Bonjour tout le monde !
Déjà je tiens à m'excuser pour cette première partie toute sèche et sans mots de ma part, il semblerait que j'ai malencontreusement oublié d'enregistrer la note d'auteur... du coup, le chapitre est parti comme ça mdrrr
BREF !
Je suis ravie de voir que cette petite histoire vous plait !
Du coup, comme j'aurais dû le dire sur la première partie, no panic, malgré le thème du divorce cette histoire c'est que du fluff !
Comme je l'ai dit en réponse aux reviews, cette petite fic était censée tenir en deux parties... mais (et ça ne surprendra pas grand monde), je me suis laissée emporter, donc finalement, elle en fera 3. En plus, une lectrice tortionnaire m'avait imposé une deadline irréalisable, alors voilà : Fanny, promesse à moitié tenue : je publie le 10 novembre, par contre c'est pas fini !
J'espère que cette deuxième partie vous plaira ! Elle agit du coup un peu en tant que transition et répond à la fameuse question "mais pourquoi ont-ils divorcé ?"
J'ai hâte d'avoir vos retours !
Je vous retrouve dès que possible pour la troisième et dernière (cette fois-ci pour de vrai) partie de cette histoire !
En attendant, prenez soin de vous !
Appartement de Drago
Dimanche 7 août
H-2 avant le mariage
Drago se regarda dans le miroir pour la énième fois de la matinée. Il avait réajusté sa cravate un nombre incalculable de fois et devait se recoiffer toutes les dix minutes à force de se passer nerveusement la main dans les cheveux.
- Tu es très charmant, fit une voix derrière lui.
Il se retourna et sourit à Lavande qui, elle aussi, était prête. Elle portait une robe de la couleur de son prénom, qui flattait toutes ses courbes généreuses. Le regard de Drago s'arrêta une demi seconde sur son décolleté avant de le détourner.
- C'est là pour être regardé, tu sais, sourit Lavande. Je pense que ça mettra ton ex-femme encore plus en rogne si tu regardes, d'ailleurs.
Drago ricana devant le sadisme évident de sa compagne d'un jour avant de reporter son attention sur le miroir, lissant des plis invisibles sur sa veste de costume.
- Je peux te poser une question ? demanda Lavande.
- Avec ce que tu fais pour moi, c'est le moins que je puisse faire.
- C'est marrant, tu sembles penser que c'est un calvaire de t'accompagner à ce mariage. Mais crois-moi, en ce qui me concerne, voir la tête enragée de Granger est un paiement plus que suffisant.
Drago se tourna pour lui faire face.
- C'est incroyable cette guerre que vous menez l'une contre l'autre depuis toutes ces années. Tu ne vas quand même pas me dire que tout ça c'est la faute de Ronald Weasley ?
Lavande sourit devant l'incompréhension évidente dans la voix de Drago.
- C'est parti de là, c'est vrai. Et à seize ans, on a la rancune tenace. Je pense que ça s'est juste envenimé avec les années, et même si on ne ressent absolument plus rien pour Ron aujourd'hui et que cette histoire est bien derrière nous, on a passé trop d'années à se chamailler pour s'apprécier. Et puis, je déteste sa façon de tout le temps vouloir tout contrôler et de diriger tout le monde.
- Elle est Ministre de la Magie. Évidemment qu'elle dirige.
- Elle est comme ça depuis qu'elle a douze ans.
- C'est pas faux.
- C'était moi qui voulais te poser une question, tu es en train de m'embrouiller.
- Pardon, je t'en prie.
- Pourquoi vous avez divorcé ?
La question prit Drago par surprise. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle lui soit posée, encore moins par Lavande, bien qu'il l'avait entendue un bon millier de fois depuis ledit divorce.
- Je veux dire, c'est vrai quoi. Vous êtes là, comme des gamins, à chercher à emmerder l'autre et pourtant, à chaque fois qu'on parle d'elle, tu as l'air idiot d'un adolescent amoureux. Alors pourquoi ? J'ai lu tout un tas de conneries dans La Gazette et dans Sorcières Hebdo. Je crois même qu'un article racontait qu'Hermione t'avait trompé avec ton père.
- Il n'y a jamais eu d'adultère, coupa Drago. Jamais.
- Oui, je n'en doute pas. Alors ?
Drago soupira en se passant une main sur les yeux. Oui, cette question, on la lui avait posée des centaines et des centaines de fois. Ses parents, qui avaient pris leur temps pour accepter Hermione et qui avaient semblé désespérés à l'idée de la perdre en tant que belle-fille. Pansy, Blaise, Théo, Potter, Weasley, la communauté magique entière lui avait posé la question.
Pourquoi vous divorcez ? Vous avez un enfant, votre couple est parfait, pourquoi vous divorcez ?
Et à l'époque, la réponse qu'ils donnaient tous les deux leur paraissait sincère. Ils en étaient persuadés, de cette vérité au final fabriquée de toute pièce.
Parce qu'on ne s'aime plus, tout simplement.
Appartement d'Hermione
Dimanche 7 août - 13h
H-1 avant le mariage
- Wow, Maman, tu es magnifique !
Hermione ne put dissimuler son sourire devant l'intonation admirative de son fils. Scorpius la regardait avec des yeux ronds, comme si c'était la première fois qu'il la voyait vraiment. Il était vrai qu'Hermione n'était pas du genre à se pomponner tous les matins, alors voir sa mère dans cette robe aussi élégante que séduisante devait effectivement choquer l'adolescent.
En voyant Scorpius, en revanche, Hermione dut lutter pour empêcher les larmes de couler. Parfois, elle oubliait à quel point son petit garçon grandissait vite, et aujourd'hui, du haut de ses seize ans, il était beaucoup plus grand qu'elle. Il portait un costume gris qui mettait ses yeux en valeur et il était clair que le raffinement des Malefoy coulait dans ses veines. Ainsi vêtu, coiffé sur le côté, il ressemblait tellement à son père à son âge que c'était presque douloureux à regarder.
- Ça va, Maman ? s'inquiéta Scorpius devant le silence de sa mère.
- Oui, oui, c'est juste… tu es superbe, mon chéri.
Elle lui caressa affectueusement la joue et mère et fils échangèrent un regard plein de tendresse.
Moment quelque peu brisé par l'arrivée de Cormac qui venait tout juste de finir de s'habiller. Scorpius lui lança un regard noir avant de quitter la pièce pour les laisser seuls tous les deux.
Cormac souffla lourdement en levant les yeux au ciel.
- Quel caractère, ronchonna-t-il.
- C'est un ado.
- Ouais, tu m'en diras tant… en tout cas tu es sublime, Hermione, tu vas faire tourner plus d'une tête, aujourd'hui.
Hermione se regarda dans le miroir et sourit timidement en se voyant. Aujourd'hui, même elle se trouvait belle.
- Il n'y a qu'une seule tête que j'ai envie de faire tourner, confessa-t-elle dans un murmure.
Cormac sourit, complice.
- Ne t'inquiète pas pour ça, je n'ai aucun doute à ce sujet.
Hermione hocha la tête, quelque peu rassurée par les mots de son cavalier.
- D'ailleurs, tu ne voudrais pas qu'on dise à ton fils qu'on fait semblant ? Juste à lui ? J'en ai marre, à chaque fois qu'il me voit, j'ai l'impression qu'il va me tuer.
- Tu plaisantes ? S'il le sait, il répétera tout à son père et ce sera fichu. C'est hors de question, Cormac. On continue de faire comme ça, je sens que je touche au but.
La plage de la Chaumière aux Coquillages
Dimanche 7 août
Quelques minutes avant le mariage
Drago et Lavande arrivèrent sur le lieu de réception alors que tout le monde était en train de s'installer. Il resta muet devant le spectacle qui s'offrait à lui : la plage était magnifique, le soleil brillait de mille feux, illuminant le chemin qu'avaient spécialement créé Bill et Fleur pour l'occasion, menant jusqu'à une arche fleurie où les deux amoureux se diraient oui pour la vie.
Des rangées de bancs avaient été installées devant l'arche, de part et d'autre du chemin par lequel passerait la mariée, et les invités étaient en train de prendre place. D'un côté, toute la famille française de Victoire qui ne semblait être composée que de cheveux blonds et de silhouettes toutes plus gracieuses les unes que les autres, et de l'autre, la famille anglaise de Teddy et les amis du couple.
Drago s'avança donc de ce côté, Lavande à son bras, et remarqua déjà un bon nombre de têtes connues. Il trouva, déjà installés au premier rang, Harry, Ginny, Albus et Lily, James étant sûrement aux côtés de Teddy qui était encore en train de se préparer. Neville, Pansy et leur fille Alice étaient derrière eux, Blaise et Théo à leur côté. Il voyait tout le monde, tous les Weasley déjà présents, ses parents étaient en train de discuter avec Andromeda, mais il ne voyait pas…
- Elle n'est peut-être pas encore arrivée, se moqua Lavande.
- Je ne vois pas de qui tu parles.
- Oui oui, c'est ça.
Le faux couple salua tout le monde et Drago ne dut attendre qu'une minute avant que, finalement, deux autres invités fassent leur entrée dans l'arène.
Hermione et McLaggen s'approchèrent du petit groupe et Drago eut beaucoup de mal à détourner les yeux de son ex-femme. Elle était…
Elle était resplendissante.
Il l'avait toujours trouvée magnifique, bien sûr, mais aujourd'hui, sa beauté le frappa avec encore plus de violence que d'habitude. Il déglutit et sentit Lavande lui donner un coup de coude.
- Si tu la regardes comme ça, ce n'était pas la peine de me demander de venir, on ne bernera personne !
Il savait qu'elle avait raison cependant, il lui était impossible de ne pas la regarder. Elle portait une robe émeraude qui flattait subtilement ce corps dont il était privé depuis cinq longues années. Ses jambes étaient allongées par des sandales à talons qui la grandissaient d'une bonne dizaine de centimètres. Elle avait particulièrement pris soin de ses boucles qu'elle avait laissées tomber dans son dos et qui encadraient son visage discrètement maquillé.
Elle était si belle et Drago maudit ce jour où ils avaient signé les papiers de leur divorce.
Il se demanda s'il imaginait les petits regards qu'Hermione lui lançait, s'il était à l'origine des délicates rougeurs qui décoraient ses joues ou si elles étaient uniquement dues au maquillage, si son sourire lui était destiné à lui ou bien à celui qui l'accompagnait.
Il n'avait jamais autant détesté quelqu'un qu'en cet instant. En voyant la main de Cormac McLaggen dans le creux du dos d'Hermione, il ressentit le besoin urgent de broyer les phalanges de ses propres mains. McLaggen eut l'audace de sourire en lui disant bonjour et ensuite de murmurer quelque chose à l'oreille d'Hermione, qui gloussa en l'entendant. Drago serra les poings et à nouveau, Lavande lui fit un signe discret afin de le remettre sur le droit chemin.
Finalement, le brouhaha se dissipa légèrement car une douce musique commença à s'élever. Tout le monde se retourna pour voir qu'au bout de l'allée, près de la maison de Bill et Fleur, Teddy Lupin était au bras de sa grand-mère, Andromeda. Les invités se turent immédiatement et la cérémonie commença.
Teddy et Andromeda s'avancèrent lentement, souriant à tous les invités dont ils croisaient le regard.
Drago observait son petit cousin avec émotion. Le bonheur qu'il voyait dans les yeux de de Teddy lui rappelait celui qu'il avait lui-même vécu dix-huit ans auparavant. Il jeta un coup d'œil devant lui et vit qu'Hermione était assise sur la rangée juste devant la sienne, à trois places sur sa droite. Ainsi, il avait une vue parfaite sur son profil.
Teddy prit place devant l'autel et attendit l'arrivée de sa fiancée qui ne se fit pas attendre bien longtemps.
Victoire apparut au bras de son père, merveilleuse et pleine de grâce, illuminant la foule de son sourire radieux. Au premier rang, Fleur et Molly pleuraient déjà et d'autres invités avaient les yeux brillants. Quant à Teddy, quelques larmes avaient déjà coulé le long de ses joues, mais il fixait sa promise sans même cligner des yeux.
Drago le comprenait. Il avait été à sa place, jadis.
Son cœur le pinça en repensant à cette journée où il avait été à la place de son cousin. Cette journée parfaite où Hermione lui avait dit oui, où ils s'étaient promis de s'aimer pour l'éternité. Il se souvenait du moment exact où Hermione était apparue dans son champ de vision, plus belle que jamais, vêtue de sa robe qui avait fait d'elle officiellement sa reine. Lui aussi avait pleuré, à l'époque.
Les deux fiancés se mirent l'un face à l'autre et se regardaient avec des yeux transis d'amour. C'était presque douloureux à regarder. Drago lorgna en direction de son ex-femme et vit qu'elle pleurait aussi avec discretion. Que n'aurait-il pas donné pour être assis à ses côtés et lui serrer la main, à cet instant ? C'était là où il était censé être, s'ils n'avaient pas été de parfaits imbéciles cinq ans plus tôt.
Le mage fit son discours, puis vinrent ceux des mariés. Ce fut Victoire qui commença, et malgré tout l'intérêt qu'il portait à ce mariage, le discours de la jeune femme commença à se fondre avec celui qu'Hermione avait récité presque vingt ans auparavant.
- Teddy, tout le monde ici s'accordera à dire que ce mariage ne surprend personne...
Si l'on m'avait dit, il y a dix ans, que je me retrouverais aujourd'hui face à toi, prête à porter ton nom pour le restant de mes jours, je n'y aurais pas cru ne serait-ce qu'une seule seconde. Je pense d'ailleurs pouvoir dire sans me tromper qu'aucune personne ici présente n'y aurait cru.
- ...nous étions les seuls à ne pas voir l'évidence, à ne pas voir que notre amitié était tellement plus que ça...
Notre union est sûrement la plus improbable de cette dernière décennie et pourtant, il me semble que c'est la plus belle de toutes.
- ...et pourtant, à l'instant même où j'ai compris mes sentiments pour toi, rien ne m'a jamais paru plus juste...
C'est prétentieux, sûrement, mais la puissance de ce que je ressens pour toi ne peut vouloir dire que ça.
- …il m'a fallu du temps pour m'en rendre compte, mais depuis toutes ces années, je marchais déjà main dans la main avec l'homme de ma vie…
Il nous en a fallu du temps pour se l'avouer. Mais aujourd'hui, devant nos familles et nos amis, je suis prête à être tienne aussi longtemps que tu seras mien.
Drago desserra légèrement le nœud de sa cravate. C'était inutile, bien sûr, la boule dans sa gorge n'avait aucun lien avec ses vêtements.
Il sentit un regard insistant sur lui et détourna les yeux de l'union devant lui pour regarder en direction d'Hermione. Elle tourna la tête immédiatement, et se mit à rougir, comme une adolescente prise sur le fait.
A côté d'elle, Scorpius lança un coup d'œil à son père et se contenta de sourire.
Hermione luttait.
Elle savait qu'elle allait pleurer bien avant de venir : tout le monde pleurait toujours aux mariages, et assister à l'union de ces deux jeunes gens qu'elle aimait tant était une raison de plus pour succomber aux larmes.
Pourtant, si elle luttait contre elles, c'était parce qu'elles n'étaient pas uniquement provoquées par Teddy et Victoire.
Elle sentait le regard de Drago dans son dos et elle ne cessait de jeter des petits coups d'œil derrière elle quand il ne regardait pas dans sa direction. C'était la première fois qu'elle se rendait à un mariage depuis son divorce et elle n'avait pas anticipé que la cérémonie lui rappellerait autant celle de son propre mariage.
Elle avait écouté Victoire énoncer son discours, la voix remplie d'émotion et les yeux plein d'amour. Elle se souvenait des mots qu'elle avait prononcés, des promesses qu'elle lui avait juré de tenir. Elle se souvenait de tout, pratiquement par cœur, et encore plus du discours de Drago.
Alors quand Teddy commença à parler, la voix tremblante, obligé de se racler la gorge pour que tout le monde puisse l'entendre, Hermione s'autorisa à se rappeler une fois de plus ce qu'elle avait perdu.
Granger, comme presque toujours, je ne peux que te donner raison. Si j'avais su, à 12 ans, que je finirai par me retrouver ici, devant l'autel avec toi, j'aurais sûrement insulté quiconque m'aurait apporté cette information.
Et pourtant me voilà, prêt à tout te donner, sans concession, sans réflexion, juste avec la certitude d'avoir fait, pour la première fois de ma vie, le bon choix.
C'est vrai, j'en ai souvent fait de mauvais. Parfois même, je n'ai pas vraiment eu le luxe de l'avoir, le choix, mais aujourd'hui, en m'offrant à toi, je sais que je prends la décision la plus importante de toute ma vie, et surtout, la meilleure.
Hermione, je ne vais pas te promettre de t'aimer pour toujours. Je ne vais pas te jurer que je serai toujours là pour toi, dans les bons moments comme dans les mauvais, dans la santé et dans la maladie. Je ne te promettrai pas de me réveiller chaque matin à tes côtés, ni d'attendre que tu t'endormes, chaque soir, pour profiter de ce moment où tu n'appartiens qu'à moi.
Non, je ne vais pas te faire de promesses, car une promesse requiert d'être crue.
Parce que tout ce que je viens de te dire… ce n'est pas un simple serment, ce ne sont pas de simples vœux.
T'aimer pour toujours, c'est une certitude. C'est écrit, quelque part là-haut et dans les grimoires les plus anciens. C'est prévu depuis des millénaires et gravé dans chaque mur que j'ai frôlé.
Tomber amoureux de toi a été la plus douce des chutes et la plus belle des évidences.
Alors je sais, tout au fond de moi, que je n'ai pas besoin de te jurer quoi que ce soit. T'aimer, t'épouser, faire de toi la femme de ma vie devant le monde entier, c'est ancré dans ma chair, ça coule dans mes veines, ça fait vibrer chaque particule de magie qui circule en moi.
Et s'il y a une chose dont je suis sûr, Hermione Jean Granger, c'est que je n'ai jamais rien vécu de plus beau que la certitude d'être tien autant que tu es mienne.
Teddy termina son discours et Hermione se laissa aller. Personne ne lui reprocherait de pleurer devant la beauté de ses mots et la pureté de ses sentiments. Personne n'était censé savoir qu'elle pleurait son propre mariage, et pas celui qui prenait forme devant ses yeux.
Une fois de plus, elle sentit le regard de Drago sur elle. Elle n'avait pas besoin de se retourner pour savoir que c'était lui. Ce regard, elle l'avait senti durant quinze ans, la regarder avec passion, avec luxure, avec amour, et peu à peu, la regarder avec déception, avec dépit, pour finir par ne plus la regarder du tout.
Le mage reprit la parole et James Potter, témoin de Teddy, donna les alliances aux futurs mariés. Hermione observait, pleine d'émotion, Teddy et Victoire se promettre les mêmes choses qu'elle avait promises à Drago. Le cœur lourd, elle sourit, lorsque les deux tourtereaux s'embrassèrent devant le tonnerre d'applaudissement de tous les invités. Fleur, Molly et Andromeda n'étaient plus que des larmes, et Harry en avait également laissé tomber quelques unes.
Les applaudissements semblèrent ne pas vouloir s'arrêter, et l'assistance entière se leva, les acclamant de plus belle, tandis que Teddy et Victoire continuèrent de s'embrasser en riant.
Cette fois-ci, Hermione s'autorisa à se retourner et cette fois-ci, Drago ne détourna pas le regard. Lui aussi avait les yeux rouges et elle aurait aimé croire que c'étaient pour les mêmes raisons qu'elle.
Ils se regardèrent de longues secondes, tandis que le bruit des applaudissements continuaient de résonner autour d'eux, jusqu'à ce que la main de Lavande Brown n'entoure le bras de Drago. Le geste, innocent et anodin, la ramena à la réalité, et elle détourna le regard, ramenant son attention aux jeunes mariés.
Ce geste, innocent et anodin, lui rappela pourtant qu'il y avait bien longtemps que Drago n'était plus à elle et que les belles paroles de son discours ne signifiaient plus rien.
15 octobre 2017
Hermione transplana directement dans son salon, épuisée. Elle laissa tomber son sac par terre avant de jeter ses chaussures à travers le salon. Lasse, elle traversa la pièce sans trouver son mari.
- Drago ? s'étonna-t-elle.
D'habitude, il la prévenait quand il passait la soirée ailleurs. Ce n'était pas son genre de découcher sans rien lui dire.
Aucune réponse ne lui parvint, mais elle vit de la lumière passer par l'interstice de la porte qui menait à la grande salle à manger. Elle fronça les sourcils, étonnée : ils n'utilisaient cette salle que pour les grandes occasions.
Perplexe, elle ouvrit la porte pour découvrir une scène qui la figea sur place.
Drago était assis en bout de table, un verre de vin à la main. La table était dressée, des plats encore fumants devant lui, des bougies allumées un peu partout. Drago avait les traits fermés, le regard noir, et il faisait tournoyer son vin dans son verre.
Hermione parcourut la pièce du regard avant de s'arrêter à nouveau sur Drago.
- Qu'est-ce que… commença-t-elle.
Mais son rire dénué d'humour la stoppa. Il secoua la tête en la baissant, transpirant l'ironie, puis la darda d'un regard qui lui glaça le sang.
- Joyeux anniversaire, mon amour.
Hermione ne comprit pas tout de suite. Ce n'était pas du tout son anniversaire…
- Oh… fut la seule chose qui lui échappa quand elle se rendit compte de son erreur.
15 octobre.
Cela faisait quinze ans qu'ils étaient mariés aujourd'hui.
- "Oh", en effet, répéta Drago en posant son verre.
- Drago, je..
- Laisse-moi deviner. Tu n'as pas vu l'heure passer ? Tu étais débordée de travail ?
- Eh bien, oui, je…
- Tellement débordée que tu as oublié une date comme celle-là ?
- Drago, je…
- Non, stop ! ordonna-t-il en se levant soudainement.
Hermione sursauta en se reculant légèrement.
- Tu sais bien qu'il y a l'affaire Johnson en ce moment et je…
- Ah oui ! L'affaire Johnson, c'est vrai ! Comment j'aurais pu l'oublier ? Puisque tu ne parles QUE DE ÇA DEPUIS DES SEMAINES !
Hermione retint sa respiration et sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle ne pouvait décemment pas lui en vouloir, elle savait pertinemment qu'il avait raison.
- Désolée de te parler de mon travail, se défendit-elle tout de même.
- Oh non, ne joue pas cette carte avec moi, Granger. Parce que t'écouter baver sur ton travail, ça fait quinze ans que ça dure !
- Oh, mais désolée, Monsieur Malefoy ! De quoi fallait-il parler, alors ? Du tien, de boulot ? Parce que toi tu n'en parlais jamais !
- Oui parce que j'ai toujours estimé qu'en rentrant à la maison, je laissais le travail derrière moi ! Que je n'avais pas envie de ramener des histoires de meurtre et de torture chez moi, près de ma femme et de mon fils !
- Alors du coup tu préférais ne pas parler ? Passer tes soirées avec Blaise et Théo ? Me laisser toute seule pendant des jours sans rentrer à la maison ?
Le volume sonore commençait à monter.
Comme à chaque dispute.
Comme presque chaque jour.
- Et rester à la maison pour quoi faire ? Pour te voir t'enfermer dans ton bureau ?
- Tu exagères…
- Ah, c'est vrai, pardon ! Pas besoin de s'enfermer dans le bureau puisque tu quittes le Ministère à minuit tous les jours !
- Eh bien désolée d'avoir de l'ambition ! Tu as toujours su que ma carrière était…
- Importante pour toi ? Bien sûr que je le savais ! Je savais aussi que, parfois, tu la ferais passer avant moi. Seulement tu as oublié de me préciser que ce serait tout le temps le cas.
- Qu'est-ce que tu insinues ? Que je m'occupe mal de ma famille, c'est ça ?
- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Scorpius n'aurait pas pu rêver d'une meilleure mère, je ne remettrai jamais ça en cause. Mais ai au moins la décence d'admettre que tu es une terrible épouse.
La phrase était dure, implacable, et Hermione savait qu'elle aurait dû lui faire mal. Pourtant… pourtant elle ne put qu'être d'accord.
Oui, sans aucun doute, elle était devenue une terrible épouse.
Au moins autant que Drago était devenu un terrible mari.
Ce dernier soupira, fatigué, et se laissa retomber sur sa chaise en se passant une main dans les cheveux.
- On ne se parle plus, on se regarde plus… depuis que Scorpius est parti à Poudlard, c'est encore pire qu'avant. Tu ne vis que pour ton travail et moi pour le mien. Depuis combien de temps on n'a pas…
Il ne termina pas sa phrase, c'était inutile. La triste vérité, c'était qu'Hermione ignorait complètement à quand remontait la dernière fois qu'elle avait eu un rapport sexuel avec son mari.
- On n'a plus rien à se dire… on ne fait que s'engueuler… continua-t-il.
- Alors qu'est-ce que tu proposes ?
Drago releva la tête et Hermione ressentit une vive douleur dans la poitrine. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas vu autant d'émotions sur son visage. Elle lut sur ses traits que la décision à prendre était inévitable, même si elle était douloureuse.
Hermione déglutit, la gorge sèche, et ainsi, la sentence tomba.
- Je veux divorcer.
Il y eut un long silence durant lequel Drago se contenta de la regarder. Son expression était si neutre qu'Hermione était quasiment sûre qu'il utilisait l'Occlumancie.
Ou alors, peut-être qu'elle était neutre tout simplement parce qu'il ne ressentait plus rien pour elle.
- Et je pense que toi aussi, reprit-il en se relevant et s'approchant d'elle.
Elle ne savait plus quoi dire. Pas parce qu'elle était choquée : au fond, elle le savait depuis longtemps que c'était la meilleure décision à prendre.
Leur relation avait pourtant tout eu pour être parfaite. Elle l'avait été, d'ailleurs. Pendant des années, elle l'avait été. Ils avaient été des amants passionnés, des parents aimants, ils avaient formé une famille unie, un couple solide qui surmontait toujours les disputes par des réconciliations endiablées.
Et puis…
Et puis la routine s'était installée.
Hermione avait grimpé les échelons, était devenue la Directrice du Département de la Justice Magique et avait eu pour ambition de devenir Ministre de la Magie.
Drago avait quitté ses fonctions d'Auror pour ouvrir sa boutique de potionniste sur le Chemin de Traverse, ce qui lui demandait énormément de temps.
Et chaque jour, ils rentraient à la maison un peu plus tard.
Chaque jour, Hermione délaissait leur demeure pour rester un peu plus au bureau.
Chaque jour, Drago quémandait la compagnie de ses amis pour combler l'absence de sa femme.
Chaque jour, ils s'éloignaient un peu plus, se laissant dépasser par leurs carrières, dévorés par la monotonie du quotidien, oubliant la passion d'autrefois.
Il y avait un moment déjà qu'Hermione s'était posée la question. Quand elle avait commencé à rentrer chez elle pour trouver son mari déjà endormi ou carrément absent. Quand elle s'était rendue compte qu'ils s'endormaient dos à dos, sans jamais se retrouver au milieu de la nuit. Quand elle s'était aperçue que l'envie de lui n'était plus là, que les papillons dans le ventre avaient disparu, et qu'il n'y avait plus que Scorpius pour les maintenir ensemble.
Mais voilà, Scorpius était parti à Poudlard, et il n'y aurait jamais assez de vacances scolaires pour les rapprocher.
Alors, oui, effectivement, divorcer semblait la décision la plus sage.
Drago continuait de la fixer, son expression insondable, et Hermione se rappela tout à coup de son discours à leur mariage.
"Hermione, je ne vais pas te promettre de t'aimer pour toujours.".
Peut-être aurait-il dû, finalement.
Parce qu'aujourd'hui, ils ne s'aimaient plus du tout.
La foule se dispersa après que ce qui semblait être l'entièreté des invités eut félicité les jeunes mariés. Lavande avait immédiatement attiré Drago vers les gens qu'elle connaissait le mieux, à savoir ses anciens camarades Gryffondor, dont Hermione.
Les deux femmes s'étaient toisées et avaient échangé un bref signe de tête, sans dire un mot. Personne n'avait bronché, comme on laisserait deux chats sur leur garde se jauger sans oser intervenir.
Drago avait vu le regard de son ex-femme osciller entre Lavande et lui, observer la façon dont Lavande s'accrochait à son bras. Elle en faisait des tonnes, riant exagérément à ses blagues, frôlant son torse, réajustant sa cravate. A chaque geste, Drago ne manquait jamais de regarder Hermione et à chaque geste, celle-ci fusillait son ancienne rivale du regard.
Pansy ne cessait de lui faire les gros yeux, et Drago ne pouvait s'empêcher d'espérer. Et à chaque fois qu'il se disait que l'agacement évident d'Hermione était peut-être de la jalousie, Cormac Imbécile McLaggen entrait en jeu et lui rappelait que son ex-femme n'était pas venue seule à ce mariage.
Ce blond de malheur ne cessait de la toucher : il mettait la main dans le creux de son dos, il embrassait sa joue, remettait en place une mèche de ses cheveux. Et quand il disait quelque chose, Hermione acquiesçait toujours, elle riait, elle le regardait avec admiration, et Drago avait envie de se crever les yeux.
Au bout d'un certain temps, il quitta le petit groupe pour s'éloigner en direction du buffet. Il grignota un morceau, profitant de sa solitude pour faire le point.
Qu'espérait-il vraiment de cette journée ?
Il savait pertinemment que tous ses amis avaient raison. Il avait demandé à Lavande Brown de l'accompagner à ce mariage uniquement dans le but d'énerver Hermione. Il jouait à l'indifférence alors que le simple fait de la voir au bras de McLaggen lui retournait l'estomac.
En cinq ans, c'était la première fois qu'elle s'affichait publiquement avec quelqu'un.
Il n'était pas naïf, il se doutait bien qu'elle avait eu des aventures depuis leur divorce, mais cette histoire avec McLaggen semblait être plus que ça. Bien plus que ça. Il avait eu la confirmation de son fils, de ses amis, et il l'avait encore plus nettement aujourd'hui, devant ses propres yeux.
Il ne s'était pas attendu à ce que ça lui fasse aussi mal.
- Personne n'est autorisé à tirer une gueule pareille le jour d'un mariage, Malefoy.
Drago releva la tête et trouva Potter à ses côtés, piochant dans les amuses-bouches sur le buffet.
- Je ne fais pas la gueule.
- A d'autres.
Les deux hommes se retournèrent pour faire face à la plage et aux convives. Il devait y avoir une bonne centaine de personnes, éparpillées un peu partout, des groupes de tous milieux se mélangeant et discutant ensemble.
- C'est fou tout ce monde, remarqua Drago en buvant une gorgée de champagne.
- Il y en avait au moins trois fois plus à ton mariage.
- Et combien de personnes que je ne connaissais pas ?
Harry ricana et, comme son ami, observa la foule devant lui.
- Regarde là-bas, dit-il en pointant quelqu'un du doigt. Ce serait pas Parvati Patil ?
- Hmm, possible, répondit Drago, gêné.
- C'est bizarre, je suis sûr qu'elle n'était pas sur la liste des invités. Et alors là, tout ce groupe, je ne sais même pas qui c'est, continua-t-il en désignant une dizaine de personnes que Drago n'avait jamais vues.
- Sans doute des amis à eux ?
- J'ai l'impression qu'il y a tout Poudlard, à ce mariage. Je n'arrive pas à croire qu'ils aient invité McGonagall ! Oh, regarde ça ! Ce serait pas Madame Rosmerta, là-bas ? Qu'est-ce qu'elle fait ici ?
Drago plissa les yeux, mais les écarquilla aussitôt en reconnaissant la patronne des Trois Balais.
- Mais si ! s'exclama-t-il. C'est dingue, elle vieillit pas, cette femme !
- C'est vrai. On dirait qu'elle n'a pas changé depuis qu'on était à Poudlard.
Et pour cause, Madame Rosmerta semblait toujours aussi belle, ses cheveux blonds bouclés remontés en un chignon et ses courbes voluptueuses étaient mises en valeur par une robe élégante.
Harry se racla la gorge et Drago tourna la tête vers lui.
- Dis donc, en tout cas, Lavande a l'air super accrochée.
Le blond leva les yeux au ciel.
- Tu trouves ?
- Pour une fausse petite-amie, oui.
- Quoi ?
- Allez, Malefoy, pas à moi. Tu peux essayer de berner Hermione, mais pas moi !
- C'est Scorpius qui a vendu la mèche ?
- Scorpius, ton désintérêt évident pour elle, tes yeux scotchés sur Hermione, et aussi le fait que je suis pratiquement sûr d'avoir vu Lavande mettre discrètement une main au cul de Parvati.
Drago faillit recracher son champagne.
- De quoi ?
- Oh, relax, Drago. Il n'y a bien qu'Hermione pour ne pas être au courant pour ces deux-là. Parmi toutes les femmes à qui tu aurais pu demander ça, tu as choisi celle en couple avec une autre femme ?
Drago se renfrogna pour cacher son malaise.
- Oui, et ben je savais qu'Hermione la détestait et en plus, ça évitait toute jalousie !
- Oui, c'est sûr que c'était la chose la plus sage à faire, du coup. T'inventer une copine pour la mettre en rogne. Sérieusement, Malefoy, même à 15 ans je ne sais pas si on fait encore un truc pareil.
- C'est écrit dans la loi qu'on a le droit de faire chier son ex-femme.
- La loi, mon cul ! Pourquoi tu n'admets tout simplement pas la chose ?
- Quelle chose ?
- Que tu regrettes. Que tu l'aimes toujours. Que vous êtes ridicules à essayer de vous chamailler sans jamais vous parler pour de bon ?
Drago avait envie de répliquer, de se défendre, de nier. Mais en voyant le regard pénétrant de son ami, il savait que c'était peine perdue. A quoi bon essayer de mentir ? Tout le monde le savait, ça se lisait en lui comme dans un livre ouvert.
Il était toujours amoureux d'Hermione Granger.
En fait, il n'avait jamais cessé de l'être.
Et chaque jour il regrettait d'avoir été celui qui avait formulé la demande de divorce. Chaque jour, il se demandait si Hermione aurait osé le faire et si, avec du temps et des efforts, ils n'auraient pas pu remonter la pente ensemble, au lieu d'emprunter des chemins différents.
- C'est… c'est trop tard, répondit Drago en buvant une gorgée de champagne pour cacher son trouble. Elle a refait sa vie et elle… elle ne ressent plus ce genre de choses pour moi.
- Pff ! C'est ce que tu te dis le soir pour te rassurer ? Pour justifier le fait que tu ne fais rien ? Ou alors tu es vraiment aveugle ? Auquel cas c'est inquiétant !
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse, Potter ? Ça fait cinq ans ! C'est trop tard ! Je suis censé dire quoi ? Aller la voir et lui dire : "Allez Granger, on oublie tout et on recommence !" ?
- Et pourquoi pas ? Putain, qu'est-ce qui vous en empêche ? Votre fierté ? Parce que si c'est ça, votre fierté vous a fait perdre au moins quatre ans de votre vie, si on considère que la première année de divorce était satisfaisante. Et encore, j'en suis même pas sûr.
- Je ne sais pas pourquoi tu t'entêtes. Elle est avec McLaggen, maintenant.
- Oui, ce couple est à peine plus convaincant que celui que tu formes avec Lavande. Arrête de te voiler la face et agis, bordel. Je te dirais bien "agis avant qu'elle ne finisse vraiment par trouver quelqu'un d'autre", mais je sais que ça n'arrivera pas. Alors je te dirai simplement "agis avant que vous finissiez votre vie seuls comme des cons". Ça te va ?
Drago laissa échapper un petit rire.
- Tu ne vas pas me lâcher, pas vrai ?
- Tu te trompes. On ne va pas vous lâcher.
2 décembre 2017
C'était une journée ordinaire.
Le ciel était gris, les rues de Londres étaient bondées, et la pluie menaçait de tomber.
Une journée comme toutes les autres, et néanmoins, Drago et Hermione Malefoy se retrouvaient dans une position improbable.
C'était absurde, n'est-ce pas ? Les mots sur ce parchemin, ils ne voulaient rien dire.
"Entre les soussignés,
Drago Lucius Malefoy, né le 5 juin 1980, demeurant…
et
Hermione Jean Granger, épouse Malefoy, née le 19 septembre 1979, demeurant…
… ont contracté mariage le 15 octobre 2002…
… chacun des époux reprendra l'usage de son nom de naissance…
… Monsieur Drago Malefoy gardera la jouissance de l'appartement situé…
… la garde de Scorpius Malefoy sera assurée par les deux parents de façon…
… les deux époux reconnaissent avoir pris connaissance que la signature de la présente les libère des liens du mariage qui les unissait…"
Ça ne voulait rien dire. Rien.
Drago avait les mains moites, le cœur battant, il avait la nausée, il aurait pu en pleurer.
C'était son idée, pourtant, non ? C'était lui qui avait prononcé ces mots, lui qui avait énoncé la volonté de divorcer. C'était lui qui y pensait depuis des mois voire même des années, en regardant sa femme s'éloigner, perdre l'intérêt qu'elle lui avait toujours montré. C'était lui qui cherchait à sortir tous les soirs, comme un vieux beau en pleine crise de la quarantaine, lui qui se laissait draguer par les serveuses du bar où il allait toujours, lui qui n'essayait plus de séduire son épouse quand elle rejoignait leur lit d'un pas hésitant.
Il le savait, c'était autant de sa faute que la sienne.
Mais c'étaient quinze ans de leur vie qu'ils s'apprêtaient à rayer d'une simple signature.
Ils regardaient tous les deux le parchemin avec une expression indéchiffrable. Drago ignorait ce qui se passait dans la tête de sa future ex-femme, mais il devinait que c'était quelque chose de similaire à ce qui se passait dans la sienne.
Ex-femme.
Un raclement de gorge les fit relever la tête et Blaise les observait, l'œil humide et les doigts tapotant contre le bureau.
- Si vous avez besoin de plus de temps pour réfléchir, je peux…
- On n'a pas besoin de plus de temps, coupa Hermione. C'est la meilleure chose à faire, tu le sais comme nous.
Blaise regarda Drago, l'air d'attendre qu'il intervienne, mais Drago n'avait rien à dire. Des mois et des mois que leur foyer ressemblait davantage à une colocation qu'à autre chose.
C'était la meilleure chose à faire.
Le meilleure décision.
- Je dis juste que vous pouvez vous poser calmement pour en discuter…
- Blaise, tu nous avais promis d'être impartial, morigéna Drago.
- Eh bien peut-être que j'aurais dû refuser ! Je ne peux pas voir mes meilleurs amis se déchirer sans aucune raison sans rien dire !
- On vous a longuement expliqué. On ne…
Drago chercha comment finir sa phrase.
Hermione trouva à sa place.
- Nous ne sommes plus amoureux. On est malheureux ensemble, tu comprends ?
A nouveau, Blaise se tourna vers Drago, comme pour chercher son approbation. Alors Drago hocha la tête.
Ils n'étaient plus amoureux. C'était la réponse évidente à toutes les questions qu'ils se posaient depuis tout ce temps.
Pourquoi ne se parlaient-ils plus ? Ils n'étaient plus amoureux.
Pourquoi ils passaient tout leur temps au travail ? Ils n'étaient plus amoureux.
Pourquoi ne se touchaient-ils plus ? Alors que le sexe avait toujours été leur domaine d'excellence ?
Parce qu'ils n'étaient plus amoureux.
Hermione poussa un profond soupir et s'empara de la plume posée devant eux. Elle la trempa dans l'encrier et Drago se demanda s'il avait imaginé les tremblements de sa main.
Peu importe.
Elle avait signé.
Il se dit que l'énorme poids qui tomba dans sa poitrine était un passage obligé, une pure formalité.
Parce qu'ils n'étaient plus amoureux.
A son tour, il prit la plume et signa sous son nom.
En sortant du bureau de Blaise, l'ambiance était pesante. Comment dire adieu à la femme qui partageait votre vie depuis quinze ans ?
- Bon, eh bien… on se reverra à la gare pour aller chercher Scorpius, alors, tenta Hermione.
Drago acquiesça. La boule dans sa gorge l'empêchait de parler. Il se répétait que c'était normal. Il en était persuadé.
Hermione prit une grande inspiration, ouvrit la bouche, mais se retint finalement. Elle secoua la tête et se contenta de lui lancer un regard qui exprimait ce que Drago ressentait aussi. Elle n'avait pas la force de formuler des au-revoirs, alors elle se retourna et elle partit, tout simplement.
C'était une journée ordinaire.
Le ciel était gris, les rues de Londres étaient bondées, et la pluie commençait à tomber.
Une journée comme toutes les autres, et néanmoins, pour la première fois depuis quinze ans, Drago Malefoy et Hermione Granger reprirent leur route chacun de leur côté.
(oui, je sais, la fin est un peu triste, mais gardez en tête que tout va s'arranger ! ahahah)
