Chapitre 17 : Nouveau programme

La salle à manger est pleine et agitée. Les hommes s'amusent comme toujours. Bino a préparé pleins de bons plats ! Alors que j'allais prendre la dernière cuisse de porc, Drep s'en saisit en même temps…

« Pousse tes pattes de là, mini-princesse !

- Nan, je l'avais en première !

- Dans tes rêves !

- Lâche ça tout de suite sinon …

- Sinon quoi ? Tu vas le dire au cuisto ? 'Papy Choco ! Drep m'embête !', gamine.

- N'importe quoi je ne suis pas une gamine ! C'est toi le gamin !

- Répète ça pour voir ?! »

Front contre front, nous sommes arrêtés par le capitaine qui nous sépare en nous tirant chacun par le col.

« Ça suffit vous deux. Vous aurez tout le temps de vous battre tout à l'heure.

- Comment ça ? demandais-je étonnée.

- Eh bien, étant donné que tu fais partie de l'équipage, je t'ai prévu un petit programme. Tu ne pensais tout de même pas que tu allais continuer à te tourner les pouces sur mon navire n'est-ce pas ?

- Quoi ? Quel programme ?

- Tu feras 3h de corvées de ménage tous les jours, Drep t'enseignera les arts martiaux, Zayn le combat à l'épée.

- Tout ça ?!

- Et tu prendras des cours avec moi sur le français, les maths, la science et la médecine.

- Je refuse.

- Je ne t'ai pas demandé ton avis. Rendez-vous après manger pour le premier cours avec Drep, annonce-t-il d'un air joyeux en s'en allant.

- Abruti de capitaine, marmonnais-je.

- Très bien, je t'enseignerai aussi les bonnes manières sur le terrain. Ton second cours aura donc lieu avec moi. Drep, assure-toi de bien l'échauffer avant que je ne prenne le relais.

- Oui Capitaine ! » rigole Drep en me chuchotant un « J'aimerais pas être à ta place ! »

Je crois que je peux faire mes adieux à ce monde…

Calée bien au chaud dans la cabine d'observation, je me suis enfuie discrètement dès que j'ai fini de manger. Je ne veux pas mourir ! J'espère juste qu'ils vont m'oublier… Je redescendrais ce soir.

Niyal : Drep ? Qu'est-ce que tu fais là ?!

Drep : Je viens te chercher sur ordre du capitaine.

Niyal : Je ne veux pas.

Drep : Tu as peur de m'affronter ?

Niyal : Bien sûr que non ! C'est pour ton bien que je reste ici. Je ne veux pas te faire mal.

Drep : Tu sais, c'est normal d'avoir peur.

Niyal : Je n'ai pas peur ! »

Son regard malicieux me défit et ma fierté prend le dessus.

La salle d'entraînement est la seule pièce avec des murs renforcés en métal. Vu les traces sur ces derniers, je pense que certains duels ont dû être rudes !

Face à face avec le mécano, je me mets en position de combat. Jambes fléchies pour un meilleur départ, une main devant moi et l'autre sur le côté pour parer et attaquer le plus rapidement possible. Drep prend une position un peu spéciale. Appuyé sur sa jambe gauche, la droite est légèrement pliée pour que son pied touche simplement le sol avec la pointe de sa chaussure. La main gauche ouverte devant lui et l'autre dans le dos, j'aperçois plein d'ouvertures, c'est ma chance !

« Pour aujourd'hui, je n'attaquerais pas tant que tu ne m'auras pas fait bouger de ma place. Ok, pseudo-princesse ?

- Ne me sous-estime pas, je vais t'éclater le bigleux ! »

Un sourire en guise de réponse, je m'élance vers lui pour lui asséner un bon crochet du gauche. Quelque chose me bloque immédiatement mais je ne vois pas quoi. Drep est toujours dans la même position, il n'a pas bougé. Je retente et m'acharne pendant un bon moment mais rien à faire ! C'est comme s'il y avait une barrière ou quelque chose d'invisible qui me repousse à chaque fois.

Trafalgar entre dans la pièce et s'adosse à côté de la porte. Son sourire se dessine alors qu'il m'observe.

« Je vois que tu t'amuses bien Drep, ricane le capitaine.

- Oui au départ mais je dois vous avouer que ça commence à être ennuyant.

- Je n'en doute pas. Je pensais qu'après ¾ d'heures tu aurais au moins commencé à être sérieux mais visiblement, je l'ai surestimée. »

Ils m'ignorent là ?! Grr ! Ces hommes débiles ! Ils m'énervent à se croire supérieurs ! Je me jette sur Drep mais encore une fois, sans succès.

« C'est comme ça depuis le début. Elle n'a même pas idée de ce qui la bloque.

- Vraiment ?

- Oui, vraiment. »

Ils se moquent de moi de bon cœur. Aaah ! Si seulement je pouvais l'envoyer voler, ils rigoleraient moins ! L'envoyer voler … Mais oui ! Le vent ! Ma bague ! Depuis que Gabby a jeté un sort dessus, je l'ai toujours au doigt ! Je la fixe intensément pour trouver comment l'activer mais Drep m'interrompt.

« Tu comptes loucher longtemps pseudo-princesse ? Si ça continue comme ça, on y sera encore dans une semaine ! rigole-t-il alors que je grogne pour lui montrer qu'il me dérange. »

Le mécanicien continue de ricaner, ça m'agace au plus haut point. Une légère brise vient me caresser les doigts. Je m'élance vers Drep avec une vitesse dont je ne me soupçonnais même pas capable d'atteindre. Il évite mon coup de poing de justesse. Je jubile en voyant la mine déconfite de mon camarade qui a reculé de trois pas.

« J'ai compris ce qui m'empêchait de te frapper. Quand on a commencé, j'ai tout de suite cru que c'était une barrière et je me suis focalisée sur l'idée que tu avais quelque chose d'invisible autour de toi. En réalité, cette 'barrière' n'était rien d'autre que tes poings. Tu bougeais tellement vite que je ne voyais même pas tes mains bloquer les miennes. Surtout que tu te remettais dans ta position d'origine à chaque fois, je pensais donc bêtement que tu restais immobile. C'est bien ça ? Oh et … on dirait bien que tu as bougé, souriais-je.

- Ne sois pas si sûre de toi d'un coup ! Ce n'est pas parce que j'ai bougé de quelques centimètres que tu as gagné. Maintenant, l'entraînement peu commencer ! Tiens-toi prête car je vais répliquer. »

A peine finit sa phrase que je me prends un coup dans le ventre et vais durement cogner contre la paroi métallique. Il s'avance vers moi et avant que je ne puisse bouger, je me prends de nouveau un coup de pied de plein fouet dans les côtes. J'ai beau essayer d'esquiver, c'est comme s'il connaissait d'avance les mouvements que je vais faire.

« Où est passée ta vigueur d'il y a un instant ? Tu abandonnes déjà ? »

C'est vrai. Je ne sens plus la puissance de la bague. Comment est-ce que j'ai fait tout à l'heure ?! Un nouvel impact contre mon ventre me fait cracher un filet de sang.

« Drep, bordel ! Je n'étais pas encore debout ! Ça fait mal ! criais-je.

- Oh, pauvre petite chose fragile ! Crois-tu que les ennemis attendront que tu te remettes debout pour te frapper ou qu'ils retiendront leurs coups parce que tu es une fille ? Non. Alors arrête de te plaindre et bats-toi fillette.

- Tu sais ce qu'elle te dit la fillette ?! »

Il ne me laisse pas le temps de finir et m'envoie à l'autre bout de la pièce, près du capitaine qui était spectateur de ce massacre humiliant. Le choc contre le mur me coupe le souffle et je m'étale par terre.

« C'est tout ce dont tu es capable Niyal ? me demande Trafalgar sans me regarder. Ne me donne pas tort en te faisant laminer. Sois sérieuse un instant.

- Mais elle EST sérieuse. Elle n'est même pas du niveau de Pito ! Il la battrait à plates coutures ! s'amuse Drep.

- Tais-toi ! hurlais-je en me redressant. Tu m'énerves ! Tu veux que je sois sérieuse ? Ok, je vais l'être !

- Ne me fait pas rire pseudo-princ… ! »

Un coup de poing dans le ventre l'empêche de terminer sa phrase. C'est à son tour de faire connaissance avec les murs de la salle. J'enchaine les assauts sans temps morts. Je ne sais toujours pas comment je fais mais j'en profite tant que je peux. Je sens la puissance se déverser en moi comme si je revivais ! Mes forces reviennent et Drep a de plus en plus de mal à esquiver et à se relever à temps. Sans prévenir, ma bague se met à luire très fort et j'envoie un violent coup de pied dans les côtes du mécanicien qui tombe en criant des injures.

« Putain de merde Niyal ! T'as dû me péter une côte ! C'est quoi cette force ?! »

Prise par l'adrénaline du combat, j'allais continuer en voyant que Drep se relevait mais Trafalgar m'arrêta. Il s'avance vers nous en créant une Room et pointe sa main en direction du mécanicien. Ses doigts bougent avec délicatesse tandis que Drep se tord légèrement sur place en grognant. Sa mâchoire se serre comme s'il subissait une torture intérieure.

« Elle t'a pété non pas une mais trois côtes. En ce qui concerne la force dont elle est capable de temps à autre, je t'expliquerais après. Sache qu'elle n'a pas fait exprès de frapper si fort, elle ne contrôle pas encore très bien ce pouvoir. Pour l'instant, ça suffit pour toi, va t'asseoir maintenant. Je prends le relais. Merci de l'avoir échauffée, c'est même plus que ce à quoi je m'attendais. »

Le mécanicien aux yeux oranges-dorés s'installe sur le côté et le capitaine se place nonchalamment devant moi, mains dans les poches.

« Allons-y. Je ne voudrais pas que tu te refroidisses. » s'impatiente-t-il. Je fonce vers lui sans aucune stratégie et en voit directement les conséquences…

« Lâche-moi ! »

Trafalgar m'immobilise immédiatement en me tordant le bras.

« C'est bizarre ça me rappelle notre première rencontre sur ton île. Mais à ce moment-là tu étais blessée et surtout … nue. C'était plus plaisant. »

Je me sens rougir, gênée, et ne comprends pas vraiment pourquoi. Visiblement, Drep l'est également car il détourne la tête en faisant semblant de ne pas avoir entendu.

« Tais-toi abruti !

- Première leçon : on parle gentiment à son capitaine. »

Sa poigne se raffermit encore plus, si ça continue il va me briser le poignet ! Ma bague n'agit plus.

« Aï-aaaïe ! Ok-ok j'ai compris pardon !

- Bien.

- Mais je ne peux pas me dégager, tu as plus de force que moi !

- N'abandonne pas aussi facilement, réfléchis un peu. Si ton adversaire est plus fort que toi alors trouve une capacité ou un avantage qu'il n'a pas pour t'en servir contre lui. On peut toujours s'en sortir. Toute force à ses faiblesses.

- Une capacité ou un avantage ?

- Utilise ta tête, je ne suis pas là pour te donner les réponses. »

Dans cette position et avec un capitaine sexy collé dans mon dos, ce n'est pas vraiment facile de se mettre les idées en place. Je sens son souffle sur le haut de mon crâne et ça me perturbe encore plus… Mais oui ! En voilà une bonne idée ! Je me penche en avant et le force ainsi à en faire de même et BIM ma théorie fonctionne ! Sa prise se relâche et j'en profite pour lui agripper le bras et le faire basculer par-dessus moi ! Je saute de joie alors qu'il se retrouve par terre sur le dos. Il me regarde dubitatif, sans bouger.

« Comment as-tu réussi à trouver ça ?

- Eh bien, à force de vivre avec vous j'ai remarqué que le point de gravité des hommes est plus haut que celui des femmes. Aussi, j'en ai déduis que tu perdrais plus vite l'équilibre que moi si on se penchait et étant donné que tu es plus grand que moi, ça a renforcé l'effet de ma théorie !

- C'est bien. On dirait que je vais pouvoir faire quelque chose de toi finalement, dit-il avec une lueur sadique dans les yeux.

- Allez, je vais en finir avec toi ! »

Je lui tends la main pour l'aider à se redresser et réalise, lorsqu'il accepte mon aide avec un sourire étrange, que je n'aurais jamais dû faire ça.

Les rôles s'inversent et en un instant je me retrouve face contre terre avec un poids lourd sur le dos.

« A partir du moment où tu t'entraînes avec l'un de nous, considère que nous sommes ennemis alors si tu fais des politesses comme celle-ci dans un combat tu es morte d'avance. Donc, deuxième leçon : Ne jamais tendre la main à un adversaire… encore moins si c'est ton capitaine, souffle-t-il d'une voix grave légèrement inquiétante.

- AAAH ç-ça suffit ! Lève-toi tu m'écrases !

- Tu es assez confortable comme ça. Mais bon. Fini de jouer. Passons aux choses sérieuses. »

Il se lève et prend place au milieu de la salle.

« Je pensais t'apprendre les bonnes manières juste pour aujourd'hui mais finalement, je vais changer ton programme. Tu combattras avec moi aussi.

- Mais j'ai déjà des entraînements avec Drep pour les arts martiaux et Zayn pour le combat à l'épée ! Que veux-tu m'apprendre de plus ?!

- Je vais t'apprendre à exploiter ton pouvoir. Tu as désormais interdiction d'utiliser ta bague dans les duels avec Drep et Zayn jusqu'à temps que je t'y autorise.

- Quoi ?! Mais pourquoi ? Je ne pourrais jamais gagner contre eux sans elle !

- Le but n'est pas de gagner mais d'apprendre et tant que tu ne maîtrises pas ton pouvoir, c'est trop dangereux pour eux. Regarde l'état dans lequel tu as mis Drep. »

Le malheureux assis contre le mur, se tient fermement les côtes.

« Je lui ai remis les côtes en place mais il va avoir mal pendant plusieurs jours et nous avons besoin de notre mécano tu sais. Donc, tant que tu ne maîtrises pas ton pouvoir nous ne pouvons pas prendre de risques.

- D'accord…

- Bien. Avec moi tu as le droit et même le devoir d'utiliser ta bague. Si tu ne le fais pas alors je frapperai. Sans retenir ma force.

- Vraiment ? m'inquiétais-je.

- Commençons. »

Bizarrement, je ne peux pas définir le sentiment que j'éprouve à l'instant. De l'angoisse, de l'impatience, de l'excitation ? Tout en même temps je crois !

Sans attendre, je me lance en essayant de l'attaquer sur le côté. Je me reçois ainsi un bon coup de pied dans la hanche.

« Aïeuh !

- Tu as déjà oublié ce que je viens de dire ? Sers-toi de ta bague.

- Mais je n'y arrive pas !

- Alors réessaye. »

Bon. Réfléchissons un peu. Comment est-ce que j'ai fait ? Un mouvement précis peut-être ? Ou un timing ? Je bouge dans tous les sens. Trafalgar me scrute.

« Tu te fixes trop sur l'aspect extérieur Niyal.

- Comment ça ?

- Pff. Très bien, je vais t'aider mais seulement pour cette fois, soupire-t-il. Jusqu'à présent, qu'est-ce que tu ressentais quand tu utilisais ton pouvoir ? Contre Drep par exemple.

- Hmm… Eh bien, il me défiait et se moquait donc ça m'énervait.

- Et que voulais-tu ?

- Lui botter les fesses ! Pour protéger ma fierté.

- Ok et la fois avec Edward dans la grotte ?

- J'ai eu peur.

- Ok et encore une fois, que voulais-tu ?

- Nous sauver.

- Donc. Que peux-tu en déduire ? »

Je réfléchis un bon moment avant de comprendre et de me concentrer. Les yeux fermés, je cherche un but précis. Qu'est-ce que je veux exactement maintenant ? Montrer à Trafalgar que je ne suis pas si stupide que ça ! Je rouvre les yeux et m'élance sur le capitaine qui bloque mon attaque.

« Tu y es presque mais ce n'est pas encore assez fort. Tu l'as compris n'est-ce pas ? Tes sentiments font réagir la bague. C'est ta détermination qui te donne ce pouvoir.

- Oui ! Mais pourquoi est-ce que ce n'est pas assez fort ? Tu n'as même pas bougé !

- Il semblerait que ta motivation ne soit pas assez grande. Tu dois t'entraîner. »

Il me renvoie mon coup puissance dix au moins mais je sens tout de même de la retenue. Je retourne aussitôt à l'attaque.

Point de vue de Trafalgar :

Ça fait un moment qu'elle attaque. La lueur de sa bague est visible mais elle est instable, elle faiblit ou grossit en fonction des sentiments de Niyal. Ses cheveux virevoltent et lui tombent devant les yeux. Ses joues rebondies sont rouges. Je m'amuse intérieurement de la voir comme ça, on dirait une sauvageonne qui saute dans tous les sens. Sa vie dans la forêt lui a donné de bons réflexes mais un combat contre un animal est différent d'un combat contre un homme. Elle a pris l'habitude d'agir selon son instinct, sans réfléchir. C'est ce que je dois lui apprendre et pour l'amener à ça, je dois riposter. Un peu durement parfois mais c'est pour son bien. Elle serait déjà morte des centaines de fois dans un vrai combat.

Toutefois, cette petite ne cesse de m'impressionner. Ça fait plus de trois heures qu'elle attaque mais elle n'abandonne toujours pas. C'est grâce à son endurance ? Non, c'est plutôt sa tête de mule et l'adrénaline qui l'empêche de ressentir la fatigue. Elle ne s'en aperçoit pas mais sa vitesse diminue, ses mouvements sont de moins en moins souples et ses jambes tremblent. Même si balader et faire enrager notre nouvelle recrue m'amuse au plus haut point, je reste un capitaine qui sait prendre soin de son équipage. Surtout d'elle… La conversation avec Gabby me trotte dans la tête… Bon, il est temps d'arrêter le jeu.

Point de vue de Niyal :

Nous avons continué toute l'après-midi. Mon pouvoir ne fonctionnait qu'une fois sur deux et j'ai des bleus partout. Drep en a eu marre et il est parti se reposer au bout d'une heure. En sueur et le souffle court, je m'assois quelques secondes.

« Arrêtons là pour aujourd'hui, annonce sèchement le capitaine.

- Non, continuons !

- J'ai dit non. Ton corps a besoin de repos sans ça tu n'arriveras pas à continuer l'entraînement plus de deux jours. Tu ne comptes pas abandonner quand même ?

- Non ! Je n'abandonne jamais !

- Je m'en doutais. Alors va prendre une douche, le repas sera bientôt prêt. »

Je vois qu'il commence à bien me connaître.

Lorsque je me relève, mes jambes tremblent sous l'effort inhabituel subit pendant la demi-journée et je retombe immédiatement sur les fesses. Le capitaine qui s'apprêtait à franchir la porte se retourne vers moi.

« Alors tu viens ? »

Impossible de lui demander son aide, il va encore se moquer de moi.

« Nan, je vais rester un peu ici.

- Pourquoi faire ?

- Je … j'aime bien cette salle. »

Son regard perplexe devient joueur.

« Pourquoi ?

- Parce qu'elle est bien.

- Qu'est-ce qu'elle a de bien ?

- Euh … le décor.

- Elle est vide.

- Eh ben justement ! Allez, vas-y je te rejoindrais plus tard !

- Ok. Ah, j'oubliais avant de partir, tu veux de l'eau ?

- Oh oui, je meurs de soif !

- Tiens, je pose la bouteille à côté de la porte, tu viendras la chercher. A tout à l'heure.

- Att- ! »

Trop tard, il est sorti. Cet abruti ! Mes jambes sont toutes flasques. Il est vraiment parti ?! Aucun bruit derrière la porte. Tant pis, je n'ai plus qu'à me traîner jusqu'à l'eau ! Oh hisse ! En plus de la sensation horrible dans mes membres inférieurs, j'ai l'impression de tirer un poids mort derrière moi ! J'y suis presque ! Alors que je tends la main pour attraper la bouteille, celle-ci se transforme en chaussures…

« Shambles. (Petit rappel : 'Shambles' est le nom de la technique qu'il utilise pour se téléporter à la place d'un objet)

- Trafalgar ?! Qu'est-ce que tu fais là ?!

- Et toi ? Que fais-tu couchée par terre ?

- Je … me refroidis. Oui. C'est ça. J'avais chaud et le sol était bien frais alors voilà, répondis-je en essayant de prendre une pause décontractée. Où est la bouteille ?

- Derrière la porte.

- Ah. D'accord… Tu ne veux pas me la donner ?

- Va la chercher.

- Je suis bien par terre, je me rafraîchis.

- Lève-toi.

- Nope.

- Ok, je m'en vais cette fois.

- Non ! Attend ! C'est bon t'as gagné… Je n'arrive pas à me mettre debout… Ça me pique partout dans les jambes !

- Je le savais. On dit qu'on a 'des fourmis dans les jambes'.

- C'est débile… Je n'ai pas de fourmis dans mes jambes.

- C'est une expression, une manière de parler si tu veux. »

Un moment de silence avant que mon cerveau n'enregistre ce qu'il venait de dire.

« Mais attend, je rêve ou tu viens de dire que 'tu savais' que j'avais des insectes dans les jambes ?! T'as fait exprès avec la bouteille d'eau ?!

- Des 'fourmis' pas des 'insectes'. Et la réponse est oui.

- Grrr ! Ça t'amuse ?!

- Assez oui, sourit-il sadiquement. »

Il m'apporte la bouteille, que je vide entièrement, puis me soulève pour me mettre debout. Après seulement deux pas en trois minutes, il perd patience.

« Aaaah heeey ! Qu'est-ce que tu fais ? Pose-moi par terre, j'ai juste besoin d'un appui !

- On ne va pas y passer la soirée, j'ai des choses à faire. »

Je le regarde alors qu'il est dans la lune. Son odeur parvient jusqu'à mes narines.

« Tu sens si bon, reniflais-je en pensant tout haut.

- Mais toi tu pus la sueur alors tu vas prendre un bain.

- Hey ce n'est pas de ma faute ! On peut prendre un bain sur le bateau ?

- Oui, dans la salle d'eau commune.

- Je n'ai jamais vu cette pièce. Des hommes se lavaient quand on m'a fait visiter et ils ne voulaient pas que je rentre.

- Eh bien tu vas la découvrir aujourd'hui. Nous y voilà. »

En rentrant dans la pièce en parquet clair, il est effectivement difficile de ne pas voir la baignoire dans le sol qui prend toute la moitié droite de la salle. Trafalgar me dépose au bord de celle-ci.

« Je t'apporte des vêtements de rechange, alors attend avant de te déshabiller et de sauter dans l'eau, demande Trafalgar. J'en ai pour 2 min. »

J'acquiesce d'un signe de tête et commence à détailler les environs. A gauche, il y a des casiers pour chacun des hommes de l'équipage. Au fond, quelques douches ouvertes. Des serviettes de toutes les couleurs sont étendues sur de longs séchoirs blancs. Le plafond est décoré par un dessin représentant un ciel bleu avec quelques nuages. Je plonge ma main dans l'eau très chaude.

Trafalgar est long. Trop long. Il avait dit deux minutes ! C'est comme si l'eau m'appelait « Youhou Niyal, viens te baigner ! » haha. Trop tentant ! Allez tant pis j'y vais !

Aaaaaaaaaah… L'eau est tellement bonne ! C'est étrange, il y a de l'herbe au fond de la baignoire ! Je me penche pour toucher et plonge ainsi la tête dans l'eau. Ce n'est pas de la vraie herbe mais c'est agréable, c'est tout doux sous les pieds et ça chatouille ! Adossée au bord de la baignoire, je ne me rappelle pas avoir pris une seule fois un bain chaud. La clairière où j'allais était toujours froide, la mer aussi alors c'est une première pour moi ! Le mouvement de l'eau chaude qui m'entoure, la vapeur qui vole devant mes yeux, l'herbe sous les pieds et le ciel dessiné au plafond, tout ça est tellement reposant.

Trafalgar ouvre la porte et la referme directement après s'être aperçu que j'étais déjà dans le bain.

« Niyal je t'avais dit d'attendre ! crie-t-il de derrière la porte.

- Tu étais trop long !

- Pff. Shambles. »

A la place de mes vêtements sales se trouvent maintenant des rechanges propres. Son pouvoir est bien pratique tout de même.

« Merci !

- Ne reste pas trop longtemps dans le bain. Je vais prévenir les hommes en salle à manger que tu es là.

- Ok ! »

Les habits qu'il m'a apportés ont l'air vraiment chaud. Il est devenu fou ?

Point de vue de Trafalgar :

Arrivé devant le placard de leur … enfin de sa chambre où il a fait une place 'provisoire' pour les affaires de Niyal, le capitaine a du mal à choisir les vêtements. « Son mini short marron décousu sur le bas lui irait bien avec son débardeur noir, en plus c'est celui qu'elle préfère. » Les habits en main, il se dirige vers la porte avant de s'arrêter... « Réflexion faite je vais lui prendre un pantalon et un pull. » pense-t-il légèrement confus par la vision qu'il venait d'avoir.

En sortant, il croise Pito qui vient lui demander de l'aide sur des devoirs qu'il lui avait donné.

« Niyal m'attends, je vais juste lui donner ses vêtements et-

- Ce ne sera pas long capitaine, promis ! Juste une phrase que je ne comprends pas !

- … Ok. Vas-y, cède le capitaine. »

J'espère juste que cette impatiente attendra…

Point de vue de Niyal :

Je suis au paradis, l'eau est trop bonne ! Une voix douce que je reconnais bien s'adresse à moi.

« Bonsoir Niyal ! Je peux me joindre à toi ?

- Oh bonsoir Sélène ! Oui bien sûr ! Mais je croyais que tu ne pouvais pas aller dans l'eau ?

- C'est la pierre dans laquelle je vis qui se détruit à son contact mais moi je peux prendre un bain, j'adore ça ! Je me prépare !

- Ok ! »

Quelques secondes après, la jeune fille aux yeux bleus apparaît nue. Son tatouage sur l'épaule droite est ainsi entièrement dévoilé et je découvre que les volutes bleues continuent légèrement sur sa poitrine. Une serviette enroulée autour de ses cheveux, elle se pose en face de moi en soupirant de plaisir. Un petit papillon vient se poser sur son épaule.

« Je reconnais ce papillon ! Tu l'avais déjà la première fois que tu es apparue !

- Oui, c'est mon compagnon, il vit avec moi dans la pierre.

- Il parle ?

- Non. C'est un papillon ordinaire, rigole-t-elle devant mon expression intriguée.

- Oh... Dommage, souriais-je. »

Nous barbotons en silence lorsque la porte s'ouvre. C'est Drep. Sans nous voir, il va jusqu'à son casier et commence à se parler à lui-même.

« Allez Drep mon vieux, t'as bien mérité un petit bain ! J'espère que l'eau est bien chaude ! A quelle température est-elle ? » Il enlève son tee-shirt en se tournant vers la grande baignoire et s'aperçoit enfin de notre présence.

« AAAH ! Qu'est-ce que- ? Niyal ? Et … ?! AAAH ! Euh ! J'ai rien vu ! Promis ! »

Visiblement, il n'était pas dans la salle à manger quand le capitaine a annoncé que je prenais un bain. Il devient tout rouge et s'emmêle les pieds en voulant faire demi-tour. Il s'écrase le nez par terre.

« HAHAHA ! Alors Drep tu ne tiens plus debout ?!

- Tais-toi je-AAÏÏÏÏE aïe aïe !

- Oh tu t'es cassé un ongle en tombant ? plaisantais-je.

- Nan ! Une abrutie m'a cassé trois côtes cette après-midi !

- Ah … oui … pardon. »

Sans prévenir, Sélène sort du bain, ses yeux brillants fixés sur le mécanicien. Plus elle s'approche, plus il recule en prenant bien soin de regarder ailleurs, gêné par le manque de tissu sur la peau de ma camarade. Il commence à bégayer.

« J-je-je vous jure que je n'ai rien vu Ma-ma-demoiselle et je n-n-ne regarde pas d'ailleurs ! Promis !... Arrêtez d'avancer s'il vous plaît ! »

Il recule tant bien que mal et arrive finalement dos au casier. J'assiste alors à une scène étrangement comique lorsque Sélène s'agenouille à côté de lui en le fixant intensément.

« Trop beau… souffle-t-elle.

- Hein ? hoquète le mécano sous la surprise.

- Je m'appelle Sélène. Je suis une amie de Niyal et je... »

Elle a l'air complètement absorbée par Drep. Elle le détaille alors qu'au contraire ce dernier essaie d'éviter son regard à tout prix.

« Ra-ra-ravi. Je v-v-vais y aller maintenant pardon ! »

D'un geste brusque, il tente de se relever mais ses côtes le ramènent directement à la réalité et il retombe sur ses fesses en grognant de douleur. Mon amie pose alors délicatement la main sur l'abdomen de Drep. Son tatouage descend le long de son bras et se met à briller pendant quelques secondes avant de reprendre sa place sur son épaule.

« Qu'eeeeest-ce-que vous faites ?! Qu'est-ce-que c'était ?!

- Je t'ai soigné.

- Ah ? C'est vrai, je n'ai plus mal, s'étonne-t-il en se tâtant le corps avant de regarder Sélène et de rougir comme une pivoine. Je-je-je vais vous laisser ! M-m-merci !

- Non attends je voulais encore te parler, reviens ! »

Trop tard, la porte s'était déjà refermée derrière le peureux.

« Qui était ce garçon aux yeux magnifiques ?!

- C'est Drep, le mécanicien du navire, expliquais-je.

- Drep, répète-t-elle pensive.

- Est-ce-que ça va ? Tu as l'air bizarre.

- Je n'ai jamais vu un tel homme auparavant ! Il est si beau et musclé ! Oh je suis sûre qu'il est fort et qu'il se bat comme un dieu ! Quel âge a-t-il ? Quel est son caractère ? Tu penses que je lui plais ?

- Beau ? Bweurk ! C'est vrai qu'il est assez fort de ce que j'ai pu en voir, il pratique de nombreux arts martiaux. Il a 20 ans, un caractère de cochon et je ne sais pas. Pourquoi toutes ces questions d'un coup ? »

Quelqu'un frappe à la porte, la jeune fille se réjouit déjà de revoir son apollon mais manque de chance, son sourire disparaît lorsqu'elle entend la voix de Trafalgar.

« Trafalgar : Niyal, il est temps de sortir si ce n'est déjà fait.

Niyal : Oui, j'arrive !

Sélène : Oh ce n'est que lui, dit-elle d'un ton désintéressé. Je te laisse, je rentre me coucher. J'espère qu'on reprendra des bains ensemble, c'était amusant ! Bye bye ! »

La sortie du bain est plutôt froide ! Je m'habille vite fait pour rejoindre Trafalgar.

« Tes cheveux sont encore mouillés, constate-t-il.

- Ce n'est pas grave. Allons manger !

- Tu risques d'attraper froid.

- Avec les vêtements que tu m'as pris je ne pense pas !

- Oui c'est parce que je savais que cette situation arriverait… [tousse]. Ton pull commence déjà à être trempé.

- Pas grave ! »

Il me tire par le col pour me ramener dans la salle d'eau et me mettre une serviette sur la tête.

« Il va falloir que tu apprennes à obéir à ton capitaine. Si je te dis de faire quelque chose tu le fais sans râler.

- Mais j'ai faim !

- Sans râler j'ai dit. »

Il m'énerve.

Point de vue de Trafalgar :

Cette gamine râle trop. Elle m'énerve. « C'est bon je peux arrêter ? râle-t-elle ». Vu comme elle frotte, c'est probablement déjà sec depuis un momentje lui fais signe de continuer. Ses cheveux roux et volumineux ont l'air tout doux maintenant. Elle m'énerve c'est sûr, mais en même temps je ne me suis jamais autant amusé avec quelqu'un.

Point de vue de Niyal :

Après un quart d'heure à me frotter la tête, nous voilà enfin à table ! Le repas se termine en fête sur le pont. Certains hommes chantent à tue-tête pendant que d'autres s'occupent à danser et vider des choppes de saké. Je danse aussi avec Ash et Pito. Il fait hyper chaud ! Trafalgar d'un côté avec Zayn et d'autres hommes, je vais m'asseoir avec l'équipage qui se trouve à l'opposé. Ils commencent à m'apprendre des chansons que je n'arrive pas très bien à retenir…

« Je m'en vais de bon matin,

Livrer le bon rhum de Binks.

Les vagues dansent et je chevauche,

Les flots au gré du vent.

Alors que je prends le large,

Le soleil entame sa course

Et les oiseaux dessinent des cercles,

Dans le ciel en chantant !

Adieu port de ma jeunesse,

Adieu mon village natal.

Chante avec moi quelques couplets,

Le navire met les voiles.

Il balaie sur son passage,

De grandes vagues d'or et d'argent.

Je mets le cap là où la mer,

Jusqu'à plus fin s'étend !

Je m'en vais de bon matin,

Livrer le bon rhum de Binks.

Je suis un pirate,

Je passe mon temps à dompter l'océan.

Les vagues sont mon lit douillet,

Le bateau est ma maison.

Et à son mât flotte au vent,

Un noir pavillon.

Une tempête à l'horizon,

Obscurcit le ciel immense.

Les vagues dansent roulez tambours,

Le tintamarre commence !

Si la peur m'envahit,

Ce sera mon dernier soupir.

C'est ainsi,

Je ferai une croix sur mon bel avenir.

Yo-ho-ho-ho Yo-ho-ho-ho,

Yo-ho-ho-ho Yo-ho-ho-ho,

Yo-ho-ho-ho Yo-ho-ho-ho ! »

Je demande alors à un homme à côté de moi :

« C'est quoi la suite ? Comment vous pouvez retenir tout ça ?!

- Bois ! Après ça, tu t'en rappelleras ! »

Plusieurs d'entre eux acquiescent et je prends un petit verre de saké. Un petit.

[40 min et 4 verres de saké plus tard, j'ai retenu les paroles…]

« Je m'en vais de bon matin,

Livrer le bon rhum de binks.

Jour après jour,

Le même rêve occupe mes pensées.

Adieu silhouettes lointaines,

Agitant leur grand mouchoir.

Pourquoi pleurer ?

La lune brillera à nouveau demain soir !

Je m'en vais de bon matin,

Livrer le bon rhum de Binks

Chante avec moi,

Cet air du large connu des grands pirates ! »

« Niyal tu veux un autre verre ?!

- Oui M'sieur ! répondais-je gaiement. »

Trafalgar arrive derrière moi et fait signe de ne pas m'en donner d'autres. Je le regarde en fronçant les sourcils et en continuant de chanter avec mes camarades.

« Quoi que tu fasses mon ami,

Tu finiras les os blanchis.

La vie est une longue comédie,

Pleine d'aventures, promis ! »

La chanson est finie. Tout le monde cri de joie et se félicite pour le si beau karaoké que l'on vient de faire tous ensemble. Trafalgar lui ne sourit pas du tout, il me regarde assez sévèrement.

« Traf-pitaine ! T'as entendu ça ?! Je connais touuute la ch'son !

- Combien de verre as-tu bu cette fois ?

- 2 p'tits verres…

- Menteuuuuse HAHAHA t'en as bu 5 grands verres ! balançaient des hommes à côté de moi en me tapant du coude.

- SHHHHT ! Faut pas le dire à Traf-pitaiiineuh ! S'il vous entend, ça va 'core être ma fête.

- Je suis toujours là Niyal donc j'ai entendu.

- Oooh Traf-pitaine ! Comment ça va ?!

- Il est temps d'aller te coucher.

- Pas envie ! J'viendrais pas avec toi ! A moins que tu veuilles que je te vomisse dessus, dis-je avec un sourire en coin et un petit regard vicieux.

- Qu- ?! Nérée, divinité des mers, pourquoi cette fille est-elle aussi chiante ? demande-t-il en se passant une main devant le visage. »

L'équipage s'amuse de voir leur capitaine pris au dépourvu face au caractère rebelle.

« Niyal, s'il te plaît.

- Naaaaaaan. Nan. Nan. J'veux paas. Et pis d'abord tu 'pourras pas m'arrêter ! »

Je me lève et commence à courir en zigzag, malgré moi, jusqu'à la corde du mât. Arrivé à la moitié, je crie :

« Tu peux pas venir ici hein Traf-pitaine ?! T'as peur !?

- Descend Niyal, tu as trop bu, tu vas tomber.

- Mais naaaan ! Je maîtri… »

Wow. Ça me parait plus haut que d'habitude. En regardant vers le bas ma tête tourne encore plus qu'avant. Ma main glisse et je tombe. J'ai l'impression que ma chute dure une heure ! Trafalgar a rapidement créé une sphère et je me retrouve alors suspendu à 50 centimètres du parquet.

« Pose-moi Traf-pitaine !

- Euh je veux bien mais là je n'y suis pour rien… J'ai brisé ma Room depuis 10 secondes maintenant.

- Hein ? C'est moi qui fais ça ? Cooool, rigolais-je bêtement encore sous l'effet de l'alcool. Mais comment je fais pour arrêter ?

- Respire et calme-toi. »

Je m'exécute et m'écrase par terre. Je reste un moment couchée, le nez écrasé sur le sol, en train de rigoler. Trafalgar s'impatiente.

« Lève-toi, dit-il sèchement. »

J'obéis et il me tire par le bras pour m'amener jusqu'à la chambre.

« Tu ne me prends pas sur ton épaule, plaisantais-je. »

[…]

Il fait encore plus chaud dans la pièce. J'enlève mon pull alors que Trafalgar referme la porte. Lorsqu'il se retourne, je suis en soutien-gorge. Il s'arrête et me détaille avant de regarder ailleurs.

« Tu sais, tu ne devrais pas te mettre dans cette tenue devant moi.

- Pourquoi ?

- Parce que je suis un homme et toi une femme.

- Et alors ?

- Hm… comment expliquer ça, rigole-t-il nerveusement. Écoute, on commencera le cours de science demain ok ? Pour l'instant, t'expliquer ne servirait à rien, tu as trop bu. Dors et on verra ça plus tard.

- Ok. »

A peine couchée je m'endors.

Point de vue de Trafalgar :

Elle s'est endormie dès lors que sa tête a touché l'oreiller ! Pff, cette gamine m'étonnera toujours. Elle est restée en soutien-gorge et elle a enlevé son pantalon... Bordel. Dormir à côté d'elle alors qu'elle est en sous-vêtements. Comme si elle n'était pas déjà assez attirante totalement habillée ! Allez, j'ai besoin de sommeil moi aussi ! J'enlève mon tee-shirt et m'assois sur le lit. C'est drôle, son visage ressemble à celui d'une enfant alors que son corps est bien celui d'une femme. Ses longues jambes avec quelques cicatrices dues à sa vie dans la jungle, ses hanches fermes et sa taille fine, sa poitrine rebondie, ses bras … étendus en plein milieu du lit… Elle prend toute la place ! Mais, je vais profiter de cette vue encore quelques instants… Je touche ses petites mains puis fais remonter mes doigts le long de son bras, jusqu'à son épaule pour redescendre en passant entre ses seins puis finir par effleurer son ventre se soulevant et s'abaissant tranquillement. A ce contact, un frisson la parcourt. Hmm-hmm ! Ça suffit comme ça, reprend-toi ! Au lit ! Je m'allonge sur le flanc, dos à Niyal, puis éteins la lumière.

Alors que je commence à peine à m'endormir, des mains froides viennent s'enrouler autour de mon torse et un nez vient se lover dans mon cou.

« Law…tu sens bon…

- Niyal ? Qu'est-ce que tu fais ? »

Il s'arrête quand il entend un léger ronflement. « Elle dort toujours ! » Ses sens sont en alerte. L'odeur du shampoing de Niyal, le contact léger de sa peau contre la sienne. Il essaye de se dégager mais ça n'a pour effet que de réveiller légèrement Niyal qui se colle encore plus contre lui. Trafalgar cesse de respirer. La poitrine de sa jeune amie fermement appuyée dans son dos, il ne sait plus quoi faire. « On se calme, on se calme ! » Il renouvelle sa tentative pour se lever mais la bague de sa camarade se met soudain à briller très fort pendant une demi-seconde et Niyal le ramène brutalement en un instant sur le matelas avec la force de ses bras. Cette action suffit à faire lâcher un soupire au capitaine. « Ok ! Elle va bien finir par bouger… »

Deux heures plus tard, le capitaine désespère. Elle n'a strictement pas bougé d'un millimètre. Il réessaye de se défaire de son étreinte, sans succès.