Dans les méandres du lac se trouvait un Calmar Géant. Tous les vendredis soir, à la nuit tombée, il entamait une valse accompagnée par le doux rythme des chants des sirènes. Leurs voix enchanteresses soulignaient ses mouvements fluides, tandis que ses tentacules dessinaient des cercles par-ci, par-là. Chacun de ses gestes formait des remous qui venaient ensuite épouser la surface de l'eau. À cet instant, la lune semblait être un projecteur naturel, dardant ses rayons de façon protectrice sur la scène. De faibles jets de lumières venaient se déposer sur l'étendue d'eau et produisaient par la même occasion un effet de scintillement à la frontière terre-mer.

Il n'y avait rien de gracieux ni de merveilleux dans ce spectacle qui n'était ni plus, ni moins, que l'illusion collective des noctambules. Des êtres de la nuit qui ne trouvaient sommeil qu'après minuit, et dont les songes, étaient hantés par le bal du Calmar.