La Folie de Thorin – Tome 1 – L'unique enchantement – par Fleur Treannac

La paix sur la Terre du Milieu

Dori contemplait le ballet des papillons.

Alors que Gandalf, le mage vert et Elrond dissertaient à l'écart sur... ce dont ils avaient à disserter, les nains, les elfes et les hommes trouvaient repos au pied de la falaise.

Les nymphes les abreuvaient de délicieux nectars.

- Vous n'étiez pas dans la bataille ? fit remarquer Dwalin sans la moindre diplomatie.

- Nous ne prenons jamais part à quelque acte violent qu'il soit. répondit la nymphe vert d'eau.

- Stupidité ! Et si on vient sur ces terres avec de mauvaises intentions à votre encontre, que faîtes-vous ? grommela-t-il.

- Nous prônons le dialogue !

- Avez-vous déjà essayé de discuter avec un orc ou un gobelin ? souffla le grand nain.

- Ils n'ont jamais pénétré ces lieux. La question ne se pose donc pas. répondit sèchement la nymphe orange.

Dwalin secoua la tête. Autant laisser tomber. Ces nymphes étaient totalement à l'Ouest (c'est le cas de le dire) ...

Lyana inspecta sous toutes les coutures la bague de son père et la rangea dans la petite bourse de cuir avant de glisser le tout dans sa poche de pantalon.

- Je suis désolée pour votre épée... Elle a disparu dans le précipice. dit Thorin qui venait de la rejoindre.

- Ne t'en fais pas. La lame de l'Amalthée trouvera son chemin jusqu'à moi... C'est juste une question de temps...

Thorin fronça les sourcils. Que voulait-elle dire ?

Elle releva la tête et planta le regard dans le sien.

Il posa la main sur sa joue. Sa peau était d'un délicieux rose, ferme et souple à la fois. Ses yeux noisette brillaient. Il s'approcha encore. Il respira à pleins poumons cette enivrante fragrance de jasmin qui lui était si caractéristique.

C'était bien sa Lyana, son épouse, son Unique Aimée qu'il retrouvait enfin.

Elle lui sourit. Il lui prit les lèvres fougueusement. Il l'étreignait si fort que sa cage thoracique en était compressée.

Elle aimait cette puissance de mâle qu'il possédait. Et en être la soumise la grisait. Elle lui mordit la lèvre en signe d'abandon.

A quelques mètres, Kili assis sur une souche les fixait froidement.

- Cela ne va pas ? Tu as certifié que l'on pouvait lui faire confiance... nota son frère aîné qui se posait à côté de lui.

- Que pouvais-je dire d'autre ? Je ne veux pas créer de différend entre notre oncle et Dwalin. Ils sont amis depuis si longtemps.

- Donc, tu doutes toujours ?

- Oui.

Fili soupira. Il savait à quel point cela allait être compliqué pour Kili s'il persistait dans cette idée. Lyana était leur reine et il ne pouvait douter de leur reine, l'aimée du roi, l'unique de leur oncle.

- Elle est donc notre ennemie selon toi ? demanda Fili.

- Non. Pas plus que nous ne sommes les siens... Mais je sais qu'un jour elle sera un souci pour notre oncle... un incommensurable souci !

- Mais cela ne nous regarde pas, mon frère ! C'est leur vie.

Kili fronça les sourcils.

- Tu as raison ! dit-il en tapant sur les cuisses de la paume des mains avant de se lever.

Il se dirigea vers Tauriel qui inspectait les gardes elfes.

- Tauriel, m'aimes-tu ?

Tauriel était décontenancée. Elle était en plein travail !

- Oui, je t'aime, bien entendu. rosit-elle.

- Consens-tu à m'épouser ? Me fais-tu confiance ? demanda-t-il le plus solennellement possible.

- Oui, je t'épouse, Kili. Et tu as toute ma confiance. répondit-elle sans la moindre hésitation.

Kili s'en retourna et alla rejoindre son oncle, toujours collé à Lyana.

- Mon oncle, j'ai une annonce importante à te faire !

Thorin, l'air grave, relâcha son étreinte et Rosit se tourna vers son jeune neveu.

- Dis toujours ! ordonna-t-il.

Kili n'avait pas peur. Il était sûr de lui. Mais il savait que son éducation et son respect pour ce père de substitution lui empêcheraient toute réaction physique ou verbale semblable à celle que pourrait avoir Thorin envers lui.

- J'aime Tauriel. Je vais l'épouser. Nous allons nous installer en un lieu à notre convenance. Ni dans la montagne solitaire, ni dans la forêt verte. Notre vie nous appartient.

Thorin fronça les sourcils et s'avança vers Kili.

Fili s'interposa.

- Kili a mûrement réfléchi. Et en agissant ainsi, il ne te manque pas de respect, mon oncle !

Thorin s'arrêta devant Fili. Il le regarda froidement et poursuivit jusqu'à se planter devant Kili.

Il écarta les bras et posa les poings sur les hanches.

Fili soupira. Cela sentait mauvais.

- Tu peux répéter ?

Kili déglutit mais ne se dégonfla pas.

- Je vais épouser Tauriel. Je l'aime. Nous allons partir vivre notre vie, ni dans la montagne solitaire, ni dans la forêt verte...

- J'avais donc bien entendu !...

Le silence était lourd.

- ...Et bien, ce n'est pas trop tôt ! Je me réjouis de te voir enfin prendre les choses en main concernant Tauriel. Mon unique but envers toi et ton frère est de respecter la promesse que j'ai faite à votre mère. Celle de veiller à ce que vous soyez heureux. sourit le roi.

Il se retourna.

- Quant à toi, Fili...

- Ne le blâme pas ! Fili est juste et il veut faire au mieux pour tous. intervint Kili.

Thorin leva la main pour signifier qu'il lui demandait de se taire.

... Ce que je voulais te dire avant que ton frère ne nous interrompe, c'est que... je suis fier de toi, de ta bravoure et de ta loyauté. Je regrette de ne pas te l'avoir signifié plus tôt.

Les nains étaient heureux de retrouver leur chère montagne.

Sur le chemin du retour, Tauriel s'était entretenue avec Thranduil. Elle n'avait pas raconté à Kili le fond ni la forme de cet échange. Et Kili n'avait pas posé de question.

Ils allaient se marier et c'était bien là l'essentiel.

Les flambeaux éclairaient la grande salle de banquet.

Bard était là aussi, accompagné de son fils qui l'aidait à se déplacer durant la convalescence. Tauriel avait une fois de plus utilisé ses connaissances de guérisseuse pour limiter les conséquences de la perforation de son mollet.

Sans oublier Thranduil qui, même si Thorin et lui ne seraient jamais les meilleurs amis du monde, avait gagné le respect du roi sous la montagne en ayant occis August.

Gandalf, Elrond et Radagast étaient eux aussi de la fête.

Les plateaux de charcuteries, de pièces rôties et fromage défilaient et se vidaient à vitesse grand V.

Bofur chantait, bientôt suivi en chorale de ses camarades.

Thorin s'isola avec Gandalf.

- Faire venir Lyana à mon anniversaire fut une excellente idée au final. Le ciel me donne ce que j'attendais ! Merci, mon ami.

Gandalf se souvint de ce qui déclencha tout cela...

Gandalf qui revenait d'un rendez-vous avec le roi des elfes noirs sur Eldhellond, était attablé dans une vieille taverne de Furlior. Il écoutait un vieux briscard complètement saoul narrer aux piliers de comptoirs incrédules son retour d'une incroyable ville nommée Corneville sise de l'autre côté de la baie. Un despote nommé Proditus y avait soi-disant trouvé refuge avec son peuple suite à l'attaque d'affreuses bêtes à la dentition multiple sur la Terre du Milieu.

Il sortit de ses songes. Thorin lui souriait béatement.

Gandalf souffla dans sa pipe et lui sourit également.

Mais Gandalf n'était pas à la fête. Quelque chose clochait... mais quoi ?... Sans compter qu'il n'allait pas tarder à subir les foudres de Saruman.

- Je suis si heureux de vous avoir retrouvée, mon aimée...

Thorin, allongé de côté, caressait le ventre de Lyana du bout de son doigt. Il savait que cela la faisait frémir. Elle rentrait au maximum son abdomen afin de se soustraire à ce contact mais il aimait l'avoir à sa merci.

Il se pencha et embrassa son sein gauche qui pointait encore.

Elle avait encore et toujours envie de lui. Et il avait encore et toujours envie d'elle.

Elle regarda autour d'elle. Le drap était totalement défait et froissé, témoignage des quelques heures torrides qu'ils venaient de passer.

Il releva la tête et la glissa dans son cou. Il la sentait. Il aimait son odeur comme le goût de sa peau, le son de sa voix lorsqu'elle gémissait ou le suppliait, la façon qu'elle avait tantôt de s'abandonner à lui, tantôt de le dominer gentiment.

Elle respira profondément. Il était si puissant, si tendre, si fougueux, si ténébreux...

Elle ressentit un frisson si prégnant que sa peau réagit. Thorin se redressa.

- Vous êtes gelée... Je vais relancer le feu.

Il se leva et se dirigea vers la cheminée. Il secoua les bûches de son tisonnier. Le feu reprit effectivement de plus belle.

Depuis le lit, elle observait ces jolies flammes qui s'élevaient, dansantes et tournoyantes. Elles étaient aussi flamboyantes que le rouge qui avait traversé quelques secondes les orbites de Lyana.

Il vint se recoucher contre sa reine afin de la réchauffer rapidement.

Mais Lyana ne pouvait fermer l'œil. Ce feu la fascinait tant. Il lui parlait mais elle ne comprenait pas ce langage...

C'était le volet 1 de la trilogie de "La Folie de Thorin".

Le tome 2 s'intitule "Le feu sous la montagne"...

Il arrive lentement, lentement tel un feu qui prend dans une nuit froide sur l'Evendim...

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