LES AMES INSOUMISES.
Traduction de la fanfiction :
Through Darkness, Between Strong Arms, Losing Control.
I. A TRAVERS LES TÉNÈBRES.
Il n'y a pas un son, pas une lumière, rien de palpable en vue.
C'est seulement lui, marchant au milieu de nulle part, à l'aveugle. Il ne peut strictement rien voir. C'est le noir absolu. C'est vide. Et ça le rend fou. Cet endroit joue avec ses nerfs.
Il ne fait ni chaud, ni froid et pourtant, il sent des sueurs froides rouler le long de sa colonne vertébrales et sur ses tempes.
Levi n'a pas peur de l'obscurité. Il y a été habitué depuis tout petit, lorsqu'il habitait encore dans les Bas-Fonds. Mais ça ? C'est terrifiant.
Il n'a aucun contrôle ici bas. Il se sent complétement impuissant.
Il fait de son mieux pour garder son calme et respirer calmement, repoussant la terreur qui l'envahit tout au fond de lui tout en continuant d'avancer droit devant, afin, il l'espère, d'échapper à cet enfer. Mais cet endroit semble infini. Il n'y pas de porte, pas de mur, aucun obstacle l'empêchant de continuer tout droit. C'est comme si c'était sans fin, sans porte de sortie.
Il réalise qu'il est pris au piège.
Le brun est seul et n'entend absolument aucun bruit autre que sa propre respiration. Et pourtant, il fait confiance à son instinct de survie lorsqu'il sent, au plus profond de ses entrailles qu'il y a bien quelque chose. Quelque chose de mauvais et dangereux, rampant non loin, là où il ne peut pas le voir, probablement en train de l'épier en ce moment même.
Peut-être est-ce cet endroit même qui est vivant.
Les ténèbres qui l'encerclent semblent avoir avalé toute chose vivante ici. Et elles se rapprochent plus près, encore plus près, beaucoup plus près de Levi chaque fois qu'il ne regarde pas. Comme si elles étaient prêtes à l'attraper entre ses griffes et à le dévorer au moment où ne fera plus attention. Alors il accélère prudemment le pas, attentif au moindre de ses angles morts.
Cela ne semble toutefois pas fonctionner à merveille, car l'étau se resserre progressivement autour de lui et il sent qu'il va bientôt suffoquer.
Son coeur bat la chamade. Ses poings tremblent d'appréhension.
Par chance, ses yeux sont enfin attirés par quelque chose au loin. Un minuscule point coloré, suspendu au milieu du néant. Il se dirige droit dessus sans tarder.
En s'approchant, il découvre qu'il s'agit d'un morceau de tissu couleur blanc crème.
Une chemise ? Une veste peut-être ?
Il est maintenant suffisamment proche pour se rendre compte qu'il s'agit d'un bras. Un bras droit humain. Il aperçoit le biceps musclé qui se trouve en dessous du tissu, la grande main calleuse qui sort en bout de manche. Cette main appartient à quelqu'un de grand et costaud. Mais Levi ne parvient pas à voir le reste du corps ou son visage. C'est comme s'ils étaient pris dans ces inquiétantes ténèbres grouillantes.
''Erwin?''
Son appel résonne à travers le néant.
Le bras ne bouge pas. Le brun tend la main afin de l'atteindre, espérant pouvoir trouver le reste de son corps, de préférence rattaché à ce bras. Il n'y aucune trace de sang, ce qui est plutôt rassurant. Peut-être qu'il doit l'arracher de l'ombre pour pouvoir le faire apparaître et ainsi le ramener au pays des vivants ? Il aimerait bien que ce soit possible. Il essaie donc.
Il attrape la manche avec ses doigts et tire légèrement.
''Erw-''
Tout d'un coup, un second bras surgit de l'obscurité insondable pour se saisir avec fermeté son poignet. La main est chaude au contact de sa peau. Pire, elle irradie tellement de chaleur qu'elle le brûle.
Levi sursaute et essaie de se libérer mais sa prise est si serré autour de son poignet que s'en est douloureux.
Une silhouette masculine se dessine entièrement pour apparaître sous ses yeux et le soldat du Paradis lève la tête pour voir un visage familier se pencher sur lui. Ses yeux s'écarquillent quand il croise son regard.
Deux yeux au couleur de l'océan le fixent.
Le ventre de Levi se noue.
Quelque chose cloche.
Son regard est dur. Brûlant. Féroce.
Levi tire sur son poignet en y mettant plus de force. Erwin resserre sa prise ferme et lui sourit narquoisement, tandis que son bras libre se referme autour de la taille fine. Cela rend l'homme plus petit mal à l'aise et son sang se glace maintenant qu'il peut l'apercevoir, épinglé sur la manche du blond.
Le brassard rouge des combattants de Mahr.
''Levi.''
Sa voix profonde et rauque, d'une douceur dégoûtante, envoie des vibrations dans les veines de Levi.
Comme le verre qui se fissure, l'environnement autour de lui se brise et tout vole en éclat.
II. ENTRE SES BRAS FORTS.
Levi se retrouve assis sur le lit, le coeur battant, le souffle coupé, en sueur après s'être réveillé brutalement.
Il fait nuit. Dehors, une tempête fait rage. Une pluie torrentielle se déverse, s'écrasant bruyamment contre les carreaux de la fenêtre.
Perdu et paniqué, le brun scanne les ténèbres des yeux, à la cherche de quelque chose de familier à laquelle se raccrocher. Lorsqu'un éclair s'abat et illumine toute la pièce, ses yeux tombent sur la silhouette d'Erwin, allongée sous les draps à ses côtés. L'homme dort profondément, indifférent au réveil brutal de Levi ou au temps chaotique à l'extérieur.
Levi se détend, relâchant toute tension accumulée dans ses muscles.
Il soupire, le souffle encore tremblant.
Super. Un cauchemar.
Il inspire et expire profondément pendant un moment afin de ralentir les battements frénétiques de son coeur.
Lorsqu'il retrouve enfin son calme, il se rallonge lentement en se glissant silencieusement sous les draps, et se tourne sur le flanc pour observer le dos du Major.
Il veut qu'Erwin se retourne. Il veut se glisser entre ses bras puissants, se blottir contre sa poitrine, se baigner dans sa chaleur. Juste pour se sentir en sécurité et retrouver facilement le sommeil.
Lentement, il tend la main et vient toucher du bout des doigts la peau douce mais ferme de ses larges épaules musclées.
Erwin remue et laisse un petit grognement s'échapper de sa bouche avant de se retourner pour lui faire face, les yeux à peine ouverts. La paume de Levi suit le mouvement, voyageant du dos de son amant jusqu'à son pectoral, juste au-dessus de son cœur avant de la laisser reposer à plat ici.
Son cœur se met à battre à l'unisson du sien, de manière rassurante.
Le blond fait passer son bras derrière la tête de son compagnon et l'enroule atour de ses épaules afin de l'attirer plus près.
"Qu'est-ce que ne va pas ?" Lui souffle doucement Erwin, la voix enrouée par le sommeil.
"Rien... Un cauchemar." Répond évasivement le plus petit.
Il ne veut plus y penser.
"Il était si terrible, ce cauchemar ?"
Levi se mord la lèvre et remue sous les draps, mal à l'aise. Erwin laisse leurs jambes s'entremêler. Il ne va pas le lâcher tant qu'il n'aura pas craché le morceau apparemment, car Levi peut sentir à défaut de le distinguer dans l'obscurité de la chambre, l'intensité de son regard posé sur lui.
"J'étais... perdu." Il confesse tout en caressant distraitement mais tendrement la poitrine de son partenaire. "Je suis parvenu à te trouver au milieu des ténèbres mais... C'était toi et ce n'était pas toi en même temps." Il murmure, confus, sans savoir comment décrire clairement ce qu'il a vu, en partie parce qu'il a déjà commencé à oublier les détails de son cauchemar, et en partie parce qu'il n'est doué ni avec le mots, ni pour partager ce qu'il ressent.
"Vraiment ?"
"Ouais... Je. J'ai vu ton bras.. Ton bras droit, suspendu là, immobile. Puis tu est apparu et-"
Le Major pose sa main sur la joue de Levi, caressant sa lèvre inférieure avec son pouce, l'étirant légèrement tandis que la main du brun remonte jusqu'à son épaule puis descend, le long de son bras droit.
Attendez.
Il fronce les sourcils.
ça fait deux bras. Pas un. Deux.
Levi se fige lentement.
"Comme c'est intéressant. Tu aimes ce que tu touches ?" Questionne l'homme à côté de lui avec un drôle d'amusement dans la voix.
Un coup de foudre illumine à nouveau la chambre et révèle deux yeux bleu de glace et un sourire malicieux.
Le bras gauche délaisse la joue de Levi pour se refermer autour de sa gorge, le tenant fermement.
Les yeux du brun s'agrandissent sous le choc.
''Merde-''
Levi siffle à travers ses dents serrées, le cœur battant furieusement et les poings crispés, prêt à riposter. Mais le blond est plus rapide, chargeant avant que sa proie ne puisse réagir, le prenant par surprise.
Il balance tout son poids au-dessus du petit corps de Levi pour se retrouver à califourchon au-dessus de lui et attrape ses poignets et les met au-dessus de sa tête avant qu'il ne puisse le frapper, l'épinglant ainsi au matelas. Puis il se penche pour s'emparer de sa bouche dans un baiser brutal et brûlant.
L'homme s'écarte avant que Levi n'ait l'idée de le mordre. Le brun semble décontenancé pendant un bref instant.
''Oh Caporal, mon cher et tendre petit Caporal.'' Il murmure d'un voix voluptueuse.
Le ton et la façon dont il l'appelle avec du velour sur sa langue éveille un colère fébrile en Levi.
Ce n'est pas Erwin. Ce n'est définitivement pas Erwin.
Il n'agirait jamais de cette façon.
Il commence à lutter pour libérer ses mains et ses hanches en tirant férocement sur ses poignets et en se contorsionnant sous lui. L'homme qui le tient est cependant trop lourd et trop fort. Il a coincé ses hanches entre ses cuisses musclées pour que Levi ne puisse pas lui donner de coup de pied et se glisser hors de son emprise.
Il est impossible pour Levi, aussi fort soit-il, de le faire bouger d'un pouce dans sa position.
''Dégage-'' Levi crache avec colère, le souffle erratique, le sang bouillant.
Dans la pénombre, le grand blond peut voir ses yeux gris d'acier briller d'une haine pure et dure.
Si un regard pouvait tuer.
Mais Erwin -ou l'être qui a revêtu sa forme et emprunter son visage- lui offre seulement un sourire narquois.
''Quelle agressivité. Toi qui étais pourtant si tendre avec moi il y a encore quelques instants...'' Dit-il offensé et déçu - ou plutôt prétendant l'être, car il s'amuse assurément follement actuellement.
Levi déglutit difficilement lorsque le blond appliques une pression supplémentaire sur sa gorge, jusqu'à sentir le sang battre furieusement contre sa carotide, tout en s'approchant près -trop près- de son visage avec un regard lubrique.
''Ssh chéri, ne soit pas aussi sauvage.'' L'homme ressemblant à Erwin murmure tout en s'amusant à frôler ses lèvres avec les siennes.
Le surnom fait dresser les poils de la nuque de Levi et il penche vivement la tête en arrière, s'écartant aussi loin qu'il le peut.
''Tch- Je te couperai la gorge aussitôt que je me serai libéré bâtard-! J'utiliserai mes dents...s'il le faut...'' Le soldat Eldien le prévient en haletant, le souffle lui manquant.
''Est-ce une menace ou une promesse ? J'ai l'impression de recevoir des messages contradictoires.'' Demande l'homme en haussant un sourcil.
''Va te faire foutre, connard.''
''La question tient toujours. Messages contradictoires.'' Il glousse légèrement.
''Tu n'as qu'à me lâcher que je te montre et là tu auras ta réponse.'' Le plus petit propose, du venin dans la voix et un rictus sur les lèvres.
Le visage du blond s'assombrit et sa voix est dangereusement plus basse lorsqu'il reprend la parole.
''Oh chéri, tu veux jouer ? Très bien, jouons, je commence le premier. Ne bouge pas...'' Il lui ordonne.
''Attends- no-''
Ses yeux s'écarquillent d'horreur.
Erwin libère sa gorge et prends une pleine poignée de ses cheveux à la place, avant de tirer dessus sèchement, forçant Levi à incliner la tête en arrière. Cela lui donne ainsi un accès total à la peau délicate de son cou. La paume d'Adam du petit Caporal a un sursaut, l'appréhension s'insinuant en lui.
Le blond fond sur son cou et le mord, fort. Levi émet un léger gémissement.
Il serre les dents et ferme les yeux, son corps se contractant lorsque la douleur surgit et se répand dans tout son corps.
Son assaillant aspire la peau meurtrie entre ses dents, provoquant plus de gémissements étranglés de la part de Levi, ceux-ci s'échappant malgré tout de sa bouche.
Il est en train de le marquer et ce bâtard y prend un putain de plaisir.
''Tu m'appartiens maintenant.'' Déclare le blond comme pour confirmer ses pensées.
Des frissons remontent le long de la colonne vertébrale de l'Ackerman tandis que le blond prend à nouveau possession de ses lèvres sans son consentement.
Cette fois pourtant, Levi ne se défend pas. Ses lèvres sont souples et dociles sous sa bouche chaude et affamée. Il les entrouvre sans opposer de résistance lorsque la langue du blond tente de s'y frayer un passage.
Les draps glissent en émettant un doux bruit quand le grand blond déplace son poids au-dessus de lui, se penchant pour que leurs torses se touchent et ainsi couvrir tout son corps du sien.
Le sexe de Levi se dresse contre sa volonté lorsque leurs bas-ventres se rencontrent et frottent l'un contre l'autre.
Levi aime cette sensation, la texture de ses lèvres, la chaleur qui se dégage de sa peau... et il se déteste pour ça. Mais Erwin lui manque terriblement.
Il ne peut pas le laisser faire, n'est-ce pas ? Ce n'est pas Erwin, Il se répète inlassablement. En vain, son corps refuse de lui obéir.
Dehors, la tempête continue de gronder. La pluie frappe sans discontinuer contre les carreaux.
Il lâche prise.
III. PRENDRE LE CONTROLE.
Sa tête tourne et son corps est douloureux. Il est à genoux et ça fait un mal de chien. La position est inconfortable, ses muscles tendus lui criant de changer de position. Il essaie de bouger mais ses jambes sont lourdes et engourdies. Il remue ses bras levés au-dessus de sa tête mais ne peut pas les baisser ou les ramener à lui. Alors qu'il insiste en mettant un peu plus de force, il entend un bruit de chaînes cliqueter. Il semble que ses mains soient entravées.
Levi se force à ouvrir un oeil.
Il ne reconnait rien à première vue. La pièce est sombre et vide. Il y a seulement trois murs froids et gris qui l'entourent et des barreaux en fers en guise de quatrième mur, face à lui.
Il ne sait ni où il est, ni comment il a atterri là, ni depuis combien de temps il est resté inconscient.
Tout ce qu'il sait pour l'instant c'est qu'il est enchainé à des menottes en fer froid.
Le Caporal lève lentement la tête et aperçoit les deux soldats de Mahr qui montent la garde devant la porte de sa prison, un fusil reposant sur leur épaule.
Ce ne sont pas des nouvelles très réjouissantes.
Il reste immobile et silencieux pour le moment afin ne pas attirer l'attention, rassemblant lentement ses esprits et toutes les informations qu'il peut glaner.
Il n'y a toutefois rien de plus ici qui puisse lui donner un indice sur ce qui se passe.
Mais bientôt, une porte s'ouvre et la lumière se déverse dans la pièce. Un grand homme blond apparaît, vêtu d'une veste beige, d'une cravate noire, de médailles placardées sur la poitrine et d'un brassard rouge sur la manche gauche.
Sa silhouette se détache de la lumière, telle une apparition divine. Les soldats se redressent pour se tenir bien droit.
Alors que l'homme approche, Levi peut examiner plus en détail son visage et ce qu'il voit le prend de court.
Non. Cela ne peut pas être vrai-
Entièrement figé, les lèvres entrouvertes, le souffle coupé, les yeux écarquillés, il fixe Erwin s'avancer vers sa cellule, bouleversé.
Ça lui revient maintenant. Il se souvient l'avoir aperçu durant leur dernier combat. Il n'était pas sûr de ce qu'il avait pu voir à ce moment là. Il pensait qu'il avait juste eu une hallucination... Dans le chaos du champ de bataille, il n'avait fait qu'entre apercevoir un homme possédant des mèches d'un blond doré éclatant, d'épais sourcils bruns caractéristiques, de larges épaules et une présence qui impose le respect... avant qu'une explosion ne le détourne de son observation... Et ce fut le noir complet.
Il a du heurter quelque chose et tomber avant de s'évanouir.
Mais il est bel et bien réel. Il se tient à quelques pas seulement juste devant lui.
L'homme est doté de ces mêmes yeux clairs et perçants, du même menton carré, de la même prestance.
Malheureusement Levi sait aussi, tout au fond de lui, que ce n'est pas lui. Son Erwin est mort. Il l'a enterré lui même, quelques années auparavant. La personne qui se trouve sous ses yeux et lui ressemble comme deux gouttes d'eau est un combattant du peuple de Mahr. Un ennemi de l'île du Paradis. Son ennemi.
Cela n'enlève dans tous les cas rien au fait qu'il est hautement perturbé. Cela ne fait que serrer douloureusement son cœur au souvenir de son Major.
Afin de ne pas montrer le fait qu'il est déstabilisé, il enterre profondément en lui ses sentiments, s'interdisant de penser à son meilleur ami et amant disparu.
''Laissez-moi entrer.'' Demande le grand blond aux gardes.
''Monsieur! Faites attention, ce démon là est sacrément féroce.''
''Ca va aller. Je le tiens.'' Leur dit-il, confiant.
Cela met Levi hors de lui à la seconde où il l'entend. Il le tient ?
Ses yeux s'assombrissent.
C'est ce qu'on va voir !
Personne ne le tient et ne le tiendra jamais.
Tête basse, ses mèches de cheveux lui tombant sur le visage, il fixe avec méfiance l'homme s'approcher de lui.
Le Mahr s'arrête et se tient devant lui, baissant les yeux afin de l'observer. Son regard est impassible mais une étincelle au fond de ses yeux trahi sa curiosité.
Il s'agenouille pour être à sa hauteur et pour pouvoir mieux étudier l'Eldien du Paradis.
Il semblerait que Levi ait piqué son intérêt car un fin sourire se dessine aux coins de ses lèvres.
''Donc c'est toi le soldat le plus fort de Paradis.''
Comme le brun ne répond pas, il continue.
''Un titre impressionnant pour un si petit être comme toi.'' Il dit, impressionné. ''Mais il semble que tu sois à la hauteur de la réputation... J'ai entendu dire que tu leurs a donné du fil à retordre lorsqu'ils t'ont emmené ici.''
Levi ne sourcille pas, fixant simplement le Mahr d'un regard noir. Il a dû se cogner violemment la tête car il ne se souvient pas avoir lutté contre ses geôliers. Il ne remet toutefois pas ses dires en question. C'est certain qu'il n'aurait jamais facilité sa capture.
Pour l'instant il préfère se concentrer sur le présent.
''Je suis ravi de pouvoir enfin te rencontrer en personne. Quel est ton nom ?'' Le Mahr lui demande.
Levi garde obstinément la bouche fermée.
Le faux Erwin soupire et penche la tête sur le côté pour le regarder fixement, pas encore prêt à abandonner.
''Allons Caporal, j'essaie d'être poli. Tu ne comptes pas te présenter ?''
Toujours pas de réponse.
Ils se regardent les yeux dans les yeux pendant un long moment dans un silence tendu avant que le blond ne jette un coup d'œil aux soldats restés en arrière à la grille. Il semble qu'ils n'aient aucune envie de s'approcher plus près de ce démon de l'île du Paradis.
Et ils auraient bien raison, pense Levi.
Les deux gardes, qui les regardaient avec agitation, armes à la main, sursautent lorsque Levi les foudroie du regard.
Le blond se relève et tend la main dans leur direction, paume ouverte.
''Les clés.''
''Mais- vous n'allez pas- Je veux dire, je vous déconseille de le détacher monsieur, il est dange-'' un des soldats l'avertit, nerveux.
Une aura menaçante se dégage du guerrier lorsqu'il parle à nouveau.
''Ce n'était pas une question. Il est dorénavant sous ma responsabilité, je ferai alors tout ce qui me plaira quand il s'agira de lui.'' Il le coupe sèchement afin qu'il cesse immédiatement de discuter ses ordres.
''De plus... Il n'est pas armé et nous sommes des êtres civilisés, démon ou non. Nous allons donc nous comporter comme des gentlemen, n'est-ce pas ?'' Déclare-t-il en lançant un regard appuyé en direction de Levi.
Le brun a vraiment envie de lui faire ravaler ce ton condescendant et cet air supérieur. Il s'abstient cependant de le montrer, voulant être libéré de ses entraves.
Les gardes donne les clés au combattant. Ce dernier ouvre les menottes, au soulagement de Levi.
Il trébuche, les membres engourdis mais est rapide à se remettre sur ses pieds. Il se lève pour se tenir bien droit et masse ses poignets meurtris tout en soutenant le regard du blond.
''Voilà qui est mieux. Maintenant-'' Le grand blond commence avant de s'interrompre lorsque Levi fond sur lui.
Aussi vif que le vent, Levi s'est emparé du couteau caché dans sa botte pour presser la lame tranchante contre la carotide du Mahr et tordre un de ses bras dans son dos.
Sa jambe gauche l'a brûlé une minute auparavant quand il s'est rendu compte qu'il sentait encore le poids de son couteau qui y était attaché. Il a de la chance qu'ils ne l'aient pas trouvé.
Maintenant qu'il a retourné la situation à son avantage en attaquant avant que les gardes n'aient pu réagir, c'est lui qui est au contrôle.
''Lache ton arme, démon ! Ou on tire !'' L'un des deux militaires lui crie, leur arme à feu pointé sur sa tête.
''Essayez et je lui tranche la gorge.'' Levi grogne, menaçant.
Pour prouver qu'il ne plaisante pas, il appuie d'avantages la lame contre la peau fine de la gorge de son otage, tout se cachant derrière lui, l'utilisant comme bouclier.
Si les gardes commencent à suer à grosse gouttes, leur guerrier lui, garde son sang froid et ne fait aucun geste qui donne raison à Levi de le saigner à blanc.
''Baissez vos armes. Nous avons eu assez de sangs sur nos mains ces derniers jours.'' Il leur ordonne, la voix posée.
Les deux hommes se regardent pendant un bref instant, hésitants, avant d'obéir lorsqu'ils croisent le regard sombre que leur lance le guerrier.
''Bouge.'' Levi siffle avant de pousser en avant l'homme qu'il tient à sa merci en faisant pression sur son poignet tordu dans son dos.
Ils sortent de la cellule, les deux soldats s'écartant pour libérer le passage. Levi libère son poignet un moment, afin de glisser sa main dans la poche de la veste du blond. Il fouille, cherchant les clés.
L'homme sourit. Levi le remarque.
''Qu'est-ce qui te fais sourire ?'' Il grogne.
''Rien du tout. Je trouve que tu es adorable.'' L'homme avoue sans gêne.
Le Caporal du bataillon d'Exploration fronce les sourcils.
C'est quoi son problème à celui-ci ?!
''Ferme ta gueule.''
Fou de rage, l'Ackerman se dépêche de se saisir des clés et enferme les soldats à l'intérieur de la cellule avant de sortir avec son otage.
Ils traversent maintenant un couloir, Levi cherchant frénétiquement des yeux une porte de sortie.
''Si tu veux que nous ayons une petite discussion en privée, je peux te guider jusqu'à mes quartiers.'' Lui propose le blond.
''Ferme la. Je n'irai nulle part avec toi.''
''Quelle dommage. J'aimerai vraiment apprendre à te connaître.''
''Arrête ça.''
''Pourquoi ?'' demande le Mahr, joueur.
''J'ai dit stop.''
Levi serre son poignet entre ses doigts pour appuyer ses mots. Le blond grimace et fait la moue mais ne réplique pas.
Après quelques virages et après avoir réussi à éviter les autres soldats de Mahr, il parvient enfin à trouver une porte ouverte par laquelle entre les rayons du soleil.
Il presse son otage à accélérer le rythme. Bientôt, ils se trouvent dehors, respirant l'air frais. Ça sent le sel et l'iode. Levi ralentit, aveuglé par le soleil. Il lui faut un moment pour s'habituer à la lumière vive mais quand il rouvre les yeux, ce n'est que du bleu, du bleu, et encore du bleu à perte de vue.
Il regarde, ébahi, la mer calme et scintillante qui s'étend jusqu'à l'horizon. Sa tête qui lui tourne toujours l'a empêché de le remarquer plus tôt.
Il se trouve sur un bateau de guerre Mahr. En plein milieu de l'océan. Et il n'y a aucune terre en vue.
Il est tellement, tellement foutu.
Le grand blond tourne légèrement la tête pour jeter un œil à la réaction de Levi. Il note l'expression inquiète peinte sur son visage.
Il lui offre un sourire d'excuse.
''Je suis navré, J'aurai du te le dire plus tôt. Nous rentrons chez nous. Et tu es notre prisonnier de guerre.''
A suivre...
