Fandom : Durarara!

Ship : Mikado/Izaya

Rating : K+

Résumé : Mikado a, enfin, retrouvé Izaya. Il le rejoint dans un endroit paisible, bien loin de l'atmosphère d'Ikebukuro. Dans ce calme, il espère bien que l'informateur finira par aller mieux et, qu'ensemble, ils parviendront à laisser leur passé derrière eux, une bonne fois pour toutes.


Merci beaucoup, Moira-chan, pour ta bêta et ton avis ! :)

Attention, ce texte contient des spoils sur la toute fin de l'anime ! Je vous souhaite une bonne lecture !


Jour 2 : Chocolat chaud

Le froid était revenu depuis plusieurs jours. Mikado observait le vent souffler par bourrasques, à travers les grandes fenêtres qui illuminaient l'appartement du dernier étage. Il aimait la vue qu'elles lui offraient. Il pouvait voir les arbres du parc se balancer et perdre de plus en plus de feuilles. C'était paisible, bien loin de l'atmosphère d'Ikebukuro. Le changement avait été brutal pour Mikado. Mais, étrangement, il n'avait pas eu besoin de beaucoup de temps pour s'adapter à ce nouveau quartier. Parce que ce calme, c'était sans doute ce dont il avait besoin après... après tout ce qu'il avait vécu à Ikebukuro. Et, si ça l'avait surpris au début, il comprenait très bien, désormais, pourquoi Izaya était venu se réfugier ici.

Un léger sourire orna ses lèvres lorsqu'il se mit à penser à l'informateur. D'ailleurs, puisqu'il était presque dix-huit heures, ce dernier n'allait pas tarder à terminer son travail. Mikado avait dû batailler ferme pour qu'Izaya fasse une pause tous les soirs à cette heure-là. Mikado voulait, au moins, profiter un peu de sa présence avant le repas. C'était une petite routine qui lui tenait à cœur. Surtout qu'il ne se leurrait pas. Depuis son départ d'Ikebukuro, Izaya n'était plus le même. Il fallait, à tout prix, qu'il travaille moins qu'avant. Il avait besoin de se reposer. Malheureusement, il dormait très peu et Mikado s'en inquiétait de plus en plus.

Izaya n'en parlait jamais, évidemment. Peut-être même qu'il pensait que Mikado ne le savait pas. Mais ce dernier veillait sur Izaya toutes les nuits, depuis qu'il l'avait retrouvé. Comment aurait-il pu passer à côté de ses réveils constants ? Toutes ces fois où Izaya quittait le lit et n'y revenait que plusieurs heures plus tard, ou ne revenait pas du tout... Ça l'inquiétait et, pourtant, Mikado faisait toujours semblant de rien. Il tentait de lui laisser de l'espace, de ne pas se montrer intrusif. Parce que ça ne servirait à rien de lui en parler. Izaya se braquerait. Et puis, Mikado savait très bien pourquoi Izaya avait du mal à dormir. Il connaissait ses cauchemars. C'était bien pour ça qu'il devait encore plus prendre soin de lui.

Alors, comme tous les jours de cette semaine, Mikado se dirigea vers la cuisine, un peu avant dix-huit heures, et commença à préparer deux chocolats chauds. Bien entendu, Izaya prétendait toujours qu'il préférait le café bien noir. Mais Mikado le connaissait mieux que ça. Il savait que, dans les moments difficiles, Izaya aimait boire quelque chose de plus doux. Et Mikado adorait ça, lui aussi.

Lorsqu'il posa enfin, quelques minutes plus tard, les deux tasses fumantes sur la table basse du salon, il entendit la porte du bureau s'ouvrir. Il sourit alors tendrement. C'était, définitivement, l'un des moments qu'il préférait dans la journée. Il s'assit ensuite sur le divan. Il ne dut pas attendre longtemps avant qu'Izaya n'arrive. Ce dernier entra dans la pièce dans son fauteuil roulant. Mikado y fit à peine attention. Il avait été très étonné en découvrant l'état d'Izaya, plusieurs mois auparavant, mais il s'y était fait. Ce n'était pas lui qui le subissait, après tout. Il n'avait pas le droit d'en être dévasté alors que c'était l'informateur qui avait dû apprendre à vivre avec.

Heureusement, ce n'était que temporaire. C'était la seule information qu'Izaya lui avait chuchotée, une nuit, au creux de l'oreille. En dehors de ça, Izaya ne lui parlait jamais de ses visites chez le médecin. Mais Mikado n'était pas dupe. Il en était sûr. Izaya faisait des séances de rééducation de son côté, sans le lui dire. Il continuait d'utiliser le fauteuil roulant devant lui pour ne pas montrer ses progrès. Mikado ne doutait pas qu'un jour, Izaya apparaîtrait devant lui en se tenant debout et en marchant sans aucune aide. Il ferait même semblant de rien, comme si rien n'avait changé. Oui, Mikado voyait la scène d'ici. Ah... Il aimait tant ce trait de sa personnalité.

Izaya s'arrêta alors face à la petite table et Mikado tendit une tasse vers lui. Les yeux de ce dernier s'arrêtèrent un instant sur les cernes de l'informateur, mais il ne fit aucune remarque dessus.

« Encore du chocolat chaud ? se moqua Izaya. Il n'y a plus de café ?

—Non, répondit tranquillement Mikado. J'espère que ça te fera du bien. »

Izaya afficha un rictus, mais il ne commenta pas davantage. Il prit, malgré tout, sa tasse et en but une gorgée. Mikado, quant à lui, ne le quittait pas des yeux. Il observait chaque détail qu'Izaya lui permettait d'apercevoir. Sa fatigue était clairement visible sur son visage, mais, aujourd'hui au moins, Izaya ne semblait pas se perdre dans ses pensées. Il était présent avec lui. Et Mikado comptait bien en profiter. Lui-même se sentait beaucoup mieux maintenant qu'il pouvait enfin partager ce moment avec lui.

« Comment s'est passée ta journée ? reprit-il alors. Tu as eu des clients intéressants ?

—Oh, si tu savais... »

Avec un sourire amusé, Izaya lui décrivit les demandes les plus étranges qu'il avait reçues aujourd'hui. Même si, en soi, il n'y avait rien d'extravagant là-dedans. Ils le savaient tous les deux. Il n'y avait jamais rien eu d'extravagant dans ce quartier. Les créatures sans tête, les barmans à la force surhumaine, les entités qui réclamaient de l'amour, les médecins cinglés, ce n'était plus leur quotidien. Et parfois, ça lui manquait. Mikado songeait encore quelques fois à Anri. Et il savait qu'Izaya pensait quotidiennement à Shizuo. Comment pourrait-il l'oublier alors qu'il peuplait ses cauchemars ? Mais tout ça prenait de moins en moins d'importance.

Dans leur course effrénée aux sensations fortes, ils s'étaient tous les deux perdus en cours de route. Avoir frôlé la mort d'aussi près leur avait remis les idées en place. Et Mikado, lui, ne cherchait plus tout ça, à présent. Il pouvait se contenter d'une vie ordinaire... Enfin, à une seule condition, ceci dit.

Il posa sa tasse et observa, à nouveau, Izaya. Ce dernier buvait lentement son chocolat chaud. Mikado pouvait voir ses épaules se détendre. L'atmosphère était paisible. Et Mikado sourit, tout en sentant la tendresse l'envahir.

Oui, la banalité ne l'effrayait plus. Tant qu'il serait auprès de l'informateur, rien ne serait jamais réellement banal. Et boire un simple chocolat chaud avec lui valait bien toute l'adrénaline du monde. Il espérait juste qu'il en était de même pour Izaya...


Et voilà pour le deuxième jour ! À demain pour la suite :)