Salut !

J'ai été un peu déçue par le S support de Edelgard dans le jeu (merci la trad anglaise qui sort un « dearest friend » de nulle part, se faire friendzoner dans un S support c'est cruel même pour un fire emblem, haha) du coup j'ai écris ça (oui oui 3 ans après la sortie du jeu)

Bref c'est juste la confession de F!Byleth et Edelgard à la fin de Crimson flower (fleur vermeille) feat Dorothea conseillère de cœur, avec un titre pas original pour un sous mais j'avais pas d'idée, déso

Fanfic de 3 chapitres et Yuri (FxF) 100 % fluff

Pardon si des fautes m'ont échappé.

Disclaimer habituel : Fire Emblem et ses persos appartiennent à leurs auteurs, etc

L'artiste de l'image de couverture est rakitarou (pseudo twitter)


Cœur Vermeil

Chapitre 1

L'air perdue dans ses pensées, Byleth suivait des yeux le vol circulaire de quelques grands oiseaux rapaces, dont la silhouette sombre se découpait sur les couleurs vives du crépuscule. Dans le lointain, la forêt troquait son atmosphère verdoyante contre les nuances orangées du jour déclinant. Appuyée contre le muret en pierre surplombant le cimetière du monastère de Garreg Mach, elle profitait d'une agréable brise tiède de printemps, soufflant par intermittence et faisant bruisser le feuillages des arbres.

Derrière elle, le bourdonnement de fond emplissait l'ambiance, malgré la fin de journée approchant, le monastère était toujours rempli de vie. Les pas des habitants, des soldats impériaux, les sabots des chevaux ou les calèches sur les pavés. Parfois, une voix plus forte, le hennissement d'un cheval ou l'aboiement d'un chien se détachait. La guerre était officiellement terminée, et l'armée impériale ainsi que les membres de l'escadron de l'Aigle de Jais profitait d'un repos mérité, le temps de soigner les blessures et de restaurer les ressources. Bientôt, il allait falloir repartir au combat afin de purger Fódlan de la menace des Serpents des Ténèbres, et si Byleth avait hâte d'assurer une paix durable au continent en faisant disparaître ceux responsables de la mort de son père, en cet instant, d'autres pensées occupaient son esprit.

Un soudain souffle de vent effréné agita sa veste et ses cheveux irréguliers. Par réflexe, elle se passa la main sur la tête pour remettre ses mèches en ordre, en gardant quelques unes entre les doigts. Depuis la mort de Rhea, on lui avait nonchalamment demandé si ça ne la perturbait pas que son apparence ait une fois de plus changé. L'ancienne mercenaire se contentait d'un haussement d'épaule, mais en réalité, elle appréciait avoir retrouvé la couleur bleue nuit de ses cheveux, ainsi que ses yeux cobalt. C'était ce qu'elle avait en commun avec sa mère. Si Rhéa, Seteth et Flayn l'avait considéré un temps comme l'une des leurs, peut-être comme un membre à part entière de leur famille, de leur groupe, Byleth n'avait jamais entièrement partagé ce sentiment. Non, son unique famille reposait désormais sous la terre du monastère pour l'éternité, ne laissant que des inestimables souvenirs et des noms gravés sur une pierre tombale.

Le corps incliné et les coudes appuyés sur les pierres du muret, l'ancienne mercenaire délaissa l'observation des rapaces et reporta son attention sur le petit objet brillant qu'elle tenait entre ses doigts. La bague de sa mère, qu'elle n'avait plus ressortie depuis le jour ou elle l'avait trouvée dans le bureau de Jeralt. Elle ne l'avait jamais véritablement observée, et ne pensais pas avoir à la ressortir. Mais depuis quelque temps, elle s'y intéressait car une idée nouvelle faisait son chemin, mue par des sentiments longtemps présents mais jusqu'ici enfoui sous les affres de la guerre. Des sentiments qui, maintenant que son cœur battait, n'avait jamais été aussi forts.

Byleth soupira, serrant son poing sur sa poitrine alors que les battements tambourinaient, comme à chaque fois que son esprit songeait au destinataire espéré de cette bague.

– Est-ce que tout va bien, professeur ?

L'interpellée tourna la tête, rencontrant le regard inquiet peint sur les iris verts de Dorothea. La chanteuse s'avança, alors que Byleth se redressait légèrement pour lui faire face.

– Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous déranger. Mais comme vous venez de sortir de l'infirmerie et que vous aviez l'air de souffrir..., continua son ancienne élève.

Gardant son air neutre indéfectible, le professeur rangea la bague dans sa poche. Malgré le fait qu'elle ne se sentait pas faible, on l'avait obligé à prendre quelques jours de repos à l'infirmerie après son évanouissement sur le champ de bataille.

– Tout va bien. Il s'agit seulement de mon cœur. Je ne suis pas encore habituée à le sentir bouger ainsi.

Pour appuyer ses propos, elle plaça une main sur son sternum, inspirant un une nouvelle fois pour tenter de calmer cet organe indiscipliné. De son côté, Dorothea s'assit contre le muret, un air doux revenu sur son visage. Il avait bien fallut expliquer le retour de l'apparence normale du professeur, et si pour la majorité il s'agissait d'une version plus ou moins bricolée sur la mort de déesse, la vraie raison avait été donnée à leurs amis proches. Vivre plus d'une vingtaine d'années avec un cœur qui ne bat pas. La chanteuse ne pouvait y croire, et avait finalement supposé que c'était la cause de sa célèbre impassibilité... et également que la gemme emblématique avait, en quelque sorte, rendu extrêmement difficile le moindre développement émotionnel.

– Un cœur battant est un lourd fardeau à porter. En particulier lorsqu'il est amoureux, déclara Dorothea d'un ton taquin.

– Amoureux ? répéta Byleth.

– Je n'ai pu m'empêcher de remarquer la bague que vous teniez. Vous projetez de demander Edie en mariage, n'est-ce pas ?

En mariage, se répéta une fois de plus le professeur. Elle ressorti la bague de sa poche, l'examinant de nouveau. C'était donc pour cela que cet objet était si important et semblait si précieux outre la considération matérielle. Se marier avec Edelgard. Ah, ce cœur n'allait vraiment jamais s'arrêter de s'affoler ainsi ?

– Mon père m'a seulement dit de donner cette bague à la personne que je chérissais le plus..., soupira t-elle.

Dorothea sourit. Ce que l'on pouvait affirmer sans avoir peur de se tromper sur Jeralt, c'était qu'il fut un père atypique. Élever son enfant en « oubliant » de lui donner des connaissances de base pour appréhender la société. Bien sur elle ne remettait pas en cause son amour paternel pour son enfant. Il avait sans aucun doute fait de son mieux pour sa fille, après tout, il l'avait formée afin qu'elle puisse évoluer et survivre dans leur environnement immédiat, à savoir la dangereuse vie de mercenaire. Inutile également de se demander pourquoi il l'avait tenue loin de tout contact avec l'église de Seiros... et pour ce qui était de l'amour et du mariage, ça. Un père qui n'a pas pour habitude d'exprimer ses émotions et un enfant dont le cœur est gelé. Comment ça aurait pu tourner autrement ?

– Lorsqu'on offre une bague à quelqu'un, c'est pour lui demander sa main, professeur. Cela signifie que vous voulez partager votre vie avec cette personne, et la chérir dans la joie comme dans les difficultés. Ce n'est pas juste un cadeau que l'on offre pour faire plaisir, c'est un véritable engagement, la promesse que vous serez toujours aux côtés de cette personne quoi qu'il arrive, que vous pourrez compter sur elle autant qu'elle pourra compter sur vous.

Byleth écouta attentivement le petit monologue, non sans remarquer une fois de plus à quel point Dorothea parlait avec aisance de tout cela. Elle avait toujours ce genre de phrase passionnée en réserve, lui venant sans doute de ses années en tant que chanteuse d'opéra. Et dans ces belles paroles, l'ancienne mercenaire reconnu facilement ce qu'elle ressentait à l'égard de l'Empereur. Être à ses côtés. C'était bien plus évident maintenant que des mots concrets étaient posés sur ses sensations. Elle fixa une dernière fois la bague, s'imaginant l'offrir à Edelgard. Immédiatement, une vague de chaleur bouscula sa poitrine, et un sourire se dessina sur ses lèvres.

– Je me demande si Edelgard ressent la même chose, songea t-elle tout haut.

La chanteuse ne pu s'empêcher un petit rire. Dire que son professeur se posait cette question telle une adolescente découvrant son premier amour.

– Oh croyez moi, la seule personne que son cœur désire, c'est vous. Il n'y a qu'à voir comment elle vous regarde. C'est évident pour tout le monde sauf pour vous deux. Vous devriez réfléchir à tout cela, professeur. Ne serait-ce que pour savoir ce que vous allez lui dire si vous décidez de vous déclarer.

Byleth acquiesça d'un signe de tête. La jeune femme leva les yeux, observant pensivement les étages du monastère où devait encore travailler l'Empereur, tout ceci lui inspira une pointe de stress, elle n'avait absolument pas l'habitude de parler de sentiments, et encore moins lorsqu'il s'agissait des siens. Mais le stress pouvait être une bonne chose, cela signifiait qu'elle ne prenait pas cela à la légère, il allait falloir qu'elle sache quoi dire au moment clé pour éviter de bafouiller et tout ruiner.


Si la brise tiède de cette fin d'après-midi de printemps semblait pouvoir s'infiltrer dans chaque recoin du monastère, elle s'avouait vaincue dès qu'elle se heurtait aux lourdes pierres impénétrables des anciens appartements de Rhea. Ici, tout l'étage avait été réaménagé et la bibliothèque servait à présent de bureau personnel pour l'Empereur. La grande pièce aux fenêtres fermées ne laissait passer ni un souffle de vent, ni un seul son de l'extérieur. Seul le bruit de la plume grattant le papier empêchait le silence de clamer son autorité.

L'immense bureau en bois massif trônait au milieu de la salle, cerné par les nombreuses bibliothèques dont le grand âge serait difficile à définir. Leurs étagères, pour la plupart ternies par les années, servaient de refuge à des légions de livres et de parchemins entassés, et sur certains, de fines particules de poussière grise avait échappé aux chiffons des domestiques. Malgré la lumière toujours éclatante du jour descendant, quelques flammes brûlaient déjà les mèches des chandelier en prévision de la soirée. Assise sur un immense fauteuil en chêne à la fois magnifique et terriblement inconfortable malgré les coussins, Edelgard était penchée sur le bureau, le poignet endolori par les heures d'écriture et de signature. Sa lourde couronne aux cornes dorées commençait à peser sur son front, et l'atmosphère de la pièce devenait lentement de plus en plus étouffante, sans un souffle d'air nouveau.

Devant elle s'étalait des papiers, parchemins, lettres et autres dossiers, tous plus urgents les uns que les autres. Bien que officiellement, la guerre était terminée, jamais le travail de l'Empereur ne s'arrêtait et à chaque fois qu'elle terminait un document, dix autres prenait sa place. Mais c'était son travail. Le rôle pour lequel elle s'était battu et qu'elle comptait bien mener à bout, qu'importe les heures de paperasse que ça lui coûterait, les courbatures qui lancinerait ses membres ou les maux de tête que cela provoquerait.

Alors qu'elle traçait avec élégance les lettres à l'encre noire, des coups diffus résonnèrent à la porte. Des coups prudents, mais semblant intrusifs au vu de la quiétude de la pièce. La jeune femme releva la tête, une légère et courte grimace déforma ses traits lorsqu'elle se rendit compte que sa nuque lui faisait payer le fait d'être resté inclinée des heures sur son travail.

– Entrez, enjoint-elle d'une voix autoritaire.

Hubert pénétra dans la pièce, refermant la lourde porte en bois verni derrière lui. Le grand homme en noir tenait plusieurs lettres dont le papier légèrement abîmé indiquaient qu'elles venaient de loin.

– Votre Majesté, commença t-il. Des lettres sont arrivées pour vous.

Edelgard saisit les papiers sans attendre, les examinant. Elle serra imperceptiblement la mâchoire en reconnaissant les sceaux de cire apposés sur les enveloppes. L'Empereur se doutait de la teneur de ces messages, mais les ouvrit sans plus de cérémonie. Parcourant tour à tour les écritures des yeux, lisant en diagonal et attrapant les mots-clés, ses impressions se confirmèrent.

– Ces nobles... ils ne perdent pas de temps. Encore des propositions d'alliance et de mariage.

Elle retint un immense soupir. À peine la fin de la guerre proclamée que les nobles de divers maisons s'était déjà avancés sur le devant de la scène, espérant obtenir les faveurs de l'Empereur de Fódlan et s'assurer une bonne place dans l'avenir. Quelle bande de vautours, songea t-elle. Ils rivalisaient toujours autant de courbettes et de flatteries.

Hubert pointa alors l'une des lettre du doigt.

– Celle-ci provient du Duc Von Erian. Il possède des troupes entraînées qui nous seraient précieuses dans notre prochain conflit. De plus, la position stratégique de son domaine nous permettrait d'avoir une tête de pont et pouvoir réagir rapidement si les loyalistes de l'ancien Royaume tentent quoi que ce soit.

Edelgard hocha légèrement la tête. Les restes de l'armée du Royaume et même de quelques maisons nobles déchus de l'Alliance tentaient de se regrouper pour profiter des blessures de guerre de l'armée impériale. Devoir gérer des poches de résistance en plus des Serpents de Ténèbres risquerait de la mettre dans une position difficile, et Hubert semblait penser que toute offre de troupes ou de ressources, si tenté qu'elle soit suffisamment importante, était une manœuvre à prendre en compte.

– J'en conviens, Hubert. Néanmoins, je préférerais éviter de contracter des alliances avec des nobles. Surtout compte tenu des réformes que je projette de faire passer une fois la menace des Serpents des Ténèbres éliminée.

– Avec tout le respect que je vous dois, votre Majesté, le Duc Von Erian contrôle une bonne partie du nord de l'Empire. Une alliance officielle avec une personne de son statut nous assurerait sa coopération et inciterait les autres à se plier à vos lois sans tenter de négocier ou de s'y opposer. Sans mentionner que, devant un refus catégorique de votre part, il risquerait de le prendre comme une offense et de nous poser des difficultés.

Edelgard émit un « mh » plus ou moins affirmatif. Comme toujours, son bras droit avait d'excellents arguments. Les nobles étaient si imbu d'eux-même. Ce noble était immensément riche, possédait des terres, une armée, hérités de sa famille. Bien qu'il n'avait jamais travaillé pour obtenir tout cela, il pensait que tout lui était dû. C'était précisément contre cela qu'elle s'était battue, et qu'elle comptait se battre. Leurs jours étaient comptés. La jeune femme acquiesça d'un mouvement de tête.

– Je prendrais cela en considération lorsque je rédigerais ma réponse.

L'Empereur replia les lettres et les posa loin sur son bureau, derrière une autre pile de papier. Bien qu'elle détestait l'admettre, certains nobles puissants avaient encore tout a fait le pouvoir de lui mettre des bâtons dans les roues, ne serait-ce qu'avec leurs troupes personnelles. Devoir retourner au combat alors que son armée sortait tout juste d'une longue guerre était impensable, sans compter que cela risquait d'affaiblir sa position. Comment pouvait-elle se clamer Empereur d'un Fódlan unifié si des querelles intestines faisaient rage ?

L'angoisse lui serrait la poitrine, mais Edelgard n'en montra rien. Quoi qu'il en soit, elle ne souhaitait pas lui envoyer de réponse dans l'immédiat, quand bien même ce noble lui proposait un mariage particulièrement avantageux.

– Y a t-il autre chose ? questionna t-elle en voyant Hubert rester immobile.

Ce dernier avait évidemment remarqué que les hésitations de l'Empereur. De façon générale, Hubert remarquait énormément de choses. Ce trait faisait de lui un excellent bras droit, mais également un ami redoutablement perspicace.

– Votre Majesté, puis-je vous demander... différez-vous vos réponses car vous attendez une proposition de la part du professeur ?

Hubert n'avait également pas pour habitude de mâcher ses mots, et s'il avait bien sûr remarqué l'attachement particulier de son Altesse envers son instructeur, très rares étaient les fois ou il y faisait référence de manière aussi explicite. Cela surprit Edelgard, mais la jeune femme dissimula son embarras sous un masque d'une neutralité sans failles.

– Pardon ? Je sais parfaitement ce que j'ai à faire, Hubert. Je me suis déjà préparée à l'éventualité d'un mariage politique il y a bien longtemps.

– Je n'en doute pas. Et sachez que, qu'importe la décision que vous prendrez, je ne m'y opposerai pas. Si vous voulez bien m'excuser...

Le grand homme se pencha légèrement en avant pour la saluer avec respect puis se détourna. Une fois son ami sorti, et la porte refermée, Edelgard s'autorisa à respirer. La jeune femme appuya sa tête contre ses mains, fermant ses yeux lavandes. Hubert avait souligné la solution la plus à même de remplir les dessins de l'Empereur. Mais si elle n'avait répondu à aucune des demandes en mariage, c'était parce que son cœur espérait un dénouement tout autre. Était-ce réellement un fol espoir ? Et avait-elle seulement le droit d'aspirer au bonheur, elle, qui avait mit le continent à feu et à sang et dont nombre souhaitaient voir sa tête au bout d'une pique ?

Depuis toute petite, elle avait parfaitement conscience que son statut de princesse de l'Empire la destinait à un mariage politique, à devoir partager sa vie avec un inconnu pour des raisons de pouvoir. Elle l'avait accepté et croyait que rien ne pourrait changer cela. Jusqu'à sa rencontre avec Byleth. Cette femme avait bouleversé ses plans, l'avait guidée et tirée hors des sombres abîmes auxquelles Edelgard s'était résignée. Si lors des années d'étudiante, elle mit ses sentiments sur le compte d'un béguin d'adolescente, la profonde admiration qu'elle avait toujours ressenti pour son professeur s'était transformé en amour, elle ne pouvait se soustraire à cette constatation. Si son esprit lui sermonnait de rester réaliste, son cœur ne pouvait s'empêcher de s'accrocher à l'espoir que ses sentiments soient réciproques.

Elle déplaça son fauteuil se se leva, étirant son dos accablé. Faisant quelques pas dans son bureau pour tenter de diminuer ses inquiétudes, la jeune femme fini par s'arrêter devant les fenêtres. Il était déjà si tard ? Ces compagnons devaient être en train de partager leur repas du soir au réfectoire. Pour l'instant, elle ne sentait pas d'aller les rejoindre, trop plongée dans ses pensées pour profiter de la compagnie des autres.


la suite arrive dans les prochains jours