Chapitre 6 : Des excuses …
À mon réveil, je suis dans une nouvelle pièce. Tellement bien installée que je ne bouge pas. Le matelas est beaucoup plus confortable que le précédent et je n'ai ni trop chaud, ni trop froid. Je voudrais rester ici des siècles !
En me réveillant petit à petit, je prends le temps d'ouvrir mes sens. La pièce est bleue. Je remarque qu'une douce odeur flotte dans l'air. Celle de mes vêtements ? Non, l'odeur est plus forte qu'avant… J'entends une respiration et réalise assez lentement que ce n'est pas la mienne. Cette dernière a l'air si proche de moi… Je tourne la tête pour apercevoir à quelques centimètres de mon visage, le capitaine endormi, couché sous la couverture. Il paraîtrait presque innocent comme ça... enfin moins sadique quoi.
Sans réfléchir, j'essaye de sortir du lit mais mes membres ne répondent pas. Cette tentative me fait ressembler à un asticot en train de se tordre sur place.
« Mais qu'est-ce que tu fais ? » me demande une voix rauque, encore endormie.
« Je- … ! Toi qu'est-ce que tu fiches ici ?! Vas-t'en de mon lit !
- C'est mon lit …
- Mais … alors pourquoi est-ce que je suis dans ton lit ?
- Arrête de bouger…. Tu vas finir par me mettre de mauvaise humeur. » Je m'immobilise immédiatement et il continu :
« Tu es dans mon lit parce que, l'infirmerie est occupée par Drep et les autres hommes que tu as bien fracassé.
- Oh …
- Tu ne croyais quand même pas que je voulais abuser de toi ?
- C'est quoi abuser ?
- Ok laisse tomber, je ne toucherais jamais une gamine dans ton genre rassure toi. » dit-il en se frottant les yeux pour se réveiller. Je ne comprends pas de quoi il parle mais de toute façon, ce mec est un abruti arrogant et sadique ! Je dois m'éloigner de lui le plus possible. Depuis que je l'ai rencontré, je n'ai eu que des ennuis ! J'essaie encore de bouger.
« Je t'ai dit d'arrêter. » grogne-t-il.
D'un seul coup, je ne respire plus car je me retrouve avec un capitaine, torse nu, à quatre pattes au-dessus de moi, qui se penche pour me souffler :
« C'est vrai que si tu étais moins agaçante, la situation aurait été tentante... mais tu m'énerves. » puis il passe de l'autre côté du lit pour aller chercher un tee-shirt noir dans une armoire. Je le suis du regard et reste bouche bée, surprise par ses paroles. Son torse, son dos et ses bras sont tatoués. Je ne pourrais décrire ses symboles. Lorsqu'il se retourne, je peux distinguer ses abdos à travers le vêtement. C'est très… moulant. Ma respiration se débloque lorsqu'il commence à parler.
« Tu as faim ?
- Euh … Oui… est-ce que je peux aller à la salle d'hier ?
- La salle à manger ? Pourquoi ?
- Je voudrais m'excuser auprès des hommes et surtout auprès du Papy Chocolat …
- Le 'Papy Chocolat' ? Tu veux dire Bino ?… Tu as eu tellement de mal à t'excuser auprès de moi et pourtant, à peine réveillée, tu veux présenter tes excuses à Bino. Que t'arrive-t-il ?
- Je l'aime bien... Je ne voulais en aucun cas le blesser. C'est vrai, ce n'était pas moi qui agissait ! Il faut me croire !
- Je te crois. » me rassure-t-il en passant sa main sur ma tête. Ce geste me surprend d'autant plus qu'il y a deux minutes à peine, il me trouvait énervante... Il doit avoir un dédoublement de personnalité… Il m'ordonne avant de partir :
« Je te crois mais pour l'instant, tu as interdiction de sortir d'ici. Tu ne dois pas bouger avant l'élimination totale du poison dans ton organisme. Cela devrait prendre 2 ou 3 jours. Ne t'inquiète pas pour Bino, il va bien. Tu t'excuseras auprès de tout le monde une fois que tu seras complètement rétablie, alors si tu y tiens tant, dépêche-toi de guérir.
- D'accord !
- Hm, dit-il intéressé, alors ça t'arrives aussi d'être gentille et obéissante …
- Quoi ?
- Rien. Je vais chercher à manger. Ah, et au cas où l'idée de sortir te viendrais, je ferme à clé… »
Deux jours passèrent et je retrouvai mes forces petit à petit. Le deuxième jour, Trafalgar m'examina et autorisa ma sortie.
« Ton organisme est sain maintenant, tu vas pouvoir sortir, si tu le souhaites toujours.
- Oui je n'en peux plus de rester enfermée avec to-…
- Avec ?
- Avec … touuut le soleil qu'il doit y avoir dehors ! C'est dommage de rester enfermée alors qu'il doit faire beau ! ...Non ?
- Si tu redeviens insolente, je pourrais être encore plus méchant.
- …
- Va prendre une douche. »
J'obéis et rentre dans la petite salle de bain privée, reliée à la chambre du capitaine. Il m'a montré comment allumer la 'douche' et je dois avouer que l'eau chaude est beaucoup plus agréable que les bains glacés que je prenais dans la clairière. En sortant, des vêtements propres sont posés sur la commode. Ces derniers sentent toujours très bon… Quand je sors, Trafalgar a un livre à la main, il relève la tête pour me dire :
« La princesse est prête ? On peut y aller ?
- Oui.
- Jusqu'à ce qu'on ait trouvé ce qu'il s'est passé avec la bague, tu ne devras plus l'emmener avec toi et sous aucun prétexte tu ne devras la mettre à ton doigt. Compris ?
- Oui... » De toute façon, il m'a empêché de l'approcher depuis ce jour…
Arrivés dans la salle à manger, un silence s'installe. Le capitaine prend la parole et j'ai l'impression d'être une enfant qui doit présenter ses excuses après une grosse bêtise.
« Messieurs, vous connaissez déjà, Niyal, la Princesse du bateau. Elle tenait à vous dire quelque chose.
- Je… Je suis vraiment désolée je ne voulais blesser aucun d'entre vous ce n'était pas moi je vous le jure je ne sais pas ce qu'il s'est passé je suis désolée ! » déballais-je sans reprendre mon souffle. L'équipage se met alors à rire de bon cœur. Nombre d'entre eux me crient :
« T'inquiètes Princesse, on avait bien compris ! »
« Personne n'est mort, c'est l'essentiel ! »
« Ça nous a fait de l'entraînement ! »
« Ok mais ne refais pas ça quand même. C'était flippant… »
Trafalgar me donne un coup de coude en me montrant le cuisinier. Je m'écris en courant vers ce dernier :
« Papy Chocolat ! Je suis désolée !
- Ne t'inquiète pas ma jolie, je le sais, je le sais ! » Il me caresse la tête gentiment mais je ne ressens pas la même chose que lorsque c'était Trafalgar… Je réfléchis un petit moment et suis interrompue dans mes pensées par un mot, devenu magique pour moi :
« Tu veux un chocolat chaud ?
- Je peux vraiment en avoir un ? Après le coup que je t'ai donné…
- Quel coup ? » me chuchote-t-il en faisant un clin d'œil. Mes yeux brillent d'admiration pour ce vieux monsieur. Comment peut-il être si gentil après que je l'ai frappé ?
J'entends soudain le capitaine m'appeler.
« Niyal. Il y a d'autres personnes à qui tu dois des excuses, tu ne penses pas ?
- Oui ! »
Je pars d'abord voir les hommes que j'avais assommé puis Zayn.
« Je suis désolée !
- Ne t'inquiètes pas jeune fille, c'était amusant. Cela faisait longtemps que je n'avais pas reçu de coup comme celui que tu m'as donné ! Tu m'intrigues maintenant, je suis pressé de te connaître plus... ». Je réponds par un signe de tête et pars voir Drep qui reste étonné que je vienne vers lui.
« Drep… Je suis désolée…
- Je-j'espère bien ouais ! Et ne pense pas que tu m'as battu, j'ai seulement été surpris ! Jamais je ne me ferai battre par une pseudo-princesse !
- Grr ! Je retire mes excuses ! Tu n'es qu'un-
- Niyal, me rappelle à l'ordre Trafalgar. Messieurs, vous pouvez maintenant reprendre vos activités.
- Non ! Je dois encore des excuses à une autre personne… » Je m'approche du garçon aux cheveux rouge, adossé à un mur.
« Je suis désolée.
- Pourquoi ? Tu ne m'as rien fait.
- Si, Trafalgar t'as crié dessus pour les traces de flammes sur les murs non ? Et c'est de ma faute si on a pris un mauvais départ.
- Comment sais-tu ça ?
- J'ai entendu deux hommes en parler alors qu'ils passaient derrière la porte de la chambre.
- Pff. Occupe-toi de tes affaires. » dit-il gêné en rougissant. Trafalgar m'interpelle.
« Niyal ! Viens ici.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Comment viens-tu de m'appeler ?
- Quand ?
- À l'instant. Quand tu parlais avec Ash.
- Capitaine.
- Tu es certaine de vouloir me prendre pour un imbécile ?
- Je n'oserais pas.
- Excuse-toi et je ne ferais rien.
- Je t'assure que tu as dû mal entendre, Capitaine. »
Tous les hommes se mettent à rigoler et mon chocolat chaud arrive.
« Merci Papy ! » Une sphère bleue fait immédiatement disparaître la tasse de mes mains.
« Non, mon chocolat ! Je m'excuse, je m'excuse !
- Comment se fait-il que j'ai besoin de te prendre ton chocolat pour que tu t'excuses alors que tu demandes pardon si facilement aux autres ?
- …
- Tss. Je retourne dans ma cabine. Ne me dérangez pas. »
Une fois le capitaine parti, je remercie le cuisinier qui me sourit et se remet aux fourneaux. De nombreuses personnes viennent me voir pour se présenter et je passe alors le reste de la journée et de la nuit à faire la fête avec mes nouveaux compagnons de voyage.
