, je suis parfaitement capable de le gérer au besoin.
- Je ne vais pas faire l'amour avec toi alors que je risque de me transformer, je refuse.
- Il n'est plus là, me rappelle-t-elle alors qu'elle avance dangereusement.
- Raven, non, j'insiste en faisant autant de pas qu'elle pour garder une distance convenable entre nous. C'est dangereux. Et, je me retourne surprise alors que mon dos percute le mur, merde…
- Je n'ai pas l'intention de te quitter ou de te laisser partir tant que je n'aurai pas obtenu ce que je veux, elle glisse sa deuxième main sur ma joue, m'obligeant à plonger mes yeux dans les siennes. Quatre nuits, elle murmure, tu es absente depuis quatre nuits.
- Je n'ai pas le choix la lune de sang est…
- Je sais, tranche-t-elle. Pourquoi crois-tu que je te laisse partir ?
- Raven, ce n'est pas une bonne idée, j'insiste. De base, il est instable pendant la lune de sang mais avec ce qui vient juste d'arriver je…
- Arrête tout de suite, tu me surprotèges, un peu plus et je me sentirai étouffée.
J'écarquille les yeux, choquée par ses propos. Depuis que nous avons eu cette conversation pour établir les bases de notre relation afin de trouver un bon équilibre entre sa magie et ma malédiction, c'est la première fois qu'elle me dit que je l'étouffe. Je n'ai pas la sensation d'être plus protectrice que d'habitude. En quoi ne pas vouloir lui faire du mal à cause de lui peut-il me porter préjudice ?
- Rae, je prononce complètement décontenancée.
- Je suis parfaitement capable de te gérer, toi et ton foutu loup !
- Il pourrait vouloir…
- Tais-toi !
Raven agrippe avec violence mon gilet au niveau du zip et plaque ses lèvres sur les miennes. Alors que je m'étais attendue à un geste agressif et agacé, c'est à ma plus grande surprise la douceur qui l'emporte de nouveau. Sérieusement… qu'est-ce qui lui arrive en ce moment ? Je ne vais pas m'en plaindre bien au contraire mais… je ne comprends pas. Et je dois avouer que de rester dans le flou ne me plaît pas des masses.
Ma magnifique brune commence à faire descendre la fermeture de mon haut sans quitter mes lèvres. Sa main qui retenait fermement mon poignet remonte lentement faisant se retrousser ma manche jusqu'à la moitié de mon bras. Ses doigts glissent sur mon épaule, ce qui fait tomber le vêtement au sol. Le baiser s'essouffle et elle commence à embrasser ma mâchoire, mon menton, mon cou, mes clavicules… je suis trahie par des gémissements qui l'encouragent alors que je le sens grappiller de nouveau un peu plus de place.
Et encore une fois… il n'y a pas de magie, juste elle.
Ses mains, ce qu'elle possède de plus précieux, parcourent mon corps faisant tomber tous mes vêtements. Je l'ai moi aussi effeuillée mais contrairement à moi, elle n'est pas complètement nue. Je sens ses ongles s'enfoncer dans ma peau brûlante. Ma respiration est saccadée, rapide, pourtant j'essaye tout de même de garder un minimum de contrôle alors qu'il menace de sortir à tout moment. Ses lèvres explorent mon corps sans aucune limite et je sens sa langue chaude parcourir mon anatomie, me rendant folle de désir et j'espère que cet appétit qui me ronge les reins va rester le mien et que je ne vais pas m'égarer en lui laissant ma place.
Je parviens difficilement à lui retirer ses derniers habits, elle ne me laisse que peu d'espace et de liberté de mouvement. Elle me retient, m'empêche de m'enfuir. Je crois qu'elle peut arrêter. Je suis à elle, ce moment lui appartient à elle ma magnifique sorcière. Il déteste que je puisse lui laisser prendre le dessus. Il se renfrogne, exige que je reprenne le contrôle, que j'agisse en alpha. Il s'abat violemment contre les parois de mon corps, exigeant que j'agisse. La force qu'il exerce me coupe la respiration. Mon souffle devient de plus en plus erratique alors que je subis les caresses de moins en moins chastes de Raven et ses attaques. Il est trop près, beaucoup trop.
Alors que je cherche une solution pour l'éloigner de ce moment intime et pouvoir enfin en profiter à sa juste valeur, mes pensées sont complètement court-circuitées alors que la poitrine nue de Rae se colle contre la mienne. Instinctivement, mes mains se logent dans ses longs cheveux noirs, la rapprochant plus de moi si c'est possible. Elle m'embrasse et me mord la lèvre. Elle me rend complètement folle. Elle accélère ma perdition. Je boue. Elle me torture. Et il est toujours là faisant imploser un mal incandescent dans mon crâne.
- Rae, je parviens à prononce entre deux baisers.
Elle se détache de mes lèvres. Son regard est devenu tellement noir, il me brûle la peau, incendie encore plus mon corps. Je déglutis en comprenant que quoi que je dise elle ne s'arrêtera pas. Je dois seulement trouver un moyen de le retenir plus longtemps, de l'éloigner d'elle encore un peu. Ses lèvres retrouvent mon cou où elle dépose une ligne de baisers jusqu'à mon bas ventre. Je sens ses doigts se frailler un chemin jusqu'à mon entre-jambe. Une vague de plaisir m'envahit immédiatement. Je me consume littéralement. Je me perds mais plus dans son influence. Je m'égare dans un rouage de plaisir que font vivre habilement les doigts de Raven. Je l'oublie, je l'oublie complètement, il s'efface. Il n'y a plus que Raven. Mes yeux se ferment quand sa langue vient se mêler à cette douce torture, je gémis de plus en plus. Le plaisir qu'elle me donne est foudroyant et je finis par m'effondrer sur le matelas, à bout de souffle quand elle revient m'embrasser.
- Voyez-vous ça, elle sourit en me mordillant la lèvre inférieure, aucun incident.
- La ferme, je prononce entre deux respirations difficiles.
-Je t'aime, prononce-t-elle avec une infime tendresse qui me touche en plein cœur avant de m'embrasser délicatement sur le front, je t'aime tellement Anya.
- Pourquoi, je me plonge dans ses yeux, est-ce que tu sembles aussi fragile quand tu prononces ces mots ?
- Tu me terrifies, souffle-t-elle tout bas.
- Raven, je murmure incertaine en caressant sa joue. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? Si c'est le cas, je suis désolée. Je ne, elle me coupe en m'embrassant sur les lèvres.
- Pas maintenant, reprend-elle en se redressant légèrement.
Je la regarde incertaine, ce n'est pas la première fois que j'essaye de comprendre ce qui est en train de lui arriver et qu'elle me répond avec ces mots : Pas maintenant. D'accord, je veux bien mais dans ce cas : Quand ?
Notre silence est étrange, il ne nous ressemble pas. Je me sens horriblement frustrée de ne pas être capable d'interpréter tous ses changements chez Raven. Je suis capable de lire n'importe qui, mais pas la femme que j'aime ? C'est risible ! Pourquoi je ne parviens plus à savoir ce qu'elle pense et ressent ?
Je fronce légèrement les sourcils en la voyant se redresser un peu plus, repliant ses jambes et calant ses cuisses contre mes hanches. Son regard dévie et s'éloigne de mon visage. Je me sens rougir légèrement quand ses yeux s'arrêtent sur mes seins et que je la vois sourire. Seulement son exploration va plus loin et ses deux orbes marrons, toujours un peu plus assombri par le moment intime que nous venons de passer, s'arrêtent au niveau de mon abdomen. Un vide extrême et je dois l'avouer un peu effrayant s'impose dans son regard. Elle secoue doucement la tête, se mordille la lèvre inférieure en venant à peine effleurer ma peau de ses doigts, juste en dessous de mon nombril.
- Raven, je murmure prudemment.
- Tu veux bien, ses mains viennent chercher les miennes et les poses sur ses hanches, j'ai besoin, son regard retrouve le miens le néant y est toujours, de te sentir.
- Tu es certaine que tout va bien ? Je ne peux m'empêcher de demander en me redressant pour être à sa hauteur, plaçant mes mains dans le bas de son dos, tu es… étrange.
- Parce que je veux que tu me fasses l'amour ?
- Je me souviens de la première fois, tu ne voulais même pas prononcer ce mot, je souris au souvenir.
- Tu m'as piégée ce jour-là, me rappelle-t-elle en me saisissant doucement le menton, tu m'as obligé à accepter de t'épouser, elle m'embrasse tendrement sur les lèvres en souriant. J'aurai dû le comprendre au moment où je t'ai dit oui.
- Rae…
- Regarde-moi, elle caresse amoureusement ma joue, ne m'éloigne pas et aime-moi.
- Pourquoi tu ne me parles pas ?
- Pas maintenant. S'il te plaît…
- D'accord, je fais glisser une de mes mains jusqu'à l'un de ses seins, mais Rae il faudra bien que tu me parles à un moment ou à un autre, j'use de ma force pour l'allonger passant au-dessus d'elle, nous ne pouvons pas tout régler de cette manière.
- Je le ferai, m'assure-t-elle, mais pas maintenant.
Je plisse légèrement les yeux. Je me demande si son comportement étrange est dû à une des ses visions. Je décide de mettre toutes mes questions de côté pour le moment. Je dois bien avouer que je meurs d'envie de la faire mienne. Je viens donc l'embrasser comme si ma vie en dépendait, c'est un peu le cas, Raven est ma vie. Nos langues se touchent et s'apprivoisent, dansent l'une avec l'autre alors que mes mains s'égarent sur sa poitrine. Mes lèvres descendent la couvrant de baisers avant d'entourer un de ses mamelons, que je mordille et lèche doucement. Son corps se courbe de plaisir, elle gémit et c'est le moment qu'il choisit pour revenir. Je grogne frustrée par sa présence. Pour quelle raison refuse-t-il de me laisser en paix aujourd'hui ?
Je décide de l'ignorer, seule Rae a de l'importance. Elle est ma priorité, elle l'est depuis que j'ai posé mes yeux sur elle la toute première fois. Elle est mon monde quand lui n'est rien d'autre qu'une contrariété. Je prends donc son autre sein dans ma main et le masse doucement, profitant de ses soupires de plaisir, souriant quand je ressens parfois dans mon propre corps le reflet de son désir pour moi qui ne fait que s'accroître. Il n'y a pas à dire, ce lien entre nous a vraiment ces avantages par moment. A cet instant, je sais, je sens, je comprends absolument tout ce qu'elle veut. C'est comme si elle m'ordonnait silencieusement ses envies les plus inavouables et je n'ai plus qu'à obéir sagement et avec plaisir.
Ses mains sont enfouies dans mes cheveux qu'elle tire légèrement vers le bas. Je souris en saisissant immédiatement sa demande muette. Je pourrais continuer de jouer avec elle mais cette fragilité que je devine toujours en elle, ses gestes hésitants et tous les non-dits qui planent entre nous me poussent à arrêter son supplice. Je me dirige vers le bas de son corps, parsemant chaque parcelle de peau de baisers ou de petites morsures. Je ne serre pas assez les dents pour la marquer, je sais qu'il en meurt d'envie mais ma belle sorcière ne le supporterait pas. Je sais parfaitement que c'est hors limite. Si je devais laisser une trace sur son corps, je sais que ses instincts la pousseraient à me blâmer pour avoir oser faire quelque chose d'aussi primaire et bestial.
Et à cet instant, je cherche tout sauf son courroux. Je dépose délicatement un baiser sur l'une des ses cuisses en la poussant à les écarter un peu plus. J'entends sa respiration devenir plus forte et rapide quand son cœur semble au bord de l'implosion. Je me mordille la lèvre inférieure en contemplant ce qui m'intéresse et je viens embrasser son intimité, un petit cri que je trouve adorable lui échappe. Je lui donne un petit coup de langue et ses doigts s'agrippent fermement à mon cuir chevelu accentuant le contacte de ma bouche avec son sexe. Je me joue encore un peu d'elle, je la goûte avec lenteur et appétit. Je soupçonne sa deuxième main d'être plaquée sur sa bouche puisque ses exclamations sont un peu plus étouffées.
Ma main gauche quitte sa poitrine d'abord pour tenter de réduire les mouvements de son bassin avant de remplacer ma langue à son entrée. J'essaye de relever un peu la tête mais la pression de qu'elle continue d'exercer m'en empêche. Je la pénètre de deux doigts et commence un doux va-et-vient que j'accélère quand sa main finit par quitter mes cheveux. Je remonte son corps embrassant chaque parcelle de sa peau brûlante, continuant mes vifs mouvements de poignet jusqu'à retrouver son visage. Je retire doucement ses doigts qui recouvrent sa bouche. Elle ouvre les yeux à peine quelques secondes. J'embrasse ses lèvres en murmurant que je l'aime.
Je suis sur le point de lui faire atteindre l'orgasme. Je le sens sous mes doigts mais surtout à travers notre lien, c'est tellement grisant. Je sais que dans mon état actuel, je vais le sentir aussi sûrement que si c'était moi qui atteignait cet état de jouissance. Il n'y a qu'un seul problème, un tout petit rien qui me contrarie : toujours pas de magie. Où est-elle donc passé ? Je veux bien qu'elle se retienne quand elle me fait l'amour mais quand c'est mon tour, non. Je ne peux pas l'accepter. Ce n'est pas normal.
- Rae, je demande à bout de souffle, laisse-toi complètement aller.
- En bas, elle répond haletante, retourne en bas.
Je m'exécute, espérant que mon message est passé. Je saisis son clitoris entre mes lèvres et commence à le sucer continuant d'accélérer les pénétrations quand quelqu'un frappe à la porte de la chambre. D'instinct, je relève légèrement la tête mais Raven me pousse à garder toute mon attention sur ce que je suis en train d'accomplir. De nouveau je satisfais sa demande silencieuse. Je reprends mes intentions buccales quand elle prend la parole essouffler au bord de l'extase :
- Quoi que dise Lexa, je t'interdis de t'arrêter !
- Anya, raisonne en même temps la voix de ma sœur de cœur.
- Continue, m'ordonne Raven, ne t'arrête surtout pas.
- Anya, nous devons y aller, poursuit Lexa, il fait presque nuit.
Merde, merde, merde… je suis écartelée entre mes obligations et ma priorité !
- Anya, insiste Lexa en frappant de nouveau à la porte. Putain, elle hurler, Raven est-ce que tu viens d'utiliser ta magie sur moi ? Mais aïe ! Arrête tout de suite !
- Rae, je la sermonne en relevant légèrement la tête.
- Je t'ai dit de ne pas t'arrêter, je découvre enfin la magie régner dans ses yeux, ce n'est pas trop tôt.
- Je n'en ai pas l'intention, je souris en venant l'embrasser juste à temps pour couvrir son cri de libération.
Je me laisse quelque peu tomber sur elle, quand la vague de plaisir me foudroie en même temps qu'elle. J'en ai le souffle coupé. Je suis foudroyée par son intensité. Je retire lentement mes doigts de son intimité et je me redresse assez pour l'embrasser sur les lèvres. Je regarde autour de nous alors qu'elle reprend son souffle puis mon regard revient sur elle, à part dans ses yeux son pouvoir est resté sous contrôle. Je viens doucement caresser sa joue, ses paupières s'ouvrent et je peux voir la tempête écarlate de son pouvoir danser dans ses iris.
- Qu'est-ce qui lui arrive à ta magie, je ne peux m'empêcher de lui demander, où est-elle ?
- Juste ici, elle sourit en agitant ses doigts faisant apparaître son pouvoir. Je me sens mieux, elle souffle en se redressant pour me voler un baiser, merci.
Ses mains encadrent mon visage, ses yeux se plongent corps et âme dans les miens. Dans chacun de ses gestes, il y a cette douceur incroyable mais aussi cette fragilité inexplicable. Je ferme doucement les yeux appréciant le moment, appuyant un peu plus ma joue contre sa paume.
- Regarde-moi, demande-t-elle.
J'ouvre les paupières, ses doigts jouent un peu avec mes cheveux quand elle dit :
- Il est revenu, tu te sens bien ?
- Je vais bien.
- Je suis rassurée.
- Raven, j'hésite, est-ce que c'était, je fronce les sourcils, les Cieux ? Je n'ai pas senti que…
- Non, elle m'embrasse la joue, c'était lui. Ton foutu loup ! Tu m'échappais et c'est inacceptable.
- Tu l'as sentie, je demande étonnée, comment ?
- Comme tu peux parfois sentir ma magie partir en vrille, elle hoche les épaules. Il prenait toute la place, ta place, son pouce caresse ma joue tendrement, il t'effaçait et moi aussi. Je ne pouvais pas le laisser faire.
- Je suis désolée.
- Ce n'est pas ta faute Anya seulement je ne permettrai jamais qu'il me fasse disparaître. Je suis là, avec toi et rien ne me gomera pas même lui, en fait surtout pas lui, elle conclut en embrassant mes lèvres.
- Je n'ai pas du tout aimé comment il te considérait, je baisse les yeux.
- Moi non plus. Je te l'ai dit : c'est inacceptable. Est-ce que tu sais ce qu'il s'est passé ? Je… je ne pense pas que c'était seulement la lune de sang.
- Je n'en sais rien du tout, je viens frotter mes tempes encore douloureuses, mais c'était vraiment très violent.
- Hum.
- Rae.
- Tu dois rejoindre Lexa, elle détourne les yeux et s'éloigne.
- Rea, j'insiste.
- Ne te transforme pas ce soir Anya.
Je n'en avais pas l'intention mais qu'elle puisse me le demander est étrange. Je comprends qu'elle a dû bien plus ressentir ma perdition que ce que je peux concevoir. Je n'ose pas imaginer à quel point elle a pu avoir peur. Je comprends un peu plus son comportement. Depuis le début, ce n'était pas elle le problème mais moi. Sauf que ça explique son attitude d'aujourd'hui, mais pas sa façon si étrange d'agir depuis bientôt trois mois.
Je l'observe silencieusement sortir du lit, elle se masse la jambe gauche en se dirigeant vers le placard. Je la vois sortir un de mes tee-shirt et l'enfiler, ses cheveux sont coincés en-dessous et elle les passe lentement par-dessus dans des gestes qui me donne de nouveau envie de la faire mienne. Je la vois sourire. Je comprends que mes pensées peu chastes ont dû filtrer jusqu'à elle. Raven se tourne vers moi, la magie continue de crépiter au milieu de ses iris quand le blanc s'assombrit subtilement de ténèbres. Je n'avais jamais vu une telle manifestation dans ses yeux.
- Il faut vraiment que tu rejoignes Lexa, sinon je ne parviendrais pas à te laisser partir.
- Je déteste quand tu me renvoies aussi violemment dans le vrai monde, je bougonne.
- Fais attention à toi ce soir, me demande-t-elle en s'asseyant sur le lit près de moi. Fais attention tant que nous ne savons pas ce qui lui est arrivé.
- Promis.
- Et va t'habiller, elle soupire en fermant les yeux, tout de suite.
- Oui M'dam, je souris amusée en embrassant sa joue.
Je prends des vêtements propres, passe rapidement sous la douche et revient vers ma belle sorcière qui est toujours assise sur notre lit. Je me place devant elle, saisit doucement le livre qu'elle a entre les mains pour le poser à côté d'elle. Son regard revient sur moi, elle me dévore des yeux.
- Essaye de dormir un peu ce soir, je lui demande.
- Je préfère t'attendre.
- Tu as besoin de te reposer, j'insiste.
- Toi aussi.
- Un point pour toi, je souris. Je reviens au lever du soleil, je soupire. Je t'aime, j'embrasse ses lèvres.
- Anya, elle me retient, tu ne te transformes pas ce soir, hein ?
- Pas ce soir, je lui promets. Tu me fais appeler au moindre problème, je vais laisser Bellamy devant la maison.
- Tu as besoin de Bellamy.
- Oui, je souffle en déposant un baiser sur son front, pour te protéger.
Je quitte la chambre à contre cœur en lui faisant un signe de la main alors qu'elle me sourit en reprenant son livre. Je referme doucement la porte, me retourne et m'appuie contre en soupirant. Je ne sais pas quoi faire. Je suis tellement perdue en ce moment, entre ses réactions d'intense tendresse et sa fragilité certaine, si en plus je commence à perdre le contrôle de mon loup, je ne sais pas comment nous allons nous en sortir.
Je porte ma main à ma poitrine, au niveau de mon cœur. Je le sens encore. Il continue de pousser pour sortir, c'est bien moins violent que tout à l'heure pourtant je ressens encore cette douleur dévastatrice. C'est sans parler de ce mal de crâne qui refuse de quitter. Je sursaute légèrement en sentant quelque chose se frotter à ma jambe.
- Blue, je soupire en m'accroupissant pour le caresser, tu vas bien mon grand ?
Un miaulement me répond et je souris en caressant ses oreilles. Il se met à ronronner en me tournant autour. Je me penche un peu plus pour le prendre dans mes bras et je lui demande :
- Tu veux bien veiller sur Rae pour moi ?
Ses grands yeux bleus me fixent d'une étrange manière avant qu'il ne penche la tête sur le côté droit. Je secoue doucement la tête avant de dire :
- Je vais prendre ça pour un oui.
J'ouvre doucement la porte pour le laisser passer dans la chambre. Raven décroche son regard de son livre en fronçant légèrement les sourcils. Blue se retourne et s'assied en me fixant.
- Veiller l'un sur l'autre, je souris, d'accord ?
- Hum. Ton chat ne bougera pas d'ici, s'amuse Rae.
- Essaye de dormir, je tente à nouveau.
- Hors de question ! Rejoins Lexa, maintenant.
- Tu me fais appeler en cas de besoin ?
- Anya !
- D'accord, je lève les bras pour lui montrer que je veux la paix, j'y vais. Je n'insiste pas.
- Je t'aime, dit-elle un peu plus fort avant que je ne referme la porte.
- Je t'aime aussi, je souffle tout bas en trouvant la force de m'éloigner.
Je descends les escaliers lentement en passant une main dans mes cheveux humides. J'essaye encore de comprendre ce qui est en train de nous arriver à Rae et moi. Je les secoue en soupirant et quand je relève les yeux, je découvre que Lexa m'attend. Elle est adossée au mur en face de moi, les bras croisés et elle semble passablement agacée. Son regard en dit déjà long sur les reproches qu'elle s'apprête à me faire. Je franchis la dernière marche, me plante devant elle et souris en soulignant :
- Je ne suis pas en retard.
- Tu empeste ta sorcière, grogne-t-elle, et le sexe.
- Et moi qui pensais que tu allais remarquer que j'avais changé de shampoing, je ris.
- Sérieusement, ce n'est pas le moment pour ça.
- Tu veux que je te rappelle comment tu t'es jetée sur Clarke ce matin en arrivant ?
- J'ai besoin d'elle, ronchonne-t-elle.
- Et j'ai besoin de Raven, je souligne à mon tour.
- Je vois, Lexa soupire toujours passablement irritée, et ta sorcière était obligée de me bousiller la main ?
Je manque d'éclater de rire quand elle décroise les bras pour m'expose sa main droite bleuit et même ensanglantée par endroit. Lexa me lance un regard noir alors je grimace en contenant mon hilarité. Je n'aurai jamais pensé que Raven irait aussi loin. Elle a peut-être un peu plus perdu le contrôle de sa magie que ce que je pensais.
- Ça fait un mal de chien Anya !
- Je suis, je me racle la gorge, désolée ?
- Tu ne l'es pas, soupire-t-elle exaspérée, pas même un peu. Sérieusement, souffle-t-elle en pliant difficilement ses doigts, qu'est-ce qui lui a pris à Raven ? Elle ne peut pas faire ce genre de chose, pas en ce moment. Mon loup est déjà assez agité avec la lune de sang, je suis complètement stressée à l'idée de ne pas pouvoir gérer toute cette pagaille. Je ne peux pas me montrer faible Anya.
- Tous le monde sur cette île te respecte, si ce n'est en tant qu'alpha alors comme Heda. Personne n'est infaillible Lexa, tu as le droit de te montrer faible de temps en temps.
- C'est faux, son loup apparaît dans ses yeux, et tu le sais parfaitement, pas avec cette guerre qui nous pend au nez.
- Toi aussi tu as peur qu'ils attaquent pendant la lune de sang, je comprends.
- Ils seraient stupides de ne pas le faire, confirme-t-elle en ouvrant la porte d'entrée. Et je doute qu'ils le soient.
Lexa me laisse passer sur le palier, je trouve sans surprise sa garde rapprochée au grand complet. Ils sont tous sur les nerfs. Je m'approche de Bellamy, Echo qui porte la petite Scarlet dans ses bras, je demande à l'alpha de veiller sur ma sorcière quand je rappelle à sa compagne de ne pas sortir une fois la nuit venue. Je souris à la petite rousse qui tire ses petites mains vers moi, je me penche vers elle et elle joue avec mes cheveux. J'échange un regard avec sa mère et embrasse le front de la petite avant de faire un signe à Echo de la tête pour qu'elle rentre se mettre en sécurité.
Je souris à Gaïa qui est restée proche de sa mère. Je suis vraiment rassurée qu'elles ne se fassent pas la guerre maintenant qu'elles ne font plus partie de la même meute. Je crois que ça m'aurait fait beaucoup de mal de savoir que j'aurai pu détruire un lien aussi important. Indra discute gravement avec Lexa et je subis ses regards noirs. Je suppose qu'elle m'en veut pour la blessure de son alpha. Je tique en voyant Scar et Melina s'avancer vers la maison. Je leurs avais demandées de rester dans leur maison ce soir.
- Elles ont dû percevoir que ton loup était particulièrement instable tout à l'heure, me souffle Bellamy, nous l'avons tous senti Anya. Tu es certaine de vouloir que je reste avec Raven, il hésite, je ne veux pas outrepasser mes droits mais tu parais encore… fragile.
- Je vais bien, j'élude.
- Il est dans tes yeux, insiste Bellamy inquiet.
- Je sais Rae me l'a dit, je le gère ne t'en fais pas. Je vais leurs parler, je décide. Reste ici, j'insiste en commençant à avancer, protège-la Bellamy.
- Attend, il fait un pas pour me suivre, quelque chose ne va pas avec Raven ?
- Je n'en suis pas sûre, ça me coûte de l'avouer, si jamais elle sort de notre chambre, ne la quitte pas des yeux.
- Evidemment. Je veillerais sur elle, tu as ma parole.
- Merci Blake, je souris en saisissant doucement son bras, véritablement reconnaissante.
- Tu ne t'en rends vraiment pas compte, il me répond comme à son habitude.
- Un jour, je comprendrai ce que cette phrase veut dire, je m'amuse.
- Un jour, il rit, mais pas aujourd'hui. Vas-y, il me fait un signe de la tête vers Scar et Melina, Raven est en sécurité avec moi.
Je le sais. Je n'ai jamais douté de la dévotion de Bellamy. Depuis qu'il s'est détaché d'Octavia, qu'il a choisit l'amour d'Echo plutôt que l'influence de sa sœur, c'est vraiment un type bien. Je n'aurai jamais pensé que l'influence de l'alpha des Blake puisse être aussi puissante, même sur un autre alpha d'autant plus aussi puissant que Bellamy. Je ne sais pas comment la noirceur d'Octavia a pu m'échapper… je m'en veux de ne pas l'avoir compris plus tôt. Cette façon qu'elle a d'endoctriner les siens, c'est malsain. Même le petit Thomas a énormément changé depuis que sa mère est partie et qu'il a choisi Lexa comme alpha.
J'arrive à la hauteur des filles, je cale mes mains dans les poches de mon manteau en soupirant. Je leurs en veux de me mettre dans cette position. Je déteste devoir taper du poing, être obligée de jouer à l'alpha. Je les fixe l'une après l'autre, restant encore un peu silencieuse. Ce n'est pas le moment de m'énerver, pas alors que je le sens encore aussi proche. Scarlet se met légèrement en avant par rapport à Melina comme pour la protéger des reproches qui ne vont pas tarder.
- Je croyais vous avoir demandé de rester chez vous ce soir, je prononce sur le ton le plus neutre possible. Je ne veux pas vous voir dehors pendant la nuit, ni l'une, ni l'autre, j'accentue mon regard sur la faucheuse, surtout toi, Melina.
- Tu es instable, se contente-t-elle de répondre calmement, et il ne fait pas encore nuit.
- Nous sommes inquiètes pour toi, ajoute Scarlet en s'avançant un peu plus. Je te connais, je sais tout de notre lien et quelque chose n'est pas normal.
- Tout va bien. Maintenant, rentrez toutes les deux et Melina…
- … oui, j'ai compris, elle soupire, pas d'expédition que ce soit sur l'île ou l'extérieur. En fait, surtout à l'extérieur.
- Je ne veux pas te voir en dehors de la barrière seule, j'insiste.
- J'ai compris Anya, elle m'assure, de toute façon Yitzhaak ne me lâche plus d'une semelle… j'ai la sensation qu'il est redevenu un gamin de cinq ans, il me suivait partout comme un petit poussin, elle soupire.
- Ouais, grimace Scarlet, sauf que nous savons que tu l'as semé au moins trois fois ces dix derniers jours.
- Il ne doit pas aller là-bas !
- Et bien emmène Jaliah la prochaine fois, je tranche.
- Non.
- Ce n'était pas une suggestion.
Je n'arrive pas à croire que Melina m'oblige à lui donner un ordre. Elle sait pertinemment que je déteste avoir ce rôle. Evidemment c'est le moment qu'il choisit pour refaire surface de façon plus violente. Parce qu'elle le veuille ou non, maintenant Melina fait partie de la meute et il a besoin de savoir qu'elle se plie à sa volonté. Je n'ai pas les mêmes attentes que lui, ce que je souhaite c'est qu'elle puisse enfin trouver sa place et avoir une famille et des amis sur qui elle peut compter. Mais si elle m'y oblige vraiment, pour sa sécurité, j'agirai en alpha.
- Anya, souffle Scar certainement plus à mène de comprendre mon état actuel.
- Je comprends mieux, murmure en même temps Melina si bas que j'ai du mal à l'entendre.
- Rentrez maintenant, ne m'obligez pas à me répéter.
- Très bien, souffle la faucheuse en baissant les yeux.
- Sérieusement ? S'étonne la rousse. Je peux t'aider Anya, je subis aussi la malédiction mais la lune de sang n'a pas…
- Rentre, je lui coupe la parole.
- Pourquoi Gaïa peut rester ?
- Parce que je l'ai décidé ainsi.
- Aller Éleusis, Melina pose prudemment sa main sur l'épaule de l'hybride, la nuit tombe, rentrons.
Scarlet se retourne et se plonge dans les yeux de Melina, un long échange silencieux s'en suit jusqu'à ce que la rousse soupire et que la faucheuse sourit. Scar secoue la tête en marmonnant, elle fait volte-face et se dirige vers la maison des voyageurs alors que Melina rit doucement. Elle s'attarde un peu, c'est sans me regarder qu'elle me dit :
- Sois prudente, si je sens que tu es en danger, avec ou sans ton autorisation, j'interviens, et elle part.
Je prends une forte inspiration avant de soupirer sur la longueur. Je sais pertinemment que si Melina décide quelque chose, j'aurai peu de chance de l'en empêcher, mais tant que je le peux, je vais tâcher de la garder en sécurité. Elle a déjà bien assez souffert.
- Tout va bien ? Demande Lexa dans mon dos.
- Hum. Ce sont de vraies têtes brûlées ces deux-là.
- Pour ne pas dire emmerdeuses, se moque ma sœur de cœur.
- J'espère pour toi que tu n'auras jamais de telles calamités dans ta meute.
- Ça ne risque pas, elle éclate de rire. Je ne laisserai jamais personne me parler comme elles viennent de le faire !
- Toi et moi sommes très différentes sur notre façon de prendre en main notre meute.
- Je sais, c'est certainement pour cette raison que nous parvenons toujours à nous entendre malgré que nous assumions enfin toutes les deux notre rôle.
- Tu crois vraiment que si nous étions le même genre d'alpha nous ne nous entendrions plus ?
- J'en sais rien, avoue-t-elle, notre relation n'a jamais été dans la norme, elle sourit. J'ai vraiment beaucoup de chance de t'avoir. On commence la ronde, ordonne-t-elle plus fort, restez toujours au moins par deux. Indra, reste avec ta fille, si Anya est d'accord je vais rester avec elle.
- Ça me va, je souris à l'idée de passer un peu de temps avec ma sœur de cœur, Gaïa soit prudente, reste tout de même à proximité.
- Bien sûr, elle acquiesce, merci de me laisser passer du temps avec ma mère.
- Autant de temps que tu le souhaites, je lui assure en commençant à marcher.
Je ne peux pas m'empêcher de me retourner une fois ou deux pour m'assurer qu'elle se porte bien. Je sais que Gaïa est en sécurité quand elle est avec sa mère. Je n'ai aucune raison de m'inquiéter. Je secoue la tête amusée quand je remarque que Lexa se dirige naturellement vers l'infirmerie là où Clarke passe toutes ses nuits depuis le début de la lune de sang avec sa mère pour gérer les incidents que peut provoquer l'influence de cette période. Je ne serai pas étonnée que ma sœur ait laissé quatre ou cinq de ses meilleurs bêtas pour veiller sur sa compagne.
- Qu'est-ce qui lui arrive à ton loup ? Demande Lexa une fois que nous sommes assez loin des oreilles indiscrètes. Et ne me dis pas que tout va bien, reprend-elle rapidement avant que je puisse répondre, je sens que quelque chose est, elle plisse le nez, différent.
- Il est un peu instable, je hoche les épaules, rien que je ne puisse pas gérer.
- Tu mens, souligne-t-elle. Ne me mens pas Anya.
- Je ne sais pas ce qu'il se passe Lexa, j'insiste, et pour ce que j'en sais Rae aussi est étrange donc le problème pourrait tout aussi bien venir d'elle.
- Tu dis ça seulement pour que j'évite de l'étrangler la prochaine fois que je la vois pour venger ma main ?
- Non et je t'interdis de t'approcher d'elle.
- Si tu mettais plus de conviction dans tes menaces, elle s'amuse.
- Je crois qu'aucune de nous deux ne veut savoir ce que je serai capable de faire pour la protéger.
- Ouais, elle rit, non… tu as raisons. Je voudrais éviter de me mettre dans une position où tu voudrais me tuer. Quoique, elle se retourne marchant en arrière pour me faire face, ce serait peut-être enfin la solution pour savoir à quel point tu retiens tes coups pendant l'entrainement.
- Lexa, je grogne.
- Hum, elle se retourne se plaçant de nouveau à côté de moi, tu as raison, je trouverai un autre moyen. Pour en revenir à ton loup, tu es certaine que tout va bien ? Je sais à quel point il peut te perturber quand tu en perds le contrôle.
- Je vais bien, Rae l'a calmé.
- Elle peut faire ça, elle s'étonne, vraiment ? Je ne suis pas certaine que Clarke le pourrait, elle réfléchit, pas dans les proportions dans lesquelles j'ai cru le sentir tout à l'heure.
- Et quelles étaient ces proportions ?
- Tu ne l'as vraiment pas senti ?
- Non, je hoche les épaules en attrapant un sachet de cookie dans la poche de mon manteau, juste qu'il prenait beaucoup trop de place. Qu'est-ce que j'aurai dû sentir ? Tu en veux un ?
- Non merci, tu devrais te décider à manger comme un vrai lycanthrope.
- Jamais, je souris en mordant dans le gâteau.
- Tu as des besoins An', elle soupire. Mais je crois que le problème ne vient pas de ton loup mais de ta meute.
- Ma meute va très bien, je réponds rapidement.
- Je sais.
- Alors ne dis pas des choses comme ça.
- Anya, elle s'arrête et j'en fais de même. Je te jure que pendant une seconde, j'ai cru que ta meute était beaucoup, mais genre vraiment beaucoup, plus imposante qu'elle ne l'est.
Je fronce les sourcils en essayant de comprendre les propos de Lexa. Je m'apprête à lui poser plus de questions quand je sens une première dérive dû à la lune de sang vers le nord. J'échange un regard avec ma sœur, elle se transforme et se met à détaler à toute vitesse. Je la suis de près, trouvant rapidement un jeune mâle devenant complètement fou. Il ne fait pas partie de la meute des Trikru, il s'agit d'un invité. Il attaque. Je laisse Lexa s'en charger, elle parvient à l'arrêter sans trop de dégâts, quand il reprend forme humaine, elle le fait directement envoyé à l'infirmerie.
Le reste de la nuit est un défilé de situations semblables à celle-ci. Nous empêchons des attaques, des rassemblements, des transformations devenues hors de contrôle et même trois viols. J'avoue que j'ai eu du mal à retenir mes coups pour ces derniers. J'y suis allée un peu fort. Mais je ne supporte pas que l'on puisse se perdre à ce point dans ses instincts primitifs, jusqu'à oublier la dignité et l'intégrité de l'autre. Il n'y a pas grand-chose qui me révolte plus. J'emmène un de ces enfoirés en le traînant par le pied jusqu'à l'infirmerie. Je ne peux pas m'empêcher de penser que quelque part, il a forcément ça en lui.
Je le balance sans la moindre précaution dans un des lits d'hôpital, c'est Clarke qui approche et l'examine. Je lui recommande la prudence même si je sais pertinemment qu'elle sait se défendre. En voyant le soleil se lever, je comprends que nous en avons fini et un soupire de soulagement m'échappe. Je n'en peux plus, je suis épuisée. C'était bien pire qu'hier et encore plus que les jours d'avant. Nous sommes vraiment beaucoup trop nombreux à vivre sur Hélys, il était prévisible que des dérives allait survenir d'autant plus quand il y a tant de loups sans affiliation à un alpha.
- Rassure-moi, la voix de Lexa me fait sursauter, ce n'est pas ton sang.
- Je lui ai déjà demandé, sourit Clarke, et il se trouve qu'à part une petite morsure à la cuisse que j'ai déjà soigné et la jointure de ses mains, tout va bien.
- C'est pas vrai, Lexa saisis mes mains, pourquoi tu ne t'es pas transformée ? Ta sorcière va finir par me tuer si tu rentres tous les jours dans cet état !
- Celui-là, la blonde pointe ma dernière victime du doigt, l'a particulièrement énervé. Elle lui a refoutu un coup de poing quand il a commencé à émerger avant que je puisse lui administrer un sédatif.
- Anya, rouspète ma sœur.
- Tu veux bien me lâcher, je soupire, je vais bien et j'avais promis à Rae de ne pas me transformer cette nuit.
- Tu aurais dû me prévenir, je ne t'aurai jamais laissé seule en sachant que…
- Tu veux que nous parlions de ton épaule, je demande en pointant cette dernière complètement ensanglantée du doigts, Clarke tu veux que nous parlions de cette blessure ?
- Je préfère pas, refuse Clarke, je pourrais m'énerver en sachant comment c'est arrivé. Mais, elle s'approche de Lexa, je vais tout de même la soigner, elle l'embrasse sur les lèvres, et aussi cette main, elle prend doucement le poignet de Lexa entre ses doigts, tu t'es trop transformée, le processus de guérison a ralentit.
- C'est le moment où je m'éclipse, je fais un signe à ma sœur, fais-moi appeler si tu as besoin de quoi que ce soit.
- Pourquoi elle part aussi précipitamment ?
- Anya n'a pas envie de voir ta réaction quand tu apprendras que c'est Raven qui a blessé ma main.
- Quoi ?! ANYA !
- Je ne suis déjà plus là, je hurle en faisant claquer la porte de l'infirmerie.
Je m'étire en prenant une forte inspiration. Je croise Gaïa qui ramène une jeune femme accompagnée de sa mère. Indra entre dans l'infirmerie sans sa fille qui vient vers moi. Je suis rassurée en découvrant qu'elle n'est pas blessée. Je m'assure qu'elle se porte bien et elle me dit qu'elle a assisté à quatre premières transformation et qu'elle était heureuse de pouvoir les aider. Nous discutons un peu avant que je lui fasse promettre d'aller se reposer pour qu'elle reprenne des forces. Elle semble toujours étonnée quand je l'autorise à dormir chez sa mère et à chaque fois, je la rassure en lui assurant que je n'aurai jamais de problème avec le fait qu'elle puisse passer du temps avec Indra.
Je pousse un long soupire de soulagement en passant enfin la porte de notre maison. Je vais enfin pouvoir retrouver Raven. Je passe d'abord par la cuisine où je sens que Bellamy et Echo sont toujours éveillés. Je me prends une pomme que j'avale en quatrième vitesse en m'assurant qu'il n'y a eu aucun incident. Bellamy m'apprend que ma sorcière n'est pas descendue de la soirée, pas même pour manger. Je fais donc le tour de la cuisine et remplit à ras-bord mes poches, lui prépare un thé, en mordant dans une deuxième pomme avant de rejoindre les escaliers en sommant au couple d'aller se reposer eux aussi.
Je finis le fruit avant d'atteindre l'étage. J'ouvre doucement la porte de notre chambre et secoue la tête en remarquant que Raven n'a pas bougé. Elle est toujours assise au bord du lit, son livre dans les mains. Elle a tout de même retiré ses arceaux qui sont posés à ses pieds. Je m'avance lentement sans faire de bruit. Blue me repère, s'étire, me regarde avant de se remettre en boule sur sa chaise. Je m'accroupis devant Rae, je prends doucement son livre de ses mains et lui retire.
- Hey, s'exclame-t-elle en essayant de le reprendre.
- Bonjour, je souris alors que mon regard croise le sien.
- C'est déjà le matin ? S'étonne-t-elle.
- Hum. Bellamy m'a dit que tu n'avais pas bougé, je lui tends la tasse fumante, mange un peu, je me lève et sors tout ce que j'ai réussie à mettre dans mes poches et les dépose sur le lit, je vais prendre une douche.
- Anya, elle me retient par le poignet, attends.
Elle dépose la tasse au sol, se lève en prenant appuie seulement sur sa jambe valide, s'accrochant à mon manteau et m'embrasse. Je souris au milieu du baiser en glissant mes doigts dans ses longs cheveux noirs. Un soupire d'aise m'échappe quand elle s'éloigne.
- C'est la première chose que tu aurais dû faire, me taquine-t-elle, pas me voler mon livre.
- Tu as raison.
- Evidemment, elle me détail avec amour. Tu n'as pas été blessée ?
- Juste une petite morsure, rien de grave.
- Et tes mains, elle constate en les prenant doucement dans les siennes.
- Je me suis peut-être un peu trop acharnée sur deux ou trois personnes. C'est rien du tout, je t'assure.
- D'accord, je lui vole un baiser et l'aide à se rasseoir sur le bord du lit.
- Je t'aime, je souffle en embrassant son nez. Je n'en ai pas pour longtemps.
J'attrape des affaires propres pour dormir, ne perds pas une seconde pour me déshabiller et fonce sous la douche. Je dois bien avouer que j'en avais bien besoin, au-delà de la crasse et du sang qui c'est accumulé sur ma peau, la tension de mes muscles se délie. Je sors de la cabine, m'enroule dans une serviette et sursaute en voyant Raven m'attendre sur le rebord du lavabo.
- Tu m'as fait peur, je soupire.
- Désolée. Tiens, elle me tend un petit flacon transparent avec une substance verdâtre non-identifiée dedans, pour tes mains, elle précise.
- Je n'en ai pas besoin, je lui assure, d'ici une heure ou deux, je ne sentirai plus rien.
- Anya, elle soupire, s'il te plaît, la douleur se répercute dans les miennes et je n'aime pas du tout cette sensation.
- Oh, je me sens stupide, désolée… bien sûr… je… désolée. Qu'est-ce que c'est, je demande en ouvrant le flacon. L'odeur est répugnante, je grimace.
- Une décoction d'algues des mers de Klys, c'est un parfait anesthésiant. Aucun danger pour un lycanthrope.
- Je suis certaine que tu ne me dis pas tout, je grimace, cette odeur… il n'y a pas que des algues.
- Chochotte, s'agace-t-elle en me reprenant le flacon des mains et en commençant à étaler la substance grasse et visqueuse sur mes phalanges.
- Bon maintenant que j'en ai partout et que je suis incapable de respirer, tu peux me dire ce que j'ai sur les mains.
- Les sorcières ne révèlent pas ce genre de secrets, s'amuse Raven. Voilà, la douleur devrait disparaître d'ici quelques minutes.
- Pourquoi tu ne l'utilise pas sur ta jambe ?
- C'est trop ponctuel comme solution, elle répond en refermant le flacon. Mais pour toi, je pense que ça devrait agir assez longtemps. Je n'aurai jamais pu dormir avec cette sensation dans les mains.
- Je suis désolée Rae.
- N'en fais pas une habitude…
J'acquiesce, m'approche un peu pour la prendre dans mes bras et j'embrasse le haut de ses cheveux. Elle enroule doucement ses jambes autour de mes hanches en déposant son oreille près de mon cœur. Je la soulève doucement en murmurant :
- Allons dormir.
- Je suis exténuée.
- Idem.
Je la transporte et la dépose dans notre lit, ce qui la fait doucement rire. J'embrasse ses lèvres avant de m'allonger près d'elle. Raven se redresse pour retirer à nouveau les arceaux de sa jambe. Je déteste ce moment-là, elle souffre à chaque fois. Un grognement lui échappe en retirant le dernier et elle se laisse tomber sur le dos, déposant les objets qui la torture sur sa table de nuit. Je ne la quitte pas des yeux avant de m'approcher et de placer ma main gauche sur son abdomen, la poussant à venir vers moi.
Raven se tourne sur le côté, la lumière s'éteint sans que nous ayons besoin de faire le moindre geste. Elle vient entremêler nos jambes et caresse ma joue. Elle me vole un baiser doux et chaste en me demandant tout doucement :
- Serre-moi fort.
Je m'exécute sans la moindre hésitation, glissant mes doigts dans ses cheveux lui apportant une attention qui l'apaise. Je la devine encore cette fragilité, mais je décide de l'ignorer pour le moment. Quand je sens qu'elle s'est endormie, je me laisse aller à mon tour, en espérant que notre sommeil ne sera perturbé par une de ses visions.
Mais espérer est et restera une incroyable perte de temps…
J'entends du piano, une douce mélodie, très calme et nostalgique. Je connais les accords pourtant, je ne parviens pas à les reconnaître réellement. Il fait très sombre, je peine à distinguer mes propres mains. La musique est partout autour de moi, elle raisonne comme dans un écho. J'avance d'un pas, mon pied se noie dans un énorme flaque, produisant des clapotis qui assourdissent l'air mélancolique qui m'entoure. Des petites goûtes d'eau remontent vers moi, comme une sorte de pluie à l'envers. Je tends la main pour les toucher et les gouttelettes se stabilisent dans ma paume, se rassemblent pour former comme une bulle de savon. Je souffle dessus, elle s'envole et elle se dirige vers la tranquille ritournelle. Je décide de la suivre.
Je ne sais pas pendant combien de temps j'avance et c'est particulièrement déstabilisant puisque j'ai la sensation de marcher sur des miroirs fixé au-dessus du vide. Par moment, je sens quelque chose craqueler sous mes pieds comme de la glace et je me fige. Je déteste cette sensation. Je suis obligée de fermer les yeux alors que j'ai de nouveau la sensation de traverser la fine couche de gèle de ce lac et de tomber à nouveau pour me noyer. Je suis terrifiée. Pourtant, je continue de progresser, bientôt je découvre l'instrument imposant qui semble en lévitation au-dessus d'un océan agité. Pourquoi faut-il que ça soit de l'eau ?
Le rythme de la mélodie s'accélère, il devient plus violent et brutal. Les doigts s'écrasent sur les touches à un rythme effréné. Je suis tellement absorbée par l'instant, l'intensité du moment, que j'en oublie de respirer. J'en ai la chair de poule, des frissons dans tout le corps. Je suis en train de vivre un grand moment. Une note percute violemment mon environnement, un éclair s'abat, illuminant les ténèbres. Je découvre alors qu'il s'agit d'une pianiste. Je n'ai pas le temps de la détailler que l'obscurité s'agglutine de nouveau autour d'elle, la faisant complètement disparaître. Une bourrasque m'oblige à reculer de quelques pas, mon cœur manque plusieurs battements alors que le sol paraît s'effriter sous mes pas. Des partitions abimées, déchirées et maintenant gorgées d'eau me tournent autour. La musique ralentit et elles tombent à mes pieds.
J'entends quelqu'un s'approcher, un étrange bruit suit des pas que je crois être fatigués. Il y a quelque chose de lourd et d'imposant qui traîne. Je sursaute presque en voyant quelqu'un s'arrêter près de moi. Je le reconnais tout de suite, c'est le père de Raven. Son regard est vide, sans vie, complètement anéanti. Je détaille ses magnifiques ailes qui s'étendent loin derrière ses pieds, elles sont tellement imposantes et volumineuses. Il se baisse pour ramasser les partitions, un soupire lui échappe. Il murmure un mot : mendacium. Je crois que c'est du latin et qu'il signifie mensonge. Il secoue la tête et refait tomber les bouts de papiers avant de s'avancer vers l'amas d'Obscurité qui entoure la pianiste. Les ténèbres s'écartent à son approche.
Je peux maintenant observer la femme, son visage m'est inaccessible puisqu'elle est de dos. Elle porte une longue robe noire, avec un dos nu plongeant, révélant un imposant tatouage qui commence au niveau de ses cervicales dégager par un chignon et qui descend sur toute sa colonne vertébrale. Sa peau blanche détonne avec toute cette Obscurité et certaine mèche de ses cheveux paraissent briller comme la lune dans la nuit. Au niveau de ses mains qui continue de se déplacer sur le clavier, je distingue comme des jets de lumières argenté. C'est… un bruit sourd et violent me coupe dans mes réflexions, je découvre que Misaël a violemment refermé le clapet de l'instrument.
- Que fais-tu ici Melina ?
- Nous sommes à court de temps.
Raven se réveille brusquement en se redressant dans le lit. J'ai du mal à émerger, mais je m'assied en plaçant ma main gauche dans le dos de ma belle sorcière. Je la caresse doucement en laissant retomber ma tête sur son épaule. Je suis encore dans le rêve. Je perçois toujours la musique. Je ferme les yeux et je revois Melina, elle paraissait si différente de ce que j'ai appris à connaître d'elle.
Toutes ces ténèbres qui l'entouraient…
- Par tous les Dieux, murmure Raven.
Je crois que c'est en entendant sa voix que je réalise qu'elle n'agit pas du tout comme après une vision. Sa respiration et sa magie sont calmes. Je sens qu'elle est parfaitement éveillée, elle ne cherche pas à rejoindre la réalité. Elle n'est pas perdue, seulement effrayée. Il faut vraiment que je me détache de cette sensation étrange qui m'habite depuis que j'ai émergé de cet étrange rêve. Je le dois pour comprendre ce qui arrive à Raven.
- Rae, je souffle doucement. Où es-tu en ce moment ?
- Ici et maintenant, elle répond sans hésiter avec un calme anormal.
- Vraiment, je fronce légèrement les sourcils. Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Il faut que tu te lèves, répond-elle rapidement en se glissant hors du lit.
- Sérieusement, je soupire, nous avons dormis quoi… deux heures ?
- Anya, lève-toi, maintenant, son ton m'alerte d'autant plus quand je la vois remettre les arceaux sur sa jambe, et va réveiller Lexa !
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien de bon…
- Raven, j'insiste.
- Je ne, elle se lève pour s'habiller et j'en fais de même, je n'en suis pas encore sûre.
- Raven je ne vais pas réveiller et inquiéter Lexa pour des présomptions. Essaye de te calmer et explique-moi ce qui…
- Ils sont tous là, répond-elle précipitamment, tous ! La barrière ne va jamais tenir, elle reprend tout bas.
- Attend, attend, attend, je la retiens par le poignet alors qu'elle ouvre la porte de notre chambre, comment ça : la barrière ne va jamais tenir.
- Va réveiller Lexa, elle insiste, rejoins-moi après.
- Quoi ? Non. Je ne te laisse pas seule s'il y a le moindre danger.
- Je suis déjà réveillée, la voix de Lexa me surprend depuis l'autre bout du couloir. Clarke a senti une profonde perturbation dans tes ténèbres Raven, ajoute-t-elle en enfilant un tee-shirt. Tu vas bien ?
- Lexa, Anya, hurle Guilhem depuis le rez-de-chaussée, Emily m'envoie, son père est là, ils sont tous là !
- Qui ça ils ? Demande Lexa en descendant les premières marches, Clarke sur ses talons.
- Tous les dieux, répondent d'une même voix le vampire et ma sorcière.
Nous sortons précipitamment de la maison après cette annonce. La première chose qui me frappe ce sont les ombres qui nous entourent. Il fait trop sombre. Je lève les yeux et découvre une nuée de dragons, ils sont si nombreux que je ne parviens plus à distinguer le ciel. Je me dis qu'il ne peut pas seulement y avoir le harem de cette psychopathe de Nia, il y en a beaucoup trop.
Raven saisit ma main et m'oblige à la suivre. Le bruissement des ailes des monstres dans le ciel me fait frissonner mais ce n'est rien comparer à ce que je ressens à cet instant en découvrant la véritable armée qui s'étend sous mes yeux, agglutinée derrière le bouclier d'Hélys. En avant, il y a huit individus, rien dans leur physique ne permet de douter. Ils ne pourraient jamais se faire passer pour des humains. Je reconnais fermement Jeda, je suppose donc que tous les autres sont des dieux. Et s'ils sont particulièrement impressionnant et quelque peu intimidant et ce que je devine derrière eux, l'est encore plus.
Toutes les espèces, ou presque, de non-humains sont représentées. Leurs leaders sont plus proches de nous, mais ils gardent une certaine distance avec les huit autres. Mon regard croise celui de Lyssa et ce que je lis dans ses yeux m'angoisse au plus haut point. Mes doigts se resserrent un peu plus entre ceux de Raven alors que je découvre aussi la présence d'Octavia, de Nia, de Jaha et même le père de Lexa.
Je prends une forte inspiration. Nous y sommes, cette fois c'est vraiment la guerre. Je m'arrête près d'Emily qui fixe un homme particulièrement grand et imposant avec une peur qui ferait fuir n'importe qui d'autre. Yitzhaak et ses deux étranges amis sont là aussi, j'ai compris qu'ils étaient tous les trois liées aux dieux donc leur présence ne me choque pas. Je suppose qu'ils les ont sentit arriver, comme Raven. Non, ce qui m'inquiète, c'est l'absence de Melina.
Où est-elle ?
Rae lâche ma main et s'avance au plus près, à la limite de la barrière. J'essaye à la retenir. Il n'y a rien pour me rassurer dans cette situation. Encore moins quand je vois celui que je suppose être le dieu de la mort s'avancer vers ma sorcière. Sous chacun de ses pas, je devine la souffrance et l'anéantissement, une odeur nauséabonde de mort se répand. Un rire dénué de vie raisonne. Je frissonne alors que mes poils se dresse sur mes bras et ma nuque. Je parviens à arrêter Raven au moment où ils apposent sa main sur la barrière. Sous sa paume, la magie paraît se dissoudre, se transformer en poussière et s'envole.
Mon cœur rate un battement, le bouclier tombe. Je ne peux pas le croire, pas aussi facilement. Pourtant, il s'effrite bel et bien sous mes yeux. Il se fissure comme du verre sur lequel on exerce une pression trop forte.
Cette fois, nous n'avons plus le choix, dès qu'il va céder, nous allons devoir nous battre.
Voilà pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! J'ai hâte de savoir ce que vous avez pensé. Le moment de perdition du Ranya pour ramener Anya a la raison et échapper à l'influence inhabituelle de son loup était assez… intense. Ce passage n'a rien d'anodin et relève à quel point Anya et Raven sont perdues et troublées en ce moment et qu'il n'y a que leur amour qui leur permet de garder le cap. Des théories sur ce qui a pu faire perdre le contrôle à Anya ? Ou sur cette douceur et cette fragilité évidente chez Raven ? Sinon, la lune de sang affaiblit bien les rangs… les rondes ne sont pas de tout repos et c'est donc épuisé que tout le monde va devoir affronter cette armée, dirigée par le Dieu de la Mort…
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
