Salutations !
Bienvenue dans cette fanfiction, c'est une lubie qui m'est venue cette nuit, une tentative d'écriture jouant avec le bizarre et le malaise, j'espère que sa lecture fait bien passer les émotions que j'espère transmettre. J'aime l'idée d'une Gotham presque vivante et j'ai essayé de jouer avec les rumeurs et les croyances de la population sur leur chevalier noir et sur le prince (ici princesse) de Gotham.
Bonne lecture !
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Hauteurs et bas-fonds de Gotham
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Bien au dessus de la pauvreté et de la souffrance de la ville, les immeubles à l'architecture gothique, caractéristiques de Gotham, brillent comme des étoiles.
Le ciel, bas et couvert comme il l'est si souvent, cache à ses habitant les quelques constellations qui survivent à la pollution lumineuse des grandes villes d'Amérique. La Lune, pâle et large comme un fantôme errant, est le seul astre dans le ciel nocturne. Les nuages qui l'entourent semblent jaune ou rougeâtre à sa lueur, comme une plaie purulente dans le firmament.
Pour ceux d'en bas, ceux qui triment et qui souffrent, les lumières des riches et des puissants sont les seules étoiles qu'ils ne connaîtront jamais. Des étoiles viles et froides, qui se rient de leur misérable existence. Chaque fenêtre par laquelle on aperçoit un lustre et des verres de cristal, est un doigt d'honneur de plus à ceux qui croupissent dans la boue et la fange.
Par ces fenêtres, si un oiseau osait s'y percher, il entendrait les notes riches d'un orchestre, le tintement des talons et des coupes de champagne, le gloussement gras des séducteurs éméchés. Il sentirait surtout le parfum acre de la suffisance, l'acidité du mépris, recouvert par la douceâtre senteur de l'argent. Et, tapie en dessous, une ferrugineuse odeur de sang. Comprenant qu'il assistait à un bal de requins, l'oiseau s'en serait allé à tire d'ailes pour ne jamais ô grand jamais ne revenir.
Les seuls oiseaux qui volent dans Gotham ont des couleurs vives et le rires creux des morts.
De leurs couleurs vives, les oiseaux de Gotham annoncent l'obscurité.
À Gotham, les oiseaux colorés font bien plus peur qu'un banc de requins.
Dans cette mascarade de vertus, la fine fleur de Gotham s'épanouissait.
Chaque soir, alors que dans la rue une femme pleure son enfant mort dans ses bras, alors qu'un jeune poignarde un ami pour quelques cents, alors qu'une fille s'agenouille aux pieds d'un homme plus puissant qu'elle, alors qu'un fils fuit sans se retourner, alors qu'une vieille femme baisse le canon chaud d'un fusil, alors qu'un scientifique brûle les recherches d'une vie contre quelques billets verts, alors que tant vivent et que tant meurent, alors qu'un nourrisson prend sa première respiration, un air vicié qui s'infiltre dans son âme et le réclame de Gotham, bien au-dessus de tout, les riches dansent.
Qu'y avait-il de plus beau dans la ville du crime, que ses réceptions ?
Pour le gratin de Gotham, la vie n'est que fête et coup dans le dos, sourire aiguisé et canapés fantaisie, tenues de soirée et rivière de diamants. Chaque interaction savamment orchestrée, chaque acte de charité compensé par des comptables hors-pair. Chacun avait son rôle, et celui qui en déviait disparaissait. Il ne faisait pas bon vouloir changer les choses dans cette ville, la tragédie Wayne le rappelait à celles et ceux qui oseraient l'oublier.
À quoi bon changer la société, quand on trône à son sommet ?
Avec ses œuvres de charité, ses orphelinats et ses écoles, leur fille dansait sur la corde raide, semblant toujours vaciller, prête à chuter. Puis elle riait, et tombait dans les bras du plus bruyant de ses critiques, et la haute société de Gotham relâchait son souffle.
La fille Wayne était bien trop gentille, bien trop crédule, bien trop idiote pour être un quelconque danger.
Juste une fleur que la vie finirait par couper.
Et pourtant, d'un pied sûr, elle dansait encore, changeant le monde un pas à la fois, rayonnante et entêtée.
La fête était merveilleuse, un sol de marbre blanc des colonnes de la même matière longeant les murs et soutenant un plafond pastel d'où pendait un lustre d'argent. Très ostentatoire, clinquant diraient les mauvaises langues, mais toujours très Gotham.
Balcons et portes fenêtres dominaient la ville, et la lueur bleutée du clair de Lune se heurtait à la chaude lumière dorée des fausses bougies émanant de l'intérieur. La musique était parfaite, englobant la salles et les invités et couvrant les conversations des auditeurs indiscrets. Les pas de chacun ajoutait à la mélodie, une note claire naissait de chaque talon heurtant la pierre et venait donner le rythme aux musiciens. L'orchestre étaient professionnel et si quelque chose devrait arriver, nul doute qu'il continuerait à jouer sans fausse note dans le chaos et le sang.
Les messieurs étaient beau, ou du moins ils avaient assez d'argent pour acheter cette impression. Les dame à leurs bras resplendissaient comme des roses sous verres, brillantes et colorées, et plus mortes que jamais.
Seule ou accompagnée, mais jamais elle-même le trophée, la fille Wayne était à sa place en ces lieux, elle y était née, y respirait, y mourrait sûrement. L'élite s'y préparait, attendant le moment où ses rêves seraient coupés sous elle, où elle s'effondrerait, brisée. Où elle cesserait de briller.
Pourtant, elle attirait toujours l'attention, ne se fondant jamais tout à fait dans la foule, toujours juste assez étrange pour capter le regard.
Comme une de ces araignées qui se parent des couleurs des fleurs pour disparaître parmi elles. Il suffit qu'elle bouge pour qu'en un sursaut, on réalise son erreur.
Chaque personne à qui la comparaison était venue à l'esprit, fronçait les sourcils avant de l'écarter.
Cette fille, un danger ? Quelle idée !
Il était vrai qu'elle faisait son petit effet. En quelque années de réclusion et de voyages, la jeune orpheline à la peau translucide et aux yeux colériques avait laissé place à une belle femme que tous auraient voulu ajouter à leur tableau de chasse.
Du haut de son mètre quatre-vingt-dix, Brunehilde Wayne dépassait la plupart des femmes, et bon nombre des hommes de la bonne société de Gotham.
Des pétales de soie et des drapés des meilleurs tissus transformaient sa silhouette, comme seul le travail des meilleurs artistes le pouvait.
Dans ses robes sur mesure, la princesse de Gotham ressemblait presque à une fleur fragile, vaporeuse. Des muscles dessinés et de sa carrure à faire pâlir Superman, rien ne se voyait. Une couturière habile faisait paraître le galbe herculéen d'un biceps pareil aux rondeurs d'une Aphrodite. La voyant parader aux bras de mannequins fins et élancés, un observateur peu averti aurait songé, face à ses formes qu'il n'y avait pas que d'argent que Brunie se goinfrait. Un observateur peu averti n'aurait pas pu plus se tromper.
Mais il est si facile, du haut de ses croyances, de confondre puissance et faiblesse, arme et fourreau, prédateur et proie.
De plates sandales nouées aux chevilles, Brunehilde dégageait une trompeuse aura de naïveté et d'innocence à peine ternie par les traces de divers rouge à lèvre décorant sa mâchoire et la courbe de son cou. Un prénom de guerrière tragique pour une fleur délicate au parfum aérien de muguet et d'aconit. Parfaitement inoffensive.
C'était la princesse de Gotham, virevoltant parmi les grands et les puissants de ce monde, inconsciente du pouvoir de son nom, déléguant à de vieux renards la fortune de la famille et les rênes de la compagnie, gloussant aux bras d'hommes et de femmes attirés par son beau minois et sa réputation entre les draps.
Une pute, diront les plus virulents.
Une inconsciente, soupireront les réalistes.
Une chanceuse, ricaneront envieuses et envieux.
Une salope, cracheront ceux qu'elle aura refusé.
Une déesse, entendra-t-on dire parfois.
Le seul Soleil dans le ciel gris de Gotham, penseront les rêveurs.
Une nymphe parmi les mortels, acteront les poètes.
Brunehilde Wayne et sa voix douce, ses yeux si bleus et ses pommettes saillantes. La tête haute en délaissant un amant pour des mains plus douces, le silence sous ses pas. Comme si elle n'était pas vraiment là, un esprit rêveur parmi le cliquetis incessant de l'humanité.
Brunie et son rire cristallin, le plateau de champagne qui la suivait comme une ombre et sa démarche de danseuse, tourbillonnant dans la haute société comme une rafale printanière.
Souvent maladroite, le souffle adouci d'alcool, jetant de l'argent derrière elle comme pour faire oublier ses frasques.
Parfois étonnamment sérieuse, sa mâchoire soudain si carrée, si peu féminine, que l'instant passé on croirait l'avoir rêvé.
Toujours séductrice, les mains touchant ici un coude, là une épaule, ici encore une taille ou une hanche. Bien souvent, les lèvres gonflées de baisers.
Chaque ampoule dorée, chaque lueur de Lune, chaque rayon pâle de Soleil, lui accordait ses vertus.
Comme une flamme, Brunie n'avait pas d'ombre, elle n'était que lumière.
Du haut de son piédestal, Brunehilde Wayne dominait Gotham, comme inconsciente de la noirceur de la ville.
Elle était moquée, haïe, jalousée de tous, et pourtant enviée, adorée, adulée.
L'orpheline Wayne était un phare dans la nuit. Elle avait été intime avec la noirceur de Gotham et pourtant elle brillait.
Et malgré tous les noms qu'on chuchotait à son sujet, le peuple de Gotham, tout comme sa ville, ne pouvait que l'aimer.
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Gotham grouille d'ombres, elle en a partout, et ce n'est pas les réverbères vacillants qui les empêchent de se former. Au contraire, les tâches d'or sur le pavé ne font que renforcer les ténèbres qui les entourent, se pressent contre les particules de lumière et semblent s'en nourrir.
L'obscurité est lourde, grasse et collante, elle rampe dans les rues et s'accroche aux semelles des passants. Même à l'abri chez eux, dans les bras de leurs êtres aimés, les ombres les suivent et les guettes depuis le coin des murs et le dessous des meubles.
Vivre à Gotham c'est accepter d'être ami avec le croque-mitaine sous le lit.
Puis soudain, les ténèbres frissonnent. Quelque-chose change, quelque-chose vient et s'installe dans le noir.
Quelque-chose qui a toujours été là. Toujours là mais qui soudain se lève, s'étire sous Gotham, et aiguise ses crocs.
Un danger familier gronde et rappelle à chacun qu'on ne peut pas faire confiance à une bête féroce.
Les rumeurs sur la chauve-souris de Gotham naissent partout à la fois.
Batman est une silhouette large est imposante, plus monolithe qu'homme, une montagne de puissance et de danger.
Parfois ce n'est qu'un souffle dans la nuit, une ombre dans le noir. À peine tangible, aussi irréel qu'un rêve au réveil, alors que les doigts gourds du sommeil s'accrochent à l'esprit et que le voile entre réalité et fiction est si fin que toutes deux sont indiscernables.
Parfois, quand ses poings brisent des mâchoires, que le sang sur ses dents semble noir à la lueur brumeuse de la Lune, que la masse lourde de son corps écrase des corps frêles contre les murs, il semble être la seule chose vraiment réelle dans un monde de désillusions et d'espoirs brisés.
Certains petits malins pensent que Batman n'est qu'un crétin.
Un imbécile en manque de frisson qui se déguise le soir venu pour passer sa rage et sa colère sur le premier criminel qui passe.
Juste un mec paumé parmi tant d'autres, faisant cracher les tripes des racailles jusqu'à ce qu'une d'elles lui fasse goûter sa propre médecine et qu'un retrouve ce pseudo-héros avec les entrailles éparpillées sur le trottoir, parodie d'un chemin de pétale de rose menant la police au si recherché justicier.
Alors que le temps passe et que la rumeur grandi, cette pensée perd son souffle, et bientôt, seuls quelques récalcitrant croient encore que c'est aussi simple.
Les nuits passent et à chaque instant, sans relâche, on entend parler de la chauve-souris qui hante Gotham. Ce qui n'était qu'une simple rumeur enfle et gronde et bientôt nul ne peut ignorer sa présence.
Il est partout, à chaque coin de rue, dans chaque ruelle, contre chaque mur, sur chaque toit.
Il est partout et il veille.
Et les Gothamites commencent à croire en d'autres pistes...
Batman est une ombre, un cauchemar, l'incarnation de la haine, de la terreur et de la violence de Gotham, faite homme. Beaucoup doutent même qu'il soit humain.
Il ne pouvait pas l'être, pas complètement, ou plus depuis longtemps.
Au tout début, la rumeur courrait qu'il s'agissait d'un pauvre diable qui s'était retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, comme s'il y avait un bon endroit et un bon moment dans les rues froides et humides de la ville.
Il serait mort, ou aurait mendié les enfers pour sa vie, les versions divergent, mais, pire qu'un démon ou qu'un spectre, ce serait Gotham elle-même qui aurait répondu.
La ville se serait jetée sur ce corps pour l'engloutir de sa noirceur et l'agiter comme un pantin désarticulé pour punir les pécheurs.
Gotham n'est que crime et violence depuis longtemps, mais même une ville comme elle a des limites. Ce serait pour ça qu'elle l'aurait créé, son chevalier noir surgit des ténèbres, le bras armé de sa colère, le monstre des bas-fonds.
Batman.
D'autres disaient qu'ils étaient plusieurs, après tout nul homme ou monstre seul peut être partout. Ils disaient qu'il s'agissait d'un essaim de vampires qui nichait dans les grottes dans les fondations de la villes bien avant l'arrivée des premiers colons sur ces terres.
Ils se seraient nourris du sang de chaque victime dans les rues bien au-dessus de leurs tête.
Un sang qui glisserait entre les pavés des rues étroites, s'insinueraient dans les interstices pour aller gonfler la terre dessous. Et depuis des siècles, le sous-sol de Gotham se gorgerait du sang des innocents, ruissellerait dans les pierres des cavernes et goutterait, larme par larme, dans les gueules ouvertes des créatures chauve-souris qui avaient été scellée là-dessous. Par qui, par quoi ? Nul n'osait supposer, mais personne ne serait là, cette fois, pour les y renvoyer.
On chuchotait que le sang des Wayne avait été le dernier repas des bêtes des bas-fond. Qu'après eux, plus aucun innocent n'avait foulé le sol de Gotham, et que le sang des pécheurs avait attirés les vampires à la surface.
Batman était l'un deux, ou plusieurs d'entre eux avaient donné naissance aux rumeurs de Batman, rien n'était jamais clair dans ce monde. À part la vie, la terreur et l'inéluctabilité de la mort.
Il était là pour punir les Hommes et nourrir la terre du sang de chaque criminel de Gotham. Vieux, femmes, enfants, personne n'était vraiment innocent dans cette ville. Chacun se terrait lorsque sa silhouette de gargouille se découpait devant la Lune immense.
Chacun frissonnait quand le rire enfantin d'un oiseau résonnait dans les ruelles, comme si la ville elle-même ricanait de les savoir piégés en son sein. Car cela augurait sa venue.
La chauve-souris est là et nul ne peut lui échapper. Nul ne le mérite.
Il ne reste plus qu'à prier. Car supplier un monstre est inutile. Prier à s'en casser la voix. Prier tous les dieux des Cieux. Prier et prier encore ! Prier en vain... Car dans cette ville, Gotham est la seule entité à vous entendre. Et Batman ? C'est Gotham qui l'envoie.
Prend garde à toi criminel. Le jour où tu t'y attendra le moins, Gotham viendra pour toi. Elle te dévorera corps et âme et jamais personne ne se souviendra de toi.
Batman a des oreilles ou des cornes de démon, la voix rauque et puissante d'un revenant d'outre tombe, et la patience d'un prédateur à l'affût. Il est violent et implacable et ne faiblit jamais.
Et quand des poings faussement humains vous arrachent une seule goutte de sang, votre destin est scellés.
Batman ne tue pas, pas par humanité, par idéal, mais parce-qu'il n'en a pas besoin.
Une seule goutte scelle le pacte du diable.
Une seule goutte et la terre vous marque à tout jamais.
Lorsque viendra le jour où Batman aura fait signer de leur sang chaque habitant de la ville, un gouffre s'ouvrira et les engloutira tous.
De Gotham, il ne restera rien.
Seulement des fantômes et des murmures.
Puis, jaillissant des tréfonds et s'élançant vers les cieux, le rire joyeux et virevoltant d'un oiseau coloré.
Et là-haut dans le ciel, une chauve-souris de ténèbres se découpera devant l'éclat aveuglant du Soleil.
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Hey, j'espère que ma première incursion dans le fandom DC vous a plu, j'espère ne pas m'être trop embrouillée avec les caractérisations, même si le cadre fantastique et le changement de genre floute un peu les lignes^^'
