LO QUE QUIERAS - OlivierCash

Traduction : Cactus


Si on lui avait dit qu'il finirait avec la personne avec qui il était ce soir-là, il aurait ri aux éclats. Et pourtant, ce n'était pas une blague.

Cette nuit de Halloween avait été presque comme toutes les autres. Le premier obstacle avait été Arthur (comme fois depuis tant d'années), mais Alfred avait décidé de tout faire pour changer ça. Après tout, il était le héros, il n'avait pas le droit de perdre.

Il avait réfléchi à qui pourrait l'aider à faire peur à Arthur, quelqu'un qui le connaissait presque aussi bien que lui. Son premier choix avait été Francis, mais, pour le plus grand bonheur d'Arthur, il s'était rendu compte que ce ne serait pas une bonne idée. La terreur que Francis pouvait provoquer chez Arthur n'était pas tout à fait ce qu'il recherchait. Il avait donc pensé à quelqu'un qui était doué en matière d'horreur et avait fini par demander à Kiku.

Kiku était parfait : non seulement il était un expert en horreur, mais il connaissait aussi très bien Arthur. Si quelqu'un pouvait l'aider pour ficher la peur de sa vie à Arthur et lui permettre d'obtenir la victoire qu'il désirait tant, c'était bien Kiku.

Et, effectivement, le plan de Kiku fut un succès. Pour une raison qu'Alfred ne comprenait pas vraiment, Arthur avait une peur bleue d'Ivan. Il ne savait pas pourquoi, c'était un sadique, certes, mais il n'était pas non plus si effrayant. Alfred était certain qu'il pouvait battre Ivan autant de fois qu'il le voulait et même plus encore.

Cependant, dans le cadre de son plan, Ivan l'avait battu et c'était tout ce qui comptait pour lui. Il avait enfin remporté la victoire qu'il méritait ! Les héros ne perdaient jamais.

Après sa victoire, Kiku était parti sans rien dire de plus (même si en vérité Alfred ne lui avait même pas demandé et s'en moquait un peu), mais Ivan, lui, était resté.

Quand Alfred vit le Russe, une idée lui a traversé l'esprit. Une idée absolument géniale et fantastique.

« Allons faire la tournée des maisons ! s'exclama Alfred avec enthousiasme. »

Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, Ivan le regarda simplement avec un doux sourire aux lèvres avant d'accepter. Il était évident que l'idée d'Alfred était merveilleuse, après tout.

Normalement, quand Alfred allait à la chasse aux bonbons, on ne lui donnait rien. On lui disait qu'il était trop vieux pour ces enfantillages et, dans le meilleur des cas, il recevait quelques bonbons pour qu'il s'en aille rapidement. Cette année-là, quand les gens ouvraient la porte et voyaient Ivan, ils lui donnaient toutes les friandises qu'ils avaient. Même enfant, Alfred n'avait jamais reçu autant de bonbons colorés et de chocolats aux saveurs différentes. C'était de toute évidence le meilleur Halloween de sa vie.

Et c'est ainsi qu'il s'était retrouvé dans ce parc le soir de Halloween, assis sur un banc et mangeant des bonbons et du chocolat avec son pire ennemi.

« C'était le meilleur Halloween de ma vie, déclara Alfred qui n'en revenait pas de toutes les friandises qu'ils avaient récoltées.

- Je suis heureux que t'avoir fait gagner ce pari t'ait rendu si heureux, répondit Ivan tout en prenant un chocolat.

- Merci d'avoir accepté de faire peur à Arthur !

- De rien, c'est toujours un plaisir de lui faire peur, sourit Ivan

- Je te crois sur parole. »

Ce n'était pas parce qu'ils étaient les plus grands ennemis qu'ils ne s'entendaient pas. De temps en temps, ils passaient d'agréables moments ensemble.

« Je t'en dois une, dit Alfred en fixant Ivan, tu peux me demander tout ce que tu veux !

- Ce n'est pas nécessaire, assura Ivan, un peu hâtivement.

- Bien sûr que si, insista Alfred. Grâce à toi, j'ai passé le meilleur Halloween de ma vie, tu as fait peur à Arthur et on a eu tous ces bonbons, ajouta-t-il en désignant la pile de bonbons, et comme tout bon héros, je dois être juste et savoir remercier. »

Ivan finit par acquiescer, ne sachant pas trop quoi demander à Alfred.

« Qu'est-ce que tu veux le plus ? demanda Alfred, déterminé à faire tout ce qu'Ivan lui demanderait.

- Que tu me tiennes contre toi, répondit Ivan après quelques secondes de silence avant de détourner le regard, gêné par sa propre demande.

- Un câlin ? demanda Alfred, croyant à peine à ce qu'il venait d'entendre. Tu peux me demander n'importe quoi, et tu ne me demandes qu'un câlin, répéta-t-il alors que son visage rougissait doucement.

- Pour moi... c'est plus que suffisant, chuchota Ivan. »

Aldred regarda Ivan fixement, comme pour s'assurer qu'il le pensait, et il comprit que oui, Ivan voulait bien un câlin – ou plutôt, il en avait besoin. Or, il avait promis de lui donner ce qu'il voulait et ce dont Ivan avait envie, c'était un câlin. Quelqu'un d'aussi puissant et grand que lui voulait juste un câlin. Alors, c'est ce qu'Alfred lui offrit. Il lui offrit le meilleur câlin du monde, le meilleur qu'il ait jamais reçu. Et, ce fut incroyable pour tous les deux, mais ce fut le meilleur câlin de l'histoire et du monde.

Lorsqu'ils se séparèrent, ils restèrent tous les deux dans un silence total, ne sachant pas quoi dire ni où regarder, tous deux voulant cacher le mystérieux rougissement qui était apparu sur leurs joues. Le seul bruit qu'ils entendaient était celui du vent qui faisait bouger le feuillage des arbres.

Il y avait quelque chose qu'Alfred ne comprenait pas. Il ne comprenait pas ce qu'il ressentait dans son estomac il avait l'impression que des centaines de papillons volaient en lui. Mais ce n'était pas désagréable.

« Ivan, dit Alfred, en regardant l'homme aux yeux violets avec un de ses sourires radieux, chaque fois que tu as besoin d'un câlin, peu importe où nous sommes, même si je ne te dois rien, demande-le moi. Et à chaque fois que tu voudras un câlin, je serai heureux de te le donner. »

Et Ivan se contenta d'acquiescer, ravi de l'entendre.