Jour 2 : Disney
Contexte : UA!Modern
Diaval, qui était en train de ranger des livres derrière son comptoir, sourit lorsqu'il vit un éclat doré passer la porte vitrée de sa librairie. Il connaissait bien la jeune fille qui venait d'entrer – Aurore venait presque tous les jours seule, rêvasser parmi les étagères de livres, et il mentirait s'il disait que son passage n'était pas devenu avec le temps son rayon de soleil quotidien, aussi doré que ses cheveux blonds.
Si, au début, elle paraissait timide et effacée, au bout de quelques fois, elle s'était avérée être assez bavarde.
Il avait donc appris qu'elle avait été placée avec trois femmes, qu'elle appelait "ses tantes" à la mort de sa mère, quand elle était très jeune, son père n'étant pas apte à s'occuper d'elle seule, et que récemment, ses tantes n'étant plus à même de prendre soin d'elle correctement, elle avait déménagé avec sa vraie tante, la soeur de sa mère, qui était aussi sa marraine.
Au fond de lui, et malgré son air de bonheur permanent gravé sur ses traits juvéniles, Diaval n'avait pas pu s'empêcher d'éprouver une profonde sympathie pour cette jeune fille, à laquelle il s'était rapidement attaché.
Il savait ce que cela faisait, d'être séparé de sa famille et coupé de ses habitudes, et Aurore était beaucoup trop gentille pour avoir mérité tout ça. De surcroît, elle n'avait pas l'air d'avoir beaucoup d'amis à l'école, d'où le fait qu'elle passait la plus claire partie de son temps seule dans sa librairie, et ne lui avait jamais parlé d'une quelconque amitié avec un ou une de ses camarade.
Mais cette fois, elle n'était pas seule.
Une jolie femme la suivait, et dès qu'elle passa la porte, Diaval sentit son coeur sauter un ou deux battements.
Aurore avait presque l'air de l'entraîner derrière elle, tirant sur sa main comme si elle ne pouvait pas marcher assez vite toute seule.
"Pas besoin de me déboîter l'épaule, bestiole, ton livre ne va pas s'envoler."
Les pomettes hautes, les cheveux bruns, les lèvres rouges et charnues, la peau pâle et les yeux verts mouchetés d'or, cette femme était sans nul doute la plus belle qu'il ait jamais vue de toute sa vie.
Une fois qu'elles furent toutes les deux entrées, Aurore adressa un grand sourire à Diaval, et le salua.
Une fois qu'ils eurent échangé quelques banalités, Aurore regarda sa marraine et s'exclama :
"J'ai oublié de faire les présentations ! Marraine, c'est Diaval, je t'ai déjà parlé de lui. Et Diaval, voici ma marraine, Mallory."
Mallory tandis la main par dessus le comptoir, attendant vraisemblablement qu'il la serre, et fut surprise lorsqu'il la prit et déposa un baiser sur ses phalanges :
"Enchanté."
"Enchantée aussi."
Le temps qu'ils fassent leurs présentations en bonne et due forme, Aurore était déjà partie entre les rayons de livres, à la recherche de celui qu'elle avait repéré depuis déjà quelques jours, et qu'elle attendait visiblement de pouvoir venir acheter.
Aurore et sa loquacité habituelle disparue, un silence gêné s'installa entre eux, chacun ne sachant pas quoi dire à l'autre.
Mallory s'éloigna un peu, regardant les livres qui l'entouraient de part en part, mais Diaval ne parvint pas à détacher son regard d'elle, jusqu'à ce qu'Aurore revienne, un air victorieux sur le visage et le fameux livre recherché dans les bras.
"J'ai trouvé ce que je voulais, Marraine !"
Mallory s'interrompit dans son observation, et saisit le livre que lui tendait sa filleule pour jeter un coup d'oeil à la couverture.
"Un livre Disney ? Tu es sûre que tu n'es pas un peu grande pour les contes de fées, bestiole ?"
Aurore leva les yeux au ciel, un grand sourire collé aux lèvres.
"Tu n'y connais rien, Marraine, il n'y a pas d'âge pour les histoires d'amour qui finissent bien."
En disant cela, elle lança un clin d'oeil à Diaval, qui les regardait toujours, accoudé au comptoir.
Il aurait pu jurer que ses joues avaient pris une légère teinte rouge, au moment où les mots étaient sortis de sa bouche, et tâcha de dissimuler le faible tremblement qui s'était emparé de ses jambes.
Mallory secoua la tête avec un léger sourire, avant de tendre le livre à Diaval pour qu'il l'encaisse.
Une fois qu'elles furent toutes les deux parties, Diaval se surprit à espérer qu'il pourrait poser une ou deux questions à Aurore sur sa marraine quand elle reviendrait, histoire d'en connaître un peu plus long sur cette femme qui avait, en si peu de temps, attisé sa curiosité.
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