Drago vit le visage d'Hermione changer brutalement. Ses yeux s'écarquillèrent, sa bouche s'entrouvrit et elle tendit la main pour attraper la photo. Son regard s'humidifia alors qu'elle l'observait avec une grande attention.
Sans qu'il ne puisse le contrôler, l'émotion le submergea à son tour. Il sentit ses yeux brûler et cligna plusieurs fois des yeux pour se reprendre en main. Il fallait qu'il contrôle ses émotions, bien qu'il aime sa fille plus que tout au monde. S'il pleurait maintenant, il aurait du mal à s'arrêter.
Hermione releva lentement les yeux vers lui, confuse.
- Ta… fille ? répéta-t-elle d'une petite voix.
Il hocha la tête et se passa anxieusement une main dans les cheveux. Il ne savait pas du tout par où commencer. Il déglutit et se lança.
- Il y a presque deux ans, je suis parti à Vancouver pour le Congrès International de Cardiologie Magique, commença-t-il à expliquer, en jouant avec sa chevalière. Là-bas, comme tu le sais sûrement, il y a des médicomages comme des patients, ou du public sorcier. J'y ai rencontré quelques confrères, mais aussi une jeune femme nommée Isabella.
Il fit une légère pause dans son récit, en simple hommage à cette femme merveilleuse. Elle était partie il y a près d'un an et Drago s'en voulait encore de ne pas avoir pu assister à ses funérailles. Il s'était donc rendu sur sa tombe avec sa fille, il y a seulement une semaine. L'ambiance avait été lourde et elle l'avait parfaitement ressenti. Alhena n'avait fait aucun bruit, posant simplement ses petits poings contre le torse de son père.
Lorsqu'il reprit, Hermione était suspendue à ses lèvres.
- Elle était l'une des patientes venues discuter de leurs maladies avec les médicomages du monde. Elle était atteinte d'une maladie du cœur très rare et dégénérative, continua-t-il d'une voix étrangement plus rauque et émue. A l'époque où nous nous sommes rencontrés, les cardiomages ne lui donnaient plus que quelques mois à vivre. Elle et moi avons beaucoup discuté durant le congrès, je ne connaissais personne et elle non plus. Alors nous sommes restés ensemble et avons fait connaissance. Nous nous sommes même confiés l'un à l'autre si tu veux tout savoir, fit-il avec un rire nostalgique. En seulement deux semaines, je pourrai même dire que nous sommes devenus amis, tant nous avons passé de temps ensemble.
Il s'arrêta à nouveau pour prendre une grande inspiration.
- Le dernier soir, nous avons passé la nuit tous les deux. Nous étions tous les deux très alcoolisés et avons… dérapé. Le lendemain matin, nous en avons plus ri qu'autre chose, mais n'avions clairement pas envie de plus. Nous nous sommes dit au revoir, je suis rentré en Angleterre et elle à Ottawa. Nous ne nous sommes même pas donné de nouvelles. Ces deux semaines à Vancouver était une sorte de bulle temporelle, qui n'appartenait qu'à nous. Seulement, neuf mois plus tard, soit il y a onze mois, elle a donné naissance à notre fille. Elle avait fait un déni de grossesse. Elle avait prévu de venir me la confier, puisque les médicomages ne lui donnaient que quelques semaines à vivre, elle préférait donc profiter de ces quelques semaines pour faire tout ce dont elle avait toujours rêvé. Elle avait trop peur de laisser Alhena, de s'attacher à elle et inversement, mais aussi de la quitter si vite, en plus de ne pas être en capacité de s'en occuper à cause de sa condition physique. Donc elle voulait me la confier directement, mais…
Il se coupa, se raclant la gorge pour ne pas laisser ses émotions déborder. Ce n'était pas le moment. Il inspira un grand coup pour se donner le courage de poursuivre son récit.
- Elle a fait un malaise magique seulement quelques heures avant son départ pour l'Angleterre. Alhena est restée plusieurs heures seule dans l'appartement d'Isabella, jusqu'à ce qu'une voisine appelle les autorités magiques pour signaler les pleurs incessants d'un bébé. Elles ont été envoyées à l'hôpital sorcier du coin et Isabella a été mise sous contrôle magique pendant presque deux mois. Elle était dans le coma et tous les médicomages avaient très peu d'espoir pour son réveil. Finalement, la décision a été prise de la laisser partir, sans famille pour le faire, ils n'avaient pas le choix.
Il marqua une autre pause et se passa une main sur le visage.
- Les services sorciaux ont récupéré Alhena, qui avait été gardée à l'hôpital pendant tout ce temps. Les aurors avaient retrouvé la lettre qu'Isabella comptait m'adresser en déposant ma fille, mais seul mon prénom y était inscrit. Ils sont donc partis à ma recherche, pendant des mois. L'équipe s'est réduite au fur et à mesure des semaines, puisque les membres abandonnaient un par un en pensant qu'ils ne me retrouveraient jamais. Il ne restait plus qu'une assistante sociale après sept mois de recherche. Sept mois. Mais elle m'a retrouvée.
Hermione ne disait rien, complètement ébahie par son récit. Il détourna une dernière fois les yeux, avant de reprendre.
- Elle est venue me trouver il y a environ un mois. Elle a sonné chez moi, accompagnée d'Alhena et m'a tout expliqué. Elle m'a donné la lettre d'Isabella et m'a raconté tous ces mois passés à me chercher. J'avais le choix. L'accueillir ou bien la laisser aux services sorciaux canadiens. Elle n'avait légalement pas le droit de me la laisser sans que je signe des tas de papiers et que je me rende au Canada, mais j'ai accepté sans aucune once d'hésitation. J'étais complètement sous le choc, mais un seul regard m'a suffi pour que je prenne ma décision. Je sais que toute cette histoire parait tout droit sortie d'un roman pour adolescents, mais… C'est ma fille, je n'aurai jamais été capable de faire autrement. Cela a évidemment perturbé beaucoup de choses dans ma vie, mais je n'ai jamais été aussi heureux. Elle est… elle est merveilleuse, Hermione.
Il avait relevé les yeux vers son amie en prononçant ces derniers mots et un sourire ému étira ses fines lèvres. Il était devenu un tout autre homme depuis l'arrivée de sa fille, elle l'avait complètement changé. Il était plus calme, moins agacé pour un rien, plus dévoué et moins libre. Mais il s'aimait comme cela. Il aimait celui qu'il était devenu.
Hermione avait les larmes aux yeux, il le remarqua directement. Elle était tout aussi émue que lui.
- Quel âge a-t-elle ? demanda-t-elle tout doucement, comme si parler trop fort briserait quelque chose.
Il comprit qu'elle ne s'aventurerait pas sur le terrain de la mère d'Alhena et il l'en remercia intérieurement. Bien qu'il n'ait que peu connu Isabella, il n'était pas certain de pouvoir parler d'elle plus longtemps sans se laisser submerger par les émotions. Elle avait eu un destin tragique.
- Onze mois, répondit-il donc en se passant une main dans les cheveux. Elle n'avait que cinq jours lorsqu'Isabella est tombée dans le coma. Elle est née le quinze octobre dernier.
Elle hocha la tête et regarda à nouveau la photo, les yeux débordant de larmes.
- Elle te ressemble tellement, chuchota-t-elle d'une voix tremblante. Elle a tes yeux, ton nez et tes cheveux, c'est impressionnant…
Il sourit avec émotion. Il ne pouvait qu'être en accord avec elle. Tout le monde le lui avait dit : sa fille était son portrait craché. Les photos de lui bébé que sa mère lui avait montrées en étaient la preuve. Et il en était fier, plus que tout.
- Elle a les mêmes yeux que ma mère en réalité. Les miens sont légèrement plus clairs.
- Comment l'ont pris tes parents ? s'enquit-elle après avoir souri doucement.
- Bien, étonnamment, soupira-t-il en haussant les épaules. Ma mère est complètement folle de sa petite-fille, elle fait tout pour passer le plus de temps possible avec elle et la gâte déjà beaucoup trop. Pour mon père en revanche… Les choses sont différentes. Il a au départ été très en colère que mon "premier héritier" ne soit pas issu d'un mariage de sang-pur et a passé plusieurs heures à tenter de me convaincre d'abandonner ma fille.
La bouche d'Hermione forma un "o" parfait en entendant cela. Il connaissait bien mieux son père qu'elle, mais avait tout de même été profondément choqué qu'il aille si loin.
- Cependant, ma mère est rapidement intervenue pour lui remonter les bretelles et je lui ai de toute manière bien fait comprendre qu'il n'aurait absolument aucun droit sur Alhena, et que s'il voulait entendre parler de moi à nouveau, il avait intérêt à accepter les choses comme elles étaient.
Elle haussa les sourcils, avec un rire. Un rire qui –mine de rien– détendit considérablement l'atmosphère.
- Tu lui as vraiment dit ça ?!
- Evidemment, Granger, répondit-il avec un sourire fier. Je n'ai peut-être jamais eu les couilles de le f…
- Drago ! gronda-t-elle en le fusillant du regard.
Il ne put s'empêcher de rire en la voyant faire. Il ne surveillait son langage qu'en présence de sa fille et avait oublié que son amie ne supportait pas qu'il soit si vulgaire. Elle l'avait repris tant de fois à ce propos…
Il leva les yeux au ciel.
- Je n'ai jamais eu le courage de le faire avant, mais je crois qu'Alhena m'a permis d'enfin dire ce que je pensais à mon père.
- Ce qui ne peut être qu'une bonne chose, sourit la jeune femme.
- Effectivement. Il s'est légèrement calmé depuis et commence doucement à se laisser entraîner par le charme de sa petite-fille. Il tombe dans ses filets, s'amusa-t-il en secouant la tête et en récupérant la photo de sa fille, qu'il rangea dans sa blouse.
Du moins, son père ne laissait plus échapper des remarques sur Alhena et son sang-mêlé. Désormais, il se contentait de renifler avec désapprobation et de la porter du bout des bras lorsqu'il y était contraint. Drago considérait cela comme une grande avancée. Il ne voulait pas s'étendre à ce sujet, sachant à quel point ça le mettait en colère.
Il paraissait peut-être niais, faible ou bien tendre, mais Drago n'en avait rien à faire. Il n'était pas prêt de cacher aux autres à quel point sa fille était importante pour lui. Il le répéterait à qui voulait l'entendre. Il était tombé sous son charme au premier regard. C'était comme… magique.
Hermione resta silencieuse, gardant un simple sourire sur les lèvres. Son regard était toujours aussi ému.
- Tu as l'air heureux, Drago, remarqua-t-elle avec douceur.
- Je le suis, je crois que je ne l'ai jamais autant été.
Le sourire de la jeune femme ne fit que s'aggrandir davantage. Elle contourna le bureau et s'avança vers lui pour le serrer dans ses bras. Il ne lui en fallut pas plus pour qu'il lui rende son étreinte. Elle lui avait tellement manqué.
Il n'avait pas menti. Il était heureux. Il avait le travail de ses rêves, une fille merveilleuse qui l'accompagnait chaque jour et un entourage là pour le soutenir. Il ne pouvait espérer mieux. Il se trouvait tellement chanceux, d'avoir réussi tout cela, malgré les épreuves qu'il avait dû surmonter étant plus jeune.
Il remarqua une nouvelle fois qu'Hermione était bien plus petite que lui, presque trente centimètres de moins, mais ce n'était pas une chose qui les avait un jour gênés. Au contraire, Hermione avait souvent répété qu'ainsi, Drago devenait un parfait fauteuil.
Il ne put manquer non plus le fait qu'elle avait pris du poids depuis son départ. Elle avait pris quelques formes, particulièrement autour des hanches, mais aussi dans les cuisses. Il savait qu'elle avait beaucoup complexé à ce propos après la guerre, ayant perdu beaucoup de poids à cause de sa traversée de la Grande-Bretagne. Elle s'était trouvée bien trop maigre et voir qu'elle paraissait bien plus sûre d'elle et confiante lui tira un sourire. Il ne put s'empêcher de les détailler, mais se rattrapa rapidement lorsqu'elle lui frotta légèrement le dos.
Il se força à penser à autre chose qu'aux jambes de son amie.
- J'aimerais beaucoup que tu la rencontres, se confia-t-il lorsqu'elle s'écarta.
- Tu es certain que je ne vous dérangerai pas ? Je ne veux pas m'imposer ni bousculer vos habitudes, répondit-elle en se mordant la lèvre avec hésitation.
- Je suis certain, Granger, sinon je ne te l'aurais pas proposé, répliqua-t-il en levant les yeux au ciel, ses réflexions sur les cuisses de la jeune femme déjà bien loin.
- J'ai très envie de rencontrer ta fille aussi, Drago, avoua-t-elle alors.
Il sourit d'un air victorieux. Il était impatient, s'imaginant déjà la réaction de son amie en rencontrant Alhena, et l'inverse, notamment quand sa fille jouerait de son charme pour amadouer Hermione. Comme elle le faisait toujours, plus ou moins consciemment.
Drago ne pouvait s'empêcher de penser que sa fille avait compris comment obtenir facilement des choses avec ses beaux yeux. Ses amis –surtout Londubat– lui avaient répété qu'elle était trop jeune pour cela, mais il n'en avait pas démordu. D'après lui, sa fille était une Malefoy et le laissait savoir.
- Que dirais-tu de venir demain soir à la maison ? reprit-il en se passant une main dans les cheveux. J'ai prévu de dîner avec Londubat et Pansy ce soir, mais je suis disponible pour t'accueillir dans les meilleures conditions demain.
- Tu es sûr ?
- Certain, affirma-t-il. J'ai une chambre d'amis qui devrait parfaitement te convenir et tu pourras même utiliser mon petit laboratoire de potions pour tes recherches.
Elle resta silencieuse pendant quelques secondes et le blond comprit rapidement qu'elle réfléchissait à la question. Il ne voulait pas la brusquer ni même qu'elle se sente poussée à quoi que ce soit, aussi, il ne dit rien de plus.
Il continua simplement de ranger ses affaires dans sa mallette, sans même la regarder. Lui-même détestait qu'on le fixe lorsqu'il réfléchissait, il ne voulait donc pas lui imposer son regard.
Bien qu'il comprendrait parfaitement qu'elle refuse de venir vivre chez lui –chez eux, se rectifia-t-il mentalement– le temps de trouver un appartement, il ne pouvait s'empêcher de le souhaiter à tout prix.
Elle lui avait tellement manqué et il savait qu'ils auraient tellement de choses à se raconter, qu'il s'imaginait déjà leurs soirées tous les deux.
Se serrer l'un contre l'autre, chacun un livre dans les mains. Dîner ensemble. S'asseoir sur un banc et inventer la vie des passants. Se disputer pour choisir la musique dans la voiture moldue d'Hermione. Débattre pendant des heures sur les moyens les plus efficaces de guérir une morsure de strangulot.
Comme au bon vieux temps.
- Il faut que j'en parle avec mes parents et que je prépare mes affaires, mais…
- C'est oui ? l'interrompit-il en redressant la tête.
Elle hocha la tête en se mordillant la lèvre.
- Génial, sourit-il, en cachant du mieux possible son excitation. Je vais te donner mon adresse maintenant, si jamais tu veux envoyer des affaires au fur et à mesure, fit-il ensuite en sortant un parchemin et une plume.
Il le tendit ensuite à la jeune femme, la main tremblante d'excitation. Bien qu'il soit habituellement connu pour son côté solitaire, Drago rêvait depuis le départ d'Hermione de pouvoir revivre avec elle leurs fameuses soirées lectures, ou même leurs dîners où elle lui faisait découvrir des spécialités moldues.
- Tu habites dans le Londres moldu ?! s'étonna-t-elle, en lisant ce qu'il avait écrit.
- Depuis un an, oui. C'est à deux rues d'ici, je n'ai pas trouvé plus près de l'hôpital dans le monde sorcier et tu m'as appris assez de choses sur eux pour que je puisse passer inaperçu, expliqua-t-il avec un sourire en coin.
- Comme quoi, toutes ces fois où j'ai essayé de te faire comprendre que les moldus ont leurs forces, n'ont pas été inutiles !
oOo
Drago apparut dans un craquement face aux portes d'entrée du Manoir Malefoy. Toujours vêtu de sa blouse de médicomage, il s'empressa de frapper quelques coups à la porte, tapant du pied avec nervosité.
Malgré le retour d'Hermione en Angleterre et le fait qu'ils aient passé la journée ensemble, il n'avait pas cessé une seule seconde de penser à sa fille. Il avait attendu avec impatience de venir la chercher, depuis l'instant où sa mère avait disparu dans les flammes de sa cheminée.
La porte s'ouvrit après quelques secondes d'attente –qui lui parurent pourtant durer une éternité– laissant apparaître un elfe de maison plutôt rabougri.
- Maître Drago, le salua-t-il en s'inclinant.
- Bonsoir, Smaug, répondit Drago du bout des lèvres, avant de s'engouffrer à l'intérieur.
Il ne se tourna même pas vers l'elfe, pas plus qu'il ne quitta sa blouse, et se dirigea directement vers le séjour du manoir. Il n'avait pas le temps pour les salutations.
Cependant, en ouvrant la porte –presque en fracas– son excitation redescendit d'un coup.
La pièce était vide, à l'exception de son père, installé dans un fauteuil, la Gazette du Sorcier entre les mains. En entendant la porte s'ouvrir, il avait relevé la tête et croisa le regard gris de son fils. Il haussa un sourcil en le voyant si nerveux.
- Où est Alhena ? demanda Drago sans plus de cérémonie.
- Bonjour à toi aussi, Fils, grogna Lucius en réponse, en portant à nouveau son regard sur son journal.
- Où est-elle ? répéta-t-il, pas du tout impressionné par le ton utilisé par son paternel.
- Dans les jardins, avec ta mère.
Il ne s'embêta pas non plus à le remercier et se dirigea vers les portes vitrées qui donnaient sur l'extérieur. Il ne prêta pas attention au soupir agacé de son père, pas plus qu'il n'y répondit. Il n'avait clairement pas l'énergie ni l'envie de se quereller avec lui à nouveau. Sa mère devait intervenir à chaque fois que cela arrivait, au risque que cela ne dégénère.
Le vent frais de septembre vint chatouiller les quelques mèches blondes qui tombaient sur son front et il pressa le pas. Il n'avait pas envie d'attraper froid et ne portait qu'un léger col roulé sous sa blouse de médicomage. Se tenant sur le perron du manoir, il chercha du regard sa mère, à travers le domaine Malefoy. Celui-ci s'étendait sur plusieurs hectares et Drago espéra qu'elles ne s'étaient pas aventurées trop loin.
Après quelques secondes, il les repéra enfin, marchant tranquillement près du jardin d'hiver. Un sourire étira ses lèvres et il descendit les quelques marches qui menaient à l'extérieur pour les rejoindre.
Il s'arrêta à quelques mètres d'elles, pour les observer silencieusement. De là où il était, il ne pouvait pas les entendre, mais sa mère semblait parler à sa petite-fille avec une douceur infinie. Alhena lui tenait la main et marchait du mieux qu'elle le pouvait à ses côtés. Le sourire de Drago ne fit que s'étirer.
Il aimait surprendre ce genre d'instant de pur bonheur, de pure félicité.
- Regarde qui est là, ma petite chérie, fit Narcissa, d'une voix légèrement plus forte.
Drago croisa le regard de sa mère, puis celui de sa fille qui cria de joie en le voyant.
- Pabaaa !
Il enjamba les quelques mètres qui les séparaient et attrapa Alhena dans ses bras avec un soupir de soulagement, alors que celle-ci commençait à s'aventurer difficilement vers lui. Il avait attendu ce moment toute la journée et voir qu'elle allait parfaitement bien le rassurait plus qu'il ne l'aurait cru.
- Tout s'est bien passé ? demanda-t-il à sa mère, après avoir embrassé sa fille sur le front.
- Parfaitement. Mademoiselle a fait la sieste jusqu'à seize heures donc elle risque de se coucher plus tard que d'habitude.
- Eh bien, tu t'es transformée en marmotte pendant la nuit, mon ange ? s'amusa Drago en appuyant sur son nez du bout du doigt.
- Et toi, ta journée ? s'enquit Narcissa alors que la petite riait aux éclats.
- Tu ne devineras jamais qui est ma coéquipière, répondit-il en levant les yeux vers elle, un sourire au coin des lèvres.
- Ton amie Daphné ? Elle a fait ses études en même temps que toi il me semble, non ?
- Daphné ? Pas du tout, elle s'est reconvertie en tant que neuromage, je pensais pourtant t'en avoir parlé.
- Mon chéri, si je devais retenir tout ce que tu me racontes sur tes amis, j'imploserai, s'amusa Narcissa en marchant avec élégance vers le manoir.
- Il s'agit d'Hermione, révéla-t-il après avoir levé les yeux au ciel. Elle est rentrée, ajouta-t-il en la suivant, sa fille calée sur sa hanche.
- Vraiment ? s'étonna-t-elle en haussant les sourcils. Ne devait-elle pas rester un an de plus en Mongolie ?
- Je croyais que tu ne retenais pas ce que je te disais de mes amis, se moqua-t-il gentiment en lui offrant un clin d'œil.
- Tu me parles bien trop souvent d'elle pour cela, mon grand, rit-elle en secouant doucement la tête.
- Peu importe, marmonna-t-il dans sa barbe en balayant sa remarque de la main. Elle a décidé de rentrer il y a un mois, car son père est atteint d'une maladie moldue appelée Parkinson.
- Par Morgane ! Est-ce grave ? s'inquiéta Narcissa, en posant une main sur son cœur, alors qu'ils arrivaient près du perron.
- Cette maladie est normalement incurable, mais je ne doute pas un seul instant que Granger parviendra à trouver un remède, surtout comme elle est déterminée. Je compte d'ailleurs l'y aider.
- Tu n'y penses pas !
- De quoi parlez-vous ? les interrompit Lucius.
Ils tournèrent tous les deux la tête vers lui, alors que Drago allait répliquer, et le virent se tenir dans l'encadrement de la porte vitrée du séjour, appuyé sur sa canne. Le regard du patriarche de la famille se posa sur la tête blonde de sa petite-fille –qui cacha son visage dans le cou de son père en le voyant– pendant quelques secondes, mais Drago eut le temps d'apercevoir un éclair d'amertume dans ses yeux. Cela l'agaça plus que tout, mais il serra les dents pour ne faire aucune remarque.
- Drago souhaite aider son amie Hermione Granger à trouver un remède à une maladie moldue incurable dont son père est atteint, expliqua calmement Narcissa.
- Hermione Granger ?! La Sang-de-Bourbe avec qui tu traînais pendant tes études ? J'espère que tu plaisantes, Drago.
Le regard du jeune homme devint noir. Il s'immobilisa complètement et regarda son père d'un air assassin. Il sentit la main de sa mère se poser sur son bras et sa fille gigoter dans ses bras, mais ne bougea pas.
Son père souriait très légèrement, un rictus moqueur qu'il n'employait qu'avec son fils. C'est ce qui fit changer d'avis Drago. Si, au départ, il avait prévu d'ignorer sa remarque et de saluer sa mère, avant de rentrer chez lui, pour ne pas faire d'esclandre, il changea vite de perspective pour sa soirée.
- Drago, ne dis rien que tu pourrais regretter, lui chuchota Narcissa d'un air inquiet.
Elle semblait avoir compris que son mari avait dépassé les limites de son fils. Pourtant, cela n'arrêta pas Drago. Il était bien trop en colère. L'accumulation du regard porté sur Alhena puis son insulte envers Hermione… C'était trop.
- Bravo, Père, tu viens de remporter la chose que je t'avais promise depuis des mois, fit Drago, ignorant totalement sa mère.
Il ne prêta pas non plus attention à sa fille qui avait relevé la tête de son cou, pour regarder son père avec inquiétude. Elle semblait comprendre que quelque chose le tracassait.
Lucius avait perdu son sourire et fusillait son fils du regard.
- Tu…
- Je t'avais prévenu que la prochaine fois que tes petites idées suprématistes de Sang-Pur mal luné feraient leur apparition, tu pourrais nous dire au revoir à Alhena et moi, le coupa-t-il rageusement. Mais tu dois être content, n'est-ce pas ? Ton fils, ami avec des Nés-Moldus et des Sang-Mêlés, et ta petite-fille, elle-même une Sang-Mêlée. Tu n'auras plus à jouer un rôle en notre présence !
- Je ne te permet pas de me parler sur ce ton, Drag…
- Oh mais je n'ai pas besoin de ta permission, ne t'en fais pas.
Il le fixait d'un regard de glace. Plus aucune émotion n'apparaissait sur son visage. Ce furent les légers sanglots de sa fille qui le ramenèrent à la réalité. Il baissa les yeux vers elle et vit que ses yeux étaient pleins de larmes. Il s'en voulut aussitôt d'avoir haussé le ton et commença à bercer tendrement Alhena.
- Tout va bien, mon ange, nous allons rentrer, lui murmura-t-il à l'oreille.
Il se redressa, dévisagea une dernière fois son père, puis se tourna vers sa mère. Elle paraissait terriblement attristée, mais ne fit aucun commentaire sur ce qui venait de se passer. Ils avaient assez parlé de Lucius ensemble pour qu'elle sache qu'intervenir ne ferait pas changer Drago d'avis.
- Est-ce que tu veux que je passe chez toi demain pour garder Alhena ? demanda-t-elle avec une certaine timidité.
La situation semblait la mettre mal à l'aise, se retrouvant entre son mari et son fils. Drago ne lui demanderait jamais de faire un choix –quoi qu'il pense de son père– pas plus qu'il n'interdirait à sa mère de voir sa petite-fille. Il l'aimait bien trop pour ça.
- C'est gentil, Maman, répondit-il en tentant un sourire malgré sa colère. Je trouverais une autre solution pour le reste de la semaine et celles à venir, mais j'avoue que je ne vois pas d'autres alternatives pour demain, soupira-t-il.
Alors que sa mère allait répondre, Lucius eut un rire méprisant.
- Laisse Narcissa, il ne mérite pas ton aide. S'il nous avait écouté, il aurait pris l'un de nos elfes pour s'occuper de la… petite, mais…
- La ferme ! cria Drago, faisant sursauter Narcissa.
Aussitôt, les pleurs d'Alhena reprirent de concert.
- Je t'enverrai un patronus, Maman, ajouta-t-il simplement, avant de soudainement transplaner avec sa fille dans les bras.
Il atterrit seulement quelques secondes plus tard dans le séjour de son appartement, Alhena pleurant bruyamment au creux de ses bras. Il s'installa directement dans un fauteuil et commença à la bercer doucement, espérant ainsi la calmer. Il lui chuchota des paroles réconfortantes, tout en faisant venir à lui l'une de ses peluches.
Il s'en voulait de l'avoir mise dans un tel état. Il n'avait pas réussi à se contrôler devant elle.
Lorsque ses pleurs se tarirent enfin, il en profita pour redescendre lui aussi. Il venait de couper les ponts avec son père et même s'il en avait envie depuis plusieurs années, ce choix allait tout chambouler.
Bien qu'il ne l'apprécie pas et qu'il lui voue même une rancœur considérable, Drago savait que sa mère pâtirait de la distance qu'il venait d'imposer à son père. Depuis la fin de la guerre, encore plus depuis l'arrivée d'Alhena, Drago passait énormément de temps au manoir, parfois même sans raison particulière ou sans y être invité. Ainsi, ne plus y retourner à cause de son père changerait considérablement les choses.
Il se rendait bien compte qu'il subirait davantage ce choix que Lucius, du moins les premières semaines, mais il ne reviendrait pas sur sa décision. Il ne pouvait se permettre de laisser sa fille grandir avec le risque de recevoir la même éducation que lui. Et à ses yeux, la laisser fréquenter Lucius serait l'exposer à cela, à ses remarques fréquentes sur les nés-moldus, la pureté du sang, ou bien sur l'emploi de son père.
Car oui, si Lucius avait fini par calmer ses propos à ce sujet, il avait au départ totalement désapprouvé le choix d'études de son fils. Bien sûr, il s'était heurté à un mur en essayant de le faire changer d'avis, mais –bien que cela soit de plus en plus rare– il continuait de lui faire remarquer qu'il aurait été bien plus profitable pour la famille Malefoy que Drago travaille au Ministère.
En y réfléchissant, Drago se rendit vite compte qu'il n'avait aucun regret à avoir. Il trouverait un autre moyen de voir sa mère aussi souvent, après tout son appartement était bien assez grand pour l'accueillir régulièrement s'il le fallait.
Le seul bémol à tout cela serait la garde d'Alhena et même s'il savait que sa mère ne serait pas dérangée de venir s'occuper d'elle ici, il ne pouvait se permettre de lui demander une telle chose. Après réflexion, il ne pouvait pas non plus lui demander de garder sa fille jusqu'à ce qu'elle entre à l'Ecole des Petits Sorciers, quoi qu'elle en dise.
Il soupira et laissa retomber sa tête sur le dossier de son fauteuil. Alhena s'était calmée et jouait silencieusement avec sa peluche.
- Mon ange, je crains que tu ne revois pas ton grand-père avant longtemps, murmura-t-il, plus pour lui-même que pour sa fille.
oOo
Quelques coups furent frappés à la porte de l'appartement de Drago, alors que vingt heures sonnaient. Il se rendit alors compte du retard qu'il avait pris dans son planning. Il donnait toujours le bain à Alhena et venait tout juste de mettre leur dîner au four. Il jura dans sa barbe.
- ENTREZ, JE SUIS DANS LA SALLE DE BAIN ! cria-t-il en espérant que ses invités l'entendraient.
Il ne pouvait pas se permettre de laisser sa fille seule dans le bain, ni de faire attendre ses amis sur le pas de la porte. Bien heureusement, il entendit celle-ci s'ouvrir, puis les voix de Pansy et Neville retentir dans son séjour.
- Allez viens, mon ange, ta marraine et Londubat sont arrivés, fit-il ensuite en rinçant délicatement les cheveux blonds de la petite.
- Pany, Pany ! s'exclama-t-elle en donnant des petites tapes dans l'eau.
Drago qui était déjà bien mouillé ne le fut que davantage. Il soupira en secouant la tête et fit venir une serviette jusqu'à lui, à l'aide d'un mouvement de poignet, maîtrisant quelques sorts simples de magie sans baguette. Il sortit ensuite Alhena de sa petite baignoire, alors qu'elle continuait de répéter le nom de sa marraine.
Au même instant, Pansy apparut dans l'encadrement de la porte de la salle de bain, alors que Drago se relevait, sa fille enroulée dans une serviette, contre sa poitrine.
- Aurais-tu oublié tes manières, Malefoy ? Tu n'accueilles plus tes invités ? se moqua-t-elle avec un sourire narquois.
- Très drôle, grogna-t-il en installant Alhena sur la table à langer, pour l'habiller.
- Pany ! Pany ! continua de répéter sa fille en voyant sa marraine.
- Bonjour, Princesse, répondit Pansy en lui faisant un petit geste de la main. Bravo, tu t'es parfaitement souvenue de notre dernière leçon : tu as trempé ton père de la tête aux pieds !
- Pansy, grogna le concerné en enfilant une couche à Alhena.
- Qu'est-ce qui t'a mis en retard ? préféra répondre son amie pour détourner la conversation.
- J'ai eu quelques soucis avec mon père.
- Des soucis avec ton père ? répéta-t-elle plus sérieusement en fronçant les sourcils.
Il soupira et hocha la tête, en fermant le pyjama de sa fille avec sa baguette. Il s'agissait d'un petit ensemble brun en forme d'ours, que Ginny Potter lui avait offert. Il la trouvait tout simplement adorable ainsi.
- Je propose que nous prenions un verre avant que je te raconte, fit-il en calant sa fille sur sa hanche qui, pourtant, gigotait dans tous les sens en tendant les bras vers sa marraine.
- Bonne idée, répondit-elle avec un sourire compatissant, comprenant que son meilleur ami n'avait clairement pas le moral. Neville était justement en train de déboucher la bouteille que nous avons amenée. Tu permets ? demanda-t-elle ensuite en tendant les bras vers sa filleule.
Il hocha la tête et lui tendit la petite, qui poussa un cri de joie en atterrissant dans ses bras.
Il n'avait pas une seule fois hésité sur son choix de marraine. Pansy était sa meilleure amie depuis des années et bien qu'il ait hésité à proposer à Hermione, il ne se voyait pas lui annoncer le tout dans une lettre, sans même la revoir. De toute manière, il n'en aurait pas eu le temps.
De plus, Pansy –bien qu'elle n'ait pas d'enfant et n'en ait nullement l'envie– avait toujours fait promettre à Drago qu'elle serait la marraine de son premier enfant. Ainsi, il n'avait pas pu résister à la choisir, répétant qu'il l'avait fait uniquement pour tenir sa promesse, afin de l'embêter.
- Salut, Londubat, lança Drago en entrant dans son séjour et en voyant le fiancé de Pansy leur servir des verres.
- Regarde, princesse, c'est Oncle Neville, fit Pansy dans son dos, d'une voix niaise qui ne lui ressemblait pas du tout, tout agitant sa petite main.
Avec l'arrivée de sa fille, Drago avait rapidement vu ses amis changer considérablement d'attitude en présence d'Alhena. Tous et toutes étaient devenus bien moins réservés en sa présence. Le plus drôle à voir était lorsque Pansy s'extasiait devant les tenues de sa filleule. Elle ne cessait de répéter à quel point elles lui seyaient.
- Nebi !
- Arrête d'endoctriner ma fille, Parkinson, tant que vous ne serez pas mariés, il est hors de question qu'elle appelle Londubat son oncle, grogna-t-il en attrapant un verre et en s'installant dans un fauteuil.
- Il faudra pourtant t'y faire, Malefoy, j'épouse ta meilleure amie dans seulement six mois, répondit Neville avec un sourire amusé.
- Et dire que je vais devoir être témoin de ça, rouspéta faussement le blond.
- Oh arrête un peu, Drago, tu nous ressors ce discours à chaque fois, change de disque, répliqua Pansy en levant les yeux au ciel et en s'installant aux côtés de Neville, sa filleule sur ses genoux. Et si tu nous racontais ce qu'il s'est passé avec ton père plutôt.
Drago marmonna des paroles incompréhensibles derrière son verre. Il aimait jouer sur le fait que Neville n'ait pas toujours été son ami. À vrai dire, de l'eau avait coulé sous les ponts et aujourd'hui, il considérait le fiancé de Pansy comme son ami aussi. Seulement, il aimait beaucoup les embêter avec cela.
Le couple s'était d'ailleurs rencontré plus ou moins grâce à lui. En effet, c'est grâce à son début d'amitié avec Hermione que leurs deux groupes d'amis s'étaient rapprochés. Ainsi, Neville et Pansy avaient pu se rencontrer. Cela faisait désormais six ans qu'ils sortaient ensemble. Neville avait fait sa demande trois mois plus tôt.
Avant de se lancer dans son histoire, et afin qu'ils puissent bien comprendre, Drago devait leur annoncer la nouvelle la plus importante de la journée.
- Hermione est rentrée.
Leurs réactions ne se firent pas attendre. Pansy haussa grandement les sourcils et Neville sourit aussitôt.
- Depuis quand ? s'étonna-t-il bien que ravi par cette nouvelle.
- Quelques jours.
- Et elle n'a prévenu personne ? s'enquit Pansy, en haussant un sourcil perplexe.
- Visiblement pas. Elle devait avoir ses raisons, répliqua Drago en haussant les épaules.
Il avait sa propre théorie. Il supposait qu'elle ait voulu rester auprès de son père pendant cette période.
- C'est ma coéquipière pour le programme de l'hôpital, annonça-t-il ensuite.
- Salazar, vous allez faire des étincelles, répliqua Pansy avec un sourire en coin, tout en jouant avec l'une des peluches de sa filleule.
Neville ne put s'empêcher de pouffer.
- Des étincelles ? répéta Drago en haussant un sourcil. C'est l'une de mes plus proches amies.
- Oh mais je n'en doute pas, très cher, sourit narquoisement Pansy.
Le rire de Neville ne fit que s'accentuer, alors qu'il se cachait derrière son verre. Le regard de Drago devint noir. Il était agacé par le comportement de ses amis, n'en comprenant pas vraiment la raison. Il se trouvait bien bête.
- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? grogna-t-il en les fusillant du regard.
- Rien, rien, pouffa Pansy en croisant le regard de son fiancé.
- Parkinson, gronda Drago en fronçant les sourcils.
- Je trouve simplement drôle que tu penses encore que vous êtes de simples amis, élucida-t-elle avec un sourire fier.
- Tu ne vas pas recommencer, soupira Drago en comprenant, tout en levant les yeux au ciel. Je t'ai déjà répété un bon nombre de fois qu'il ne s'était jamais rien passé entre nous, continua-t-il en posant son verre et en se levant.
- Oh mais je sais bien, là est tout le problème. Je n'attends qu'une chose : que vous laissiez exploser toute cette tension sexuelle !
- Va te faire voir, Parkinson, grogna-t-il en se dirigeant vers la cuisine.
- Malefoy ! Surveille ton langage autour de ta fille, enfin ! s'exclama-t-elle faussement outrée, faisant redoubler les rires de Neville.
Elle ne reçut en réponse qu'un geste vulgaire de la main, alors qu'Alhena commençait à s'assoupir dans ses bras.
