Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !

Quelque mot sur ce chapitre : Alors, vous êtes prêt pour la partie 4 de NMRP ?

Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire chaque chapitre de cette fiction pour que la lecture vous soit plus agréable.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)


Ne me regarde pas

Partie n° 4 : Injustice des têtes coupées

Meet me at our spot Retrouve-moi à notre endroit

Got something I wanna show you Il y a quelque chose que je veux te montrer

Meet me at our spot Retrouve-moi à notre endroit

They can't find us there Là où ils ne peuvent pas nous trouver

The Anxiety – Meet Me At Our Spot

Chapitre 75 : Façonner

Ce monde a été trop longtemps régit par les plus puissant. Ceux qui se font appeler les Dix. Du moins, c'est ce qu'elle pense. D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle a toujours voulu en finir avec eux. Les détruire jusqu'au dernier. Et comme vous l'apprendrez, elle peut se permettre d'avoir ce genre d'ambition. À elle seule, elle est capable d'égaler trois d'entre eux.

Quant à savoir si elle voulait le faire pour rééquilibrer ce monde trop longtemps détraqué par leurs interventions, la plupart du temps malsaine. Ou par vengeance… c'est une autre histoire.


Redevenir anhseubnida. Je ne connais pas grand-chose de pire que la sensation déchirante et violente que de redevenir anhseubnida. Il y a des limites à ne pas franchir et cette fois, je suis aller bien au-delà des interdis implicite et j'en paye les conséquences.

D'ordinaire, il me faudrait une poignée de jours, tout au plus une dizaine pour m'en remettre et sortir du Fiösse qui est une sorte de pièce d'acclimatation. Mais je suis enfermée depuis un peu plus d'un mois. Je serais devenue complètement folle si Leith ne venait pas me rendre visite plusieurs fois par jour. Je ne saurais décrire à quel point le retrouver me fait un bien fou.

Mais si je n'étais pas prisonnière, j'apprécierais d'autant plus ce retour et nos retrouvailles. Je veux sortir. J'en ai besoin. Mais à cette simple idée, je me sens vaseuse. Je ne pourrai jamais encaisser le nombre d'échos qu'engendrerais une sortie du Fiösse trop rapide. Et, je ne suis clairement pas prête. D'autant plus que je ne devrais pas seulement affronter les échos mais aussi sa réapparition pleine et entière dans mon corps.

Alors, je lis, j'apprends, je réfléchis à nos options.

Je conçois la suite de mon plan aussi bien pour sauver Man-Wol qui était ma mission première, que pour empêcher Anya de mourir de cette horrible maladie, que pour ramener à Luna l'amour de sa vie.

Je griffonne sur des dizaines et des dizaines de feuilles, je rature, j'essaye de palier tous les imprévus qui pourrait nous tomber dessus.

J'écris son nom, une fois, deux fois et bien plus encore. Je sais qu'il est la clef. Une part de moi l'a toujours su. J'aurai tellement aimé le ramener à Luna avant de me volatiliser. J'aurai été bien plus rassuré en sachant qu'elle ne serait pas seule. Mais Moëilla ne pouvait pas franchir les portes de Rheen. Il prend toujours ses précautions, lui laisser un libre accès à elle aurait été une erreur et il le sait.

C'est pour cette raison que je dois revenir en étant seulement moi. Allyriana Sana Reiha Ardentem. Lyria. La dernière des Pyria. La seule autre personne hormis Luna en qui il ait une confiance entière et aveugle.

Un jour viendra où tu devras laisser tout ton potentiel imploser, ce sera peut-être pour sauver quelqu'un que tu aimes ou une simple question de survie. Si tu m'écoutes, si tu apprends à te contenir, si tu arrive à le contrôler comme il faut, tu seras prête. Je t'en fais la promesse.

J'ai passé une grande partie de ma vie à avoir peur de ce moment dont lui m'a parlé depuis le premier jour. Celui où je devrais me révéler telle que je suis, dans mon entièreté. Et, plus j'étudie les possibilités, plus je me dis que l'échéance se rapproche. Il… ce qui vit en moi, sera peut-être notre seul espoir.

C'est assez ironique quand on y pense plus de deux secondes.

Pourtant quelque soit la façon dont je m'y prends la finalité est toujours la même. Il… je fini par le libérer. Je ressens une étrange pression dans ma poitrine. Je ne me sens pas prête. Je n'ai aucune garantie qu'il… que ce qui vit en moi revienne, après. Il n'aurait aucune raison de le faire. Il sait parfaitement que je suis la dernière barrière et que si je lâche du laisse… il sera libre. Enfin.

Je me plains d'être dans la cage que représente le Fiösse depuis un mois, c'est… incomparable avec ce qu'il vit depuis des millénaires. Je ne sais pas si les autres le ressentait avec autant de facilité que moi. J'en doute. Il a toujours été écartelé entre des centaines de Pyria. Je suis… nous sommes différents. Nous sommes diamétralement singuliers. Nous avons dû, et ce depuis mon enfance, apprendre à vivre ensemble.

Je ne peux pas l'évincer de mon corps, j'en mourrai. Il ne peut donc pas s'en extraire de façon violent parce que la séparation définitive me tuerait. Et, il a besoin d'un catalyseur, il ne sait plus vivre sans nous… moi.

Il est piégé avec nous depuis bien trop longtemps. Sans une Pyria, il n'est plus rien c'est ainsi. J'ai pourtant tenté de lui rendre sa liberté à de nombreuses reprises. La première fois quand je suis devenue leur prisonnière à eux, les Dix. Et, je ne l'ai en aucun cas fait pour moi. Je ne saurai l'expliquer mais c'est lui que je voulais protéger d'eux. Mais il s'est accroché à moi sans que je n'en comprenne la raison.

C'est à partir de ce jour, qu'il a commencer à me parler. Ce n'était pas de grandes conversations. Je n'étais qu'une enfant quand lui n'était entier que depuis le massacre de mon peuple, depuis qu'il c'était assembler dans mon corps. Il avait même oublié, qu'il lui était possible d'avoir une conscience. Je crois qu'aucune Pyria avant moi n'avait essayé de lui parler mais elle n'avait qu'une infime partie de lui enfermer dans leur corps alors qu'avec moi… c'est différent.

Nous sommes tellement différents.

Je voulais absolument l'appeler par son nom. Après tout, si nous étions condamnés à vivre en unité, jusqu'à la fin autant apprendre à se connaitre. A chaque fois que je lui demandais comment il s'appelait, il me répétait inlassablement la même réponse : Kirsiktardin ati jok. Ce que je croyais naturellement être son prénom, certes il était étrange et imprononçable mais je me disais que le miens devait lui paraitre tout aussi insolite. Alors j'ai commencé à le surnommer K. ce qui ne lui déplaisait pas. Ce n'est que des années plus tard quand j'ai retrouvé la sécurité de Rheen et son enseignement que j'ai su.

Kirsiktardin ati jok n'était en rien un prénom. Si je voulais le traduire dans la langue commune voilà ce que cette phrase signifierait : « Les calamités n'ont pas de nom ». Ce jour-là, je me suis effondrée en sachant qu'il se considérait ainsi, comme une calamité. Je ne savais pas comment il était avant d'avoir été dissocié par les Pyria, quand il vivait encore écartelé entre elles mais en ce qui me concernait, il… K. avait prit l'habitude de me protéger, à mes yeux, il était tout aussi important que Leith et Jessica même s'il n'était pas une vraie personne.

Je lâche mes livres des yeux. Je remonte mes cheveux en un chignon et y coince le crayon que j'ai en main. Je l'observe, lui, K. Je souris en le voyant passer d'un mur à l'autre inlassablement. Je ne pouvais pas l'emmener avec moi dans le passé, pas en étant Moëilla. S'il avait été présent, je n'aurais jamais pu faire semblant, pas même une seconde. Personne n'aurait cru que j'étais une simple alpha et il n'aurait fallut qu'une fraction de seconde pour un ou une des Dix pour me reconnaitre. Qu'importe à quel point le MaletoMemorie est puissant, il aurait su… que Man-Wol, c'est moi… nous.

Il m'a manqué. Pas de la même façon que Leith mais tout de même. Si ce dernier est mon cœur, lui est comme un membre à part entière de mon corps. Il fait parti de moi. Je ne me souviens même plus de qui j'étais avant lui. Non. Nous sommes un seul et même être et ce, depuis toujours.

-K., je l'appelle avec douceur, est-ce que tout va bien ?

Il se retourne, du moins, je suppose que c'est ce qu'il fait puisqu'il ne possède pas à proprement parler de corps. Il n'est rien d'autre qu'un amas de fumé, une ombre, qui se formate en une forme humanoïde quand il se retrouve hors de mon corps. La teinte qu'il prend n'est jamais la même, en générale je parviens à deviner son humeur en fonction de la couleur qu'il choisit. Il baragouine dans sa langue. Il ne fait aucun effort et je peine à le comprendre. Son langage est sans nulle doute le plus complexe qui m'est été donnée d'apprendre. C'est comme s'il avait prit ici et là des mots ou phrase dans différents dialectes. Ce qui n'est pas impossible quand on sait depuis combien de temps il vit et dans combien de corps il a subsisté. Il a connu tous les âges, toutes les cultures et certainement toutes les langues.

Pourtant, comme bien souvent quand je suis vraiment attentive, je n'ai pas besoin de comprendre ses mots pour saisir ce qu'il veut me dire.

-Je ne vais pas repartir. Enfin, je souris, si. Je repars. Mais pas sans toi.

Il ne répond rien. Il n'a jamais aimé parler, d'autant plus quand il ressent quelque chose. Je le laisse donc reprendre ses cent pas, bien que l'expression ne soit pas tout à fait la bonne puisqu'il ne fait aucun pas étant donné qu'il ne possède pas de pieds. Je reprends mes recherches en me demandant lequel de Leith ou de K. a été le plus agacé de ne pas pouvoir me protéger durant cette expédition.

Je lis plusieurs pages en passant les doigts de ma main droite derrière mon oreille. Ils passent lentement sur la cicatrice rectiligne. Cette fois, je n'ai pas perdue l'ouïe, c'est uniquement parce que durant toute la période où je n'étais pas anhseubnida Leith m'a placé dans le Fiösse. Il a veillé sur moi tout du long. Une fois que j'ai commencé à me souvenir de qui j'étais véritablement, j'ai pu sentir sa présence près de moi. C'était la pire épreuve, rester loin de lui alors que le rejoindre aurait été si simple.

Je déteste plus que tout rester loin de lui. Leith est tout mon monde et ceci depuis une éternité, depuis cette fois où il m'a sorti de cette… ce… cet horrible endroit dans lequel Yamakou-anami-atos aimait m'enfermer pour me torturer avec mes propres peurs. A l'époque, je n'arrivais pas à contrôler les répercussions de la présence de K. dans mon corps. La Peur. La vraie. C'est ce qu'il représente. C'est ce que les Dix ont voulu récupérer en massacrant les Pyria. Stupide… ils sont tellement stupide.

-Hey, des bras se referment sur moi et j'ai la sensation de respirer normalement pour la première fois depuis une éternité, comment tu vas Lyria ?

-Mieux maintenant, je réponds sincèrement. Tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait du bien d'entendre à nouveau mon prénom.

-J'ai une petite idée de ce que tu peux ressentir. Les Dix nous ont arrachés quelque chose de vraiment précieux quand ils ont décidé de nous rebaptiser.

-Cette fois, je frissonne, ce n'était pas pareil. C'était… je me suis habituée à Man-Wol, une part de moi restera toujours elle. Mais être Moëilla…

-… je ne peux qu'imaginer. Tu as beaucoup avancé, constate-t-il en se penchant pour soulever quelques feuilles, il faudrait aussi que tu penses à te reposer. Ton corps a subi un énorme traumatisme.

-Je sais. Je le sens.

-C'est pour cette raison que K. est en dehors de ton corps ?

-Je n'en suis pas certaine.

-Vous êtes déjà rester séparé très longtemps. Vous devez faire attention. Je préfèrerais que vous évitiez de mourir.

-Nous allons bien.

-Ah oui, il prend doucement mes mains dans les siennes pour regards leurs dos et plus précisément les tatouages, c'est pour cette raison qu'aucun mot ne reste fixe, il passe ses doigts sur les lettres qui n'arrêtent pas de tressauter, je n'aime pas quand tu es dans cet état. La dernière fois que c'est arrivé, tu t'es volatilisée pendant des jours et tu es restée bloqué sur Hélys le jour du massacre des tiens, tu as revécu ce traumatisme des dizaines, peut-être même des centaines de fois avant de trouver le moyen de revenir.

-Je vais bien Lee. Je te le promets. Je vais bien, je me lève et me retourne pour lui faire face, je vais bien, je l'embrasse doucement sur les lèvres. Je te le répèterais autant de fois que tu le souhaiteras : je vais bien.

-Je déteste quand tu es loin de moi et ce n'est pas seulement un truc de loup. J'ai besoin de toi. J'ai toujours eu besoin de toi. Si je suis l'alpha des Lucas aujourd'hui, c'est entièrement grâce à toi.

-Pas entièrement, je souris. Tes mères t'ont enseignées les valeurs qui t'ont conduit jusqu'ici.

-Mais sans toi, je me serai effondré à la mort d'Ama. Alors que toi, tu es capable de regarder les tiens se faire massacrer un nombre incalculable de fois sans broncher.

-C'est parce que je ne les considère pas comme les miens. Je n'éprouve pour les Pyria que de l'indifférence, selon leurs lois, je ne serais de toute façon pas une Pyria. Je… tu ne sais pas ce qu'il s'est passé le jour du massacre. Aucune d'elles ne mérite que je pleure sur leur sort.

-Lyria, souffle-t-il attristé.

-Je ne suis pas une Pyria. Ce que je suis, c'est un loup, je n'ai pas besoin d'une malédiction pour le savoir. C'est ce que je suis, je caresse sa joue, tout comme toi, j'embrasse ses lèvres, un loup.

-En théorie, je ne suis qu'un quart loup, il rit.

-Un quart, c'est toujours mieux que le néant total, je souris amusée.

Il m'embrasse à son tour. Je me perds quelque peu dans son baiser. J'en avais presque oublié à quel point je me sens à ma place dans ses bras et vivante quand il me touche. Je ne sais que trop bien que la période que j'ai passé en dehors du temps n'a aucune équivalence comparée à celui où je suis restée anhseubnida dans notre présent. Pourtant, je ne sais que trop bien à quel point il a mal vécu mon absence, le fait de me voir dans un lit immobile a dû le rendre complètement fou. Sur bien des points, il est plus fort que moi. Je crois que j'aurai été incapable de le voir dans cet état sans intervenir.

L'absence. Il n'y a rien de pire entre nous. Ce n'est en rien naturel. Les seules fois où nous avons été séparés tout a bien faillit partir en vrille. D'aussi loin que je m'en souvienne, nous avons toujours eu besoin l'un de l'autre. Au-delà de cet amour qui nous consume, il y a autre chose d'inexplicable qui lorsque nous sommes séparés nous affligent, à l'intérieur c'est comme si nous étions morts.

Parfois, je me demande à quoi ressemblerait nos sentiments s'il y avait eu une empreinte entre nous où une autre forme de lien pour nous unir. C'est plus fort que moi. Je suis obligée de me poser la question. Je ne peux pas m'empêcher de me demander ce que ça aurait pu changer. Mais en même temps, nous sommes déjà indispensables l'un à l'autre alors je ne vois pas ce qu'une filiation magique aurait pu changer.

Leith a déjà une empreinte et je suis née bien avant que ce genre de chose n'existe. Une quelconque jonction entre nos âmes et nos cœurs ne peut tout simplement pas exister entre nous. Il serait stupide de le vouloir à tout prix. Et même si parfois, il m'arrive de me demander ce que ce genre de lien pourrait nous apporter, je me contente amplement de notre amour une très grande majeur du temps. Cet amour dévorant qui incendie tout mon corps, réveille mon âme et fait imploser mon cœur.

Je ne vois pas ce que je pourrai vouloir de plus.

Tout ce qui est autour de nous pourrait bien disparaitre à jamais, s'il ne restait que lui et moi, cela me conviendrait parfaitement. Du moins, j'étais capable de m'en persuader, avant… avant la meute, avant que je ne rencontre sa famille, avant que je n'aie une chance infime de reconstituer la mienne en les sauvant tous les deux : Luna et… lui.

-Je viens d'avoir une idée, je m'éloigne en me retournant pour fouiller dans mes papiers.

-C'est parfait, répond-il nerveusement. Je vois que m'embrasser te satisfait pleinement.

-Arrête Lee, tu sais pertinemment que je t'aime et tu m'inspire.

-Génial, murmure-t-il sarcastique en prenant une de mes feuilles remplit de gribouillis.

-Tu es un peu comme une muse, c'est cool. Non ?

-Non, je le vois secouer doucement la tête, des mèches blondes tombent légèrement sous ses yeux, ce qui serait cool, c'est que tu acceptes ma demande en mariage.

-Stupide !

-Je sais que tu trouve l'idée du mariage stupide mais si tu pouvais m'en expliquer les raisons pour que j'essaye de comprendre. Je…

-Non, non, je lui vol un baiser. Je suis stupide ! Comment j'ai fait pour ne pas le voir ? C'est tellement, je colle un de mes brouillons au mur et me recule comme pour avoir une meilleure vue d'ensemble, évident.

Je sens plus que je ne vois Leith se rapprocher, son épaule touche la mienne. D'ordinaire, je perdrais immédiatement ma capacité à me concentrer. Je détournerai les yeux pour le dévorer du regard mais ce que je viens de découvrir ou plutôt de comprendre est énorme. C'est inespéré. Je sais maintenant exactement quand et comment revenir dans le passé.

-Éta bahaya.

-Je peux savoir ce que viens de dire K.

-Si je paraphrase, je souris trop heureuse de ma découverte, que c'était dangereux.

-Saeutik anjeunna moal resep.

-Laisse-moi me concentrer K.

-Saeutik, prononce quelque peu maladroitement Leith, vous parlez d'Ethan ? Pourquoi est-ce que vous parlez d'Ethan. Vous parlez toujours d'Ethan quand K. dit Saeutik.

-Vous pouvez juste, je leur fais un signe équivoque pour qu'ils arrêtent tous les deux de parler, j'ai besoin de me concentrer.

-Anjeun badé nempatkeun Panebusan dina bahaya.

-Et maintenant K. parle de Lyssa. Pourquoi K. parle de Lyssa ? Oh non, non, non, non, hors de question que tu mettes Lyssa en danger. Ethan va détester.

-C'est un peu près exactement ce que vient de dire K. alors si vous voulez bien tous les deux arrêter pour que je trouve une solution pour minimiser le danger.

-Note pour plus tard, bahaya veut dire : danger. C'est bon à savoir.

-Leith !

-D'accord. Je me tais.

J'ai conscience qu'il ne va en aucun cas arrêter de parler. Quand il est face à une situation qui le stresse ou qu'il ne comprend pas, il se transforme en vrai moulin à parole. C'est un aspect de sa personnalité que j'apprécie tout particulièrement. Sauf quand évidemment, c'est moi qui créer ce genre de situation et que j'en pâti.

-Tu ne peux pas Lyssa en danger.

-C'est trop tard Lee. Je l'ai déjà fait, involontairement. Lyssa est entre les mains du Haut Conseil et non dans une des cages sous la falaise à écouter Madi vider son sac à l'autre monstre. Mais si je parviens à renverser la situation et, mes méninges sont en ébullition, oui, je souffle, nous avons une chance. Mais pour que ce soit le cas, il faut que je sache exactement quand est-ce que cette mascarade aura lieu.

-Masih bahaya teuing.

-Ce plan quel qu'il soit ne me plait pas.

-Je viens de comprendre pourquoi je déteste autant quand vous êtes d'accord, je soupire, c'est particulièrement déplaisant. Okay la base est super dangereuse mais je suis un peu près sûre que je peux réduire de… aller 10% le danger.

-Et il est à quel niveau actuellement le danger ?

-Kacida luhurna.

-Sérieusement K. ? Ta réponse est « maximale » ? Tu devrais avoir plus confiance en moi. Tu sais qu'il n'y a pas plus prudente que moi. Tu me connais mieux que personne, mieux que Lee. Je peux le faire. Je le sais. Il faut juste absolument tout orchestrer, à la seconde près et tout ira bien.

-Anjeun teu acan tiasa ka dinya. Teu mungkin, anjeun moal tiasa ngahoutal éta. Jïvana teu kahontal. Mrtyu bakal mendakan anjeun sateuacanna sereng maéhan anjeun.

-Wow, Leith fronce les sourcils, j'ai rarement entendu K. assembler autant de mots en si peu de temps mais comme depuis tout à l'heure, nous sommes sur la même longueur d'onde, je suis de son côté. Qu'est-ce qu'il a dit ?

Je ne réponds pas. En grande partie parce que je sais que K. a raison. Et pour le moment, je n'ai aucune envie d'effrayer Leith. Je dois encore réfléchir et c'est exactement pour cette raison que j'ai besoin de silence. Il y a une solution. Il y en a forcément une. Je le sais.

Mais je dois avouer que la faille en question puisse être un affrontement avec Yamakou-anami-atos ne m'enchante pas vraiment. Si Leith pense comme K. que cet hypothétique confrontation avec lui peut se solder par ma mort alors je n'aurai aucune chance de le convaincre d'appliquer mon plan, qui malgré les dangers à ses chances.

-Lyria, je sursaute légèrement, que vient de dire K. ?

-Tu veux encore que je paraphrase ?

-Je veux savoir ce qu'il pense de ton plan, oui.

-Il m'a déconseillé de suivre mon plan.

-K. n'a pas utilisé si peu de mots.

-J'ai paraphrasé.

-Tu sais que je commence à comprendre certains mots, n'est-ce pas ? J'espère que le : maéhan anjeun n'était pas pour toi. Parce que si quoi que ce soit implique la mort et la tienne en particulier, je suis contre. Tu as assez joué avec ta vie pour le reste de ton existence.

-Pourtant, je retourne vers mes diverses notes, je suis certaine que c'est la seule solution, j'accroche d'autre feuille près de la première qui comporte des schémas temporels mais aussi des portraits, et ils en sont la clef.

-Qui exactement ? Deux personnes que je n'ai jamais vues ? Qui sont-ils et comment peuvent-ils nous aider ? Mieux, pourquoi perdrait-il du temps à nous aider ?

-Nous sommes d'accord pour dire qu'Yitzhaak est bien présent dans cette réalité ?

-Evidemment. Attends, Leith fronce les sourcils, tu as encore du mal à savoir ce qui appartient au présent et au passé ? C'est trop long.

-Je dois parler à Yitzhaak.

-Lyria, insiste-t-il au même moment où K. se volatilise. Où est-ce qu'il vient de partir ? Dis-moi qu'il est retourné dans ton corps !

Avant même que je ne puisse lui répondre, K. réapparait au plus proche du Fiösse avec le sorcier qui a été élevé par des polymorphes. Ce dernier ne semble pas heureux de la situation. Il semble sur le point d'imploser, il fait un pas en dressant un indexe menaçant. K. fait immédiatement barrière entre nous. Si quelqu'un d'autre que Leith franchis les limites du Fiösse, je risque d'avoir très mal.

Pourtant en une fraction de seconde, la colère disparait du regard d'Yitzhaak pour être remplacé par la prudence. K. se rétracte avant de revenir à grande vitesse vers moi. Il me tourne lentement autour, comme un animal qui cherche une position pour s'endormir avant de rejoindre mon corps. Un léger soupire de soulagement m'échappe. Leith avait raison comme bien souvent, nous étions séparés depuis trop longtemps.

-Comment, le compagnon de Madi est hésitant, je n'ai pas souvenir de l'avoir un jour connu incertain de la sorte. Je ne comprends pas comment, il pointe mes croquis du doigt, tu peux connaitre le visage de ses personnes. Ce sont, la tristesse marque son visage, des fantômes.

-Pas dans le passé, je réponds avec douceur.

-Je ne comprends pas.

-Je les ais rencontrés dans le passé : Kamala, je pointe le portait de la sirène, et Kuruk, cette fois, j'arrête mon indexe sur l'ours garou.

-Qui sont-ils, insiste Leith.

-Des Deknony Khongphra Dai, je réponds en fixant le sorcier.

-Les enfants des Dieux, traduit instantanément celui avec qui je partage ma vie, comme toi Yitzhaak, comme ma mère.

-Ils sont morts, réponds douloureusement Yitzhaak, Black a fini par les avoir. Je n'ai pas su les protéger. Ils ne peuvent pas t'aider Lyria, je suis désolé.

-Ils le peuvent, dans le passé.

-S'ils sont encore en vie dans le passé, celui que j'étais ne te laissera même pas les approcher. Nous étions une famille tous les trois. C'est parce que je les ais perdu que j'ai mit autant de temps à accepter mes sentiments pour Madi. Je ferais tout pour vous aider, tu le sais Leith mais s'il vous plait, ne m'obliger pas à rouvrir certaine blessure. Je voudrais vraiment me consacrer à ma nouvelle famille.

-Je suis désolé Yitzhaak, K. n'aurait pas dû t'obliger à le suivre.

-Ne t'excuse pas au nom de K., je soupire.

-Va retrouver Madi, insiste Leith. Et oublie tout ce qu'il vient d'arriver.

-Attends, je le retiens en avançant à la toute limite du Fiösse.

-Lyria, c'est autant un reproche qu'un avertissement.

-Une toute dernière chose, rappelle-moi de qui ils sont les enfants.

-Ce n'est pas important Lyria, j'entends parfaitement les reproches de Leith mais j'ai besoin qu'il commence à comprendre les prémisses de mon plan.

-Elpis-Aasha était leur mère, répond Yitzhaak avant de disparaitre.

-Mince alors, murmure Leith.

-Kamala et Kuruk sont un avantage pour nous et personne n'en aura conscience parce que nous savons certaine chose que Elpis-Aasha n'a confié qu'à nous trois.

Le silence dans lequel se plonge Leith m'indique qu'il commence à assembler les pièces du puzzle ensemble. Il retourne vers le tableau. Il étudie mes notes avant de prendre un feutre rouge et comme je lui ai appris a relier les événements temporel les uns avec les autres. Je prends à mon tour un crayon, vert pour ma part et j'indique ensuite, les paradoxes qui pourrait en ressortir.

Après de nombreuses ratures, de grands schémas et des centaines de croquis. Nous commençons tous les deux à avoir une idée très précise des évènements qui peuvent se dérouler. Nous nous installons alors sur la table et chacun de notre côté, nous ouvrons un cahier pour commencer à rédiger une carte du temps, tel que Raven nous l'a appris. Si nous parvenons exactement au même résultat alors c'est que nous avons réellement une chance de réussir.

Comme bien souvent, le premier jet est un échec. Je corrige les anomalies que je repère dans la projection de Leith et il en fait de même. Nous gribouillons en rouge chacun de notre côté, arrachons des dizaines de pages. Nous discutons beaucoup. Nous appliquons aussi bien, les préceptes que nous a enseigner Raven, que la vision du père d'Anya, tout comme les systèmes théoriques qui peuvent découler de ma vision unique du temps grâce à K. Certaines incohérences engendrent des discussions houleuses, nous sommes tous les deux extrêmement têtus et lorsque nous sommes persuadés d'avoir raison, aucun de nous ne sait lâcher prise.

Pourtant après des semaines, qu'est-ce que je dis des mois de travail nous parvenons à trouver une combinaison qui comporte que très peu de variation possible. Nous avons absolument tout bien orchestré en coulisse. Les paradoxes sont quasi inexistants. Les seules erreurs possibles ne peuvent être provoqué que par un échec de notre part. Mais là aussi, nous avons tenté de pallier toutes les possibilités. Il ne reste plus qu'à façonner la carte du temps comme il se doit. Et pour cela, nous avons besoin de magie, de beaucoup de magie donc de Raven.

Et je dois avouer que nous avons obtenue exactement la réaction que nous attention, c'est-à-dire un :

-Hors de question que j'assemble une nouvelle Carte du Temps.

-Mais maman, lui répond avec un air boudeur Leith.

-Tu crois que j'ignore que tu fais semblant ? Tu es après ta mère le plus grand alpha qui m'est été donné de rencontrer. Et les alphas ne chouinent pas.

-Non mais regarde au moins, il lui tend notre carnet final, avant de dire non. Tout est parfait.

-Tout est parfait, vraiment ? Et qu'en est-il de la meute ? Que l'un de vous s'en ailles, je peux le concevoir mais vous deux, c'est un non catégorique et définitif.

-Regarde la page 23, en théorie si tout se passe exactement comme le schéma l'indique, vous ne remarquerez même pas que nous sommes partis.

-Tu as perdus toute crédibilité à partir du moment où tu as dit : en théorie.

-Sérieusement ? Maman ! Lyria, il se retourne vivement, tu m'aides quand tu veux, hein.

-C'est vrai, Raven fronce les sourcils, pourquoi elle ne parle pas ? Je trouve que c'est très effrayant. Lyria ?

-Lyria, m'appelle de nouveau Leith, je commence à m'inquiéter. Pourquoi tu ne dis rien ?

-Elle est flippante !

-Tu parles de ma petite amie maman ! Elle n'est pas flippante !

-Petite amie, hein ? Où en sont les fiançailles ?

-Maman, Leith rougit a vue d'œil. Tu sais que si j'étais un alpha normal, je t'arracherai la tête pour ça.

-Heureusement pour moi, tu n'es même pas la moitié d'un loup.

-Mais maman, tu vas arrêter maintenant ?!

-Lyria ne dit toujours rien. Est-ce parce qu'elle considère enfin te dire oui ?

-C'est sérieux, Leith se retourne vers moi avec tout l'espoir du monde de figé dans son regard.

-Je vais considérer l'absence de réponse pour un oui, répond Raven en riant.

Je secoue la tête de droite à gauche sans chercher à retenir un soupire tout en levant les yeux au ciel. Je suppose que ces deux-là n'abandonneront jamais et qu'ils essayeront de me convaincre indéfiniment à ce sujet. Mon silence n'a rien à voir avec une réponse affirmative de ma part. C'est à propos d'une chose que j'ai remarqué quand je suis sortie du Fiösse et dont je n'ai osé parler à personne.

Je me demande si je dois aborder le sujet. Je pourrai peut-être convaincre plus facilement Raven. Mais si nous échons cette fois, j'anéantirais véritablement tout espoir. Je ne crois pas être prête à être responsable de quelque chose d'aussi grave. Et pourtant, je sors un petit carnet de la poche de mon jean. Je le fais tourner entre mes doigts. J'hésite encore.

-Lyria, Leith s'approche, qu'est que c'est ?

-L'espoir, je relève les yeux pour fixer Raven, ou tout son contraire, je ne suis sûre de rien.

-Tu ne veux pas être plus précise, demande la sorcière.

-Des paradoxes.

-Si votre torchon là, peut provoquer des paradoxes raison de plus pour ne pas vous aider à concevoir une Carte du Temps.

-Il y a toujours des paradoxe Rae, d'infinités de chemins se crée à chacun de nos choix. Il faut vraiment que vous arrêtiez tous de voir le temps en deux dimensions. Il ne s'agit pas d'une ligne que l'on peut effilocher ou briser, le temps se reconstitue toujours, il trouve toujours un chemin pour se rétablir. Si le temps était un Dieu, ce serait sans nul doute celui que je craindrais le plus.

-Et nous sommes bien placé pour savoir que tu n'as jamais eu peur d'eux.

-C'est faux maman, Leith prend doucement ma main, c'est parce que Lyria avait peur d'eux qu'elle est parvenue à les détruire, elle a été prudente et réfléchis comme toujours et comme elle l'a été avec cette planification.

-Tu as confiance en nous Rae, n'est-ce pas ?

-Je ne veux, elle soupire par le nez, peux pas vous perdre.

-Maman, Leith lâche ma main pour prendre avec beaucoup d'amour sa mère dans ses bras, tu ne vas pas nous perdre. Tu sais que nous sommes extrêmement prudents avec le temps. Regarde-moi, il s'éloigne pour qu'elle puisse plonger son regard dans le siens, tu n'as rien à craindre. Je… nous te reviendrons toujours. Tu ne seras pas seule, Ethan veillera sur toi, comme Lexa et Clarke.

-Et, j'hésite encore et pourtant, cette fois Anya pourrait ne pas mourir.

-Lyria, Leith secoue la tête, non, pas encore.

-Je suis très sérieuse. Les paradoxes dont je parle, ils se produisent ici et maintenant. Tout ce que j'ai accompli en tant que Moëilla a eu une incidence dans ce temps.

-Mais de quoi tu parles ? Il n'y a pas eu de paradoxe, refuse Leith, je m'en serai rendu compte.

-C'est le fait que tu ne les aies pas remarqué qui m'a poussé à les écrire, un à un. Regarde, je tends le carnet à Raven.

-Il est remplit, s'étonne-t-elle en faisant défiler les pages rapidement.

-C'est impossible, souffle Leith. Le temps ne change pas de cette fa… attend, il arrache le carnet des mains de sa mère, Indra était morte ? C'est quoi ce bordel, il tourne plusieurs pages, Scarlet était léthargique ? Qu'est-ce que c'est sensé vouloir dire ? Scar va très bien ! Madi n'avait pas… Madi n'étais pas marié avec Yitzhaak et ils n'avaient pas d'enfants ? C'est un peu gros, non ?

-Je peux, Raven tend sa main et son fils lui rend le carnet, je n'ai rien remarqué de ces changements. La raison pour laquelle tu as rejoint le passé en étant pas anhseubnida c'était justement pour éviter les paradoxes alors com…

-Maman ?

-C'est à cause de la survie de Melina, comprend Raven. C'est trop gros pour ne pas avoir de conséquences. Il… et… tu penses qu'elle est en vie, ici, dans ce temps, quelque part ?

J'acquisse doucement. C'est la seule explication plausible pour justifier que Scarlet soit de nouveau capable de vivre normalement. J'ai pris le temps de vérifier et il n'y a plus qu'un seul pétale bleu, celui de Thomas. Il n'y a qu'une seule explication plausible : Melina est en vie.

Et si j'ai une petite idée d'où elle se trouve, je serai incapable de m'y rendre.

-Voilà ce que je pense, je reprends, les Dix sont uniques qu'importe les temps ou les univers différent, ils n'existent qu'en une seule et unique version. Ils s'en sont assurés avant leurs ascensions en éliminant toutes les autres transpositions d'eux même.

-Pas tous les Dieux, un éclat de tristesse éblouit le regard de Raven, ils vous ont obligé à le faire aussi.

-Non, bien sûre que non, rassure-toi maman. Pourquoi tu lui dis des choses pareils ?

-Parce que c'est la vérité.

-Mais nous n'avons jamais fait ça !

-Parce que nous n'en avions pas besoin, toi, moi et Jessica étions des Vertis-begton, toutes les Pyria le sont de naissances et comme les Dix sont unique, leurs descendances aussi.

-Mes enfants et moi sommes uniques alors.

-S'il existait d'autre version de vous, avec mon regard sur le temps, je vous aurais trouvé. Non. Ce que je pense, c'est que peut-être pour la première fois, tous les Vertis-bagton sont réunis sur la même ligne du temps et c'est ce qui explique ces paradoxes, ces changements des plus infimes ou plus radicale.

-Donc si nous sauvons Ama dans le passé, laisse trainer Leith.

-Ce sera définitif, je confirme.

-Alors, je viens avec vous, décide Raven.

-Hors de question, je refuse.

-Quand je suis venue chercher Ethan, je n'ai pas fait de vague.

-C'est pour Ethan que tu dois rester, j'insiste. Si nous nous trompons sur notre retour et que nous revenons avec plusieurs semaines de retard, il sera complètement seul. Tu ne peux pas lui faire ça.

-Je t'interdis d'avoir ce genre de propos à mon égard Lyria. Je suis déjà restée contre ma volonté pour mes enfants, alors cette fois…

-… si tu restes, les souvenirs de la mort d'Anya s'effaceront complètement.

-Qu'est-ce que tu dis ?

-Alors, Leith reprend notre cahier qui contient la carte du temps, c'était ça la variante que je ne comprenais pas mais que tu m'as assuré être indispensable.

-Si nous réussissons, nous serons les seuls à nous souvenir de la constance de ce temps.

-C'est du génie, murmure-t-il en laissant ses doigts parcourir les ligne du carnet, regarde maman, c'est… Lyria est incroyable, il relève les yeux, il peine à retenir ses larmes. Elle… tu as raison, maman tu dois rester.

Je crois que je ne pourrai jamais oublier le regard de Raven à cet instant. Il restera très certainement ancré à moi, jusqu'à la fin. Il ne s'agit pas forcément d'espoir, non c'est autre chose et c'est justement ce petit détail que je ne parviens pas à discerner qui me touche en plein cœur. Avant même qu'elle ne dise quoi que ce soit, je sais qu'elle va accepter. Et, ce n'est pas seulement grâce à la possibilité infime mais bien réel qu'Anya puisse survivre, que toute leur histoire puisse être réécrite et cette fois bien se finir. Mais aussi et surtout pour tout les autres parce que Raven est comme moi, au plus profond d'elle-même, c'est un loup. Les personnes comme nous ne pense pas individuellement, jamais.

Raven pense à tous le bien que nos actions dans le passé pourront apporter.

-Je vais étudier ces deux carnets très attentivement, sont les premiers mots qu'elle prononce.

-Merci maman.

Leith prend ma main, il me sourit avec un air victorieux. Je ne comprends pas pourquoi il est si fier de lui. Je lui ai macher tout le boulot et je dois dire que c'est une très mauvaise habitude que je prends. Il m'embrasse en riant et ce simple son court-circuite toutes pensées cohérentes. Nous nous dirigeons vers la sortie, nous avons encore beaucoup de préparatifs à ficeler. Mais avant que nous franchissions la porte Raven nous arrête :

-Juste une chose.

-Ouais, sourit Leith, on t'écoute.

-Lyria n'y retourne pas en tant que Moëilla, elle sera elle-même.

-C'est le plan, confirme-t-il, oui.

-K. sera de la partie ?

-Je serais incapable de me séparer de lui aussi longtemps. Je suis malade rien que de penser à cette possibilité.

-Donc, elle laisse trainer ce mot, il faudra très peu de temps à mon paternel pour te reconnaitre. Il voudra te tuer. Comment vous avez prévu de gérer cette situation ?

-Exactement de la même façon que nous l'avons géré ici, répond Leith avec colère. S'il m'y oblige, je le tuerai.

-Bien, répond avec une certaine froideur Raven.

-Nous n'allons tuer personne, je refuse. Dans le passé, les choses sont différentes. Il s'agit de ton père Rae.

-Est-ce que j'ai l'air de me plaindre de son absence ?

-Pas vraiment, je suis bien forcée de l'avouer.

-Il ne s'agit pas de lui, comprend Leith, mais de Morgane. Je me trompe ?

-Je vous interdis de risquer vos vies simplement pour épargner ma mère. Je veux que vous me fassiez la promesse, tous les deux, de faire tout ce qu'il faut pour survivre d'autant plus s'il s'agit de mes parents.

-Evidemment, répond sans la moindre hésitation son fils.

-Lyria, elle insiste après ce que j'imagine être un trop long silence à son goût.

-Seulement s'il n'y a aucune autre solution possible, je baisse les yeux, je te le promets.

Raven semble se satisfaire de cette réponse et dès notre départ, elle se mets à plancher sur les schémas de notre carte du temps. Plusieurs jours passent, des semaines en réalité. Je ne peux m'empêcher de penser à la solitude de Luna. Je suis inquiète pour elle. Je me rassure en me disant que si ici, il s'est déroulé six mois depuis mon retour quand je vais réapparaitre dans le passé, beaucoup moins de temps se sera écoulé.

J'ai la désagréable sensation de tourner en rond depuis que notre projet est entre les mains de quelqu'un d'autre. Evidemment, je m'investie entièrement dans ma relation avec Leith et l'aide avec la meute comme je le fais depuis que j'ai choisi de le rejoindre. Je réalise peut-être à cause de tout ce qu'il s'est dérouler quand j'étais anhseubnida que je suis véritablement heureuse ici. Il n'y a aucune chance pour que je renonce à ce que j'ai construit avec lui.

Je pense beaucoup à Yamakou-anami-atos. J'étais prête à tous pour l'éliminer et je dois bien avouer que ce n'est plus vraiment le cas. Il y a certaine chose que je ne pourrai jamais sacrifier. Il en est de même pour… Jessica. J'ai promis de faire mon possible pour la ramener. Je voulais la libérer de son propre MalentoMemorie et qu'elle arrête de se prendre pour Man-Wol, une autre version de moi, celle que je serais devenu si j'avais fait l'ascension avec les Dix. Mais, si les choses se complique, je renoncerai à ma promesse.

J'ai déjà fait énormément de sacrifice dans ma vie. Je crois que j'ai atteins mes limites. Je commence à vouloir être un peu plus égoïste et je pense que ce n'est pas plus mal. Avec le passé que je traine derrière moi comme un boulet qui pendant trop longtemps m'empêchait d'avancer, qui peut m'en vouloir de ne pas être prête à renoncer à tout ce bonheur si durement gagné ?

C'est ainsi mes réflexions me poussent à changer certaine de mes convictions. Je pensais que j'étais plus du genre à rester en retrait pour tout offrir à ceux que j'aime. Mais voilà, je m'impose de nouvelles limites. Je refuse de perdre ce que j'ai durement gagner. Alors je ferais mon maximum évidemment mais cette fois, je prendrais le temps de me demander combien chaque décision pourrait me coûter.

Parce que je mérite tout comme à chacun d'atteindre, de connaitre et d'approfondir le bonheur.

-Hey, souffle Leith en s'asseyant juste à côté de moi. Je t'ai cherché partout. Tu ne m'as pas entendu hurler jusqu'à en perdre mes cordes vocales ?

-Désolée, j'appose immédiatement ma tête sur son épaule, j'étais dans mes pensées.

-Donc, tu ne m'as pas entendu… mais tu m'entends là ?

-Parce que tu crois que je te répondrais si ce n'était pas le cas.

-Hum, il grimace, un point pour toi. Il faut dire qu'il t'arrive fréquemment de perdre l'ouïe, un des effets secondaires du voyage dans le temps.

-Soit plus précis Lee, je me cale un peu plus contre lui alors qu'il me sert de son bras gauche, ce n'est pas les voyages dans le temps qui sont dangereux mais les échos qu'ils peuvent parfois provoquer.

-Il y a une dernière chose qu'il faut que j'éclaircisse avant demain.

-Le grand départ, je souffle. Nous sommes enfin près. Tu l'es toi ? Tu vas réussir à gérer Anya. Je sais mieux que personne à quel point son absence peut te faire mal.

-Ôte-moi d'un doute, tu seras présente tout du long.

-Evidemment.

-Alors oui, je vais gérer cette situation. Mais c'est moi qui voulais te poser une question, il embrasse le haut de mes cheveux. Une que je me pose depuis un certain moment. Trois ans pour être exacte.

-Lee

-J'ai besoin de savoir Lyria. C'est… après la mort d'Ama, je m'étais fait une raison. Je savais que je ne pouvais plus retourner à Rheen. Alors j'ai commencé a renoncé à toi. C'était douloureux mais je n'avais pas le choix parce que jamais et je dis bien : jamais je ne t'aurais demandé de quitter ton foyer. Rien de ce que nous pouvions vivre à partir de cette décision ne serait réel, il fallait que je me fasse une raison. Parce qu'à chaque fois que nous nous voyions, c'étaient des moments arrachés au temps lui-même. Nous étions condamnés à nous rencontrer sans être anhseubnida. Alors pourquoi tu l'as fait ? Pourquoi tu m'as rejoint avec ton vrai corps alors que tu avais dit que tu ne pouvais pas voyager dans le temps de cette façon ? Pourquoi tu as pris le risque de ne plus jamais les revoir ?

-Ce sont de très bonnes questions, je me redresse assez pour encadrer son visage de mes mains, qui n'amène qu'une seule et même réponse : parce que je t'aime, je viens l'embrasser avec passion sur les lèvres. Mais, je reprends à bout de souffle encore tout contre ses lèvres, toi et moi savons que ce n'est pas la bonne question, je me plonge avec dévotion dans ses yeux, et je ne peux pas encore répondre à celle-là alors s'il te plaît arrête toi là pour aujourd'hui.

-Comm…

-Lee, je le coupe en secouant la tête de droite à gauche, non. S'il te plait. Je t'interdis de me forcer à te mentir. S'il te plait.

-Alors pourquoi j'ai la conviction que tu as besoin que je te pose cette question.

-Le moment venu, je te demanderai de me poser cette question. Tu me fais confiance ?

-Toujours.

-Pas une once d'hésitation, je souris en passant mes doigts dans ses cheveux.

-Jamais, il conclu en venant à son tour m'embrasser.

Après un merveilleux baiser qui a en quelque sorte dérapé, nous rentrons à la maison parce que c'est pour cette raison que Leith était venu à ma rencontre. Nous passons le reste de la soirée et une bonne partie de la nuit en famille. Je reste particulièrement silencieuse. J'apprécie ce moment à sa juste valeur. J'ai bien conscience que je n'en connaitrais plus de tel, c'est le dernier. Quoi qu'il advienne, notre famille ne sera plus jamais la même.

Le réveil est difficile et même pas parce que je n'ai pas assez dormi mais surtout parce que j'ai repassé chacune des parcelles de notre plan une à une avant de sombrer et que j'ai fini par cauchemarder sur tout ce qui pourrait mal se dérouler. Quand je m'éveille, comme bien souvent, je découvre K. en dehors de mon corps. Il se rapproche et je sais que même s'il ne possède pas d'yeux, il m'observe avec une grande attention.

K. fait un mouvement vers Leith qui est encore endormi. Je sais ce qu'il pense. Je n'ai pas arrêté de me poser des questions moi aussi. Et je dois avouer que la discussion que nous avons eu hier n'a rien arranger. J'ai conscience que si j'ai eu le courage de le rejoindre dans le futur abandonnant la seule famille que je n'ai jamais connu, c'était pour le soutenir après la mort de sa mère. Je ne peux m'empêcher de me demander si un des paradoxes qui découlera forcément de son sauvetage ne sera pas qu'à notre retour, Leith et moi serons de nouveau séparés par plusieurs poignées de siècles.

-Je l'aime K. il y aurait forcément eu un moment où j'aurai choisi de le rejoindre.

-Percanten naon anu anjeun pikahoyong.

-Est-ce que tu viens d'utiliser la phrase d'Anya ? C'est une première.

-Anjeun gaduh hiji hal deui anu kedah dilakukeun.

-Il me reste une chose à faire, je confirme non sans un soupire en passant une main fatiguée dans mes cheveux.

-Ayeuna.

-Oui, je sais : maintenant. Tu m'accompagnes, je demande en me levant. Je n'ai aucune envie d'y aller seule, je ferme mon sac à dos après y avoir ajouter un cahier qui résume les événements que nous allons affronter dans le passé. Je serais capable de faire quelque chose que je pourrai regretter.

-Maéhan kadang-kadang hiji-hijina jalan kaluar.

-Ne dis pas de telle chose K., s'il te plait. Nous ne sommes pas des tueurs. Nous sommes les gentils, d'accord ?

K. ne dit plus un mot alors que j'enfile un pantalon noir et un sweet orange très claire. Je le regarde attendant une réaction de sa part mais rien ne vient. Il se contente de se volatiliser pour fusionner avec mon corps. Je ferme les yeux et frotte mes paupières. J'inspire profondément en me souvenant que K. a un mal fou à comprendre le concept du bien et du mal.

Lexa dit souvent qu'il est trop primitif pour faire la différence mais je pense qu'elle se trompe. Il a été lésé, toute sa vie durant il a souffert alors forcément, il ne connait rien d'autre. Pourtant, il s'efforce de changer. C'est une évidence. Il me protège et il a choisit de rester quand il a compris que nous étions capables de nous séparer. Il ne s'est pas enfuit parce qu'il savait que partir serait pour moi une condamnation à mort.

Tout n'est pas tout rose de mon côté non plus, j'ai tué énormément de personnes. D'abord parce que je ne me contrôlais pas, ensuite parce que c'était plus facile et enfin par vengeance. Mais je ne suis plus cette gamine en colère et je refuse de me faire contrôler par des émotions primaires. J'ai changé.

Je me suis promis qu'hormis pour les Dix, je n'en viendrais plus à ce genre d'extrême. Parce que ce n'est tout simplement plus qui je suis.

Et pourtant… il y a au moins encore une personne que je tuerais de sang-froid, sans la moindre hésitation si elle m'y oblige.

J'ouvre la porte et m'avance dans la seule pièce que j'ai évité comme la peste depuis mon retour. Je prends une chaise que je tire derrière moi dans un vacarme monstre. Je l'installe près d'un lit médicalisé. J'observe un long, très long moment Jessica. Mes doigts se serrent avec force sur le dossier de la chaise. Je suis tellement en colère contre elle. Je n'avais jamais réalisé qu'elle serait capable d'en arriver à de tel extrême, d'être à ce point égoïste. Je m'assoie sans dire un mot.

Qu'elle fasse souffrir le monde entier si ça lui chante, après ce qu'il lui a fait subir, je n'aurai rien à redire. Mais qu'elle fasse endurer ce genre de peine, de douleur et de perte à Leith… c'est inacceptable.

Si j'ai tout fait pour la sauver d'elle-même, c'est pour lui. Seulement pour lui. Qu'importe ce que je sais déjà, ce qu'on pu dire les Normes. Il fallait que j'essaye au moins une fois de la ramener parmi nous avant qu'il ne soit trop tard.

Avec ce nouveau voyage dans le temps, Jessica écope d'une seconde chance. Je ne lui en offrirais pas une autre. J'en suis incapable. Je ne peux pas continuer de n'être que la spectatrice du malheur de celui que j'aime.

Je sursaute légèrement alors que mon prénom raisonne. Je ne bouge pas encore. Je continue de détailler Jessica. Je sais que quelque part dans le passé, sous les traits de Man-Wol, elle est capable de sentir ma présence. Je pourrai commettre l'irréparable, là, maintenant, tout de suite. Nous aurions alors un problème de moins à gérer. Mais j'en suis incapable et pas seulement parce que Jessica est la sœur de Leith, pas non plus parce qu'ils partagent une empreinte. J'ai trouvé il y a longtemps comment les séparés sans le tuer en cas de dernier recours.

Si je suis incapable de lui donner une seconde et dernière chance, c'est parce que je tiens à elle. Nous sommes amies, au-delà, nous sommes presque des sœurs. Elle a perdu le contrôle comme moi, il y a des années. La différence c'est que je n'ai pas anéantie la seule relation qui avait de l'importance pour accomplir ma vengeance. Alors que de toute évidence, Jessica est vraiment prête à tout pour la sienne.

Je me lève en serrant les poings. Je me penche, nos visages sont particulièrement près l'un de l'autre. Je sens des larmes se former. Je n'arrive pas à comprendre que nous n'ayons pas pu lui suffire. J'embrasse son front avant de me pencher à son oreille pour murmurer :

-C'est le dernier acte et sois je te sauve, sois je t'empêche de nuire définitivement.


Un nouveau chapitre se termine. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! Des suppositions pour la suite ? J'ai hâte de connaître vos réactions. Qu'avez-vous pensé de ce petit tour dans le futur ? Que pensez vous du couple de Lyria et de Leith ? Avez-vous hâte qu'ils puissent rencontrer les personnages principaux du présent ? En tout cas, ils sont partis pour. Et ils ont beaucoup à accomplir, vous savez que Lyssa sera impliqué mais aussi que Lyria est prête à tout, même à tuer Jessica en dernier recours.

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !

GeekGirlG