Hello ! Juste pour vous prévenir qu'à partir de cette semaine, les chapitres seront publiés toutes les deux semaines et non plus de manière hebdomadaire ! Je me suis imposé un rythme trop lourd avec mes différents écrits en cours et pour éviter de faire une rupture dans les publications, je préfère réduire la fréquence, j'espère que vous le comprendrez ;)

Plein de bisous et bonne lecture !

PS : n'hésitez pas à passer sur mon compte pour lire mes autres écrits, pour patienter ;)


30 mai 1998,

La salle d'audience était pleine à craquer. Les membres du Magenmagot débattaient depuis maintenant plus d'une heure, dans un concert de cris et de revendications.

- SILENCE ! fit la voix magiquement amplifiée de Kingsley Shacklebolt. Messieurs, Mesdames, je vous prie de bien vouloir vous rassoir et laisser le prochain témoin prendre place ! J'appelle Miss Hermione Granger à la barre, fit-il une fois que l'assemblée fut calmée.

Drago tourna les yeux vers le public de l'audience et vit sa camarade descendre les marches lentement. Elle lui jeta un rapide regard, qui –bien qu'il ne soit pas particulièrement aimable ou rassurant– lui réchauffa légèrement le cœur. Elle ne prévoyait visiblement pas de le descendre sur la place publique.

Il était installé au centre de la salle d'audience, assis sur une chaise, les poignets et les chevilles retenus par des liens magiques, le tout sous la surveillance de deux dont les baguettes étaient pointées sur sa gorge.

Il portait son uniforme d'Azkaban, qu'il avait enfilé un mois plus tôt en entrant dans la prison sorcière.

- La parole est à vous, Miss Granger.

- Merci Monsieur le Ministre…

En la voyant commencer à le défendre, Drago se fit la réflexion que cette fille n'était peut-être pas celle qu'il s'était toujours imaginée.

oOo

23 novembre 1998,

Drago entra dans le mémorial de Poudlard et referma la porte derrière lui. Il était minuit passé et les couloirs du château étaient complètement vides.

Comme chaque nuit depuis la rentrée, il s'avança jusqu'au nom de son parrain, Severus Rogue, et commença à se recueillir.

C'était son seul moyen de le faire, s'il ne voulait pas croiser d'autres élèves ou subir leurs remarques.

Il s'installa par terre, les coudes sur ses genoux repliés, et commença à parler à voix basse.

En ressortant une heure plus tard, les mains dans les poches et le regard fatigué, il croisa le chemin d'Hermione Granger.

Ils se figèrent tous les deux et la jeune femme regarda la porte de la pièce qu'il venait de quitter. Elle s'y rendait elle aussi.

- Pour qui viens-tu ? demanda-t-elle, à sa plus grande surprise.

- Le Professeur Rogue, répondit-il d'une voix grave et basse.

- Toutes mes condoléances, dit-elle avant de rejoindre le mémorial à son tour.

Il se figea. Elle l'avait dit avec une telle sincérité que cela le toucha en plein cœur. Alors qu'elle continuait d'avancer, il la retint par le bras. Elle sursauta et il la lâcha vivement, ne souhaitant pas lui faire peur.

- Je suis désolé, Granger, lui murmura-t-il en la regardant dans les yeux. Pour tout.

Elle le fixa silencieusement pendant quelques secondes. Le cœur du blond battait la chamade.

- Je te pardonne.

Ce furent les seules paroles qu'elle lui adressa de toute l'année scolaire, mais elles lui avaient ôté un grand poids des épaules.

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1er septembre 1999,

Drago s'installa tout en haut des gradins de l'amphithéâtre de l'Université Magique de Cambridge et tenta de se faire discret. Sa huitième année à Poudlard avait été calme grâce à la discrétion dont il avait fait preuve, il était bien décidé à continuer ainsi.

Il sortit de quoi prendre des notes et attendit que la salle se remplisse. Il était volontairement arrivé en avance pour choisir sa place.

Ce jour-là avait lieu sa toute première journée de formation à la médicomagie. Il suivrait le cursus principal pendant deux ans, avant de choisir une spécialité pour un an, et enfin d'intégrer l'Ordre des Médicomages. La première journée serait dédiée aux explications concernant le déroulement de l'année. Barbant en soit, mais Drago avait comme résolution de devenir un élève exemplaire et de ne manquer aucun cours.

La sorcière qui présentait la filière fit son apparition et commença ses explications face aux cent élèves présents dans les gradins. Malgré son envie d'être parfaitement attentif, Drago se déconcentra rapidement et laissa son regard se perdre dans la foule d'étudiants.

Il était déjà au courant de tout ce dont la maîtresse de conférence parlait. Il s'était tellement renseigné l'année passée qu'il connaissait presque sur le bout des doigts le programme de leur première année. Il avait ensuite passé l'été à travailler, se coupant ainsi de son père en se rendant à la bibliothèque magique de Cambridge. Il était donc déjà bien en avance.

Il se perdit rapidement dans ses pensées, sa plume suspendue au-dessus de son parchemin. Alors qu'il jetait un coup d'œil aux élèves, il lui sembla apercevoir plusieurs silhouettes familières. Il identifia rapidement celle de sa camarade Daphné Greengrass, la grande sœur de son amie Astoria, mais ce n'est pas celle qui l'interpella le plus.

Hermione Granger, ancienne Préfète-en-Chef de Poudlard, faisait partie de sa promotion.

Dire qu'il avait été abasourdi était un euphémisme. Lui qui avait toujours pensé qu'elle se dirigerait vers un métier au Ministère de la Magie, s'était visiblement lourdement trompé. Cependant, le fait qu'elle ait choisi une telle filière le surprit moins après réflexion.

Elle avait toujours été altruiste, tournée vers les autres et généreuse, et bien qu'il ne l'ait pas fréquentée amicalement —ni même fréquentée tout court—il le savait.

Elle était parfaitement concentrée sur le discours de leur future professeure, prenant des notes au fur et à mesure, ce qui fit sourire Drago. Ne l'ayant qu'à peine croisée l'an passé, mis à part en cours, il fut amusé de voir qu'elle n'avait pas changé. Il n'avait prêté attention à personne lors de sa dernière année, se concentrant uniquement sur la réussite de ses examens et sur sa discrétion.

Ses amis n'étant pas retournés à Poudlard et Astoria Greengrass n'étant pas de la même année que lui, il n'avait de toute manière pas vraiment pu se concentrer sur autre chose.

Ainsi, voir Granger déjà si impliquée dans son travail fit battre son cœur avec nostalgie. Peut-être avait-il été un bel idiot lors de ses années à Poudlard, mais il devait avouer que l'esprit compétitif —bien qu'implicite—entre Granger et lui durant leurs études était un beau souvenir. Alors la voir déjà prête à faire de son mieux ne fit qu'augmenter son propre désir de donner le meilleur de lui-même.

Peut-être ne la croiserait-il qu'à peine durant leurs études, mais si Drago pouvait se trouver une motivation aussi amusante que celle-ci, il ne s'en priverait pas. Battre Granger serait un parfait objectif.

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26 septembre 1999,

Drago était installé dans la Bibliothèque de l'UMC, occupé à rédiger un devoir de médicomagie neurologique qu'il avait à rendre pour la semaine suivante. Il y était depuis déjà deux heures, tant le devoir donné par son professeur —qui était pourtant son favori, puisqu'il était le seul à ne pas le discriminer—était difficile.

Il était presque dix-neuf heures et il savait parfaitement que l'établissement ne tarderait pas à fermer. Ainsi, occupé à recopier les noms de chaque nerf crânien, il était complètement isolé des bruits et personnes autour. Bien que la bibliothèque soit silencieuse, quelques personnes chuchotaient dans un coin, et d'autres tournaient leurs pages, ce qui pourrait facilement le déconcentrer s'il y prêtait attention.

"Nerf trochléaire, nerf optique, nerf oculomoteur…"

- Malefoy ?

Il sursauta violemment, au point de tracer un long trait sur son parchemin.

- Merde ! jura-t-il en posant sa plume et en sortant vivement sa baguette pour corriger son geste.

- Désolée, je ne voulais pas te surpendre, s'excusa une jeune femme.

Il n'eut pas besoin de réfléchir longtemps pour reconnaître la voix de Granger. Il redressa la tête et vit qu'elle était installée en face de lui. Visiblement, elle était arrivée sans qu'il ne s'en rende compte.

- Je voulais simplement te demander si tu avais commencé le devoir de cardiomagie ? demanda-t-elle après qu'il ait fait un geste négligent de la main pour la rassurer.

- Celui à faire pour vendredi ? s'enquit-il en haussant un sourcil.

Il essayait d'ignorer la petite voix dans sa tête qui lui répétait que cette conversation n'avait aucun sens. Il discutait cordialement avec Hermione Granger, elle-même venue lui parler.

- Oui, j'y suis depuis une heure mais je ne comprends pas vraiment ce que le professeur Sartse attend de nous, fit-elle avec une moue agacée.

- Je l'ai terminé hier soir, j'ai eu du mal aussi, répondit-il en sortant son cours de cardiomagie de son sac. Je peux t'expliquer, si tu veux ? proposa-t-il ensuite.

Il était assez hésitant. Il ne voulait pas paraître invasif, mais après tout, elle était celle qui était venue le rejoindre, non ?

- Avec plaisir, Malefoy, accepta-t-elle en approchant sa chaise de la sienne pour jeter un œil à son devoir.

Il commença ses explications sans plus de cérémonie.

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10 décembre 1999,

- Après toi, fit Drago en tenant la porte du café où ils se rendaient.

Il laissa donc passer Hermione, qui, vêtue d'un long manteau d'hiver, d'un ancien bonnet aux couleurs de Gryffondor et d'une paire de gants assortie, se précipita à l'intérieur. Il faisait très froid en cette fin de soirée, une tempête de neige s'était déclarée quelques heures plus tôt et les deux étudiants s'étaient directement dirigés dans le premier café du campus universitaire, à la sortie de la bibliothèque.

La veille, Drago avait proposé à la jeune femme de finir leur vendredi soir ensemble. Ils touchaient à la fin de leurs examens du premier semestre et il avait souhaité qu'ils le célèbrent tous les deux. Cela faisait presque trois mois qu'ils révisaient chaque jour ensemble dans la bibliothèque de l'université. Si, au départ, cela n'avait été qu'une question de groupe de travail, cela s'était vite développé en une certaine entente. Même amitié, s'il devait être honnête.

Ainsi, Drago avait décidé de faire avancer les choses, appréciant de plus en plus la compagnie d'Hermione.

- Est-ce que tu as pu voir ton père comme tu le voulais ? demanda-t-elle en se dirigeant vers une table.

Cela eut le don d'agacer Drago, mais il se força à répondre.

- Je n'ai pas vraiment eu le choix. Si je voulais récupérer mes affaires, j'étais obligé de retourner au manoir et de le voir. Autant dire que ça n'a pas été très cordial, heureusement que ma mère était là.

- Et tu…

- Qu'est-ce que je vous sers, jeunes gens ? la coupa une serveuse en arrivant à leur table.

Sauvé par le Cognard.

- Une tisane, s'il vous plaît, répondit Hermione avec un sourire poli.

- Un Whisky Pur-Feu.

La serveuse hocha la tête et retourna près du bar. L'endroit était plutôt vide, Drago avait pourtant entendu dire que le café était très apprécié, mais visiblement la tempête avait repoussé plus d'un étudiant.

- Un whisky à cette heure-ci ? s'amusa Hermione en retirant son bonnet et ses gants.

- Il faut bien que je me réchauffe, Granger, et sans aucune fille disponible dans les environs, cela risque de prendre bien trop de temps, railla-t-il avec un sourire narquois.

Cela eut le don de la faire rire.

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31 décembre 1999,

- Détends-toi, Granger, souffla Drago à l'oreille de son amie. Tu fais trembler le champagne dans ton verre.

- Quelle heure est-il ? répondit-elle simplement entre ses dents serrées.

- Vingt et une heures. Ils vont arriver.

Drago avait eu la brillante idée de proposer que la rencontre de leurs deux groupes d'amis se fasse lors du Nouvel An. Cela faisait déjà quelques jours qu'ils l'envisageaient mais ils ne trouvaient jamais de jour où toutes et tous étaient libres. Cependant, le bureau des élèves de Médicomagie avait décidé d'organiser une grande soirée pour le réveillon, se révélant être la solution parfaite à leur problème.

- Quelle mauvaise idée, grogna-t-elle en tapant du pied. Nous aurions dû faire ce que j'avais proposé et simplement les inviter à dîner. Ron et Ginny sont de vrais dangers publics lorsqu'ils sont alcoolisés.

- Parce que tu crois que Pansy et Théo seront calmes ? Ils ont littéralement vidé toute la cave de mon père la dernière fois que nous avons dormi au Manoir !

- Je te préviens, Malefoy, s'il y a la moindre casse, c'est toi qui règleras ça avec la présidente du bureau des élèves, le menaça-t-elle en posant son doigt sur son torse.

- Je règlerai ça, avec grand plaisir, répliqua-t-il avec un large sourire charmeur. Tu crois qu'elle est plutôt du genre à genoux ou à quatre pattes ?

- Arrête tes bêtises ! le gronda-t-elle en lui frappant l'épaule.

- Oh allez, Granger, ne fais pas ta prude, la taquina-t-il. J'ai cru comprendre que tu couchais avec Grant, en plus de ça ?

Il la vit devenir écarlate et ne put s'empêcher de rire.

- Ce n'est pas drôle !

- Au contraire, je trouve ça hilarant. Hermione Granger qui fricote avec un troisième année !

- Qui te l'a dit ? demanda-t-elle avec agacement.

- Je ne dévoile jamais mes sources, Granger.

Elle le fusilla du regard et était sur le point de répliquer, mais les craquements de plusieurs transplanages retentirent dans la pièce adjacente et Drago décida qu'il s'agissait de l'occasion parfaite de fuir cette conversation.

Il n'avait pas envie qu'elle sache qu'il l'avait appris grâce à Angela Bright, la voisine de chambre d'Hermione. Il n'était pas certain qu'elle serait ravie d'apprendre que d'une part, il avait couché avec elle, et que d'autre part, Angela les avait entendus fricoter toute une nuit.

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10 février 2000,

- Je n'en reviens pas que tu aies mis autant de temps à m'inviter chez toi, Malefoy, plaisanta Hermione en se laissant tomber dans un fauteuil.

- Je te signale que je ne suis pas encore allé chez toi non plus, répliqua-t-il en retirant son manteau.

Il le déposa sur son sofa et quitta ses chaussures, qu'il envoya d'un coup de baguette se ranger dans son entrée.

- Je ne t'ai pas invité uniquement parce que tu ne l'as pas fait !

- Et tu ne t'es pas dit que je pensais la même chose ? releva-t-il en levant les yeux au ciel et en se dirigeant vers son mini-bar. Je ne voulais pas que tu te sentes obligée de venir.

- Jamais de la vie ! s'exclama-t-elle, les yeux écarquillés. Je me suis dit que si tu ne me proposais pas, c'était probablement parce que tu n'en avais pas envie, ou bien que seules tes conquêtes y avaient le droit !

- Mes conquêtes ?! s'étonna-t-il en tournant la tête vers elle, un verre de whisky dans la main. Personne ne vient jamais ici, Granger, je pensais te l'avoir déjà dit. Les filles avec qui je couche n'ont jamais mis un seul pied dans mon appartement, j'ai toujours refusé !

Il la vit ouvrir la bouche, visiblement sous le choc.

- La seule raison pour laquelle je ne t'ai pas fait venir ici plus tôt est que j'avais peur que tu refuses ou que tu t'y sentes forcée. Lorsque tu as proposé que nous révisions chez moi pendant les travaux de la bibliothèque, j'ai sauté sur l'occasion.

- Drago Malefoy, nous sommes tous deux de beaux idiots, pouffa-t-elle en attrapant le verre qu'il lui tendait.

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7 mai 2000,

Drago transplana directement dans le séjour d'Hermione Granger. Il faisait nuit depuis plus d'une heure, les volets étaient tous fermés et le silence régnait dans l'appartement. Il fronça les sourcils. Elle lui avait pourtant demandé expressément de venir la rejoindre chez elle.

Alors qu'il allumait sa baguette et jetait un rapide coup d'œil au salon, il entendit des sanglots étouffés dans l'une des pièces adjacentes. Son cœur se mit à battre plus rapidement. Il s'empressa de rejoindre la chambre de la jeune femme et ouvrit la porte à la volée.

Il la trouva blottie sous les couvertures de son lit, sanglotant serrée contre son oreiller et les cheveux en bataille.

- Granger ? Que se passe-t-il ? s'inquiéta-t-il en entrant et en se précipitant vers elle.

Il s'installa au bord de son lit et posa une main sur son épaule, le sourcils froncés par l'inquiétude.

- J'ai…J-J'ai quitté Alexandre, pleura-t-elle en blottissant son visage contre son oreiller.

- Tu as fait quoi ?! s'exclama-t-il, ahuri.

Il était pourtant persuadé qu'ils filaient le parfait amour. Elle lui parlait de lui avec des étoiles dans les yeux et même si Drago ne l'avait jamais apprécié, le trouvant bien trop prétentieux et coincé, il n'avait jamais voulu s'en mêler, voyant bien que son amie était heureuse avec lui.

- J'ai d-découvert qu'il m'avait trompée avec Ella Dormans, expliqua-t-elle sans cesser de pleurer.

- Quel connard, gronda-t-il en serrant la mâchoire.

Il n'arrivait pas à y croire. Il n'aurait jamais dû le laisser s'approcher d'Hermione, quoi qu'elle en pense. Il ne l'avait jamais senti et il aurait dû le faire valoir dès le début. Il commença à se lever, les poings serrés.

- Il va voir ce que…

- Reste avec moi, le supplia-t-elle en le voyant se lever, en attrapant sa main. Je ne veux pas rester seule.

Il serra les dents et soupira. Le regard larmoyant qu'elle lui envoyait le fit changer d'avis. Elle avait raison, il devait la soutenir, pas s'en aller et la laisser ici seule. Il hocha la tête et elle lui offrit un léger sourire, entre ses larmes.

- Que dirais-tu d'une tisane et d'un pot de glace au yaourt ? proposa-t-il en caressant le dos de sa main avec son pouce.

Il savait qu'il s'agissait de son parfum préféré, depuis qu'elle l'avait amené à son glacier moldu favori.

- S'il te plaît, acquiesça-t-elle d'une petite voix.

Il se baissa pour l'embrasser sur le haut de crâne et quitta la chambre pour rejoindre la cuisine. Il lui prépara une tisane, après avoir demandé à son elfe d'aller lui chercher de la glace. Lorsqu'il revint dans la chambre, elle avait séché ses larmes et l'attendait assise sous les couvertures. Il se dépêcha de la rejoindre et se glissa à ses côtés.

- Merci, Drago, murmura-t-elle en lui embrassant la joue et en prenant une grosse cuillère de glace. Je n'approcherai plus jamais aucun homme de ma vie, c'est décidé.

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5 juin 2000,

- Joyeux anniversaire, Drago, sourit Hermione en lui tendant une petite boîte verte entourée d'un ruban argenté.

Il comprit directement le clin d'œil à sa maison. Il sourit et commença à le déballer. Ils se trouvaient dans sa chambre, au calme et loin de la fête d'anniversaire qui se déroulait dans son séjour. Elle l'avait pris à part pour lui offrir son cadeau.

Il découvrit dans la boîte une chevalière en argent, aux couleurs de Serpentard. Il releva des yeux émerveillés vers Hermione, qui lui souriait timidement, sa lèvre inférieure coincée entre ses dents.

- Est-ce une demande en mariage, Granger ? plaisanta-t-il avec un sourire narquois.

- Idiot, pouffa-t-elle en le frappant gentiment sur le bras. Elle est faite sur mesure, je me suis dit qu'un rappel de ta maison serait une idée sympa.

- Et tu as eu raison. Merci, Hermione, sourit-il en l'enfilant, avant de l'embrasser sur la joue. C'est le plus beau cadeau que j'ai reçu, sans aucun doute.

Elle rosit légèrement, mais ne dissimula pas son sourire fier.

- Veille à ne pas crier sur tous les toits que je te l'ai offerte, une autre fille pourrait crier à la tromperie, se moqua-t-elle en rappel à l'un des coups d'un soir du blond.

- Ne ramène pas cette idiote sur la table, grogna-t-il en refermant la petite boîte. J'ai bien cru que j'allais devoir l'Oublietter pour qu'elle me lâche la citrouille.

Seul le rire cristallin d'Hermione lui répondit.

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14 août 2000,

- Je pensais que la sœur d'Astoria serait présente, fit Hermione à Drago.

- Elle ne pouvait pas, son mari a été hospitalisé et elle devait finaliser de la paperasse française pour pouvoir retourner en Angleterre.

- Comment le vit Astoria ?

- Elles ne sont pas très proches, alors je suppose que ça va. Je doute qu'elle s'en moque complètement, c'est quand même son mariage, mais ça l'air d'aller.

Ils se tenaient tous les deux dans un coin de la salle de fête réservée par les mariés : Astoria et Théodore Nott. Ils ne pouvaient s'empêcher de jouer aux langues de Chupacabra.

- Je suis étonnée que Théo ne t'ait pas choisi comme témoin, lui fit-elle remarquer, un bras sous le sien.

- Il m'a dit qu'il avait trop peur de ce que je pourrai préparer pour son enterrement de vie de garçon, avoua-t-il avec un sourire malicieux.

- Et je le comprends, pouffa-t-elle en réponse, tout en attrapant un verre de champagne sur l'un des plateaux volants.

- Comme s'il aurait été dérangé que je ramène quelques dizaines de filles ! s'exclama-t-il, faussement outré.

- Je pense plutôt que c'est sa femme qui aurait été dérangée, Drago, releva-t-elle en haussant un sourcil.

- Ria ? pouffa-t-il. Tu parles, elle aurait surtout voulu s'assurer que cet idiot se protégerait, pour qu'il ne se retrouve pas avec un bâtard dans les bras.

Il la vit froncer les sourcils, visiblement confuse.

- Tu veux dire qu'elle ne serait pas complètement détruite à l'idée que son mari la trompe ?!

Il fronça les sourcils à son tour.

- Granger, tu es au courant qu'elle et lui sont en relation libre, n'est-ce pas ? s'enquit-il, troublé.

Il comprit directement à son expression surprise qu'elle n'était nullement au courant.

- Par Merlin, tu ne l'avais pas compris depuis tout ce temps ? Tu ne t'es pas dit qu'il était étrange que Théo ait son propre appartement en plus de celui qu'il partage avec Astoria ?

- Eh bien… Non… Je me suis dit que c'était peut-être une tradition sang-pur, ou je ne sais quoi, bafouilla-t-elle en rougissant. Je ne pouvais pas savoir si personne ne me l'a jamais dit !

Il ne put s'empêcher d'éclater de rire. Il se fit la réflexion qu'ils avaient eu de la chance qu'elle ne tombe pas sur l'une des conquêtes de Théo, surtout considérant son absence de pudeur ! Qui sait ce qu'elle aurait pu s'imaginer ?

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25 juin 2001,

- Je n'arrive pas à croire qu'elle ait osé ! s'exclama Hermione en entrant en fracas dans la chambre de Drago.

- Granger, si les portes existent, c'est bel et bien pour qu'on les utilise, grogna-t-il, attablé à son bureau.

Cela faisait déjà trois heures qu'il y était installé, révisant sans relâche pour les examens qui les attendaient la semaine suivante.

- Cette con... Cette idiote de Perpleton m'a mis un D ! Tu y crois ?! fit-elle, ahurie, en laissant tomber sa copie sur le bureau du blond.

- Comme si ça allait changer quoi que ce soit à ton bulletin, marmonna-t-il, écoutant à moitié.

- Bien sûr que cela va changer quelque chose ! Nous devons rendre nos choix de spécialisation demain et tout va se jouer sur nos résultats de l'année ! Si j'ai un D en pédiatrie, je ne pourrai jamais la choisir !

- Détends-toi, je t'assure que cela ne changera rien. Nous sommes tous les deux major de promo, ils ne nous refuseront rien.

Il avait eu raison de penser qu'être dans la même promotion leur permettrait de toujours se dépasser pour battre l'autre, bien qu'ils n'y soient jamais arrivés.

- Je ne sais même pas quoi choisir, soupira-t-elle avec désespoir en se laissant tomber sur le lit du blond.

- Je croyais que tu ne t'imaginais nulle part ailleurs qu'en pédiatrie ?

- La neuromagie m'attire aussi… C'est tellement complexe et précis…

- Tu n'as qu'à choisir la Médicomagie générale, comme moi, au moins tu n'auras pas à choisir, plaisanta-t-il, sachant très bien qu'elle ne choisirait jamais cela.

- Et passer ma vie aux urgences ? Non merci, grogna-t-elle en se cachant sous son coude.

Il leva les yeux au ciel. Elle sortait toujours cet argument.

- J'ai beaucoup hésité avec la pédiatrie aussi, tu sais, mais finalement, j'ai peur de ne pas réussir à gérer la mort de gamins. Il en faut dans le ventre et je ne pense pas être prêt pour ça.

- Parce que tu l'es pour les adultes ?

- Non, mais je préfère me dire que ce sera toujours plus simple à vivre que la mort d'un nourrisson ou d'une gamine qui n'aura jamais l'occasion d'aller à Poudlard, répondit-il en haussant les épaules.

Il n'avait pas fréquenté de bambins depuis longtemps, n'ayant aucun proche qui en avait, mais il savait qu'il ne pourrait pas supporter cela. Du moins pas pour le moment.

- C'est compréhensible, répliqua-t-elle en hochant la tête. Contrairement à toi, je me dis qu'en participant à ce service, j'aurai peut-être la chance de justement les sauver.

Il s'arrêta dans sa prise de notes. Il n'avait jamais vu les choses de cet angle et cela le laissa sans voix. Peut-être la pédiatrie était-elle une spécialité intéressante finalement.

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8 novembre 2001,

- Tu sais qu'un jour, il m'a grimpé sur la tête pendant mon sommeil ? Et même que sa queue me chatouillait le nez et ça m'a réveillée !

- Granger, je pense sincèrement que tu devrais arrêter de boire, soupira Drago en essayant de lui retirer sa bouteille des mains.

Il était partagé entre le rire —à cause des inepties qu'elle sortait depuis une vingtaine de minutes—et le dépit de la voir si triste.

- Noooon ! s'exclama-t-elle en s'éloignant de lui, d'un geste bancal. Pattenrond il me laissait boire autant que je voulais, lui !

- Granger…

Il tenta de l'approcher une nouvelle fois, mais elle s'écarta.

- Je sais ce que tu vas dire, Malefoy ! reprit-elle en le pointant du doigt, les larmes aux yeux. Il n'est plus là ! Il n'est plus là mais je bois en son honneur ! Hein, Patt' ? Cette bouteille est pour toi !

Elle pointait désormais le plafond du doigt, la tête vers le haut. Il la vit tituber et la rattrapa de justesse avant qu'elle ne tombe en arrière.

- Allez, Hermione, il est l'heure d'aller te coucher, souffla-t-il en la portant et en lui retirant la bouteille des mains. Je vais rester avec toi ce soir.

- Et demain ? murmura-t-elle, larmoyante. Je vais être seule maintenant, sans Patt'. Comment je vais faire pour dormir, hein ?

Il serra la mâchoire, ne sachant quoi lui répondre. Il n'avait jamais vraiment su consoler les autres et la voir dans un tel état lui brisait le cœur.

- Je resterai le temps qu'il faudra, Hermione, chuchota-t-il en la déposant dans son lit.

Des larmes s'écoulaient encore de ses yeux.

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1er juillet 2002,

- Miss Hermione Granger et Monsieur Drago Malefoy ! appela le président de l'université.

Les deux amis se regardèrent, souriants, et se dirigèrent main dans la main sur l'estrade de remise de diplôme. Leurs études touchaient enfin à leur fin et rien ne pouvait les rendre plus heureux. Ils avaient réussi. Ensemble.

- Joignez-vous à moi pour féliciter et applaudir nos majors de promotion ! s'exclama l'homme en tapant des mains.

Les deux amis saluèrent fièrement le public avant de serrer la main du président. Drago remarqua ses amis et sa mère, installés dans les gradins et leur fit un petit clin d'œil.

- Alors dites-nous, que prévoyez vous de faire maintenant que vous êtes diplômés ? les interrogea-t-il en élargissant son sort pour que leurs voix se fassent entendre aussi.

- Je vais postuler pour le secteur de médicomagie générale à St Mangouste, répondit Drago, le sourire aux lèvres.

- Et vous Miss Granger ?

- Je vais partir quelques années autour du monde, pour apprendre des autres cultures et enrichir mes connaissances en médicomagie.

Le cœur de Drago se serra, mais il le dissimula parfaitement derrière un masque de bonheur feint.

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2 août 2002,

La jambe de Drago ne cessait de trembler, alors qu'il tapait des doigts sur son genou. Il n'arrêtait pas de jeter des coups d'œil à l'horloge du terminal de portoloin du Ministère. À ses côtés, Hermione était parfaitement calme et cela avait le don de redoubler son anxiété et son agacement.

Comment pouvait-elle rester si sereine alors qu'elle s'apprêtait à quitter tous ses proches pendant plusieurs mois, voire années ? Cela le dépassait.

- Cesse de te ronger les ongles, Drago, c'est très mauvais, lui murmura-t-elle sans même le regarder.

Il eut envie de la secouer, de lui faire entendre raison, de la convaincre de rester. Comme s'il ne l'avait pas déjà fait.

- Comment peux-tu rester si calme, grogna-t-il donc simplement, sans cesser de battre du pied.

- Parce que je me suis résignée, contrairement à toi. Je ne pars pas définitivement, Drago. Je vais revenir et nous pourrons échanger par courrier ou par cheminée. Tu sais très bien que j'en meurs d'envie depuis des années.

Il le savait, mais ce n'était pas une raison suffisante à ses yeux pour l'abandonner.

Oui, l'abandonner, car il avait appris à vivre grâce à elle. Il avait appris à se reconstruire. Qu'adviendrait-il de lui lorsqu'elle ne serait plus là ? C'était sa meilleure amie.

- Tu ne peux pas me demander de me résigner alors que tu sais parfaitement que je suis contre.

- Ce n'est pas de ton ressort, répliqua-t-elle d'un ton dur, sans le regarder.

- Je le sais très bien, figure-toi.

Elle soupira et tira sur ses manches.

- Je n'ai pas envie de me disputer avec toi aujourd'hui, Drago.

Il souffla à son tour, détournant le regard. Il n'en avait pas envie non plus, mais il ne pouvait s'empêcher de vouloir la faire changer d'avis.

- Tu m'écriras ? demanda-t-elle, les yeux débordant de larmes.

Il ne l'avait pas entendue commencer à sangloter.

- Je ferai au mieux, mentit-il avec un demi-sourire.

Il savait parfaitement qu'il n'arriverait pas à lui écrire, tant il serait en colère. Cependant, le sourire qu'elle lui renvoya suffit à lui réchauffer le cœur. Elle lui embrassa la joue, au moment même où les voyageurs à destination de Bali étaient appelés au terminal un.

- Continue de vivre, Drago. Tu le mérites, lui chuchota-t-elle en le serrant dans ses bras, avant de s'éloigner sans se retourner vers le portoloin.