Bonjour !
Pour ceux qui me connaissent déjà, ça faisait longtemps que j'avais pas posté quelque chose (d'autant que cette histoire n'est pas nouvelle...) Pour les autres, bienvenue dans mon univers, j'intègre ce merveilleux fandom qu'est Haikyuu! Je suis vraiment tombée amoureuse du ship qu'est le KageHina l'année dernière et j'avais trop envie d'écrire sur eux, mais je ne savais pas trop quoi. Je suis retombée sur mon histoire "Les sévices de ton pardon", qui est un AoKaga à la base et j'ai voulu le remettre au goût du jour avec ce ship que j'affectionne tout particulièrement. J'ai corrigé les fautes (dieu qu'elles étaient nombreuses OMG) et j'ai rajouté certains passages et modifié d'autres. Donc c'est la même histoire, sans être tout à fait la même. D'ailleurs, contrairement à KNB, je l'a publierais en 6 parties et non 3.
Alors je remets les TW hein, parce que c'est pas du tout devenu joyeux et family friendly, je vous préviens :Violence physique & morale, pensées suicidaires, dépression, angst, solitude.
J'ai fait une cover tout spécialement pour l'histoire, car je l'a publie aussi sur Wattpad (sous le même pseudo et le même nom), du coup j'en ai profité. J'en suis particulièrement fière, j'aime bien ce que j'ai fait. (Je viens de me rendre compte que ce site coupait la cover à la fin, on voit pas le titre en entier T-T)
Bien évidemment, les images ne m'appartiennent pas et encore moins les personnages. Seule l'histoire m'appartient.
J'ai l'impression que le fandom est un peu sur pause sur ce site, donc j'espère quand même que vous passerez un bon moment.
Je répète qu'elle est très dure psychologiquement parlant, moi-même, j'étais au bord des larmes en la réarrangeant. Pour la petite histoire, j'ai écrit cette fiction suite au visionnage du film "L'emprise" qui m'a vraiment bouleversé et prise aux tripes. Je pense que c'est un sujet dont on doit parler pour ne pas être ignorant. J'espère juste l'avoir assez bien maîtrisé, je ne me prétendrais certainement pas être la meilleure pour un tel sujet, mais il me tenait beaucoup à cœur.
Les personnages sont OOC, je ne pouvais pas faire autrement vu le sujet à traiter. Ou plutôt "les" sujets ah ah. J'espère que cela ne vous dérangera pas, car c'était compliqué de faire un Hinata ultra dynamique et excité, par exemple.
Bonne lecture !
Partie I
De fines gouttelettes d'eau s'écrasaient avec violence sur le verre, avant de continuer leur course le long du bâtiment. Hinata regardait la pluie tomber, le menton posé dans le creux de sa main, las. Ses yeux, d'un miel ambré singulier, n'exprimaient que l'ennui. Il n'avait même pas envie de rentrer chez lui.
Il savait que personne ne l'attendait et qu'une fois le pas de sa porte franchi, il allait retrouver le quotidien morne de sa vie, cloîtré entre quatre murs. Même si son chat lui apportait un peu de réconfort, il se sentait toujours seul. Il n'avait aucun but dans la vie et cela l'ennuyait profondément.
Comme s'il était destiné à être une âme perdue en quête d'action.
Il n'avait jamais vécu de réelle angoisse ; l'action le fuyait et l'amour ne l'intéressait pas. Seule la tristesse avait eu l'obligeance d'étreindre son cœur lorsqu'il s'était retrouvé orphelin, à l'âge de sept ans. La douleur s'est peu à peu ternie au fil des années, laissant le temps à l'ennui de prendre sa place. Maintenant, il regrettait de n'avoir rien eu de palpitant dans sa vie.
À aucun moment, il ne s'était senti important pour quelqu'un, comme si l'humanité cherchait à le fuir. Kenma, son meilleur ami, préférait s'enfermer dans sa bulle de silence et de sérénité, plutôt que de lui parler. Il aurait volontiers donné son âme au diable pour seulement avoir le privilège de savourer une partie de jeux vidéo entre amis.
Hinata se prenait souvent à penser que si son chat pouvait parler, sa solitude serait peut-être moins encombrante.
La sonnerie stridente le tira de ses sombres pensées. Avec des gestes las, le jeune homme rassembla ses affaires dans un sac avant de quitter la salle, ne se donnant pas la peine de saluer le professeur qu'il n'avait écouté que d'une oreille.
Une fois qu'il eut quitté l'établissement, il laissa ses yeux fatigués vagabonder sur la rue. Il n'y avait pas grand monde. Les rares passants qu'il voyait se hâtaient de rentrer chez eux, se protégeant du mieux qu'ils pouvaient de la pluie et du vent avec leur parapluie.
La pluie fouettait les cheveux roux flamboyants de Shoyo, tandis que le vent lui envoyait de l'air frais en plein visage, lui provoquant de petits frissons qu'il accepta avec délice. Si tomber malade pouvait apporter un peu de piment dans sa vie ...
Un léger grattement attira son attention. Il tourna la tête vers la droite et aperçut une silhouette qui se découpait sur le mur d'une ruelle semblant mal entretenue. L'eau qui lui tombait devant les yeux lui brouillait quelque peu la vue, si bien qu'il ne voyait pas avec précision.
Hinata s'apprêtait à continuer son chemin lorsqu'il vit la forme floue tomber à genoux. Il lui sembla entendre un gémissement provenant de cette silhouette. Il s'arrêta au beau milieu de la rue, en proie à un dilemme intérieur.
Devait-il aller voir si tout allait bien ou faire comme si de rien n'était et continuer son chemin ?
Peut-être était-ce un de ces types qui faisait partie d'un gang ; un délinquant donc. Mais en même temps, il pourrait faire partie d'un de ces gars malchanceux qui avait besoin d'aide. Le rouquin se rendit compte qu'il se mordait la lèvre lorsque le goût métallique du sang envahit sa bouche.
Il hésita encore quelques secondes avant de prendre sa décision. Il n'aurait certainement pas d'autres occasions de rendre sa vie un peu plus excitante, alors pourquoi pas ? Il avança d'un pas timide en direction de la silhouette qui avait disparue, avant de raffermir sa démarche et d'apparaître, ainsi, plus déterminé.
Il s'arrêta finalement près du mur. La pluie lui cinglait le visage, si bien qu'il eut du mal à identifier les traces présentes sur le mur au niveau de son ventre. Il écarquilla les yeux lorsqu'il réalisa que c'était du sang. Il suivit les taches. Il put apercevoir une longue traînée du liquide poisseux, ainsi que le début d'une empreinte de main.
Il longea le mur, une légère angoisse lui tordant le ventre à l'idée de ce qu'il allait découvrir. Néanmoins, une certaine excitation qu'il n'avait jamais ressentie prenait place dans son ventre, laissant le temps à l'adrénaline d'envahir lentement ses veines. Il aperçut enfin ce qu'il cherchait.
Au vu de sa carrure, il s'agissait d'un homme. Il gisait pitoyablement dans une flaque d'eau devenue écarlate. Le roux comprit rapidement que le sang provenait de lui. Ses cheveux étaient tellement sales qu'il n'arrivait pas à reconnaître leur couleur initiale. Il lui sembla qu'ils étaient courts et foncés.
Il ne s'attarda pas sur ce détail et s'approcha, craintif. Une plainte s'échappa de la bouche du jeune homme tandis qu'il essayait de se relever. Hinata prit son courage à deux mains et demanda :
« Hey mec, ça va ? »
Il se sentit stupide après cette question. Pour toute réponse, le garçon grogna. Shoyo ne put dire s'il s'agissait d'un grognement agacé ou surpris. Il s'avança encore un peu, prêt à l'aider si l'inconnu s'effondrait. Ce dernier donnait l'impression de l'avoir entendu, malgré la pluie qui se faisait de plus en plus forte, puisqu'il se tourna quelque peu pour le toiser.
Hinata s'immobilisa, les yeux rivés à l'œil visible de l'homme en face de lui, l'autre étant caché par son profil. Étonnamment, il n'eut aucun mal à le discerner, comme si la pluie formait un rideau protecteur autour d'eux, leur créant une bulle d'intimité. Son œil droit d'un bleu saphir profond le scrutait avec dureté, le clouant sur place. Cette pierre sombre le laissait pantois, il ne savait que penser. Il était sûr que ses propres yeux ne reflétaient que l'incompréhension et un certain malaise.
Mais il discerna autre chose dans sa pupille. Il crut voir de la peur refoulée, ainsi qu'un profond sentiment de douleur et de dégoût. Cependant, il ignorait les raisons de ces émotions. Tout ce qui traversa son esprit, à ce moment-là, était qu'il ne pouvait pas laisser ce garçon ici, à se tordre de douleur sous ses blessures.
« Dégage. »
La voix du jeune homme le ramena à la réalité. Dure, froide, implacable ; il parlait comme s'il n'était pas au sol. Comme s'il était en position de force. Shoyo en fut sidéré. Comment un garçon, aussi blessé soit-il et certainement d'un âge qui se rapprochait beaucoup du sien, pouvait parler avec une telle froideur, sans faille ? Le roux lui répondit, la voix légèrement tremblante due à l'intimidation que lui procurait son interlocuteur en face :
« J'peux pas te laisser là. »
Le regard du jeune homme par terre ne flancha pas, il parut même agacé. Il lui répondit, impassible :
« J'ai pas besoin de toi.
- Mais si je te laisse là, qui sait ce qui pourrait t'arriver... »
Hinata s'étranglait presque en s'imaginant laisser ce pauvre garçon seul, blessé. Il n'irait pas jusqu'à dire qu'il était sans défense. Même à terre, il était sûr qu'il pouvait gagner un combat à mains nus. Cet homme dégageait une telle force que c'était impossible pour lui de ne pas trembler. Il ne savait pas ce qui lui arrivait, depuis quand quelqu'un l'intimidait à ce point ? Lui qui se foutait de tout et qui ne rêvait que d'une chose : vivre une aventure, il ne savait pas quoi penser de cette situation.
« Rentre chez toi. »
Il ponctua sa phrase d'un grognement, alors qu'il tentait une nouvelle fois de se lever. Prenant appui sur ses bras tremblants, il hissa le haut de son corps. Seulement, c'était un trop gros effort, alors il s'effondra une nouvelle fois, heurtant le sol avec brutalité.
Hinata se précipita vers lui, la peur au ventre. Il ne pouvait pas se résigner à le laisser là, c'était au-dessus de ses forces et contre ses principes. Il s'agenouilla près de lui, tout de même un peu craintif à l'idée de ce que pourrait faire le jeune homme à la peau qu'il devinait blanche, même si les saletés sur son corps lui permettaient d'en douter. Après tout, il pouvait très bien lui sauter dessus et l'agresser, même dans son état.
« Va-t'en. »
Malgré l'insistance du garçon, la détermination d'Hinata à le sauver était sans faille. Il ouvrit la bouche et lui dit, d'une voix qu'il espérait assez ferme :
« Je vais t'emmener à l'hôpital.
- Non ! »
Le cri du garçon surprit Shoyo qui stoppa tout mouvement. L'individu lui avait agrippé le bras et le serrait tellement fort qu'il commençait à avoir mal. Il releva la tête vers lui et le rouquin lut une telle panique dans son regard que cela le déstabilisa. Ne sachant pas quoi faire, il attendit qu'il parle, ce qu'il fit quelques secondes après avoir repris son souffle :
« Ne fais pas ça, pas l'hôpital. Tout, sauf l'hôpital. S'il te plaît. »
Choqué de l'entendre le supplier, Hinata ne réagit pas tout de suite. Qu'est-ce qui poussait ce garçon à fuir les hôpitaux ? Qu'est-ce qu'il craignait ? Que lui était-il arrivé ? Il n'eut pas le temps de parler, que le jeune homme partait en avant. Il le réceptionna dans ses bras, juste avant qu'il ne s'écrase une nouvelle fois contre le sol. Il murmura, assez fort pour que le roux entende, malgré les clapotis réguliers de l'eau qui se fracasse contre le sol :
« Je t'en supplie, pas l'hôpital... »
Puis, il sombra dans l'inconscience.
« Shoyo, mais qu'est-ce que tu fous ? marmonna le rouquin, furieux contre lui-même. »
Il tournait en rond, comme un corbeau en cage, en proie à une nuée de sentiments et d'émotions que jamais auparavant il n'avait éprouvé. L'errance qu'il menait le noyait dans les profondeurs de ses pensées. L'agitation et l'affolement régnaient en maîtres. Mais, il sentait que l'exaltation prenait peu à peu sa place, l'ébranlant plus que de nécessaire.
C'était la première fois que quelque chose d'aussi fort lui arrivait. Grâce à ce garçon qu'il avait découvert agonisant et blessé, il avait pu ressentir tout un palmarès d'émotions qu'il avait depuis longtemps oublié. Néanmoins, il trouvait ça absurde que ce même garçon avait fini par atterrir chez lui, assoupi dans son canapé.
Il avait d'abord longuement hésité lorsqu'il l'avait supplié de ne pas l'emmener à l'hôpital. Mais, il avait senti une telle détresse dans la voix du garçon qu'il n'avait pas pu résister. Son cœur avait alors pris le dessus et il s'était retrouvé à porter le jeune homme sur son dos, tant bien que mal puisqu'il devait faire au moins une tête de plus que lui, la pluie l'aveuglant presque. Il était sûr qu'il avait attrapé une maladie. Tant pis, ce sera le prix à payer pour avoir été aussi fougueux.
Puis, lorsqu'il l'avait installé sur son canapé, inconscient, il s'était senti tout de suite très idiot. Qu'allait-il faire maintenant ? Il avait alors jeté un coup d'œil sur ses blessures. Il en avait quelques-unes superficielles qu'il pouvait voir à travers ses manches et son pantalon déchiré. Mais celle qui suintait le sang était située au niveau de son abdomen, sur l'aine droite.
Lorsqu'il prit la décision de le soigner, il n'avait pas pensé à la gêne que lui octroierait ce geste. Dès lors où il avait entrepris de baisser son pantalon, puis légèrement son caleçon après avoir amené le matériel de soin, il s'était tout de suite senti embarrassé, tandis que ses joues se coloraient de rose, le brûlant quelque peu, sensation qui, soit dit en passant, était inédite pour lui.
Puis, il avait soufflé un bon coup, pensant qu'il était vraiment idiot de s'embarrasser pour si peu, alors qu'il n'avait jamais réagi comme ça et que surtout, ils avaient à peu près la même morphologie, si l'on oubliait la différence de taille. Il secoua la tête et commença à faire le nécessaire, appliquant ses doigts froids sur la peau pâle du jeune homme toujours inconscient.
Il s'émerveilla de la chair de poule que la froideur de sa peau provoquait sur celle, brûlante, de son compagnon de fortune.
« Qu'est-ce que j'ai l'air con, tomber en admiration pour si peu ... Ce type me rend fou et je ne sais même pas pourquoi, c'est de plus en plus glauque, marmonna-t-il. »
Pourtant, il continua sa besogne, s'appliquant. Alors qu'il remontait le haut que portait son colocataire improvisé, il découvrit plusieurs bleus, de la taille de son poing, recouvrant une grande étendue de la peau de son ventre. Il n'osa pas remonter plus haut, ne voulant pas aller plus loin dans son intimité, d'autant plus qu'ils ne se connaissaient pas.
Néanmoins, sa curiosité était piquée à vif ; qu'avait bien pu faire ce type pour se faire battre comme ça ? Avait-il fait rentrer un délinquant chez lui ? À cette possibilité, il frissonna de peur, mais aussi d'excitation. Le danger, chose nouvelle pour lui, exerçait une attraction sur lui. Mais il savait qu'à trop s'en approcher, il finirait par succomber.
Il avait alors fini de le panser, pour se retrouver là, dans la même pièce que cet homme dont il ne connaissait même pas le nom, à attendre impatiemment qu'il se réveille. Il semblait tellement mal en point qu'Hinata se dit qu'il n'émergerait que le lendemain, étant donné que la soirée était déjà bien avancée. Cependant, il aurait aimé connaître son nom, afin de savoir qui exactement il avait fait rentrer chez lui.
Soupirant, résigné, il alla prendre une chaise qui se trouvait dans sa cuisine et l'installa près du canapé où reposait l'inconnu. Hors de question de le laisser seul dans son appartement. Il était peut-être excité et un peu étourdi à l'idée qu'un danger venait d'apparaître dans sa vie, mais pas fou au point de laisser ce même danger se balader librement dans sa demeure.
Somnolent, il attendit plusieurs heures dans la même position : la chaise retournée et lui, positionné à cheval dessus. Puis, il finit par s'endormir, se demandant si le danger qu'il avait permis d'entrer serait bénéfique ou au contraire, catastrophique.
Hinata était à moitié endormi, toujours dans la même position. Il sentait le bois rugueux de la chaise contre ses avant-bras, ainsi que l'aspect inconfortable de son positionnement. Cependant, il ne semblait pas décidé à sortir de ses songes, voulant encore profiter de ces instants de sommeil supplémentaires.
Il manqua tomber de sa chaise lorsque le bruit d'un objet se fracassant contre le sol le réveilla définitivement. Il laissa ses yeux vagabonder partout, perdu, avant de remarquer l'objet en question, qui s'avérait être une bouteille d'eau, par terre et de voir un garçon debout.
Se demandant ce que fichait un inconnu chez lui, Shoyo fronça les sourcils, avant d'ouvrir la bouche, prêt à le questionner. Mais, il s'interrompit, les yeux écarquillés. La soirée d'hier lui revint en mémoire et il se leva d'un bond, les membres endoloris. Tout en se massant la nuque, il demanda :
« Où vas-tu ?
- Je rentre. »
Son impassibilité surpris une nouvelle fois le petit roux qui le dévisagea. Il portait toujours ses habits en lambeaux et son visage crasseux était aussi sale que ses cheveux. Il n'arrivait pas à distinguer ses yeux, cachés en parti par les ombres que jouaient la lumière sur son visage. Il se rendit compte seulement maintenant que son faciès n'était pas du tout abîmé, pas même une égratignure. Une question lui vint à l'esprit.
Vivait-il dans la rue ?
Mais il ne la posa pas, jugeant cela trop indiscret. Alors que le jeune homme se détournait pour partir, la main sur la poignée de la porte, Hinata ne put résister et demanda, priant pour qu'il lui réponde :
« Qui es-tu ? »
Il avait peur que le garçon ne lui jette un regard assassin avant de s'enfuir. Mais il n'en fit rien. Il lui montra simplement son profil, se contentant de lui jeter un regard à peine intéressé, avant de souffler :
« Tobio. »
Puis, il détourna la tête avant qu'Hinata ne réagisse. Son prénom résonnait dans la tête de ce dernier. Un simple mot, son prénom, savoir son prénom, le rendait euphorique. C'était comme une victoire. Il était vraiment heureux de savoir l'identité de celui qu'il avait accueilli chez lui, à défaut de l'avoir emmené à l'hôpital.
Juste avant de franchir la porte, Tobio murmura, si bas que Shoyo crut que son ouïe était défaillante :
« Merci... Shoyo. »
Et il disparut, refermant la porte derrière lui. Hinata resta pantois quelques secondes, clignant des yeux fébrilement. Comment connaissait-il son prénom ? Il ne se rappelait pas lui avoir communiqué cette information !
Troublé, Hinata fit quelques pas en direction de sa salle de bain. C'est lorsqu'il se cogna contre le comptoir de sa cuisine qu'il se rendit compte qu'elle se trouvait de l'autre côté. Une fois arrivé devant son miroir, il constata qu'il avait les yeux bouffis de fatigue et de longs cernes. Il avait gardé les mêmes habits qu'hier, si bien qu'ils étaient tachés de sang.
Il s'était tout de même lavé les mains avant de toucher la blessure de Tobio, ne voulant pas l'infecter. Pour rien au monde il n'aurait voulu aggraver son cas, déjà qu'il s'était demandé comment réagir, n'ayant jamais eu affaire à une situation similaire auparavant.
Il prit une douche rapide, remarquant que l'heure s'écoulait rapidement. Il ne mangea qu'un bout de pain, accompagné d'un jus d'orange avant de sortir de son appartement, fermant à clé au passage. Puis, il prit le chemin de son lycée, soupirant.
L'ennui le gagnait déjà, alors même que la journée n'était pas encore commencée.
