Note de l'auteur :
Recueil de prompts sur Echoes tournant autour de la famille impériale de Rigel. Écrit uniquement par et pour le plaisir. Cela en présence de mon personnage préféré du titre, Berkut. J'ai adoré son développement et suivre sa déchéance. Echoes est d'ailleurs, le seul média que je préfère avec les voix anglaises, notamment pour Berkut, dont je trouve le doublage anglais parfait.
Je puise dans tous les supports canon d'Echoes, dont l'artbook, riche en informations, et le CD Drama. CD Drama qui comporte un personnage exclusif qui très certainement la mère d'Alm, du moins comme je le comprends.
Avertissement :
Fire Emblem Echoes est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient.
Entre ses bras, le nouveau‑né pleure bruyamment. Ses vagissements résonnent dans tout le château. Les épais murs de pierres les transforment en échos. Ses cris sont plus puissants que ceux de son épouse lors de son accouchement.
Il n'a que quelques instants, et il montre déjà une grande force. Il n'y a aucun doute dans son cœur de père. Albein Alm Rudolf sera un grand guerrier. Son fils deviendra un homme bon et juste, digne du trône.
Dans un sourire tendre, l'empereur commence à bercer son fils contre lui. Il a congédié la vieille guérisseuse qui a aidé sa femme, désirant s'occuper sans aide de son enfant. Son épouse est épuisée et dort profondément dans leurs quartiers, le père est seul. Seul avec son garçon qu'il aime déjà profondément.
Confortablement blotti, Alm pousse un dernier gémissement avant de commencer à se calmer. Il bouge ses petits membres potelés, en direction de son géniteur. Rudolf est attendri par le geste. Il a hâte de le voir grandir et s'épanouir, de le guider à devenir un homme fort.
Soudainement, à la lueur des torches, Rudolf perçoit quelque chose. Une tâche étrange sur la peau claire de son fils. Précautionneusement, le père saisit le bras gauche de son fils. La trace, un peu plus sombre que sa chair, lui évoque la forme d'une étoile à quatre branches. Ses côtés sont nets et précis, comme imposés par le fer d'un forgeron.
Le cœur de Rudolf se serre soudainement en réalisant ce dont il s'agit. Il n'y a pas de doute possible.
Le dos de la petite main faible de son fils porte la marque de la destinée.
L'air est frais, beaucoup plus doux que dans le nord de Rigel. Les vents froids des montagnes rigéliennes se mêlent à ceux venus du sud chaud de Zofia à cet endroit précis. Les divinités, Duma et Mila, ont parfaitement délimité leurs territoires. Mais ici, aux portes de la frontière, la déesse de la terre et le dieu de la guerre semblent s'être mis d'accord pour que l'atmosphère soit douce.
Mais, ce vent laisse un terrible goût d'amertume à Rudolf. L'empereur regarde la silhouette de Mycen s'éloigner dans la lumière déclinante. Les plaques métalliques composant son armure reflètent des teintes chatoyantes et chaleureuses. Ainsi dont sera la dernière vision qu'il aura de son meilleur ami. Son plus fidèle compagnon, emportant à sa demande, son fils. Il les voit tous deux pour la dernière fois.
La dernière fois avant qu'Alm ne le retrouve sur les champs de bataille.
Ah, il devra bientôt faire couler les premiers sangs, apprendre à son peuple à ne plus attendre les faveurs de leur dieu. Mais il refuse de voir s'épandre celui de son fils. Si les fidèles de Duma découvrent son existence, Alm sera tué. Peut‑être même livré en sacrifice à leur dieu, rongé par la folie. En tant que père, il ne peut tolérer cela. Mycen prendra soin de lui et le préparera à accomplir sa destinée. Son enfance sera plus heureuse sous l'égide du chevalier, qu'auprès de lui à risquer sa vie à chaque instant.
Rudolf continue de regarder l'horizon jusqu'à ce que son fidèle ami ne disparaisse avec son fils. Le poids d'Alm dans ses bras lui manque déjà. L'empereur fait preuve de toute sa dignité pour ne pas rattraper Mycen et serrer son enfant une ultime fois contre lui.
Rudolf progresse dans les couloirs de son château. Il sent les regards interrogateurs dans son dos. L'empereur s'est absenté plusieurs jours, et son premier‑né a disparu.
Les rumeurs circulent vite entre les servantes. Le prince est déjà considéré comme mort, bien que, les commères soient en désaccord sur son sort. Rudolf compte sur elles pour répandre la nouvelle. Il a eu le temps d'imaginer son cruel mensonge. Et à présent, il doit le révéler à la personne qui désire le plus savoir où se trouve l'héritier. Sa femme.
Son épouse n'a pas attendu qu'il retourne à leurs quartiers. Elle arrive à sa rencontre, se dressant sur son chemin. La voir lui évoque tout de suite leur fils. Les mêmes cheveux, les mêmes yeux ; Alm a tout pris d'elle. La jeune mère est épuisée, des cernes ornent son visage. Elle s'est battue si dur pour donner naissance à leur enfant.
Mais à présent, cette femme qu'il aime tant, Rudolf doit la briser. Son fils est à l'abri, son épouse doit l'être aussi.
– Alm ? Où est Alm ? Où est notre bébé ?
Elle est inquiète, terriblement inquiète. Son souffle est court, son expression terrifiée. Elle désire de tout son être que son enfant soit en sécurité et être à ses côtés. Comme lui.
– Je l'ai abandonné dans la forêt. Les loups se chargeront du reste.
Les traits de la mère se décomposent. Elle comprend immédiatement le sens de ses paroles, où du moins, de ce qu'il veut lui faire croire. Il a osé suivre cette tradition rigélienne qu'elle déteste. Il s'est débarrassé de leur progéniture parce qu'il l'a trouvé faible.
La mère pousse un hurlement de douleur. Sa souffrance résonne dans tout le palais. Elle se jette sur lui en instant avant de lui asséner une multitude de coups dans le torse de ses poings.
Rudolf les encaisse tous, sans broncher. Le cœur brisé, il la laisse expulser sur lui sa colère, sa furie, sa haine. Son rôle de tyran vient de commencer.
