Fandom : My Hero Academia

Ship : Giran/Dabi

Rating : T

Résumé : Giran voudrait pouvoir l'aider. Mais que peut-il faire, à part regarder Dabi mourir à petit feu ?


Ce ship ne fait pas partie de mes préférés, mais j'ai eu cette idée fin novembre pour l'anniversaire de Moira-chan et finalement, je décide de le poster maintenant et ici. Momo, j'espère de tout coeur qu'il te plaira ! Pour te remercier pour tout ce que tu fais pour moi, voici donc un petit cadeau supplémentaire ! :)

Attention, dans cet OS, l'état de Dabi peut être associé à un trouble mental. Il y a également des mentions d'envies suicidaires. Ce texte contient aussi des spoils jusqu'au chapitre 293 et ainsi que sur l'alter de Giran.

Je vous souhaite une bonne lecture !


Jour 17 : Tard dans la nuit

L'adrénaline pulsait dans ses veines. Il avait envie de rire. Peut-être riait-il pour de vrai. Il n'arrivait pas à le savoir. Tout était flou autour de lui. Il ne se souvenait même plus comment il avait atterri ici. Mais il pouvait sentir le corps de l'autre homme contre le sien. Il inspira profondément, respirant son odeur. Il l'aimait tant. Il l'avait associée à la luxure, au réconfort. Et c'était exactement ce dont il avait besoin en ce moment. Un large sourire étirait ses agrafes. Il faisait si chaud. La chaleur était partout. Dans cette pièce. En lui. Il avait l'impression qu'il allait brûler. Mais ça n'avait aucune importance. Son sourire ne faiblissait pas.

« Tu aurais dû les voir, rigola-t-il. Leurs visages ! C'était magnifique ! Encore mieux que tout ce que j'avais pu imaginer ! »

Oh ça oui ! Il pouvait revoir leurs expressions comme s'ils étaient toujours face à lui. Cette terreur. Et puis l'horreur. Il l'avait fait ! Il les avait fait descendre de leur piédestal ! Il avait réussi ! D'accord, il avait fini par être arrêté par ce sale apprenti héros qui s'était mêlé de ce qui ne le regardait pas, mais qu'importe ! Il l'avait enfin fait ! Ils connaissaient la vérité ! Ils la connaissaient tous ! Ils ne pouvaient plus l'ignorer ! C'était enivrant. Tout tournait si vite dans son esprit.

« Dabi. »

La voix de Giran atteignit ses oreilles avec un temps de décalage. Il baissa ses yeux sur l'homme qu'il chevauchait. Ce dernier ne semblait pas partager son bonheur. Giran attrapa l'une de ses mains et la regarda d'un air indéchiffrable.

« Tes brûlures se sont aggravées. »

Il regarda sa peau. Ah oui, tiens... Il ne l'avait même pas remarqué.

« Ce n'est rien. Je l'ai fait, Giran !

—Je sais, j'ai entendu, chaton. »

Giran délaissa sa main et glissa ses doigts dans ses cheveux redevenus blancs.

« Ça devait être un beau spectacle. Comment a réagi Endeavor ?

—Il n'y croyait pas ! s'exclama-t-il. Il est resté figé ! J'ai complètement détruit son image et il n'a rien pu faire pour m'en empêcher ! »

Ses lèvres s'étiraient de plus en plus. Le sang coulait maintenant sur sa peau, sans même qu'il ne s'en rende compte.

« Il est mort, souffla-t-il, extatique. Le héros Endeavor est mort ! Et il se rendra vite compte qu'il ne vaut rien en tant qu'Enji Todoroki ! »

Giran ne lui répondit pas. Il pouvait le voir, Dabi était complètement ailleurs. Mais son corps était brûlant. Il allait falloir qu'il se calme. Son feu le dévorait de l'intérieur. Dabi était si loin de l'indifférence qu'il affichait d'habitude. Il délirait. Mais Giran devait bien être l'une des rares personnes à l'avoir déjà vu comme ça. Après tout, c'était lui qui avait pris soin de Dabi lorsqu'il s'était enfui de chez lui. Giran se souvenait de l'état horrible de son corps. De ses cris. Terrifiés. Désespérés.

Laisse-moi mourir !

Giran pouvait encore entendre sa voix brisée. Ses supplications. Elles le hantaient parfois la nuit. Plus d'une fois, Giran avait hésité à accéder à cette demande. Mais Dabi avait survécu. Et d'autres demandes étaient apparues.

Fais-moi oublier !

Il aurait aimé pouvoir le faire. Mais son alter ne permettait pas de remonter aussi loin dans le temps. Alors il l'avait aidé à oublier d'une toute autre façon. Il avait pris soin de Dabi à sa manière. Et, au final, ils ne s'en étaient pas si mal sortis. Jusqu'à aujourd'hui où Giran pouvait voir la folie danser dans le regard bleu du jeune homme.

De ses doigts normaux et robotiques, Giran attrapa alors son visage, le forçant à le regarder.

« Dis-moi, mon petit brasier, tu te sens mieux à présent ? »

Dabi le regarda sans vraiment le voir. Il ne lui répondit pas et Giran sut qu'il avait sa réponse. À vrai dire, il ne s'était jamais attendu à autre chose. C'était évident que sa confrontation avec Endeavor ne serait pas suffisante pour l'apaiser. Parce que plus rien, à présent, ne pouvait véritablement l'apaiser.

« Allons prendre une douche, déclara-t-il alors. Tu as besoin de faire baisser ta température.

—Non », souffla Dabi.

Il repoussa ses mains, souriant toujours. Il commença à se frotter contre Giran.

« Fais-moi mal, ordonna-t-il. Fais-moi mal, puis fais-moi oublier et recommence ! »

C'était l'une de ses nouvelles lubies. Il le lui demandait de plus en plus souvent, ces derniers temps. D'habitude, Giran ne se dérangeait pas pour accéder à cette demande. Jouer avec Dabi était toujours si plaisant. Mais aujourd'hui... Il se sentait mal à l'aise rien qu'en y pensant. Parce que, dans le fond, il n'était pas un enfoiré à ce point-là. Et s'il le faisait cette fois-ci, ça n'aurait rien d'un jeu. Dabi était trop loin. Giran ne voulait pas profiter de son état. Pas alors qu'il semblait sur le point d'être réduit en cendres de l'intérieur.

Sans hésiter, il se leva alors, forçant Dabi à en faire de même. Celui-ci lui jeta un regard confus, son sourire glissant enfin de ses lèvres. Giran enserra à nouveau son visage de ses doigts.

« On va aller prendre une douche et ce n'est pas négociable. Après, on verra, chaton. »

Dabi resta silencieux. Mais, au grand soulagement de Giran, il se laissa ensuite traîner jusqu'à la salle de bain. Giran fit alors couler l'eau à basse température.

« Déshabille-toi. »

Il observa Dabi retirer ses vêtements un à un. Son corps était complètement ravagé. Giran pouvait voir sa peau saine rougie à plusieurs endroits. Sans faire de commentaire, il le fit ensuite entrer dans la douche. Il prit le pommeau et commença à passer de l'eau froide sur tout son corps.

Dabi resta immobile. En même temps que la chaleur de son corps refroidissait, il avait l'impression que l'adrénaline le quittait. L'euphorie s'en allait. Le laissant juste... vide. L'eau coulait sur son visage, trempant ses cheveux blancs. Le regard de Dabi se troubla. Il n'y avait plus aucune joie en lui.

« Il ne m'a pas reconnu, murmura-t-il. Il ne voulait pas me croire... Il avait sûrement réussi à m'oublier. »

Dabi laissa échapper un rire sans joie. Giran coupa alors l'eau et sortit une grande serviette. Il enroula le corps de Dabi. Ce dernier se tourna vers Giran. Son regard semblait presque flou.

« Je veux oublier moi aussi, chuchota-t-il d'une voix cassée.

—Tu sais bien que c'est impossible, mon petit incendie. »

Les yeux de Dabi se remplirent lentement de désespoir. Giran l'aida à sortir de la douche. Dabi s'agrippa aussitôt à sa chemise. Son corps était moins chaud, mais les brûlures étaient toujours bien visibles.

« Fais-le ! exigea-t-il. Retire tous ces souvenirs de ma tête ! »

Giran ne lui répondit pas. À la place, il sécha le corps de Dabi puis l'aida à marcher jusque dans la chambre. Là, il le fit se coucher dans son lit et mit les couvertures sur lui. Dabi semblait toujours ailleurs. Giran pouvait voir les émotions défiler dans ses prunelles bleutées. Et si d'habitude, c'était un spectacle qui le réjouissait, Giran avait du mal à y trouver un quelconque plaisir en cet instant même.

« Et s'il m'oubliait à nouveau ? souffla Dabi. S'ils le faisaient tous ? Pour eux, je n'existe plus... Je n'existe pas...

—Tu existes, Touya. »

Giran n'utilisait pas souvent son prénom. Le souffle de Dabi trembla légèrement. Son regard était éteint, à présent. Dabi était si épuisé. Maintenant que la tension était retombée, il semblait replié sur lui-même, inatteignable. Giran savait qu'il ne faudrait pas longtemps avant qu'il ne sombre dans l'inconscience. Il resta alors assis sur le lit, ne le quittant pas un seul moment du regard. La nuit allait être longue, il le savait par avance. Il allait devoir surveiller la température de Dabi. Ça n'aurait rien de réjouissant, mais il ne se voyait pas faire autre chose pendant les prochaines heures.

Depuis toutes ces années qu'il le connaissait, Giran avait toujours aimé jouer avec Dabi. Leur relation était tordue. Il n'y avait jamais eu de réel amour entre eux deux. Mais ce soir... Ce soir, alors que Giran pouvait voir à quel point Dabi allait mal, il pouvait le sentir. Ce sentiment qu'il avait toujours ignoré et qui était pourtant bien présent dans sa poitrine. Ce sentiment qui le poussait à prendre soin de lui...

Quelques fois, Giran aurait aimé pouvoir utiliser son alter sur lui-même. Parce qu'il aurait tout donner pour oublier cette vision de Dabi. Mais il ne pouvait pas le faire. Il ne pouvait pas oublier. Alors il restait. Même s'il savait que ce n'était plus qu'une question de temps avant que son feu follet ne s'embrase une bonne fois pour toutes. Dabi ne cesserait jamais de brûler. Et tout ce que Giran pouvait faire, c'était le regarder. Le regarder et ne jamais l'oublier.

Et cette nuit plus que jamais, alors qu'il se faisait de plus en plus tard, il se dit qu'il aurait vraiment dû accéder à sa toute première demande... à ces mots qu'il lui avait hurlés tant de fois, au bord du désespoir... Parce que Touya n'avait toujours été qu'un mort en sursit. Et chaque jour qu'il passait en plus sur cette terre n'était qu'une torture supplémentaire pour lui. Mais tout ce que Giran pouvait faire, à présent, c'était d'atténuer le plus possible ses douleurs et espérer... Oui, espérer que ça ira vite, que le feu s'éteigne rapidement et définitivement. Pour qu'enfin, Touya puisse reposer en paix...

Même si lui, ne pourrait plus jamais l'être...


Et voilà, merci de m'avoir lue ! Je vous retrouve très vite pour le jour 18 qui sera sur un ship que j'aime énormément et sur lequel je n'ai pourtant encore rien posté. J'ai hâte de pouvoir le faire !

À bientôt :)