Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .
Résumé : L'hiver qui suit l'exécution de Mehmed a des airs de malédictions lancées par-delà la tombe. [Magnificent Century : Kösem]
Note de l'auteur : Cet écrit a été réalisé dans le cadre de l'atelier d'écriture du Discord «Défis Galactqiues» du 24/04/2022. 30 minutes sur le thème de la description des sentiments. N°1 : Se sentir dépassé
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de personnages historiques (31/50) + Osman II + Bélier : Hiver + Quatre aspects de... Coriolanus Snow (HG) : 2/4 : Neige : Ecrire une scène en hiver ou sur un Stark (GOT)
La punition divine
Ca n'aurait pu dû se passer comme ça... et pourtant, alors qu'il n'a à cœur qu'une chose : être un bon sultan, tout part à vau-l'eau depuis l'exécution de Mehmed. Une exécution qu'il a signée, la mort dans l'âme, pour le bien de l'empire, même si son cœur ne cesse de lui hurler qu'il est un traître à son sang, à la promesse faite à son père, à l'héritage qu'il a laissé.
Un hiver extrêmement rude s'est abattu sur la ville.
Les gens ont faim.
Les gens ont froid.
Les gens meurent frigorifiés dans leurs demeures.
Au palais, tous grelottent.
Meleksima tente de maintenir leur nouveau-né bien au chaud mais, malgré les couvertures, Omer toussote.
Incognito dans les rues d'Istanbul, Osman a entendu l'opinion publique : les habitants le blâment. Ils jugent que cette météo dure, cette neige qui tombe, ces températures qui ne remontent pas, c'est de sa faute. C'est parce qu'il a fait tuer son frère quand sa culpabilité n'était pas forcément établie, alors que feu Ahmed I a épargné son frère Mustafa. Le sultan vit au chaud dans le palais, mange à sa faim, quand eux crèvent la gueule ouverte. Du temps de la sultane Kösem, qui aidait le peuple comme les nobles, cela ne se serait pas produit. Allah est fâché contre leur empereur et ce sont eux qui payent les pots cassés.
Il a demandé aux pashas de faire baisser les impôts, prévoyant l'impact sur l'agriculture. Il a ordonné que des distributions soient faites pour les nécessiteux, que les mosquées soient ouvertes pour que les mendiants puissent essayer de se réchauffer... Et alors qu'il est leur chef à tous, il se sent impuissant, un enfant face à une montagne à gravir, l'angoisse qui le saisit à la gorge, qui lui étreint le cœur et qui tue toute étincelle d'espoir qui oserait se raviver.
Il n'en fait pas assez.
Il veut en faire plus mais ne peut pas, ne sait pas quoi faire de plus, alors que ses sujets sont en train d'agoniser dehors.
Quoi qu'il fasse, ce ne sera jamais assez bien, jamais assez, jamais...
-Cet hiver finira par passer. Lui dit sa compagne en lui prenant la main. Il se serait produit même si vous n'aviez pas signé la fatwa du shezade Mehmed. Les gens te blâment car ils n'ont pas d'autres figures contre qui se tourner : se tourner contre Allah, ce serait péché. Tu fais tout ce que tu peux. Certains sultans ne feraient rien. Verraient cela comme un mal nécessaire. Toi, tu tends la main à tous.
-Je n'en fais pas assez, Meleksima...
-Tu donnerais jusqu'à la dernière de tes chemises, cela ne résolverait pas la crise... tu ne peux pas t'immoler dans l'espoir de tenir chaud à tout le monde, Osman. Tout ce que l'on peut faire, c'est attendre, prier. Penser à l'avenir. Et tu le fais déjà : les impôts baissés, les mesures pour aider aux reconstructions si besoin est, le renfort des soupes populaires...
La jeune femme l'attire à elle, lui embrasse la tempe.
-Tout va s'arranger, Osman. Et si tu ne peux pas y croire, je croirai pour nous deux.
Le jeune homme s'autorise enfin ce qu'il s'était refusé depuis des mots, ses murs effondrant au contact d'un amour aussi sincère : il se met à pleurer.
FIN
