Salut la compagnie, de retour pour un nouveau chapitre. On s'approche rapidement de la fin, je voulais prendre un moment pour vous remercier d'avoir suivi cette aventure. Je réfléchis pas mal à la suite en ce moment et j'espère que mes prochains projets vous plairont.
Bonne lecture !
Chapitre 11 – Fuite :
Les jours qui suivirent la publication de Sorcière Hebdo furent pénibles pour Hermione. Elle avait fini par s'habituer aux regards curieux dans les couloirs du Ministère, mais maintenant, c'étaient des expressions hostiles qu'elle rencontrait quand elle levait les yeux de ses dossiers.
Les gens semblaient la fuir, de peur d'être contaminé par sa folie. Heureusement pour Hermione, Hestia Jones n'avait pas de temps à perdre avec les tabloïds et son travail n'en fut pas affecté.
Ce qui était plus difficile à supporter, c'était les allusions déplacées de Peter, qui semblaient s'être accordé avec Ron. Pendant leurs réunions de cette semaine, il s'était permis de lancer quelques piques en reprenant le vocabulaire de l'article. Son sourire si affable se transformait en rictus moqueur lorsqu'elle entrait dans la pièce.
Hermione avait pris sur elle pour ne pas lui lancer un maléfice en pleine réunion. Heureusement pour lui, Kingsley était présent à chacune de ses réunions, sinon il lui aurait servi de cible pour pratiquer son maléfice de chauve-furie, dont Ginny lui avait partagé le secret.
Lorsqu'elle rentrait chez elle, elle était obligée de transplaner directement dans son appartement pour ne pas attirer l'attention des journalistes qui campaient devant son appartement. Elle avait même dû ensorceler ses fenêtres pour ne pas être vue de l'extérieur. Elle avait l'impression d'être prisonnière de son propre appartement.
Depuis la sortie du magazine, elle faisait la morte. Elle ne voulait voir personne, s'enfermant chez elle et se plongeant dans ses recherches pour oublier les doutes et l'angoisse qui l'assaillaient. Harry et Drago étaient passé plusieurs fois, mais elle refusait obstinément de leur ouvrir et avait bloqué l'accès par cheminée et transplanage. Elle avait bien conscience que c'était égoïste de sa part, que ses amis devaient être inquiets et que Drago commençait probablement à la détester, mais c'était au-dessus de ses forces.
Le harcèlement des journalistes la replongeait dans une époque qu'elle aurait aimé oublier, une époque où elle faisait le deuil de ses camarades tombés à Poudlard, une époque où elle se remettait doucement du traumatisme de leur cavale et de la guerre. Les flashs des appareils lui rappelaient les journées qu'elle avait passé cloitrée au Square Grimmaurd dans les jours qui avaient suivis la bataille. Harry et elle n'avaient pas pu mettre un pied dehors à cause de ces vautours pendant près d'une semaine. De toute façon, à cette période ils n'avaient aucune envie de sortir, la douleur était trop cuisante.
C'était puéril, elle le savait, car la situation était bien différente aujourd'hui. Ce n'étaient pas ses actes de bravoure qui intéressaient les journalistes, mais sa vie intime. Elle souffrait de l'absence de Drago, mais elle n'avait aucune envie de lui parler de ses sentiments dans une situation pareille. Serait-il réceptif à sa déclaration seulement à cause du contexte actuel ? Serait-il réceptif tout simplement ? Cet article avait tout gâché, Hermione ne contrôlait plus rien et détestait ça. Comment voulez-vous qu'elle tente un rapprochement plus sérieux avec Drago sous l'œil des journalistes ?
Lorsque le vendredi soir arriva, elle fut prise d'une impulsion. Si les Anglais avaient décidé qu'elle était persona non grata, elle retournerait là où on la laisserait tranquille. Quelques transplanages plus tard, elle était devant une villa normande et attendait qu'on lui ouvre.
Lorsqu'elle ouvrit la porte, Sarah ne put cacher sa surprise à la vue d'Hermione, mais cet état ne dura que quelques secondes.
« Mais qu'est-ce que tu fais là ?! Oh peu importe, sauve-moi ! Hélène a élu domicile dans la salle d'armes, elle prétend que les ondes des premières années perturbent sa magie. Je l'adore mais elle peut être tellement chiante quand elle veut. »
« Bonjour à toi aussi, désolé de débarquer à l'improviste » répondit Hermione, qui semblait se rendre compte seulement maintenant de l'absurdité de la situation. « Si je peux faire office d'arbitre entre toi et ta sœur, heureusement que je suis venue. » ajouta-t-elle en entrant dans la demeure ancestrale des Montespan.
Cette remarque eut pour effet de faire rire la jeune Française. Hélène Montespan avait deux ans de moins que Sarah, elle étudiait également à Bordeaux mais plutôt que la politique, c'était la métamorphose et les sortilèges qui la passionnaient. Elle se destinait à l'enseignement et à la recherche. Aussi excentrique que son ainée, elle n'était cependant pas attirée par les distractions et les mondanités, préférant la solitude et le travail de l'esprit à la compagnie des autres.
Depuis la mort de leur mère, les deux sœurs avaient hérité de la propriété familiale et devait la partager. Hermione suivit Sarah dans la maison, jusqu'à la chambre qu'elle occupait lorsqu'elle séjournait ici pour y déposer ses affaires. Les tons écarlates des tentures lui rappelaient toujours le dortoir de Gryffondor, en bien plus luxueux.
Après s'être installé, elle rejoignit Sarah dans le jardin d'hiver, plongé dans un livre. La véranda permettait de profiter du paysage normand malgré les températures qui commençaient à chuter. A peine avait-elle pris place dans le fauteuil à côté de son ami qu'une boisson aux couleurs chatoyantes apparut dans sa main.
« Bon, maintenant que tu es installé, est-ce que tu vas m'expliquer la vraie raison de ta visite ? » finit par demander la Française en refermant son livre.
Les joues d'Hermione rosirent légèrement. Mine de rien, Sarah la connaissait bien.
« Drago et moi nous... »
« ... couchez ensemble » l'interrompit-elle. « Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Tu as ta tête d'Hermione satisfaite sexuellement. »
En guise de réprimande, Hermione lui donna un coup dans l'épaule.
« En effet. J'ai tenu à garder ça entre nous, mais la presse s'en est mêlée. J'avais besoin d'un break pour échapper à l'attention médiatique et pour réfléchir. »
« Je sais … »
« Comment ça, tu sais ? » s'exclama Hermione, visiblement confuse.
« Peter a trouvé pertinent de me faire parvenir l'article du magazine, il m'a demandé si je savais quelque chose. Je lui ai répondu que ce n'étaient pas ses affaires. Qu'il n'avait qu'à t'en parler lui-même et que s'il n'était pas content que tu sois avec quelqu'un d'autre, il n'avait qu'à pas jouer au con. »
Hermione rit face à la défense farouche de son amie, mais elle sentait la colère monter. Pour qui se prenait-il ?!
« Ça explique son attitude de cette semaine. Il n'arrêtait pas de m'envoyer des piques que je prenais soin d'ignorer. J'aurais dû comprendre il y a des années que ce n'est pas moi qui attirais Peter, c'est l'idée que je sois à lui qui l'excite. Autrement, il est incapable de me contrôler et ça le rend dingue. »
Elle avala une gorgée de son cocktail avant de reprendre ses explications, qui commençait à ressembler à une séance au confessionnal.
« Mais Drago et moi ne sommes pas ensemble. » reprit-elle alors que Sarah l'observait attentivement. « Enfin pas techniquement. Nous sommes amants, mais l'article prouve bien que les chances sont contre nous. J'adore passer du temps avec lui et il me fait grimper aux rideaux, mais je ne sais pas si j'ai la force de me battre contre toute la société magique britannique juste pour ses beaux yeux... et ses abdos... et ses fesses. »
« Tu te prends trop la tête, vous vous entendez à merveille et il est visiblement raide dingue de toi. Tu as combattu l'un des plus grands mages noirs de l'histoire de la sorcellerie et tu as peur de quelques grincements de dents de la part de vieux cons qui n'acceptent pas que le monde change ?! Je croyais que les Gryffondor étaient connus pour leur courage. En plus, même si les autres ne s'en sont pas rendus compte en voyant la photo, tes yeux ne trompent pas. Tu le regardes comme tu regardais Peter, avant qu'il ne fasse n'importe quoi. «
Hermione baissa la tête, penaude. Sarah n'avait pas tort.
« Je crois que j'ai usé toute ma réserve de courage pendant la guerre. Pourquoi je ne suis attiré que par les types compliqués ? »
« Parce que sinon, tu t'ennuis ferme ? » avança son amie.
Hermione soupira, le pire c'est qu'elle avait raison.
Sarah finit par décréter qu'il fallait lui changer les idées et pour cela, rien de tel qu'un dîner. Sarah en trépignait presque et Hermione lui sourit d'un air moqueur.
« Tu cherchais une excuse pour recevoir, c'est ça ?! » demanda la brune, clairement pas dupe.
« Mais pas du tout ! » répondit-elle d'un ton innocent qui ne marchait plus sur Hermione depuis des lustres.
Elle se leva d'un bon, déclarant qu'elle avait des invitations à lancer avant de quitter la pièce, laissant Hermione seule avec ses pensées. Elle ne voulait pas d'une petite relation rangée, mariage dans la foulée et deux enfants en deux ans. Non, elle voulait tout : une passion dévorante, un esprit à la hauteur du sien et une tendresse infinie. Trouverait-elle tout ça chez Drago Malefoy ?
Elle alla finalement saluer Hélène dans la salle d'armes, y trouvant un bon moyen d'empêcher son esprit de divaguer. Située au sous-sol, son nom indiquait très bien son utilité car elle renfermait l'une des collections d'armes de guerre moldues les plus impressionnantes qu'Hermione n'ait jamais vue. De la lance romaine à la mitrailleuse automatique de la Première guerre mondiale en passant par des épées aux alliages des plus surprenants, n'importe quel musée d'histoire aurait remué ciel et terre pour acquérir certaines de ces pièces.
Hermione soupçonnait d'ailleurs que certains de ces objets soient uniques au monde. Sarah lui avait expliqué que c'était la collection de sa grand-mère, qui avait amassé ces trésors au nez et à la barbe de l'occupant nazi pendant la Seconde guerre mondiale.
« Bonjour Hélène » salua Hermione alors qu'elle distinguait une silhouette au milieu de l'immense salle.
« Alors, tu es venue te cacher chez nous » répondit Hélène, sans ouvrir les yeux ni se tourner vers elle.
Le silence d'Hermione fit office de réponse. Hélène avait toujours été très perspicace, ça en était presque agaçant.
« Et toi, tu es venue emmerder ta sœur ? »
Hélène n'ouvrit pas les yeux mais Hermione, qui s'était rapproché d'elle, vit un sourire en coin se dessiner sur son visage.
« Tu sais bien que c'est mon sport préféré. »
Elle prit place à côté de la jeune femme et entreprit de regarder ce qu'elle avait pris en notes. Des schémas complexes parsemés de runes étaient étalés tout autour d'elle. Hermione n'en comprenait pas la moitié mais lorsqu'elle avisa l'air de concentration d'Hélène, elle retint les dizaines de questions qui lui passaient pat la tête.
Hélène ouvrit subitement les yeux et attrapa une plume à côté d'elle pour annoter les schémas. Lorsqu'elle eut terminé, elle releva son regard azur - en tout point semblable à celui de sa sœur - vers Hermione et lui sourit.
« Alors, tu as déjà trouvé la solution à la coopération magique européenne et tu viens prendre une pause bien méritée ? » demanda une Hélène pleine de sarcasme.
« Franchement, laisse tomber les études et part sur les routes pour faire rire les gens ! » rétorqua Hermione, moqueuse. « Alors dis-moi, sur quoi tu travailles ? »
« Oh rien de très compliqué, je cherche à stabiliser les sorts de dissimulation pour augmenter les protections autour de Beauxbâtons. »
« Ah rien que ça ! Tu auras donc fini demain soir pour le dîner de ta sœur ! » répondit Hermione, faussement blasée.
La boutade d'Hermione fit arquer un sourcil à Hélène.
« Qu'est-ce qu'elle mijote encore ? Je suis venue ici pour être tranquille, par pour faire le pot-de-fleur à une de ses stupides soirées. »
Hermione rit de bon cœur, elles avaient beau passer leur temps à se chamailler, les deux sœurs s'aimaient énormément. Elles étaient simplement partisanes de l'amour vache. Hermione, fille unique, leur enviait souvent leur lien. Elle passa encore un peu de temps avec Sarah avant d'aller se coucher.
Le lendemain, Hermione s'était réveillé tôt et avait profité du lever de soleil sur la mer tout en buvant son café. Le calme de cet endroit était reposant après la semaine qu'elle avait eu.
Sarah était rapidement partie au marché pour le repas du soir. Hermione n'avait jamais compris cette manie qu'elle avait de faire ça à la moldue. Sarah adorait recevoir, elle prétendait que ses talents d'hôtesse était sa plus grande fierté, mais elle ne se facilitait pas la tâche à toujours vouloir tout faire elle-même.
Des coups retentirent à la porte d'entrée. Elle ouvrit donc distraitement, se demanda qui pouvait bien se joindre à eux pour dîner. Sarah avait été étrangement mystérieuse à ce sujet, prétendant qu'elle avait convié des gens qui pourraient l'aider à se détendre, sans plus de détail. Elle ne contenir un hoquet de surprise en découvrant Drago à la porte de son amie.
« Drago, mais qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda-t-elle, une expression de franche surprise se dessinant sur son visage.
« Je pourrais te poser la même question. » répondit-il sur un ton sec.
« Mais... Je … Que ? » bafouilla Hermione, visiblement décontenancée par la présence du Serpentard.
Elle ne savait pas où se mettre. Elle l'évitait depuis plusieurs jours, incapable de trouver les mots justes pour tout lui dire. C'est seulement maintenant qu'elle le voyait, les traits impassibles, qu'elle se rendait compte qu'elle l'avait abandonné alors qu'il était dans la même situation qu'elle. Si les gens étaient dans la retenue avec elle, pour lui la semaine avait dû être encore pire. Elle finit par s'écarter pour le laisser entrer.
« Euh, je suis là moi aussi ! » fit une voix derrière Drago qu'elle reconnut comme celle de Blaise Zabini, qui s'était décalé pour être visible d'Hermione derrière Drago. « Ravi de te revoir, Granger. »
« Si tu as besoin d'une idée de sujet de conversation, peut-être que tu pourrais commencer par m'expliquer ton silence de cette semaine ? » reprit Drago, visiblement déterminé à avoir une explication.
Hermione baissa les yeux, honteuse.
« Je suis désolée, j'ai été égoïste. L'article a fait de ma vie au ministère un enfer et les journalistes se sont mis à camper devant chez moi. Je n'ai pas réfléchi à ce que ça avait pu être pour toi. Je suis vraiment désolée. » répondit Hermione, d'une voix légèrement plus aigüe qu'a l'ordinaire.
« On s'en fiche de ça, ce sont des vautours et ça ne changera pas de sitôt. »
Hermione voulut répliquer, mais fut interrompu par l'arrivée de Sarah, dont les bras étaient chargés de légumes d'automne et de ce qui ressemblait à une dinde entière.
« Oh vous voilà ! » fit-elle quand elle aperçut Drago et Blaise. « Contente que vous ayez trouvé votre chemin ! »
Hermione se tourna vers elle, visiblement outrée.
« C'est toi qui leur as dit que j'étais là ?! »
« Evidemment, qui d'autre ? » répliqua-t-elle, pas gênée le moins du monde avant de se retourner vers les deux arrivants. « Bienvenue à la villa Montespan ! Vous êtes en avance mais qu'importe, je suis sûre que nous allons passer une merveilleuse soirée. » ajouta-t-elle en lançant un clin d'œil à Blaise.
Hermione soupira, elle ne pouvait pas s'empêcher d'en faire des caisses. Elle était un peu mal à l'aise à cause de la présence de Drago et les extravagances de son amie lui permettaient, pour un temps, de ne pas avoir à affronter son amant.
Pendant que Sarah se lançait dans un tour détaillé du propriétaire, Hermione s'éclipsa, marmonnant une excuse quelconque avant de quitter la demeure et se dirigea à grandes enjambées vers la plage en contrebas.
Elle n'avait pas pris son écharpe, mais elle s'en fichait, les bourrasques et l'air marin l'apaisaient quelque peu, alors qu'elle sentait son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Elle n'était pas prête à l'affronter et maudit son amie de tenter de s'immiscer dans sa vie amoureuse.
Elle devrait bien avoir cette conversation avec lui un jour ou l'autre, mais elle n'appréciait pas être mise face à un mur. Elle ne put s'empêcher de se sentir mal en se rappelant de l'air qu'arborait Drago en arrivant. Elle l'avait visiblement blessé par son silence. Si Hermione réfléchissait de manière rationnelle à cet instant, elle aurait pu en déduire qu'il tenait à elle. Mais quand il s'agissait de Drago Malefoy, Hermione n'arrivait pas à rester logique.
Elle s'affaissa sur le sable, replia ses genoux vers sa poitrine et y enfoui son visage. Le cri qu'elle lâcha fut à peine étouffé par ses genoux. Elle resta prostrée ainsi pendant un moment indéterminé, bercé par le bruit des vagues, avant d'être interpelé par une voix familière.
« Alors que c'est là que tu te planques. »
Elle se retourna, c'était Blaise qui la surplombait. Il avait une bouteille qu'Hermione identifia comme de la vodka.
« Tu sais comment parler aux femmes toi ! » rétorqua Hermione en désignant la bouteille d'un signe de tête.
Blaise se contenta de sourire avant de s'assoir à ses côtés et de lui tendre la bouteille. Ils restèrent un moment en silence, cote à cote.
« Vous êtes désespérants tous les deux. » finit par lâcher Blaise après avoir récupéré la bouteille. « Vous vous tournez autour, mais aucun de vous n'est capable d'avoir une conversation honnête pour enfin mettre les choses à plat. »
« Excuse moi d'avoir voulu me protéger cette semaine. Ça m'a rappelé l'après-guerre, quand je ne pouvais pas faire deux pas dehors sans être harcelée. » railla Hermione
« Je ne te parle pas de ça, je te parle de votre petit jeu depuis deux mois » répondit Blaise, les sourcils froncés.
« Je ne vois pas en quoi ça te regarde mais Drago et moi sommestrès bien dans la situation actuelle » fit Hermione sur la défensive.
Blaise éclata de rire face à l'expression effarouchée d'Hermione, ce qui ne fit rien pour la détendre.
« Prends moi pour une chèvre. Je ne suis pas aveugle et je connais très bien mon meilleur ami. Votre amitié améliorée n'est qu'une façade. Si tu n'avais pas envie de plus, tu ne te serais pas enfui il y a quelques heures. Ce qui me taraude, c'est de savoir ce qui t'empêche d'en parler à Drago. »
Hermione resta bouche-bée, elle ne connaissait pas très bien Blaise, mais il semblait très observateur. Saloperie de Serpentard, impossible de mentir à des roublards professionnels. Pour toute réponse, elle soupira avant de lui arracher la bouteille des mains. Elle avala une gorgée brûlante avant de secouer la tête.
« Si tu lui répètes un mot de tout ça, je me servirais des sorts de magie noire que j'ai appris pendant la chasse aux Horcruxes pour te faire disparaître de la surface de la Terre. »
« Tout doux petit lionne ! » répondit Blaise en levant les mains en l'air en signe de reddition. « Je ne dirais rien, mais tu ferais bien de lui parler avant que ça ne soit trop tard. »
Sur ces mots, il finit par se lever et lui tendit sa main pour l'aider à en faire de même. Ils retournèrent ensemble vers la maison et Blaise pouvait sûrement entendre les rouages du cerveau d'Hermione se mettre en action.
Quand Drago avait reçu la lettre de Sarah, il avait d'abord cru à une blague. Mais lorsqu'il avait vu Blaise débarquer chez lui, tout sourire et un sac de voyage entre les mains, il ne put qu'en conclure que Sarah les avait bien invités chez elle. Hermione n'était pas mentionné dans la lettre, mais il se doutait qu'elle devait y être. Sinon pourquoi Sarah aurait-elle pris la peine de l'inviter ?
En arrivant en France, Drago fut d'abord surpris par les dimensions de la bâtisse. Il se doutait que Sarah faisait partie d'une famille fortunée mais pas à ce point. Cette villa n'avait rien à envier au Manoir principal des Malefoy. Mais à la seconde où la porte s'ouvrit pour laisser place à une Hermione Granger visiblement mal à l'aise, la qualité de la pierre et le nombre d'hectares n'eurent plus aucune importance à ses yeux.
Elle lui avait terriblement manqué pendant cette semaine. Il avait beau faire tous les efforts du monde pour ne pas trop attendre de cette relation, il ne pouvait s'en empêcher. Il avait naïvement pensé qu'exprimer ses sentiments à voix haute, comme il l'avait fait devant sa mère, l'aiderait à mieux les gérer. Cela avait plutôt eu l'effet inverse, il ne pouvait définitivement plus se cacher. Le silence de la jeune femme durant la semaine en avait été d'autant plus douloureux.
Alors que Sarah les entrainait, lui et Blaise, dans le dédalle qu'était sa demeure familiale, il ne put s'empêcher de sentir son cœur se fissurer. Hermione l'avait fui, une fois de plus. Le chagrin était accompagné d'un certain ressentiment. Il traversait la mer pour espérer la voir et elle n'était même pas foutu de le regarder dans les yeux. Trop absorbé par ses états d'âme, il n'avait pas remarqué la disparition de Blaise.
Quelques heures plus tard, il était toujours en train de broyer du noir tout en s'habillant pour le dîner quand on frappa à sa porte. Il n'avait aucune envie d'y participer mais cela aurait été impolie de décevoir leur hôtesse.
Lorsqu'il aperçut les boucles indisciplinées d'Hermione, son cœur rata un battement. Il se maudit intérieurement d'être incapable de se contrôler quand elle était là.
Il se tourna vers elle en silence et s'approcha d'elle. Il ne ferait pas le premier pas, il avait déjà fait beaucoup d'efforts, c'était à elle désormais de prendre les choses en main.
« Il faut qu'on parle » dit-elle d'une petite voix, refusant de le regarder dans les yeux. Il ne répondit pas, hochant simplement la tête sans jamais la quitter des yeux.
« Depuis notre dernière soirée ensemble, j'ai beaucoup réfléchi. Ça ne peut pas durer comme ça... » commença Hermione, absorbée par les auréoles du parquet.
Drago sentait l'angoisse monter en lui, voulait-elle rompre avec lui ? Il n'eut pas le temps de réfléchir plus, car elle reprit.
« Je comprendrais que tu n'aies pas envie de te prendre la tête avec moi maintenant que la presse s'en mêle. Mais... »
« Non. Cette fois-ci c'est toi qui vas m'écouter » l'interrompit Drago, qui sentait la colère s'emparer de lui. « Je veux me prendre la tête, je veux que tout le monde sache ce que toi et moi partageons. Je veux que tu sois à moi et à personne d'autre, je veux que m'endormir avec toi et me réveiller dans tes bras. Je veux partager tes joies et tes peines, je veux te présenter à ma mère, je veux te prendre la main en public, dans notre monde... »
La voix de Drago tremblait et toute ses efforts pour paraitre indifférent partirent en fumée. Il inspira et prit le visage d'Hermione en coupe, la forçant à le regarder dans les yeux. Elle semblait avoir arrêté de respirer. Comme à chaque fois qu'il se plongeait dans ses iris noisettes, il était stupéfait par le magnétisme de la jeune femme. Comment pouvait-elle croire qu'il l'abandonnerait pour quelque chose d'aussi ridicule que l'attention médiatique ?
« Parce que je t'aime, espèce de Gryffondor têtue ! » finit-il par lâcher, sur un ton désespéré.
Et voilà ! Il était temps qu'il se lance ! Je sais c'est un peu batârd mais je n'ai pas pu résister à ce clifhanger. C'est le retour de Sarah, perspicace et loyale jusqu'au bout, et de Blaise, que j'aime d'amour, qui met les pieds dans le plat comme il sait le faire. Que pensez-vous de Peter ? Evidemment qu'il n'était pas aussi parfait que ce qu'il laissait paraître. Leur histoire est importante dans la progression du personnage d'Hermione. Toute façon, Peter est incapable d'apprécier quelqu'un qui peut potentiellement l'éclipser, c'est un peu l'archétype du fils de bonne famille, brillant, qui n'a jamais été challengé par quelqu'un, qui fera tout pour tenter de brider une éventuelle concurrence.
J'ai hâte de lire vos retours et j'espère que l'histoire vous plait autant. A bientôt !
