Disclaimer : Riviera est l'oeuvre de Neil Jordan.
Résumé : Les mots de Christos la tuent. Pourtant, Irina refuse de se laisser briser : elle a déjà laissé tomber son fils sans le savoir. Elle ne fera plus la même erreur. [Riviera]
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de fandom méconnu (41/50) + 22 mars - Lena Olin + C : Christos Clios (Riviera)
Le crève-coeur d'une mère
-Je ne sais même pas pourquoi tu t'es embêtée à m'accompagner. Tu n'en as rien à faire de moi et tu n'en as jamais eu rien à faire.
Les mots de Christos lui transpercent le cœur. Ils sont remplis de colère, de tristesse, d'indignation et pourtant de résignation. Il lui en veut et ses griefs, si elle les trouve injustifiés, elle ne peut pas pour autant les rejeter en bloc.
Pas quand la chair de sa chair lui avoue enfin, sans aucune hésitation et entre les lignes, qu'il ne s'est jamais senti aimé ou soutenu par l'autrice de ses jours.
Pas quand il l'accuse de lui avoir volé son enfance.
« Je t'ai toujours traité en adulte ! »
« Oui, même quand je n'étais qu'un putain de gosse ! »
Son enfant souffre, il souffre profondément, plus profondément qu'elle n'aurait pu l'imaginer, c'en est presque insondable tant il a tout gardé pour lui, en bon soldat, avançant pour essayer de sauver l'empire construit par son père, lequel n'a jamais été très tendre avec lui, elle doit bien l'admettre.
Mais cela la tue.
Son petit garçon pense qu'elle ne l'aime pas, qu'elle ne se soucie pas de lui, qu'il n'est qu'un pion à avancer sur l'échiquier géant qu'est devenue la banque Clios, laquelle est son véritable bébé. Lui, il n'est qu'un lange, le chauffe-biberon, la veilleuse, un objet utile que l'on remise cependant dans un placard une fois utilisé, un objet auquel on ne pense plus jusqu'au prochain besoin impérieux.
Irina aime Christos pourtant.
Elle l'aime plus que tout.
C'est juste qu'elle ne le comprend pas.
Il est si différent d'elle ! Si différent de son père ! A se demander s'il vient bien d'eux deux. Et il est vrai qu'elle n'a pas spécialement cherché à le comprendre. Sauf qu'aujourd'hui, il est là, devant elle, épuisé, à bout et c'est un miracle qu'il ne se soit pas déjà suicidé. Bordel de merde, c'est sa belle-mère, de la même génération que lui, entrée dans la famille il y a seulement une année, qui a crevé son abcès, qui a réussi à voir toute sa douleur, qui a découvert ce qu'il faisait dans la chambre forte à la cave et avec quoi il se shootait…
Elle, sa mère, elle serait passée à côté et aurait trouvé son fils, mort et froid, sans jamais comprendre le pourquoi du comment.
Abuse-t-il dans ses accusations ?
Oui, à ses yeux, oui.
Mais ce qu'il ressent est valide.
C'est toujours un échec parental quand un enfant dit ce qu'elle vient d'entendre, même quand ledit enfant est adulte.
Et elle se le promet : elle arrangera tout ça.
A sa manière, sur un chemin qui sera sans doute chaotique tant leur famille dysfonctionne mais plus jamais Christos aura le sentiment d'être exclu de leur clan, de ne pas compter à ses yeux, pire qu'il est exclu de son cœur de mère.
Il a besoin d'elle, même s'il la rejette aujourd'hui.
Elle ne fera pas la même erreur deux fois.
FIN
