Fandom : L'Attaque des Titans
Ship : Erwin/Livaï
Rating : T
Résumé : Erwin laissa son regard se perdre sur le corps de son subordonné. La bougie qui éclairait faiblement la pièce projetait des ombres sur sa peau. D'un point de vue rationnel, Erwin savait que sa présence ici n'était pas une bonne idée. Mais, pour l'une des rares fois de sa vie, le rationnel ne gagna pas contre l'émotionnel. Il avait besoin de voir Livaï. Ce soir plus que tous les autres soirs...
Pour cet OS, je reviens sur le tout premier fandom sur lequel j'ai posté. J'ai beaucoup aimé retrouver ces personnages. J'espère que ce petit texte vous plaira. Je vous souhaite une bonne lecture !
Jour 6 : À la lueur d'une bougie
La nuit était tombée depuis plusieurs heures. Dans la tiédeur de la chambre dans laquelle il venait d'entrer, Erwin laissa son regard se perdre sur le corps de son subordonné. La bougie qui éclairait faiblement la pièce projetait des ombres sur sa peau. Livaï semblait s'être endormi, sans s'en rendre compte. Il devait être bien fatigué pour ne pas s'être réveillé à son arrivée. Erwin l'observa alors, songeur, tout en se posant silencieusement contre le mur.
D'un point de vue rationnel, il savait que sa présence ici n'était pas une bonne idée. Il devrait profiter du sommeil de Livaï pour retourner dans sa propre chambre, mais il ne pouvait s'y résoudre. Pour l'une des rares fois de sa vie, le rationnel ne gagna pas contre l'émotionnel. Il avait besoin de voir Livaï. Ce soir plus que tous les autres soirs. Même si Livaï était toujours fâché contre lui. Surtout parce que Livaï était toujours fâché contre lui. Quelques heures auparavant, le Caporal lui avait encore lancé un regard pénétrant et accusateur dont il avait le secret. Livaï aurait voulu le faire changer d'avis, même s'ils savaient tous les deux que ça n'arriverait pas.
Cette nouvelle mission qui se préparait était bien trop importante pour Erwin. Livaï pouvait lui dire tout ce qu'il voulait, Erwin y participerait. Il ne pouvait pas rester en arrière, pas maintenant alors qu'il était si proche de son but. Il voulait tant connaître la vérité sur le monde qui l'entourait. Cette cave détenait peut-être toutes les réponses à ses nombreuses questions. Il devait y aller. Et rien ne le détournerait de cette décision. Rien, pas même ses douleurs fantômes qui le faisaient toujours souffrir. Erwin baissa, un instant, son regard à l'endroit où son bras droit aurait dû se trouver. Une perte conséquente. Mais qui ne le ferait pas reculer. Il n'était pas au mieux de sa forme, mais il avait toujours fait passer sa quête de la vérité avant tout le reste. Et il ne plierait pas maintenant, même si Livaï l'avait menacé. Livaï était toujours trop extrême, de toute façon. Il se laissait envahir par les sentiments. Son inquiétude était, malgré tout, touchante.
Erwin reposa ses yeux sur son corps endormi. Ils revenaient de si loin, tous les deux. Livaï l'avait haï pendant longtemps. Mais il était là, maintenant, juste à ses côtés. Et comme avant chaque mission, Erwin ne pouvait s'empêcher d'y songer... Il s'était, pourtant, blindé. Depuis la mort atroce de son père, il avait cadenassé toutes ses émotions. Au vu de sa position de Major, il n'avait clairement pas le choix. Les morts s'enchaînaient férocement. Pour ne pas souffrir, pour réussir à prendre les décisions rationnellement, il ne pouvait pas permettre à l'affect d'entrer en ligne de compte. Mais, malgré tout, il y songeait... Serait-il capable de sacrifier Livaï aussi froidement que tous les autres ? Saurait-il gérer cette perte si son Caporal venait à mourir ? Peut-être que oui, peut-être... Mais il savait avec certitude qu'il n'y arriverait pas sans se détester profondément. Livaï était... Livaï, après tout. La seule personne capable de dégeler un peu son cœur de glace. Sur les champs de bataille, Erwin ne pouvait penser que de façon stratégique. Mais ce soir...
Ce soir, Erwin ne voulait pas être rationnel. Il le sentait, au fond de lui-même. Il avait un mauvais pressentiment concernant cette mission. Et son instinct l'avait poussé à rejoindre Livaï. Le regarder dormir à la seule lumière de cette bougie qui faiblissait l'apaisait. Il pourrait sans doute passer la nuit à l'observer.
Erwin perdit alors la notion du temps. Lorsque Livaï finit par ouvrir les yeux, Erwin fut incapable de dire s'il ne s'était passé que quelques minutes ou bien si plusieurs heures s'étaient écoulées depuis son arrivée. Mais, sous les yeux perçants du Caporal, Erwin sourit. Livaï, lui, fronça les sourcils et se redressa en position assise sur le matelas.
« Qu'est-ce que tu veux ? grogna-t-il.
—Rien. »
Livaï lui lança un regard froid. Il semblait toujours être d'une humeur massacrante. Il avait si mauvais caractère. Il ne changerait jamais là-dessus. Erwin observa les traits de son visage. Livaï pouvait être si expressif en sa présence.
« Tu regardes quoi alors ? s'énerva ce dernier.
—Toi. »
Le ton doux d'Erwin figea Livaï. Erwin s'avança ensuite vers lui, s'arrêtant juste au bord du lit.
« Je ne veux plus parler de cette mission, déclara-t-il d'une voix sans appel. Mais, si tu le permets, j'aimerais rester un moment auprès de toi. »
Livaï le regarda un instant, sans rien dire. Puis, ses épaules s'affaissèrent. L'ambiance changea aussitôt. Comme si Livaï n'était pas capable de lui en vouloir bien longtemps.
« Assieds-toi. »
Sa façon de parler n'était pas agréable, mais Erwin savait voir au-delà. Il s'installa alors juste à ses côtés. Le regard que Livaï portait sur lui se mit à changer quelque peu. Dans le silence de la nuit, il le ressentait lui aussi. Ce moment était important. Livaï tendit alors un bras vers lui, posant ses doigts sur son torse. Erwin le fixa intensément.
« Je pensais que tu n'aimais pas ça, fit-il remarquer.
—C'est juste pour cette nuit. »
Livaï semblait sûr de lui. Le cœur gelé d'Erwin fondit un peu plus. Ce dernier se permit ensuite de passer son unique main sur le visage du Caporal. C'était si rare que Livaï le laisse le toucher. Erwin ne voulait pas passer à côté de sa chance. Livaï s'approcha alors de lui. Ses lèvres sèches se posèrent sur les siennes. Et Erwin frémit. La rationalité le quitta définitivement lorsque, quelques minutes plus tard, il s'allongea sur Livaï...
Et, à la lueur d'une simple bougie, leurs corps purent enfin s'unir, pour la première et la toute dernière fois...
Et voilà... Merci de m'avoir lue !
