Drago lisait tranquillement le journal, installé dans un fauteuil, lorsque la sonnette de son appartement retentit. Il fronça les sourcils. Il était dix-huit heures passées et il venait de rentrer du travail.
Confus, il se leva et se rendit jusqu'à la porte. Il jeta un coup d'œil au judas et découvrit qu'une femme d'une cinquantaine d'années l'attendait derrière. Sortant sa baguette par précaution, il ouvrit lentement.
- Bonsoir, je peux vous aider ? demanda-t-il, sa baguette cachée dans son dos.
- Vous êtes bien Monsieur Drago Malefoy ?
- Lui-même, répondit-il confus, en haussant un sourcil. Et vous êtes… ?
- Hildegarde Bergeron, des services sociaux sorciers canadiens. Puis-je entrer ?
Il fronça les sourcils, de plus en plus déconcerté. Il était tard, que faisait cette femme ici ? Est-ce qu'il y avait un problème ? À la mention du Canada, Drago ne put s'empêcher de penser immédiatement à son amie Isabella, qui vivait là-bas et qu'il avait rencontrée pour le travail.
Alors que le silence prenait place, un léger sifflement –du moins c'est ainsi qu'il l'interpréta– attira son attention. Il baissa les yeux vers son origine et remarqua que la femme qui lui faisait face avait à ses pieds un petit couffin, dans lequel se trouvait un bébé qu'il jugea avoir environ un an, aux cheveux d'un blond presque blanc. Il était calme et silencieux.
Il blanchit considérablement. Trop d'hypothèses lui venaient à l'esprit.
- Entrez, réussit-il à prononcer, après quelques secondes de stupéfaction.
Il laissa la sorcière passer, après qu'elle eut attrapé le couffin, et referma lentement la porte derrière elle. Son cerveau ne cessait de tourner, alors qu'il tentait de trouver une explication à tout cela. Une assistante sociale sorcière. Canadienne. Il ne connaissait que deux personnes au Canada : son amie Isabella et son ancienne collègue Elizabeth.
Les conclusions qu'il commença à tirer ne lui plaisaient vraiment pas. Elles l'effrayaient même.
Il était affreusement pâle.
L'assistante sociale se racla la gorge et Drago revint à la réalité, croisant son regard sérieux et professionnel.
- Avant toute chose, je pense qu'il serait préférable que vous lisiez cela, Monsieur Malefoy, fit-elle avant de lui tendre une enveloppe sur laquelle ses initiales étaient inscrites.
La boule au ventre et la main tremblante, il l'attrapa et l'ouvrit, sous le regard perçant de la sorcière.
"Drago,
Je pense être la dernière personne à qui tu as pensé en ouvrant cette lettre. Comme tu t'en doutes sûrement, étant donné à quel point la petite te ressemble, j'ai accouché avant-hier de notre fille. Du moins de ta fille.
Je suis probablement en train de faire le choix le plus difficile de ma vie, compte tenu du fait que cette petite est merveilleuse, mais étant donné ma santé actuelle et les projets que je veux entreprendre avant de quitter ce monde, je ne peux me permettre de m'occuper d'elle.
Je suis consciente que je ne te laisse pas le choix, mais je t'en prie, prends soin d'elle. Nous n'avons rien en commun toi et moi, à vrai dire, nous ne nous connaissons qu'à peine, mais je pense que tu es un homme bon. J'en suis même persuadée. Elle sera bien avec toi et je suis certaine que tu seras un père exceptionnel.
Cette nuit unique à Vancouver n'aurait jamais dû avoir lieu, mais son résultat est probablement l'un des plus magnifiques.
J'ai fait un déni de grossesse, sinon, je t'assure que tu aurais été le premier au courant. J'avais en ma possession un vieux sweat-shirt qui t'appartenait, ce qui m'a permis de faire un test de paternité avec les quelques cheveux à toi qui traînaient dessus.
Elle est née avant-hier. Le quinze octobre.
Les médecins ne me donnent plus que quelques semaines, voire quelques jours. Tu te doutes donc que cela tombait vraiment mal et que mon cœur est meurtri à l'idée de laisser cette petite merveille. J'espère que tu l'aimeras tout autant que je suis certaine qu'elle t'aimera. Prends soin d'elle et prends soin de toi, Drago.
N'essaie pas de me retrouver.
Isabella.
PS : Je ne lui ai pas donné de prénom. Tu m'avais parlé d'une tradition dans ta famille, n'est-ce pas ?"
Drago quitta le parchemin des yeux, sous le choc.
Avant qu'il n'ait pu réfléchir à quoi que ce soit, elle reprit la parole.
- Nous avons mis plus de neuf mois à vous retrouver. Nous n'avions que votre prénom à disposition.
Il déglutit, intégrant difficilement ce qu'il se passait. Lorsqu'il baissa la tête vers la petite, il croisa un regard gris identique au sien.
Il était père.
Merci à Kat, Genny, Lyra et Flora de me suivre sur cette fic ! Gros coeur sur vous !
On se retrouve dimanche prochain pour la suite !
