Note de l'auteur :
Recueil de prompts sur Echoes tournant autour de la famille impériale de Rigel. Écrit uniquement par et pour le plaisir. Cela en présence de mon personnage préféré du titre, Berkut. J'ai adoré son développement et suivre sa déchéance. Echoes est d'ailleurs, le seul média que je préfère avec les voix anglaises, notamment pour Berkut, dont je trouve le doublage anglais parfait.
Je puise dans tous les supports canon d'Echoes, dont l'artbook, riche en informations, et le CD Drama. CD Drama qui comporte un personnage exclusif qui très certainement la mère d'Alm, du moins comme je le comprends.
Avertissement :
Fire Emblem Echoes est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient.
Le jeune garçon fixe l'étalon qui se trouve face à lui. La bête est impressionnante et mesure plusieurs fois sa petite taille. Ses pattes puissantes pourraient l'écraser au sol en un instant, sans la moindre merci. L'animal retrousse ses lèvres, gêné par le mors qui l'entrave. Ses dents blanchâtres sont larges et épaisses. Sans son carcan, il pourrait décider de le mordre et de trancher net sa peau. Peut‑être même ses doigts s'il tente d'attraper le rêne.
Le cheval pousse un grognement lourd avant de tourner la tête dans sa direction. L'enfant recule d'un pas, se retenant de brandir ses bras devant lui pour protéger son visage. Dans son mouvement, la couronne sur sa tête, lourde, glisse légèrement. Mais une main forte le pousse dans le dos, l'empêchant de s'éloigner d'avantage du colosse à la robe noire. Une seconde lui replace correctement son attribut impérial en place sur son crâne. Il ne peut pas fuir.
Le mammifère pose ses deux grands orbes oculaires sombres sur lui. Ses naseaux expirent bruyamment dans sa direction. Le garçon a presque l'impression de sentir son souffle chaud et humide sur lui. Les larmes commencent à le piquer et à troubler sa vision.
Il est terrifié, terrifié par cette créature sur laquelle il va devoir grimper. Derrière lui, l'enfant sent une pression entre ses omoplates qui le pousse à s'approcher du monstre. Pleurer ne lui vaudra que le courroux de sa mère.
Berkut n'a pas le choix, il doit surmonter sa peur. Il est, l'unique héritier de l'empereur Rudolf.
Rinea s'installe doucement sur le petit banc de pierre. Autour d'elle, l'air est frais, doux et agréable. Les branches des arbres frémissent sous le souffle de vent. Leurs feuilles sont d'un profond vert sombre.
Isolée de tous, Rinea s'autorise enfin à se laisser aller. Son dos se tient moins droit. L'expression de tristesse de son visage s'approfondit. Son cœur recommence à la pincer douloureusement. Ses yeux la piquent de nouveau avec force. Rinea espère de tout son être que sa mère et son père ne la priveront pas de sa passion. Elle ne le supporterait pas. Danser est ce qu'elle aime le plus au monde.
La jeune fille d'une dizaine d'années pousse un long soupir. Elle ne comprend pas pourquoi ses parents viennent de réagir ainsi. Où est le mal à vouloir devenir danseuse ? Pourquoi se sont‑ils mis en colère contre elle ? Elle aime tant danser, voltiger dans ses robes longues et colorées. Ses toilettes ne sont pas aussi resplendissantes que celles de la majorité des autres filles de nobles, mais cela lui importe peu. Ce qu'elle aime, c'est ce sentiment de légèreté, cette sensation de grâce qui la parcourent. Et surtout ce sentiment de liberté qui s'empare d'elle à chaque fois. Elle se sent comme un oiseau.
Quelques notes mélodieuses attirent soudainement son l'attention. Rinea lève la tête et aperçoit un oiseau au plumage noir dans un chêne. Un merle chante, seul, pour lui. Il ne répond à aucun de ses congénères. Il est à l'abri ici, caché dans les frondaisons des arbres. Il ne semble pas avoir remarqué sa présence, malgré la couleur bleu clair de ses cheveux et de sa robe qui se détache parfaitement dans la verdure. Il ne la craint peut‑être pas et ne soucie pas du tout d'elle.
Un second bruit retentit à quelques mètres de la petite noble. Rinea tourne la tête et se concentre sur un groupe de buissons qui s'agitent. Aussitôt, un adorable lapin couleur caramel en surgit. Leurs regards se croisent quelques instants, tandis que son museau s'agite, humant les odeurs. Le mammifère retourne aussitôt d'où il vient, bousculant des feuilles sur son passage.
Rinea réalise alors que ce lieu qu'elle vient de découvrir dans sa tristesse, est un peu reculé du manoir ses parents. Le bosquet doit certainement constituer une partie du domaine de sa famille, mais impossible de voir la moindre façade ou tour de sa demeure ici.
Les animaux semblent bien le connaître et ne pas craindre la présence de l'homme. Il s'agit un refuge pour eux. Un lieu qui pourrait également devenir le sien pour danser loin des regards.
Le ciel est d'un bleu parfait. Aucun nuage à l'horizon qui ne puisse laisser vagabonder l'imagination. Alm scrute l'azur, allongé dans l'herbe à côté de son épée en bois, les membres écartés en croix. Le garçon a achevé les exercices de maniement d'arme que son grand‑père lui a confié. À présent qu'il a terminé ses séries de coups d'estoc et de parades de quintes, Alm s'ennuie.
L'enfant tourne la tête, apercevant dans un angle de sa vision une masse blanche. Maintenant qu'il ne manie plus son arme d'entraînement, les moutons de son grand‑père osent venir vers lui. Ils broutent inlassablement tout en avançant dans sa direction. Comme lui, les bêtes sont restreintes au périmètre du village. Mais contrairement à lui, avoir le ventre plein les satisfaits pleinement.
Alm pousse une plainte par frustration et ferme ensuite les yeux. Il aurait tant voulu accompagner son grand‑père au château du roi de Zofia. Mais celui‑ci a refusé, prétextant que l'extérieur du village est dangereux et qu'il devait rester à Ram pour garder le troupeau et s'entraîner. Alm trouve cela injuste. Sa formation de guerrier est loin d'être achevé mais ce n'est pour autant qu'il est faible. D'autant qu'il n'aurait pas été seul, mais avec lui, le chevalier le plus réputé du royaume. Son grand‑père a certes pris sa retraite à la mort de ses deux parents pour s'occuper de lui, néanmoins il est resté un illustre combattant. La preuve étant que les habitants de Ram le considèrent comme le protecteur de leur village. Ils s'adressent toujours à lui en le vouvoyant et en l'appelant monsieur Mycen. Parfois même, seigneur Mycen. Tous le respectent sans exception.
Et pour couronner le tout, son grand‑père a refusé de lui révéler pourquoi il devait se rendre jusqu'au château. Si la raison était réellement dangereuse, Alm l'aurait comprise et accepté. Il se serait également senti moins seul et exclu. Le garçon adore son grand‑père et ses quatre amis du village, mais, ce n'est pas comme avoir une famille complète. Avoir des frères ou des sœurs, comme Tobin ou Gray. Vivre avec un grand‑parent et ses deux parents comme Fay. Seul Kliff, qui vit seul avec sa mère, est comme lui. À vouloir s'évader au delà des parcelles de terre de leur village natal. À découvrir le royaume de Zofia, et peut‑être même plus. Un jour, ils pourraient voyager tous ensemble à travers le continent de Valentia.
Quelque chose tire soudainement les cheveux d'Alm avec brutalité. Une odeur forte et familière lui parvient au même moment. Le garçon ouvre les yeux sous la douleur. Il découvre alors, juste au‑dessus de lui, la tête d'un mouton, goûtant à sa chevelure.
– Hé !
La protestation effraye l'animal. Il se dégage, avec quelques mèches vertes entre les dents, tandis qu'Alm s'assoit. La bête retourne vers ses congénères, pressée et perturbée. Tout le troupeau commence alors à s'agiter, sous le regard d'Alm qui grimace. Leur comportement grégaire les pousse à tous vouloir se disperser dans la même direction.
Alm réalise qu'il va devoir tous les calmer avant qu'ils ne décident de s'éparpiller ou de ravager les cultures du village. Son rêve de découvrir l'extérieur est encore bien loin.
