Chapitre 19 : Défi
Nous avons rejoint les autres dans la salle centrale. Trafalgar ne me quitte pas des yeux. A cause de ça j'ai la pression et je bouge comme un robot ! Toutefois, ça me rassure de le voir manger, il reprend des couleurs. Est-ce que c'est un signe d'amour que de s'inquiéter de la santé de quelqu'un ?... Non dans ce cas j'aime aussi mes autres amis…
« Alors pseudo-princesse, t'as pas cassé de côtes à Zayn cette après-midi ?!
- Nan.
- C'est lui qui t'as battue pas vrai ? Normal t'es qu'une gamine ! essaye-t-il de me provoquer.
- Hm, répondis-je pensive.
- Hey, t'es dans la lune ? C'est quoi cette réponse pourrie ? C'est pas drôle. T'es malade ?! »
Il pose une main sur son front et l'autre sur le mien pour comparer nos températures. Je vois à ce moment le regard de mon capitaine tiquer légèrement. Je pousse la main de Drep rapidement et râle.
« Raah ! Mais qu'est-ce que tu fais ?! Je ne suis pas malade ! Je réfléchissais simplement.
- Ouuuuhla ! C'est donc ça cette expression bizarre sur ton visage ? Ça a l'air de te faire mal arrête, rigole-t-il accompagné de certains hommes ayant entendu notre conversation.
- Pff ! Stupide mécano ! »
Soudain Sélène apparaît à côté de moi.
« J'ai bien entendu mécano ? Mon apollon est ici ? Oh oui te voilà ! » s'exclame Sélène. Tous, autour de nous, regardent la scène comique. Le bigleux, qui se la racontait et me cherchait il y a moins d'une minute, n'en mène pas large à présent avec la belle jeune femme accrochée à son bras. Sélène pousse ses cheveux lui tombant devant les yeux pour pouvoir admirer son prince charmant.
« Tu te rappelles de moi ? Je suis Sélène, je t'ai soigné dans la salle de bain. »
Les hommes sifflent en criant « Eh ben Drep petit cachotier ! », « Coquin ! » et ledit petit cachotier rougit encore plus gêné :
« Mais non ce n'est pas ce que vous imaginez ! Je n'ai rien f-
- Est-ce que tu veux bien qu'on passe du temps ensemble ? supplie l'esprit en tenant ses cheveux qui ne faisaient que retomber sur son visage.
- P-pourquoi ?
- Parce que je t'aime. »
Cette confession plonge toute la salle dans le silence le plus absolu. Je vois du coin de l'œil le regard de Trafalgar posé sur moi. Essayons de faire comme si je n'avais rien vu pour ce soir !
Sélène patiente et Drep est en surchauffe, complètement perdu par cette démonstration d'affection en public. Il réfléchit un moment.
« C'est une blague pas vrai ? Oui c'est bon j'ai compris, dit-il persuadé d'être berné.
- Mais non, je t'aime vraiment ! explique-t-elle en tirant sa mèche derrière son oreille.
- C'était drôle deux minutes mais ça suffit maintenant. Ce n'est pas sympa les gars. »
Drep s'énerve et se dégage de l'étreinte de Sélène qui est surprise :
« Ce n'est pas une blague ! Crois-moi !
- Tu vas me faire croire qu'une fille comme toi que je connais à peine est amoureuse d'un mec comme moi ? Pff c'est ça, pouffe-t-il.
- Tu n'es qu'un idiot ! » cri-t-elle en colère et au bord des larmes avant de disparaître.
Les hommes n'en reviennent pas et le silence dans la pièce semble sans fin. Je ne sais pas trop pourquoi mais je me mets à rigoler nerveusement sous l'emprise de la colère moi aussi.
« Elle a raison, tu n'es qu'un idiot ! Sélène est un esprit de la pierre de sélénite attachée à mon cou, elle ne se montre que quand j'ai besoin d'elle ou quand quelqu'un l'intéresse ! Tu étais la deuxième personne après moi, à qui elle prêtait attention ! Ses sentiments sont purs et tu viens de les écraser sans même essayer de comprendre ! »
Sur ces mots je sors de la salle. Mais qu'est-ce qui me prend de réagir comme ça ?!
« Attends Niyal ! m'interpelle-t-il. Est-ce que … c'est vrai alors ? Je l'intéresse ?
- Oui et je ne vois vraiment pas ce qu'elle te trouve !
- Je suis désolé mais à vrai dire personne ne m'a jamais montré d'intérêt jusqu'à présent et encore moins une fille.
- Tu es débile.
- Je veux lui demander pardon. Demande-lui de sortir s'il te plait…
- Sortir de la pierre lui demande de l'énergie, elle a besoin de repos maintenant alors bonsoir.
- Non attends ! Est-ce qu'elle sera rétablie demain ? Tu peux lui parler même si elle est dans le collier n'est-ce pas ?
- Oui et oui. Pourquoi ?
- Demande-lui simplement de m'accorder une minute… Dis-lui : demain à 12h sur le pont.
- Pff, soupirais-je. Je ne vois vraiment pas pourquoi elle accepterait, tu as vraiment été un imbécile.
- Je sais mais dis-lui s'il te plait !
- Ok, je lui dirais. »
Il me tape sur l'épaule, tout sourire et part en direction de la salle des machines. Décidément, je commence par penser que tous les hommes sont bizarres. Un jour oui et l'autre non. Ils me fatiguent avec leurs sautes d'humeur. Vivre avec les animaux était plus simple, je n'avais pas toutes ses questions qui me trottent dans la tête comme aujourd'hui. Je ne les comprends pas. Ma place n'est peut-être pas parmi les humains finalement ils sont trop compliqués… Je suis énervée, troublée, perdue et bien d'autres choses, je crois qu'il est l'heure d'aller au lit.
Trafalgar est déjà dans la chambre en train de lire ou relire ses livres. Il s'arrête pour m'observer. Ne sachant comment réagir, j'attrape mon pyjama et vais me changer sans dire un mot. Lorsque je sors de la salle de bain, il me bloque le passage avec son bras.
« Tu comptes m'ignorer longtemps ? siffle-t-il.
- Je ne t'ignore pas. Laisse-moi passer.
- Nous n'avions pas fini de parler tout à l'heure. J'attends une réponse. »
Sa réponse je ne la connais pas…
« Vous, les humains, êtes tellement compliqués. Dans la jungle, les animaux ne sont pas aussi difficiles à cerner. Je m'étais habitué à leur façon de vivre, de penser, d'agir et même à leurs sentiments ou leurs peurs. Mais vous, vous êtes complètement différents. Votre vision est différente et vos sentiments sont beaucoup plus complexes à déchiffrer. Un coup je crois comprendre tout puis l'instant d'après je ne sais plus ! Je veux comprendre et te donner une réponse mais je suis perdue, avouais-je désespérée. »
Point de vue Trafalgar :
'Vous les humains ?' Elle ne se considère pas comme une humaine ? Son regard fixé au loin, elle semble en pleine réflexion et remise en question. Il est certain que la logique des hommes doit lui paraître incompréhensible. Cela ne fait que quelques mois qu'elle a quitté la jungle dans laquelle elle a passé plus de 11 ans. Mes sentiments m'ont fait oublier ce détail. Je ne veux pas qu'elle se sente perdue. Au contraire…
« Je suis désolée Niyal, dit-je en posant doucement ma main sur sa tête. Je vais t'apprendre tout ce qu'i savoir pour vivre avec les hommes.
- C'est vrai ? demande-t-elle en me fixant avec une nouvelle lueur d'espoir dans les yeux.
- Oui. Je te ferais même comprendre et avouer que tu m'aimes. On commence dès demain, repose toi bien… tant que tu le peux. »
Point de vue Niyal :
Cette dernière réplique me fait chauffer les joues. D'après son sourire joueur et ses yeux gris brillants, il a l'air de prendre le défi très au sérieux. Il me caresse la tête une nouvelle fois et je rougis de plus belle en découvrant que j'apprécie ce geste affectueux. Je vais m'installer dans le lit et mon capitaine en fait de même.
En ouvrant les yeux quelques minutes plus tard pour voir s'il dormait, je le vois m'observer. Je referme les yeux aussitôt. Un instant après, il m'observe toujours… Je ne vais jamais réussir à dormir comme ça ! Je souffle très fort pour montrer ma gêne et lui tourne le dos. Je l'entends pouffer de rire et changer de position également.
Cette fois il dort. Son souffle est devenu régulier et léger. Je vais pouvoir en faire de même. Maintenant que j'y repense, quel sort me réserve-t-il ? Son « repose toi bien tant que tu le peux » était légèrement inquiétant …
[…]
Je n'ai pas croisé Trafalgar de la matinée. Il s'est réveillé plus tôt et doit être en train de faire des trucs de capitaine sûrement ennuyant. Je me suis entraînée avec Zayn et Mina pendant deux petites heures mais Zayn avait faim alors il est parti en avance. J'ai continué à m'entraîner seule et il est maintenant midi, je dois y aller. Drep doit être en train d'attendre son rendez-vous sur le pont.
« Regarde Niyal, j'ai mis une jupe blanche avec un haut bleu, qu'en penses-tu ? Tu crois que ça lui plaira ? dit Sélène en apparaissant plus excitée qu'une puce.
- Est-ce que tu te souviens de ce qui s'est passé hier ? Tu es censé lui en vouloir et être en colère contre lui alors pourquoi fais-tu tant d'effort pour aujourd'hui ?
- Hmmm... Sûrement parce que je l'aime ! rigole-t-elle. »
Aimer et encore aimer ! Ils n'ont que ce mot là à la bouche ou quoi ?!
Nous arrivons sur le pont, Drep est mieux habillé que d'habitude. Décidément, ils ont eu la même idée. Il ne nous a pas encore remarquées et continu à faire les 100 pas, il a l'air tellement nerveux que s'en est amusant.
« Niyal : Hey le binoclard je t'amène ton rendez-vous. Si tu la refais pleurer-
Sélène : Ne t'inquiètes pas Niyal, je saurais me défendre.
Drep : Je ne compte pas être méchant pseudo-princesse.
Niyal : Mouais. Si ça ne va pas, je suis au-dessus de vous dans la salle d'observation. Je te surveille le binoclard. »
Je monte à l'échelle de corde pour rejoindre la cabine et les laisser seuls.
Cette pièce est toujours si apaisante. Petite et confortable, je m'y sens comme dans un cocon. Les grandes fenêtres amènent de la luminosité et une vision incroyable sur le bleu océan. En plus c'est bien aménagé, le fauteuil à côté de la bibliothèque est moelleux ! J'essaie parfois d'ouvrir un livre et d'utiliser le peu de souvenir qu'il me reste pour déchiffrer les phrases mais il me faut un bon moment pour lire une seule ligne.
Je regarde discrètement ce qui se passe dehors.
Drep : Salut, dit-il timidement.
Sélène : Bonjour, réponds Sélène.
[Long silence avant qu'ils ne s'excusent tous les deux en même temps et se mettent à rigoler]
Drep : Non, c'est moi qui m'excuse. Tu sais, aucune femme ne tombe amoureuse de moi normalement. C'est vrai je suis le mécanicien, un homme de second rôle et je n'avais même pas pensé que ça pouvait arriver alors j'ai refusé de te croire sans imaginer le mal que ça te causerait…
Sélène : Je ne t'aime pas pour ton métier, je t'aime pour le genre de personne que tu es. J'ai la faculté de voir au plus profond des êtres et quelque chose en toi m'a émue, je n'avais jamais ressenti autant de sentiments pour quelqu'un, dit-elle honnêtement. Non, c'est aussi de ma faute, je t'ai avoué mes sentiments alors qu'on ne s'est vu que deux fois, je t'ai pris au dépourvu je crois, rigole-t-elle.
Drep : Je suis excusé alors ?
Sélène : Évidemment ! Et moi ?
Drep : Hmm je ne sais pas…
[Niyal dans la cabine d'observation : Quoi ?! Que fait cet idiot ?! Il ne compte pas pardonner Sélène ?! Je vais le tuer !]
Sélène : Oh je vois. Je comprends, répondit tristement le jeune esprit.
Drep : Si tu me laisses te revoir et passer du temps avec toi alors peut-être que je pourrais te pardonner, sourit-il.
Sélène acquiesce joyeusement en retrouvant son excitation d'il y a cinq minutes. Il la manipule !? Elle a l'air d'avoir oublié ce qu'il a dit hier ! Je ne comprends pas. Drep ouvre la main et lui montre une barrette ornée d'un joli papillon en métal.
Sélène : C'est pour moi ?
Drep : Oui, j'ai remarqué que ta mèche tombait hier alors je t'ai fait ça. Mais je vois que tu as attaché tes cheveux alors… tu n'en a plus besoin…
Sélène : Bien sûr que si ! Regarde !
Ses cheveux bleus jusqu'à présent noués par un ruban, sont dorénavant attachés avec la nouvelle pince.
Sélène : Tu vois ! s'exclama-t-elle heureuse.
Drep : Attends... Tu permets ? Tu as des mèches qui…
Je regarde le mécano maladroit essayer de recoiffer mon amie. C'est assez amusant mais j'ai l'impression qu'elle va avoir des nœuds à défaire ce soir. Ils ont l'air heureux tous les deux.
Ils parlèrent pendant une trentaine de minute en se baladant sur le pont tandis que je continuais de les observer, pensive. Une voix dans mon dos me fait sursauter.
Trafalgar : A quoi tu penses ?
Niyal : Ah ! Tu m'as fait peur ! Comment es-tu monté je ne t'ai pas entendu ?!
Trafalgar : Je suis arrivé en volant.
Niyal : Ah bon ? Tu peux faire ça ?
Trafalgar : Non je suis monté par l'échelle.
Niyal : Pff alors pourquoi as-tu dit ça abruti ?!
Trafalgar : Ça s'appelle une blague Niyal, m'explique-t-il. J'ai vraiment beaucoup de choses à t'apprendre.
Niyal : Oui. D'ailleurs, plus vite on s'y met et plus vite j'apprendrais ! Alors on travaille quand ? demandais-je en me relevant.
Trafalgar : Eh bien, eh bien. Je ne te savais pas si pressée. Je venais te chercher pour manger mais je peux commencer les leçons tout de suite si tu le souhaites vraiment. Je vais d'abord t'enseigner la politesse. Comment m'as-tu appelé à l'instant ? »
Il s'avance vers moi jusqu'à ce que je sois dos au mur. Son visage à quelques centimètres du mien, je sens mes joues s'enflammer de nouveau. Vu la proximité entre nous, mieux vaut ne pas l'énerver.
Niyal : Euh… Capitaine. Pourquoi ?
Trafalgar : Tu m'appelles Capitaine maintenant ? sourit-il.
Niyal : Je t'appelle souvent Capitaine, rigolais-je nerveusement.
Trafalgar : Ne me ment pas. A partir de maintenant, tu auras aussi des punitions, comme Ash ou Pito. Elles tomberont lorsque tu fais mal ton travail ou… lorsque tu te paies ma tête comme maintenant.
Niyal : Mais non je ne ferais jamais ça vo-
Trafalgar : Alors, quelle punition vais-je choisir ?
Niyal : D'accord désolée je t'ai appelé abruti ! Je suis désolée !
Il se fige un instant, l'air pensif.
Trafalgar : Hm. Ça va pour cette fois mais ne recommence plus.
Niyal : Ouf ! Merci, soufflais-je soulagée avant qu'il n'affiche un sourire sadique.
Trafalgar : Tu vois Niyal, ça aussi c'était une blague, plaisante-t-il. Tu penses vraiment que des excuses me suffiraient ?
Niyal : Quoi ? T'es vraiment un a- …musant Capitaine !
Trafalgar : Oh bien rattrapé, applaudit-il. Bon, j'ai décidé de ta punition. Entraînement supplémentaire, ce soir. Avec moi.
Niyal : Mais j'ai déjà un entraînement avec Zayn et les corvées avec Pito !
Trafalgar : Tu dormiras mieux cette nuit alors.
Niyal : Non je-
Trafalgar : Préfères-tu ce genre de punition ?
Il se rapproche pour embrasser le coin de mes lèvres. Encore ces sentiments étranges ?! De la gêne ? De l'énervement ? Du plaisir ? De l'envie ?
Niyal : Je suis d'accord pour l'entraînement supplémentaire ce soir, déclarais-je timidement.
Trafalgar : Tant pis. Allons manger, fit-il d'un air déçu en se dirigeant vers la sortie.
Ma poitrine tambourine si fort. C'est toujours la même chose, dès qu'il s'approche de moi je suis dans cet état. Non, maintenant qu'il fait …ça… c'est tout simplement pire qu'avant. Mon cœur risque de cesser de battre si ça continue. Il le sait. Il veut me faire mourir. J'en suis persuadée.
Zayn m'attends déjà dans la salle de combat. Mina somnole légèrement dans le coin de la pièce.
« Zayn s'il te plait on peut passer l'entraînement d'aujourd'hui ? J'ai trop mangé…
- Tu apprendras, jeune fille, que l'effort physique doit se pratiquer régulièrement pour être efficace. En plus, il te reste beaucoup à apprendre. Cette après-midi nous allons voir les mouvements à adopter en face de quelqu'un qui manie une plus longue épée que toi.
- Mais celle-ci est déjà immense. En plus, l'autre jour tu m'as appris que les longues épées avaient beaucoup de contraintes, étaient trop lourdes, peu maniables et donc presque pas utilisées. Alors pourquoi apprendre ça ? C'est une perte de temps non ? Allons à l'essentiel, je veux savoir me battre rapidement.
- 'Presque pas utilisées' ne veut pas dire qu'ils n'existent aucuns combattants avec de longs sabres. Tu connais d'ailleurs quelqu'un qui utilise une plus longue lame que les nôtres.
- Euh non je ne crois pas.
- C'est vrai que tu n'as pas dû voir Kikoku très souvent.
- Kikoku ?
- Ce que je t'ai prêté est une épée de type Claymore, comme la mienne. C'est une longue arme effectivement, elle est lourde et doit être maniée à deux mains. Je l'ai choisi pour que tu te muscles un peu et que tu apprennes à maîtriser le maniement d'une arme blanche. Nous verrons d'autres lames par la suite, tu verras que débuter avec une Claymore est la meilleure des choses, tout te paraîtra simple après.
- Si elles se manient à deux mains alors comment ça se fait que tu ne portes la tienne qu'avec une seule ?
- Mon arme est un peu spéciale, je t'expliquerais ça plus tard. Donc il existe même des épées-
- AH ! Tu triches en fait ! C'est une fausse ! Je t'ai dé-cou-vert ! En réalité elle est légère je suis sûr ! »
Mina se met à rire alors que le vice-capitaine se passe la main devant le visage avec une mine désabusée.
« Que faut-il faire pour réussir à attirer ton attention sur le cours ?
- J'écouterais si tu m'avoue que tu triches.
- Mais je ne triche pas ! Tiens. »
Il me tend son épée. Confiante, je l'attrape d'une main et me retrouve entraînée par terre avec le poids de l'arme.
« Mais elle est hyper lourde ! criais-je.
- Pour toi oui. Pour moi non.
- Pourquoi ?
- Pffff. J'ai l'impression que je vais devoir lui raconter pour qu'elle suive mon cours, dit-il à Mina qui acquiesce d'un mouvement de tête. Très bien mais résumons. Malédiction. Tatouage. Mina. Épée spéciale. Elle n'est légère que pour moi. Fin.
- J'ai strictement rien compris.
- Ah. Tant pis pour toi.
Mina : Si tu expliques alors fais le sérieusement Zayn, grogne-t-elle.
- Ok ok ! lâche-t-il en s'asseyant. Écoute bien, je ne répèterais pas. Mes ancêtres étaient des personnes influentes sur tous les secteurs commerciaux. Ils étaient tous attirés, même obsédés, par l'argent au point que certains volaient et arnaquaient les honnêtes gens. Un jour ils s'en sont pris à la mauvaise personne. C'était un soir de tempête, alors qu'une vieille grand-mère cherchait refuge chez mes aïeux, ces rapiats lui ont demandés une somme exorbitante en échange de son logement pour la nuit sinon elle restait dehors. Malheureusement, il se trouve que cette vieille peau était une sorcière. Elle jeta un sort sur ma famille : quiconque sera de nouveau avide le paiera sur sa descendance. Des dizaines de générations sont passées depuis et aucun de mes ancêtres ne recommença d'autres arnaques sous peine d'en faire subir les conséquences à leurs enfants.
- Alors si tu es maudit ça veut dire que …
- Oui. Mes deux parents ont été cupides. L'argent ou moi. Ils ont choisi et se sont enfuis avec l'argent. C'est à ce moment-là que mon tatouage est apparu. Mina et cette épée sont la 'malédiction'. Enfin ce n'en est pas vraiment une pour moi. Pour l'instant.
- Pour l'instant ?
- Si un jour je venais à croiser mes parents, je serais obligé de les tuer avec cette épée. Ils méritent surement un châtiment pour avoir laissé leur enfant contre de l'argent mais ils restent mes parents. Je ne suis pas certain de pouvoir les abattre alors, j'ai tout abandonné à l'âge de 16 ans, j'ai fui le village au cas où ils reviendraient. Pour éviter d'avoir à faire un massacre.
- Wow !
- C'est la punition de la sorcière, rigole-t-il.
- Mais que se passe-t-il si tu ne respectes pas les termes de la malédiction ?
- Mina est là pour s'en assurer. Si je les vois et me trouve incapable de les supprimer alors elle devra le faire et je me retrouverais avec le fardeau d'être attaché au fauve sanguinaire qui aura assassiné ma famille.
Mina : Je ne préfèrerais pas en arriver là, crois-moi. J'aime beaucoup mon maître.
- Ha ha. Moi aussi je t'aime beaucoup Mina. C'est aussi pour ça que nous sommes partis.
- Wow… 'Vaut mieux pas que tu croises tes parents alors. »
La panthère et lui se regardent avant d'exploser de rire.
« Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit quelque chose de drôle ?!
- Non, seulement tes expressions nous amusent. Bon, est-ce que nous pouvons reprendre l'entraînement maintenant ? dit-il en essuyant une larme de joie sur le point de glisser sur sa joue.
- Oui, je te rends ton épée maudite !
- Très bien ! Donc, qu'est-ce que je disais ?
- Les épées Claymore ne sont pas les plus grandes. Tu as parlé de Kakoko ou un truc comme ça.
- Kikoku ! C'est Kikoku ! reprend-t-il en s'esclaffant. Ne déforme pas son nom en face de son manieur sinon tu seras découpée en deux secondes !
- Mais qui est son utilisateur ? Tu es sûr que je le connais ?
- Oh que oui. D'ailleurs si je t'entraine à cela aujourd'hui c'est sur sa demande.
- Ne me dis pas que c'est l'abruti ?
- L'abruti ? Tu ne devrais pas l'appeler comme ça. D'après ce que j'ai entendu, c'est la cause de ta punition de ce soir.
- Bah il n'est pas là de toute fa-
- Tiens ! Bonjour Capitaine ! »
Je n'ose plus bouger jusqu'à ce que Zayn se mette à rigoler.
« Tu y as cru ! T'as eu peur ! s'esclaffe-t-il en souriant.
- N'importe quoi ! Pff ! Bon ! Est-ce qu'on peut enfin reprendre le cours ?! »
Vexée, je fais comme si rien ne s'était passé tandis que mon entraîneur se félicite pour sa blague.
« L'arme du Capitaine est un katana, un nodachi pour être exact. Sa lame fait 150 cm alors que celles de nos Claymores font 100 cm.
- 50 cm de différence ce n'est pas énorme si ?
- Bien sûr que si. Ces 50 cm lui confèrent un grand avantage. Qui est ? Réfléchis.
- Euh … plus pratique pour piquer dans une pomme quand elle est trop loin ?
- Non ! Sois sérieuse un peu.
- Mais je ne comprends rien, râlais-je.
- Ok. Prenons l'exemple de la pomme. Imagine que tu es cette pomme.
- J'suis pas une pomme.
- Tais-toi et imagine ! Tu ES cette pomme. La personne en face de toi veut te découper avec un sabre plus long que le tien. Si vous tendez tous les deux vos épées en face de vous, qui touchera l'autre en premier ?
- Aaaaaah ! Je viens de comprendre ! La plus grande épée possède une zone d'attaque plus large que la mienne donc il me touchera avant !
- Voilà ! Ce n'est pas trop tôt ! Tu es longue à la détente mais c'est exactement ça. Il aura aussi une défense plus difficile à percer. Au contraire, pour lui ta défense sera presque un jeu d'enfant, c'est pour ça que tu dois retenir mes cours.
- Ok !
- Le nodachi du Capitaine est plus long que nos claymores, il est aussi moins lourd et donc plus maniable cependant les longues lames ont un gros inconvénient. Si tu parviens à percer leur défense alors s'en est quasiment finie pour eux. C'est à ça qu'on va s'entraîner. Pour ça, je vais prendre un bâton à la place de mon épée aujourd'hui. Il fait environ 1m60, soit 60 cm de plus que ton sabre. C'est parti ! »
Allons-y ! Je me jette droit devant et encaisse un sacré coup dans le ventre. Les autres essais ont à peu près le même résultat.
« Ne fonce pas dans le tas Niyal ! Réfléchis avant d'agir ! Si j'avais une épée tu te serais déjà faite embrochée des trentaines de fois, gronde mon coach. »
C'est facile à dire pour celui qui a l'avantage ! Bon réfléchissons alors. Je dois trouver la faiblesse dans sa garde. Faisons quelques tentatives ! A droite, à gauche, au-dessus. Rien à faire. Et si… ? Un éclair de génie traversa mon petit cerveau. Je force, sans qu'il s'en aperçoive, Zayn à reculer dans un coin de la pièce. Je me jette à présent droit sur lui.
« Tu n'as toujours pas compris ?! cri-t-il en étirant son bâton sur la droite. »
Seulement, le vice-capitaine fut surpris quand son fichu bout de bois cogna contre la paroi métallique. Il n'a même pas remarqué, je m'y suis prise comme une chef ! Maintenant c'est le coup de grâce ! Je profite de son moment d'inattention pour me glisser vers lui et trancher son arme.
« AH-AH ! Alors ?! Tu vas moins faire le malin maintenant avec un vieux morceau de 30 cm ! A toi de galérer maintenant, attaque-moi je t'attends ! clamais-je juste avant de me recevoir le bâton en plein sur le front. HEY ! Ça ne va pas non ?! Qu'est-ce qui te prend ?! T'es mauvais perdant ?!
- Tu m'as dit de t'attaquer, dit-il innocemment en haussant les épaules.
- Mais c'est de la triche !
- Il n'y a pas de triche quand il s'agit de combattre. Si mon arme est plus courte je peux aussi m'en servir en la lançant. Si ça avait été un couteau, tu serais morte. Encore une fois. Bon, c'est tout de même bien, arrêtons là pour aujourd'hui. Tu as quelque chose de prévu maintenant ?
- Oui, je vais aider Pito avec les corvées. Et toi ?
- Je vais t'encourager en rêve, plaisante-t-il.
- Hein ?
- Je vais aller faire une sieste sur le pont. Bon courage ! »
Tss. Certains ont vraiment de la chance !
Pito est déjà en cuisine en train de faire la plonge.
« Re-coucou grande sœur ! Ton entraînement s'est bien passé ? Tu es prête à faire le ménage ? cri le jeune homme en me voyant prendre un torchon.
- Bien passé, je ne sais pas, je suis encore très loin du niveau de Zayn. Et pour le ménage, je n'ai pas vraiment le choix. Ce n'est pas un peu ennuyant toutes ces corvées pour toi ?
- Non ! J'aime bien ça. Comme je suis le plus petit, je ne peux pas faire grand-chose d'autre alors toutes ces 'corvées' comme tu dis, c'est ma manière à moi de les aider, sourit-il. »
Ce petit bonhomme m'impressionne de jour en jour. Il est tellement mature pour son âge.
« Dis-moi, comment se fait-il que tu sois ici si jeune ? Tu ne voulais pas rester un peu plus avec ta famille avant de prendre la mer ? Trafalgar t'a kidnappé c'est ça ?!
- Non ! Rigole-t-il. Je n'avais pas de famille. Enfin j'en ai surement eu une mais ils m'ont abandonné quand j'avais 4 ans donc… sourit-il de plus belle sans afficher le moindre regret sur sa vie passée.
- Oh je suis désolée.
- Non ne t'excuses pas ! Je considère les personnes sur ce bateau comme ma seule et unique famille à présent. »
Je ne sais plus quoi dire, je lui souris gentiment en guise de réponse avant qu'il ne me retourne la question.
« Qu'en est-il de la tienne ?
- Je ne sais pas. J'étais seule sur l'île où vous m'avez trouvé et je n'ai aucun souvenir de ce qu'il s'est passé avant. J'ai toujours été seule.
- Plus maintenant ! Ma famille est ta famille grande sœur ! rigole-t-il en ouvrant les bras vers moi et en faisant ainsi dégouliner par terre le liquide vaisselle qui était sur ses mains.
- Hahaha ! Fais attention tu mets du savon partout ! »
Nous engageons une mini-bataille d'eau.
« Dis Pito, tu n'aimerais pas savoir qui est ta vraie famille tout de même ?
- Je ne sais pas, j'essaie de ne pas trop y réfléchir. Si je les rencontre un jour alors c'est que ça devait arriver mais si je ne les rencontre pas alors voilà ! Je ne les cherche pas en tout cas. Ils m'ont abandonnés donc tant pis pour eux !
- C'est vrai.
- Mais c'est sûrement différent pour toi.
- Oui. J'aimerais au moins découvrir ce qu'il s'est passé avant que je me retrouve sur cette île déserte. Je me rappelle de ce bateau qui m'attaque, de mon navire qui coule mais je n'arrive pas à savoir d'où je venais ? Où j'allais ? Et si quelqu'un était avec moi alors qui était-ce ? Et moi ? Qui suis-je en réalité ? »
Un silence morose s'installe avant que Pito ne me mette de la mousse sur les joues.
« T'inquiètes pas grande sœur ! Je te promets qu'on va tout faire pour découvrir ton passé ! Parole de Pito ! dit-il en levant la main droite avec un air sérieux. Et tu sais, même si on trouve la vérité, eh bah moi je serais toujours ton petit frère ! Tu n'auras pas le choix ! »
J'adore ce garçon. Ses grands yeux bleus pétillants sont plissés par ses pommettes montantes. Son sourire innocent suffirait à me faire tout oublier et me redonner de la force. Sans me contrôler, je le prends soudain dans mes bras pour le serrer fort.
« Euh… Grande sœur ça va… ? demande-t-il timidement.
- Merci…
- De rien ! dit-il avant de m'enlacer à son tour en rigolant.
- Allez, c'est fini, on se remet à travailler !
- Oui chef ! »
Les corvées se sont finies assez rapidement. Je dirais même trop rapidement ! A peine rentrée dans la salle d'exercice, mes yeux se posent sur Trafalgar, torse nu en train d'effectuer une série de pompes.
« Niyal ? Tu es en avance. Tu as fini toutes tes corvées ? »
Un signe de tête en guise de réponse, je m'applique à ne pas regarder les beaux abdos de mon capitaine alors qu'il termine son entraînement. J'essaie de fixer mon attention sur une petite tache noire par terre.
« Zayn t'a entraîné sur les combats à l'épée ? »
Trempé de sueur, il vient vers moi pour attraper sa serviette.
« Tu as trouvé ça intéressant ? »
Il éponge la sueur sur son visage puis se frotte les cheveux en les ébouriffant, tout en continuant à parler, sans voir que je bavais littéralement devant lui.
« J'espère parce que ta punition d'aujourd'hui sera de te battre contre moi à l'épée. Je veux voir si tu as retenu les conseils de notre meilleur bretteur. »
Il enlève la serviette et je détourne les yeux pour répondre par un nouveau signe de tête.
« Hey. C'est quoi ces signes de têtes ? Tu ne peux plus parler ? »
- Euh-nan-je-si ! bafouillais-je, toujours en fixant la petite tache.
- 'Euh-nan-je-si' n'est pas une phrase. Regarde-moi. T'es malade ? »
Concentre-toi sur la petite tache Niyal, concentre-toi ! Malheureusement, c'est dur quand votre capitaine vous attrape le menton pour vous forcer à le regarder en face. Je ferme les paupières avec force.
« Ouvre les yeux. »
Mon signe de tête est négatif cette fois, il ne peut pas dire que c'est la même chose qu'avant.
« Niyal, si tu n'obéis pas, qui sait ce qui peut arriver comme punition, me menace-t-il. »
Mes yeux, ouverts depuis quelques secondes seulement, parcourent en long en large et en travers le torse musclé de mon capitaine tandis que ce dernier suit mon regard. Une fois l'observation finie, je le vois sourire sournoisement. C'est … extrêmement gênant.
« Ah, tu as l'air d'avoir chaud. Aurais-tu de la fièvre ? s'amuse-t-il. »
Il prend mon visage entre ses mains et pose son front sur le mien. Là c'est sûr, j'ai dépassé les 40° C.
« Laisse-moi vérifier ton pouls. »
Il fait glisser sa main droite sur mon cou et mesure, non je dirais plutôt 'fait semblant' de mesurer mon rythme cardiaque.
« Est-ce que tu t'es bien hydratée aujourd'hui ? Il a fait chaud cette après-midi. »
Il se penche pour attraper délicatement la bouteille d'eau à mes pieds. Ses pectoraux frôlent mes bras et un frisson me parcourt. Il remonte tout doucement. Ça l'amuse, il le fait exprès !
« Ça suffit ! Je ne veux pas de cette bouteille d'eau, je vais bien ! criais-je précipitamment.
- Aaaah tu reparles enfin ! Mais ne t'inquiète pas, ça c'est ma bouteille. Si tu veux boire vas-t'en chercher une, dit-il en prenant une gorgée. »
Je viens de me ridiculiser. IL vient de me ridiculiser !
« Bon ! On la commence quand cette foutue punition ?! grognais-je.
- Pressée de te prendre une raclée ? »
J'attrape l'épée à ma disposition et vais me placer au milieu de la salle. Il me suit en prenant son katana.
« Tu-tu vas combattre comme ça ? demandais-je.
- Oui, j'ai trop chaud. Ça pose un problème ? Perturbée peut-être ? »
J'ouvre la bouche pour la refermer aussitôt. Il m'énerve ! Il veut jouer ? On va jouer.
Point de vue Trafalgar : (on revient un tout petit peu en arrière)
Alors qu'elle ouvrait les yeux, ces derniers ne tardaient pas à me détailler de haut en bas et ses joues rougirent aussitôt. Je comprends maintenant son attitude. Elle ne le sait pas mais sa réaction me comble de joie. Si elle est dans cet état par le simple fait que je sois torse-nu alors ça sera peut-être facile de lui faire avouer ses sentiments finalement. Et zut, je m'étais pourtant promis que ça devait rester un cours sérieux mais c'est plus fort que moi, ses réactions m'amusent tellement …
« Ah, tu as l'air d'avoir chaud. Aurais-tu de la fièvre ? »
Son front est en sueur et pourtant c'est moi qui viens de faire 300 pompes.
« Laisse-moi vérifier ton pouls. »
Je fais glisser ma main le long de son cou pour chercher son pouls carotidien et fait mine de calculer son rythme cardiaque en attendant sa réaction.
« Est-ce que tu t'es bien hydratée aujourd'hui ? Il a fait chaud cette après-midi. »
En me penchant le long de son corps pour attraper la bouteille d'eau à côté d'elle, je frôle ses bras dénudés puis remonte lentement et … gagné.
« Ça suffit ! Je ne veux pas de cette bouteille d'eau, je vais bien !
- Aaaah tu reparles enfin ! Mais ne t'inquiètes pas, ça c'est ma bouteille. Si tu veux boire vas t'en chercher une. »
C'est vrai que je comptais lui donner cette bouteille mais tant pis. Je bois une gorgée d'eau alors que je n'ai pas soif. Simplement pour la contredire.
« Bon ! On la commence quand cette foutue punition ?! rage-t-elle.
- Pressée de te prendre une raclée ? »
Elle saisit son épée et s'installe sur le terrain. J'en fais de même.
« Tu-tu vas combattre comme ça … ?
- Oui, j'ai trop chaud. Ça pose un problème ? Perturbée peut-être ?
- Non pas du tout ! »
Son visage se crispe sous le mensonge. Je la sens se raidir et fixer le sol. Elle semble se concentrer à essayer de se maîtriser. C'est tellement amusant.
« Donc, ça ne te pose pas de problème si j'enlève également mon haut ? demande-t-elle sans me laisser le temps de répondre. »
Elle a retiré son tee-shirt. Son corps me paraît plus attirant encore à chaque fois que je le vois. Sa peau bronzée et ses …me voilà dans une situation délicate à présent. Son soutien-gorge en dentelle bleue turquoise va très probablement perturber la qualité de ma concentration. Cette sale gamine. Décidément, elle m'excite de plus en plus…
Point de vue de Niyal :
Il veut jouer ? On va jouer.
« Non pas du tout ! Donc, ça ne te pose pas de problème si j'enlève également mon haut ? »
Surpris par mon geste, son sourire se décompose. Bien fait, il ne fallait pas m'énerver !
« Oh, ça pose un problème ? Perturbé peut-être ? demandais-je.
- Euh... je… non du tout.
- 'Euh je non du tout' n'est pas une phrase Capitaine. Es-tu malade ? Devrais-je prendre ta température ?
- Si tu le proposes, je t'en prie, accepte-t-il en retrouvant son sourire en coin. »
Celle-là je ne m'y attendais pas … Mais quelle cruche ! Pourquoi ai-je proposé ça ?! A vouloir trop faire la maligne, je me suis encore mise en difficulté ! Non, ce n'est pas grave, je ne vais pas abandonner pour si peu ! J'avance vers mon capitaine au regard intense, bien décidée à ne pas perdre le jeu. Arrivée en face de lui, je suis trop petite pour poser mon front sur le sien mais il ne prend pas la peine de se baisser. Ça l'amuse ? Je pose ma main d'un coup sec sur son front.
« Hey. C'est comme ça que tu traites les malades ?
- Ta température est normale, t'es pas malade, commençons l'entraînement.
- Han c'est tout ? Quel piètre docteur tu fais comparé à moi qui t'ai pourtant pris le pouls et proposé de boire. Je suis déçu, dit-il en détournant les yeux. »
Ce type ! C'est clairement de la provocation ! Je vais le démonter ! Mais faisons ça dans les règles et avec le sourire. J'attrape son poignet pour lui prendre le pouls et place ainsi sa main devant ma poitrine qu'il évite de regarder depuis le moment où j'ai retiré mon tee-shirt.
« Capitaine ? [il détourne le regard] Ça ne va pas ? [je rapproche sa main vers moi] Regardez-moi Capitaine, souriais-je arrogamment en anticipant ma victoire imminente.
- Tu sais à quoi tu joues gamine ? me demande-t-il de sa voix grave. »
Je penche légèrement la tête, plus trop sûr de comprendre de quoi il parle. Je sursaute alors que je sens ses doigts s'allonger pour caresser la peau entre mes seins tandis que son autre main glisse dans mon dos en remontant vers mon soutien-gorge. Je sens tout à coup que ce dernier se détache.
« Qu'est-ce que tu- ?!
- Je m'en doutais. Tu ignores totalement les conséquences de tes actes et tu te permets pourtant de me tenir tête ? Devrais-je t'apprendre pour quoi tu joues ? »
Je sens ses doigts écarter les extrémités de mon soutien-gorge et ainsi détendre le tissu devant mes seins. Je tente vivement de mettre mes bras devant ma poitrine mais il attrape mes poignets avec une seule main.
« ARRÊTE ! criais-je d'une voix aiguë que je ne me connaissais pas.
- Quelle jolie voix. Tu peux le refaire ?
- Nan abru-, je stoppais net ma phrase en réalisant qu'il ne valait mieux pas le provoquer. Lâche-moi ! S'il te plait …
- Demander si gentiment, comment pourrais-je refuser.
- NOON ! »
Il me lâche, en emportant mon sous-vêtement. Je m'accroupi pour cacher ma poitrine avec mes jambes et mes bras.
« Rend-moi ça !
- Tu m'as demandé de te lâcher mais tu n'as pas précisé que je devais lâcher ça aussi, répond le capitaine fier de lui.
- Trafalgar donne-moi mon soutien-gorge.
- Je n'ai pas entendu.
- Donne. Moi. Mon. Soutien-gorge !
- Hm que faire, ça ressemble à un ordre et je n'aime pas obéir… C'est dommage. »
Plus le choix, je me jette contre lui en essayant d'attraper le bout de tissu. Il le retire de ma portée vite fait, simplement en levant le bras. Je me colle contre son torse afin qu'il ne voit pas ma poitrine.
« Niyal qu'est-ce-que tu fais ?!
- Donne-moi mon soutien-gorge ! »
Point de vue de Trafalgar :
« Niyal qu'est-ce-que tu fais ?!
- Donne-moi mon soutien-gorge ! »
Le contact de sa poitrine sur mes abdos me coupe la respiration. Je ne sais pas si elle le fait exprès mais elle n'arrête pas de bouger et je sens les deux moelleux et doux ballons remuer contre mon corps.
« Arrête de bouger Niyal ! râlais-je.
- Rend-le moi !
- S'il te plait… Arrête !
- Pourquoi ? demande-t-elle en relevant la tête vers moi. »
C'est plutôt à moi de demander pourquoi est-ce que j'ai rencontré une fille aussi innocente que toi ?! Je dois me calmer. Oui, inspirer et ..! Non ne pas inspirer ! Elle m'enlace avec ses bras pour m'empêcher de partir et lorsque je gonfle mon ventre, ses seins sont encore plus plaqués ! Expirer doucement. Se calmer. Se calmer. Se calmer. AAH ! Elle se met à sauter sur place maintenant ?! Déjà ses seins et voilà qu'elle se frotte sur tout mon corps ?! Sérieusement ?!
« Stop ! criais-je.
- Alors file-moi ça ! réplique-t-elle en continuant de sauter. »
Je tiens depuis tout à l'heure le soutien-gorge en hauteur afin qu'elle ne l'attrape pas mais là, je n'ai plus le choix. Je commence à être à l'étroit… ! Je lui rends son soutif. Elle allait le prendre puis hésita.
« C'est un piège ? demande-t-elle méfiante.
- Quoi ? Mais non ! Franchement est-ce que j'ai l'habitude de faire ça ?!
- …
- Ce n'est pas un piège alors prend-le et finissons-en.
- D'accord mais une fois que je l'aurais, tu te retourneras.
- Oui.
- …
- Qu'est-ce que tu attends ?!
- Qui me dit que tu te retourneras vraiment ?
- Promis.
- Ok, je vais dire 'Viande, gâteau, chocolat chaud' et tu te retourneras sur 'chocolat chaud' ok ?!
- C'est quoi ce décompte stupide ? me moquais-je.
- Ça suffit ! crie-t-elle en tapant du pied. »
Elle m'écrase ainsi le pied que je retire par réflexe. Je perds l'équilibre, trébuche et nous nous retrouvons par terre. Niyal sur moi.
« Aïïeuh ! râlais-je.
- Ça va ? Je suis désolée, je n'ai pas fait exprès… Je-
- Lève-toi et habille-toi Niyal. Je ferme les yeux. »
Elle prend le soutien-gorge et commence à se lever. Sa jambe appuie au mauvais endroit et je ne peux m'empêcher de grogner…
Point de vue de Niyal :
« Lève-toi et habille-toi Niyal. Je ferme les yeux. »
Vu le ton qu'il prend, il va m'en vouloir un petit moment. Soutien-gorge en main, j'allais me lever mais il me retient fermement après avoir lâché un son bizarre.
« Qu'est-ce qui se passe ?
- Mhm [il s'éclaircit la voix]. Euh rien. »
Je recommence donc à me lever mais le même résultat s'en suit. A chaque fois que je bouge ma jambe, son ventre se contracte. Ses mains agrippées à mes épaules m'empêchent de bouger. Je l'observe. La mâchoire serrée, sa respiration est inhabituelle.
« Tu t'es fait mal ? » demandais-je en pensant que cette fois, il était vraiment malade ou blessé. Je me redresse pour voir son visage et un nouveau grognement retentit entre douleur et …. plaisir ? Qu'est-ce que … ? C'est étrange, on dirait qu'il a quelque chose dans son pant-
« Mhm-Arrête !… de bouger Niyal. Laisse-moi deux secondes. Je vais utiliser mon pouvoir. Je t'enverrais à l'autre bout de la pièce. Tu t'habilleras et tu partiras.
- Et la punition ?
- C'est bon, on reporte, grommèle-t-il. Prête ? »
Je ne sais pas ce qu'il a mais ça tombe bien, je suis déjà crevée. En un instant, je suis téléportée et je me hâte de m'habiller. Quand je me retourne, Trafalgar est toujours couché et a posé son tee-shirt sur lui.
« T'es sûr que ça va ?
- Vas-t-en. »
Son humeur changeante m'agace au plus haut point ! Pour une fois, j'obéis.
Point de vue de Trafalgar :
Merde. J'essaie d'étouffer les sons assez indécents qui veulent sortir de ma bouche mais c'est assez compliqué lorsqu'elle appuie où il ne faut pas ! Sans oublier ses seins qui caressent mon torse lorsqu'elle bouge…
« T'es sûr que ça va ?
- Vas-t-en. »
C'est la première fois qu'elle m'obéit. Elle ne doit pas comprendre ce qu'il se passe. Ça ne peut plus durer comme ça. Son innocence est à la fois attirante et dérangeante. Dès demain, je lui expliquerais la « vie humaine ».
