Hello !

J'avais adoré les deux films à leur sortie, et je les ai revus récemment. J'ai donc décidé, pour le mois de juin, de lancer un SV30 (et pas un SV31, parce que juin n'a que trente jours xD) sur le duo/couple Maléfique&Diaval.

C'est ma toute première tentative sur ce fandom, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ! Toute critique constructive est la bienvenue.

Bonne lecture !

Prompt 1 : Drame

Contexte de cet OS : AU/Missing Moment


Le soleil avait presque fini de décliner, se couchant sur la Lande et offrant à tous le plus beau des spectacles.

Une belle journée s'achevait à nouveau, et encore une fois, Maléfique n'avait pas bougé de l'endroit où elle s'était assise au bord de l'étang plein de pierres précieuses.

Cela faisait à peine quelques jours qu'elle avait délivré Diaval de l'emprise du fermier et de ses chiens, mais de ce qu'il avait pu constater, quand elle ne l'envoyait pas espionner le château pour des raisons qui lui étaient encore inconnues, c'était là qu'elle passait le plus clair de son temps, les jours succédant aux nuits et les nuits succédant aux jours.

Elle était sans nul doute possible la plus belle créature qu'il avait jamais vue, et pourtant, quelque chose en elle semblait vide, éteint, mort, presque.

A chaque fois qu'il allait s'endormait, elle était là, immobile, impassible, et à chaque fois qu'il se réveillait, il la retrouvait là, exquise statue dont les traits exsangues étaient si froid qu'ils en devenaient semblables à du marbre.

Ses yeux verts, qui auraient pu briller bien plus fort que n'importe laquelle des émeraudes dont ils paraissaient avoir volé la couleur, étaient ternes, atones.

Maléfique contempla l'eau qui s'étendait à ses pieds, et sous laquelle des centaines de joyaux scintillaient à la lueur du couchant.

Elle détestait l'image que lui renvoyait ce miroir trop parfait, exactement – cette image, c'était celle d'avant, avant que l'ombre ne s'abatte sur elle pour emporter tous ses rêves, sa candeur et son amour, pour lui faire voir l'autre côté.

Les cicatrices qui lui brûlaient le dos et lui incendiaient le cœur en étaient le triste rappel, la trace à jamais laissée par la cruauté de l'être humain dans ce que la nature avait fait de plus pur, l'innocence d'une fée.

Elle aurait pu crier, elle aurait pu tempêter, déchaîner les cieux et déclencher la plus puissante des tornades, mais elle n'en trouvait pas la force.

La seule chose qu'elle encore l'ardeur de faire, et qu'elle fit, ce fut de plonger sa main dans l'eau aux flots argentés, irréels.

L'onde provoquée par le mouvement de l'eau vint troubler son reflet, qui se tordit, s'anamorphosa pour correspondre à son âme brisée et aux fragments calcinés de son cœur, et elle eut au moins la satisfaction de constater que cela était beaucoup plus vrai, beaucoup plus ressemblant à ce qu'il restait d'elle.

Elle retira de la main, pour retrouver sa position initiale.

Elle n'avait pas remarqué que Diaval, qu'elle avait complètement oublié de métamorphoser en corbeau après qu'il lui ait fait le rapport de son escapade au château de Stefan, l'observait depuis tout ce temps, son cœur se serrant pour elle, cette fée qu'il connaissait depuis si peu de temps, et qui, en dépit de ce qu'il avait pu entendre dans le royaume des humains, lui paraissait tout sauf monstrueuse.

Se décidant enfin à agir, il se rapprocha d'elle, troublant le silence apaisant de la nuit.

Il s'attendait presque à ce qu'elle sursaute, de le sentir approcher comme cela par derrière, comme un prédateur, mais il n'en fut rien.

Fidèle à ce qu'elle avait fait depuis qu'il s'était mis à son service, elle demeura silencieuse, s'emmêlant dans sa mélancolie apparente et s'emmurant dans ses pensées lorsqu'il s'assit à côté d'elle.

Il hésita.

Il ne savait pas s'il devait lui demander ou non ce qui avait bien pu lui faire perdre le goût de vivre à ce point-là.

Sa curiosité lui hurlait de le faire, mais quelque chose au fond de lui lui soufflait que Maléfique n'apprécierait certainement pas son manque de pudeur, elle qui semblait déjà si peu encline à parler, et encore moins se dévoiler.

Son combat intérieur n'eut pas le temps de faire rage plus longtemps.

« Je sais exactement ce à quoi tu penses. »

Diaval, qui avait lui aussi laissé ses yeux se poser sur l'eau qui avait l'air figée, tourna la tête pour la regarder, et se retrouva face à ses émeraudes, que des larmes qui n'avaient pas été versées emplissaient.

(Oh, comme il aurait aimé être en mesure de les chasser.)

Son esprit à se perdant à nouveau dans ses songes, dans des souvenirs qui éclataient comme des bulles de douleur à la surface de sa mémoire, elle laissa le passé redevenir présent, juste un instant, pour commencer à raconter :

« C'est ici que je l'ai rencontré. A la Mare aux Pierres Précieuses. Il avait été attrapé en train de tenter de voler. Je n'étais qu'une enfant, à l'époque. Lui aussi, à peine plus âgé que moi. Je n'ai pas eu le cœur de les laisser le châtier pour si peu – elle rit amèrement – J'étais stupide. J'avais devant moi la preuve de l'avarice des hommes, et je ne voulais pas qu'elle soit punie. Quoiqu'il en soit, il est revenu me voir plusieurs fois, après cela. Il était devenu mon ami – ou du moins, c'est ce que je croyais. Au fil des ans, notre amitié s'est transformé en amour - encore une fois, j'étais trop stupide pour voir que tout cela n'était qu'un vaste tissu de mensonges – mais il s'est éloigné de moi. Lui, qui n'était qu'un petit orphelin, se voyait vivre au château depuis son plus jeune âge, et n'avait pas l'intention d'abandonner son ambition en grandissant. Jusqu'au jour où le roi et son armée sont arrivées aux abords de la Lande, avec la ferme intention de la prendre. Le roi a été vaincu, et ils sont repartis d'où ils étaient venus. Le soir de cette bataille… »

Elle ne put réprimer un frisson, qui n'était pas due à la fraîcheur de la nuit d'été.

« Le soir de cette bataille, il est venu ici. Pour me mettre en garde, disait-il. Et encore une fois, je l'ai cru. Il aurait pu me dire n'importe quoi, j'avais une telle confiance en lui que je n'aurais rien remis en doute. Et il s'est avéré qu'il m'avait dit n'importe quoi. Même s'il m'avait effectivement prévenue que le roi me voulait morte avant de succomber lui-même, il n'était pas venu que pour ça. »

Diaval redoutait la suite.

« Puisque le roi avait offert la main de sa fille à quiconque pouvait lui apporter la preuve que j'avais été éliminée, Stefan s'était mis en tête de la lui rapporter. On était ici, au même endroit que la première fois où nous nous étions vus. »

Cette fois, elle ne parvint pas à empêcher la larme de couler le long de sa joue pâle et sculptée, et lui, il ne pouvait pas empêcher son empathie pour elle de grandir à chacun de ses mots.

« Il m'a pris mes ailes. Je ne t'explique même pas la douleur – j'avais l'impression qu'on m'arrachait ma vie en même temps que mon âme. Je le haïssais pour m'avoir volé ce que je considérais comme mon trésor le plus précieux, je le détestais tellement, mais il en avait besoin pour prouver sa valeur au roi Henri. Mais ce qu'il a pris après, il n'avait aucune raison de le faire, strictement aucune, si ce n'est celle que lui dictait sa cruauté – la cruauté de tous les humains. Même la souffrance que j'ai ressentie quand il m'a ôté mes ailes n'était rien à côté de celle qu'il m'a fait subir en se forçant en moi comme il l'a fait. Je le suppliais d'arrêter, mais il n'en avait que faire, il continuait, totalement sourd à mes plaintes et à mes supplications. Je me suis sentie sale, souillée… abîmée. »

Diaval offrit les premiers mots qui se présentèrent à son esprit :

« Je suis désolé. »

Le regardant à nouveau, Maléfique sembla accepter cette tentative de réconfort.

« Ce jour-là, j'ai décidé de deux choses. Tout d'abord, que plus aucun humain ne mettrait les pieds dans la Lande aussi longtemps que je serais en vie. Et ensuite que je n'accorderais plus jamais ma confiance à un homme. »

« Mais je ne suis pas un homme. »

Il avait presque honte de l'arrogance dont il avait fait preuve en disant cela, mais elle sourit tristement à travers les quelques larmes qui perlaient aux coins de ses yeux et qui ruisselaient doucement sur son visage, laissant de petit sillons visibles à la lumière de la lune maintenant haute dans le ciel.

« Non… Non, tu n'es pas un homme… »


Merci d'avoir lu !

(Le titre, et cet OS, pour la tournure de certaines phrases, ont été inspirés de la chanson Avant que l'ombre de Mylène Farmer)