Fandom : Kuroko no Basket

Ship : Aomine/Kise

Rating : K+

Résumé : Alors qu'il range sa chambre avec Kise, Aomine retombe sur des lettres anonymes qu'il a reçues au collège. Il est plutôt heureux de les relire, mais Kise, lui, réagit étrangement en les voyant...


Et voici le deuxième OS sur Kuroko no Basket ! J'espère que ça vous plaira ! :)


Jour 14 : Lettres anonymes

La chambre était en désordre totale. Il y avait tellement d'affaires étalées un peu partout qu'Aomine ne savait même plus où donner de la tête. Il était épuisé rien qu'en regardant tout ce bazar. Il n'arrivait pas du tout à s'y mettre. Du coup, il préférait largement rester assis par terre à regarder Kise. Ce dernier était bien plus efficace que lui. Après avoir rangé les mangas dans des caisses, il sortait, à présent, tout ce qui traînait encore dans les tiroirs du bureau.

« Aominecchi, rigola-t-il alors. Depuis combien de temps tu n'as rien trié ? Regarde ça ! »

Kise lui montra des manuels datant du collège. Tiens, Aomine les avait oubliés, ceux-là. Dans une flemme absolue, il se contenta de hausser les épaules.

« Pff, quel bordel ! se mit-il ensuite à râler. Pourquoi ma mère me fait chier avec ça, sérieusement ? Elle est pénible ! »

Bon... D'accord. Aomine partait bientôt pour l'université, mais quand même... Est-ce que c'était une raison pour le faire chier comme ça ? Soi-disant que sa chambre devait être impeccable avant son départ et qu'elle ferait une inspection. Ouais et à quoi ça servait ? Elle comptait louer sa chambre ou quoi ?! Tss... Heureusement que Kise avait accepté de lui donner un coup de main.

Ce dernier balança d'ailleurs les manuels sur la pile « À jeter », puis il regarda ses autres papiers qui s'étaient entassés au fil des années. Ouais, ok, Kise faisait clairement plus que de lui donner un simple coup de main, là. Mais ça n'avait pas l'air de le déranger et c'était lui qui l'avait proposé ! Ces derniers mois, Kise semblait avoir envie de passer du temps avec lui. Il fallait dire qu'au cours de leurs années de lycée, ils avaient recommencé à se rapprocher, se voyant de plus en plus souvent. Mais l'an prochain, ils allaient passer encore plus de moments ensemble. En effet, ils avaient été sélectionnés dans la même université. Ce qui signifiait surtout qu'ils allaient rejouer dans la même équipe de basket ! Et si Kise en était très excité, Aomine, lui, ... Ah ! Il devait bien reconnaître qu'il avait hâte, lui aussi. À chaque fois qu'il y pensait, son cœur débordait même de joie. Rejouer avec Kise... Après tout ce qui s'était passé, ça représentait beaucoup pour lui... Beaucoup plus qu'il n'aurait pu le croire, d'ailleurs.

Un léger sourire s'afficha sur son visage. Il se mit à rêver de cette future équipe, lorsqu'un bruit sourd le fit sursauter. Il releva alors les yeux vers Kise. Ce dernier venait de faire tomber une boîte en métal sur le sol. Mais ce qui interpella Aomine, ce furent ses yeux grand ouverts. Kise semblait complètement figé. Aussitôt, Aomine se redressa et s'approcha de lui.

« Oï Kise ! Ça va ? »

Aomine eut peur, un instant, que l'autre garçon ne se soit fait mal. Mais il n'avait aucune blessure visible... Pourtant, Kise semblait ailleurs. Son regard errait sur cette fameuse boîte. Aomine s'aperçut alors qu'elle avait déversé une partie de son contenu sur le sol. Il haussa les sourcils. Les morceaux de papier qu'il voyait lui semblaient familiers. C'était quoi ces trucs, encore ? Il se pencha alors et en ramassa quelques-uns. Il remarqua vite que c'étaient, en réalité, des lettres. Oh... Mais oui ! Il se souvenait, maintenant ! Il avait rassemblé dans cette boîte toutes les mystérieuses lettres anonymes qu'il avait reçues au collège. Même s'il n'avait jamais su de qui elles venaient, il n'avait pas pu se résoudre à les jeter. Il en était même fier, à l'époque. Il avait adoré voir cette boîte se remplir de plus en plus. Ses yeux parcoururent alors rapidement les mots qu'ils pouvaient lire.

Je t'admire tant, Aomine...

Ton dernier match était parfait...

Tu joues si bien !...

Aomine, j'aimerais pouvoir te dire en face à quel point je te trouve beau...

Un léger rire s'échappa de sa gorge. À ce moment-là, ces lettres lui avaient semblé si importantes. Avec le recul, il se rendait bien compte que ce n'était pourtant que des mots d'adolescent. Mais qu'importe. Aomine se plut à les relire. Il ne pouvait s'empêcher de sourire, amusé et... oui, il pouvait l'avouer, un peu attendri aussi. Même si c'était simple, ces attentions l'avaient beaucoup touché à l'époque. Et ça, il ne l'oubliait pas. Il se souvenait particulièrement des dernières lettres... Perdu dans son passé, Aomine fouilla alors distraitement parmi les mots tombés au sol, sans même réaliser que le regard de Kise était de plus en plus trouble. Il continua, au contraire, à chercher les lettres qui l'intéressaient. C'était, d'ailleurs, les plus épaisses. Son sourire s'élargit lorsqu'il les retrouva. Oui, celles-là... celles-là étaient vraiment particulières.

Aomine, je sais que tu ne vas pas bien. J'aimerais pouvoir faire quelque chose pour toi. Ton sourire me manque. Sourire me manque aussi. Je le fais pourtant tous les jours, mais c'est juste une comédie. Je voudrais qu'au moins quelqu'un le remarque. Je voudrais que tu le remarques...

Il y a tant de choses que je voudrais te dire. L'année touche à sa fin et j'ai peur de ne plus jamais te revoir. Tu as tant changé. J'ai l'impression que tu n'es déjà plus là...

Si seulement je pouvais signer mes lettres. Si seulement je pouvais te dire la vérité. Tout serait tellement plus simple...

Je t'aime, Aomine. Je t'aimerai toujours...

Aomine se perdit dans ces quelques mots. Une douce nostalgie l'envahit. La première fois qu'il les avait lus, il s'était senti désolé pour la personne qui lui écrivait. Mais, en même temps, il s'était senti profondément soulagé. Quelqu'un avait vu qu'il n'allait pas bien. Son sourire manquait à quelqu'un. Et... quelqu'un l'aimait. C'était peut-être un peu stupide, mais ça lui avait fait beaucoup de bien de le lire. Le relire maintenant lui faisait, d'ailleurs, toujours chaud au cœur. Il espérait quand même que, à présent, cette personne se sentait mieux, elle aussi.

Il replia soigneusement les lettres et releva son regard vers Kise. Celui-ci avait une drôle d'expression qu'Aomine ne parvint pas à déchiffrer.

« Tu gardes vraiment n'importe quoi, souffla alors Kise. J'imagine qu'on les jette ?

—Non », répondit directement Aomine.

Il n'allait certainement pas les jeter. Sans hésiter, il remit toutes les lettres dans la boîte et posa cette dernière sur la pile « À emporter ». C'était peut-être stupide, vu de l'extérieur, mais il n'arrivait pas à s'en détacher. Ces lettres avaient beaucoup compté pour lui, à un moment de sa vie, et il s'en voulait un peu de les avoir oubliées. Il se demandait vraiment ce que cette personne était devenue. Dommage qu'elle n'ait jamais signé ses lettres. Aomine aurait bien voulu la rencontrer et la remercier. Mais il ne put y songer davantage. Lorsqu'il se tourna à nouveau vers Kise, ce qu'il vit le pétrifia aussitôt. Kise... Kise était en train de... de pleurer ?! Hein ?! Mais... pourquoi ?

« Qu'est-ce que... qu'est-ce qui te prend ?! s'écria Aomine.

—T'es stupide ! s'exclama alors Kise. Pourquoi tu veux emporter de bêtes lettres anonymes qui datent d'aussi longtemps ?!

—Parce que je les aime bien ! Et puis, ça te regarde pas ! Je fais ce que je veux !

—Mais tu sais même pas qui te les as écrites !

—Et alors ? s'énerva Aomine. C'est pas une raison pour pleurer !

—Bien sûr que si, idiot ! »

Alors là, Aomine ne comprenait plus rien. Il regardait les larmes couler sur les joues de son ami, complètement perdu. Mais enfin... Il avait fait quelque chose de mal ? Les lettres avaient blessé Kise ? Ce n'était pas ce qu'il voulait ! C'est vrai qu'il y était attaché, ça lui rappelait de bons souvenirs. Mais si ça faisait du mal à Kise, ça n'en valait pas le coup... Aomine se troubla à cette pensée qui lui était venue si facilement. Mais il refusa d'y réfléchir.

« Si ça te met dans cet état-là, c'est bon, je les jette », souffla-t-il, à la place.

Kise ouvrit alors grand les yeux, surpris. Un silence désagréable s'installa entre eux deux. Kise essayait péniblement d'arrêter de pleurer, sans grand succès.

« Elles t'ont tant touché que ça, finit-il par chuchoter d'une petite voix.

—... Elles sont sympa, ouais. »

Aomine ne savait pas quoi lui répondre, alors autant être sincère. Mais quand même... C'était quoi ce bordel ? Et pourquoi est-ce que sa phrase semblait faire plaisir à Kise ? Aomine avait atterri dans une autre dimension ou quoi ? Il ne pigeait rien aux réactions de Kise. Sérieux, qu'est-ce qui lui prenait à la fin ? Ses larmes continuaient toujours de couler, mais il ne semblait pas triste, en fait...

« Garde-les, reprit d'ailleurs Kise. C'est important...

—Si tu le dis », lâcha Aomine, de plus en plus perdu.

Il regarda ensuite Kise avec intensité, comme si ça pouvait l'aider à le comprendre. Eh bien... ça ne marcha pas du tout. Kise souriait maintenant. Il souriait et il était même... rayonnant, malgré les larmes qui étaient toujours présentes sur ses joues. Aomine n'y comprenait franchement rien. Mais cette vision... cette vision était très plaisante, quand même... Son cœur se troubla alors à nouveau.

« Je ne savais pas que tu étais comme ça, Aominecchi, se moqua ensuite Kise.

—Ouais, enfin... C'était au collège, ça va pas se reproduire, hein ! répondit Aomine qui ne savait clairement plus sur quel pied danser.

—Qui sait ? Peut-être que tu auras de nouvelles lettres anonymes à l'université !

—Mouais... Ça m'intéresserait pas trop. Ça me ferait chier d'avoir encore des lettres non-signées. C'est plus de mon âge. »

Kise rigola doucement, réchauffant l'intérieur d'Aomine d'une façon surprenante.

« Mais, cette fois-ci, murmura alors Kise d'une voix étrange, peut-être que la personne osera te dire qui elle est... »

Aomine regarda Kise, tout en haussant les sourcils. Le regard de Kise était bizarre. Tout était bizarre, en fait. Aomine avait, pourtant, l'impression qu'il avait la réponse sous les yeux, mais non, il ne comprenait toujours pas. Kise, lui, rigola, à nouveau, avant de secouer la tête.

« Allez, Aominecchi ! On se remet au travail, sinon on aura jamais fini ! »

Aomine grogna, un peu pris au dépourvu par tous les changements de comportement de Kise. Ce dernier reprit d'ailleurs le tri, tout en sifflotant. Il semblait être de si bonne humeur tout d'un coup. C'était vraiment étrange... Mais cette vision le rendait joyeux, lui aussi. Il suivit alors le mouvement et reprit sa contemplation, répondant vaguement à chaque fois que Kise lui posait une question.

Pourtant, alors qu'il tentait de ne plus réfléchir, il se mit, malgré lui, à repenser aux lettres. Il eut alors une étrange pensée. Finalement, ça ne le dérangerait pas d'en recevoir, à nouveau, cette année, mais... mais seulement si elles étaient écrites par Kise. Cette envie le prit complètement au dépourvu. Aomine ne voyait pas pourquoi il voudrait recevoir des lettres de Kise ! C'était n'importe quoi ! Mais quand même...

Quand même... Il se demanda, l'espace d'un instant, à quoi pourrait bien ressembler une lettre écrite par Kise. Il se le demandait, oui, sans se douter une seule seconde qu'il en avait déjà des tas juste derrière lui...


Et voilà... Merci de m'avoir lue ! À demain :)