Il fait vachement beau aujourd'hui..

Ses yeux vairons scrutaient l'horizon au loin, là où l'océan ne semblait jamais se finir. Si sur la plage, la chaleur étouffait les « touristes », sur la falaise, l'air se faisait plus frais et donc plus agréable. L'été n'avait jamais été sa saison préférée et encore maintenant. Les cicatrices que lui avait le virus ne faisaient que renforcer le fait qu'il devait cacher son corps. A tort, puisque les modifications qu'on lui a apportés lui ont fait retrouver son corps d'antan. Enfin, pas dans sa totalité puisque son bras était maintenant mécanique avec une peau plus foncée, dont les doigts étaient d'un vert foncés. Et son œil, qu'il pensait avoir perdu à tout jamais, n'était plus noisette mais vert émeraude. Pourquoi ? Une idée de son sauveur qui pensait que '' ça lui allait bien''.

Ce n'était pas dérangeant toutes ses modifications mais il fallait tout de même s'y habituer. Même après deux ans, c'est toujours un peu compliqué de se les rentrer dans le crâne.

Mais ça viendra avec le temps !

Il sursauta et tourna la tête vers son nouvel interlocuteur. Une jeune fille aux grosses lunettes, les cheveux attachés en un chignon difforme et portant des vêtements pas très.. flatteurs. Il la regardait avec de gros yeux avant de baisser le regard sur l'objet qu'elle lui tendit un verre d'eau. D'un geste de la tête, il la remercia puis se remit à scruter l'horizon en buvant le liquide frais qu'il sentit passer dans sa bouche, allant dans l'œsophage puis plus bas.

Ça rafraîchit, hein ? Reste pas trop au soleil, tu pourrais attraper un coup de soleil.

Ne vous en faîtes pas, j'ai l'habitude.

Tu as souvent effectuer des missions sous un soleil de plomb ?

Non mais les entraînements qu'on avait nous mettait parfois dans ce genre de condition.

Un petit hochement de la tête puis un silence s'installa entre les deux sans que cela ne gêne les deux. Du moins, sur le moment.

Et tu regrettes ce temps ?

Le temps où j'étais militaire ? Regretter peut-être pas mais je ne dirais pas non à retourner sur le terrain.

Ses paupières se refermaient en même temps qu'il se remémorait le temps passé à l'école militaire, son entrée dans les forces spéciales, au sein du BSAA.. S'il pouvait recommencer, il le referait sans hésiter.

Tu vas rire -ou pas, j'ai une mission pour toi qui va te demander d'aller sur le terrain justement.

Il rouvrit ses yeux d'un coup, regardant la jeune fille avec un sourire enthousiaste.

Enfin, après deux ans, je reprends du service ! Où je dois aller ? C'est quoi l'objectif de la mission ? Dites-moi!

Dans sa soudaine bonne humeur, il faillit faire tomber son verre du rebord du balcon. Verre que son amie eut le temps de rattraper avant la catastrophe. Non sans soupirer.

Calmos, petit. Je vais tout t'expliquer mais d'abord, j'ai besoin de toi pour récupérer une marchandise. Ne t'en fais pas, tu ne seras pas tout seul, écoute bien..

Et c'est ainsi, qu'il se retrouvait à conduire sous une pluie battante deux jours plus tard. Il était arrivé sur le sol américain la veille et pas le temps de niaiser, direction le lieu pour récupérer la fameuse « marchandise ». Il se demandait bien ce que ça pouvait être cette fois-ci. Drogue ? Alcool ? Organes ? Armes ?

J'espère que ce s'ra du rapide.

Revenir ici le mettait dans un état qu'il ne pouvait totalement décrire. Mal à l'aise ? Heureux ? Curieux ? Triste ? Tant d'émotions le traversaient depuis un petit moment et son collègue s'en rendait bien compte.

Tout va bien, lieutenant ?

Pour la énième fois, Finn, tutoie-moi. On est plus au BSAA.

Mais..

Pas de mais. Tutoie-moi, un point c'est tout. D'accord ?

T-Très bien.. L-Piers.

Un sourire soulagé apparut sur les lèvres du brun. Enfin, il osait le tutoyer. C'était quelque chose qu'il avait essayé de faire comprendre à son cadet depuis son réveil. Finn, c'était un peu son p'tit frère, une relation qu'il avait jamais eu. Etant enfant unique, il se souvenait petit vouloir une personne qui pouvait compter sur lui et qu'il protègerait des méchantes choses de la vie. Après tant d'années passés seul avec ses parents, il avait finalement trouvé cette relation dans la personne qu'était Finn.

Finn, c'était le type anxieux de nature mais qui, quand il est concentré, c'était plus le même gars. Il devenait sûr de lui, non pas au point d'être arrogant mais il ne posait plus de questions sur si c'était bon ou non. Il savait ce qu'il devait faire et il le faisait bien. Si on devait le décrire un seul mot, ce serait altruiste. Il l'aimait bien son petit Finn. Avec sa bouille mignonne qui n'avait pas tant changé que ça. Enfin, malgré les mutations qu'il avait subit, il y avait quelques changements mais si on le connaissait d'avant cet épisode tragique, il était reconnaissable. Maintenant de son arcade sourcilière à son cou, des cicatrices fines mais bien présentes avaient faites leur apparition. De plus, la couleur de ses yeux n'étaient plus noisettes mais jaunes avec une pupille rappelant celle d'un chat. Sa carrure avait également changée : un peu plus robuste, un peu plus fort. Ça ne semblait pas le gêné cependant. Un peu comme si ce changement inattendu ne l'était pas pour lui.

Les gars, on arrive quand ?

Dans cinq minutes.

J'ai mal aux jambes à force de rester assis..

Allez, encore quelques minutes et on pourra gambader comme des gazelles, Ben.

On a une mission, oublie pas. On est pas venus ici pour s'amuser.

Détends-toi, Lieutenant.

Les oreilles du conducteur se mirent à rougir, signe qu'il se mettait en colère. Finn, remarquant ce fait essayait de désamorcer la situation. Plutôt comique pour un pyrotechnicien.

Andy, n'en rajoute pas s'il te plaît..

Oh, ça va. Vous semblez tous sur les nerfs, relax les gars. C'est qu'une mission de routine, rien d'plus.

Rien de plus. C'était ce qu'il devait se dire, oui. C'était qu'une mission en plus..

Ils arrivaient enfin au point de rendez-vous, une forêt des plus austères. Le cadre ne ferait pas envie en temps normal mais pour le genre d'activité dans laquelle ils baignaient, ce n'était que parfait. Garant le 4x4 Jeep dans un coin qu'ils pourraient atteindre rapidement en cas de pépin, ils descendirent tous et marchaient, au grand bonheur de Ben, celui qui s'était plaint plus tôt.

Un peu d'exercice, y a qu'ça d'vrai.

Tu parles comme un vieux, Bennou.

La ferme. Et arrête avec ce surnom, il est horrible. J'ai l'impression d'avoir 5 ans.

C'était avec les rires plus ou moins étouffés d'Andy et Finn et les réprimandes de Piers qu'ils arrivaient à leur véritable destination. Une vielle bâtisse perdue dans les bois. Qu'est-ce qu'elle pouvait avoir d'important pour qu'on envoie quatre agents, qui ont été dans la même équipe et sous le commandement d'une seule et même personne. Chris Redfield. Ce homme, ce héros. Celui qui a sauvé le monde. Qu'est-il devenu ? Travaille toujours-t-il pour le BSAA ? Combat-il les virus ? Piers espérait intiment trouver la réponse avant de rentrer.

Préparez-vous, on va entrer, prendre la cargaison et rentrer.

Bien, capitaine. Dirent les trois idiots à l'unisson, un grand sourire sur le visage.

Le quatrième soupira puis fit apparaitre son fusil de sniper dans son dos tandis que les autres disparurent sans un bruit, ne laissant derrière eux que deux pistolets et des gants. Piers enfila les gants, prit les armes et se dirigea vers la bâtisse décrépie.

Il ouvrit délicatement la porte et inspecta au premier abord l'intérieur, veillant à ne pas se faire prendre dans un piège. Les lampes ou lunettes infra-rouges ne lui servaient plus à rien désormais, son œil modifié faisait bien le travail tout seul.

Il avançait prudemment, fouillant tout d'abord le hall. Rien à signaler. Alors, il fit le tour de la demeure qui n'était pas si grande que ça, puisque qu'elle ne comportait que 5 pièces, de taille moyenne. Tout était en désordre, comme si des gens s'étaient battus récemment.

V-Vous pensez que c'était encore l'œuvre d'un virus ? Demanda Finn, le ton inquiet.

Peut-être, qui sait. Malgré tout ce qui est en œuvre pour arrêter le bioterrorisme, y a encore des tarés qui s'en servent. Répondit Ben, encore salé de ce qu'il s'était passé.

On le découvrira bientôt, on dirait..

Des traces de sang couvraient les murs mais également le sol où l'on semblait avoir tiré quelqu'un qui se vidait de son sang. Piers suivit alors les traces, toujours ses gardes avant de s'arrêter, sentant du mouvement dans la pénombre. Quelqu'un l'attendait. Elle se trouvait dans le couloir, dans une des armoires. Feignant l'ignorance, il continua d'avancer mais en sentant des mains vouloir l'agripper par derrière, il se retourna, non sans faire tomber l'autre et la bloquer sous son genou, placé sur le plexus solaire, les deux pistolets sur le visage.

Et là, la surprise n'est que plus grande. Des cheveux courts bruns. Un corps bien musclé, des traits qu'ils ne connaissaient que trop bien. Seuls ses yeux ont changés. Ils ne se souvenaient pas qu'il avaient été jaune et que ses dents avaient été aussi pointues.

Mais attendez..

Ce s'rait pas..

Qu'est-ce qu'il fait ici..

Capitaine ?

Face à cette découverte, les trois autres réapparurent au dessus de l'individu, l'observant avec de gros yeux. Le dit individu, fit la même tête, pensant voir des fantômes.

Les gars ? Qu'est-ce que..