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Chapitre 2

Ce ne sont pas moins de treize adolescents qui se dressent face à Takemichi et ses amis, leurs vestes siglées du symbole du Rokuhara Tandai. Ils doivent avoir leur âge, ou peut-être un peu moins, mais se sentent invincibles dans l'uniforme de leur gang, forts de leur supériorité numérique. Atsushi, Takuya, Makoto et Yamagishi ne bronchent pas, Takemichi non plus.

C'est un peu leur credo d'être moins nombreux que leurs adversaires. Ça ne les a jamais arrêtés.

Mais ils ne sont pas venus aujourd'hui pour se battre.

– Vous excitez pas, les gars, on veut juste parler à Koko, affirme Takemichi.

– Tu t'es cru où, le mioche ? ricane l'un d'eux avant de cracher à ses pieds pour montrer tout le bien qu'il pense d'eux.

– Joue pas à ça, ducon, prévient Atsushi. On a quitté le milieu, mais on sait toujours se battre.

– Vous êtes pas plus vieux qu'nous, rétorque Makoto en faisant craquer ses doigts.

– Ce sera comme au bon vieux temps, sourit Takuya.

– Ça fait même pas trois ans, précise Yamagishi, toujours aussi aux faits des actualités de la délinquance tokyoïte.

Takemichi lève la main pour retenir ses amis. Il ressent la même irritation qu'eux face aux manières provocantes du Rokuhara Tandai, mais même si ce ne sont que des membres mineurs, ils appartiennent à l'un des plus grands gangs de la ville et Takemichi n'a pas particulièrement envie de se battre avec eux. Il veut seulement voir Kokonoi.

– Du calme, lance une voix familière.

Un mouvement traverse le Rokuhara alors que les adolescents se déplacent pour ouvrir une voie à leur leader. Takemichi ne peut s'empêcher de sourire en reconnaissant Kakucho, avec son énorme balafre et son œil blanc. Il n'a presque pas changé, si ce n'est qu'il paraît plus grand encore qu'à la bataille du Tenjiku, plus imposant.

Sa place de haut gradé y fait pour beaucoup.

D'un simple geste de la main, il fait se disperser ses hommes, se retrouvant seul face à Takemichi et ses amis.

– C'est culotté de venir sur notre territoire, même pour toi, Takemichi, dit-il avec un sourire narquois. Le Toman est peut-être monté au sommet, mais beaucoup de choses ont changé depuis. Nous sommes des adultes maintenant. Nous ne jouons plus aux voyous à moto comme il y a trois ans. Votre présence ici suffirait à justifier votre mort.

– Tu te la pètes pas un peu, Kaku ? T'es encore lycéen, comme nous.

Kakucho éclate de rire, mais Takemichi ne sait pas s'il se moque ou s'il s'amuse juste de la situation. Il ignore dans quelle mesure il peut lui faire confiance, mais est tout de même heureux de le revoir.

– On voudrait parler à Kokonoi.

– Ouais, j'ai cru comprendre, répond Kakucho avec ce même sourire équivoque. Vous l'trouverez dans le hangar, là-bas. Mais je doute que vous obteniez c'que vous êtes venus chercher.

Takemichi fronce les sourcils à ces mots, mais il ne lui offre pas plus d'explications, les abandonnant là comme des enfants au bord de la route. Ils hésitent un bref instant, réalisant avec une certaine distance qu'ils ne sont plus vraiment dans le coup. Il leur a fallu quelques jours pour se renseigner sur les activités de Kokonoi, comprendre qu'il a rejoint le gang formé par Kakucho après la bataille du Tenjiku et s'y est fait une place avantageuse de trésorier.

Son don pour l'argent lui ouvre toutes les portes – y compris celles de son propre enfer.

Se reprenant, Takemichi et ses amis s'approchent du hangar désigné par Kakucho. Ils sont dans un quartier qu'ils connaissent mal, une zone industrielle à demi-abandonnée qui est devenue le repaire du Rokuhara Tandai. Si les lieux paraissent déserts au premier abord, l'intérieur du hangar fourmille d'activités. Des garçons en uniforme, et même quelques filles, vont et viennent en transportant des caisses dont Takemichi n'est pas certain de vouloir connaître le contenu – de ce qu'ils en savent, le gang trempe dans plusieurs affaires illégales et peu recommandables. Les regards glissent sur eux alors qu'ils se fraient un chemin jusqu'à Kokonoi, en pleine discussion avec trois de ses camarades.

– Yo, Koko ! Ça fait un bail ! s'exclame Takemichi avec entrain.

– Qu'est-ce que vous foutez là ?

– Je suis venu te demander de quitter ton gang.

Un silence pesant se fait autour de Takemichi.

Il devine Atsushi et les autres, dans son dos, qui se désespèrent de son manque de tact – et il se rappelle leur décision d'approcher Kokonoi en douceur. Seulement ils n'ont pas eu le temps de développer leur idée, alors autant aller droit au but. Les membres du Rokuhara assez proches pour avoir entendu ses paroles laissent échapper de petits rires, ce dont il se fiche bien ; tandis que le visage de Kokonoi se crispe de colère – ce qui l'arrange moins, pour le coup.

– Et t'es qui, pour me demander ça ? lâche-t-il avec irritation.

– Ton ami.

Le regard méprisant de Kokonoi révèle qu'il a visiblement présumé de leur amitié, mais cela ne change rien aux yeux de Takemichi. Le Toman est peut-être dissout, la première division n'existe plus, mais il en reste tout de même le capitaine – il le sera toujours. Il s'est trop impliqué dans le Tokyo Manjikai pour le laisser véritablement derrière lui. Koko est l'un de ses hommes, il est son ami.

Et Takemichi a fait une promesse.

– Retourne d'où tu viens, et occupe-toi de tes affaires, pour une fois.

– On s'inquiète seulement pour toi, mec, insiste Takemichi. Inupi...

– Me cause pas d'Inupi, s'énerve brusquement Kokonoi. J'vous dois rien. C'était sympa le temps que ça a duré, mais c'est terminé. Vous avez choisi votre voie, j'ai trouvé la mienne. Je fais un max de blé pour le Rokuhara, c'est tout ce qui compte.

– C'est faux, tu...

– Vous n'êtes plus rien pour moi, alors cassez-vous !

Les regards se chargent d'animosité autour d'eux, les discussions meurent alors que toute l'attention se tourne vers eux. Ils ne sont que cinq, en plein milieu d'un territoire ennemi, entouré de dizaines de potentiels adversaires. Takemichi a vaguement conscience de s'être encore fourré dans une sale situation, et d'avoir en prime entraîné ses amis d'enfance avec lui ; pour autant, il ne peut pas reculer, pas maintenant. Ni jamais, d'ailleurs.

– Tu veux pas revenir au...

– T'as pas compris, Hanagaki ? J'reviendrai pas ! Et si tu veux tout savoir, je me casse. Je pars à Nagoya ce soir pour les affaires du Rokuhara. Le gang s'étend hors de la ville, et je vais amasser un sacré paquet de fric.

– Tu quittes Tokyo ? s'ébahit Takemichi.

– Y a rien qui me retient ici, absolument rien, tranche Kokonoi avec fermeté, comme s'il le défiait de dire le contraire. Mikey, Draken, toi... Inupi... Vous faites pitié. Vous avez rien à m'offrir alors que le Rokuhara me permet d'exploiter tout mon potentiel. T'imagines même pas l'argent que je me fais. J'ai pas besoin de vous. En fait, vous gênez, là ! Alors, cassez-vous !

Il a hurlé les derniers mots et les membres du Rokuhara se rassemblent autour d'eux, regards mauvais, certains faisant même craquer leurs poings avec un sourire vindicatif. Atsushi tire Takemichi en arrière. Ils sont assez malins pour comprendre qu'ils n'ont pas la moindre chance en cas de bataille rangée. Ils ne craignent pas de prendre des coups – ce ne serait pas la première fois – mais celui pour qui ils sont venus ne veut pas de leur secours. Les paroles de Draken résonnent sous le crâne de Takemichi. Certaines personnes s'engagent trop loin sur la voie du mal pour qu'on puisse les aider.

Takemichi déteste ça, il a l'impression de se trahir lui-même, mais il ne peut pas forcer la main de Kokonoi. Peut-être qu'il n'y a pas d'issue. Peut-être qu'il est déjà trop tard. Ses voyages temporels lui ont appris que le temps change les gens.

Trois années ont passé depuis la bataille du Tenjiku, depuis la dernière fois où il a vu Kokonoi. Il n'est plus le garçon qu'il a connu. Inupi l'a probablement compris avant lui, d'où sa résignation malheureuse. Takemichi sait qu'ils sont proches, qu'ils se connaissent depuis l'enfance. Il se rappelle très bien Kokonoi se sacrifiant face à Mucho pour sauver leurs vies, à Inupi et lui. Il se remémore Inupi agenouillé au sol malgré ses blessures, le suppliant de sauver Koko. Takemichi aurait dû tenir cette promesse à l'époque. Mais il a naïvement cru que Kokonoi était sorti de la délinquance, comme eux tous. Il ne s'est même pas posé de questions. Il a tranquillement continué sa vie, pendant que son ami plongeait dans la criminalité, s'emprisonnant d'un deuil non résolu et de son addiction à l'argent, se mourant de ses propres obsessions.

Tout est de sa faute.

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Cette idée tourne en boucle sous son crâne, alors que Takemichi erre dans les rues de son quartier. Il ne veut pas rentrer chez lui, mais il ne sait pas quoi faire d'autre. Il rumine en silence leur départ du hangar, la tête basse et le cœur lourd.

Pourra-t-il encore regarder Inupi en face après cet échec ?

Atsushi et les autres lui ont répété que ce n'est pas de sa faute, qu'il n'est pas responsable de ce que sont devenus les anciens membres de la première division du Toman. Que la promesse faite de sauver Kokonoi du Tenjiku a été tenue lorsque le gang a été vaincu. Ce qu'il est advenu de Koko par la suite n'est pas de son ressort. Takemichi comprend et entend chacun de leurs arguments, pourtant la culpabilité lui serre le cœur. Parce que Kokonoi est son ami et qu'il n'a rien vu. Il l'a laissé se perdre sans rien faire, alors que c'est précisément pour cette raison qu'il a décidé de rester dans le passé au lieu de revenir dans le « présent ». Pour avoir la certitude que chacun de ses proches resterait loin de la délinquance et de ses dangers.

Il aurait certes pu le savoir en voyageant à nouveau vers le futur, mais il est las de ces aller-retour incessants. Sa mission achevée, il veut juste profiter de son adolescence comme un garçon normal. La décision a été délicate, et il lui arrive encore de gamberger toute la nuit en se demandant s'il a bien fait, hésitant presque à aller réveiller Naoto pour vérifier leur avenir. L'envie le tenaille ce soir encore. Comment savoir si Kokonoi peut encore être sauvé ? Il pourrait trouver des indices en voyageant encore une fois dans le temps. Une dernière fois. Et peu importe que Chifuyu le dise accro aux boucles temporelles.

– Tu t'es perdu ? résonne la voix de Naoto dans son dos.

Takemichi blêmit et se retourne lentement. Est-ce un signe du destin que le jeune garçon soit là, précisément lorsqu'il envisage de lui serrer encore une fois la main ? Doit-il vraiment le faire ? Une dernière fois ?

– Ça fait dix minutes que tu tournes en rond autour de l'immeuble, note Naoto en penchant légèrement la tête sur le côté.

Puis il plisse les yeux :

– Tu es trop bourré pour rentrer chez toi ?

– Non ! se défend vivement Takemichi.

Sorti de ses ruminations, il réalise alors qu'il se trouve au pied de l'immeuble des Tachibana, comme s'il était inconsciemment venu ici pour trouver Naoto et voyager dans le temps. Il serre le poing sans même s'en rendre compte. Peut-être est-ce la solution. La meilleure solution. La seule solution. Les boucles temporelles sont un enfer à vivre, mais il a toujours réussi jusqu'à présent, non ? Il a toujours su changer l'histoire, effaçant les futurs sombres pour laisser place à un avenir dégagé.

– Naoto, tu n'es pas encore rentré ? s'exclame Hina.

Takemichi sursaute une nouvelle fois. Ils se sont donné le mot, ou bien ?

Son estomac se tord brièvement alors qu'Hina et Emma s'approchent, main dans la main. Il ne reproche pas à Hina leur rupture, c'était une décision commune. Il l'apprécie toujours ; une part de lui ne cessera jamais complètement de l'aimer, elle est son premier amour et il a trop fait pour elle pour l'oublier. Takemichi ne regrette rien, malgré leur séparation. Ni les voyages dans le temps, ni les batailles, ni les coups reçus et encaissés. Il le referait sans hésiter si nécessaire. Il est même heureux qu'Hina soit aujourd'hui avec Emma, qu'il connaît bien et qu'il apprécie tout autant. Avec le recul, il voit bien qu'elles sont faites pour être ensemble.

Toutefois, la sensation d'étrangeté à les voir toutes les deux ne s'efface pas totalement. À croire qu'il n'arrive pas vraiment à tourner la page. Mais il n'en montre rien – Takemichi s'en voudrait le troubler le bonheur de ses amies avec ses états d'âme.

– Il est tard, tu devrais être à la maison ! reproche Hina à son jeune frère.

– Toi aussi, tu as dépassé le couvre-feu, renâcle Naoto. Pour un rencard avec ta copine, en plus.

– Moi, je n'ai pas été punie par Maman.

L'adolescent râle en roulant des yeux – et il est si étrange de voir le policier sérieux du futur faire une telle grimace que Takemichi éclate de rire. Prenant ombrage de sa réaction, Naoto lâche qu'il ne veut pas traîner avec des losers et remonte à l'appartement des Tachibana. Hinata laisse échapper un soupir alors qu'il s'éloigne.

– Il est invivable en ce moment.

– C'est l'âge bête, rigole Emma.

– Qu'est-ce que tu fais ici ? demande Hina en se tournant vers Takemichi.

– Oh je, je prends l'air, c'est tout...

La jeune fille fronce les sourcils avant de le tirer par le bras pour le faire asseoir sur un banc, dans le petit parc au pied de l'immeuble. Il a tout juste le temps de comprendre ce qu'il se passe que ses deux amies se dressent devant lui, les bras croisés et la mine sérieuse – elles sont presque effrayantes, ainsi.

– Euh... Il se passe quoi, là ?

– Toi, t'es en train de ruminer et de te torturer tout seul. Alors, raconte : qu'est-ce qui t'arrive ?

Hina le connaît vraiment trop bien. Emma aussi, visiblement, puisqu'elle hoche la tête avec conviction, approuvant sa copine. Takemichi soupire mais esquisse un sourire, soulagé d'avoir de si bonnes amies, toujours prêtes à l'écouter. Il leur raconte la discussion chez D&D Motors, sa décision de sauver Kokonoi et enfin l'échec de leur rencontre, quelques heures auparavant.

À peine a-t-il achevé son histoire, qu'Hina soupire :

– Tu dois arrêter de penser qu'il est de ta responsabilité de sauver tout le monde, Takemichi.

Il comprend à son regard qu'elle fait allusion aux voyages temporels, à ce qui l'a conduit à remonter le temps la toute première fois, et celles d'après également : pour la sauver, elle, Tachibana Hinata. Il sait qu'elle lui en est reconnaissante, qu'elle admire tout ce qu'il a fait pour sauver ses proches. Mais elle s'inquiète également des risques qu'il prend, du poids qu'il s'oblige à porter et de la culpabilité qu'il s'inflige en cas d'échec. Hina le connaît bien. Peut-être même a-t-elle compris qu'il est venu ici avec l'intention inconsciente de faire un nouveau saut temporel.

– Elle a raison, approuve Emma.

Takemichi a un court vertige à l'idée qu'elle soit au courant de ses voyages dans le temps, avant de comprendre qu'elle fait seulement référence aux responsabilités qu'il s'impose.

– Et puis, la meilleure chose à faire est peut-être de laisser Kokonoi partir, affirme-t-elle.

– Comment ça ? bafouille Takemichi, ébahi.

La jeune fille hausse les épaules.

– Sa relation avec Inupi est clairement malsaine, non ?

– Je n'aurais pas employé ce mot-là... hésite-t-il.

Ils sont amis d'enfance, et si leur relation a visiblement évolué de façon romantique – ou du moins, sexuelle – ils sont toujours très liés, malgré – ou à cause du souvenir d'Akane. L'obsession de Kokonoi pour l'argent l'entraîne sur une mauvaise voie, alors cela impacte forcément Inupi, mais de là à qualifier leur relation de malsaine ?

– Je connaissais Akane, révèle Emma, à la surprise des deux autres. Enfin, de vue. Je n'ai pas souvenir de lui avoir parlé... Mais je peux vous dire qu'elle ressemblait beaucoup à Inupi. On pouvait presque les confondre, alors qu'ils avaient cinq ans d'écart. Tu as dit que Kokonoi était amoureux d'elle et qu'il n'a jamais fait le deuil ?

Takemichi hoche la tête.

– Inupi rappelle probablement Akane à Kokonoi. C'est peut-être même pour ça que Koko l'a suivi toutes ces années. Parce qu'il ressemble à Akane. Plus il reste avec Inupi, et moins il a de chances de tourner la page.

Il ne voyait pas la situation sous cet angle. Son ventre se noue à l'idée que fréquenter Inupi ait pu alimenter l'obsession de Kokonoi. Même si cette pensée a des accents de vérité, elle est si cruelle qu'il espère presque qu'Emma se trompe.

– Et tu penses à Inupi ? poursuit-elle. Rien que le fait de savoir que son meilleur ami reste avec lui seulement à cause de sa sœur décédée... Alors si en plus, Inupi est amoureux de Koko...

Takemichi n'en sait rien.

De ce qu'il a compris, les deux jeunes hommes ne se voyaient plus que pour coucher ensemble, ces derniers mois. Il se sent rougir légèrement à cette pensée et s'en veut de réagir ainsi pour si peu. Il est supposé avoir dix-huit ans – il ne sait plus combien d'années il a vécu, exactement. Même s'il n'a aucune expérience en la matière, Takemichi se trouve idiot d'être aussi mal à l'aise lorsqu'il est question de sexe. Inupi et Kokonoi ne doivent guère avoir ce problème... Mais il ignore tout des sentiments qu'ils peuvent nourrir l'un envers l'autre, ni de quelle façon le souvenir d'Akane peut les impacter. Takemichi réalise que la situation est peut-être bien plus complexe qu'il l'imagine : si l'obsession pour l'argent de Kokonoi n'est qu'un symptôme du mal qui le ronge, alors lui faire quitter le gang du Rokuhara Tandai ne changera rien. Ce n'est pas ça qui le sauvera.

– Il vaut peut-être mieux qu'ils s'éloignent l'un de l'autre, souffle Hina. Au moins un certain temps. Pour leur bien à tous les deux.

Et ça le déchire de l'admettre, mais elles ont raison.