TW : Lemon à la fin de ce chapitre ! Vous pouvez le passer si vous n'aimez pas ça.

36 pages pour ce chapitre !

N'hésitez pas à me donner des retours !

Quand Hermione arriva dans la Grande Salle, le lendemain, ses amis ne prirent même pas la peine de cacher leurs surprises. Premièrement, parce qu'Hermione Granger, la première de la classe, l'élève modèle, était en retard, et deuxièmement, parce qu'elle avait des cernes énormes qui encerclaient ses yeux injectés de sang et le teint pâle. Ron, bouche-bée, se décala d'une place pour qu'elle puisse s'asseoir.

"Hermione ? Que s'est-il passé ?" demanda Ginny, son toast beurré en chemin entre son assiette et sa bouche.

"Quoi donc ?"

Elle voulut faire semblant de ne pas voir l'évident, mais sa voix éraillée la trahit. Elle toussa un peu et Ginny lui servit un grand verre de jus de citrouille pour faire passer sa toux. Hermione le but d'une traite, et ce geste lui rappela le shot qu'elle avait pris la veille, ce qui lui donna la nausée.

"Tu as passé la nuit avec Graup ?" demanda Harry, ce qui fit rire Ron, et un peu Hermione.

"Non, j'ai fait une insomnie et j'ai lu pour passer le temps." mentit Hermione.

Heureusement, ses amis n'émettèrent aucune remarque, son mensonge n'était pas si choquant que ça. Quand ils retournèrent à leurs conversations respectives, Hermione se risqua à jeter un coup d'œil vers la table des Serpentards, et vit Drago, au loin. Même s'il ne la regardait pas, son cœur fit un léger bond dans sa poitrine quand elle se rappela ce qu'ils avaient fait, la veille, dans la salle de classe. Le blond mangeait son petit déjeuner, penché au-dessus de son assiette, et semblait lire un journal. Pansy était à côté de lui, et malgré le fait qu'elle ai bu le triple d'Hermione, elle paraissait complètement normale et reposée.

Hermione se resservit du jus de citrouille et une tranche de gâteau à la myrtille, mais elle n'avait aucun appétit. Son ventre se tordait dès qu'elle regardait le petit déjeuner autour d'elle, et elle fut soulagée quand Ron et Harry se levèrent de table pour aller en cours. Harry regarda l'assiette encore pleine d'Hermione et lui lança un regard plein de compassion :

"Tu n'as même pas eu le temps de manger…"

"Ça ne fait rien, je n'ai pas très faim."

"Tu ne te sens pas très bien." fit remarquer Ron, spécialiste des commentaires évidents. "Tu ne devrais pas aller en cours et en profiter pour te reposer."

En réalité, Hermione y avait pensé, mais elle n'aurait jamais osé le faire. Rater un cours aurait été une abomination pour elle.

"Non, non, ça va aller."

"A ta place, je l'aurais fait." dit Ron en bâillant. "En plus, on a cours d'Histoire de la Magie, le cours le moins intéressant du monde."

Hermione, pour une fois, ne releva pas. Elle n'avait tout simplement pas la force de débattre avec Ron sur l'importance de ce cours, surtout qu'elle n'avait aucune envie d'y participer, pour une fois. Mais admettre à Harry et Ron qu'elle avait la gueule de bois était inimaginable, alors, elle se contenta de marcher en traînant des pieds, et à s'asseoir à son pupitre habituel au premier rang.

Au déjeuner, Hermione avait toujours mal au ventre, et ne put rien avaler. Le matin-même, dans sa chambre, elle avait regardé dans plusieurs livres pour essayer de trouver un sortilège pour contrer les effets, mais elle n'avait évidemment rien trouvé dans ses livres et ses manuels. Il fallait dire que ce n'était pas un sujet très répandu dans les récits de sorciers, et elle n'avait donc rien trouvé. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle elle était arrivée en retard au petit-déjeuner, et le fait que ses recherches n'aboutissaient à rien la frustrait énormément. Harry, Ron et elle avaient une longue pause entre les cours du matin et le cours de Potions, alors, elle s'éclipsa discrètement en inventant un devoir qu'elle devait corriger pour se rendre à la Bibliothèque. Elle fouilla plusieurs rayons, surtout spécialisés en Médicomagie en vain, elle feuilleta rapidement un livre intitulé "Plantes et racines qui soignent", et le referma en soupirant. Après une bonne demie-heure de recherches, elle ne trouva rien pour l'aider, et le cours de Potions allait bientôt commencer. Elle hésita à demander à Mrs Pince, mais le rouge lui monta aux joues rien que d'imaginer demander à la bibliothèque où elle pourrait trouver un sort pour contrer une soirée trop arrosée. Elle pourrait probablement se faire expulser !

Au moment où elle abandonna et décida de rester comme ça toute la journée, elle tourna les talons pour sortir de la Bibliothèque et tomba nez à nez avec Zabini, adossé contre le rayon de livres dans lequel Hermione se trouvait, les bras croisés.

"On cherche quelque chose, Granger ?"

Hermione regarda autour d'elle pour vérifier que personne n'avait entendu le garçon parler. La dernière chose dont elle avait besoin était d'expliquer pourquoi elle parlait avec Blaise Zabini.

"Non, mais merci."

"Allez, demande-le moi."

Hermione fronça les sourcils, mais Blaise avait un grand sourire, qui faisait ressortir ses dents blanches. Elle hésita quelques secondes, mais le sourire du Serpentard la poussa à lui demander de l'aider.

"Je pense qu'avec la tête que j'ai, je n'ai pas besoin de m'expliquer."

Blaise hocha la tête négativement, toujours en souriant :

"Mais non, Hermione, tu es tout le temps belle, même après une soirée à te déchirer la gueule."

"Chut, Blaise !"

Elle regarda encore une fois autour d'elle et Blaise se moqua d'elle :

"Il n'y a personne, Granger, on est lundi midi."

"On ne sait jamais ! Maintenant, dis le moi, au lieu de te moquer de moi."

Blaise ricana encore, et la brune faillit partir tellement elle était gênée. Mais, finalement, Zabini se rapprocha d'elle, et au lieu de lui donner le nom du sort, il sortit sa baguette et la pointa sur Hermione, avant de prononcer distinctement :

"Illita sanare"

Aussitôt, Hermione sentit son ventre se décontracter, son mal de tête cessa, et ses yeux arrêtèrent de picoter. Les effets du sort se consumèrent en elle, et Hermione écarquilla les yeux.

"Pas mal, hein ?" dit Blaise, fier de lui.

"Je ne connais pas ce sort."

Il fit semblant d'être choqué :

"Quoi ? Tu veux dire qu'Hermione Granger ne sait pas quelque chose du monde des sorciers ? Appelez la Gazette des Sorciers, vite !"

Elle ne put s'empêcher de rire. Il continua, tout en s'adossant sur le rayon, un peu plus près d'elle :

"Il faut dire que ça m'aurait étonné que tu puisses te soigner d'une gueule de bois. Tu n'as pas l'air de boire souvent."

"Non, en effet."

C'était même un euphémisme, Hermione n'avait jamais bu autant d'alcool en l'espace d'un week-end que dans toute sa vie.

"En tout cas, je voulais te remercier d'être venue à la fête, c'était sympa d'avoir une nouvelle tête parmi nous. J'espère que tu seras encore là le week-end prochain."

"J'en doute fort. Mais je suis agréablement surprise de l'accueil que j'ai reçu de la part des Serpentards. Vous êtes bien différents que dans les couloirs de Poudlard, quand vous êtes chez vous."

"C'est parce qu'on fait semblant, Hermione. Le truc de nés-moldus, c'est pour se donner un genre, mais en réalité, quand on est en privé, on s'en fout. C'est juste pour ressembler à nos parents. Si tu apprenais à connaître Pansy ou Drago, je suis sûre que tu pourrais même être amie avec eux."

Hermione faillit rigoler face à l'ironie de la situation. Apprendre à connaître Drago, c'est effectivement ce qu'elle avait fait ce week-end, c'était le moins que l'on puisse dire. Devenir amie avec lui, par contre, pas vraiment. Blaise continua sur sa lancée, de sa voix grave et posée :

"Après, si ça avait été Harry Potter qui se serait assis dans le canapé avec nous pour jouer à Action ou Vérité, je pense qu'on aurait pas réagi pareil. Mais toi, t'es cool, je vois pas pourquoi on te ferait chier. Y avait plein de nés-moldus à la soirée d'hier."

Il haussa les épaules, l'air de dire que cette préoccupation n'en était pas vraiment une. Cela rassura Hermione, déjà de l'entendre dire "nés-moldus" et non pas "Sang de Bourbe", mais aussi de voir qu'il pouvait être vraiment amical, et pas le petit chien de Drago qui approuve tout ce qu'il dit comme elle aurait pu l'imaginer. Elle ignora la remarque sur son meilleur ami et lui lança un sourire, auquel il répondit.

"Allez, viens, on va être en retard au cours de Potions."

Hermione sortit de la Bibliothèque, avec Blaise à ses côtés. Ils ne parlaient plus, mais Hermione ne pouvait s'empêcher de stresser, elle était en train de marcher avec un Serpentard ! Elle imagina la tête de Ron et d'Harry quand elle arriverait devant les cachots avec lui. Heureusement pour elle, il rejoignit peu de temps avant son groupe d'amis composé de Pansy, Théo Nott, Millicent Bulstrode et Daphné Greengrass. Pansy lui jeta d'ailleurs un regard froid.

Elle arriva devant le cours de Potions et retrouva Harry et Ron, et ils s'assirent à leurs places habituelles. Hermione devait avouer qu'elle était un peu excitée d'assister au cours de Potions, non pas pour le cours en lui-même, mais pour voir Drago. Elle essayait de ne pas y prêter beaucoup d'attention, mais au fond d'elle, elle attendait de le voir avec impatience. Le cours commença, et pendant les dix premières minutes, Hermione feigna d'écouter ce que disait le professeur Slughorn sur l'antidote de la Potion de Ratatinage et jetait des petits coups d'œil vers la porte d'entrée. Mais, elle comprit rapidement que Drago ne viendrait pas. Elle se ratatina dans son siège et essaya vivement de ne pas afficher une mine déçue. Était-elle aussi malade qu'elle? Non, impossible, il devait forcément connaître les sorts pour se remettre en forme, s'il faisait des fêtes comme ça tous les soirs. En plus, il paraissait parfaitement bien ce matin, à la table du petit déjeuner. Il l'avait seulement royalement ignorée. Elle se retourna une dernière fois vers la porte, mais elle croisa le regard amer de Pansy, ce qui l'empêcha de se retourner pendant tout le reste du cours.

Toute la semaine se déroula de cette manière. Le peu de fois où elle croisa Drago, dans les couloirs, en cours ou dans la Grande Salle, il l'ignorait complètement. C'était comme s'il ne s'était rien passé entre eux, il agissait de la même manière qu'au début de l'année. C'était même encore pire, parce que d'habitude, il lâchait quelques insultes à Harry et Ron, et là, plus rien. Non pas qu'Hermione aurait aimé l'entendre insulter ses amis, au contraire, mais elle aurait aimé le moindre signe qui prouvait qu'ils s'étaient embrassés, le dimanche soir.

Le mercredi, elle le regarda discrètement dans la serre du cours de Botanique, mais il ne lui adressa pas le moindre regard. Le jeudi, elle avait oublié la sensation des lèvres sur les siennes, de la passion entre eux quand elle lui avait tiré les cheveux, tout s'évaporait doucement. Le vendredi, elle était persuadée d'avoir rêvé. Tout ce qu'il s'était passé entre elle et Drago le week-end dernier devait être une hallucination, un rêve éveillé qui lui paraissait tellement lointain.

Pendant le petit-déjeuner, le vendredi, Ron lui adressa un regard plein d'inquiétude, et se tourna vers Harry qui soupira et toussa légèrement pour qu'elle lève la tête dans sa direction.

"Hermione, es-tu sûre que ça va ?"

"Oui, pourquoi ?"

Les deux garçons échangèrent un regard lourd de sens. Ils en avaient probablement déjà parlé avant. Harry se lança de nouveau, l'air gêné :

"Tu n'as pratiquement pas parlé de la semaine. Tu es un peu étrange en ce moment, tu as l'air vraiment épuisée."

"Quelque chose te tracasse ?" demanda Ron, un pli soucieux entre ses deux sourcils.

"Non, je suis juste un peu malade, c'est tout. J'ai du mal à dormir." mentit Hermione en faisant tourner sa cuillère dans son porridge, sans pour autant le manger.

"Mais tu ne manges rien." insista Ron en pointant du doigt son petit déjeuner assez pathétique. "Et tu n'as pas du tout l'air motivée par les cours, ce qui ne te ressemble pas du tout."

Harry acquiesça. Hermione inspira profondément et tenta de leur faire un sourire.

"C'est très gentil de vous inquiéter pour moi, les garçons, mais vraiment, je vais bien."

Ils ne parurent pas satisfaits de cette réponse, mais Ron lui fit un petit sourire, et heureusement, ce fut à ce moment-là que des centaines de chouettes apparurent dans la Grande Salle pour distribuer le courrier. Harry, comme tous les matins, reçut la Gazette du Sorcier, et s'empressa de le déplier pendant que Ron lisait les titres par-dessus son épaule. Un hibou brun qu'Hermione ne connaissait pas vola un peu à côté d'elle, et lâcha une lettre, ce qui renversa un peu son porridge sur sa table. Pendant que le hibou se servit dedans en guise de pourboire, Hermione déplia la lettre de ses parents et la lut silencieusement. L'écriture rassurante de sa mère qui lui racontait l'incident au cabinet de dentiste de son père lui remit du baume au cœur, et à la fin de la lettre, elle ébaucha son premier vrai sourire de la semaine.

Ils se rendirent en cours de Potions tous les trois. Hermione voulut se forcer à lancer la conversation dans le trio pour montrer à ses deux meilleurs amis qu'elle allait bien, mais elle ne trouvait rien de pertinent et laissa les deux garçons discuter entre eux. Elle prit soin d'ignorer tous les regards des Serpentards quand elle entra dans la classe, et s'assit à sa place habituelle, sur l'une des tables de travaux pratiques de Potions. Le professeur Slughorn arriva quelques minutes après, un tas de livres poussiéreux dans les bras, et leur adressa un rapide bonjour. Puis, il posa un chaudron fumant devant chaque personne, et Hermione reconnut sans mal la potion d'Amortentia, qu'ils avaient déjà étudiée. Il posa un couvercle sur le chaudron et commença le cours :

"Bien, aujourd'hui, nous allons de nouveau revoir les propriétés de la potion d'Amortentia. Vous pouvez la reconnaître aisément à sa couleur rose étincelante. Nous n'allons pas essayer de la recopier, car ça pourrait devenir très dangereux de posséder ce genre de potion, mais cependant, nous pouvons nous intéresser aux ingrédients qui la composent. Nous allons essayer, tous ensemble, de deviner la recette de cette potion juste en l'observant."

Le professeur tapa des mains, heureux de proposer ce genre d'exercice. La classe n'affichait pas vraiment la même euphorie, mais il s'en contenta et demanda aux élèves

"En premier lieu, qui pourrait nous indiquer ce qu'il ou elle sent dans le chaudron ?"

Un gros silence tomba dans la salle, perturbé par le bruit des bulles que produisaient les chaudrons sur les tables. Personne ne leva la main, et elle vit que Ron faisait semblant d'être intéressé soudainement par l'architecture de la salle de classe autour de lui pour éviter le regard du professeur. Elle soupira, et se proposa en levant la main, comme à son habitude.

"Ah ! Miss Granger !"

Il parut soulagé que quelqu'un se désigne, bien que les autres élèves ne furent absolument pas choqués de l'intervention d'Hermione : c'était elle qui participait toujours.

Elle se rapprocha du chaudron au milieu de la table, et souleva précautionneusement le couvercle. Les effluves rosées qui en sortirent lui firent fermer les yeux un instant, et elle se concentra pour reconnaître les odeurs qui lui parvenait :

"Je sens… l'odeur des livres usés, le feu de cheminée, et…"

Elle se concentra sur la troisième odeur, et tout à coup, elle ouvrit grand les yeux. Les mots se bousculèrent, elle bégaya et inventa quelque chose :

"Et l'odeur des tartes aux pommes de ma maman."

Elle se recula, elle sentait le rouge lui cramer les joues. Sans s'en rendre compte, elle jeta un coup d'œil vers Drago, intentionnellement, et ce dernier la fixait. C'était la première fois qu'il daignait poser son regard sur elle en une semaine. Il n'avait pas d'expression sur son visage, mais ses yeux gris étaient curieux, et ils la transpercèrent de l'autre bout de la salle. Elle détourna la tête et essaya d'écouter ce que disait le professeur, en vain. Elle remarqua que ses mains tremblaient, et heureusement, Slughorn reposa le couvercle sur le chaudron.

L'odeur de la pomme verte se dissipa immédiatement.

Pendant tout le reste du cours, Hermione garda la tête baissée sur son manuel et son chaudron. Elle ne leva plus la main, comme si, si elle parlait, toute la classe pourrait savoir qu'elle avait senti l'odeur de Drago Malefoy dans son Amortentia. Finalement, le professeur Slughorn invita les élèves à sortir, et ce fut avec soulagement qu'Hermione quitta la salle de classe pleine de tension pour se réfugier dans la Grande Salle pour le déjeuner.

Le reste de la journée se déroula comme la semaine passée, c'est-à-dire, plus aucun regard de la part de Drago, et Hermione décida qu'il en était mieux ainsi. Elle détestait sa propre personne qui attendait un signe de lui. Elle ne se reconnaissait pas, elle avait l'air complètement désespérée, et elle ne pouvait pas supporter de se dire que c'était à cause d'un garçon. Elle préféra placer ce week-end comme une bulle dans le temps, très étrange, presque irréelle, et se concentrer plutôt sur ses amis et ses études.

Peut-être que dans quelques années, lors d'une soirée arrosée au Terrier ou au Chaudron baveur, Hermione avouera avoir embrassé Drago Malefoy, ce qui choquera certainement Harry, fera bouder Ron, amusera beaucoup les jumeaux, et elle sera forcée de livrer tous les détails à Ginny.

Après le cours de Sortilèges, le reste de l'après-midi du vendredi était libre. Hermione annonça aux garçons qu'elle allait se rendre à la Bibliothèque pour travailler, ce à quoi Harry lui proposa :

"Est ce que je peux t'accompagner ? Je dois finir mon devoir de Divination."

"Bien sûr." dit Hermione avec un sourire. "Ron, tu nous rejoins ?"

"Certainement pas ! Je préfère aller faire du Quidditch."

"Mais Ron, il fait moins -4° dehors."

"Je préfère ça plutôt que de faire ma dissertation de Divination !" dit Ron en s'éloignant déjà. "Bon courage !"

Hermione leva les yeux au ciel avec un sourire amusé, et ils se dirigèrent vers la Bibliothèque. Harry se dirigea vers la table préférée d'Hermione, qu'il connaissait bien depuis toutes ces années. Hermione ouvrit son manuel de Défenses contre les Forces du mal pour réviser le programme et Harry sortit un parchemin froissé et une plume cassée. Elle contint tout son mental pour ne pas faire une remarque aux affaires désordonnées d'Harry et s'attella à sa tâche. Harry se passait régulièrement une main dans les cheveux, et soupirait de temps en temps en jetant une boule de parchemins par terre. Du coin de l'oeil, Hermione vit qu'il avait son manuel de Divination ouvert devant lui, où l'on pouvait voir différentes planètes, ce qui fit ricaner Hermione. C'était vraiment la matière la plus inutile qu'il soit. Mais, évidemment, elle posa son manuel et essaya d'aider Harry à aligner correctement ses prédictions sur son parchemin.

A un moment, Hermione releva la tête du parchemin d'Harry et vit Ginny se diriger vers eux. Cette dernière fit un léger bonjour de la tête à Harry, se pencha sur la table entre eux deux et demanda à Hermione en chuchotant :

"Mione, est ce que tu aurais un livre à me conseiller sur les sorts de protection? Je dois réviser pour mes BUSES mais je n'ai aucune idée du livre à emprunter pour mes révisions."

Hermione remarqua alors que derrière le corps penché de Ginny, Harry avait les yeux écarquillés, comme s'il venait de se rendre compte de quelque chose de très choquant. Sa plume tomba entre ses doigts et s'écrasa sur son parchemin. Ginny ne vit pas le changement soudain d'expression d'Harry, et Hermione décida d'attendre qu'elle parte pour lui demander pourquoi.

"Oui, tu peux prendre Sortilèges efficaces de défense", il est juste à ta gauche sur la quatrième rangée."

"Merci, t'es la meilleure."

La rousse leur fit un au revoir de la main avant de se diriger vers le rayon pour emprunter le livre conseillé. Après que Mrs Pince eut tamponné son livre et que Ginny quitta la Bibliothèque, Harry expira brutalement, mais ses yeux étaient encore agrandis par la surprise.

"Harry ? Que s'est-il passé ?" demanda Hermione dans un murmure.

Harry tourna son visage vers elle, tout pâle :

"Hermione, je viens de réaliser quelque chose."

"Oui, j'ai cru comprendre ?"

Elle fit signe au garçon de poursuivre.

"Tout à l'heure, devant l'Amortentia, il y avait une odeur que je ne reconnaissais pas. Elle me plaisait énormément, mais je n'arrivais pas à remettre le doigt sur l'endroit où je l'avais senti. Et je viens de comprendre… c'est le parfum de Ginny !"

Hermione écarquilla les yeux à son tour. Évidemment, elle savait qu'Harry avait des sentiments pour Ginny, c'était assez évident, mais c'était la première fois qu'il lui en parlait.

"Vraiment ?"

"Oui ! Ca sentait les fleurs du jardin du Terrier, à l'arrière de la maison, celles qui sont rouges pendant l'été et bleues pendant l'hiver. Je viens de réaliser que Ginny les utilise pour en mettre dans son parfum !"

Ses yeux se brouillèrent et il fut visiblement projeté dans ses pensées et ses souvenirs. Il avait les sourcils froncés et regardait dans le vide. Hermione se mordit la lèvre.

Elle pourrait lui raconter, pour l'odeur qu'elle avait senti, elle. L'odeur de la pomme verte légèrement aromatisée, la même que dans le cou de Drago et dans son lit le matin… Elle regarda son meilleur ami, toujours perdu dans ses pensées, et s'apprêta à lui dire, mais fut stoppée dans son élan. Elle n'y arrivait pas. Il avait réussi à se confier à elle sans aucun problème, sans aucune gêne, mais pour Hermione, lui raconter ce qu'il s'était passé le week-end dernier était inenvisageable. Elle referma la bouche, honteuse.

Hermione racontait tout à Harry. Elle lui avait dit, pour son baiser avec Fred, c'était d'ailleurs la seule personne à qui elle l'avait raconté. Excepté pour Drago, mais elle préféra ne pas y penser. Pourquoi n'arrivait-elle pas à le raconter, maintenant ?

Harry finit par sortir de sa transe et lui lança un regard un peu désemparé. Cette dernière tenta de le rassurer tant bien que mal, mais Harry avait trop peur de la réaction probable de Ron pour tenter la moindre chose, ce qu'Hermione comprenait. Ils passèrent un peu de temps à parler de Ginny, en chuchotant, avant de replonger la tête dans leurs manuels, même si Harry avait l'air très déconcentré.

Après le dîner, Hermione, Harry et Ron rentrèrent dans la Salle Commune. Ils s'assirent tous les trois dans leur canapé préféré, celui en face de la cheminée, et discutèrent un peu. Tandis que Ron racontait quelque chose à Harry concernant la séance d'entraînement de Quidditch un peu plus tôt, Hermione sortit un des livres de son sac et l'ouvrit à la première page. Beaucoup de ses amis de Gryffondor considéraient Hermione comme une grande lectrice, ce qu'elle était. Mais peu de gens savaient que ce qu'elle aimait vraiment, c'était les romans. D'aventure, de romance, d'histoire, peu importe, ce qu'elle aimait le plus, c'était tomber dans une histoire, or, tout le monde pensait qu'elle s'amusait à lire des manuels et des encyclopédies. Ron et Harry étaient les seuls à comprendre son besoin de lecture, grâce aux années passées ensemble, ils avaient appris que si Hermione ne lisait pas assez, elle devenait de mauvaise humeur, ce qui les faisait beaucoup rire.

Ainsi, Hermione se plongea dans sa lecture. Elle avait déjà vu ce livre plusieurs fois sur l'étagère de la Bibliothèque sans jamais l'emprunter, mais une fois qu'elle était dedans, elle ne put plus s'arrêter. C'était passionnant, elle s'attacha rapidement aux personnages et à l'aventure à laquelle ils étaient confrontés. Elle dû s'arracher des lignes devant elle pour regarder Ron enfiler un blouson assez chaud.

"Ta ronde sera bientôt finie, Ron. En plus, tu es avec Justin." dit-elle avec un ton rassurant.

"Mouais, j'aurais préféré que ce soit toi, c'est toujours plus divertissant que Justin qui parle des cours." dit-il. "Quoique, toi aussi." Puis, il ajouta : "Mais bon, c'est vrai que je dois m'estimer heureux de ne pas être tombé sur cette conne de Parkinson."

Hermione rougit légèrement en entendant cela, hocha la tête et fit semblant de relire à nouveau. Elle repensa à Pansy, avec sa chemise blanche trop grande qui embrassait Drago à pleine bouche devant elle. Elle secoua la tête : ces images devaient définitivement quitter sa tête.

Ron sortit de la Salle Commune pour commencer sa ronde de préfet, et Harry resta sur le canapé à côté d'elle. Hermione vit qu'il était aussi en train de lire un manuel de potions abîmé, l'air très concentré. Elle posa, dans un geste habituel, ses jambes sur les genoux d'Harry pour être plus confortable dans le canapé, et il posa son manuel sur les cuisses d'Hermione pour le lire plus facilement. Le feu de cheminée était allumé devant eux, qui réchauffait gentiment leurs visages et leurs mains, et Hermione soupira de bonheur. C'était ça, ses soirées préférées. Lire un bon roman, entourée d'Harry ou de Ron, sur un canapé de Gryffondor devant un feu de cheminée qui crépitait à côté d'eux.

Elle replongea dans sa lecture et plus rien ne la dérangea à partir de là. Au bout d'un certain temps, Harry lui souhaita une bonne nuit en se levant, et étala une couverture du canapé sur elle pour ne pas qu'elle ait trop froid. Elle lui fit un signe de la main, sans quitter les lignes des yeux, et il partit se coucher.

Peu de temps après, le tableau de la Grosse Dame qui pivota stoppa quelques secondes la transe d'Hermione. Elle leva les yeux de son livre et elle remarqua que la Salle Commune était vide. Elle ne s'était pas rendue compte que tout le monde était déjà parti se coucher, mais elle n'en fut pas surprise car elle savait à quel point la lecture lui faisait perdre la notion du temps. Ron entra dans la Salle Commune, vit Hermione et eut un petit rire :

"Mione ! Qu'est ce que tu fais encore debout ?"

Il s'approcha d'elle, elle vit qu'il avait froid parce qu'il se frictionnait les bras à travers son blouson épais.

"Euh, je…"

"Tu lisais." dit-il avec un sourire. "Tu n'as même pas remarqué que le feu s'était éteint ?"

Hermione détourna le regard sur le feu, ou du moins ce qu'il en restait, c'est-à-dire un petit tas de cendres volantes.

"Non." admit-t-elle.

Ron s'assit sur le canapé et se pencha vers l'antre de la cheminée. Elle ne vit pas ce qu'il fit, mais quand il se releva, le feu était reparti et il remit sa baguette dans sa poche.

"Ah, enfin ! Il fait tellement froid dans les couloirs du château, j'ai cru que la ronde n'allait jamais se finir." s'exclama-t-il.

Hermione lui proposa de se mettre sous sa couverture, et il accepta, s'emmitouflant dedans comme un enfant. Il prit les jambes d'Hermione et les posa sur ses propres jambes, comme Harry un peu plus tôt. Ron plaça ses mains devant le feu pour les réchauffer et regarda rapidement le livre d'Hermione sur ses genoux :

"Alors, de quoi ça parle, ton livre ?"

Hermione lui raconta tout, sur l'intrigue, les personnages, et ses propres théories sur la fin du livre. Ron écoutait tout, attentif, comme toujours. Il ne sembla pas étonné qu'Hermione ait déjà lu 400 pages en une soirée.

Ron aimait beaucoup charrier Hermione sur ses lectures, mais en réalité, il adorait quand elle lui racontait en détails une histoire qu'elle aimait bien. A la fin de son récit, Ron hocha la tête avec un sourire :

"Ça a l'air bien ! J'ai hâte que tu me racontes la fin demain."

Elle approuva, avide de finir sa lecture. Ron et elle discutèrent un peu devant le feu, le temps qu'il se réchauffe avant d'aller se coucher. Après une bonne demi-heure, il s'étira et lui demanda :

"Tu vas te coucher aussi ?"

Elle fit un signe de tête négatif et Ron éclata de rire :

"Ça ne m'étonne pas. Moi, j'y vais, je suis trop fatigué. Bonne nuit Mione."

Il lui fit un rapide baiser sur le front, souleva la couverture pour s'en extirper et monta les escaliers qui menaient aux dortoirs.

Hermione continua de lire, mais elle sentait la fatigue monter et se demanda si elle n'allait pas plutôt aller se coucher à son tour. Il devait être un peu plus de minuit quand elle entendit soudain des éclats de voix, dans les couloirs. Elle arrêta de lire et essaya de tendre l'oreille pour comprendre ce que les personnes disaient, mais elle ne pouvait pas entendre les mots distinctement à cause des murs trop épais. Elle se concentra sur les voix, qu'elle ne reconnaissait pas.

Qui pouvait donc faire autant de bruit, un vendredi soir à minuit passé ? Hermione secoua la tête, essayant d'ignorer les cris, mais il était impossible pour elle de se concentrer sur son livre à présent. Exaspérée, elle se leva, bien décidée à punir les élèves devant la Salle Commune qui traînaient dans les couloirs à cette heure-ci.

Le tableau pivota un peu pour la laisser passer. Elle sortit dans le couloir, et au début, ne vit rien, elle entendait juste des mots incompréhensibles. Hermione dut s'habituer à l'obscurité brutale du château, et au froid, et enfin, elle le vit.

Il n'y avait en réalité qu'une seule personne, un grand blond aux yeux gris. Le cœur d'Hermione fit un léger saut dans sa poitrine quand elle le vit, mais la colère qu'elle ressentait pour la personne qui l'avait dérangée dans sa lecture redoubla quand elle comprit que Drago était la source du bruit.

Elle se rapprocha de lui, vraiment agacée. Il portait sa chemise de Serpentard qui était très mal ajustée, un pantalon noir et sa cravate était de travers. Elle ne remarqua qu'à cet instant que ses yeux étaient injectés de sang. Il criait des phrases dénuées de sens, les mains s'agitant dans l'air, amusé par la situation.

"Drago ? Que fais-tu là ?" demanda-t-elle.

Il réalisa enfin qui était en face de lui. Il arrêta de crier et afficha un immense sourire sur son visage :

"Granger ! Quel pla-plaisir, de te voir en-fin ! Tu faisais quoi là haut ?"

Elle écarquilla les yeux. Le garçon en face d'elle n'avait rien à voir avec celui au calme olympien, dans le canapé des Serpentards la semaine précédente. Celui-là titubait, s'agitait dans tous les sens, et n'arrivait pas à concentrer son regard sur une chose à la fois.

"Drago, tu es bourré ?" demanda-t-elle dans un souffle, choquée.

Ce dernier ne la regarda pas du tout dans les yeux quand il balaya sa phrase d'un geste de la main :

"Mais non ! Enfin un peu. Mais ça va ! Faut un peu te lâcher, Granger !"

Hermione n'en revenait pas. Elle n'avait jamais vu Drago bourré, et d'ailleurs, elle n'avait jamais vu quelqu'un aussi alcoolisé de toute sa vie.

"Je pense que tu devrais retourner dans ton dortoir."

"Pourquoi ça?" dit-il, hilare.

"Parce que tu n'es clairement pas dans ton état normal. Tu as besoin de décuver."

Elle insista sur le mot "décuver" pour qu'il comprenne son propre état, mais Drago s'éloigna d'elle brutalement, comme pour ne plus entendre ce qu'elle disait, en criant :

"Mais non voyons, c'est mon état normal ça !"

Il se retourna, à l'autre bout du couloir, et afficha un sourire mauvais. Hermione ne savait plus quoi faire, elle ne pensait pas du tout devoir gérer ça en sortant de la Salle Commune, les mots se bousculaient dans sa tête, mais elle ne voulait pas montrer à Drago à quel point son ivresse la mettait mal à l'aise.

"Dans ce cas, je vais devoir te mettre une retenue. Tu as interdiction de te balader dans les couloirs à cette heure-ci, et encore moins dans cet.."

"Oh, Granger !" coupa-t-il. "Tu vas pas me la faire, celle-là. Je suis aussi préfet, j'te rappelle. Et en plus, t'es mal placée pour parler de se balader tard dans les couloirs."

Il lui fit un gros clin d'oeil plein de sous-entendus qu'Hermione préféra ignorer. Elle sentait la colère monter en elle, mais en même temps, elle savait que s'énerver contre lui ne servirait à rien, parce qu'il avait l'air complètement dans les vapes. Elle se pinça l'arête du nez pour essayer de se calmer, et quand elle releva la tête, elle vit avec effarement que Drago venait de sortir une bouteille brune de sa poche arrière et s'apprêtait à en prendre une gorgée au goulot.

"Non, Drago !"

Le blond ricana et but une longue gorgée. Le liquide ne sembla même pas le brûler, ou même lui procurer la moindre sensation. Il essuya le liquide autour de sa bouche avec sa manche de chemise et sourit.

"Quoi ? J'ai pas le droit ?"

Hermione ne savait pas quoi faire. Elle observa le garçon boire une nouvelle fois, et elle se rappela de la sensation qu'elle avait ressenti elle-même en buvant des shots. Pourtant, Drago était tellement habitué que son visage ne laissa transparaître aucun dégoût.

"Alors ? Que faisait la Miss-Je-Sais-Tout dans sa Salle Commune à cette heure-là ?"

Hermione grimaça à l'entente de ce surnom, ce qu'il ne manqua pas de remarquer :

"Quoi ? On a plus le droit de t'appeler comme ça ? Pourtant, c'est bien ce que tu es, une fille insolente qui s'énerve pour un rien, non ?"

Elle accusa le coup. Les paroles de Drago était sèches, mais dites sur un ton amusé, brouillées par l'ivresse de sa voix.

"Bon, ça ne sert à rien d'essayer de te raisonner quand tu es comme ça. Bonne nuit, Drago."

Elle fit volte-face et se dirigea d'un pas assuré vers l'entrée de la Salle Commune. Drago, dans son dos, riposta :

"Non, non, reviens !"

Elle l'ignora, mais la main de Drago qui ne tenait pas la bouteille lui prit l'épaule, un peu fort, pour la remettre face à lui.

"T'en vas pas, je rigolais."

Elle plissa le nez.

"Tu sens l'alcool à plein nez, tu viens ici pour m'insulter et tu espères que je reste ?"

"Je ne t'ai pas insultée, c'était la vérité."

"Bonne soirée Drago."

"Non ! Je rigolais. Reviens, on discutait juste."

Elle leva les yeux au ciel et s'énerva à son tour :

"Pourquoi faire ? Je ne veux pas avoir affaire avec toi, laisse-moi tranquille !"

Ses pupilles se dilatèrent légèrement et il fronça les sourcils.

"Non, ne dis pas ça." Il la suppliait presque.

"Si, je vais le dire, parce que c'est vrai. Si tu crois que tu peux venir me parler uniquement le week-end quand tu as besoin d'une distraction, ça sera sans moi."

"Tu n'es pas une distraction."

""Et ça alors, c'est quoi ?" dit-elle en pointant du doigt la bouteille de xérès.

"Ça, c'est ma distraction." répondit-il, tout sourire.

"Et bien, ce n'est pas la mienne."

"La tienne, c'est les livres, moi, c'est le xérès."

"C'est lamentable."

Il ricana en entendant cela et but de nouveau une gorgée sous le regard noir d'Hermione.

"Tu n'es pas aussi amusante que le week-end dernier, Granger."

"Désolée de te décevoir, Malefoy, mais comme je te l'ai déjà dit, les soirées et l'alcool c'est pas moi. C'était marrant une soirée, mais c'est tout. Moi, c'est ça ma vie, préférer lire un livre un vendredi soir au coin du feu pendant que tu te bourres la gueule Merlin-sait-où."

"Tu vois, ton problème, c'est que TU CROIS QUE…"

Drago se mit soudain à crier, toujours en souriant, et Hermione fut prise d'une peur panique qu'un élève de Gryffondor se fasse réveiller par le bruit dehors et sorte. Ce serait une catastrophe si on la voyait parler à Drago de la sorte, en plein milieu de la nuit.

"Chut ! Tu parles trop fort !"

Il leva les yeux au ciel, et sans prévenir, lui prit le poignet et l'emmena un peu plus loin. Il ouvrit la porte de la salle d'études et alluma une lumière sur une des tables pour éclairer un peu la pièce. Décidément, ils adoraient s'engueuler dans des salles de classe. Il retira sa main du poignet d'Hermione.

Maintenant que la surprise de le voir dans cet état était passée, Hermione ne savait vraiment pas quoi faire. Elle s'était habituée au Drago calme, Drago jaloux, Drago taquin, même un peu de Drago en colère, mais alors ce Drago là, complètement ivre, elle ne savait pas du tout comment l'aborder. Il s'assit à un des pupitres de la salle de classe et posa la bouteille dessus, et Hermione suspecta que c'était parce qu'il avait du mal à tenir debout. Ne sachant pas où se mettre, elle décida de s'adosser au pupitre à côté de lui.

Drago abordait toujours son sourire en coin, visiblement très amusé de la situation :

"Tu aurais dû venir à la soirée ce soir, c'était dément."

"Non, merci." répondit-t-elle simplement.

"Tu aurais adoré. Plein d'alcool, plein de jeux à boire, Pansy s'est presque évanouie devant moi !"

Il éclata de rire en se souvenant de ça, et Hermione leva les yeux au ciel.

"Tu aimes vraiment, ça ? Te bourrer la gueule au point d'être méconnaissable ?"

Il haussa les épaules.

"Je sais pas, oui."

Il regardait la bouteille brune devant lui. Elle décida de bien choisir ses mots pour ne pas l'énerver et le faire boire de nouveau quand elle lui posa sa question :

"La semaine dernière, quand j'étais là, je t'ai vu beaucoup boire et pourtant tu étais dans ton état normal. As-tu bu plus que la semaine dernière ?"

Il leva les yeux au ciel, comme pour se moquer de son questionnement.

"Oui, un peu plus. Je ne suis pas dans mon état normal ?"

Il lui fit un sourire avec les dents.

"Non, pas du tout."

"Et tu n'aimes pas quand je suis comme ça ?"

"Pas vraiment, c'est assez perturbant."

"Et tu m'aimes bien, quand je suis dans mon état normal ?"

Elle vit qu'il était vraiment intéressé par sa réponse. Il fixait ses lèvres dans l'attente qu'elle se remette à parler, toujours très précautionneuse des mots qu'elle employait pour ne pas lui faire changer d'humeur.

"Oui, quand tu es de bonne humeur tu es agréable."

"Agréable ? C'est la première fois que j'entends dire ça de moi."

Il fronça les sourcils en fixant le bois du pupitre devant lui.

"Donc, tu as bu combien ?"

Elle pensa l'énerver avec sa question, elle fut soulagée de voir que son sourire n'avait pas disparu.

"Si tu veux tout savoir, j'ai bu trois bouteilles comme ça de xérès."

Il désigna la bouteille du menton et Hermione le regarda, effarée. Elle ne pensait même qu'on pouvait boire autant en une soirée. Elle inspira un grand coup, pour ne pas laisser ses émotions la submerger et qu'ils se disputent encore. Après tout, elle n'avait rien à lui dire, il pouvait faire ce qu'il voulait, même si elle trouvait ça irresponsable.

"Je pense que tu vas être malade, Drago. Tu devrais retourner dans ton dortoir et dormir."

Il hocha négativement la tête et reposa son regard d'acier sur elle.

"Regarde, je vais bien, je parle normalement."

Ce n'était pas tout à fait vrai, sa voix était lente et grave et il butait sur quelques mots. Ses pupilles étaient dilatées, et il n'arrivait pas à se concentrer sur un point plus de trois secondes sans détourner les yeux, qui étaient vagues et plus inexpressifs que d'habitude. Elle n'osa pas le corriger, cependant, elle marchait sur des œufs depuis qu'elle l'avait vu dans le couloir.

"Moi, je vais aller me coucher."

"Pourquoi tu ne leur a pas dit, pour Weasley ?"

"Quoi ?"

Elle le regarda chercher ses mots, mais ses yeux étaient toujours rivés sur les siens.

"Pourquoi tu as menti quand ils t'ont demandé si tu avais déjà embrassé un Weasley, le week-end dernier ?"

Elle se souvint de la question "Vérité" que Pansy lui avait demandé la semaine d'avant. Elle voulut détourner le regard, mais elle n'y parvint tout simplement pas, à cause du sien, qui était désormais brûlant, interrogateur.

"Je… Je ne sais pas, je ne voulais pas qu'ils le sachent, c'est tout."

"Tu ne voulais pas qu'ils sachent, ou tu ne voulais pas me le dire ?"

"Je te l'ai déjà dit."

Elle ne comprenait pas où il voulait en venir. Ses questions étaient tellement aléatoires ! Il la surprenait toujours en lui demandant des choses personnelles dans un contexte différent, et ça perturbait beaucoup la Gryffondor.

"Tu ne voulais pas que je l'entende de nouveau ?"

Hermione ne saurait dire si c'était une question ou une affirmation.

"Je ne savais pas comment tu allais réagir."

"Pas bien, ça c'est sûr."

Son regard la pétrifiait sur place.

"Encore une fois, je ne comprends pas pourquoi le fait que j'ai embrassé quelques garçons t'énerve alors que tu as embrassé plein de filles, toi."

"Parce que je pensais que tu étais… différente."

"Différente ?"

Il soupira, excédé de toujours devoir se justifier, mais les questions d'Hermione étaient pressantes et il s'y sentait visiblement obligé d'y répondre. Il détourna enfin le regard pour se passer une main dans les cheveux.

"Je t'imaginais comme une fille sage que personne n'avait jamais touchée, c'est tout."

"Tu aurais préféré ça ?"

Il sourit en regardant par terre, la main toujours dans les cheveux.

"Oui. J'aurais préféré être le seul à t'avoir embrassé."

Hermione eut un frisson dans le dos, c'était la première fois qu'il évoquait leur baiser.

"Tu es le seul qui m'a fait ressentir ça." dit-t-elle dans un souffle.

Elle avait dit ça sans réfléchir, elle espérait secrètement que l'alcool lui effacerait un peu la mémoire demain et qu'il aurait oublié ce qu'elle venait de dire. Il arqua un sourcil, et se leva pour se rapprocher d'elle, tout doucement.

"C'est vrai ?" dit-il, désormais tout proche.

"Oui."

"Personne ?"

"Non, personne." répéta-t-elle.

Il se rapprocha encore d'elle, et lui effleura le bras, ce qui lui donna la chair de poule.

"J'espère que ce n'est pas un mensonge, Granger."

Elle hocha la tête de gauche à droite et ça le fit sourire.

"Dors avec moi ce soir." dit-il doucement.

Elle écarquilla les yeux et répondit dans un réflexe :

"Non."

Il sourit de plus bel et se pencha vers elle, ses lèvres effleuraient presque les siennes.

"Dors avec moi ce soir." répéta-t-il.

"Non."

Hermione était consciente que son "non" était plus hésitant que le premier, et Drago aussi.

"S'il te plait."

Elle sentait son souffle frais contre sa bouche, elle ferma les yeux quelques secondes pour essayer de se reprendre, mais c'était impossible. Il arrivait à lui faire perdre tous ses moyens juste en s'approchant d'elle, ça la rendait folle.

"Pourquoi je dormirais avec toi ce soir ?" parvint-t-elle à dire en chuchotant.

"Parce que je n'ai jamais mieux dormi que quand tu étais dans mon lit."

"C'est parce que tu étais ivre."

"Je suis ivre très souvent, et je n'ai jamais dormi comme ça."

Elle mit un peu plus de temps que d'habitude pour comprendre ce qu'il venait de dire. Drago avait aimé dormir à côté d'elle ? Elle se sentit rougir en pensant qu'elle aussi.

"Je ne dormirai pas avec toi ce soir."

"Pourquoi ?"

Il lui effleura les lèvres des siennes, et Hermione attendait, chancelante, oubliant ce qu'elle venait de dire.

Il se recula légèrement et la regarda en souriant, elle voyait les coins de ses yeux se plisser et des petites fossettes se creuser dans ses joues.

"Pourquoi tu m'as ignorée cette semaine ?" murmura-t-elle.

"Je ne t'ai pas ignorée."

"Si. Tu me regardais à peine."

"J'ai juste agi comme depuis toujours, Hermione."

"Après m'avoir embrassée, tu décides de m'ignorer ?"

Sa bouche effleurait maintenant la joue d'Hermione.

"C'est toi qui m'as embrassée."

Il lui embrassa la joue, juste à côté de sa bouche, mais Hermione, tremblante, resta immobile.

"Tu sais bien que je ne contrôlais rien…"

Il lâcha un soupir et s'éloigna d'elle, et soudain, la proximité qu'ils avaient disparut, tout comme les frissons sur la peau de la jeune femme. Elle se rappela de l'ivresse de Drago quand il s'assit de nouveau à son pupitre, et qu'il prit une longue gorgée de xérès, passablement énervé.

"Putain, Granger, tu vas pas me sortir la carte de la meuf bourrée là."

"Je l'étais."

"Arrête de te mentir à toi-même. Tu en avais envie, c'est pour ça que tu l'as fait. Pour une fois dans ta vie, tu as laissé tes émotions prendre le dessus et tu m'as embrassé. Admets-le, au moins."

Il avait raison, mais l'admettre était trop difficile pour elle, alors elle préféra ne pas répondre. Pendant plusieurs minutes, ils ne parlèrent pas, Drago jouait avec l'étiquette de la bouteille de xérès sans prononcer le moindre mot. Hermione n'arrivait pas à déchiffrer son humeur, peut-être parce qu'elle avait changé une centaine de fois en une soirée.

Quand le silence lui sembla assourdissant, elle déclara :

"Cette fois-ci, je vais me coucher. Bonne nuit, Drago."

"Tu en as marre ?"

Il lui posa cette question sans la regarder, dos à elle. Hermione avait sa main sur la poignée de la porte, prête à partir, mais elle soupira et répondit doucement.

"Oui. Je n'en peux plus de tes changements d'humeur permanents, c'est vraiment fatigant."

Il hocha la tête doucement, mais elle ne pouvait pas voir l'expression sur son visage, car il était en face d'elle, assis, de dos. Il dit dans un murmure :

"Je suis désolé."

"Le fait de boire trois bouteilles n'aide pas, Drago."

"Je sais."

Il paraissait vraiment triste. Elle lâcha la poignée, contourna le pupitre et le regarda. Il avait les yeux baissés et des mèches blondes lui tombaient sur le visage.

"Je peux t'aider, Drago. Maintenant que je commence à te connaître, on peut réellement être amis."

"Je ne veux pas être ton ami." il leva sa tête vers elle, en guise de protestation : "pas seulement ton ami."

Hermione prit une grande inspiration et regarda par la fenêtre à côté d'eux. Il faisait nuit noire, elle distinguait à peine le sol du ciel tant c'était obscur. Pourquoi se parlaient-ils toujours quand il faisait nuit ?

Il remarqua son soupir et lui demanda :

"Tu as vraiment envie de partir ?"

Elle soupira encore une fois et prit place à côté de lui, sur le siège du pupitre, avant de répondre doucement :

"J'aime bien parler avec toi quand tu es de bonne humeur, mais là tu es trop instable."

"Est-ce que tu préfères parler à Harry et Ron ?" demanda-t-il d'une petite voix.

"Ce n'est pas pareil."

"C'est mieux ?"

"C'est… plus familier. Je connais Harry par cœur, j'anticipe souvent ses réponses et lui parler me donne du confort, je me sens en paix, il a ce don pour calmer mes émotions trop fortes. Ron, c'est plus spontané, j'adore lui parler de plein de choses et écouter ce qu'il en pense, c'est stimulant et ça m'aide à me concentrer. C'est plus facile de parler avec eux."

"Facile…" répéta-t-il, les yeux dans le vide.

"Quand tu m'as parlé pendant la ronde pour la première fois, j'ai découvert un Drago drôle, intéressant, gentil, et c'était rafraîchissant de te parler comme ça. J'aime beaucoup quand tu es comme ça, j'aime te parler. Mais quand tu fais ça…" Elle désigna du doigt la bouteille qu'il avait dans les mains, pratiquement vide. "Là, ce n'est pas pareil. Tu es instable, ça me met mal à l'aise."

"Je ne veux pas te mettre mal à l'aise, au contraire. Je veux que tu aimes me parler."

"Alors, arrête de boire, et de changer d'humeur tout le temps."

"Qu'est ce que tu as senti dans l'Amortentia ?"

Hermione recula sous l'impact de sa question. Il avait le don pour poser des questions inattendues qui la prenaient de court. Il la fixa, et encore une fois, elle se perdit dans ses yeux gris.

"Je… Je pense que tu le sais déjà."

"Non, je veux te l'entendre dire."

Elle refusa d'un mouvement de tête, incapable de le dire à haute voix. L'ombre d'un sourire éclaircit brièvement le visage de Drago, mais il changea de sujet :

"Dors avec moi ce soir."

"Non. Mais je peux te proposer de te raccompagner à ton dortoir, pour être sûre que tu ne t'évanouisses pas dans les escaliers ou quelque chose dans le genre."

Il rit en basculant sa tête en arrière, et se leva, perdit un peu l'équilibre et dû se tenir au pupitre pour se stabiliser. Il voulut prendre la bouteille, mais elle l'attrapa avant lui et la coinça sous son bras. Il lui lança un regard inquisiteur :

"Il vaut mieux que je la prenne, sinon tu vas la faire tomber."

En réalité, elle avait peur qu'il continue de boire, mais Drago n'insista pas. Ils sortirent de la salle de classe et marchèrent côte à côte. Hermione était étonnée de voir qu'après tout ce qu'il avait bu, il était encore capable de tenir debout et de se déplacer. Il sembla penser la même chose car il lui dit en souriant :

"Même après trois bouteilles je suis dans un meilleur état que toi samedi dernier."

"C'était la première fois que je buvais !" Elle se justifia, ce qui le fit encore plus rire.

"Je trouve que je me débrouille pas mal, tu n'arrivais même pas à marcher."

Elle leva les yeux au ciel, mais souriait quand même.

"Si tu continues à te moquer de moi, je vais rentrer et te laisser dormir dans ces escaliers, Malefoy."

Sa menace était évidemment fausse, elle serait incapable de le savoir dans cet état, tout seul dans le château.
Les escaliers se mirent à bouger, ce qui fit valser Drago et Hermione, qui posa une main sur son bras pour le stabiliser par réflexe. Ce geste le fit sourire, et quand elle essaya d'enlever sa main, il la reprit et la reposa au même endroit.

Ils arrivèrent finalement en bas de tous les escaliers, dans le couloir des cachots. Il faisait très froid, et malgré le pull épais d'Hermione, elle frissonnait. Quand ils s'arrêtèrent devant la porte des Serpentards, Hermione paniqua légèrement en pensant que Drago était trop ivre pour se souvenir du mot de passe, mais heureusement, il dit doucement :

"Viridis Salazar."

La grande porte ronde coulissa bruyamment, et Hermione se tourna vers Drago :

"Je te laisse ici, tu sais comment aller jusque dans ton dortoir maintenant."

"Non, je ne sais plus !"

Elle leva les yeux au ciel en riant :

"Bonne nuit, Drago."

"Accompagne-moi, s'il te plaît ! Au moins jusqu'à mon dortoir."

Elle arqua un sourcil, prête à contester, mais il continua sur sa lancée :

"Allez… Imagine je tombe dans les escaliers, ou pire, je vomis dans mon sommeil et je meurs !"

Elle pouffa de rire face à ses théories :

"C'est un peu dramatique."

Pourtant, elle enjamba tout de même la porte et le suivit dans la Salle Commune. Aussitôt, le même genre de musique de la semaine dernière assourdit Hermione quelques secondes, même le sol sous ses pieds tremblait sous le volume. Une foule de personnes dansaient autour d'eux, tous aussi déchaînés, certains s'embrassaient même dans les canapés, ignorant tous les élèves qui se trémoussaient à côté. Tandis que Drago se frayait un chemin tant bien que mal vers les dortoirs, Hermione posa discrètement la bouteille de xérès sur une des tables qui était remplie d'autres alcools entamés, et le suivit. Elle baissa la tête pour ne pas se faire interpeller ou reconnaître par les Serpentards, mais de toute manière, ils étaient bien trop occupés à danser pour se préoccuper d'elle. Personne n'avait remarqué que la porte s'était ouverte, et qu'ils se dirigeaient tous les deux vers le dortoir de Drago.

Ce dernier descendit les marches de l'escalier prudemment, en se tenant fermement à la rampe, avança dans le couloir des dortoirs et arriva au sien. Il laissa Hermione passer et elle entra dans la pièce.

Tout de suite, l'odeur acidulée de la pomme verte lui fouetta le visage, exactement comme l'odeur de l'Amortentia un peu plus tôt dans la journée. Elle ferma les yeux pour se reprendre, puis se tourna vers Drago, derrière elle.

"Tu es en sécurité, maintenant ?"

L'ironie perçait dans sa voix. Drago sourit et s'assit sur son lit pour enlever ses chaussures.

"Pourquoi es-tu monté jusqu'aux dortoirs des Gryffondors, alors que tu faisais la fête ici ?" demanda-t-elle.

"Parce que je voulais te voir." répondit-il simplement.

Hermione sentit son cœur rater un battement.

"Comment savais-tu que j'étais dans la Salle Commune ?"

"En vérité, je n'en savais rien, j'espérais simplement que tu sois en train de lire."

"Et si j'avais été avec Ron, ou Harry ?"

"Je n'ai pas vraiment réfléchi à la question. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je suis complètement bourré, Hermione."

"Qu'est ce qui te faisait penser que je serais sortie ?"

Il leva les yeux vers elle, son regard plein de malice :

"Ça, c'est facile. Parce que tu ne peux pas résister de t'engueuler avec moi dans des salles de classe vides ou des couloirs."

"C'est faux."

"Ah oui ? Et pourtant, tu es là."

Touchée. Hermione se mordit la lèvre et regarda autour d'elle, la chambre de Drago. Ce dernier tapota gentiment son lit à côté de lui, pour l'inviter à s'asseoir.

"Drago, je dois vraiment y aller…"

"Tu as vraiment envie d'y aller ? Réponds-moi honnêtement. Si tu n'as pas envie d'être là, je ne te forcerai jamais. Dis moi simplement que tu veux partir."

"Je… Je ne sais pas, oui, parce que j'ai peur que les gens me voient ici, ou qu'Harry et Ron ne comprennent pas où j'ai passé la nuit…"

Il lui fit un signe du doigt pour dire "non", ce qui la coupa dans son explication.

"Ne pense pas aux autres. Pense seulement à toi, Hermione Granger, et dis moi si toi tu as envie de rester."

Hermione réfléchit à la question. Elle n'avait pas envie de remonter les sept étages à une heure aussi avancée de la nuit et elle avait froid dans le château, et le lit de Drago était confortable. Et, en réalité, au plus profond d'elle-même, elle voulait vraiment dormir avec lui, sentir son odeur et s'endormir dedans pour ne plus penser à autre chose.

Il sembla comprendre qu'elle en avait envie car il lui fit un grand sourire.

"Mais je n'ai même pas de pyjama…"

Il se leva de son lit, et déboutonna sa chemise devant elle. Elle sentit la rougeur monter et se cacha le visage de ses mains, jusqu'à ce qu'il lui tende sa chemise avec un sourire :

"Tu n'as qu'à mettre ça."

"Je ne vais pas dormir avec ta chemise…"

"Pourquoi pas ? On s'en fout, il n'y a que moi qui te verrai. En plus, je rêve de te voir dedans."

Elle rougit encore plus, mais prit tout de même la chemise des mains de Drago. Elle n'en revenait pas qu'elle puisse faire une chose pareille, accepter de vouloir dormir avec lui après s'être jurée de ne plus en entendre parler cette semaine… Laissant ses pensées de côté pour arrêter de se punir elle-même, elle se dirigea vers la salle de bains et ferma la porte derrière elle. Hermione se déshabilla rapidement et enfila la chemise, qui heureusement était beaucoup trop large pour elle et tombait donc à hauteur de ses genoux. Elle sortit de la salle de bains, et surprit le regard de Drago sur elle, ses jambes, sa poitrine… Il avait les yeux grand ouverts, mais elle fit semblant de ne pas le voir et plia ses vêtements à côté du lit. Drago peinait à trouver un bas de jogging en guise de pyjama devant son armoire, probablement encore pris de vertiges vue la manière dont il s'accrochait à la porte.

Hermione, mal à l'aise d'être vêtue uniquement de la chemise et d'une culotte, s'empressa de monter sur le lit et se glissa sous la couette. Elle regarda Drago enlever son propre pantalon pour le remplacer par le jogging, absolument pas gêné de se déshabiller devant elle, et alla s'allonger dans le lit à côté d'Hermione. Il la regarda quelques instants, avec un petit sourire, et Hermione se sentait… pas aussi embarrassée qu'elle aurait pu le penser. C'était la première fois qu'elle se trouvait si dévêtue dans le lit d'un garçon, mais elle se trouvait étrangement à l'aise avec lui.

"Quelqu'un pourrait nous voir…" avertit-elle, tout de même, en pointant du doigt la porte du dortoir de Drago.

Ce dernier se retourna vers ce qu'elle montrait et haussa les épaules :

"Non, jamais de la vie. Personne ne rentre dans mon dortoir."

Pour échapper à son regard, elle se mit face au plafond et le fixa. Il était allongé sur la couverture, légèrement de travers, torse nu, elle préférait donc éviter de le regarder de peur de rougir devant lui.

"Je n'en reviens pas que je dorme dans ton lit… après avoir passé une semaine à me dire qu'il ne s'était rien passé." finit-elle par avouer.

"Pourquoi te disais-tu ça ?"

"Parce que tu m'as ignorée. Je pensais que c'était un rêve."

"Ce n'est pas le cas. Mais moi aussi j'y ai pensé, à un moment. Je n'arrivais pas à concevoir qu'on se soit embrassés."

"Tu regrettes ?"

Hermione fixait toujours le plafond, décidée à ne pas le regarder, c'était plus facile de lui parler honnêtement que quand son regard gris était braqué sur elle et lui faisait perdre tous ses moyens.

"Non." dit-il simplement.

Hermione fut soulagée. La main de Drago se leva doucement et lui effleura le bras, et malgré le tissu de sa chemise, elle fut aussitôt couverte de frissons.

Après quelques secondes de silence, Drago demanda doucement :

"Qu'est ce que tu as senti dans l'Amortentia ?"

Elle écarquilla légèrement les yeux, encore une fois prise au dépourvu. Il lui demanda :

"Tu ne croyais quand même pas que j'avais oublié ? Je suis peut-être ivre, mais je me souviens particulièrement bien du moment où je t'ai posé cette question."

"Pourquoi ?"

Hermione se risqua à le regarder en tournant sa tête sur le côté. Il avait un petit sourire et ses cheveux étaient ébouriffés contre son oreiller, il était tellement beau qu'Hermione en perdit le souffle quelques secondes. Il leva sa main du bras d'Hermione et posa son pouce sur sa joue pour tracer des petits cercles :

"Parce que tu as rougi, là. Et tes pupilles se sont agrandies… Je veux que tu le dises."

"Tu sais déjà."

Il hocha la tête, sans cesser ses caresses de son pouce sur sa joue :

"Non, je n'en sais rien."

Elle prit une profonde inspiration mais elle n'arrivait pas à lui dire, elle ne savait pas comment formuler le fait que c'était son odeur à lui sans paraître ridicule.

"L'odeur du dernier garçon que j'ai embrassé." finit-elle par dire d'une toute petite voix.

Il eut un grand sourire, et sa poitrine se gonfla d'un coup, comme par fierté. Il murmura à son tour :

"J'espère que tu ne parles pas de Graham."

"Non, pas Graham."

Le contact de la main froide de Drago contre sa joue brûlante était divin, elle se sentait tellement plus apaisée juste avec ses petits cercles de son pouce.

"Moi aussi, j'ai senti ton odeur dans la potion." avoua Drago, en la regardant droit dans les yeux.

Elle fronça les sourcils, incertaine d'avoir bien entendu.

"Je pense que l'alcool te fait dire n'importe quoi." dit-elle en riant.

"Non, non. J'ai senti l'odeur de tes cheveux, ton shampooing citronné, et l'odeur des livres que tu as toujours sous les yeux à la Bibliothèque, et ça m'a terrifié."

"Tu dis n'importe quoi pour ne pas que je me sente mal de t'avoir avoué ça."

Les pupilles de Drago valsaient entre les yeux d'Hermione, il se rapprochait de plus en plus d'elle.

"Non. J'ai reconnu ton odeur, et j'ai refermé le couvercle. J'étais paralysé. Et après, je t'ai vue sentir à ton tour, et quand tu m'as regardée, j'ai… j'ai compris que tu avais reconnu mon odeur aussi, et ton regard m'a cloué sur place… J'ai eu envie de…"

Il ne finit pas sa phrase, mais continua de caresser la joue d'Hermione, qui remarqua qu'à cet instant qu'elle était haletante. Littéralement, elle haletait pendant qu'elle l'écoutait parler, même si sa voix déformée par l'alcool était bien plus lente que d'habitude.

"Envie de quoi ?"

"Hm, tu ne veux pas savoir ce qu'il s'est passé dans ma tête à ce moment-là, tu partirais en courant de mon lit sans jamais te retourner." répondit-il avec un sourire espiègle.

Étrangement, cette phrase lui donna encore plus envie de rester, et même de se rapprocher de lui pour lui faire avouer ses pensées malsaines.

Hermione se hissa dans le lit pour se retrouver qu'à quelques centimètres du visage de Drago, qui paraissait surpris de la voir se rapprocher autant, sans pour autant perdre son sourire, et sans retirer sa main du visage de la jeune femme.

"Si, je veux savoir."

"Comment est-ce que je n'ai jamais remarqué à quel point tu étais attirante ?" souffla-t-il.

Il fit descendre son pouce en bas du visage d'Hermione et caressa ses lèvres qu'il regardait avec envie.

"Ta bouche… j'ai envie de faire tellement de choses avec cette bouche."

Hermione ressentit une onde de chaleur lui parcourir le corps à l'entente de ces mots, comme si la voix grave de Drago résonnait en elle. Elle voulut combler l'espace entre eux deux pour l'embrasser et se fondre en lui de nouveau, mais le geste sensuel de Drago sur sa bouche l'empêchait de bouger.

Au loin, la musique de la fête qui se déroulait juste au-dessus d'eux n'était devenue qu'un son étouffé. Ils étaient comme emprisonnés dans une bulle, le seul endroit où Hermione ne passait pas son temps à réfléchir. Elle le regardait juste, stupéfaite de sa beauté, et essayait de le déchiffrer du mieux qu'elle pouvait.

"Tu dis ça parce que tu es bourré" souffla-t-elle.

"Je pense toujours comme ça, Hermione, mais je ne te le dis jamais. L'alcool me pousse à te le dire, parce que tu me rends dingue." Il continuait de fixer ses lèvres en passant légèrement son pouce dessus. "Depuis que je t'ai vue arriver dans la Salle Commune et t'asseoir devant moi avec ton air de défi, je n'arrive plus à penser correctement. Et là, tu es devant moi, avec ma chemise, et j'ai qu'une envie c'est de te l'arracher."

Elle sentit ses propres yeux s'écarquiller, et elle resserra ses cuisses par réflexe. Ses yeux gris étaient brûlants, ils la consumaient en entier et elle se laissait faire. Jamais de simples mots avaient réussi à lui faire cet effet.

"Drago…"

Il ferma les yeux un instant et sa main s'immobilisa contre les lèvres d'Hermione qui venaient de souffler son prénom dans un chuchotement.

"Ne dis pas mon prénom comme ça."

"Pourquoi ?"

"Parce que c'est trop pour moi, ça va me faire perdre le contrôle."

"Perds le contrôle."

Il la regarda, légèrement interloqué. Ils étaient tellement proches que leurs nez se touchaient presque. Hermione se rappela des propres mots de Drago : "arrête de réfléchir". Pour la seconde fois en une semaine, elle décida de mettre ses pensées rationnelles de côté et de se pencher encore plus vers lui. Leur proximité semblait avoir ravivé la même flamme qu'elle avait sentie le week-end dernier quand il l'avait embrassée de toutes ses forces.

"Quoi ?" demanda-t-il.

"Tu peux perdre le contrôle." Elle répéta ses mots en fixant les yeux de Drago.

Ce dernier n'hésita pas plus, et comme poussé par la même dose d'adrénaline qu'elle avait aussi, il plongea ses deux mains sous la couette et l'attira brutalement contre lui. Il plaqua presque ses lèvres contre celles d'Hermione, violemment, et elle eut le souffle coupé. Les deux mains de Drago s'enfoncèrent dans ses hanches et remonta le long de son dos, ce qui lui donna des frissons partout où ses mains passaient. Elle en profita pour passer un bras autour de son cou et se rapprocher davantage de lui et se retrouva contre son torse. Il se débarrassa de la couette d'un geste pressé, et s'empara de nouveau de ses hanches pour la faire basculer au-dessus de lui, sans arrêter leur baiser pour autant. Hermione plaça ses deux cuisses des deux côtés du torse de Drago, et elle se retrouva à califourchon sur lui. Il l'embrassait toujours aussi fort, il mordait presque la lèvre inférieure d'Hermione qui gémit sans le vouloir contre sa bouche. Il resserra son étreinte sur les hanches de la jeune femme qui aimait tellement cette sensation qu'elle remua contre lui sans s'en rendre compte.

"Putain Hermione…" dit-il dans un souffle.

Elle sentait l'odeur du xérès dans leur baiser, et bizarrement, elle aimait beaucoup ce goût quand elle le retrouvait sur la langue de Drago. Il se redressa et s'assit contre la tête du lit, et arracha subitement ses lèvres de celles d'Hermione, qui lâcha un soupir de déception. Elle regarda ses pupilles dilatées pour essayer de comprendre pourquoi il avait arrêté de l'embrasser, espérant qu'il ne parte pas comme la dernière fois. Elle fut soulagée quand il attrapa une poignée de ses cheveux et les plaça dans son dos, exposant son cou qu'il s'empressa d'embrasser. Il déposa plein de baisers tendres sur la peau de son cou, jusqu'à sa clavicule, puis, il lécha légèrement la partie sous son oreille, ce qui la fit gémir. Ses cuisses commençaient à trembler, de part et d'autre du torse du garçon. Elle sentit les lèvres de Drago s'étirer dans un sourire, dans le creux de son cou. Il continuait sa lente traversée de baisers jusqu'en bas de son oreille, où il la léchait doucement, ce qui lui déclenchait des frissons dans le bas du dos. Elle ferma les yeux en sentant la vague de plaisir qui la parcourait pendant que la langue de Drago se baladait sur sa peau.

"Oh Drago…"

Elle mit une main dans les cheveux du garçon pour les tirer légèrement, il grogna contre elle. Son autre main alla se poser sur son abdomen tendu, entre ses deux cuisses qu'elle resserrait au fur et à mesure qu'il l'embrassait.

Il lâcha son cou et continua de l'embrasser, d'abord sur le menton, puis sur le coin de sa lèvre, et d'un coup, il s'empara de nouveau de ses lèvres fougueusement. Le contraste entre la force de son baiser et la douceur de ceux dans son cou la rendait folle. Elle s'écrasa contre lui et il fit entrer sa langue entre les lèvres d'Hermione, qu'il enroula autour de la sienne avec un gémissement. Sa voix rauque résonna dans le ventre d'Hermione comme une onde de plaisir. Il enleva une de ses mains qui était encore enfoncée dans sa hanche et attrapa la nuque de la Gryffondor pour la serrer encore plus dans leur étreinte : ils ne formaient plus qu'un désormais. Hermione tira encore les cheveux de Drago et ce dernier grogna un peu plus fort.

"Pardon." dit-elle en relâchant sa prise dans ses cheveux.

Il secoua la tête en détachant légèrement ses lèvres des siennes, et attrapa le poignet d'Hermione pour remettre sa main à l'arrière de sa tête. Elle prit quelques mèches entre ses doigts et lui lança un regard interloqué.

"N'arrête pas, j'adore ça."

Étonnée d'entendre ça, mais également très satisfaite d'avoir fait quelque chose qui pouvait lui donner du plaisir, Hermione s'empressa de tirer de nouveau dessus, un peu plus fort, et il balança sa tête en arrière en fermant les yeux. Elle n'arrivait pas à détacher son regard du cou du Serpentard, de sa pomme d'Adam qui remontait le long de sa gorge quand il gémissait. Il se redressa et plongea son regard ardent dans celui d'Hermione.

"Tu es tellement belle, et tellement sexy comme ça dans mes bras…"

Il la contempla de haut en bas, et quand il vit ses deux cuisses serrées contre lui qui faisaient remonter la chemise au niveau de ses hanches, il ferma brièvement les yeux et soupira. Les fesses d'Hermione avaient glissé le long du torse de Drago et s'étaient retrouvées sur son entrejambe, elle sentait son érection contre sa culotte.

"Embrasse moi." dit-il doucement, mais avec un ton assez autoritaire.

Elle ne se fit pas prier, elle se pencha instantanément en avant et captura la bouche de Drago avec ardeur, elle aspira sa lèvre inférieure pour le faire gémir de nouveau. Il attrapa ses fesses avec ses deux mains et la balança d'avant en arrière sur son érection, et la friction entre leurs deux corps fut électrisante.

"Putain, tu es tellement bonne Hermione, j'ai envie de rentrer en toi et te faire hurler mon nom."

"Fais-le…" dit-elle dans un souffle plaintif.

Aucune pensée ne venait perturber l'état d'Hermione, elle était loin, très loin, emprisonnée par les lèvres et les mains de Drago sur elle qui la tenait si fermement.

"Je ne peux pas faire ça ce soir."

Il avait dit ça en léchant le contour des lèvres d'Hermione, et malgré le frisson qu'elle ressentit, elle fronça les sourcils :

"Quoi ?"

"Je ne peux pas coucher avec toi ce soir."

"Pourquoi pas ?"

Elle ne savait pas comment elle pouvait demander une chose pareille, mais à cet instant, c'était tout ce qu'elle voulait. Elle se frotta davantage contre lui pour lui montrer son envie et il rit en la regardant dans les yeux.

"Crois-moi, j'en ai bien plus envie que toi."

Pour lui montrer, il l'enfonça encore contre lui. Elle sentait à quel point son caleçon et son jogging était tendu, elle rougit un peu. Il continua tout doucement :

"Depuis le jour où tu es entrée dans la Salle Commune des Serpentards, j'ai eu envie de te prendre sur le canapé et de m'enfoncer en toi, avec ton air de défi qui m'a rendu fou. Tu étais tellement bonne sans même le savoir, cette bouche pulpeuse qui m'a donné des insomnies…"

Il passa son pouce sur les lèvres d'Hermione et fit ressortir sa lèvre inférieure, ce qui assombrit encore plus son regard.

"J'ai envie de profiter de chaque seconde du moment où je vais te pénétrer pour la première fois, de te regarder jouir sous mes coups de rein."

Elle gémit à ces mots.

"Je ne peux pas ce soir." répéta-t-il, toujours en frottant son pouce contre les lèvres d'Hermione.

Elle ressentit soudain une frustration énorme s'abattre sur elle quand elle comprit qu'il n'allait pas mettre en œuvre ses promesses ce soir. Hermione n'avait jamais été aussi excitée de sa vie, et le fait qu'il coupe court à ses attentes l'énervait. Elle fronça les sourcils et recula brutalement.

"Pourquoi tu me dis tout ça, alors ?"

Elle souleva sa cuisse pour s'allonger à côté de lui, mais il agrippa ses hanches et la força à rester à califourchon sur lui. Il lui jeta un regard plein d'incompréhension :

"Quoi ? Oh, mais Hermione, ça ne veut pas dire que je ne veux pas."

"Pourquoi tu veux t'arrêter alors ?" demanda-t-elle, l'impatience piquait dans sa voix désemparée.

"Parce que je veux profiter de toi avant, pas coucher avec toi dès que tu viens dans mon lit." répondit-il simplement.

Dit comme ça, Hermione ne pouvait qu'approuver à contrecœur. Elle n'aurait jamais cru possible que ce soit elle qui supplie Drago de continuer, et lui qui refuse d'aller plus loin. Mais de toute façon, elle n'aurait jamais pu imaginer cette situation tout court deux semaines plus tôt.

"D'accord." céda-t-elle, toujours un peu déçue.

"Ça ne veut pas dire que j'en ai fini avec toi pour autant."

Elle le regarda, incertaine de comprendre ce qu'il venait de dire. Son cœur vacillait, elle ne savait plus où donner de la tête.

Juste au moment où elle allait lui demander ce qu'il voulait dire, Drago balança ses hanches contre elle et la fit basculer de l'autre côté du lit, et se mit au-dessus d'elle, reprenant l'ascendant avec un petit sourire. Hermione hoqueta de surprise et se retrouva sous lui en une seconde. Il l'embrassa, d'abord doucement, puis de plus en plus fort, en s'appuyant avec ses bras des deux côtés de sa tête. Puis, il posa sa main sur la joue d'Hermione, caressant ses pommettes quelques secondes, avant de descendre sur son cou, en l'embrassant toujours. Sa langue roulait sur la sienne dans une caresse divine qui lui faisait perdre la tête, le mélange du xérès et de l'odeur de Drago emplissait ses narines.

"Je peux ?" demanda-t-il, la respiration saccadée contre sa bouche.

Elle acquiesça rapidement, sans savoir de quoi il parlait. Elle comprit quand elle vit la main de Drago déboutonner les boutons de sa chemise et l'ouvrir pour lui donner accès à ses seins. Elle ne portait pas de soutien-gorge, elle l'avait enlevé pour dormir, et en voyant sa poitrine exposée de la sorte, les yeux de Drago s'écarquillèrent.

"Bordel Hermione, tu ne te rends pas compte de ce que tu me fais…"

Il s'empara d'un de ses seins et le malaxa légèrement en passant son pouce sur son téton. Elle lâcha un petit cri et tenta de fermer ses cuisses pour estomper son envie de se caresser, mais il l'en empêcha avec son genou, l'obligeant à les garder écartées.

"Tu es tellement belle, allongée sous moi, complètement offerte…"

Il se lécha les lèvres en la regardant de haut en bas. Il se pencha en avant pour caresser ses seins du bout de sa langue, tout doucement, tout en maintenant sa prise assez fermement pour qu'elle ne puisse pas bouger. Elle se contorsionna de plaisir, vaguement consciente des cris qu'elle faisait, et il sourit contre ses seins :

"J'adore t'entendre crier."

Les mots qu'il lui disait résonnaient en elle et la faisait mouiller sans même qu'il la caresse. Elle se demanda si elle pouvait jouir juste en l'écoutant.

Il lécha ses deux tétons, jouait avec eux tout en la regardant se tordre de plaisir sous sa langue. Elle sentit sa main quitter sa poitrine et descendre le long de son ventre, lui donnant des frissons dans le creux de son dos.

"Drago s'il te plaît…"

Elle ne savait même pas ce qu'elle lui demandait, elle voulait juste qu'il la soulage, qu'il éteigne le feu entre ses cuisses rapidement.

La main de Drago s'arrêta sur les boutons de sa chemise qu'il déboutonna d'une main experte, toujours en aspirant son téton entre ses dents. Il ouvrit finalement la chemise et Hermione se retrouva nue, uniquement vêtue de sa culotte, devant lui. Il lâcha un grognement de satisfaction et se redressa pour la voir.

"Bordel, tu es tellement bonne Hermione, j'ai envie de te lécher partout jusqu'à ce que tu hurles de plaisir…"

Elle gémit en retour, ce qui sembla satisfaire Drago car il s'empressa de passer sa langue entre ses deux seins, et le long de son ventre. Elle arqua brutalement le dos, chaque endroit où il passait sa langue lui donnait des sensations nouvelles. Allait-il la faire jouir ? Il le fallait, elle ne pourrait plus s'arrêter désormais, il fallait qu'elle comble son envie maintenant, sinon elle allait exploser.

Il remonta à côté de son visage et lécha de nouveau le point sensible sous son oreille pour la faire gémir encore, et il lui murmura dans l'oreille :

"Enlève ta culotte."

Mais ses mains étaient déjà en train de lui retirer son sous-vêtement, contredisant son ordre. Il fit glisser sa culotte le long de ses cuisses et lui écarta les jambes pour l'admirer.

Elle savait qu'elle devait lui dire ce qu'elle pensait, elle préférait qu'il soit au courant avant qu'il ne la touche, alors, elle se lança d'une voix timide :

"Drago, c'est la première fois que je vais aussi loin."

Il arqua un sourcil et se mit devant elle, à quelques centimètres de son visage.

"C'est-à-dire ?"

Elle se racla un peu la gorge et expliqua de nouveau :

"Je ne suis jamais allée aussi loin avec un garçon, on ne m'a jamais touchée… là."

Hermione montra d'un geste vague l'endroit où se trouvait sa culotte quelques secondes plus tôt, et quand il comprit, un éclair passa devant ses yeux gris.

"Quoi ? Aucun ?"

"Non, aucun."

Il semblait surpris, mais surtout fier de savoir que ce serait le premier à la toucher. Elle se mordit la lèvre inférieure, soudainement en proie à une gêne qu'elle n'avait pas quelques secondes plus tôt, quand il la touchait. C'était la première fois qu'un garçon allait la caresser, peut-être même la faire jouir, voulait-elle vraiment que ce soit lui ?

Oui, la réponse était évidente. Elle ne voulait personne d'autre que lui à cet instant, elle en était sûre. Elle était tout bonnement incapable de réfléchir posément à ce qu'elle souhaitait, seule son envie résonnait en elle : elle voulait que Drago Malefoy la caresse plus que tout.

"Je suis donc le premier à te faire ça ?"

Il balada ses doigts sur ses cuisses entrouvertes. Hermione hocha la tête en hoquetant. Elle ressentait des vagues de frissons s'écraser en elle à chaque fois que sa main la touchait un peu plus proche de son centre de plaisir.

"Personne ne t'as jamais fait jouir ? Même Fred Weasley ? Ou Viktor Krum ?"

Il savait très bien que non, mais il voulait l'entendre le dire.

"Non, personne."

"Tu es sûre que c'est ce que tu veux ?"

Elle croisa son regard et acquiesça, ce qui le conforta dans l'idée qu'elle était d'accord pour lui donner ce privilège.

"Personne…" répéta-t-il en passant ses doigts le long de son intimité, ce qui lui fit perdre tous ses moyens. "J'ai envie de te faire jouir tellement fort que tout le monde de la soirée au dessus puisse t'entendre et comprendre que c'est moi qui te fait hurler comme ça."

Il posa finalement ses doigts sur son clito et entreprit de le caresser très doucement, la menant au bord du précipice. Elle attendait ce moment depuis tellement longtemps, elle lâcha un soupir de soulagement et enfonça sa tête dans l'oreiller à côté d'elle pour étouffer ses bruits.

"Non, regarde moi."

Elle fit ce qu'il disait, plongeant son regard dans celui de Drago qui siffla entre ses dents.

"Je veux t'entendre jouir, Hermione, je veux t'entendre hurler mon prénom. Putain, je n'en reviens pas que personne ne t'ai fait jouir, ça me rend dingue, d'être le premier à te regarder te tordre de plaisir comme ça…"

Il continuait de caresser son clito et le regard qu'il posait sur elle, comme s'il voulait la dévorer, suffisait à mener Hermione au bord de l'orgasme. Elle n'aurait jamais cru possible de ressentir autant de sensations à la fois, multipliées par les mots de Drago qui lui donnait envie de lui donner autant de plaisir qu'il lui en donnait à elle. Un râle étouffé sortit de sa bouche sans qu'elle puisse se contenir, il prit cela comme une invitation et plaça un doigt à son entrée :

"Attention, ça risque de faire mal pendant les premières secondes…"

Elle ne comprit pas ce qu'il voulait dire, mais quand elle sentit son doigt s'enfoncer en elle, elle reconnut la sensation de pincement et planta ses dents dans sa lèvre pour faire dissiper sa douleur. Mais très vite, à fur et à mesure qu'il entrait et sortait de plus en plus vite, les vagues de plaisir reprirent et Hermione arqua de nouveau son dos en gémissant.

"Drago c'est tellement- bon…"

Il lâcha un grognement de plaisir en l'entendant dire ça.

"Je ne peux pas me lasser de te voir comme ça, tu es tellement sexy, ça me donne envie d'enfoncer ma bite dans ta bouche ouverte…"

Elle gémit en fermant les yeux. Et alors, quand elle crut qu'on ne pouvait rien ressentir de mieux, Drago posa son pouce sur son clito pour le caresser au même rythme que son doigt qui bougeait déjà en elle.

"Vas-y Hermione, laisse toi aller, jouis pour moi."

Elle remua contre lui, gémissant de toutes ses forces. La combinaison des deux caresses sur elle redoubla son plaisir, et quand il se pencha en avant pour lécher son téton offert devant lui, ce fut le geste de trop.

"Dis le que tu es à moi, dis le que je suis le seul qui te fait hurler comme ça." ordonna-t-il, haletant.

A cet instant, elle réalisa que peu importe ce qu'il lui demandait, elle le ferait, même si c'était le conforter dans sa possessivité malsaine. Il pouvait faire ce qu'il voulait d'elle à ce moment.

"Tu es le seul Drago, je suis à toi, il n'y que toi…"

"Hmm, redis mon prénom." supplia-t-il en la regardant, la caresse en petits cercles sur son clito s'accéléra et Hermione cessa de respirer en sentant les ondes de plaisir dans tout son corps.

"Drago…"

Il grogna en entendant ça et ce son propulsa Hermione dans l'orgasme le plus stupéfiant de sa vie. Elle ressentit une dernière vague de plaisir s'écraser en elle, de la tête aux pieds, et elle ferma les yeux en se raidissant complètement, incapable de prononcer le moindre mot, la moindre pensée. Tout s'éclaircit, elle voyait des étoiles derrière ses yeux fermés. Drago, qui n'avait pas cessé de la caresser tout le long de son orgasme, lui dit juste à côté de son oreille :

"Oui, c'est ça, jouis pour moi bébé, laisse toi aller…"

Elle criait presque, tremblante, les seules choses qu'elle ressentait en cet instant étant les doigts de Drago en elle, son corps collé à elle et ses paroles dans son cou.

Quand elle rouvrit les yeux, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas respiré depuis trop longtemps, et inspira l'air autour d'elle à grandes goulées. Son corps était couvert de sueur et ses cuisses tremblaient encore de spasmes de plaisir. La main de Drago était posée sur l'une d'elle et faisait de nouveau ses petits cercles en attendant qu'elle retrouve le souffle.

"Ça va ?" demanda-t-il.

Sa vision était un peu floue, elle ne pouvait pas voir distinctement son visage mais elle perçait de l'inquiétude dans sa voix. Elle hocha la tête doucement pour le rassurer :

"Oui, c'était…"

Elle n'arrivait pas à trouver les mots justes pour lui décrire ce qu'elle avait ressenti sans paraître clichée, ou folle à lier, mais heureusement, il s'en contenta. Il se pencha en avant pour lui embrasser l'épaule avec un petit sourire fier.

"Maintenant, tu ne vas plus pouvoir t'en passer."

Il lui fit un clin d'œil et elle éclata de rire. Elle venait d'avoir un orgasme avec Drago Malefoy… encore pire, elle venait d'avoir un orgasme grâce à Drago Malefoy ! Et le pire, c'était qu'elle avait adoré ça, elle voulait presque recommencer tout de suite pour ressentir de nouveau toutes ces sensations.

Les mains de Drago descendirent le long de ses cuisses pour remonter sa culotte. Elle se tourna vers lui et commença à faire descendre son jogging, mais les mains de Drago la stoppèrent.

"Qu'est ce que tu fais ?" demanda-t-il doucement.

"C'est à ton tour, non ?"

Hermione ne savait pas vraiment comment s'y prendre, elle n'avait jamais fait ça, mais elle était avide d'apprendre. Elle voulait donner autant de plaisir à Drago qu'il avait réussi à lui en donner. Il secoua la tête lentement :

"Hmm… J'ai très envie, Hermione, crois-moi. Mais je préfère être sobre quand tu feras ça."

"Pourquoi ?"

"J'ai longtemps pensé à ce moment, et je n'en profiterai pas assez avec autant d'alcool dans le sang."

Il lui fit un petit sourire d'excuse. Hermione avait presque oublié à quel point Drago était bourré, ce soir. Elle s'était habituée à sa voix grave et lente qu'il avait depuis qu'elle l'avait vu devant les dortoirs.

"Oh, d'accord."

"Ça y est, tu es déjà accro."

Il lui fit un énième clin d'œil et Hermione sentit le rouge lui monter aux joues, ce qui le fit rire. Il se pencha pour l'embrasser, bien plus doucement que les fois précédentes, et elle se lova dans ses bras.

"Merci de m'avoir donné ta confiance pour faire ça." dit-il après quelques minutes de silence.

Il posa son menton sur le haut de sa tête et Hermione sentit son odeur dans le creux de son cou.

"Merci de m'avoir fait ça."

"Quand tu veux."

Elle devina son sourire sans même le voir.

Hermione n'aurait pas pu dire à quel moment elle s'était endormie. Quand elle rouvrit les yeux, elle n'était plus du tout dans la même position. Drago était allongé en travers du lit, sur le ventre, et l'écrasait presque. Leurs jambes s'étaient entremêlées et le bras de Drago était posé sur son ventre.

Elle tourna légèrement la tête et regarda l'heure sur le réveil de sa table de nuit. 5h17. Tout doucement, elle bougea à l'extrémité du lit, et le bras de Drago retomba sur le matelas faiblement. Il émit une légère protestation dans son sommeil quand elle s'extirpa du lit, mais heureusement, ne se réveilla pas. Elle retira la chemise de Drago qui était encore ouverte et la posa sur son côté du lit, s'habilla rapidement avec ses vêtements de la veille, prit sa baguette, et sortit du dortoir sans un bruit.