Disclaimer : Kaamelott est l'oeuvre d'Alexandre Astier.

Résumé : Au cours d'une dispute, Léodagan laissa s'échapper trois mots pourtant gardés en lui depuis des années.

Note de l'auteur :Cet OS est une réponse au challenge de La Meilleure Plume organisé par le discord « La Fabrique à Plumes ». Le thème de cette session était : Écrire sur une déclaration d'amour pendant une dispute

Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : Quatre aspects de... Nishinoya : ¼ : Asahi : Ecrire sur une dispute ou écrire sur des retrouvailles

Trois petits mots

-La barbe ! Là, vous êtes content ?!

La salle à manger résonnait des cris de Léodagan et de Séli, sous l'air blasé du roi de Logres, celui habitué de son épouse et enfin celui baissé de l'héritier de la Carmélide, trop occupé à déguster son raisin de table.

-Vous vénérez votre père mais n'appliquez aucun de ses conseils, vous êtes trop doux avec Yvain !

L'intéressé leva enfin la tête.

-Alors, moi, perso, l'éducation de Père me convient très bien !

-Vous, on ne vous a pas sonné ! Répliqua sa mère

-Sinon, ce n'est pas bon, il paraît, de se disputer devant les enfants… Dit Guenièvre dans une tentative d'apaisement

Le regard assassin de la picte la figea sur place.

-Pondez-en, des enfants et après on en reparle !

-Oh, ça va pas, de parler comme ça à la petite ?! S'emporta son époux. S'il n'y avait que les parents qui pouvaient avoir des avis sur la parentalité, on ne serait pas sortis du sable ! Faut vous décider ! Vous ne vouliez pas que je sois comme mon père avec notre fils !

-Je vous ai jamais demandé de l'infantiliser encore à son âge ! Regardez-le, enfin ! J'aime notre gamin mais il a pas inventé l'eau chaude ! A son âge, vous vous étiez déjà illustré !

-Je peux aller voir Gauvain ? Murmura l'adolescent

Arthur acquiesça vaguement avant de reprendre son comptage de points.

-Vous êtes en train d'en faire une lopette, pensez à la Carmélide quand vous ne serez plus là ! Ce que vous allez leur laisser !

-Je m'en fous, je ne serai plus là pour le voir !

-Moi si, vu votre connerie, vous cannerez bien avant moi et je tiens pas à assister au massacre !

-Oh, par les Dieux, pourquoi faut-il que je vous aime même quand vous me cassez les couilles ?!

Le silence s'abattit soudainement sur l'assemblée. Yvain et Guenièvre observaient leurs parents, médusés. Arthur avait haussé un sourcil. Séli s'était figée et Léodagan, lui, sembla réaliser enfin ce qui venait de lui échapper.

Il lui avait dit qu'il l'aimait.

Chose qu'il n'avait jamais faite avant.

Non, malgré toutes ces années de mariage, le Sanguinaire n'avait jamais prononcé ces mots. Ce n'était pas faute de les ressentir. Il aimait Séli, l'aimait sincèrement d'ailleurs mais il était de ceux qui pensaient que le dire ne servait à rien. L'amour, cela se voyait, cela se sentait et son épouse n'avait jamais crié au scandale de n'avoir jamais eu une déclaration flamboyante. A dire vrai, elle semblait partager son sentiment car elle non plus n'avait jamais rien dit. Entre eux, c'était implicite, comme si le dire allait atténuer ce que le temps avait construit.

Le porteur d'Excalibur fit un signe discret à sa femme et à son beau-frère, les faisant quitter la pièce, laissant ainsi les époux dans une relative intimité. Ce ne fut qu'une fois seuls que la mère de la reine osa parler.

-Vous le pensez ?

Sa voix était à peine plus haute qu'un murmure, mal assurée, à l'image des jeunes filles quand elles réalisent que l'homme admiré les admiraient aussi. Léodagan regardait ses pieds.

-Ouais. Ouais, j'vous aime. Même quand vous me brisez les noix, j'arrive pas à arrêter de vous aimer.

-Je ne vous casse pas les couilles pour le plaisir.

-Ah bon ? J'ai cru que c'était votre gym pour rester en forme…

Elle se dérida.

-J'avoue que le calme, avec vous, ça me ferait peur.

Elle s'approcha de lui, lui leva la tête en lui soulevant le menton avant de le surprendre par un baiser d'une tendresse qu'il ne lui connaissait pas.

-Vous aussi, même quand vous me les brisez, je n'arrive pas à cesser de vous aimer.

Derrière la porte, Guenièvre souriait béatement.

Que c'était beau, l'amour !

FIN