Epousailles et allégeance

Le parcours jusqu'à Erebor touchait à sa fin. Et Lyana découvrait à nouveau la montagne solitaire et les grandes colonnes de pierre sombre qui verrouillaient l'entrée de ce qu'elle considérait comme le palais.

- Et où habitez-vous ? Dans les alentours ?

Les nains la regardèrent interrogatifs.

- Où l'on habite ? Dans la montagne, pardi !

- Mais c'est une montagne ! ... : remarqua-t-elle.

Dwalin secoua la tête en descendant de cheval.

- Elle n'a pas la moindre idée de ce qu'est la vie de nain : grogna-t-il en passant à côté de Thorin qui lui aussi avait mis pied à terre.

Thorin fixa Lyana qui fronçait les sourcils en regardant cette immense masse de pierre grisâtre qui s'élevait sur la plaine.

Elle sentit sur elle le regard du roi des nains et lui décocha un grand sourire avant de descendre à son tour de son cheval.

- On va loger dans une montagne sans fenêtre... vivement que je réinstalle ma Maison : souffla Dinninger.

- Ne rêvez pas, Excellence. Sur votre territoire, les bâtiments n'ont certainement plus de fenêtres depuis longtemps si tant est qu'un bâtiment y soit encore debout : plaisanta Fennimore.

- C'est vrai qu'en Maison de Fennimore, on se contenterait de grottes et de lieux glauques pour élire domicile...

- Et c'est ce qui fait de cette Maison la plus ancienne, la plus adaptable et la plus résistante de toutes...

Cette joute verbale amusait beaucoup Fili et Kili. Moins Lyana qui appela Fennimore à la rejoindre.

- Ne rentre pas dans son jeu...

- Il est vraiment exécrable : grimaça le gouverneur blond.

- Je le sais bien... mais c'est d'alliance dont nous avons besoin maintenant. Et j'ai besoin de toi... Je peux compter sur toi ? : lui demanda Lyana.

Fennimore lui sourit.

- Bien entendu. Je ferai comme tu voudras... même si je dois me coltiner ce vieux conservateur rouillé.

- Pense à Albus qui partageait une cellule avec lui : lui sourit la reine.

- Tu as raison... Peut-être pourrais-tu le médailler pour cela...

Elle éclata de rire.

Thorin et la compagnie, Gandalf, Bilbon et Dinninger avaient maintenant passé la porte du royaume.

Thorin se laissa dépasser par les autres et observait les deux humains à quelques dizaines de mètres de lui.

- La vie des nains n'est pas la vie des humains.

- Je sais, Balin. Mais durant toute cette expédition, nos vies étaient alors semblables... Je n'ai pas pensé à tout cela... Voilà ce qui arrive quand on ne pense qu'avec son cœur... On en oublie l'essentiel...

- Ne te mets pas martel en tête. Elle s'accommodera de tout cela et puis on ne vit pas complètement enfermé ici...

Thorin le regarda avec insistance.

- ... Bon...On y vit quand même la plupart du temps mais... : poursuivit le petit conseiller.

- Tu me fais visiter ?

Lyana et Fennimore les avaient rejoints.

Elle tendit la main à Thorin devant son absence de réponse.

- Oui bien sûr. Venez avec moi ! : lui sourit-il tendrement.

Il lui saisit la main et l'entraîna dans le couloir.

Balin et Fennimore se regardèrent sans dire mot.

Balin se dirigea vers les escaliers qui menaient au sous-sol. Fennimore le suivit.

Thorin avait montré à Lyana les forges, l'armurerie, les cuisines, les ateliers de joaillerie, les mines, la salle du trône, les sous-sols débordant de trésors...

Elle posait des tonnes de questions et il répondait par foule de détails et d'anecdotes.

Il lui indiqua le chemin qui menait aux quartiers où vivaient les nains.

- Et toi tu vis où exactement ? : lui demanda-t-elle.

Il l'entraîna dans un labyrinthe de couloirs.

- Il faudra me fournir un plan : remarqua-t-elle.

Il ouvrit une large porte à double ventaux. Un grand bureau couvert de papiers. De grandes étagères. Une table et quelques chaises.

Elle se tourna vers lui.

- Depuis ces derniers temps, c'est ici que je passais le plus clair de mon temps. Entre les décrets, les accords commerciaux, les actes législatifs...

- Etaient-ils d'agréable compagnie ?

- Qui donc ?

- Les décrets, les accords commerciaux, les actes législatifs.

Il sourit.

- Non. Vous le serez cent fois plus.

- En même temps. Ce n'est pas bien compliqué d'être plus agréable que cela... : grimaça-t-elle en soulevant un pavé de papier jauni…

- ... Et au fait, consentiras-tu à me tutoyer prochainement ?

Thorin fronça les sourcils.

- Jamais je ne vous tutoierai !

- Pourquoi ? Tu veux que je te... vous vouvoie ?

- Non. Ne changez rien... Il me plait d'être votre Tout... Et vous serez mon unique aimée : répondit-il d'un visage radouci.

- Il n'y en a jamais eu d'autres avant ?...

Thorin sembla surpris de sa demande.

- Désolée... C'était idiot comme question... Oublie-la.

Thorin resta impassible quelques instants. Lyana se sentit mal. Elle n'aimait pas quand ne serait-ce qu'un petit semblant de froissement les éloignait l'un de l'autre.

Mais il avança et lui enserra la taille.

- Vous êtes mon unique aimée, à jamais...

Elle tiqua et se dégagea.

- ... Ai-je dit quelque chose qui puisse vous offenser ? : s'enquit-il.

- Il faut éviter les promesses. On ne sait de quoi demain sera fait...

- Je ne comprends pas !...

Thorin recula puis alla jusqu'à son bureau, les mains jointes derrière son dos.

- ... Comment pouvez-vous ainsi douter de mon amour à votre endroit ?...

- Je ne doute pas que tu m'aimes... mais demain... dans des mois... des années...

Thorin restait statique et grave.

- Les êtres humains sont versatiles et ils n'aiment pas forcément pour toujours... Il arrive même que des couples se séparent... d'ailleurs l'Amalthée a autorisé le divorce...

- Le divorce ? Qu'est-ce donc ? : grimaça Thorin.

- La possibilité d'annuler un mariage. Chacun retrouve sa liberté comme auparavant et peut refaire sa vie s'il le souhaite...

- Et c'est ainsi que vous envisagez l'amour et le mariage ? Un coup de sang ? Un contrat que l'on peut déchirer ? : gronda-t-il.

- Non ! Bien sûr que non ! Ce n'est pas ce que je ressens. Mais c'est une réalité chez les humains...

- Je suis un nain ! Vous êtes ici chez les nains ! Et je me fiche des bassesses et du peu de fiabilité des humains...

- Tous les humains ne sont pas vils. Je ne faisais que vous expliquer ma crainte quant à l'utilisation du terme "à jamais".

Il soupira et sortit rapidement.

Lyana se mordit la lèvre inférieure. Dieu qu'il était caractériel !

- Et comment je fais pour m'y retrouver dans ce dédale maintenant ? : marmonna-t-elle à la porte du bureau.

Fennimore et Dinninger s'étaient retrouvés seuls une fois que les nains eussent fini de déjeuner et quitté la cuisine.

Les deux gouverneurs ne s'appréciaient pas mais ils se devaient de travailler ensemble pour faire à nouveau briller l'Amalthée en Terre du Milieu.

Fennimore jouait à rouler sa pinte vide sur la table de bois. Dinninger s'amusait au plantage de couteau dans la porte de bois.

- Cette porte n'est pas à vous. Évitez de l'abimer ainsi ! dit enfin le gouverneur blond.

- Elle le sera bientôt quand elle aura épousé ce nabot. sourit le grand gouverneur vêtu de son emblématique tunique bleue.

- Votre reine, pas "elle". Et ce "nabot", comme vous le dites, sera bientôt votre roi.

Dinninger qui s'apprêtait à lancer son couteau se figea dans le mouvement. Bras levé, le manche de l'arme bien serré dans sa main.

Il grimaça et d'un coup sec, planta le couteau dans la table.

Fennimore le fixa du regard.

- Oh... Vous auriez oublié ce léger détail. plaisanta-t-il.

- Je n'oublie rien. Ce qui me permet de toujours avoir une longueur d'avance. sourit mystérieusement Dinninger.

- Que préparez-vous encore ? grogna Fennimore qui s'était levé, faisant reculer sa chaise et prenant appui de ses poings sur la table.

- Mon retour sur ma maison au-delà de la mer de Rhûn. répondit calmement Dinninger qui retirait son arme de la planche de bois.

- Aux frontières du Mordor. ajouta Fennimore.

- Une remarque intéressante pour le gouverneur d'une maison aux portes du territoire du Nord. J'ai peut-être des défauts mais pas celui de servir... ou d'avoir servi le Mal. Et vous devez vous aussi être pressé de rétablir votre maison. Rien ne vous retient ici... désormais. nargua Dinninger.

Fennimore prit une grande inspiration. Ses tempes cognaient, sa gorge était serrée. Il ne faisait aucun doute que nombreux connaissaient l'inclination du gouverneur pour la reine. Au final, seule la reine l'ignorait...

Le gouverneur plissa le front. L'ignorait-elle ou feignait-elle l'ignorer ? Il secoua la tête. Quelle importance ? Le résultat était le même.

Il revint à la réalité constatant le sourit au visage de son interlocuteur. Dinninger devait se délecter de son désarroi.

- Vous ne rentrerez sur votre maison, sur ce qu'il peut rester de votre maison, que lorsque la reine le décidera. lança Fennimore.

- En effet, je ne rentrerai que lorsque j'en aurai l'autorisation.

Fennimore sentit la colère l'envahir, cette boule au ventre qui le tiraillait. Dinninger se foutait de lui.

- Combien sont-ils ? demanda Fennimore froidement.

Le sourire s'éteignit au visage de Dinninger qui se crispa sur sa chaise.

Fennimore en ressentit une petite satisfaction.

- Combien sont-ils ? répéta Dinninger.

- Les hommes que vous avez déjà missionnés sur le Sud-Est sans en aviser la reine.

- Vous avez une imagination débordante, Excellence Fennimore. répondit Dinninger qui s'était levé et quittait la pièce en croisant Fennimore sans le regarder.

Le gouverneur du Nord resta seul dans la pièce. Il avait rapidement fait le rapprochement. Dinninger avait envoyé ses sbires sur les plaines au-delà du Rhovanion certes mais il ne faisait aucun doute qu'il en avait également missionnés vers le nord, au-delà des monts de Fer sur le territoire de Fennimore. Et ce pour y récupérer quelque chose, quelque chose de précieux à ses yeux. Et Fennimore savait de quoi il s'agissait...

Cela faisait dix minutes que Lyana parcourait les longs couloirs. Elle était totalement perdue. Elle avait même l'impression d'être passée à plusieurs reprises au même endroit.

- Oh Thorin ! : grogna-t-elle.

- Vous êtes perdue ?

Une voix qui ne lui était pas inconnue.

- Maître Balin ! Je n'ai pas la moindre idée d'où je suis : avoua-t-elle.

- Vous n'étiez pas avec Thorin ?

- Si... mais il est parti... précipitamment : rosit-elle.

Il soupira.

- Deux caractères bien trempés... si vous me permettez cette expression ?

- Elle ne témoigne que de la réalité... Je ne suis pas certaine que je sois celle qu'il lui faut...

- Vraiment ? Lui en est persuadé...

- Plus maintenant : souffla-t-elle.

- Un nain ne change pas d'avis à ce sujet, jamais !

Lyana voulut répondre mais elle se ravisa. Les nains étaient très attachés à ce mot "jamais". Et son altercation avec le roi lui avait suffi. Ne pas froisser le conseiller. Ne pas se retrouver à nouveau seule dans les couloirs...

- Où allons-nous, au fait ? : demanda-t-elle.

- Je vous amène à votre chambre...

Balin réfléchit.

- ... À moins qu'il soit inutile de vous en approprier une...

- Il me congédierait ? : s'offusqua la reine.

Balin écarquilla les yeux.

- Non. Je pensais au fait que peut-être vous et lui... partageriez... Enfin vous voyez ?

Il rougit.

- Donnez-moi une chambre. Ce sera plus simple, je crois : répondit-elle doucement.

Ils marchèrent une bonne vingtaine de minutes, montèrent des escaliers, en descendirent d'autres, tournèrent à gauche puis à droite et ainsi de suite. C'était effectivement un labyrinthe en trois dimensions.

La faible lueur qui éclairait l'espace se jouait de multiples teintes de vert sur les grandes colonnes et les passerelles. Lyana faillit à plusieurs reprises se cogner tant elle était subjuguée par l'environnement, la tête en l'air, tournoyant sur elle-même.

Enfin, au bout d'un couloir plus sombre, Balin s'arrêta devant une grande porte de bois massif sculptée.

- C'est la plus belle suite du palais : dit-il fièrement.

Il abaissa la poignée et ouvrit la porte.

La pièce était immense. De jolis meubles, un lit à dais dans l'alcôve et une multitude de torches pour éclairer l'endroit.

- Il n'y a pas de fenêtre... : remarqua-t-elle.

- Nous sommes dans... : commença Balin.

- une montagne... Oui, bien entendu : finit Lyana.

- Je vous laisse. Il y a une salle de bain juste par là. Et je vais demander à une servante de vous amener vos malles.

- Merci, Maître Balin... Et après je fais comment pour... vous rejoindre ?

- Ne vous inquiétez pas, on viendra vous chercher.

- Oh : s'étonna la reine.

- Ne vous en faites pas. C'est nouveau. Voilà tout : assura-t-il.

Elle lui sourit et il se retira.

Elle se rendit à la salle d'eau. Une large et profonde baignoire était creusée dans le carrelage.

Lyana tourna le robinet et une eau claire remplit le bassin. Elle se dévêtit et descendit les quelques marches. Sur le rebord, étaient amassés des flacons de toutes les tailles. Elle les ouvrit tous. De merveilleux parfums s'en exhalaient. Elle choisit l'un d'entre eux et versa les sels dans l'eau chaude qui la couvrait jusqu'à la taille.

Très vite, elle ressentit un effet apaisant sur ses muscles endoloris par la longue chevauchée.

Elle restait ainsi debout, à moitié immergée, les yeux fermés, à l'écoute de sa peau sur laquelle les sels agissaient comme par magie.

Elle entendit la porte. Elle ouvrit les yeux mais ne pouvait pas voir ce qui se passait dans la chambre.

- Merci pour les malles ! : cria-t-elle à la pièce voisine.

Pas de réponse. Elle haussa les épaules.

Elle referma les yeux et se détendit à nouveau.

- Me permettez-vous ?

Lyana se raidit. Elle ouvrit les yeux et se retourna. Par automatisme, elle déposa ses bras en croix sur sa poitrine pour la cacher. Ce qu'elle trouva stupide au demeurant.

- Que fais-tu ici ? J'ai tourné des heures dans les couloirs ! J'étais perdue !...

- Des heures ? : sourit Thorin.

- Sors d'ici !

- Je suis chez moi partout : répondit-il.

Exaspérée, elle sortit de la baignoire, tentant maladroitement de cacher son intimité d'une main tout en dissimulant ses seins de l'autre.

- Oh... Grrr. Et pourquoi fais-je cela ? : grommela-t-elle.

- Oui. Je me le demande aussi : dit-il en enlevant sa tunique.

Elle attrapa une grande serviette et s'y enroula.

- Change l'eau pour t'y baigner... : dit-elle froidement en le croisant.

- Eh... Pas si vite ! : intervint-il en l'agrippant par la taille.

Elle se dégagea.

- Tu plaisantes ! Tu m'as plantée comme une vieille soupière dans ton bureau perdu au milieu de ce méandre de couloirs... Et tu reviens comme si de rien n'était... Et tu penses qu'avec un sourire si ravageur, un torse si musclé et un regard si ténébreux, je me laisserais amadouer...

- On plante les vieilles soupières chez vous ? : sourit-il pour toute réponse tout en resserrant à nouveau son étreinte.

- On plante des tas de choses chez les humains. Mais j'éviterai dorénavant de te parler des humains...

- Oh... par Mahal ! Taisez-vous : sourit-il avant de l'embrasser fougueusement.

Elle tenta durant quelques secondes de se libérer mais elle planta ses doigts dans la chevelure de Thorin pour l'embrasser d'autant plus fort.

Il glissa la main sous son aisselle et détacha la serviette qui tomba au sol.

Il sentait ses seins gonflés et ses tétons durcis contre son torse. Il descendit les mains le long de ses reins et lui caressa les fesses. Par Mahal, sa cervelle était en feu ! Il la poussa contre le chambranle et la souleva. Elle enroula les jambes autour des hanches de son amant.

Il l'embrassa goulûment. Elle ne pouvait plus respirer sous son assaut.

Il posa une main sur son flanc et lui caressa le ventre. Il risqua ses doigts plus bas. Elle écarquilla les yeux lorsqu'elle sentit son index la pénétrer.

Elle gémit et planta ses ongles dans le dos de Thorin. Il n'en fallait pas moins pour le libérer de toute retenue. Il jouait de son doigt en elle, caressant le moindre millimètre de sa paroi intérieure, par de lents va-et-vient alternant avec de petits mouvements circulaires et appuyés.

Elle était envahie de plaisir. Comment pouvait-il ainsi, avec juste un index lui procurer tant de bonheur. C'était à en mourir...

Elle lui prit la bouche, lui aspira la langue avant de la lui mordiller.

- Je vous aime comme un dément ! : souffla-t-il, s'étant dégagé de l'étreinte de Lyana.

- À moi de te donner du plaisir maintenant... : lui sourit-elle en laissant ses jambes retomber au sol.

- Je prends énormément de plaisir en vous en offrant, mon aimée.

- Et j'en prendrai tout autant en t'en fournissant à mon tour : répondit-elle caressant la protubérance sous le pantalon de Thorin.

Elle alla s'asseoir au bord du lit et lui fit signe de la rejoindre.

Elle lui prit la main dès qu'il fut à sa portée et le guida devant elle.

Elle descendit le pantalon de son amant. Son membre était dressé tel un arc. Elle l'effleura de la paume de la main. Thorin frémit et ferma les yeux.

Il aimait la chaleur de la main de Lyana qui s'était refermée et effectuait de lents mouvements. Elle serrait mais sans oppresser. Par Mahal, elle était très douée !

Il secoua la tête. Comment pouvait-il penser ainsi de son Unique !

La main de Lyana cessa ses mouvements.

- Tout va bien ? : demanda-t-elle, surprise du hochement de tête et du froncement de sourcils du roi.

Il ouvrit les yeux et les planta dans ceux de la reine.

- Oui. Continuez... Cela est... très agréable... : marmonna-t-il en posant les yeux sur la main de Lyana dans laquelle son sexe bandait.

- Agréable... le vocabulaire des nains est assez particulier.

Il retourna son regard vers elle.

- Je n'ai rien dit : corrigea-t-elle en affichant un petit sourire de coin.

Il soupira et referma les yeux. Déjà la chaleur l'envahissait à nouveau.

Mais elle était différente, humide et râpeuse. Se pourrait-il qu'elle lui... ?

Thorin contemplait l'Arkenstone fixée juste au-dessus du trône dans la grande salle. C'était la plus belle, la plus précieuse, la plus étincelante des pierres qu'un nain ait découvert dans les entrailles de la Terre, au cœur d'Erebor.

Une pierre si précieuse que Thorin en été devenu fou quelques années auparavant.

Le roi déglutit au souvenir de cette reconquête, de cette bataille qui faillit lui coûter la vie, à lui, aux siens ; qui coûta la vie à tant de nains, d'hommes et d'elfes. Tout cela pour cette pierre aussi belle, aussi précieuse, aussi étincelante soit-elle. Jamais plus, il ne se laisserait aveugler. Il ne souffrirait plus de cette maladie qui frappa ses aïeux.

- On est d'accord ? : répéta Balin qui se tenait à ses côtés un grand livre dans les mains.

Le roi secoua la tête pour sortir de pensées.

- D'accord... à quel sujet ? demanda-t-il.

- Et bien, sur l'organisation du couronnement de Lyana. Une fois que tu l'auras épousée, elle sera couronnée reine et elle prêtera allégeance...

- Non ! décréta le roi.

- Il est normal qu'elle soit couronnée ! insista le conseiller.

- Oui bien entendu ! Mais elle ne me prêtera pas allégeance.

Balin soupira.

- Toute personne naine ou non qui se lie à ce royaume doit lui jurer fidélité ainsi qu'à toi, son monarque ! ajouta Balin qui relisait les règles du protocole.

- Alors comment se passent ces préparatifs ? : demanda Fili qui venait de les rejoindre, suivi de Kili.

- Et bien, raisonne ton oncle ! soupira Balin.

- Le raisonner ? Pourquoi donc ? s'enquit le plus jeune des neveux.

Thorin se redressa.

- Elle ne me prêtera pas allégeance ! Elle ne m'est redevable de rien. Elle représente un peuple qui ne me doit rien. Cette indépendance est essentielle... intervint le roi.

- Par un tel mariage, se crée une alliance essentielle. Le peuple nain de la Terre du Milieu et le peuple d'Amalthée... Cela représente un immense territoire... : remarqua Balin.

- Ce n'est pas une tambouille politicienne ! : hurla Thorin.

Il s'était exprimé avec tant de puissance qu'on aurait cru que les murs tremblaient et que la montagne s'écroulait, tant elle était ébranlée.

- En effet, mon oncle... Et personne ne prétend que tout cela est basé sur une volonté stratégique. Personne ne doute de tes sentiments pour Lyana... mais si elle ne prête pas allégeance... elle pourrait un jour être une menace... : dit Kili avec précaution.

Thorin souffla. Déjà Kili regrettait son intervention. Et Fili qui pressentait la réaction de son oncle fit reculer son frère cadet.

- Je suis le roi ou non ! : gronda Thorin.

- Bien sûr que tu l'es... et il sera fait comme tu le souhaites : marmonna l'aîné de ces neveux.

Kili eut une étrange impression. Celle d'être observé. Il balaya la grande pièce du regard. Comme il le supposait, Lyana était statique dans la pénombre. Elle observait la scène, à l'ombre d'une colonne.

Il la fixa. Elle lui répondit par un sourire avant de s'en retourner dans les sombres couloirs.

- Ah te voilà !

Lyana qui s'était isolée sur la terrasse au-dessus de la grande porte du palais d'Erebor se retourna à cette invective.

Fennimore, le visage grave, s'avança pour la rejoindre jusqu'au muret.

Naturellement et sans échange entre eux, leurs regards se portèrent sur l'horizon au Sud Est.

- Dinninger prépare quelque chose. grogna le gouverneur

- Le contraire m'étonnerait. sourit mystérieusement la reine.

- Il faut que je rentre au plus vite sur ma maison. Dinninger veut la récupérer.

- Récupérer ta maison ? demanda Lyana.

Fennimore soupira.

- Tu sais très bien de quoi je parle. répondit-il sèchement, non sans jeter un œil en arrière pour vérifier que personne n'était présent.

- Ne t'inquiète pas. Il ne peut pas y accéder. Toi et moi sommes les seuls à savoir précisément où elle se trouve.

- Il est malin...

- Plus malin que toi ? plaisanta Lyana.

- C'est le principe du Mal d'être... malin. rétorqua Fennimore qui fit machinalement rouler son anneau de métal autour de son majeur droit.

- Dinninger n'est pas un ennemi de l'Amalthée. Bien au contraire. Il ne peut que servir notre cause : rétablir notre royaume et le faire briller sur la Terre du Milieu. dit Lyana qui s'était tournée vers son ami.

- Et pour "elle" ? demanda-t-il après avoir, lui aussi, décroché son regard de l'horizon pour le plonger dans les billes noisette de la reine.

- Comme je te l'ai dit, il ne la trouvera pas. Tout va bien, Fenni.

- Si tu le dis. sourit enfin le gouverneur qui opina du chef avant de s'en retourner et disparaître derrière les grandes colonnes.

Lyana, demeurée seule, se retourna vers la plaine et posa son regard rouge flamboyant sur la droite, sur la grande étendue verte constituant l'ancienne Forêt Noire aboutissant tout au sud à Dol Guldur.

Bilbon avait rejoint Gandalf à l'entrée de Dale. Dans un joli verger. Le hobbit savait que l'istari aimait réfléchir au grand air, dans la nature qui lui était si chère.

Le mage s'était assis sous un arbre aux feuilles dorées, un mallorn, cadeau de la Dame de Lorien à la ville de Dale. A quelques pas, un joli potager offrait de magnifiques légumes, gorgés de soleil et de vitamines.

Les yeux fermés, la tête appuyée sur le tronc d'arbre, les mains caressant l'herbe, Gandalf s'emplissait les poumons d'air frais.

- Pourquoi les nains sont-ils si méfiants envers Lyana ? : demanda Bilbon qui se tenait debout devant lui.

Gandalf grimaça et soupira. Ne pouvait-on lui foutre la paix...

- Qui vous a mis une telle idée en tête ? murmura-t-il conservant les paupières baissées.

- Je me la suis mise seul. J'ai l'œil, Gandalf ! : répondit le hobbit, agacé.

Le mage le prenait pour un idiot ou quoi ?!...

Gandalf ouvrit enfin les yeux, saisit sa pipe sous sa ceinture et la secoua puis posa son regard sur le semi-homme. Il le fixait avec étonnement.

Gandalf se rappelait le chétif hobbit qu'il avait tenté de convaincre de l'accompagner pour une aventure près de six ans plus tôt. Il avait maintenant de l'assurance... Peut-être trop...

- Un nain, c'est vrai, montre une certaine méfiance à l'encontre de la reine d'Amalthée... Mais cela devrait rentrer dans l'ordre dans quelques temps.

- Kili... Pas le moindre des nains... le neveu de son futur époux. Vous y croyez vraiment ? : s'enquit Bilbon.

- Mais oui. Mais oui : marmonna le mage.

- Et qu'est-ce que le womantin ?...

Une fois de plus, Gandalf parut étonné. Comment le hobbit connaissait-il l'existence de cet artefact.

- ... Ce sont les nains qui en ont parlé entre eux.

- C'est un artefact qui permet de voyager d'un lieu à un autre par... magie. Une sorte de moyen de transport très rapide, instantané.

- Et la pierre orange ?

Gandalf tiqua.

- Un artefact qui permet de manipuler le womantin. Si vous ne possédez pas la pierre orange, vous ne pouvez utiliser le womantin.

- Et L'unique enchantement ?

Gandalf marqua un grand étonnement.

- ... C'est toujours les nains... Ils sont très bavards : nota Bilbon.

- C'est un enchantement précieux. Il permet de sauver une vie... Une et une seule vie... il ne peut fonctionner qu'une et une seule fois.

- C'est ce qui a permis à Fennimore de renaître à la vie ?

- Non. Rien à voir... La résurrection du gouverneur tient uniquement à la lame de l'Amalthée. L'unique enchantement est plus puissant.

Bilbon secoua la tête. Il ne comprenait pas ce charabia.

- Quelle est la différence entre le pouvoir de la lame de l'Amalthée et L'unique enchantement ? Tous deux redonnent vie. Et quel lien entre le womantin et l'Unique enchantement ?

Gandalf soupira.

- Maître Sacquet. Il existe une énorme différence entre les deux renaissances. Mais cela nous dépasse tous. L'Unique enchantement ne doit jamais être utilisé. Jamais !

Bilbon n'insista pas. Il était même surpris d'avoir obtenu tant d'informations formulées si clairement. Gandalf avait souvent le chic pour tournicoter ses phrases à n'en rien comprendre ou en tout cas assez pour laisser planer le doute. Mais là, c'était assez limpide... Bon, sauf la fin...

Les semaines s'écoulaient sous la montagne et Lyana se débrouillait seule à présent pour se déplacer dans la montagne. Certes elle se contentait des chemins les plus simples. Sa chambre, la cuisine, l'accès à l'extérieur, les appartements de Thorin. Thorin qu'elle croisait si peu...

En effet, depuis le départ pour la colline Tortue, les dossiers s'étaient accumulés sur son bureau et personne à part lui ne pourrait les étudier. Ce qu'il faisait du matin au soir accompagné parfois de Fili, Kili ou Balin.

A chaque fois qu'ils se retrouvaient, Lyana évitait de parler des humains et Thorin faisait preuve d'une attention particulièrement tendre.

Les préparatifs allaient bon train et tout serait prêt pour le solstice d'hiver.

Bard, Bain rentreraient de l'ancienne Corneville, flanqués de Geoffrin quelques jours avant.

Dans un des nombreux couloirs du palais sous Terre...

- Elle ne prêtera pas allégeance. Et cela ne gêne personne ! : grogna Kili.

Fili souffla.

- Cela fait des jours que tu répètes la même chose mais c'est une décision de notre oncle. Et tu n'y changeras rien... Et puis quelle importance ? Si nous n'avions pas prêté allégeance, nous lui serions tout aussi fidèles. Et si parmi les nains, il existait un félon, il le trahirait même s'il avait prêté allégeance... Au final, c'est juste un cérémonial...

Kili secoua la tête.

- Mais par Mahal ! Personne ne voit rien ! Elle a peut-être un lien avec Sauron...

- Et alors ? : dit Fili en haussant les épaules.

- Et alors ?! Sauron est le Mal.

- En as-tu quelques preuves ?

- Non. Mais elle est originaire de là-bas... et ce pouvoir étrange...

- Un pouvoir étrange dont elle est prisonnière plus qu'autre chose... Écoute Kili... Je ne sais pas pourquoi tu fais une telle fixette sur Lyana. Mais tu risques de te heurter à notre oncle... Et cela n'en vaut pas la peine... Soit tu fournis des preuves soit tu apprends à faire avec. Je t'aime, mon frère ! Tu vas te retrouver dans une situation inextricable si tu persistes ainsi. Et je ne veux pas cela. Je dois aller rejoindre Dwalin à l'armurerie mais on en reparle plus tard si tu veux.

Fili serra son petit frère dans ses bras et l'embrassa sur le front.

Cela faisait bien longtemps que cela ne s'était produit. A la mort de leur père, se souvint-il.

Kili resta seul dans le petit corridor. Personne n'y venait jamais. C'est d'ailleurs pour cela que depuis toujours, c'était leur repaire secret.

Il soupira. Il réfléchissait. Au final, il ne savait même plus pourquoi il était si méfiant envers Lyana, ni même l'événement qui avait suscité ce doute...

Tout s'embrouillait. Et si cela était sentimental. Oh non pas qu'il était amoureux d'elle mais tout allait si vite entre son oncle et elle... Et lui qui ramait tant avec Tauriel... et encore plus maintenant qu'elle était restée auprès de Thranduil dans la forêt verte...

- Curieux endroit pour philosopher ?

Kili se releva du mur contre lequel il était assis.

- Comment êtes-vous venue jusqu'ici ?

- J'avoue que je me suis perdue. J'aurais dû me contenter des chemins que je maîtrise : répondit Lyana en se grattant la nuque.

- Je vous ramène à vos appartements : répondit-il froidement.

- Vous ne m'aimez pas, n'est-ce pas ?

Kili fronça les sourcils. Il ne s'attendait pas à une telle franche question.

- Peu importe ce que je pense aujourd'hui... mais si demain vous faites le moindre mal à mon oncle, je vous tuerai... et peu m'importe vos étranges pouvoirs et la mort qu'il m'en coûtera. Je ne les crains pas. Mon oncle et ce royaume me sont chers.

Lyana lui afficha un grand sourire.

- Je n'en attendais pas moins de votre part, Seigneur Kili. Votre oncle a beaucoup de chance d'avoir un neveu si dévoué. Et jamais je ne nuirai à mon futur époux, soyez-en certain... Montrez-moi le chemin comme vous me l'avez proposé.

Kili se mit en route sans mot dire. Elle lui emboîta le pas.

S'était-elle foutu de lui ? Disait-elle vrai ? Il était d'autant plus perdu...

Il la laissa devant la grande porte sculptée et s'en retourna sans desserrer les dents.

Elle saisit la poignée, grimaça et retira sa main qui, brûlante, venait de faire fondre le métal.

Le grand jour était enfin arrivé et dans sa chambre, Thorin faisait les cent pas. Il était élégant dans son costume d'apparat bleu Durin. Ses cheveux brillaient.

- Mon oncle, par Mahal ! Tu es magnifique ! : remarqua Fili qui venait d'entrer dans la pièce.

- N'en rajoute pas. J'ai fait de mon mieux... Elle sera magnifique, elle, sans le moindre doute.

- Alors vous serez assortis. Comment va-t-elle au fait ?

- Je n'en sais fichtre rien. Elle a refusé que nous... passions la nuit ensemble ! Une tradition humaine... Ne pas se voir avant le mariage... Que sais-je ! : grogna le roi qui rajustait sa tunique devant son miroir.

Fili sourit de coin.

-Quoi ? : souffla Thorin qui, dans le reflet de la psyché, avait noté le rictus au visage de son neveu.

- Promets-moi d'être de meilleure humeur tout à l'heure.

Thorin souffla, se retourna et sourit.

- Je suis tellement...

- Mon oncle... Sois simplement heureux !

- Tu as raison ! : dit-il en s'avançant vers son neveu.

Il l'agrippa par les épaules pour l'entraîner vers la sortie.

- Alors, allons-y ! déclara-t-il.

Nombreux avaient fait le déplacement sur Erebor pour assister à la grande fête : les rois et sommités de la Terre du Milieu. Elrond de Fondcombe, Thranduil de la Forêt verte, Galadriel et Celeborn de la Lorien, l'intendant Turgon du Gondor, les rois nains des six autres royaumes dont Dain Pied d'Acier, le roi Bard, même Fengel du Rohan pourtant peu populaire, avide et querelleur.

Le couronnement se déroulerait sur la plaine, aux portes d'Erebor pour que le plus grand nombre soit témoin de cet instant.

Sur une large estrade ornée de douze arcades croulant sous les fleurs de Silmbelmynë offertes par le royaume du Rohan, Thorin posa la couronne sur la tête de Lyana qui immédiatement releva le pan de sa robe ivoire et posa un genou au sol, tête baissée.

Il marqua son étonnement et se baissa vers elle.

- Relevez-vous ! Vous n'avez pas à faire cela... Ne vous mettez jamais à genou devant moi ! Jamais !

- À ta place, je n'exigerais pas une telle chose : sourit-elle de coin, tout en maintenant les yeux fixés sur le carrelage.

Thorin soupira. Il avait bien entendu. Elle avait une sacrée audace d'user d'un humour si grivois en un tel moment... Il sentit ses propres joues rosir. Il scruta l'assistance qui n'avait rien entendu de leur échange heureusement.

Prenant conscience qu'elle ne changerait pas d'avis, il brandit son orcrist et la souleva sur la tête de sa reine.

- Je jure allégeance au roi Thorin, fils de Thrain, fils de Thror, aux statuts du royaume des nains, et à sa constitution. Je jure que j'effectuerai loyalement les fonctions qui me seront assignées. Ainsi aidez-moi, mon Dieu et Mahal ! Cet engagement me lie à mon époux. Je reste et demeure reine d'Amalthée et je promets que cet engagement ne me fera jamais trahir Ma constitution ni mon peuple. déclama-t-elle d'une voie intelligible, les yeux baissés, à l'abri des regards, derrière ses mèches foncées.

Thorin lui tendit la main. Elle la saisit et se releva. Il l'étreignit et ils s'embrassèrent sous les cris et applaudissements de l'assistance en liesse.

Même si la majeure partie de l'assistance était à la fête. Certains avaient un ressenti tout autre.

Dinninger et Fuldior jubilaient. Non pas que le bonheur des tourtereaux les ravissait. Ils s'en fichaient comme de leur première couche-culotte. Mais parce qu'ils voyaient là un bon moyen de prendre plus de pouvoir. Être un gouverneur, cela avait certes des avantages mais être proclamé roi d'un territoire aussi petit soit-il était bien plus grisant. Et au retour de leurs sujets, ils prendraient plaisir à jaser, à polémiquer sur leur souveraine passant son temps à se vautrer dans la couche d'un nain...

La maison de Dinninger était connue pour son conservatisme. Et il n'aurait pas de difficulté à monter une opposition à cette dépravée.

La joie du gouverneur était cependant entachée car il n'avait pas eu satisfaction. Ses hommes, qui s'étaient rapidement rendus sur les terres à l'extrême nord avant le retour de Fennimore sur sa maison, n'avaient rien trouvé. Pourtant pour Dinninger, il ne faisait aucun doute qu'"elle" était là-bas... Où cette petite sotte et son fidèle chien-chien avaient-ils bien pu la cacher ?...

Chez Fuldior, on était loin d'être conservateur. Mais on n'en avait pas pour autant une vision très respectueuse des femmes. Du moment qu'elles ouvraient bien les fesses, elles étaient parfaites. Tout dépendait cependant à qui elles les ouvraient. Les sujets de Fuldior haïssaient les nabots. On les disait bien montés, mieux montés que les hommes. Là encore, le gouverneur n'aurait aucun mal à constituer une opposition face à cette traîtresse qui préférait se faire culbuter par un hypertrophié du phallus que par un congénère.

Fennimore souffrait. Il n'espérait plus rien de Lyana depuis longtemps mais leur célibat commun le rassurait. Il avait l'impression qu'ils étaient alors en osmose. Mais maintenant, elle lui avait totalement échappé. Même leur mode de vie serait différent.

Kili était maintenant certain de ne pas s'être trompé. Le matin même, il était encore persuadé qu'elle n'allait pas prêter allégeance. Mais elle l'avait fait. Quelle petite maligne ! Tous étaient dupes. Qui se méfierait dorénavant de l'épouse soumise qu'elle prétendait être. Il ne la lâcherait pas.

Gandalf restait dubitatif... pour les raisons qui lui appartenaient...

Et Geoffrin s'en moquait totalement. Ni joie, ni tristesse, ni colère... Il avait un objectif. Un et un seul. Selon lui, Lyana avait quelque chose qu'il devait récupérer rapidement de gré ou de force pour le compte d'August...

- D'ailleurs que dira Lyana quand elle apprendra l'existence de ce neveu. Cela ne devait plus tarder. Une question de mois... Pauvre petite Lyana... Si tu savais quel funeste destin t'attend... Toi et ta force de pacotille ! : pensa le jeune gouverneur.

Tout allait maintenant s'accélérer.

La fête battait son plein sous les grands barnums. Des assiettes bien remplies de charcuteries, de fromage et de poissons circulaient autant que le vin et la cervoise coulaient à flot. La musique des nains résonnait à des miles, amusant les oreilles humaines et agressant celles des elfes.

- Où est Lyana ? : demanda Thorin.

- Je l'ai vue rejoindre le palais : répondit Balin.

- Une bien belle journée, n'est-ce pas ? sourit le roi.

- En effet... Vas-y... Je m'occupe des dernières choses à faire pour ce soir : lui répondit le conseiller.

Thorin salua rapidement ses illustres hôtes et se hâta de rentrer dans la montagne. Lyana lui manquait tant. Depuis la cérémonie, elle avait été accaparée par les invités. Lui aussi d'ailleurs. Mais jamais par les mêmes... ni au même moment. Ils avaient passé la soirée à se jeter de nombreux regards qui en disaient long sur leur désir. Et là, il allait exploser s'il ne l'étreignait pas dans la minute.

Il souffla et se redressa devant la grande porte sculptée. Il frotta ses mains moites sur son gilet. Il frappa. Pas de réponse. Il fronça les sourcils et frappa à nouveau. La porte s'ouvrit. Il affichait un sourire ravageur. Mais pas de Lyana pour l'accueillir. Il entra. La porte se referma rapidement et déjà il sentit un souffle chaud dans sa nuque et une main lui parcourant le dos.

- Tu en as mis du temps ?

Il respira profondément. Il aimait quand elle prenait cette voix suave.

Il remarqua la robe ivoire posée sur le fauteuil.

- Vous l'avez déjà enlevée... Vous me mâchez le travail...

- J'en ai encore pour toi !

Elle le frôla de côté tout en lui caressant la joue du bout de son index. Cette odeur de jasmin ! Elle sentait si bon...

Il suffoqua quand elle se posta devant lui. Il avait les yeux en feu. Elle se mouvait légèrement, juste vêtue d'un bustier et d'une culotte rouge en dentelle. Elle le fixait, aguichante, la tête légèrement inclinée en avant. Il sentait son cœur cogner dans sa poitrine.

- Et tu voulais ainsi m'empêcher de me mettre à genoux devant toi ? Comment pourrais-je alors continuer à te prodiguer ce que tu trouves si... agréable ?

Elle se laissa tomber sur les genoux et lui tendit les mains.

Il s'approcha et s'inclina. Il glissa ses doigts sous son menton et l'embrassa.

- Je vous aime, mon Unique aimée.

Elle lui sourit tendrement en posant les paumes des mains sur ses cuisses. Il se redressa et déboutonna son pantalon qui tomba au sol.

Il frémit. Par Mahal ! C'était divin. Il leva la tête vers le plafond, ferma les yeux et grogna. Il était excité depuis des heures et il avait difficulté à se contenir. Mais elle s'appliquait à le faire monter en pression et à relâcher juste à temps. Et reprenait à nouveau. Il planta les doigts dans sa chevelure. Et lui serra fortement la tête. Elle se dégagea.

- Pardonnez-moi ! : dit-t-il en retirant ses doigts.

Mais il ne sentait plus sa chaleur.

Il ouvrit les yeux et baissa la tête. Elle n'était plus là.

Il balaya la pièce du regard, nerveux. Il soupira. Elle était nue sur le lit, à quatre pattes. Ses sous-vêtements traînaient au sol. Il avait une vue magnifique sur ses fesses qui s'offraient à lui. Il apercevait à peine sa chevelure tant elle se cambrait. Elle dodelina comme pour l'inviter. Il se débarrassa du pantalon, retira son gilet et sa chemise tout en avançant vers l'alcôve. Il grimpa au bout du lit.

- Je suis tout à toi, mon Tout ! Fais de moi ce que tu veux ! : murmura-t-elle.

- Je fais de vous ma reine, mon Unique.

Il colla son intimité à celle de Lyana et naturellement et lentement il se glissa en elle. Il caressait son dos. Sa peau était si blanche, si douce, si chaude. Elle était un feu à attiser. Il prenait le temps, profitant de chaque seconde dans ce sensuel va-et-vient. Chaque gémissement qu'elle émettait, chaque soupir qu'elle poussait était un cadeau qu'elle lui offrait. Il sourit en voyant ses poings serrer fermement le drap.

Elle bloqua sa respiration. C'était le signal qu'il attendait. Il accéléra la cadence en grognant. Il lui saisit les cheveux et rétracta son bras la forçant à redresser la tête.

- Non. Non. Oh Nooon... Thorin : gémit-elle en se raidissant.

Il poursuivit ses assauts. Encore plus rapides. Elle suppliait encore et encore. Mais il n'arrêterait pas. Pas maintenant... Il serra encore son poing autour sa chevelure, l'obligeant ainsi à se cambrer au maximum, tant qu'elle avait la tête rabattue en arrière. Il arrivait à planter le regard dans le sien. Il embrassa son front ruisselant. Elle frémit. Et il donna le dernier coup de rein. Elle se répandit en un cri long et rauque. Il explosa en elle.

Ils s'affalèrent lourdement ensemble sur le matelas. Leurs corps étaient soudés par la sueur. Il embrassa son dos.

- Oh... mon Tout ! : marmonna-t-elle avant de s'endormir.

Il la secoua légèrement mais déjà elle ronronnait. Il sourit avant de s'endormir à son tour, blotti contre son épouse.

Elle se mut légèrement. Cela lui était très agréable. Comme une caresse sur son intimité. Elle sourit. Mais elle bloqua sa respiration et écarquilla les yeux. Elle fixait le plafond. Elle abaissa le regard. Une chevelure noire et argentée lui caressait le bas ventre.

Il était en train de lui... Oh Dieu que cela était bon ! Elle sentait une décharge lui remonter le long du dos jusqu'à la nuque. C'était si puissant, presque insupportable. Elle voulait se dégager mais Thorin planta ses doigts dans ses hanches. Elle ne tenait plus. Il l'excitait tellement de ses caresses et baisers. Elle allait jouir. Pas si vite ! Elle se mut à nouveau mais il grommela.

- Tsst... Ne bougez pas !

Il lui infligea un coup de langue appuyé. Elle se mordit la lèvre inférieure, tout en serrant de toutes ses forces la taie d'oreiller. Ne pas bouger ! Mais comment faire ? Elle ne tenait plus. La langue de son amant avait le même effet que son index ou son sexe. Le moindre contact que Thorin imposait à son intimité la faisait chavirer. Elle sentit une douleur dans son bas ventre. Elle s'intensifiait encore et encore. Que se passait-il ? Une jouissance si intense. L'impression qu'elle allait exploser. Elle se raidit et gémit, tout en se répandant sur les draps.

La cuisine s'activait. Les invités allaient bientôt se réveiller et réclameraient le petit déjeuner.

Entre les naines qui s'occupaient des préparations de boissons chaudes et les nains qui enchaînaient les fournées de pains et viennoiseries, la pièce était agréablement réchauffée et sentait bon le café fraîchement moulu.

Au milieu de cette joyeuse agitation, la compagnie des nains s'était rassemblée autour de la grande table.

- Quelle heure est-il ? : demanda Ori qui venait d'arriver, les yeux encore rougis par les excès de cette nuit de festivités.

- Onze heures : répondit Nori qui, attablé, déjà tartinait ses toasts de confiture de coing.

- Et ils ne sont toujours pas réveillés... Ce sont de gros dormeurs : souffla le jeune nain.

- Il plaisante ou il est candide à ce point ? : grogna Dwalin qui venait d'avaler un petit pain au lait.

- Sincèrement... Je me pose toujours des questions quand on parle d'Ori : souffla Gloin, assis à l'autre bout de la table, une pinte à moitié vide à la main.

- Qu'est-ce que j'ai dit ? : demanda Ori constatant que tous le regardaient.

- C'est leur nuit de noces ! : dit Fili.

- Il ne plaisante pas : nota Dori devant l'air perdu de son petit frère.

- Bah... ce n'est pas leur première nuit non plus ! : souligna Ori.

- Là, il marque un point : dit Bofur qui jonglait avec trois oranges.

- Chez les nains, la nuit de noces est sacrée quoi qu'il en soit : corrigea Balin.

- Bonjour ! : intervint Thorin, sourire aux lèvres.

- En effet, ça doit être sacré : plaisanta Fili.

Mais le roi ne réagit même pas. Il s'assit et se versa un grand café. Tous étaient surpris de cette nonchalante béatitude qu'il affichait. Balin avait bien choisi ses mots. Cette nuit fut sacrée !