Bonjour à tous. Cette histoire est un peu différente de ce que j'ai l'habitude de faire.
J'ai voulu essayer d'écrire une histoire en limitant au maximum les lignes de dialogues.
Ce n'était pas un travail aisé dans la mesure ou je me sers énormément des dialogues pour faire avancer mes histoires.
En voici le résultat. Je vous laisse juger.
Ce sera en trois parties. Une pour Jim Beckett, une pour Rick et une dernière pour Kate.
Temporalité : Durant la convalescence de Kate après sa blessure à la poitrine en fin de saison 3.
Comme d'habitude j'ai essayé de respecter les personnages, cela n'empêche pas qu'ils puissent être un peu hors cadre.
Partie 1 : On se place du point de vue de Jim Beckett.
En arrivant dans son immeuble, Jim Beckett récupéra le courrier accumulé durant le week-end. Il rejoignit ensuite son étage en se demandant encore une fois s'il avait bien fait de laisser sa fille toute seule. Quand Katie lui avait dit vouloir aller à la cabane qu'il possédait en dehors de l'état à sa sortie d'hôpital, Jim n'avait pas caché sa surprise. Depuis le décès de Johanna, sa fille n'avait plus voulu y mettre les pieds. Il lui avait demandé si c'était raisonnable d'aller là-bas alors que tous ses amis étaient à New York, mais elle avait insisté alors Jim avait cédé. Il avait pris des congés pour être avec elle jusqu'à tant qu'elle puisse se débrouiller seule. Cela faisait maintenant trois semaines qu'il venait chaque week-end pour s'assurer que sa fille s'en sortait et pour passer du temps avec elle.
Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre les véritables raisons de sa fille de vouloir se réfugier là-bas. Ce n'était pas pour l'attrait du calme et de la nature qu'elle avait voulu y aller, c'était pour fuir. Il connaissait sa fille et avait appris depuis longtemps qu'elle n'était pas du genre à montrer ses faiblesses. Seulement pour lui qui était son père, c'était un crève-cœur de la voir agir ainsi. De la voir repousser ses amis par peur de se monter vulnérable.
Quand il avait appris qu'elle n'avait pas parlé avec Rick ou ses collègues depuis son réveil et que même avec Lanie elle n'avait pas eu beaucoup de contact, il avait essayé de lui faire entendre raison. Seulement sa fille était trop têtue. Katie lui répétait sans cesse qu'elle allait bien, mais Jim voyait que ce n'était pas le cas. Physiquement parlant elle allait mieux. Émotionnellement parlant il était évident que ce n'était pas le cas. Elle croyait le berner, mais il n'était pas dupe. Combien de fois l'avait-il observé tandis qu'elle fixait son téléphone avec mélancolie ? Plusieurs fois, il l'avait vu écrire un message puis tout effacer avant de jeter son téléphone plus loin sur le divan par frustration avant de se déplacer avec peine pour le récupérer et se remettre à le fixer. Toujours avec ce même regard triste et apeuré. Le même regard qu'elle arborait à chaque fois qu'elle ouvrait un livre de Richard Castle pour tomber sur sa photo. Jim se trouvait tiraillé entre l'envie de laisser Katie gérer sa convalescence comme elle l'entendait et l'envie d'appeler Richard pour lui dire où trouver sa petite fille.
Arrivé chez lui, Jim déposa le courrier et rejoignit sa chambre pour s'occuper de son petit sac de voyage. Il sortit son linge sale et le mit dans le panier prévu à cet effet. Il retourna ensuite dans la cuisine et se nota sur le frigo de passer à l'appartement de sa fille pour aérer, faire un brin de ménage et lui préparer un sac avec quelques affaires et d'autres livres à lui ramener en fin de semaine. Il prit ensuite les enveloppes et prit place au salon pour les ouvrir. Il passa rapidement sur les publicités et les factures avant de tomber sur une enveloppe qui lui parut anormalement épaisse. Il l'ouvrit et en sortit un feuillet plié ainsi qu'une autre enveloppe qui ne comportait qu'un mot calligraphié dans une écriture soignée "Kate". Il laissa de côté l'enveloppe adressée à sa fille et déplia la note qui l'accompagnait.
Monsieur Beckett,
J'espère ne pas outrepasser les limites en vous écrivant cette lettre et si c'est le cas pardonnez-moi. Kate m'a dit avoir besoin de temps, qu'elle m'appellerait, mais le temps passe et je n'ai toujours aucune nouvelle. J'aimerais juste savoir si elle va bien.
Ne sachant pas si un appel de ma part serait le bienvenu autant pour Kate que pour Josh s'il est avec elle, j'ai opté pour une lettre. Je ne sais pas où Kate se trouve actuellement, elle ne l'a dit à personne, il semblerait. J'espère que vous ne m'en voudrez pas de vous l'avoir envoyé à vous pour que vous puissiez lui transmettre.
En vous remerciant par avance,
Richard Castle
Pauvre Richard pensa Jim. Cet homme n'avait pas choisi la facilité en tombant amoureux de sa fille. Parce qu'il s'agissait de ça, des deux côtés. Il était évident que Rick aimait sa fille et il ne fallait pas être devin pour comprendre que Katie partageait ses sentiments. Sa merveilleuse et au combien bornée de fille. Jim savait avoir sa part de responsabilité dans la peur de s'engager de sa fille. La manière dont il avait géré la mort de sa femme avait été pour le moins désastreuse et avait détruit par la même la part de sa fille qui croyait en l'amour. Même si aujourd'hui il avait fait son deuil et accepté la perte de Johanna, le mal était fait. Sa fille craignait ses sentiments envers l'écrivain à cause de ce qui lui était arrivé à lui et Jim ne savait pas quoi faire pour faire comprendre à sa fille que ça en valait la peine. Malgré la douleur et la tristesse engendrées par la mort de Johanna il ne regrettait pas une seule minute de son temps avec elle.
Jim prit l'enveloppe à destination de sa fille entre ses mains et se décida rapidement sur la marche à suivre. Sa fille n'aurait aucune raison de vérifier la boîte aux lettres à la cabane vu qu'il était extrêmement rare qu'il y ait quelque chose. Il ne voulait pas non plus attendre toute une semaine pour lui donner. Sa fille se morfondait déjà depuis près de sept semaines et il était indéniable que c'était la même chose du côté de Rick. Il appela donc ses patrons et demanda à avoir quelques jours. Heureusement pour lui, tout le monde dans le cabinet d'avocat où il travaillait savait que sa fille avait été grièvement blessée. Une fois les détails réglés, Jim prépara un nouveau sac avec des affaires propres et le laissa dans l'entrée pour qu'il puisse facilement le prendre le lendemain. Inutile de repartir ce soir et d'effrayer Kate en arrivant sans s'annoncer au milieu de la nuit.
Le lendemain matin, Jim fit un détour par l'appartement de sa fille et prépara un sac pour elle avec quelques vêtements et surtout des livres. Il piocha également quelques DVD dans sa collection et repartit dès qu'il eut fini. Sur la route, il n'arrêta pas de se demander comment réagirait sa fille en le voyant revenir et surtout en voyant qu'il avait une lettre de la part de Rick pour elle. Quoi que Richard ait écrit dedans, il espérait que cela inciterait sa fille à reprendre contact avec lui. Ils avaient tous les deux besoin l'un de l'autre et Jim se promit de ne pas repartir tant que sa fille ne l'aurait pas compris.
Jim aperçut sa fille avant même de sortir de la voiture. Elle avait sûrement entendu le bruit de sa voiture depuis le début de la route. Katie l'observait depuis le porche et vint à sa rencontre, les sourcils froncés pour tenter de comprendre pourquoi il était déjà de retour. Jim sortit de la voiture et récupéra les deux sacs dans son coffre avant de rejoindre sa fille. Comme il s'y attendait, ses premiers mots furent pour lui demander ce qu'il faisait là. Il lui expliqua avoir pris quelques jours pour passer plus de temps avec elle (ce qui était vrai). Kate lui fit les gros yeux en marmonnant qu'il la croyait incapable de se débrouiller seule et lui ouvrit le passage jusqu'à l'intérieur. Jim déposa son sac dans sa chambre et sortit les DVD et les livres du sac de sa fille avant de la laisser emporter le reste dans sa chambre.
Quelques instants plus tard, elle réapparut au salon le regard toujours aussi suspicieux. Connaissant sa Katie, Jim se doutait qu'elle avait très bien compris qu'il ne lui disait pas tout. Cela se confirma quand elle lui demanda la véritable raison de son retour, arguant qu'à son départ la veille au soir rien dans son attitude ne laissait présager un retour dès le lendemain. Il lui concéda qu'elle marquait un point et se dirigea vers sa chambre pour récupérer la lettre de Richard. Il revint dans l'espace de vie et lui tendit la lettre sans dire un mot. La question que sa fille s'apprêtait à poser mourut dans sa gorge dès que ses yeux se posèrent sur l'enveloppe. À n'en pas douter, Katie avait reconnu l'écriture. Elle releva des yeux interrogateurs vers lui et Jim lui expliqua que la lettre était avec son courrier. Que ne sachant pas où elle était allée pour sa convalescence, Rick lui avait envoyé à lui pour qu'il lui transmette.
Jim regarda sa fille s'asseoir sur le divan et fixer la lettre sans faire un geste pour l'ouvrir. Amusé, il s'installa sur le fauteuil en face et attendit. Quand après dix minutes il constata que sa Katie ne semblait pas décidée à faire un geste, il lui demanda si elle comptait l'ouvrir un jour. Sa fille croisa son regard et lui avoua qu'elle n'était pas certaine d'être prête à en connaître le contenu étant donné la manière dont elle lui avait parlé à son réveil. Le cœur de Jim se serra en voyant sa tristesse. Il ne savait peut-être pas ce que disait cette lettre, mais une chose était sûre pour lui, Rick ne lui avait pas écrit pour lui faire des reproches.
L'avocat posa sa main sur celle plus fine de sa fille et lui dit que plus tôt elle la lirait, mieux ce serait. Il ajouta qu'il était sûr qu'une part d'elle était curieuse de savoir pourquoi Rick avait décidé de lui écrire une lettre. Il se leva ensuite et rejoignit l'espace cuisine pour se faire du café et donner un peu d'espace à sa fille pour qu'elle puisse lire. Il l'entendit inspirer et expirer profondément avant de percevoir le bruit caractéristique d'une enveloppe qu'on ouvre et d'une feuille qu'on déplie.
Jim s'activait sur la cafetière quand il entendit la respiration hachée de sa fille. Soudain inquiet, il laissa en plan ce qu'il faisait et rejoignit Katie en quelques enjambées. Des larmes perlaient à ses yeux et certaines avaient même déjà laissé des marques sur la feuille qu'elle tenait à la main. Jim passa son bras autour des épaules de sa fille et lui parla afin de l'apaiser. Elle était encore en pleine convalescence, aussi valait-il mieux l'aider à reprendre une respiration plus calme au plus vite.
Quand sa fille réussit à reprendre le contrôle de sa respiration, Jim se releva pour aller lui chercher un verre de jus d'orange. Katie l'accepta et vida le verre à petite gorgée. La lettre de Rick était encore dans sa main comme si elle rechignait à s'en séparer. Sans un mot ensuite, Katie lui tendit. Jim regarda sa fille avec appréhension. Il n'était pas du genre à se mêler de sa vie privée. Celle-ci l'incita du regard à lire ce qui était écrit. Comprenant que c'était important et que Kate n'était pas encore en état pour lui expliquer elle-même il prit la feuille et commença à lire.
Chère Kate,
J'ai longuement hésité sur la marche à suivre, ne sachant pas si je devais faire le premier pas ou bien te laisser l'espace dont tu sembles avoir besoin. Seulement les jours passent ainsi que les semaines et je désespère d'entendre à nouveau le son de ta voix ou même de lire un message de ta part. Tu me manques. Ma partenaire me manque, ma meilleure amie me manque. Ça me tourmente de ne pas savoir si tu vas mieux, si quelqu'un est là pour prendre soin de toi. J'espère que c'est le cas, que ton père ou même Josh est près de toi en ce moment. Tout plutôt que de t'imaginer toute seule de ton côté.
Je ne sais même pas où tu es. Tout ce dont je suis sûr c'est que tu n'es pas à ton appartement, j'ai vérifié plusieurs fois. J'ai demandé aux gars et Lanie, mais ils n'en savent pas plus. J'ai quelques doutes pour Lanie, mais je suppose que tu lui as fait promettre de ne rien dire. Jusqu'à présent, je n'ai pas osé aller voir ton père, mais je lui enverrais cette lettre en espérant qu'elle te parvienne, où que tu sois allé pour ta convalescence.
Je suis désolé Kate. Tellement désolé d'avoir mis mon nez là où je n'aurais pas dû. Pardon de t'avoir forcée à rouvrir de vieilles blessures. C'était égoïste de ma part. J'aimerais dire que je ne l'ai fait que pour toi, mais pour être honnête il s'agissait plus de moi à l'époque. Tu me fascinais et en refusant mes avances lors de notre rencontre tu m'as sans le vouloir mis au défi de trouver un moyen d'arriver à mes fins. Je n'étais qu'un homme immature et arrogant à l'époque qui pensait qu'il me suffisait de rouvrir l'enquête sur ta mère et de la résoudre pour que tu finisses dans mes bras. J'ai changé à présent et cela fait bien longtemps que je veux t'aider à résoudre cette enquête uniquement pour t'apporter la paix. Seulement cela ne change pas ce que j'ai fait et les conséquences qui en ont découlés.
Comme je regrette mes choix aujourd'hui. Par ma faute, je t'ai forcée à replonger dans cette souffrance. Par ma faute, l'homme qui a tué ta mère n'a pu te donner les réponses que tu attendais. Par ma faute, Montgomery est mort. Par ma faute tu as bien failli mourir toi aussi. Si je n'avais pas forcé mon chemin dans ta vie, tu n'aurais pas à vivre avec un trou dans ta poitrine.
Si je pouvais revenir en arrière et empêcher tout ça, je le ferais sans hésiter. Si je pouvais revenir en arrière il y a tellement de choses que je ferais différemment. Mais je ne peux pas. Tout ce que je peux faire c'est te répéter à quel point je suis désolé. Désolé d'avoir provoqué tout ça. Désolé de ne pas avoir été assez rapide pour empêcher cette balle de t'atteindre.
Peut-être est-ce pour ça que je n'ai pas encore eu de tes nouvelles. Ou peut-être qu'encore une fois je ramène tout à moi et que tu as d'autres raisons pour expliquer ton silence. Je veux juste que tu saches que je ne t'en voudrais pas si tu souhaitais juste prendre tes distances avec moi. Tout ce que je demande c'est d'avoir au moins une fois de tes nouvelles mêmes si c'est pour me dire que tu ne veux plus avoir affaire à moi.
Rick
Jim releva les yeux pour voir que ceux de sa fille étaient à nouveau embués de larmes. Elle récupéra la lettre et la relut, passant ses doigts sur certains mots. Il laissa faire en silence, persuadé qu'elle finirait par parler quand elle se sentirait prête. Il profita de ce moment pour s'occuper de son café et remplir à nouveau le verre de sa fille. Katie le remercia et après avoir bu une gorgée elle le regarda et se mit à parler. Pour la première fois depuis son réveil à l'hôpital, sa fille le laissa voir toutes les émotions qu'elle avait gardées au fond d'elle. Elle lui avoua les raisons exactes pour lesquelles elle avait décidé de venir. Son cœur se contracta quand sa Katie lui expliqua que son partenaire lui avait dit qu'il l'aimait juste avant qu'elle ne perde conscience et qu'à son réveil elle avait pris peur. Que tout était bien trop confus dans sa tête, sans compter la présence de Josh et qu'elle avait été terrifiée à l'idée qu'il ne le pensait pas vraiment. Elle ne voulait pas l'ignorer aussi longtemps lui dit-elle, mais ne savait pas comment l'affronter sans tout gâcher. Katie se remit définitivement à pleurer en lui disant que Rick allait la détester à présent en sachant qu'elle lui avait menti et lui avait laissé croire qu'elle le repoussait parce qu'elle lui en voulait pour ce qui était arrivé.
Jim reprit sa fille dans ses bras une nouvelle fois et lui assura que même si Rick allait être déçu d'apprendre qu'elle lui avait menti, il comprendrait ses raisons. Il était évident que ses sentiments étaient réels, preuve en était les propos de sa lettre. D'une voix qui lui rappela sa petite Katie enfant, sa fille lui demanda ce qu'elle pouvait faire pour tout arranger. Pour Jim il n'y avait qu'une chose à faire, lui parler. Il savait que ce ne serait pas facile, mais c'était la meilleure chose à faire pour qu'ils se sentent mieux tous les deux. Plus elle attendrait et plus ce serait difficile d'y faire face.
L'avocat commençait à se dire que sa fille ne prendrait pas en compte ses conseils quand elle se leva pour récupérer son téléphone. Il la vit hésiter, se mordre la lèvre d'un geste nerveux puis taper un message. Ses mains tremblaient quand elle appuya sur la touche envoyée. Elle lui montra l'écran et Jim sourit en voyant le contenu. Le texte était court et sans fioritures. Il y avait juste une adresse. Celle de la cabane. Un destinataire, Rick.
