Titre : Dans le ciel rempli d'étoiles, je cherche ton nom qui brille...
Résumé : Iris fut électrisée, ce jour-là. Par la peur. Le doute. La prudence. Le mystère. L'attraction. Regulus Black était une énigme qu'elle ni personne ne parvenait à décrypter. Et pourtant, elle aurait aimé entrer de nouveau en contact avec ces perles grises captivantes. Mais elle n'en avait pas le courage. Sirius se trompait lourdement : elle n'avait pas le cran pour cela…
Statut : En cours
Personnages principaux : OC, Regulus Black
Personnages récurrents : James Potter, Sirius Black, Maraudeurs, Lily Evans, Severus Snape, Mangemorts (en devenir)
Genre : Romance, Drame
Rating : T (susceptible d'évoluer... ou non)
Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.
(...)
Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.
Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,
Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon cœur !
Charles Baudelaire, « Le Serpent qui danse », Les Fleurs de Mal
PROLOGUE
1979.
La fraîcheur et l'humidité des lieux lui provoquant des frissons. Le tintement de gouttes d'eau tombant les unes après les autres, à intervalle régulier, sur le sol. Certaines sur son visage. Le bruit à la fois sourd et lointain des vagues s'écrasant sur les rochers. L'odeur du sel marin recouvert par celui, âcre, de la mort.
Malgré l'absence de lumière, Iris aurait reconnu l'endroit entre mille dès le moment où elle y avait posé le pied. Ce n'était pas la première fois, ces dernières semaines, qu'elle en rêvait.
La jeune femme avait la sensation de flotter à travers le souterrain. Le brouillard nébuleux dans lequel elle avançait rendait le monde cotonneux, onirique. Le couloir caverneux qu'elle traversa laissa peu à peu place à une antre plus spacieuse. La cavité, au centre de laquelle trônait un plan d'eau beaucoup trop calme et silencieux en comparaison des vagues qui semblaient se déchaîner au-dehors, était éclairée par des flambeaux verdâtres. Non loin du bord, une vieille barque en bois flottait, immobile.
Iris…
Depuis son arrivée dans la caverne, une voix murmurait son nom. D'abord faible, l'appel devenait de plus en plus présent, lancinant. Son nom était prononcé avec désespoir, sans qu'elle ne parvienne à en faire abstraction.
Quelque chose clochait. Habituellement, personne ne lui parlait. Qu'est-ce qui pouvait bien avoir changé, cette fois ?
Miss Iris… répéta douloureusement la voix, plus fort.
Des sanglots. Une secousse. Iris se sentit comme tirée de force de son rêve, quittant la caverne qui s'effaçait progressivement devant elle, la lumière verte s'assombrissant sournoisement pour la plonger dans une obscurité oppressante. Cela ne dura qu'un instant.
La seconde suivante, la jeune femme ouvrit instantanément les yeux, emplissant ses poumons d'air avec urgence comme si elle respirait pour la première fois. La chambre du petit appartement miteux dans lequel elle logeait ces derniers jours apparut dans son champ de vision ; les premières lueurs de l'aube filtraient à travers les rideaux de la minuscule fenêtre.
« Miss Iris… »
À l'entente de cette voix grave et éraillée, totalement brisée, Iris sursauta. Alors qu'elle voyait la créature debout près de son lit, les joues baignées de larmes, l'angoisse lui noua la gorge et l'estomac.
« Où est-il ? » demanda-t-elle avec empressement.
« Kreattur ne peut rien dire… » se lamenta le vieil elfe de maison, pleurant de plus belle.
« Kreattur, où est Regulus ?! Dis-le moi ! » insista-t-elle, le mauvais pressentiment qui la tiraillait depuis des semaines l'inondant.
« Maître Regulus a fait promettre à Kreattur de ne rien révéler… »
« ALORS NE DIS RIEN ! » explosa-t-elle, éclatant en sanglots. Elle attrapa des deux mains les épaules de l'elfe, rivant ses yeux clairs dans les siens tandis qu'il reniflait. « Ne dis rien, mais emmène-moi…! » l'implora-t-elle.
Kreattur transplana immédiatement, à cours de mots. Une main posée sur le bras de la sorcière, l'autre resserrée autour d'un étrange médaillon, il atterrit sur une petite île isolée sur laquelle se trouvait l'entrée d'une sorte de caverne.
Lorsqu'elle sentit le vent lui fouetter violemment le visage et les cheveux, puis l'odeur iodée de la mer, Iris se raidit. Levant les yeux, ces derniers se figèrent face à l'objet de ses derniers rêves.
Iris se laissa tomber à genoux aux côtés de Kreattur. Le cœur au bord des lèvres, elle hurla. Elle hurla à s'en déchirer les cordes vocales, incontrôlable, maudissant le destin contre lequel elle semblait définitivement incapable de lutter.
