Et voici une fanfiction Mikani, la première que j'écris ! Rien de bien extraordinaire, mais j'espère que l'initiative vous plaira !
Anecdote : J'ai commencé à écrire cette fanfiction parce que je m'emmerdais en cours d'EMC, qu'on était en train de faire des recherches sur des ordis et que dès que je me retrouve face à un clavier d'ordinateur j'ai la furieuse envie de taper dessus, tout et n'importe quoi, de mes états d'âme à des fanfictions hyper pas originales et hyper niaises. Du coup j'ai commencé à écrire quelques paragraphes sur un fichier qui à la base était destiné à un travail scolaire, et puis j'ai eu envie de continuer, plus tard, alors j'ai récupéré le texte et je l'ai continué sur mon téléphone pendant les récréations, les heures de perm et les pauses du midi, quand j'attends pendant quinze plombes dans le rang pour aller au self. Douze jours plus tard, à force d'écrire quelques phrases à droite à gauche sur cette histoire, j'ai fini par l'achever.
Anecdote 2 : Et aussi, alors que je me demandais quand je pourrais poster cette fanfic, je me suis rappelé que l'anniversaire d'Annie, c'est le 22, et que ça tombe bien vu que c'est un MikAni. Le truc c'est qu'hier j'ai clairement pas eu le temps de m'en occuper, du coup je poste ça avec un jour de retard, pas grave.
Bon, sur ce, bonne lecture !
Rivales, et plus si affinités
Mikasa aimait bien l'appartement d'Annie.
C'était un petit studio qu'elle louait à un photographe souvent en déplacement. Ils étaient amis, paraissait-il, mais Mikasa ne l'avait jamais rencontré. Il fallait dire qu'aussi, à l'origine, elle n'était pas spécialement proche d'Annie. C'était Eren qui les avait présentées l'une à l'autre, il y avait de cela quelques années déjà ; il prenait des cours du soir avec elle, parce que c'était la plus forte de sa classe dans les matières scientifiques et que lui voulait faire remonter sa moyenne en chute libre depuis qu'Armin lui avait brisé le cœur. Mais c'est une histoire un peu trop complexe pour être contée à présent.
Mikasa n'appréciait pas spécialement Annie, la première fois qu'elle l'avait rencontrée, elle lui avait paru hautaine et froide. Elle se demandait comment une fille comme elle pouvait avoir le toupet de donner des cours du soir à Eren, mais aussi étonnant que ce fût, elle semblait bien l'aimer.
Le courant n'était pas passé entre les deux filles. C'était une guerre froide, rien n'était dit, tout était implicite. Les regards hostiles, les petites attentions comme ces punaises sur la chaise de Mikasa ou ce ballon de basket qu'elle avait lancé à la figure de la blonde sans faire exprès je suis désolée... Leurs amis en tremblaient de peur chaque fois qu'elles étaient proches l'une de l'autre.
Aujourd'hui, de l'eau avait coulé sous les ponts.
Tout du moins, c'est ce qui semblait à Mikasa, puisqu'elle se trouvait présentement dans l'appartement d'Annie, ce petit cocon chaleureux, et qu'elles allaient réviser leurs partiels. Étant toutes deux en fac de sciences, assistant à de nombreux cours en commun, elles avaient décidé de faire une trêve dans leur guerre froide pour obtenir Eren, ou peut-être que ça s'était fait tout seul, avec le temps, simplement.
Elles n'en savaient rien et elles n'avaient pas cherché à le savoir.
Et de toute façon, qu'importait. Mikasa, le regard comme d'habitude las, commença à sonder les environs. C'était l'été, en plein milieu du mois de juillet et il faisait plutôt chaud. Dehors tout du moins. Étonnamment, il faisait bon dans l'appartement d'Annie.
Mikasa songea que ce devait être à cause de toutes ces plantes qui reposaient çà et là dans la pièce qui faisait office de salon, salle à manger, cuisine et entrée. Annie n'était pas bien loin, dos à elle en train de fouiller dans le petit frigo à la recherche de rafraîchissements. Mikasa se demanda si c'était elle qui s'occupait vraiment d'entretenir toutes ces plantes et autres fleurs, mais après tout, qui d'autre l'aurait fait ? Elle vivait seule ici en l'absence du photographe.
La pièce n'était d'ailleurs pas très grande. Il y avait tout juste la place d'y caser un canapé, une table basse et un meuble télé, le coin cuisine qui s'étalait contre le mur du fond et le comptoir juste devant, avec trois tabourets.
Mikasa était assise sur l'un d'eux, observant Annie tourner et retourner l'intégralité du petit frigo, toujours à la recherche de quelque chose à boire. La paume de la main contre son menton et le coude sur le comptoir, Mikasa était songeuse.
Elle aimait bien Annie, maintenant. Et son appartement. Pas moins de deux ans plus tôt, elle n'y aurait jamais cru si on lui avait dit.
"Bon, t'as fini de me reluquer ?" grogna Annie en fronçant les sourcils. Mikasa ne les voyait pas d'ici mais elle savait qu'elle le faisait. Elle la connaissait bien, à présent. Assez pour savoir qu'il ne s'agissait nullement d'un reproche mécontent mais bien d'une remarque amicale.
Et elle avait appris à y répondre.
"Non, tu es trop lumineuse pour que je cesse." Hum. Elle avait fait mieux.
Annie soupira lourdement et Mikasa ne put s'empêcher de reprendre, railleuse :
"Sainte Annie m'éclaire de sa lumière divine !"
La susmentionnée lui lança une canette à la figure, mais Mikasa la rattrapa d'un geste habitué. Elle regarda ensuite de quelle sorte de canette il s'agissait. De l'Orangina. Bof. Elle n'était pas fan de ça.
"Sainte Annie te fout sa lumière divine dans le cul !" se récria la jeune femme avec véhémence.
Mikasa ricana. Elles n'étaient pas près de réviser leurs partiels comme c'était fait là.
Mikasa aimait bien les soirées d'Annie.
Ce soir, elles s'en faisaient une petite avec quelques amis de la fac dans son appartement. Il y avait Eren, Armin, Peak et Jean assis avec elles autour de la table basse, serrés sur le canapé ou plus ou moins confortablement installés sur le tapis.
Annie achevait de se ramener avec les boissons et la bouffe pendant qu'Eren râlait à propos de son prof de sport qui l'avait pris pour bouc émissaire et catalogué tête à claques au début d'année, Mikasa et Peak faisaient semblant de l'écouter par politesse, Jean et Annie ne l'écoutaient même pas, et en fait seul Armin était pendu à ses lèvres.
"Et puis l'autre fois, il m'a littéralement frappé ! Ça a pas le droit de faire ça, un prof, normalement, non ?" continuait Eren, convaincu que tout le monde était absolument et totalement à l'écoute des moindres détails de son récit.
Mikasa lui jeta un coup d'œil ennuyé et se demanda comment elle avait pu tomber amoureuse d'un crétin pareil. Parce qu'il fallait se l'avouer, elle avait un peu dû idéaliser Eren durant leur jeunesse. Ou peut-être bien que c'était lui qui avait changé de son côté, en grandissant, mais il y avait quelque chose et aujourd'hui Mikasa était heureuse de n'être qu'une amie pour lui (ou plutôt, elle était heureuse d'avoir accepté de n'être qu'une amie pour lui).
Elle observa Eren, circonspecte, et décida alors de le critiquer intérieurement. Il avait dix-neuf ans, comme eux tous ici. Quand comptait-il se couper les cheveux ? Ça faisait trois ans qu'il les laissait pousser et à les voir c'était à se demander s'il les entretenait. Sérieusement, il devrait les couper, ça faisait négligé.
Mais bon, ce n'était que l'avis de Mikasa.
"Et il s'appelle comment ton prof de sport ?" demanda-t-elle soudainement à Eren, qui n'avait toujours pas fini de parler de lui, abordant cette fois où il l'avait repris sur ses cheveux et son regard parce qu'apparemment il ressemblait à un clodo.
"Pourquoi ?" répliqua Eren, irrité à la simple pensée de son nom. "Tu veux le retrouver et lui casser la gueule à l'intercours ?!" ajouta-t-il avec espoir, mais il devait savoir que ça n'était pas le genre de Mikasa.
"Non, je veux le remercier d'essayer de te mater. Il paraît que ce n'est pas un travail facile." railla Mikasa, qui s'amusait toujours autant à infantiliser Eren comme s'il n'avait que cinq ans.
"Haha, très drôle..." grogna ce dernier. "Il s'appelle Ackerman. Comme toi." concéda-t-il en rougissant faiblement et en se mordillant la lèvre inférieure. Ces mimiques n'échappèrent pas à Mikasa, bien qu'elle ne sût les interpréter.
Elle haussa les sourcils, intérieurement prise de court mais extérieurement incrédule. Elle ne connaissait pas d'autre Ackerman excepté sa famille et elle était assez curieuse, il fallait le reconnaître.
"Tu le connais ?" questionna Eren, et sa voix laissait passer un mélange de crainte et d'espoir. Là non plus, Mikasa ne comprit pas pourquoi.
Elle se contenta de secouer négativement la tête et Annie revint avec tout ce qu'elle avait pu trouver de comestible dans son frigo. Elle voulut s'asseoir sur le canapé mais voyant que Mikasa, Jean, Peak et Armin étaient déjà serrés dessus, elle se rabattit sur le tapis où Eren continuait de pester à voix basse contre son insupportable professeur d'EPS.
"Pourquoi il y a un sachet de mâche ?" demanda Mikasa en se saisissant d'une canette de Coca light.
Annie haussa les épaules. "C'est tout ce que j'ai trouvé dans mon frigo, et je tiens à ajouter que la mâche est une nourriture saine et que c'est bien d'en manger de temps en temps."
"Ma foi," dit Peak, et Jean assis à sa droite la regarda de travers, parce qu'en 2022, personne, au grand jamais personne ne dit 'ma foi'. "si ça peut nous éviter de finir la soirée bien éméchés."
Mikasa hocha sombrement la tête, bien que, mais elle n'en dit rien, elle doutât fortement qu'un paquet de mâche et des canettes de Coca light suffiront à masquer bien longtemps la bouteille de champagne et autres alcools bien plus forts qu'Annie planquait un peu partout dans sa cuisine.
Mikasa aimait bien Annie.
Peut-être était-ce l'alcool qui faisait ça, l'ambiance réconfortante et les éclats de rire autour d'elle, mais tout lui semblait plus lumineux, et à la fois sombre parce qu'Annie ne savait plus où se trouvait l'interrupteur du salon et que Jean lui avait certifié que ce n'était pas grave car il était nyctalope.
Annie souriait, d'une joie exacerbée par l'alcool, et Mikasa décida d'arrêter de lui faire la guerre. C'est bon, Eren la fatiguait et Annie n'avait plus l'air aussi collée à lui non plus - peut-être qu'elle pensait la même chose qu'elle. Assise sur le tapis, Mikasa jeta un coup d'œil à Eren, qui se lamentait assis à côté d'elle, toujours de son prof de sport semblait-il, et Mikasa tendit l'oreille parce qu'elle ne savait pas quoi faire d'autre et qu'un Eren alcoolisé était souvent à mourir de rire. Dans un élan de sobriété, Mikasa sortit son téléphone et lança l'application magnétophone, juste pour le plaisir de réécouter les perles que le jeune homme risquait de lui sortir - elle devait avoir une sorte de sixième sens, car sitôt que le portable se mit à enregistrer, Eren débita d'une voix chevrotante :
"En pluuuus, il est trooooop beau... Tu verrais sa tête, ses yeux... Et ses cheveux... Ils ont l'air si soyeux... Si fins... Et puis ses fesses... Et sa chute de reins..." Eren semblait se noyer dans la description de son prof de sport, qu'il n'avait plus si l'air de détester, tout à coup.
"Eren," fit Mikasa, d'une voix à mi-chemin entre le scepticisme et la désapprobation, mais son effet était un peu gâché par sa joie passagère causée par son abus de boisson (le réveil demain serait moins joyeux). "Tu ne serais pas, genre… intéressé par lui ?"
Eren la regarda avec des yeux ronds et vitreux, à la limite du globuleux, et une expression béate.
"Non mais t'es pas sérieuse ?!" se scandalisa-t-il. "Je le déteste ! Il me déteste ! On ne pourra jamais être ensemble !"
Mikasa ne chercha pas plus loin et s'éloigna de lui. Elle lança un regard à la ronde pour voir ce que chacun faisait. Armin et Peak discutaient sombrement, l'air grave, mais avec les verres à moitié pleins qui reposaient sur la table basse devant eux et leurs joues rouges et le fait qu'Armin, ça Mikasa en était sûre, ne tenait absolument pas l'alcool, le tout paraissait bizarrement peu sérieux. Jean, aussitôt que Mikasa était partie, avait pris sa place et se disputait joyeusement avec Eren.
Annie avait l'air de somnoler, étalée sur le canapé. Pour la faire chier - à moins qu'il y eût autre chose mais Mikasa n'aurait su dire quoi exactement -, Mikasa se leva et se laissa tomber sur les jambes de sa presqu'amie. Elle aurait pu faire plus vache encore, comme en lui tombant directement sur le ventre, mais il ne fallait pas oublier qu'elle était loin d'avoir l'esprit clair et qu'elle avait été déviée de sa trajectoire initiale (enfin, ça, c'est ce dont elle se convainquait. En vérité il était possible qu'elle n'eût voulu blesser Annie, toutefois elle n'était pas sûre de vouloir l'admettre).
"Aaah ! Putain Mikasa ! Bouge de mes jambes !" s'écria Annie avec force. Elle tenta de les agiter, sans grand succès.
Mikasa la toisa un instant, jubilant, un sourire maléfique sur les lèvres. Elle n'avouerait pas que dominer ainsi Annie lui procurait un plaisir insoupçonné, et réfléchit plutôt à quoi répondre.
"Ouais, elles sont pas très confortables." argumenta-t-elle comme pour justifier le fait qu'elle s'en retirait.
Annie fit la moue et Mikasa se sentit étrangement bien. Elle savait bien que la blonde faisait semblant, qu'elle n'était pas réellement vexée de son commentaire, et d'habitude cela ne lui faisait pas grand-chose. C'était bizarre.
Puis Annie se redressa, s'assit dans un coin du canapé. Mikasa se dépêche de se coller à elle, rien que pour l'emmerder en l'étouffant contre les coussins. C'était tout du moins ce dont elle se persuadait.
"Tu fais quoi, putain ?..." grommela mollement Annie.
"Je te fais chier."
"Sans blague ? En fait non, te barre pas, c'est confortable."
Mikasa se figea dans son mouvement, à savoir se lever, et elle se laissa tomber plus mollement contre l'épaule d'Annie. C'était confortable, elle avait raison. Elle ne lui dirait pas, elle avait trop de fierté.
Elles ne dirent plus rien, assises l'une contre l'autre sur ce canapé qui grince parfois, en face de la table basse où leurs étranges amis discutaient toujours, ivres. Et elles étaient bien. Mikasa ne pensait plus à le cacher, sur le coup : elle se sentait bien là, contre Annie, sa joue contre son crâne et son épaule contre son sweat. Elle était détendue, heureuse, et elle ne songeait même plus à paniquer un bon coup parce que c'était évident ça faisait paniquer : elle se sentait bien avec Annie. Mais ça pouvait attendre demain, et elle le pensait vraiment.
Interlude : après la fête
Quand Annie sortit de son coma éthylique, ses muscles lui faisaient mal, son crâne la lançait et tout le côté droit de son buste irradiait. Elle comprit, à travers le brouillard qui entourait son cerveau, que c'était Mikasa qui se trouvait allongée sur elle. Aussi surprenant que ce fut, Annie ne s'en étonna pas. Elle ne chercha pas à comprendre pourquoi, parce qu'elle pensait que ça ne servait à rien de se poser ce genre de questions dans certains cas et celui-là était l'un d'eux, mais ce qui se passait entre Mikasa et elle, ce lien aussi fin qu'une ficelle, aussi lumineux que les guirlandes de LEDs dans les sapins de Noël, elle l'aimait bien.
Elle ne bougea pas de sa position, elle ne pouvait pas, ne voulait pas de toute façon, mais elle se pencha pour regarder l'état de ses invités.
Armin et Peak étaient allongés sur le tapis, et Annie ne put s'empêcher de constater les bras d'Armin autour des épaules de Peak. Bah, se dit-elle, Armin était un chic type et Peak méritait un homme comme lui. De l'autre côté de la table, Eren avait la tête sur le torse de Jean, mais Annie doutait qu'il s'agissait d'un geste tendre. Il y avait certes une alchimie entre ces deux-là, seulement cela était uniquement amical.
Annie ayant terminé son inspection ne sut quoi faire d'autre, et elle n'était clairement pas en état de se lever et de commencer à ranger. Et il y allait en avoir, du rangement à faire. Elle décida de reporter ça à demain, et elle se rendormit, blottie contre Mikasa.
Mikasa aimait Annie.
C'était une certitude, à présent, et c'était d'autant plus effrayant qu'à part Eren, elle n'avait jamais aimé quelqu'un comme ça. Elle avait peur, intérieurement, mais devait continuer à entretenir l'illusion, au moins devant Annie, qu'elle n'était pas plus à ses yeux qu'une simple amie - elle ne savait pas qu'Annie l'avait déjà percée à jour, et n'était absolument pas contre. Elle ne savait pas, et Annie attendait de voir ce qu'elle comptait faire avant de lui dire.
Ce jour-là, elles faisaient les boutiques, parce que Noël était en approche et qu'il fallait faire des cadeaux à tous leurs proches. Mikasa savait déjà qu'elle allait offrir des yaoi à Armin, à Peak aussi sans doute (ces deux-là s'étaient bien trouvés), mais elle ne voyait pas ce qu'elle pourrait offrir à Eren et encore moins à Annie.
Hé oui, première nouvelle : Mikasa avait décidé, cette année, de faire un cadeau à Annie. Chose qu'elle n'avait pas fait les années précédentes depuis qu'elles se connaissaient et étaient ennemies jurées, et qu'elle tenait à faire maintenant qu'elles avaient atteint ce statut tout nouveau tout étrange d'amies.
"Donne-moi une idée de cadeau pour Eren." ordonna Mikasa à Annie en passant devant les boutiques colorées du boulevard.
Les emplettes avaient déjà commencé avec quelques cadeaux un peu pourris pour leurs parents respectifs, mais elles savaient bien que ces derniers n'allaient pas se plaindre, puisque eux-mêmes leur offraient des cadeaux qui laissaient à désirer. Maintenant c'était au tour des cadeaux pour les amis et Mikasa, en l'attente de tomber sur une librairie pour son blondinet préféré et sa récente copine, choisit de demander conseil à Annie.
"Une boîte de Legos."
Mikasa regarda Annie de travers. "Je sais que j'ai tendance à l'infantiliser, mais tout de même. Tu es pire que moi. C'est ce que tu vas lui offrir ?" s'enquit-elle tout de même.
"Si tu prenais la peine de réfléchir deux millisecondes, chérie, tu saurais que ça fait trois ans que je n'offre plus de cadeaux à Eren." répliqua Annie, mais le ton de sa voix n'était pas particulièrement rancunier, ou méprisant. Plutôt joueur.
Mikasa beuga sur le 'chérie'. Annie n'en eut cure, ou peut-être que c'était juste ce qu'elle laissait croire.
"Je cherche plutôt des fleurs pour Bertolt." ajouta-t-elle.
"Bertolt ?" demanda Mikasa, n'ayant pas souvenir de connaître un Bertolt.
"Le photographe. À qui je loue le studio." lui révéla Annie. Elle se mit ensuite à monologuer : "Après, c'est pas vraiment à lui que je fais le cadeau puisqu'il est toujours en déplacement, mais plutôt à moi-même, parce que les fleurs vont finir dans son appart' et que c'est moi qui m'en occupe..."
"Qu'est-ce que t'en dis si je t'offre des fleurs pour Noël ?" l'interrompit Mikasa.
"J'en dis que le principe d'un cadeau, c'est que celui qui offre fait une surprise à celui qui reçoit." railla Annie, mais son ton n'était toujours pas méprisant.
Mikasa, parce que ce n'était pas son genre, ne prit même pas la peine de se sentir honteuse d'avoir été si directe, d'avoir ruiné la surprise d'Annie.
"Ceci dit, je veux bien de tes fleurs." ajouta la blonde, l'air de rien.
Un fin sourire étira les lèvres rouges de Mikasa. La neige commença à tomber du ciel gris, et le monde de Mikasa ne pouvait pas être plus rayonnant.
Annie aimait Mikasa.
C'était fou - impensable. Quoi ? Une fille comme elle ? Alors qu'elles se détestaient ?
La question de leur orientation sexuelle avait été évitée, parce qu'elles n'avaient pas abordé ce sujet, qu'elles n'avaient pas envie d'en parler, que ça s'était fait tellement naturellement qu'elles n'avaient pas trouvé la nécessité d'avoir un débat là-dessus, de devoir se mettre dans une case - prétendre être lesbienne, bisexuelle ou pan, alors qu'en vérité elles ne savaient pas elles-mêmes.
Elles ne savaient pas non plus comment elles s'étaient mises ensemble. Comme dit plus haut, ça c'était fait naturellement. Elles glandaient dans l'immense cour du campus universitaire, à la pause du midi, et elles n'étaient que deux. Il faisait froid, elles ne savaient plus pourquoi elles s'étaient mises dehors au lieu de se chercher une place dedans, au chaud, ni pourquoi elles avaient apporté un pique-nique alors que la bouffe du restaurant universitaire n'était pas si mal.
Et puis Mikasa avait embrassé Annie. Comme ça, sans contexte ni préambule. Autant dire que pour un premier baiser, il y avait mieux ; leurs lèvres avaient encore le goût de leurs sandwichs, je pense qu'on a fait plus romantique. Et puis, la surprise d'Annie passée et le goût des sandwichs mis à part, c'était plutôt pas mal.
C'était même vachement bien.
Puis ça avait sonné, les laissant songer qu'elles avaient réellement un problème de timing, et elles s'étaient séparées là-dessus.
Un peu plus tard dans la journée, Annie avait envoyé un message à Mikasa, lui demandant si elles sortaient ensemble, du coup. Mikasa lui avait envoyé un emoji doigt d'honneur, puis, juste après, "pose pas de questions connes". Annie lui avait répondu d'un smiley souriant.
À la fin des cours, Mikasa l'avait attendue devant le bâtiment où elle avait cours, et elles étaient rentrées main dans la main - à l'appartement d'Annie.
Mikasa était folle amoureuse d'Annie - et, elle avait parfois du mal à y croire, c'était réciproque !
Le printemps arrivait lentement, l'été était la promesse lointaine de vacances à la plage, pour fêter leur réussite aux examens de fin d'année, et le monde de Mikasa brillait de mille feux.
Annie et elle, au cours de dernières semaines, avaient pris leurs marques, leurs habitudes, et Annie dormait chez elle quelques fois, même si elles préféraient toutes deux l'appartement de la blonde, plus petit mais plus calme - Mikasa partageait le sien avec Hitch et Historia -, Annie avait décoré sa cuisine avec des boîtes de thé puisque cela semblait être la seule boisson que Mikasa consommait, elles échangeaient leurs fringues sans cesse et Mikasa aurait été incapable de dire si le sweat beige qu'elle portait actuellement appartenait à Annie ou à elle.
En cette après-midi de mars, elles étaient confortablement installées sur le canapé de l'appartement d'Annie, et regardaient sans la voir la série qui passait à la télévision. Blotties l'une contre l'autre, dans la clarté tiède et rassurante de ce début de printemps, Mikasa tressait distraitement une mèche blonde et Annie sirotait un thé - ça, c'était à cause de Mikasa. Avant elle, Annie ne prenait que du café.
"Hey, Annie ?" demanda Mikasa sans cesser ses mouvements, apaisants pour Annie et déstressants pour elle.
"Hmm..." souffla l'intéressée, qui n'avait même plus la force d'articuler une réponse qui en soit une.
"Tu te souviens de cette soirée que tu avais organisée, en octobre, avec Eren, Armin, Jean et Peak ?"
Annie prit le temps de répondre, perdue dans ses pensées, à la recherche de ce souvenir précis. "Ah, oui," dit-elle soudain. "Celle où Armin et Peak se sont mis ensemble ?"
Mikasa hocha doucement la tête.
"Et donc ?" la relança Annie, qui malgré tout ne comprenait pas où elle voulait en venir au juste - bien qu'elle eût sa petite idée.
"C'est ce soir-là que je suis tombée amoureuse de toi." souffla Mikasa, le ton neutre, un brin amusé peut-être, mais retentissant d'un amour éperdu.
Et Annie éclata de rire. Un rire franc, libérateur, presque soulagé. Elle se tourna vers elle, sourire aux lèvres, et l'embrassa au coin de la bouche.
"Moi aussi," dit-elle.
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Bon, voilà, c'est fini :,(
J'espère que ça vous a plu, que c'était pas trop niais, pas trop con, et puis dans tous les cas, n'hésitez pas à laisser un commentaire, à mettre en fav ou en follow (même si ceci dit je n'écrirai pas de suite), ou à réactualiser quinze fois la page pour faire monter le nombre de vues (je rigole)…
