Hello ! J'ai le plaisir de vous livrer la suite. Je voulais remercier mes revieweuses pour leur soutien, vos commentaires sont une source de motivation immense !

On se retrouve à la fin du chapitre !


Chapitre 10 – Prise de conscience

Depuis leur seconde « première » nuit, Drago et Hermione passaient beaucoup de temps ensemble. Pendant la majeure partie de ce temps, ils étaient nus, se délectant l'un de l'autre. Ils passaient plusieurs soirées par semaine chez la jeune femme et Drago avait pris pour habitude de regarder Hermione travailler à son bureau sur cette étrange machine métallique qu'elle appelait « ordinateur ».

Il prenait un grand plaisir à la regarder travailler depuis son canapé, ces instants lui rappelait les moments volés dans la bibliothèque de Poudlard. Sauf que maintenant, il pouvait s'approcher d'elle et déposer des baisers dans son cou, la faisant gémir avant de subir son courroux pour l'avoir dérangé.

Cependant, il dormait rarement chez elle, elle prétendait qu'elle devait se lever tôt pour travailler sur son mémoire avant d'aller au Ministère et qu'il ne la laissait jamais quitter le lit lorsqu'il était là le matin. Tout ce que Drago entendait, c'est qu'elle ne pouvait pas lui résister.

La distance qu'elle tenait à conserver entre eux était cependant difficile à supporter pour lui. Il aurait voulu la montrer au monde entier, prouver aux autres qu'elle était à lui... Mais elle n'était pas à lui. Elle semblait avoir compris ses allusions lors de leur mise au point après leur premier nuit, mais elle ne s'était pas exprimée davantage sur la question.

Il se doutait que cette réticence à s'engager avait quelque chose à voir avec le Germain. Rien que d'y penser, Drago sentait une colère sourde s'emparer de lui, immédiatement suivi par un élan de culpabilité. S'il n'avait pas été un lâche, ils seraient peut-être ensemble depuis plusieurs années, plutôt que d'entretenir une amitié améliorée à l'abri des regards. S'il n'avait pas été un lâche, il n'aurait jamais fréquenté Astoria Greengrass et il ne lui aurait jamais fait autant de mal.

Lorsqu'il avait appris qu'Hermione avait trouvé quelqu'un, il y a de cela près de trois ans, il avait vrillé. Le petit monde de fantasmes qu'il avait créé dans sa tête s'était irrémédiablement fissuré. Il avait passé ses journées enfermées, avec une bouteille de Whisky-Pur-Feu comme seule compagnie.

Une fois de plus, c'était Blaise qui était venu le secouer. Il avait donc fini par émerger de sa torpeur et avait, pour la énième fois, tenter d'oublier Hermione. Ses parents lui avaient souvent parler de la jeune Greengrass pendant son adolescence, mettant en avant le prestige d'une union entre leurs deux familles et vantant les qualités d'Astoria.

S'il devait renoncer à Hermione, autant se consoler dans les bras de quelqu'un avec qui il pourrait construire un avenir. Il avait donc courtisé Astoria pendant plusieurs mois, même si Hermione n'était jamais loin dans son esprit.

Il avait honte, quand il y repensait. Lorsqu'il couchait avec Astoria, il ne voyait qu'Hermione. Lorsqu'il lui susurrait des mots doux, il n'en pensait pas un mot. Au bout de plusieurs mois, il avait senti la pression de sa mère s'intensifier. Les Sang-Purs ne sortent pas ensemble très longtemps avant de se fiancer. Face à cette pression familiale, il avait craqué et avait rompu avec Astoria, plutôt brutalement. Il avait regretté son comportement, mais était bien trop fier pour faire amende honorable. Il avait disparu de la vie de la jeune fille, s'enfermant dans son laboratoire pendant des jours, n'en sortant que lorsque c'était nécessaire.

La seule chose de positive à ressortir de cette histoire, c'étaient ses travaux sur la potion Tue-Loup, qu'il avait commencé à ce moment-là. La difficulté d'une telle entreprise avait été une échappatoire bienvenue pour fuir les tourments de sa vie privée.

Il sortit de ses divagations pour s'avancer vers Hermione. Elle était toujours en train de pianoter sur les touches de sa machine de malheur. Il en profita pour lire par-dessus son épaule :

Analyse historique et juridique de la construction européenne dans le monde moldu.

Dans quelle mesure la communauté magique européenne peut-elle adapter le modèle moldu dans la création de la Ligue Magique Européenne ?

Hermione Granger, 4ème année, Droit et administration, Institut magique de Bordeaux.

La table des matières qui accompagnait sa problématique était vertigineuse, Drago se demandait comment elle pourrait abattre un tel travail tout en travaillant à côté et sans devenir cinglée.


Hermione s'était installé dans ce quotidien studieux et intense. Ses horaires au bureau avaient été diminués pour lui permettre d'organiser et d'avancer dans son travail universitaire. Elle divisait donc son temps entre son bureau du ministère, son appartement et les bibliothèques universitaires moldues. Certes, la soutenance n'aurait lieu qu'au mois de juin, mais le travail écrit devrait être achevé trois mois plus tôt. Hermione n'avait jamais perdu ses habitudes pris à Poudlard, et être autre chose qu'en avance sur ses devoirs lui donnait la nausée. Cette charge de travail lui permettait également de faire l'autruche concernant sa vie privée.

D'abord réticente à laisser Drago arpenter son salon pendant qu'elle travaillait, elle trouvait sa présence apaisante finalement. Certes, il venait souvent la déranger, mais lorsqu'il n'était pas là, elle ressentait une sorte de vide qui nuisait à sa concentration.

Ils avaient aussi discuté de nombreuses choses, notamment de leurs années d'études.

Drago avait exprimé ses regrets concernant son attitude et Hermione lui avait assuré qu'elle avait fait un trait sur ces histoires depuis longtemps.

Elle ne lui avait pas mentit au sens propre, elle avait bien compris que l'influence de son père était le moteur principal de son comportement. Elle avait pardonné, mais jamais elle n'oublierait. Elle ne lui avouerait probablement jamais, mais ce harcèlement avait eu un impact beaucoup plus grand qu'elle ne le laissait paraître. Elle avait mis plusieurs années à reprendre confiance en elle, notamment par rapport à son physique. Ironique, la personne qui l'avait fait le plus souffrir avec ses remarques étaient aussi la personne qui la faisait se sentir femme désormais. Il révérait son corps comme un autel dans un lieu de culte et jamais Hermione ne s'était sentie autant en confiance que lorsqu'elle était nue face à Drago et qu'elle apercevait cette lueur dans ses yeux.

Cependant, ils avaient pris soin de ne pas reparler de l'état de leur relation actuelle. Ils se comportaient comme un couple dans beaucoup d'aspects, mais Hermione détournait habilement la conversation lorsqu'elle était sur une pente glissante, préférant compartimenter les aspects de sa vie.

Elle appréciait qu'il s'adapte à elle, il protestait rarement alors qu'elle travaillait souvent tard, n'ayant que peu de temps à lui consacrer. Elle ne pouvait s'empêcher de comparer cette dynamique avec celle qu'elle entretenait avec Peter. Ils travaillaient souvent ensemble, mais c'était pour leur bénéfice respectif. Peter n'aurait jamais patienté gentiment dans la chambre d'Hermione pendant qu'elle travaillait, alors que lui-même n'avait rien à faire. Lorsqu'il voulait sortir, il le faisait savoir sans détour, laissant peu de choix à Hermione.

Avec le recul, elle se rendait compte à quel point il avait été intransigeant, borderline toxique. Mais à l'époque, elle était tellement impressionnée et flattée d'avoir à ses côtés la coqueluche du campus qu'elle acceptait beaucoup de choses qu'elle n'aurait pas dû. Elle s'était perdue dans cette relation pendant longtemps, cherchant par tous les moyens l'approbation de son compagnon. Encore aujourd'hui, elle se demandait ce qu'elle serait devenue si elle avait accepté la proposition de Peter. Elle serait probablement devenue une femme de l'ombre, Peter aurait fait en sorte qu'elle ne puisse pas l'éclipser.

Certes, Drago protestait également de temps à autre, souhaitant lui changer les idées. Chaque week-end, il tentait de proposer une activité, qu'Hermione refusait souvent, mais le jeune homme n'en prenait pas ombrage.

Il avait finalement réussi à la faire sortir en lui proposant d'aller voir un ballet. Elle avait d'abord protesté, justifiant ses échéances de fin d'année, mais avait finalement cédé quand il lui annonça que le Royal Ballet présentait le Lac des Cygnes. Elle adorait ce spectacle, qu'elle avait vu pour la première fois avec sa mère pendant son enfance. Elle en avait vu presque toutes les versions et celle qui était proposé pour cette saison était sa préférée : celle dans laquelle tout le monde meurt. Elle n'avait jamais été friande de contes de fées à l'eau de rose, préférant largement les histoires où la triste réalité s'imposait aux protagonistes. Même si elle avait protesté, sortir lui ferait probablement du bien et elle pourrait retourner travailler l'esprit plus serein.

La performance avait été époustouflante et Hermione se sentait ragaillardie et heureuse d'avoir cédé à la proposition de Drago. Se sentant relativement à l'abri dans le Londres moldu, ils se laissèrent aller à un baiser passionné sur les marches du théâtre. En rouvrant les yeux, la vision des cheveux platines de Drago auréolés par la lumière du bâtiment le rendait irréel, il était tellement beau. Ils étaient tellement beaux et elle se sentait bien à cet instant. Il lui souriait comme s'il était la plus belle chose qu'il n'ait jamais vu.

Ce constat désarçonna Hermione et pour la première fois depuis l'évolution de leur relation, presque deux mois plus tôt, elle se rendit compte qu'elle voulait plus. Plus que de simples moments de plaisirs dans l'intimité de son appartement, elle voulait être avec lui. Cet instant magique fut rapidement remplacé par l'angoisse.

Elle ne voulait pas revivre ce qu'elle avait vécu avec Peter en laissant ses sentiments pour lui primer sur son propre épanouissement. Elle craignait que Drago ne soit de toute façon pas intéressé par une relation plus sérieuse. Même s'il avait semblé déçu lorsqu'elle lui avait fait part de son envie d'y aller doucement, elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il était peut-être content de leur situation actuelle.

Hermione craignait de faire éclater la petite bulle dans laquelle elle se sentait si bien à l'heure actuelle.

Et même s'ils étaient tous les deux partants pour quelque chose de plus sérieux, il restait la question du reste de la communauté. Beaucoup de choses avaient changé depuis la guerre, mais pas à ce point. Elle redoutait que le monde entier soit contre eux. Harry et Ginny ne seraient sûrement pas un problème, mais Ron, c'était une autre paire de manches. Leur séparation et les études d'Hermione les avaient éloignés, mais elle le considérait toujours comme un ami proche. C'était sans parler des parents de Drago, à la pensée de Lucius Malefoy, elle frissonna.

Ils formaient tout de même un duo singulier : la née-moldue qui avait passé sa vie à prouver qu'elle avait sa place dans le monde des sorciers et le sang-pur dont la lignée millénaire - bien qu'entaché par leur allégeance à Voldemort - était l'une des plus prestigieuses de Grande-Bretagne.

Elle devrait bientôt prendre une décision : soit elle se décidait à se lancer - quitte à souffrir à nouveau -, soit elle mettait un terme à toute cette histoire et reprenait le cours de sa vie. Mais pour l'instant, elle reposa à nouveau ses lèvres sur celles de Drago, en partie pour cacher son trouble.

Trop absorbés par leur étreinte, aucun d'entre eux ne remarqua le clic de l'appareil photo, ni l'homme qui les observait d'un air satisfait.

Les conséquences de ce moment d'égarement se firent ressentir dès la semaine suivante. Drago vint toquer à la porte d'Hermione. D'abord surprise mais ravie de cette visite, Hermione déchanta vite en voyant l'expression de Drago. Il tenait à la main un exemplaire de Sorcière Hebdo et Hermione laissa échapper un cri d'horreur. Ils étaient en couverture et elle reconnut tout de suite sa tenue. La photo avait été prise juste devant l'opéra et Hermione sentit son estomac se contracter. La photo animée affichait leur baiser. On lui avait volé ce moment si important pour elle. Celui où elle avait pris conscience de l'éclosion de ses sentiments. D'une main tremblante, elle ouvrit la publication et tomba sur l'article les concernant.

« Le Mangemort et l'héroïne : une union contre-nature ?

C'est une nouvelle qui va sûrement faire l'effet d'une Bombabouse. Samedi soir, à l'occasion de la première du Lac des cygnes (un spectacle de danse moldu), ce n'est pas le talent de la danseuse principale qui a retenu l'attention d'un de nos confrères, mais la présence d'un duo incongrue. Drago Malefoy et Hermione Granger ont assisté ensemble à la représentation et la proximité observée par notre confrère ne laisse la place à aucun doute sur la nature de leur relation.

Fils unique de Lucius Malefoy (Mangemort reconnu et libéré d'Azkaban depuis seulement quelques semaines) et de Narcissa Malefoy, née Black, Drago Malefoy a fait ses études dans la maison Serpentard. Plusieurs de nos sources rapportent que les deux jeunes gens n'avaient aucune affection l'un envers l'autre à cette époque. Plus que ça, il semblerait que le jeune Malefoy avait comme mission de pourrir la vie de l'amie du Survivant. Loin des radars médiatiques depuis qu'il a ouvert son laboratoire sur le Chemin de Traverse, il était connu pour ses prises de positions similaires à celle de son père concernant le Statut du sang. Nous rappelons à nos lecteurs qu'Hermione Granger est née-moldue. Connue du grand public pour son implication dans la chute de Vous-Savez-Qui, beaucoup considèrent qu'elle est la sorcière la plus brillante de sa génération.

On se demande donc ce qui a poussé Hermione Granger à passer outre ces années de haine. Les intentions du jeune Malefoy peuvent aussi être débattues : se rapprocher de la Née-moldue la plus célèbre de notre époque est-il une tentative pour redorer le blason de la famille ? Le jeune homme, très discret depuis son retour en Angleterre, souhaite-t-il profiter de cette idylle pour promouvoir son commerce ? Lucius Malefoy, connu pour ses idées arrêtées sur les Nés-Moldus, a-t-il déjà renié son fils ? Harry Potter est-il au courant de la relation intime entre eux ? Tant de questions auxquelles nous tenterons d'apporter une réponse dans les semaines à venir. »

Hermione était horrifiée, comment ce torchon osait-il déblatérer de telles horreurs ?! En jetant un œil par la fenêtre de son bureau, elle se rendit compte que plusieurs personnes s'amassaient à l'entrée du petit parc non loin de l'entrée de son appartement. Cette situation avait un désagréable goût de déjà-vu. Elle avait déjà subi le harcèlement des journalistes juste après la fin de la guerre et elle se félicita d'avoir protégé efficacement son appartement, sans quoi ils seraient déjà devant sa porte.

Cependant, cet article faisait écho à ses angoisses. Elle n'avait pas encore pris le temps de parler à Drago de la découverte de ses sentiments, maintenant il lui faudrait expliquer à ses proches une situation qu'elle-même avait du mal à comprendre. Elle regrettait amèrement ses atermoiements désormais. Comme si l'univers voulait la punir d'un crime dont elle n'avait aucune conscience, elle n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche pour faire comprendre à Drago qu'elle ne croyait pas un mot de l'article qu'un crac sonore l'interrompit.

Un Ron aussi rouge que le blason des Gryffondor fit son apparition dans le salon d'Hermione, son visage tordu par la colère ne laissait présager rien de bon. Elle fit signe à Drago de les laisser seuls et Ron le suivit d'un regard noir jusqu'à ce qu'il ferme la porte de la chambre. Si elle était étonnée de la contenance dont faisait preuve son ex petit-ami, elle se doutait que ce n'allait pas durer.

« EST-CE QUE C'EST UNE BLAGUE ?! » hurla-t-il en jetant un exemplaire de Sorcière Hebdo à la figure d'Hermione. « As-tu complètement perdu l'esprit ?! »

« Ron... » commença Hermione, d'une petite voix qui ne lui ressemblait pas.

« Il t'a fait subir un sortilège d'amnésie ?! Je ne vois que ça comme explication pour que tu puisses fréquenter cette sale fouine ! Ton cerveau s'est ramolli pendant ton séjour en France ? »

Qu'il soit en colère, Hermione le comprenait, elle l'aurait aussi été si elle avait découvert que Ron entretenait une liaison avec Millicent Bullstrode dans les journaux. Mais qu'il remette en cause son intelligence ou son état mental, c'était trop pour Hermione.

« Ronald Weasley, comment oses-tu ? Pour qui me prends tu ? » s'exclama-t-elle, en reprenant contenance.

« Harry et Ginny qui le côtoient, passe encore, mais toi tu couches avec ! Comment as-tu pu tomber aussi bas ?! Si c'est pour rendre jaloux Peter... »

« Ça suffit ! » l'interrompit Hermione dans un cri qui rappelait les pires moments de Molly Weasley. « Je n'ai pas à t'écouter me juger ! Je ne suis pas une des greluches qui te tournent autour depuis la fin de la guerre ! Que tu sois en colère je le comprends, mais ta réaction me déçoit profondément. Nous sommes amis depuis près de 15 ans, j'ai laissé passer beaucoup de tes conneries parce que je tiens à toi, mais là c'est trop ! Si tu n'es pas capable de t'intéresser cinq secondes à mes sentiments, je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps avec tes états d'âme ! Sors de chez moi ! »

« Mais … »

« SORS DE CHEZ MOI AVANT QUE JE TE FASSE SORTIR MOI-MEME ! »

Dans un fracas, les fenêtres du salon venaient s'ouvrir à la volée, la colère suintait par tous ses pores et elle ne faisait rien pour contrôler la magie qui en résultait. Ron sembla battre en retraite et disparu dans le même crac sonore qu'il était arrivé. A peine avait-il quitté les lieux qu'Hermione se laissa tomber sur le canapé et fondit en larmes. La tension des derniers jours, combiné à la colère et la déception qu'elle ressentait à présent, s'évacuaient dans un torrent de larmes. Elles ne s'arrêtèrent pas lorsqu'elle sentit le canapé s'affaisser à côté d'elle et les bras de Drago l'entourer. Elle continua à sangloter et ne leva pas la tête lorsqu'elle entendit la cheminée s'activer. C'est seulement lorsqu'elle ne sentit plus les mains de Drago lui caresser les cheveux qu'elle rouvrit les yeux pour découvrir un Harry très inquiet.

« Il a débarqué Square Grimmaurd, pensant que j'allais être d'accord avec lui. Ginny lui a passé un savon magistral et l'a ligoté. Elle est partie chercher Molly pour finaliser le travail. Je suis tellement désolé de sa réaction, Hermione. »

Elle ne répondit pas, mais se blottit dans les bras de son meilleur ami. Il ne semblait pas très surpris par les révélations du magazine féminin, mais elle se poserait des questions plus tard. Drago avait remis sa veste, il semblait être sur le point de partir. Hermione se décala d'Harry et attrapa sa main dans un geste désespéré, elle ne voulait pas qu'il parte. Il lui sourit avant de déposer un baiser sur son front et de quitter l'appartement.


Lorsque Drago quitta l'appartement, il transplana directement vers sa deuxième destination de la journée. En apparaissant devant les grilles, il sentit son estomac se contracter, comme à chaque fois qu'il se trouvait dans le manoir où il avait grandi. Lieu de ses plus tendres souvenirs d'enfance et de ses cauchemars les plus vivaces.

Dans la mesure du possible, il évitait de revenir ici. Il voyait sa mère chez lui ou dans des lieux publics. Mais avec la situation actuelle, il fallait bien qu'il affronte ses parents et il savait que son père l'attendrait ici. Il ne prit pas la peine de frapper et se dirigea directement vers l'un des salons, où son père avait l'habitude de se détendre.

Lucius Malefoy était installé dans son fauteuil, les traits tirés, un exemplaire de ce foutu magazine sur la table basse à côté de lui. Azkaban lui avait fait perdre de sa prestance. Chaque fois qu'il le voyait, Drago ne comprenait pas comment il avait pu autant l'admirer. Sa longue chevelure avait été rasé de près pendant son séjour en prison et il arborait désormais une coupe de cheveux courte et disgracieuse. Il tentait de garder une posture assurée, mais Drago n'était plus si facilement impressionnable. Ils s'affrontèrent du regard et Drago attendait que le couperet tombe, ce qui ne tarda pas à arriver :

« Comment peux-tu faire ça à notre famille ? Nous avons déjà perdu notre réputation et toi tu veux souiller notre sang ?! » finit par s'écrier le patriarche.

« La faute à qui si le respect attaché à notre nom a disparu ? » rétorqua le jeune homme sans baisser les yeux face au regard inquisiteur de son géniteur.

« Ne me parle pas sur ce ton, fils. Tu me fais tellement honte ! Un millénaire de pureté que tu veux balancer par la fenêtre ! Si je m'écoutais, je te déshériterais et te renierais ! »

« Mais faites Père ! Ce serait tellement plus simple si je n'avais jamais été votre fils ou mieux, si vous aviez pu avoir la décence de mourir à Azkaban ! »

La colère s'insinuait en lui comme un poison, il ne pensait pas un mot de ce qu'il disait, mais il avait envie de faire souffrir son père. Ce père qui les avait entrainés dans sa folie aux côtés de Voldemort. C'était Drago qui avait payé pour ses échecs auprès du Seigneur des Ténèbres. C'était son père qui était responsable de la marque sur son bras. C'était ce même père qui avait laissé son maître se servir de son fils comme instrument de torture.

« Tu te rends compte que tu es prêt à mettre fin à mille ans de pureté et de prestige ?! Notre famille rayée du registre des Vingt-Huit Sacrées ! »

« Oh pitié ! Vous savez comme moi que ce n'est que pure propagande et que des bourses ont changés de propriétaire quand le vieux Nott a créé la liste ! » rétorqua Drago, excédé par l'intolérance dont faisait encore preuve son père, malgré son séjour en prison. « Le monde a changé, mais apparemment vous n'avez pas reçu le hibou. Je me fiche de l'origine d'Hermione, tout ce que je sais c'est que c'est la sorcière la plus brillante que j'ai jamais connu ! »

« C'est cette petite Sang-de-Bourbe qui te fait perdre l'esprit mon pauvre ! »

« Je vous interdit de parler d'elle sur ce ton ! » cracha Drago, les poings serrés.

« Te rends-tu seulement compte dans quoi tu t'embarques ? Les grandes familles ne voudront plus rien avoir à faire avec toi après ça ! Et quand ta petite crise sera terminée et que tu voudras faire un mariage digne de ton rang, tu seras coincé ! »

Drago ne put s'empêcher d'éclater de rire sans joie, un rire à glacer le sang qui résonnait dans la pièce entière.

« Ma petite crise, comme vous l'appelez, elle dure depuis des années, Père ! »

Il s'apprêtait à lui cracher au visage que cela faisait des années qu'il était obsédé par elle, bien conscient que cette découverte allait enfoncer le couteau dans la plaie.

« Drago » l'interrompit une voix dans son dos qu'il reconnut immédiatement.

Narcissa Malefoy, toujours aussi belle malgré les années, se tenait dans l'embrasure de la porte. Son port altier et son expression impassible avait toujours intimidé son fils bien plus que les cris de Lucius. Face au regard perçant de sa mère, il avait toujours l'impression d'être un enfant.

« Mère », lui répondit-il, sa voix légèrement éraillée.

« Comment as-tu pu me cacher ça, mon fils ? » demanda-t-elle d'un ton sévère.

« Je ne voulais pas vous décevoir, après mon comportement avec Astoria … »

« Fadaises ! Tu n'étais pas heureux, tu l'as quitté. Bon d'accord, tu t'y es pris comme un manche et le club de lecture en a fait des choux gras pendant des semaines. Mais ta tête sur cette photo, on peut lire en toi comme dans un Poufsouffle. Comment as-tu pu me cacher tes sentiments pour cette jeune fille ? »

Drago resta interdit, elle ne lui avait jamais parlé de cette façon. Jamais sa mère ne lui avait parlé de ses histoires d'amour, lorsqu'elle lui parlait d'Astoria, c'était toujours sous l'angle du prestige familial. Il ne put s'empêcher de baisser les yeux comme un gamin pris en faute.

« La seule chose qui compte à mes yeux, c'est ton bonheur. Et la photo de vous ne trompe pas, tu l'aimes, n'est-ce pas ? »

Drago écarquilla les yeux, complètement estomaqué par la réaction de sa mère. Elle avait toujours été plus affectueuse de son père, mais parler ouvertement d'amour n'était pas chose commune chez les Sangs-Purs.

« Oui mère, je l'aime » finit-il par répondre dans un murmure. Le dire à haute voix rendait la situation beaucoup plus réelle, un peu trop réelle... Surtout que cet article avait peut-être tout gâché. Et si Hermione croyait les théories ridicules du magazine ? Elle était trop bouleversée par le comportement de cochon de la Belette pour en parler lorsqu'il l'avait laissé avec Potter.

« Dans ce cas, tu vas devoir te battre, fils. »

Elle lança un regard noir à son mari qui avait esquissé un geste de protestation derrière eux et ce dernier croisa les bras, boudeur.

« Et si elle croit aux âneries de Sorcière Hebdo ? »

« Ne viens-tu pas de dire à ton père qu'elle était brillante ? Alors ne désespère pas. »

« Et si elle ne partage pas mes sentiments ? Contrairement à ce que l'article veut faire croire à tout le monde, nous ne sommes pas ensemble, enfin pas vraiment. »

Expliquer à sa mère qu'ils entretenaient une liaison purement charnelle était quelque chose que Drago n'aurait jamais pensé faire.

« Tu es un Malefoy mon fils, cesses de chercher des excuses et bats-toi, bats-toi pour elle mais surtout, bats-toi pour toi, car crois-moi, sans elle tu ne seras jamais complètement heureux. »

Elle avait cessé de fixer son fils pour diriger son regard vers son mari. Drago n'avait jamais vu autant d'émotions dans les yeux de sa mère. Elle observait son mari avec un mélange étrange de tendresse et de déception. Ce dernier avait arrêté de bouder comme un enfant et ne pouvait détacher son regard de cette femme qui ne l'avait pas abandonné malgré tout le mal qu'il avait causé.


Et voilà !Il y'en a une qui s'est enfin réveillé, mais un peu tard. Evidemment, il fallait qu'ils se fassent griller à un moment. Nous verrons ensemble dans le prochains chapitre quels seront les conséquences de cette exposition sur nos deux tourtereaux.

Il serait d'ailleurs temps qu'Hermione s'active un peu, sous peine de passer à côté de quelque chose de beau. Où est le courage des Gryffondor quand on en a besoin?

N'hésitez pas à me laisser votre avis et à bientôt !