Petit mot de l'auteure : Ce texte a été écrit pour la roulette du Discord Défis galactiques : 1000 mots max et 24 heures pour écrire sur un duo.
George s'était retrouvé face au miroir du Risèd par deux fois.
…
La première fois, il avait trouvé l'artefact par hasard.
Avec Fred, il s'était lancé dans une mission de reconnaissance dont l'objectif était de déterminer les endroits propices à l'installation d'une farce qui serait monumentale. Imaginez un peu, des confettis pleuvant du plafond non stop ! Voilà qui resterait sans aucun doute dans les annales. Avant qu'ils ne puissent se mettre d'accord, ils avaient été interrompus par l'ignoble chat de Rusard. Toutefois, ils n'avaient pas été très affolés. Miss Teigne n'était qu'un obstacle supplémentaire à leur génie, et courir pour lui échapper était toujours bon pour leur forme physique. Les deux jumeaux c'étaient alors séparés ; ainsi, si l'un était arrêté, l'autre serait tranquille. Fred avait couru vers les cachots tandis que George était rentré dans une salle de classe abandonnée.
C'est là qu'il l'avait vu. Un miroir immense, magnifiquement ouvragé, le genre qui lui donnait envie de voler. George s'en était alors approché. À sa grande surprise, le miroir n'avait pas montré son reflet. Il était bien là, mais... il y avait des choses supplémentaires. Quand il fut suffisamment proche, George put distinguer un décor. Il se trouvait dans une boutique aux couleurs vives et où de nombreux objets volaient dans tous les sens. Un magasin de farce et attrapes, comprit-il. Plus que cela. Le magasin de farces et attrapes, celui dont il rêvait.
Ce miroir montrait-il les désirs cachés ?
Toutefois, un détail l'étonnait.
Il n'y avait pas Fred. Et si ce miroir exprimait les vœux les plus profonds, il ne pouvait pas ne pas y avoir Fred. Car une vie sans Fred... cela serait extrêmement idiot.
George lança donc un regard plus attentif au miroir. Il tira de ce second examen la conviction que Fred n'était pas visible, mais bel et bien là, avec lui. Alors pourquoi ne le voyait-il pas ? Il ne comprit que lorsque son reflet fit un petit sourire à un client l'appelant par son prénom. Il aimait Fred, de tout son cœur, autant que Fred l'aimait. Mais s'il était honnête avec lui-même, il devait reconnaître qu'être un jumeau n'était pas toujours simple. Il avait fait les 400 coups avec son frère, tant et si bien qu'ils en étaient devenus « George et Fred ». pas « George » et « Fred », mais bien une seule identité, comme si leurs deux personnes ne comptaient pas, n'existaient pas, comme s'ils n'avaient pas chacun leurs propres désirs et personnalités.
Oui, parfois, George souhaitait être seul, reconnu pour lui-même.
C'était une chose qu'il n'avait jamais vraiment osé s'admettre, alors comment un miroir avait le pouvoir de le comprendre en posant seulement son regard sur lui ? Il en fut si effrayé qu'il prit ses jambes à son cou.
Tant pis s'il se jetait droit dans la gueule de Miss Teigne.
…
La seconde fois où George vit le miroir, il avait quarante ans.
Il était venu à Poudlard sous convocation de la directrice, son fils ayant décidé de faire exploser une nouvelle bombabousse en cours de vol.
- Le digne successeur de son père, avait-elle soupiré après lui avoir expliqué les faits.
- Hé ! Avait protesté George. Mes blagues à moi étaient beaucoup plus sophistiquées. Tu dois faire mieux, mon grand. Des choses plus habiles, et surtout ne pas de faire pre...
Là, il avait croisé les yeux de Minerva.
- Je veux dire, avait-il reprit, ce n'est pas bien d'avoir fait cette blague. Pas bien du tout.
Après les échanges d'usage, George avait été congédié. C'était en parcourant les couloirs vers la sortie qu'il était tombé dessus. Le même miroir, la même glace, la même force qui le poussait à s'avancer jusqu'au reflet.
Cette fois-ci, quand George eu finit de s'approcher, le décor était beaucoup plus sobre.
Envolés les objets bruyants, les friandises, la reconnaissance de ses farces.
Il n'y avait que lui, et une figure fantomatique.
- Tu me manques, souffla-t-il.
La figure du reflet posa une main sur son épaule.
Bien évidement, George ne ressentit rien.
« Il n'est pas bon de se perdre dans ses rêves en oubliant de vivre » avait dit un jour le vieux Albus.
Alors George se détacha du miroir et laissa derrière lui l'ombre de Fred.
