Ce texte répond au défi n°169 de la Bibliothèque de Fictions : Alors qu'il était un être humain lambda, votre personnage devient un dieu. Dieu de quoi ? Du plus sérieux au plus loufoque, dites nous tout !


Leonardo Da Vinci avait toujours été spécial, dès sa naissance, son destin s'était montré exceptionnel. Fils illégitime, une malédiction avait plané au-dessus de son berceau sous la forme d'un corbeau se posant sur son bord et l'avait regardé. Dans la superstition c'était un signe de malheur indéniable, et pour cela sa mère l'avait chassé !


Après ça il avait rapidement ressenti un vif intérêt pour l'art. Fait qui le rendait encore plus exceptionnel, il avait commencé par être gaucher, mais on avait essayé de le transformer en droitier, il était donc ambidextre. Il s'était montré doué en dessin, car il arrivait à voir les choses que les autres ne voyaient pas, il voyait plus loin que ce que les yeux pouvaient discerner.


Suite à bien des déconvenues, il avait fini par connaître la gloire. Car malgré ses différents problèmes personnels, la réputation de son talent s'était répandue comme une traînée de poudre. Très rapidement le brun s'était retrouvé au rang de dieu vivant ! Car il semblait pouvoir faire tous les métiers : peintre, sculpteur, inventeur, organisateur de spectacles et de fêtes et en profiter en tant que fêtard invétéré, scientifique, ingénieur, anatomiste, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, philosophe, écrivain et grand séducteur de ces messieurs.


Leonardo était aussi connu en Italie qu'en France, et les Grands se l'arrachait. Le brun avait toujours su qu'il aurait un destin exceptionnel et il l'avait voulu si fort qu'il avait fait tout son possible pour y arriver. Car personne ne pouvait nier qu'il avait des mains en or, malgré le fait qu'il avait une vie privée tumultueuse. L'italien était perfectionniste, quasi maladif, et c'était ce qui faisait que ses œuvres étaient si merveilleuses.


La plupart des artistes devenaient des légendes après leur mort, Leonardo, lui, avait réussi à atteindre ce statut de son vivant ! Il était devenu un Dieu à force de travail acharné, de sueur, de larmes et même de sang. Mais le brun n'avait rien regretté, il avait vécu la vie qu'il avait toujours voulu. Tout le monde s'attristait qu'il n'ait pas eu de descendants, qu'il n'ait pas transmis son talent dans un enfant. Mais l'italien n'y pouvait rien si il préférait les hommes ! De plus les chances de transmettre son talent à son enfant étaient plus qu'incertaines ! Après tout, c'était un pur hasard qu'il ait tant de dons alors que ses parents n'avaient de don ni pour la peinture, ni pour la sculpture, ni pour les inventions ! Son père était cependant assez doué pour séduire les femmes, c'était leur seul trait commun, même si le sexe qui les intéressait n'était pas le même. Parfois Leonardo regrettait de ne pas avoir épousé une femme pour essayer d'avoir des héritiers. Après tout, il adorait les enfants ! Le brun s'était souvent imaginé en tant que père, mais il savait que ce n'était qu'une chimère, un rêve qui n'était rien de plus qu'un écran de fumée. Le grand Leonardo Da Vinci avait choisi une vie, et il ne le regretterait jamais car sans cela il ne serait jamais devenu ce Dieu respecté et admiré de tous ! Il était fier du chemin qu'il avait parcouru car ses efforts avaient été salutaires, et il était arrivé au rang dont il avait toujours rêvé. Il avait voulu prouver que la soi-disant malédiction arrivée peu après sa naissance n'allait pas altérer sa vie et il avait eu raison. Le brun ne s'était jamais laissé abattre, et c'était ce qui renforçait sa notoriété et son côté inimitable et inaccessible.


Tant d'œuvres l'avaient propulsé au rang de maître alors qu'il n'était personne : La Cène, La Joconde, La Vierge aux rochers, le portrait de Saint Jean-Baptiste, le portrait de Ginevra de' Benci, la Jeune fille décoiffée, le Baptême du Christ, Marie Madeleine, L'Homme de Vitruve, ses croquis d'invention comme une machine volante, de différentes machines de construction... Malgré ce talent, l'italien avait un esprit versatile et il avait du mal à empêcher son esprit de vagabonder, souvent il ne terminait pas ses œuvres car ses idées divaguaient. Ça lui avait souvent porté préjudice, mais il était ainsi et ça ne l'empêchait pas d'être adulé de tous. Alors Leonardo avait accepté son rang de Dieu et avait continué à vivre en profitant de cette reconnaissance.


Fin.