Sous la tente
Ils entendirent des chevaux approcher. C'étaient Vic et Tauriel.
Cette dernière eut juste le temps de descendre de sa monture que Kili était à ses côtés. Il l'enlaça et l'embrassa tendrement sous les applaudissements et les cris des nains. Mais très vite, elle se dégagea et rejoignit Vic qui s'était approchée du roi.
- Seigneur Thorin, nous sommes ici à la demande de son Altesse la princesse d'Amalthée.
- Et que veut-elle ?
- Que nous vous escortions au palais.
- Et si je refuse ?
- Alors tant pis. Elle ne peut vous contraindre. Ce sont textuellement les mots que son Altesse Lyana a utilisés lorsque j'ai évoqué cette possibilité.
- Et bien vous lui direz que... commença-t-il.
- Vous me le direz vous-même !
Lyana en robe longue montait en amazone un grand cheval.
Elle descendit de sa monture.
- Où sont ma tunique, mon pantalon et mes bottes. murmura-t-elle à Vic en la croisant.
- À la lingerie... Enfin je crois. On a quelques soucis d'intendance. Mais vous êtes très jolie en robe. sourit la jeune femme.
-Mouais. Mais ce n'est vraiment pas l'idéal pour faire un long parcours à cheval. grimaça-t-elle.
Tauriel toussa.
Lyana regarda fixement Thorin.
- Je souhaiterais discuter avec vous.
- Très bien. Suivez-moi.
Il se dirigea vers une des tentes. Elle se mit en marche mais elle eut un vertige. Aussitôt Oin l'avait rejointe.
- Lyana ! Vous allez beaucoup mieux. Mais une telle sortie est vraiment prématurée.
- De par son parcours ou son objet ? demanda-t-elle.
- Les deux. Vous êtes encore fragile physiquement... et psychologiquement.
Balin arrêta Thorin avant qu'il n'entre sous la tente.
- Je sais ce que tu veux faire. Mais ménage-là !
- Si je la ménage, elle me regrettera. Elle doit m'oublier pour accomplir son destin. Même si pour cela elle doit me haïr.
Balin soupira et se retira pour rejoindre les autres.
Lyana entra sous la tente. Thorin faisait les cent pas, les mains jointes derrière le dos tel un professeur qui allait infliger une punition.
Il soupira profondément.
- Je vous écoute. Je peux vous accorder cinq minutes.
Il était si froid. Un frisson parcourut la princesse.
Il se figea, la regarda fixement et avec insistance.
Elle déglutit.
- Pourquoi avez-vous quitté le palais ? Pourquoi repartir sans me saluer ?
- Nous étions restés pour vous aider à reprendre la ville. Et c'est ce que nous avons fait. Notre mission est finie. Nous repartons.
- Je pensais que ce que nous avions vécu…
Il retint sa respiration.
- ... que ces nombreuses aventures, ces moments auraient créé des liens.
- Cela en a créé. Le peuple d'Erebor et celui de l'Amalthée sont amis et le resteront.
Il restait impassible. Elle sentait les larmes monter.
- Je parlais de vous et moi, Seigneur Thorin. Je pensais que...
Thorin se retourna pour fixer la toile de tente. Il se sentait incapable de porter le coup de grâce en lui faisant face.
Elle déglutit à nouveau alors qu'il lui tournait le dos. Comment pouvait-il l'humilier ainsi ? Comment pouvait-il ainsi mépriser l'inclination qu'elle lui témoignait ?
- Vous pensiez quoi ? demanda-t-il sèchement.
S'il avait pu se gifler, il l'aurait fait. Il se dégoûtait.
Elle se dirigea vers la sortie. Il entendait le pan de sa robe léchant le sol. C'était l'option qu'il espérait. Que cela en reste là. Cesser cet affrontement. Le plus difficile qu'il n'ait jamais vécu.
Mais elle se ravisa. Elle n'allait pas flancher maintenant. Il piétinait ses sentiments. Il se moquait des moments d'intimité qu'ils avaient partagés.
- Je pensais que vous m'aimiez un peu... du moins assez pour envisager...
- Envisager quoi ?
Pourquoi ne lâchait-elle pas ? Pourquoi l'obligeait-elle à être si odieux ?
Les larmes coulaient sur ses joues. Elle serrait les poings à en couper la circulation sanguine dans ses doigts.
- Envisager un retour en commun. Je dois revenir sur la Terre du Milieu et vous auriez pu me faire découvrir Erebor. C'est un endroit qui me plairait sûrement pour m'y installer un temps voire...
- Vous y feriez quoi ?
- Ce qui vous sied.
Thorin souffla. Il fallait arrêter ce duel qui les meurtrissait tous les deux.
Il prit une profonde respiration et se retourna. Il planta ses yeux dans ceux de Lyana. Il eut si mal. Il aurait voulu courir vers elle, la prendre dans ses bras, s'excuser et sécher ses larmes.
Mais il y était presque parvenu.
Encore juste une joute...
- Je vous souhaite le meilleur, Lyana. A vous et à votre royaume. Je dois vous laisser. Ce sont les derniers préparatifs. Je souhaite que nous partions juste après le déjeuner.
Il la salua d'un hochement de tête et sortit rapidement.
A peine la toile passée, il prit une grande inspiration. Cette impression de suffoquer. Il plia légèrement les genoux et appuya les paumes sur ses cuisses en soufflant. Le pire de tous les combats...
Il se redressa, conscient du regard de l'assistance. Il partit directement vers son cheval, feignant de vérifier l'installation de sa selle.
Lyana tomba à genoux et s'effondra en sanglots.
Déjà Vic et Tauriel étaient accroupies à ses côtés.
- Votre Altesse, vous a-t-il blessée ? demanda Vic qui la balayait du regard à la recherche de la moindre plaie.
- Ces blessures ne sont pas visibles.
- En ce domaine, les nains seraient-ils aussi redoutables que les hommes ?
- Ils le sont plus encore. sanglota-t-elle.
Vic se releva.
- Je vais le... ? grogna la jeune blonde.
- Non. Je ne m'humilierai pas plus...
Lyana se releva, aidée de Tauriel. Elle essuya ses larmes d'un revers de manche, ajusta ses cheveux, se donna deux petites tapes sur les joues, histoire de se donner contenance.
- ... Nous allons sortir, rejoindre nos chevaux et retourner au palais. Tauriel, si vous souhaitez accompagner le seigneur Kili, faites-le. Peu importe Thranduil ou moi ! Écoutez votre cœur. C'est ce que je ne peux hélas faire aujourd'hui et cela me détruit.
- Je reste avec vous, Lyana... et Kili comprendra.
Elles sortirent donc de la tente. Lyana en tête, suivie de près par Vic puis Tauriel.
Au moment de monter en amazone sur son cheval, la princesse eut une faiblesse. Elle n'avait plus de force. Mais elle se sentit soulevée et fut posée avec précaution sur sa monture.
- Merci, Maître Dwalin. sourit-elle.
- Je vous en prie. Ce fut un plaisir de vous connaître... et je suis désolé de la tournure qu'ont pris les événements. déclama-t-il.
Elle lui sourit à nouveau avant de donner un coup de talon à son cheval qui se mit en marche lente.
Vic suivit puis Tauriel qui jeta un regard vers son prince nain. Il lui mima un "je t'aime" des lèvres. Elle lui répondit un "je t'aime aussi" à son tour avant de se retourner.
Kili ravala sa chique. Bofur lui tapa dans le dos en secouant la tête.
Fili fonça sur son oncle.
- C'est quoi ça ? hurla-t-il.
- Parle-moi sur un autre ton ! ordonna Thorin.
- Sur un autre ton ? Comme celui que tu as utilisé pour l'anéantir ?
- Cela ne te regarde pas !
- Je t'aime, mon oncle. Je te respecte et t'admire. Mais ce que tu viens de faire est honteux et infamant. Elle est venue te demander pourquoi on partait. Et qu'as-tu répondu ?
- Que notre mission est à Erebor... La sienne est en Amalthée. Nous ne pouvons nous en détourner.
- Et qu'a-t-elle répondu ?
- Rien.
- Elle n'a rien répondu ? Lyana qui ne répond rien ? Tu te fous de moi ? Tu mens !
- Fili, arrête ! Ne m'oblige pas... !
- Tu vas faire quoi ? M'en mettre une ?
Le prince blond tomba lourdement sur son séant. Il secoua la tête et, de la main, vérifia que sa mâchoire n'était pas cassée.
- Mon oncle ! s'offusqua Kili qui accourait pour aider son frère à se relever.
Thorin secoua sa main endolorie et tourna les talons mais Fili, la lèvre ensanglantée, surgit devant lui.
- Fili, ôte-toi de mon chemin ! Je n'ai pas envie de t'abîmer plus encore.
- Je suis ravi de savoir que tu ne veux pas esquinter ce qui te servira de rallonge après ta mort.
- De rallonge ?
- Bien oui. La survie de Thorin au travers de son neveu !
Le visage de Thorin se relâcha mais déjà il fronça les sourcils.
Le silence s'instaura.
Enfin, Thorin prit la parole.
- Je suis désolé que tu aies pu croire n'être qu'un héritier. Je vous aime, Fili et toi, comme mes fils. A la mort de votre père, j'ai promis à ma sœur, votre mère, de veiller sur vous. Je m'y suis mal pris. J'ai foi en toi et je sais que tu seras un grand souverain. Tu en as l'étoffe. Peut-être vais-je trop vite en besogne... Je te demande pardon.
Il sourit et ouvrit les bras. Fili, en pleurs, s'y réfugia. Ils s'étreignirent. Thorin fit un signe à Kili qui ne se fit pas prier et courut vers eux. Thorin serrait ses neveux en larmes contre lui aussi fort qu'il le pouvait.
Devant cette scène, la compagnie était tant émue que tous les yeux s'humidifiaient. Même ceux de Dwalin, le plus coriace d'entre eux.
- Peut-être pourrions rester pour le couronnement demain ? proposa Balin.
Thorin se dégagea de ses neveux. Tous les deux le regardaient, insistants.
- Très bien, nous assisterons au couronnement.
- Et après ? demanda Kili.
Thorin soupira et se retira sous sa tente sans répondre.
Lyana fixait les poutres au plafond. Elle soupira profondément. Tout avait été si vite en si peu de temps. Le départ de la colline pour Erebor. La rencontre de Thorin. L'attaque des manticores. L'enlèvement par les rokhs. La coquatrix. Proditus. La confusion des sentiments pour Thorin. La bataille. La mort de Fenni...
Trois coups assénés à la porte la sortirent de ses songes. Elle se leva rapidement. Elle allait mieux que la veille. Elle enfila une robe et alla ouvrir.
Albus était vêtu de noir. Il la regarda de haut en bas.
- Tu ne comptes pas y aller comme cela ?
- Aller où ?
- Au caveau. répondit-il fronçant les sourcils.
Le corps de Fennimore avait été veillé durant huit jours comme le prévoyait la Constitution. Et la journée serait éprouvante. Les funérailles du gouverneur suivi du couronnement de Lyana.
Lyana soupira.
- C'est aujourd'hui ?
- C'est surtout maintenant. Change-toi !... Et dépêche-toi ! Je t'attends dans la cour. sourit-il en s'éloignant dans le couloir.
Lyana referma la porte. Elle ouvrit l'armoire et écarquilla les yeux. Il y avait des robes de toutes les couleurs, de toutes les matières, de tous les styles... mais rien de la tunique, du pantalon ni des bottes.
Elle se résigna donc. Quinze minutes plus tard, elle descendit le parvis. Elle avait choisi une longue robe sombre sans fioriture, la plus adaptée à la cérémonie selon elle.
Ils marchèrent quelques centaines de mètres pour rejoindre le caveau où avait été déposé le gouverneur. Lyana s'y rendait pour la première fois depuis huit jours compte tenu de son état de santé. Elle redoutait ce moment. Mais elle devait se recueillir pour un dernier adieu.
Elle descendit les trois marches et accéda à une petite salle. Au milieu, sur une stèle, à une trentaine de centimètres du sol, était déposé le corps de Fennimore. Il portait ses habits d'apparat et était coiffé. Le long des murs étaient déposées des bougies espacées d'une dizaine de centimètres. Elles avaient été renouvelées sans cesse depuis plus d'une semaine.
Albus la suivit près de la stèle.
- Pourquoi a-t-il fait cela ?
- Il a toujours voulu être... ton héros.
- Epargne-moi cela, Albus ! Je l'aimais comme un frère, tout comme je t'aime toi. Nous sommes de si vieux amis. Te rappelles-tu nos adolescences ?...
Ils sourirent mais le visage d'Albus se ternit.
- C'était une malédiction dans notre petit carré : la non réciprocité des sentiments.
- Tu te trompes, Albus. Mallïs t'aimait. Je le sais. Elle me l'avait dit à plusieurs reprises.
- Avant d'en aimer un autre... qui la conduisit à sa perte. soupira-t-il.
- Ce fut son choix. Et nous l'avons respecté.
Elle posa la main dans celle d'Albus.
Il se tourna vers elle et sourit.
- Nous allons poursuivre, n'est-ce-pas ?
- Oui. En mémoire de Mallïs et de Fenni.
Elle détacha sa main de celle d'Albus et s'agenouilla près de Fennimore. Elle posa une main sur sa poitrine, de l'autre elle caressa son front et la racine de ses cheveux.
- Adieu Fenni. Je t'aime à jamais.
Elle déposa un baiser sur la bouche de son ami et une larme vint toucher la joue du gouverneur.
Elle se redressa et une main se présenta à elle pour l'aider à se relever. Elle la reconnut entre mille. Puissante, halée et portant un anneau en argent. Elle la saisit.
- Merci, Seigneur Thorin.
Il la salua solennellement.
Ils sortirent du caveau. Les gardes éteignaient les bougies. Et les portes allaient être définitivement scellées.
- Je vous croyais partis hier.
- Nous resterons pour le couronnement... si vous êtes d'accord.
- Comme il vous sied.
Lyana avait été refroidie la veille et ne savait sur quel pied danser. Que faisait-il encore là ? A quoi jouait-il ?
- Le palais vous est ouvert si vous le souhaitez. ajouta-t-elle.
- Déjeunez avec nous... avant le couronnement. proposa Albus.
Lyana lui lança un regard glacial.
- Avec plaisir. acquiesça Thorin.
Lyana et Albus montaient déjà le parvis.
Thorin la regarda s'éloigner en fronçant les sourcils.
- Tu ne t'attendais pas à ce qu'elle te saute au cou ? demanda Balin.
- Non. Bien sûr que non.
Le dîner se déroulait dans un silence presque pesant. Les nains et Gandalf tentaient de rendre l'atmosphère plus légère en lançant divers sujets. Ils parlaient des nombreux travaux effectués sur les quelques jours qui avaient suivis la bataille et souvent les anecdotes se finissaient hélas sur le départ précipité vers la colline.
Lyana et Thorin restaient le nez planté dans leurs assiettes, avalant et buvant rapidement, espérant ainsi écourter ce moment de supplice.
Enfin, les serviteurs débarrassèrent les assiettes vides. Et Albus prit la parole.
- Le couronnement est prévu dans trois petites heures. Les préparatifs sont bien avancés. Mais il faut que la future reine se prépare, elle aussi. déclara-t-il en affichant un grand sourire.
Lyana se leva.
- A tout à l'heure. dit-elle en se dirigeant vers la porte de la salle de banquet.
Thorin se leva à son tour et la suivit.
- Il faut que l'on parle. lança-t-il au travers du couloir.
Lyana s'arrêta et se retourna vers lui.
- Vraiment ? Vous ne savez pas ce que vous voulez. Hier, vous disparaissiez après des adieux froids comme la glace. Et maintenant vous voulez parler. Je suis... perdue, Seigneur Thorin. Je suis brinqueballée... et vous usez de ma patience. Je n'ai même pas cinq petites minutes à vous accorder. Restez au couronnement si vous estimez que cela est bon à nos relations diplomatiques. Puis rentrez chez vous !
Elle se retourna et reprit son chemin.
- Je l'ai fait pour vous ! ragea-t-il.
Elle stoppa à nouveau. La colère montait en elle, plus encore que la tristesse.
- Non. Vous l'avez fait pour Erebor, pour votre satanée mission. Et par extension pour ma tout aussi satanée mission au royaume d'Amalthée...
Il voulut répondre mais déjà elle poursuivait. Ne cessera-t-elle jamais d'être à ce point agaçante aux yeux de Thorin ?...
- ... Hier sous cette tente, nous n'étions pas des souverains. Je n'étais qu'une humaine face à un nain. Une humaine qui se déclarait à un nain. Rien de plus. Rien de moins. Et vous ! Vous n'avez été que le roi Thorin d'Erebor, fils de Thrain, fils de Thror. Vous n'êtes pas descendu de votre piédestal. Vous n'avez pas ôté l'armure invisible. Vous respectez la reine que je serai dans quelques heures mais vous méprisez la femme que je suis. Je vous plains, Seigneur Thorin !...
- Ca suffit ! Fermez-là ! hurla Thorin en furie.
Lyana suffoqua devant sa réaction.
- Comment osez-vous ? ! balbutia-t-elle.
- Taisez-vous ! Depuis le début, sur ce foutu marché de Dale, j'ai su que vous seriez un problème. Vous êtes... impertinente, bavarde, entêtée, présomptueuse, hautaine, imprévisible et en même temps... vous êtes courageuse, spirituelle, avez le cœur juste et êtes si désirable... il n'y aucun mépris envers la femme que vous êtes... Voilà ce que je vois en l'humaine Lyana...
Il la saisit par la taille et lui prit les lèvres fougueusement.
- ... et voilà ce que ressent le nain Thorin.
Elle se détacha de lui.
- ... Alors pourquoi ce comportement hier ?
- Parce que vous êtes vouée à être la plus grande souveraine de la Terre du Milieu.
- Quel est le rapport ?
- Si vous ressentiez pour moi la même chose que ce que je ressens pour vous, vous ne poseriez pas la question...
Lyana se renfrogna. Dieu ce qu'il pouvait être compliqué. Elle ne comprenait rien à son raisonnement.
- ... J'ai entendu le discours d'Albus, il y a quelques jours lorsque vous étiez en convalescence. Quand l'autre obsède les pensées, il n'est plus possible de se concentrer sur la mission qui nous est confiée...
- Et que faisons-nous depuis des semaines ? N'assurons-nous pas notre mission... malgré cela ? rosit-elle.
Elle se rendit alors compte qu'une foule s'était amassée dans le couloir.
- Et bien. Il y a un couronnement dans quelques heures. N'avez-vous rien d'autre à faire que de nous espionner ?
En quelques secondes, la foule s'était dispersée. Thorin et elle restaient seuls. Un garde accourut.
- Votre Altesse ! Nous avons trouvé le corps du Seigneur Proditus dans les gravats de la tour.
Lyana et Thorin arrivèrent sur les lieux et constatèrent que la compagnie des nains était déjà là. Naturellement, ils avaient repris leur activité d'aide auprès de la ville de Corneville.
- Où est-il ? demanda la princesse au garde qui l'avait prévenue et accompagnée.
- Par ici, votre Altesse.
Elle le suivit en grimpant sur les tas de pierres. Elle faillit chuter mais Thorin la rattrapa.
- Merci. sourit-elle.
Le corps n'était pas trop abîmé malgré la chute.
- Qu'on l'amène au palais pour l'y enterrer.
- C'est un traître ! nota Fili.
- Mais c'est mon demi-frère ! Il mérite un minimum de respect. Il a amené mon peuple ici. Il l'a sauvé malgré tout.
Lyana s'approcha du corps et s'accroupit.
Thorin rejoignit les nains pour s'enquérir de l'avancée de leurs activités.
Kili remarqua que Lyana touchait le corps de Proditus. Il lui sembla même qu'elle récupérait quelque chose sur lui.
- Comment vas-tu, mon frère ? lui demanda Fili.
- Bien. Ça va. Et toi ?
Il lui sourit pour toute réponse.
Kili se retourna mais Lyana s'était éloignée et les gardes ramassaient le corps de Proditus.
