Coucou, si vous venez jeter un œil. J'ai regardé les premiers Scream à nouveau et j'ai eu cette idée qui m'est passée par la tète. Je l'ai fait à la façon de la série, et en plus léger. Ça m'a amusé. 😉
Comme toujours, Lisbon est la dernière à rester dans les locaux du CBI qui sont à présent déserts vu l'heure. L'agent senior termine de remplir cette éternelle paperasse, l'esprit concentré dessus. Seul son bureau est bien sûr allumé. L'obscurité qui règne chaque soir à l'intérieur du bâtiment ne l'a jamais perturbée, étant habituée. Il lui en faudrait plus pour lui flanquer une peur bleue. Alors qu'elle s'apprête à ranger ses affaires, le téléphone sonne, décrochant à la seconde sonnerie.
-Allô.
-Allô.
-Oui, je vous écoute.
-Vous êtes l'agent Teresa Lisbon?
-Oui.
La voix au bout du fil semble assez calme. Pas de quoi s'inquiéter.
-Je ne savais pas à qui d'autre m'adresser.
Puis un court silence s'installe.
-Allô? Allô? Vous êtes toujours là? Madame? ... Vous m'entendez?
-Je ne peux pas parler plus fort.
La femme se décide de répondre en chuchotant cette fois. Le visage de Lisbon exprime à ce moment son inquiétude, se disant que cette personne est sans doute en danger.
-D'accord. Pouvez-vous me dire où vous êtes?
-Je suis ... .
Les informations qui semblent être données sont inaudibles.
-Essayez de parler plus fort, je n'ai pas compris.
Malgré un petit effort, le son de la voix est trop bas. Au bout de deux ou trois secondes, la communication est coupée. Lisbon repose alors le combiné d'une manière hésitante. Le numéro étant masqué, il n'y a aucune possibilité de tracer l'appel. Elle reste alors assise dans son fauteuil, espérant que cette femme puisse rappeler. Cinq minutes plus tard, le téléphone sonne de nouveau.
-Allô? répond-t-elle le cœur battant.
Tout ce que Lisbon entend est; Je suis désolée. Et la femme semble à présent apeurée.
-Ce n'est pas grave. dit-elle posément, y allant en douceur.
-Essayez de respirer et dites-moi où vous êtes.
-Je ne peux pas. chuchote la femme d'une voix tremblante et sanglotant.
-Si vous voulez que je vous aide, vous ...
L'agent n'entend plus rien, laissant place à nouveau à un bref silence.
-Madame? Est-ce vous m'entendez? Madame?
Une inquiétude grandissante l'envahit jusqu'à ce qu'elle entende sa voix qui paraît s'être étrangement apaisée.
-Mais vous m'aidez.
Le regard de Lisbon change, se demandant si c'est un vrai appel au secours. Il y a de quoi s'interroger. Prudemment et avec méfiance, elle lui demande comment.
-En étant tout près de vous.
La crainte se devine alors dans ses yeux.
-Qui êtes-vous? demande-t-elle d'un ton ferme.
-Voyons, Teresa!
Avec froideur tout en se maîtrisant, elle repose la même question.
-Qui êtes-vous?
-Personne en particulier. Je tue le temps. .. J'ai une idée. Et si on jouait à un jeu?
-Quoi?
-Je te sens quelque peu décontenancée.
-Non. répond-t-elle, légèrement sur la défensive.
-Si tu le dis. Cependant, j'ai un conseil. Ne t'avise pas de raccrocher.
Sonnant comme une menace bien que le son de la voix ne le soit pas vraiment, Lisbon accepte de jouer, n'ayant pas le choix.
-D'accord.
-Bien! Première question. Penses-tu que tu es seule ce soir?
En l'écoutant, elle en déduit qu'elle ne l'est peut-être pas.
-J'espère que oui mais je suppose que non?
-Bonne réponse. Très futée! Félicitation! Ce n'est pas pour rien que vous supervisez une équipe.
Le ton de la femme se montre assez cordiale ainsi que très détendu bizarrement. Surement quelqu'un de fêlé en fin de compte.
-Merci. maintenant ce ton ferme. Comment le savez-vous?
Lisbon se lève alors de son fauteuil, regardant ensuite au loin depuis la vitre de son bureau. Rien à signaler de suspect apparemment. Il faut dire qu'elle ne peut pas tout voir vu son champ de vision.
-C'est moi qui pose les questions. la voix s'exprimant d'une façon plus autoritaire cette fois. Et j'en ai une autre.
A cet instant, le ton change, se montrant un peu terrifiant. Lisbon lâche le combiné et se précipite vers la porte pour la verrouiller. Son regard vérifie l'open space en écartant le store. L'espace de travail est toujours plongé dans la pénombre. Subitement, les lumières s'allument tandis que celles dans son bureau s'éteignent. Elle reprend ensuite le combiné, la respiration légèrement haletante.
-Je vous préviens que je n'hésiterai pas à faire usage de mon arme si c'est nécessaire.
Son avertissement est on ne peut plus clair. Malgré cette peur naissante face à cet éventuel danger qui semble la guetter, l'agent senior n'est pas du genre à se laisser intimider.
-Ça ne sera pas nécessaire, rassurez-vous. Mais il faut répondre à cette autre question.
-Laquelle?
-Vous devez deviner où je suis.
-Vous me vouvoyez à nouveau?
-Vous étés une femme de caractère qui ne se démonte pas. Vous savez affronter le moindre danger. Voilà pourquoi je préfère vous vouvoyez. J'admire les gens forts et courageux.
La femme semble comme culpabiliser en ayant modifié son comportement.
-Alors pourquoi vous faites ça?
-Répondez à la question.
La femme emploie alors un ton sobre afin de faire preuve de plus de sérieux sans doute.
-Je ne sais pas. A côté de l'interrupteur, dans une des salles d'interrogatoires, salle de restauration?
-Tu n'as le droit qu'à une seule question, Teresa. Si tu réponds correctement ...
Et la voix féminine se transforme en celle d'un homme au timbre normal, pas trop désagréable. La surprise est totale. Et si il la tutoie à nouveau, est-ce que ça signifie que c'est mauvais signe? Aussi?
-Tu sortiras saine et sauve des locaux du CBI. Dépêche-toi, tu n'as qu'une minute pour trouver la bonne réponse.
Les lumières dans l'open space s'éteignent à cet instant et la peur monte d'un cran. Les secondes s'écoulent et Lisbon décide de répondre qu'il doit être proche de son bureau. Au moment où elle s'apprête à donner sa réponse, un grand coup sec est donné à la porte du bureau, la faisant sursauter.
-Dommage. Tu as perdu.
Sans lui laisser le temps de réagir au téléphone à cause du piège qui lui a été tendu, soudainement, l'homme se met à rire. L'agent senior fronce les sourcils, la mâchoire déjà crispée. Ce rire semble lui être familier. Une série de trois coups fait ensuite vibrer la porte du bureau sur lequel les stores sont baissés.
-Lisbon? C'est moi, Jane.
L'agent pose alors le combiné du téléphone et avance avec prudence vers la porte.
-Jane? C'est vraiment vous?
-Qui voulez-vous que ce soit?
Elle écarte à nouveau le store et constate que c'est bien lui. Soulagée, Lisbon déverrouille la porte et l'ouvre.
-Vous allez bien?
-Non. J'ai un espèce de malade au téléphone qui joue avec mes nerfs.
Le consultant prend à son tour un air inquiet puis se dirige vers le téléphone, collant le combiné à l'oreille.
-Ça a raccroché.
Elle marche ensuite vers lui et lui prend le téléphone. Plus personne au bout du fil. La voyant un peu secouée, Jane la réconforte en la prenant dans ses bras. Une attitude peu habituelle.
-Ça va aller. Je suis là. ... Vous tremblez?
-J'ai eu très peur, je l'avoue.
-C'est fini.
Il la tapote dans le dos puis ils s'écartent l'un de l'autre. Confuse et un peu désemparée, Lisbon fait mine de reprendre son assurance.
-Demain, je demanderai à Van Pelt si il y a quand même quelque chose à trouver, minime soit-il.
-Ça ne sera pas la peine.
Le regard de sa supérieure se relève vers lui et remarque une étrange expression sur le visage du consultant. Jamais vu auparavant et angoissant. Il étire alors un grand sourire et place devant sa bouche un modulateur de voix. Un gadget certainement acheté dans un magasin de farces et attrapes ou commandé en ligne. Une démonstration est d'ailleurs faite devant elle.
-Bonsoir Lisbon.
Ses yeux s'écarquillent, furibonds.
-C'était vous?!
-Et oui. étant fier de lui.
-Espèce de salopard! Mais vous êtes complètement malade! Et si j'avais pris mon arme!
-Je savais que vous vérifieriez avant qui serait derrière la porte.
-Ça ne tourne pas rond chez vous! Vous m'avez flanqué un de ces trouilles! Si je ne me retenais pas, je ... Je suis hors de moi!
Jane grimace tant elle lui hurle dessus. Ça se comprend.
-Pourquoi avez-vous fait ça?!
-Vous vous rappelez à Halloween dernier? Quand vous avez dit que c'était une fête pour les enfants qui se faisaient peur entre eux. Que ça n'avait rien d'effrayant. Je voulais en avoir vraiment la preuve.
-Vous êtes un sadique, bon à enfermer! Vous le savez?
Il lui sourit de plus belle, encore plus fier de lui. Fou? Oui. Face à une Lisbon qui peut difficilement se radoucir, Jane replace le modulateur de voix devant sa bouche, utilisant cette même voix de femme.
-Je vous ai eue!
- J'ai une question.
-Demandez.
-Comment vous avez fait pour me jouer ce sale tour?
Il se met à nouveau à sourire, décidé à ne rien lui révéler.
-Je vous l'ai dit. C'est seulement moi qui pose les question.
-Vous ... Je vais ...
Il se met à courir, sort du bureau, suivi par Lisbon qui lui court après.
-Jane! Je me vengerai!
